H CLE
rai< rtt pas à couvert des attaques do la ï i dignité des incrédules. Ceux-ci oui l'ait, contre les apôtres et contre Jésus-Christ même, la plupart des calomnies que l'on a forgées contre leurs successeurs.
2° Il y ade l'impiété à vouloir nous persuader que, dés le second ou le troisième siècle, Jésus-Christ a été infidèle aux promesses qu'il avait faites à son Eglise, et qu'au lieu de lui donner des pasteurs capables de la sanctifier, il a lai>sé tomber son troupeau entre les mains de loups dévorants, qui n'étaient, propres qu'à corrompre la foi et les mœurs.
3° C'est une absurdité d'argumenter sur desfaits particuliers, sur quelques désordres arrivés parmi le clergé d'une seule église, et de conclure que le même scandale régnait partout ailleurs. Au troisième siècle, l'abus des agapètes ou des femmes sous-introduites, parait n'avoir eu lieu que dans quelques Eglises d'Afrique, et il ne fut imité que par Paul de Samosate ; Dodwel, Dhsert. 3, Cyprian., etc.; et l'on en parle aujourd'hui comme d'un dérèglement général du clergé de ce temps-là. C'en est une autre de vouloir prouver la corruption des ecclésiastiques, par les lois qui ont été faites pour la prévenir ; un seul crime connu a suffi pour alarmer le zèle des évèques, et pour engager les conciles à le proscrire. Parce que saint Paul a fait rémunération des vices auxquels un ministre des autels pouvait être sujet, conclurons-nous qu'il y avait déjà pour lors des évèques et des prêtres très-vicieux?
4° C'est une marque d'entêtement et de prévention d'ajouter foi à ce que les historiens ontditdcs vices de quelques ecclésiastiques, et de refuser toute croyance au témoignage qu'ils ont rendu des vertus et de la sainteté des autres. Dans tous les temps il y a eu des scandales, il y en aura toujours, Jésus-Christ l'a prédit ; mais il y a eu aussi de grandes vertus : les protestants ne parlent que du mal, ils le recherchent avec soin, et ils l'exagèrent; ils netiennent aucun compta des actions vertueuses, ils les passent sous silence, ou ils en empoisonnent les motifs, et ils ont donné ce bel ex-
CLE
emple aux incrédules; ils ont ainsi réussi à faire de leurs histoires ecclésiastiques autant de chroniques scandaleuses.
5° Est-il juste d'attribuer aux mauvais exemples du clergé une corruption de mœurs qui est évidemment venue d'une autre cause, de l'irruption des Barbares, de l'ignorance et des désordres qui s'ensuivirent ?
Révolution terrible, qui changea la face de l'Europe entière, par laquelle les ecclésiastiques furent entraînés aussibien que les laïques, et qui faillit à détruire absolument le Christianisme. Pour ne parler que de nos climats, depuis le cinquième siècle, il y a eu trois ou quatre pestes générales en France ; dans lehuitième etleneuvième, les Normands, les Sarrasins, les Hongrois, ont porté la désolation danspresque toute l'Europe. Dans ces temps de ravages, il est impossible que la discipline soit observée en rigueur, et que les mœurs ne se relâchent parmi les ministres de la religion.
6° Est-il juste enfin de reprocher avec tant d'aigreur au clergé catholique des vices dont les réformateurs et leurs disciples ont été pour le moins aussi coupables, pendant que l'on cherche à les pallier et à les excuser dans ces derniers ?
Voilà ce que nous avons à reprocher aux protestants, et en particulier à Mosheim, qui est aujourd'hui leur oracle. Le portrait qu'il a fait des ecclésiastiques dans tous les temps est remarquable : sous chaque siècle de son histoire ecclésiastique, il y a toujours un article des vices cluclergé, et il n'y est jamais question de ses vertus : Liasiiage n'a pas été plus équitable.
Mosheim commence par supposer qu'au premier siècle, du temps des apôtres, les ecclésiastiques n'avaient aucune supériorité d'ordre, de caractère ni d'autorité sur les simples fidèles ; que les prêtres étaient seulement les anciens, et les évèques de simples surveillants ; que le gouvernement de l'Eglise était alors purement démocratique, tel qu'il a plu aux protestants ce l'établir : fait absolument faux, contredit par l'Evan-
•12 CLE
gile et par les lettres de saint Paul.
Voyez GOUVERNEMENT ECCLÉSIASTIQUE,
Hiérarchie, Lois , etc . C'est de là néanmoins que partent Mosheim et Basnage, pour invectiver contre le clergé. Dès le second siècle, disent-ils, ou plutôt immédiatement après la ruine de Jérusalem, l'an 70, les docteurs chrétiens persuadèrent au peuple que les ministres de l'Eglise chrétienne avaient succédé au caractère, aux droits, aux privilèges et à l'autorité des prêtres juifs ; les évèques rassemblés en concile s'arrogèrent le droit de faire des lois et d'y assujettir les fidèles ; on ne peut les excuser, disent-ils encore, que sur la droiture de leurs intentions.
Or , les docteurs chrétiens de ce temps-là étaient saint Clément de Home, saint Ignace, saint Polycarpe, disciples immédiats des apôtres, dont nous avons les lettres ; ce sont eux qui ont commencé à changer le gouvernement que Jésus-Christ avait établi ; et saint Jean, qui vivait encore, a souffert cette prévarication sans se plaindre et sans en avertir ; le Saint- Esprit qu'il avait reçu, ne lui a pas révélé les maux qui devaient s'ensuivre de ce germe d'ambition né parmi les évèques, duquel cependant, si nous en croyons Mosheim et ses pareils, sont nés tous les vices du clergé et toutes les plaies de l'Eglise.
En effet, il dit qu'au troisième siècle saint Cyprien et d'autres évèques s'arrogèrent toute l'autorité, en dépouillèrent les prêtres et le peuple ; que de là naquirent le luxe, la mollesse, la vanité, l'ambition, les haines et les disputes entre les pasteurs ; que la corruption s'empara de tous les membres du corps ecclésiastique.
Il cite en preuve Origène et Eusèbe , il pouvaity ajouter saint Cyprien luimême, qui reprochent aux pasteurs leurs disputes et les autres vices dans lesquels ils étaient tombés avant la persécution de Dioclétien. Cest dans ce même temps que saint Cyprien tonna contre les désordres des clercs qui vivaient avec des femmes, ou avec de prétendues vierges qu'ils tenaient chez eux.
Il est d'abord difficile de comprendre comment les prêtres etle peuple,
CLE
CLE
dépouillés de leur ancienne autorité, en sont devenusplus vigoureux ; l'ambition des évêques ne pouvait influer que sur leurs mœurs, etnon sur celles du bas clergé. On ne conçoit pas mieux comment l'ambition, source de tous les vices, a pu se concilier, dans saint Cvprien, avec la pureté et l'austérité des mœurs dont il a fait profession ; est-ce à lui que l'on peut reprocher du luxe, de la mollesse, de la corruption ? Si, dès ce temps-là, les mœurs des clercs commençaient à se corrompre, les évèques n'avaient pas tort de chercher à réprimer ce désordre par des lois ■; c'est un devoir que saint Paul leur avait prescrit dans ses lettres à Tite et à Timothée. Les décrets portés dans les conciles du second et du troisième siècle, ne regardaient pas seulement les simples fidèles et les clercs inférieurs, mais les évèques eux-mêmes; nous le voyons par ces décrets que l'on nomme canons des apôtres : est-ce par ambition que les évèques s'imposaient le joug d'une discipline sévère?
Il y eut, dans ces deux siècles, des divisions, des schismes, des hérésies; on disputa sur la célébration de la pàque, sur le rigorisme outré des no vatiens, sur les erreurs des gnostiques, des marcionites, des manichéens, etc. ; mais les auteurs de ces hérésies et de ces schismes ne furent pas des évoques ; ceux-ci s'y opposèrent : la question est de savoir s'ils le firent par de mauvais motifs, ou par attachement à la doctrine, aux leçons et à la pratique des apôtres. Devaient-ilslaisserde mauvais philosophes et des disputeurs téméraires dogmatiser à leur gré?
Dans ces temps de persécution, plusieurs ministres de l'Eglise furent obligés, pour subsister,, d'exercer dos arts, des métiers, ou de faire quelque commerce; d'autres furent réduits à fuir et à s'expatrier : leurs mœurs purent en soutfrir; mais ce qu'en disent Origône, Ensèbe et d'autres, ne prouve pas que la corruption fut générale parmi les membres du corps ecclésiastique, comme le prétendent les protestants ; ces auteurs n'avaient pas parcouru toutes les Eglises du monde pour savoir ce qui s'y passait.
Au quatrième siècle, après la con-
version de Constantin, les évèques fréquentèrent la cour, devinrent riches et puissants; ils s'emparèrent de tout le gouvernement des Eglises, et voulurent dominer dans les conciles; les empereurs se mêlèrent des affaires ecclésiastiques; les Papes se rendirent, importants par la richesse de leur Eglise ; les évêques de Gonstantinople firent de même ; tousimitèrentle luxe et le faste des grands du monde; les principaux voulurent être patriarches, afin de se donner un nouveau degré d'autorité, et ils ne cessèrent de se disputer sur les limites de leur juridiction.
Il y a quelque chose de vrai dans ces reproches ; mais encore une fois, ilestabsurdede tirer une conséquence générale de quelques faits particuliers. Nous ne voyons pas que les évèques d'Afrique, de l'Espagne, des Gaules, de l'Angleterre, aient beaucoup fréquenté la cour des empereurs; que prouve contre eux le faste de quelques évèques orientaux? Ceux qui ont donné dans ce travers, ont été trèsmal notés par les écrivains ecclésiastiques ; preuve que ce désordre n'était pas très-commun. Il ne faut pas oublier que le quatrième siècle a été le plus remarquable, par la multitude des grands et saints évèques qui ont paru même en Orient; la plupart avaient été moines, et ils conservèrent sur leur siège la pauvreté, la simplicité et l'austérité de la vie monastique. C'est par là même qu'ils déplaisent aux protestants. Ces censeurs bizarres ne peuvent souffrir ni la vie un peu trop mondaine de quelques évêques, ni les mœurs austères et mortifiées des autres, ni les vertus paisibles du plus grand nombre, ni le zèle actif et laborieux de ceux qui occupaient lespremières places. D'ailleurs il y avait déjà pour lors des pasteurs du second ordre, des chorévêques qui remplissaient, à l'égard des peuples de la campagne, les mêmes fonctions qu'exercent aujourd'hui les curés ; les fautes do leurs supérieurs ne doivent pas retomber sur eux. Enfin, c'était le peuple qui élisait les évèques ; il est difficile de croire qu'il choisissait ordinairement des hommes vicieux.
CLE
Au commencement du cinquième siècle, les Barbares se répandirent dans l'Occident et s'y établirent. On dit que leurs rois augmentèrent les privilèges des évoques, par un reste de leur superstition, et en vertu du respect qu'ils avaient eu pour les prêtres de leurs dieux. Mais est-il certain que le mérite personnel des évèques n'y entra pour rien? Les saints Rémi de Reims, Germain d'Auxerre, Loup de Troyes, Eurher de Lyon, Agnan d'Orléans, Sidoine Appollinaire de Clermont, Mumert de Vienne, Honorât et Hilaire d'Arles, etc., étaient pour lors l'ornement du clergé des Gaules ; leur vertu, et non leur faste, imprima le respect aux Barbares, même avant la conversion de ceuxci, et ces saints évèques étaient trop zélés pour souffrir, parmi les ecclésiastiques, le luxe, l'arrogance, l'avarice, le libertinage, dont Moshi im les accuse sans preuve et contre conte vérité. Lorsqu'il dit que tous ces évèques ne furent regardés comme saints et respectés que par 1 ignorance des peuples, il oublie que dans l'Occident le cinquième siècle a été le plus éclairé de tous, et il en fournit luimême les preuves, .Histoire ecclésiastique, cinquième siè:le, 26 part., c. 1 et 2. Lorsqu'il accuse d'orgueil saint Martin, parce qu'il élevait le sacerdoce au-dessus de la royauté, et saint Léon d'une ambition sans bornes, parce qu'il soutint les droits de son siège, il se montre aussi mauvais juge delà vertu que des talents.
Il prétend que, pendant le sixième siècle, les ecclésiastiques ne pensèrent qu'à établir des superstitions lucratives, que leurs désordres sont prouvés par la quantité de lois portées contre eux par les conciles ; nous avons déjà observé que ces lois ne prouvent autre chose que la vigilance des évèques et le zèle qu'ils ont eu pour le maintien de la discipline. Il y eut des schismes à Rome pour la papauté ; mais quelle en fut la cause? le despotisme des empereurs et l'ambition des grands, qui voulurent disposer de cette dignité, et gèn r les suffrages du clergé et du peuple. Moslieim pousse l'entêtement jusqu'à dire que les moines, quoique vicieux,
fanatiques, intrigants, remuants et perdus de débauche, étaient cependant très-respectés ; nous soirtenons que s'ils avaient été vicieux pour la plupart, ils auraient été méprisés et détestés.
Il répète la même absurdité, lorsqu'il reproche au clergé du septième siècle l'ambition, une avarice insatiable, des fraudes pieuses, un orgueil insupportable, un mépris insolent des droits du peuple. Ce ne sont point les ecclésiastiques, mais les guerriers sous lenomdenoMes, qui ont opprimé le peuple, qui ont regardé comme esclave quiconque ne portait pas les armes. Le plus grand fléau de l'Eglise a été l'ambition de ces mêmes nobles d'envahir toutes les dignités ecclésiastiques; mais l'attribuerons-nous au clergé, qui en a été la victime, plutôt qn'au caractère brutal et féroce des Barbares? Lorsque Mosbeim a cru voir du relâchement parmi les moines, il a déclamé contre ce désordre; quand il n'y a vu que la solitude, le recueillement, l'austérité, le travail, il leur a reproché une affectation phart saique de pieté ; mais le vrai caractère pharisaique est de calomnier mal à propos. 11 dit que dans ce siècle les parents avaient la fureur de mettre leurs enfants dans les cloîtres ; la raison en est fort simple, c'est qu'ils ne pouvaient leur faire donner ailleurs une éducation chrétienne. Il dit que des scélérats s'y retirèrent par une vaine espérance d'obtenir le pardon de leurs crimes ; eût- il mieux valu qu'ils les continuassent que d'aller en faire pénitence?
Selon lui, on ne voit, dans le clergé du huitième siècle, que luxe, gloutonnerie, incontinence, goût pour la guerre et pour la chasse. Il est à présumer,en effet, que plusieurs de ceux qui furent intrus dans les évèchés et dans les prélatures, par la tyrannie des nobles, y portèrent les vices de leur éducation. Mais il y a des preuves positives que ce désordre, trop com m un dans les Gaules, ne fut pas le même partout ailleurs ; pour y remédier, on tira des moines de leur cloître, et ou laur confia le gouvernement des Eglises ; Chaiicmagne fut le premier à reudrejustice aux talents et à la vertu.
CLE
CLE
Le vénérable Bôde ; Egbert, évêque d'Yorck ; Alcuin, précepteur de Charlemagne; saint Boni l'ace, archevêque de Mayence ; saint Chrodegand, évêque de Metz; Théodulphe, évêque d'Orléans; saint Paulin d'Aquiléc ; Ambroise Autpert, Paul, diacre, etc., se distinguèrent par leur zèle et par leurs travaux. Si leurs écrits ne sont pas des modèles d'éloquence ni d'érudition, ils respirent du moins la piélé la plus sincère.
On imagine que les donations qui furent faites aux Eglises étaient un effet de l'ambition des clercs, qui enseignaient que c'était le meilleur moyen d'effacer les péchés ; nous pensons, au contraire, que la plupart étaient des restitutions. Souvent la clause, si commune dans les Chartres, pro remedio animas inese, ne signifie pas, pour obtenir le pardon de mes fléchés ,maispour acquitter ma conscience, en restituant ce qui ne m'appartient pas. Mosheim convient que plusieurs" évèques parvinrent à la dignité de princes, parce que les rois et les empereurs comptaient plus sur leur fidélité que sur celle de leurs barons ; ils ne se trompaient pas, et ce motif ne fait pas déshonneur au clergé.
Nous convenons que ce n'est pas dans le neuvième siècle qu'il a brillé davantage. Les guerres causées par le partage de la succession de Charlema- gne, les incursions des Normands et des autres Barbares, l'ignorance du peuple et des nobles, l'intrusion de ceux-ci dans les évèchés, le pillage qu'ils tirent des biens ecclésiatiques, furent autant de fléaux pour l'Eglise aussi-bien que pour lu société civile; le concile de Trosley, tenu en 909, attribue à cette même cause le dérèglement des moines. On publia de fausses légendes, de fausses reliques, de faux miracles, on donna dans les dévotions minutieuses et purement extérieures, etc.; mais nous soutenons rue, dans tous ces abus, il entra moins de fraudes pieuses que de traits d'ignorance et de crédulité aveugle. Ceux qui tentèrent de remédier au mal, ne purent faire que de vains efforts; et le Mége de Rome se ressentit du malheur commun autant que les autres:
à qui peut-on s'en prendre ?
Il y a donc de l'injustice et de la malignité à soutenir, comme fait Mosheim, que les papes, devenus des monstres, furent la cause de l'ignorance et des vices du clergé dans le dixième siècle. Le mal datait de plus loin, et plusieurs papes tirent ce qu'ils purent pour en arrêter les progrès. Ont-ils eu quelque part à la dégradation, à l'ignorance, aux vices du clergé dans l'Orient, où ils n'avaient plus aucune influence? Tous les scandales arrivés àRome furent l' ou vrag • des tyrans qui ravageaient l'Italie, qui disposaient de la papauté comme de leur patrimoine, qui la donnaient exprès à des sujets vicieux, de peur que des papes plus respectables par leurs mœurs ne prissent trop d'ascendant sur eux. Une preuve que les désordres du clergé venaient du pillage des biens ecclésiastiques, c'est que les conciles, qui ont noté d'infamie le concubinage des clercs, ontcondamné en même temps la simonie qui en fut toujours inséparable; et < ette tyrannie des séculiers est avouée par Mosheim lui-même, dixième siècle, 2e part., c. 2, § 10. Ces deux vices régnaient principalement eu Allemagne, où la religion, dit M. Fleury, avait toujours été plus faible. C'est ce qui rendit le clergé de ce pays-là si furieux contre Grégoire Vit, qui voulait le réformer. Mœurs des chrétiens, n° 62.
Ces désordres furent à peu près les mêmes dans le onzième et le douzième siède; mais dans ces temps même de confusion et de brigandage il y eut un grand nombre de personnages respectables dans le clergé, soit séculier, soit régulier. Il est de la bonne foi d'avouer que, pendant la famine de l'an 1032, la charité des évoques et des abbés fut poussée jusqu'à l'héroïsme. Histoire de l'Eglise gallic, tom. 7, liv. 20, an. 1031.
Les querelles entre l'empire et le sacerdoce, dont les protestants ont fait tant de bruit, sont venues de ce que les empereurs voulaient avoir à Rome, non-seulement la puissance civile, mais encore le droit de disposer arbitrairement du pontificat; les malheurs qui avaient résulté de cette prétention, faisaient sentir aux papes
CLE
et au clergé la nécessité de s'y opposer. Si la plupart de ces pontifes ne furent pas des hommes très-vertueux, les princes, contre lesquels ils disputaient, valaient encore moins : nous ne voyons pas ce que la religion, les mœurs, la police y auraient gagné, si ces despotes ambitieux étaient venus à bout d'asservir l'Eglise pour toujours. Les papes voulurent disposer de tous les bénéfices, parce que les princes séculiers y pourvoyaient fort mal.
Au treizième siècle, on fit des projets et des tentatives de réforme, maïs avec peu de succès. Cela donna naissance aux ordres de religieux mendiants, et Mosheim avoue qu'ils gagnèrent, par l'austérité de leurs mœurs, la confiance des peuples.
Malheureusement ce remède n'était pas suffisant pour tout réparer, et le grand schisme d'Occident, survenu pendant le quatorzième siècle, rendit la réforme à peu près impossible. On sait d'ailleurs que la peste noire, qui régna l'an 1348 et les deux années suivantes, eut des suites terribles, et fut une des principales eau -es du relâchement qui s'introduisit parmi le clergé et dans les monastères. Voyez l'Histoire de l'Eglise Gallic, tom. 13, liv. 39. Mosheim n'a pas daigné en dire un seul mot. Quel remède la prudence humaine peut-elle opposer à de pareils fléaux? Ce fut un sujet pour tous les sectaires de déclamer avec emportement contre les vices et les abus du clergé; mais faut-il regarder toutes ces invectives, dictées par une ignorance furieuse, comme de fortes prouves de la corruption générale de l'état ecclésiastique? Elles continuèrent pendant le quinzième siècle. Cependant, quand on considère d'un côté la liste des conciles qui furent tenus pendant ces trois siècles, et la teneur de leurs décrets; de l'autre, le catalogue des écrivains ecclésiastiques, et l'objet de leurs ouvrages; en troisième lieu, le nombre des saints dont les vertus furent authentiquement reconnues, on est forcé de penser que les clameurs des vaudois, des albigeois, des lollards, des wiclélites, des hussites et d'autres fanatiques semblables, ne méritent pas beau-
CLE
coup d'attention, et que les protestants ont très-grand tort de nous les donner comme un titre authentique de la mission des réformateurs.
Enfin parut, dans le seizième siècle, la grande lumière de la réformation; l'on sait quels en furent les auteurs, par quels moyens elle s'exécuta, et les merveilleux effets qu'elle a opérés; nous les examinerons dans leur lieu. Voyez Réformation. Les incrédules mêmes, après avoir copié toutes les satires des protestants contre le clergé, ont tourné en ridicule le ton de jactance de ces prétendus réparateurs; et plusieurs écrivains, nés dans le protestantisme, sont convenus de la licence des mœurs qui ne tarda pas de s'y introduire, et qui y règne encore. Où est donc le grand bien qui en est résulté?
Mosheim finit son libelle diffamatoire par nier l'utilité des décrets du concile de Trente, touchant la discipline ; suivant son avis, cette réforme n'a rien opéré, surtout à l'égard des évêques. Quand cela serait vrai à l'égard des évèques d'Allemagne, qui sont princes souverains, que prouve leur exemple contre ceux de France, d'Espagne et d'Italie? D'autres protestants ont été plus judicieux; ils sont convenus que si, avant le concile de Trente, le clergé avait été tel qu'il est aujourd'hui, il n'y aurait pas eu lieu à la prétendue réforme de Luther et de Calvin.
Quelques incrédules ont poussé la malignité encore plus loin; ils ont prétendu prouver que l'état ecclésiastique, par lui-même, est essentiellement mauvais.
1° Ils disent que des pouvoirs, tels que le clergé se les attribue, doivent nécessairement inspirer de l'orgueil à un ecclésiastique, le rendre ambitieux, fourbe, hypocrite et foncièrement vicieux.
Si ce reproche était sensé, il retomberait sur Jésus-Christmême, puisque c'est lui qui a donné aux pasteurs de l'Eglise les pouvoirs d'instruire, de remettre les péchés, de reprendre et de corriger. Il leur a dit, dans la personne de ses apôtres : « Celui qui » est mon ministre sera honoré par » mon Père. » Joan., c. 12, j> 26. « Mon
CLE
CLE
» Père vous aime, parce que vous » m'avez aimé et avez cru en moi. »
C. 16, f 27. Mais il a eu soin de réprimer en eux l'orgueil et l'ambition, en les avertissant que celui qui veut être le premier, doit se rendre le dernier et le serviteur de tous. Matth., c. 20, y 26. Si un homme embrasse l'état ecclésiastique par intérêt, par ambition, sans un désir sincère d'en remplir les devoirs, il était déjà vicieux avant d'y entrer; ce n'est pas la cléricature qui l'a rendu tel. Il est absurde de dire qu'un état, dont tous les devoirs sont des actes de vertu, peut rendre un homme vicieux . La seule ambition permise est d'être utile ; tant que le clergé continuera de l'être, il sera honoré en dépit de ses ennemis.
2° Ils prétendent que le clergé est un corps étranger à l'étal, et qui se regarde comme tel ; que les intérêts particuliers de ce corps étoult'ent, dans un ecclésiastique, tout zèle de l'intérêt public, le rendent mauvais sujet et mauvais citoyen.
Il n'est pas aisé de comprendre comment un corps dévoué au service du public ou de l'état, qui subsiste aux dépens de l'état, qui doit donner l'exemple de la soumission aux lois civiles et au gouvernement, peut se croire étranger à l'état. On pourrait, avec aatant de raison, ou plutôt avec autant d'absurdité, faire le même reproche à l'état militaire, a. celui de la magistrature, à celui de la noblesse, qui tous ont des privilèges et des intérêts particuliers.
Souvent on a répété que jamais le clergé n'a stipulé, auprès des souverains, que pour ses propres intérêts ; c'est une fausseté. Dans les assemblées de la nation, le clergé n'a jamais manqué déporter au pied du trône les représentations, les besoins, les justes demandes du tiers état. Dans les commencements de la monarchie, les évèques furent presque toujours revêtus du titre de défenseurs, chargés de soutenir les droits, les privilèges, les intérêts des villes et des communes ; et jamais cette charge n'a été mieux remplie que par eux :
aujourd'hui encore il n'est aucun curé de campagne qui ne rende
le même service à ses paroissiens.
3° Plusieurs ont osé écrire que le clergé est toujours prêt à résister aux ordres du gouvernement et à se révolter ; d'autres prétendent que le clergé est le plus ardent promoteur du despotisme des souverains, et leur a toujours fourni des armes pour opprimer les peuples.
Deux accusations contradictoires n'ont pas besoin de réfutation. Sans se révolter, tout chrétien se croirait obligé de résister à des ordres qui seraient contraires à la loi de Dieu, et de mourir plutôt que de trahir sa conscience. Excepté ce cas, il sait, aussi bien que le clergé, que Dieu ordonne d'être soumis aux indssances supérieures, etc. Rom., c. 13, y 1.
Depuis que les philosophes ont trouvé bon de sonner le tocsin contre le gouvernement, d'enseigner des maximes séditieuses, de souiller l'esprit de révolte, le clergé se croit obligé de prêcher l'obéissance plus soigneusement que jamais.
D'un côté, les incrédules ont représenté les anciens prophètes comme des rebelles et des séditieux, parce qu'ils reprochaient aux rois leurs désordres; on a blâmé saint Jean Chrysostome de la censure qu'il lit des vices qui régnaient à la cour des empereurs, et par laquelle il s'attira la haine des courtisans; aujourd'hui on se plaint de ce que le clergé ne s'oppose point au despotisme des princes. On dit qu'il y a une conspiration entre les ecclésiastiques et les souverainspour opprimer les peuples.
Du moins ce n'est pas le clergé qui fomente le despotisme des princes mahométans ou idolâtres deSiam, de la Cochinchine, du Pégu, delà Chine, du Japon, des Indes et de l'intérieur de l'Afrique : il y a bien de la différence entre leur gouvernement et celui des monarques chrétiens. Depuis que les protestants ont dépouillé les ministres de la religion de toute autorité, voyons-nous les souverains d'Allemagne traiter leurs sujets avec plus de douceur que sous le règne du catholicisme? C'est toujours en écrasant le clergé, que les mauvais princes parviennent au despotisme.
On voit, dans le Dictionnaire de Ju-
CLE
risprudence, les privilèges, les immunités, les dilférents degrés d'autorité et de juridiction dont jouit le clergé, et qui émeuvent la bile de nos philosophes réformateurs; il faut, dit-on, les supprimer pour l'avantage du public. Mais, comme l'observe très-bien un écrivain de nos jours, il n'y a pas un abus, pas une loi injuste, pas un genre d'oppression, pas une espèce d'iniquité publique, à commencer depuis le despotisme jusqu'à l'anarchie, qui n'ait eu pour prétexte le bien général, l'intérêt des hommes, le bonheur des sociétés. Il n'y a point d'autre bien public que l'observation de la loi naturelle. Or, selon cette loi, on ne pourrait toucher aux privilèges des ecclésiastiques, sans révoquer aussi ceux de même nature qui ont été donnés à la noblesse, aux charges de magistrature et à d'autres titres (1).
Il est bon de" se souvenir que le nom de clerc, donné dans les bas siècles à tout homme lettré, et celui de clergie, qui désignait toute espèce de science, sont un témoignage irrécusable des services que les ecclésiastiques ont rendus à l'Europe entière après l'inondation des Barbares ; si la religion ne les avait pas obligés à l'étude, toute connaissance aurait été anéantie. Mais depuis que les philosophes ont voulu se saisir de la clef de la science, être les seuls docteurs de l'univers, ils ont déclaré la guerre au clergé, par jalousie de métier.
CLERCS RÉGULIERS. On nomme
ainsi les ecclésiastiques qui se réunissent en congrégation par des vœux, et s'assujettissent à une règle commune, pour remplir les fonctions du saint ministère, pour instruire les peuples, assister les malades, faire • des missions, etc. Ils sont distingués des chanoines réguliers, en ce que ceux-ci se sont astreints à des jeûnes et à des abstinences, aux veilles de la nuit, au silence des moines; au lieu que les clercs réguliers ne se sont imposé aucune austérité, mais seule-
(1) Les anciens privilèges de la noblesse et du clergé sont abolis. Gousset.
18 CLE
ment l'exactitude à remplir tous les devoirs ecclésiastiques. Ils ont jugé avec raison et ils ont prouvé par leur exemple, que la vie commune, l'assujettissement à une règle, la séparation d'avec les séculiers, les bons exemples mutuels, soutiennent la vertu, excitent la ferveur, et préservent un ecclésiastique des écueils de la piété.
On connaît en Italie huit congrégations de clercs réguliers, ceux de saint Paul, appelés barnabites, ceux de saint Gaétan ou théatins, les jésuites qui n'existent plus, ceux de saint Maïeul nommés somasques, ceux des écoles-pies, ceux de la Mère de Dieu, les clercs réguliers mineurs, et les ministres ou serviteurs des infirmes.
Ces derniers furent institués en Italie par un prêtre nommé Camille de Lellis, pour soigner les hôpitaux et soulager les malades. Sixte V, Grégoire XV et Clément VII, ont approuvé cet institut digne des éloges de tous les gens de bien; son fondateur mourut saintement en 1614. Ses membres rendent les mêmes services que les frères de la charité. On les nomme aussi crucifères, parce qu'ils portent une croix rouge sur leur soutane.
Bergier.
CLERGÉ (le) ET LE MONDE. {Théol.
mixt. mor. social.) — « Le prêtre est le sel de la terre » a dit Jésus-Christ. Or, le sel, pour saler la terre, pour activer sa faculté productrice, ne doit-il pas se fondre dans la terre, se mêler avec elle, s'identifier à elle ?
S'il demeure dans sa sèche cristallisation et dans son isolement, il ne remplira pas sa destinée ; il ne sera sel que par virtualité, il ne sera pas le sel de la terre en action. Il faut donc que le clergé se fonde avec le monde, se fasse dans le monde tout à tous comme saint Paul, et, pour cela, qu'il puisse dire : « Rien de ce qui est humain ne m'est étranger. » Nihil humanum a me alienum est.
Comment sera-l-il ainsi, si ce n'est en ne restant étranger ni aux sciences, ni aux arts, ni à la politique, ni à rien de ce qui constitue le progrès?
Il y en a qui disent : « Le clergé ne doit s'occuper que de la religion et du culte ; » ce sont ses ennemis qui par-
CLE
lent de la sorte; ce sont ceux qui, comme Frédéric de Prusse, veulent « eu l'aire an hibou », alin qu'il perde toute influence sur la société. Nous lui disons précisément le contraire :
occupez-vous de toutes les choses du monde, soyez au courant de toute science, de tout art, de tout mouvement social ; c'est ainsi que vous aurez de l'action. Ne soyez jamais des hommes du passé, soyez des hommes modernes et de l'avenir; mêlez-vous à tout dans le sens du progrès, et pour cela sachez tout.
Voilà pourquoi, dans ce dictionnaire de théologie, principalement destiné au clergé, nous parlons de tout. Ceux qui nous critiqueront pour certains articles qui sortent de l'objet direct de cette théologie proprement dite auquel le premier auteur s'était limité, qui sont même profanes et mondains par leur matière immédiate, prouveront par leur critique qu'ils ont donné dans le piège que leur tend perpétuellement l'ennemi, et qui lui réussit trop bien. Ceux-là ne veulent donc pas tout savoir, ni pouvoir parler de tout; ils veulent, selon le conseil qui leur en est donné par Satan, se reléguer dans le sanctuaire avec le troupeau, de jour en jour plus petit, qui leur ressemble. Mais dehors, que t'ait le monde? Il va à ses affaires, et les oublie, oublie le sanctuaire avec eux, et la religion s'en va.
Il n'est rien de mondain qui soit méprisé par l'homme vraiment évangélique ; il n'est rien qui ne soit susceptible d'être christianisé par lui, et qui ne devienne, dans ses mains, un iilet aux pêches miraculeuses.
CLERMONT. (théol. hist. cane. ) — La ville de Clermont en Auvergne enregistre dans son histoire sept conciles, dont le plus important fut le quatrième, parce que ce fut dans ce concile qu'on résolut la première croisade.
Le premier de ces conciles eut lieu en 1391 sous le règne de Theudebert : quinze évêques présents. Les Pères se prononcent contre l'élection des évêques par les princes ; l'élec-
CLE
tion appartient au clergé et au peuple et doit être confirmée par le métropolitain.
Le second en !149 : il renouvelle, dans seize canons, les décisions du cinquième concile d'Orléans, qui condamne les hérésies de Nestorius et d'Eutychès, coniirme les droits du clergé et du peuple dans les élections épiscopales et anathématise les siruoniaques (1) .
Le troisième en 587.
Le quatrième, ( Comilium ad Clarum montent, Cluramoniunum ) demande à être raconté un peu plus longuement. Voici le précis qu'en donne M. Fritz :
« Le pape Urbain II, sollicité par une lettre deSiméon, patriarche de Jérusalem, et par le tableau que Pierre d'Amiens lui avait fait de la misère et des souifrances qu'avaient à subir les Chrétiens de la Palestine, convoqua, pour l'octave de la Saint-Martin i 095, un concile à Clermont, en Auvergne, pour réaliser le plan qu'il avait formé depuis longtemps , qu'avait déjà conçu Crégoire VII, de délivrer les lieux saints. Quatorze archevêques deux cent vingt-cinq évêques, quatre abbés et beaucoup d'autres ecclésiastiques, une multitude de laïques de toute condition répondirent à l'appel du souverain Pontife.
a Le concile décréta d'abord trentedeux canons ayant pour but de relever la discipline et les mœurs, de rétablir la paix dans l'Église et les royaumes chrétiens. Il chercha surtout à réprimer la simonie et le concubinage des ecclésiastiques, l'investiture parles laïques, le cumul.
« Ces points réglés, Urbain réunit la foule inquiète et impatiente sur une place et lui adressa un éloquent discours. Plusieurs variantes de ce discours sont arrivées jusqu'à nous, ce qui s'explique par cela que les anciens historiens ont élaboré les paroles du Pape chacun a sa façon.
Peut-être aussi le discours tenu, dans des circonstances analogues, par Urbain à Plaisance a-t-il été fondu dans celui de Clermont . Dans tous les cas l'effet en fut prodigieux. Le Pape fut
(i) Coll. Candi., t. V.
CLE
souvent interrompu par les larmes et les cris de la multitude s'écriaut : « Dieu le veut ! » que l'assemblée entière répéta. L'évêque du Puy, Naimar ou Adémar, comme le nomme Guillaume deTyr, se jeta le premier aux pieds du Pape et déclara sa résolution de prendre part à la croisade ; la majorité des ecclésiastiques et des laïques présents suivirent son exemple. Uue croix rouge, appliquée sur l'épaule droite, fut le signe de ralliement de ceux qui avaient juré de visiter et de délivrer les lieux saints. Les évèques et les prêtres, revenus dans leurs diocèses, surent rendre général l'enthousiasme pour la croisade qu'ils avaient puisé à Clermont et les indulgences accordées aux croisés secondèrent l'effet de leurs exhortations. »
Le cinquième en 1110, sous le légat du pape Richard.
Le sixième en 1 1 30, sous le légat Pierre de Laon.
Le septième en 1130, sous le pape innocent H, qui avait cherché et trouvé refuge en France contre les Romains révoltés. 11 y reçut les évèques Conrad de Salzhourg et Héribert de Munster, envoyés vers lui par le roi Lothaire. Le Nom.
CLÉSINGER (Jean-Baptiste-Auguste). (Tliéol. hist. biog. et œuv. d'art.) — Ce sculpteur français est un des derniers qui, dans notre époque, ont conservé le sentiment de l'art ; ce n'est pas qu'il n'y en ait d'autres qui soient pleins de talent et doués d'une grande habileté; tel est M. Carpcaux dont l'adresse et la facilité ne sauraient être dépassées; mais presque tous ces maîtres se sont jetés dans le léger et dans le sec du positivisme, tandis que Clésinger a gardé le mouvement, l'expression, le sentiment, le vrai beau de l'antique. Il naquit à Besançon en 1820; il a épousé une tille deMme Georges Sand, dont il s'est séparé.
On peut citer parmi ses œuvres :
un Faune et la Mélancolie, 1846; la Femme piquée par un serpent, 1847; un buste colossal de la Liberté, 1848; une Fraternité, 1848 ; la Tragédie et la Comédie, ou Mlle Rachel dans Phèdre et dans le Moineau de Lesbie, 1852;
CLE
la Tragédie, 1 852 ; François I, à cheval, 1856; la Zingara; Sapho terminant son dernier chant ; la Jeunesse de Sapho ; Charlotte Corday; Taureau romain; 1859 ; Combat de taureaux; la Pieta et la Comélie avec ses deux enfants nous paraissent de très-belles œuvres.
Clésinger a fait aussi des essais de peinture ; son Eve dans le paradis terrestre tentée pendant son sommeil, est très-mytique et très-grandiose. Clésinger a partagé avec Eugène Delacroix l'honneur de n'être pas compris par ses contemporains, et d'être, de leur part, l'objet d'amères critiques.
Le Noir.
CLET (saint). (Théol. hist. pap.) — S. Clet, d'après l'opinion commune, succéda à S. Lin, qui avait lui-même succédé à S. Pierre ; selon les uns, ce fut vers l'an 78, selon d'autres, vers l'an 80, selon d'autres, vers l'an 90, selon d'autres enfin, vers l'an 93, mais il régna 12 ans, 1 mois et 11 jours. « Mais, dit M. Werner, si, comme il est vraisemblable d'après d'anciennes traditions, Lin ne fut point pape, mais seulement coadjuteur de S. Pierre, et s'il mourut en 67 (V. anaclet), il faut le placer vers 67 ou 68, et alors, il serait mort eu 79 ou 80. »
D'après l'ancien catalogue des Papes, connu sous le nom de Catalogue de Libère, Clet n'aurait succédé qu'à Clément I ou Clément, romain, et aurait régné de 77 à 83, soit 6 ans 2 mois et 7 jours. Dans ce cas, les 12 années du règne de Clet seraient le résultat d'une erreur du copiste du Catalogus Felicis IV, qui aurait confondu Clet avec Anaclet. Le catalogue de Libère parait mériter plus de croyance que les autres.
S. Irénée donna cette série : Lin, Anaclet, Clément ; mais Tertullien nomma Clément comme successeur immédiat de S. Pierre. Le canon de la messe nomme Clément après Clet, ce qui parait grave. Il est difficile de sortir de ces obscurités.
D'après le catalogue de Félix IV, Clet était romain de naissance, son père se nommait Emilien, il consacra 25 prêtres à Rome sur l'ordre de S.
Pierre, ce que plusieurs expliquent
jU
en disant qu'il distribua la Tille de Rome en 25 paroisses. Il paraît probable que Clet fut martyrisé par ordre de Domitien. Le Noir.
CLIMAT. De nos jours on a mis en question si la religion chrétienne était propre à tous les climats, par conséquent si Jésus-Christ a eu raison de dire à ses apôtres : Allez enseigner toutes les nations. Sans entrer dans aucune spéculation physique ni politique, la question nous parait décidée par un fait incontestable : c'est que le Christianisme a produit les mêmes effets, le même changement dans les mœurs de tous les peuples chez lesquels il s'est établi. La mollesse des Asiatiques, la férocité des Africains, l'humeur vagabonde des Parthes et des Arabes, la rudesse des habitants du Nord et des Sauvages, ont été forcées de céder à la morale de l'Evangile. On peut s'en convaincre par le tableau des mœurs qui ont régné avec le Christianisme pendant quatre siècles sur les côtes de l'Afrique, en Egypte, en Arabie, qui régnent encore chez les Abyssins, par la révolution qu'il a opérée chez les Perses, au sixième siècle en Angleterre, au neuvième chez les peuples du Nord, de nos jours parmi les Américains et aux extrémités de l'Asie.
Il y a sans doute des climats sous lesquels les mœurs sont ordinairement plus corrompues, et les habitants moins propres à s'instruire ; mais il n'est point de difficultés que le Christianisme n'ait autrefois vaincues; il peut donc encore les vaincre aujourd'hui. Au second siècle, Celse jugeait, comme nos politiques modernes, que le dessein de ranger tous les peuples sous la même loi, était un projet insensé; cette spéculation profonde s'est trouvée fausse, elle le sera toujours ; le Christianisme a été destiné de Dieu à être la religion de toutes les nations, comme il doit être celle de tous les siècles.
Une preuve démonstrative que la religion a beaucoup plus d'empire sur les.mojurs des peuples que le climat, c'est que partout où le Christianisme a été détruit, la barbarie et l'ignorance ont pris sa place, sans
qu'aucun laps de temps ait pu les d;ssiper. Y a-t-il quelque ressemblance entre les mœurs qui régnent aujourd'hui sous le mahométisme dans la Grèce, l'Asie Mineure, la Perse, la Syrie, l'Egypte et sur les côtes de l'Afrique, et celles que le Christianisme y avait introduites? Dans peu d'années notre religion avait civilisé toutes ces nations; il y a près de douze cents ans qu'elles sont retombées dans la barbarie, et elles semblent condamnées à y demeurer pour toujours, à moins qu'elles ne reviennent à la lumière de l'Evangile dont l'Alcoranles a privées. En voyageur, qui a fait récemment le tour du monde, atteste qu'il a vu le Christianisme produire les mêmes effets dans tous les climats, et partout où les missionnaires sont parvenus à l'établir.
Nous ne devons donc pas nous lier à ce qu'a dit l'auteur de l'Esprit des lois, qu'il est presque impossible que le Christianisme s'établisse jamais à la Chine. Selon lui, les vœux de virginité, les assemblées des femmes dans les églises, leur communication nécessaire avec les ministres de la religion, leur participation aux sacrements, la confession auriculaire, l'extrème-onction, le mariage avec une seule femme, sont des obstacles invincibles ; parce que tout cela renverse les mœurs et les manières du pays, et frappe encore du même coup sur la religion et sur les lois.
Mais les vœux de virginité et le mariage d'un homme avec une seule femme seraient-ils plus difticiles à établir à la Chine que dans la Perse, dans l'Arabie, en Ethiopie, en Egypte et sur les côtes de l'Afrique, où le climat est beaucoup plus brûlant qu'à la Chine, où la relgion, les mœurs et les lois n'étaient pas meilleures lorsque le Christianisme y fut porté?
Qui empêcherait d'ailleurs que dans les églises les femmes ne fussent séparées des hommes par des barrières impénétrables, que l'on ne leur administrât les sacrements avec les mêmes précautions qu'à des religieuses? Lorsque l'Egypte, la Libye, la Mauritanie étaient chrétiennes , les femmes n'étaient pas renfermées, les deux sexes y vivaient à peu près avec
la môme liberté que parmi nous, et les Pères de l'Eglise n'ont point envisagé cette société libre comme une source de dépravation mutuelle. Elle subsiste encore cbez les chrétiens d'Ethiopie; les voyageurs n'ont pas vu que les femmes y soient plus corrompues qu'ailleurs. Tertullicn, en soutenant que les vierges doivent se voiler dès qu'elles ont atteint l'âge de puberté, suppose que les femmes ne portaient point de voile, et il ne parle pour elles d'aucune espèce de clôture. L. de virgin. velandis. Aujourd'hui à la Cliiue, et partout où le mahométisme a porté la corruption, les voiles, les sérails, les verroux etles eunuques ne suffisent pas pour calmer la jalousie inquiète des maris. Un Chinois ne comprendra jamais, diton, qu'une femme puisse décemment parler à l'oreille d'un confesseur ; il ne comprend pas non plus qu'un homme puisse se trouver seul avec une femme, dans un lieu écarté, sans être tenté de lui faire violence; il comprendrait l'un et l'autre s'il était chrétien. En bannissant la polygamie, en montrant aux hommes le mérite de la chasteté, le Christianisme retrancherait les deux principales sources de corruption. Contre des faits positifs et incontestables , les spéculations et les conjectures philosophiques ne prouvent rien.
Bergier.
CLIMATS. (Théol. mixt. scien. geograp. et mùtéor, — Nous avons fait remarquer dans différents articles l'ordre donné par Dieu à la race humaine, dans la personne de ses premiers pères, de dominer toute la terre, universam terrant, et tout ce qu'elle comporte ; nous avons fait voir, en même temps, divers accomplissements de la prophétie impliquée dans ce commandement. Ces accomplissements se réalisent surtout dans les temps modernes, depuis les grandes découvertes du moyen âge, celle de la poudre à canon qui, un jour ne s'appellera plus, croyons-nous du moins, que la poudre à mines, celle du nouveau monde, celle de l'imprimerie; ils se réalisent aujourd'hui par les grandes inventions scientili-
ques et industrielles, telles que la vapeur appliquée à la navigation et aux chemins de fer, la télégraphie électrique terrestre et sous-marine, etc. Or,nous ne pouvons laisserpasser le mot climats, qui nous tombe sous les yeux, sans faire une observation sur le tempérament naturel de l'homme, comparé à celui de tous les autres animaux, dans ses rapports avec la climatologie et la destination providentielle de l'homme à régner dans tous les climats.
Pour que Dieu put dire à cet être, qui n'est ni des petits ni des gros de la création terrestre comme développement matériel, domine toute la terre, il devait avoir mis en lui les conditions physiques de cette domination, et par conséquent l'avoir créé avec un tempérament susceptible de s'acclimater dans toutes les zones, depuis latorride aux constantes chaleurs jusqu'aux boréales aux froids perpétuels.
Or, c'est ce qu'il avait fait par une exception unique en safaveur. Il n'existe pas, en effet, un seul animal qui puisse vivre également sous le climat de Pondichéry, par exemple, où la température maxima est de 44 degrés au-dessus de zéro et la minima de 21 au-dessous, et sousle climat de Moscou où la température maxima est de 32 au-dessus et de 38 au-dessous. Mais l'homme vit parfaitement dans ces deux climats, puisque Pondichéry et Moscou sont deux grandes villes également habitées par l'homme, et dans lesquelles l'homme se sert d'animaux tout différents pour l'aider dans ses travaux. Il en est de même des zones encore plus disparates; dans la Laponie et jusque près des pôles, vous trouvez des hommes qui se servent du renne comme vous en trouvez près des tropiques qui se servent du chameau. L'homme, originaire de pays tempérés, tout acclimaté qu'il soit dans ces pays, entreprend des voyages aux pôles, des voyages aux tropiques, des voyages sur l'Océan, des voyages dans l'intérieur des continents, et il résiste aux assauts des chaleurs les plus lortes aussi bien que des froids les plus aigus, tant par la force même de son tempérament que par les moyens qu'invente son intelligence pour s'en
garantir. Aucun animal, quelque bien préservé qu'il soit par son maître l'homme, ne résiste jusqu'où l'homme résiste. Le chien, que la domesticité lui a le plus assimilé, l'accompagne très-loin du côté du soleil et du côté de la nuit, mais périt encore quand son maître continue de vivre. Il y a des contrées où l'on ne trouve plus d'êtres vivants, que l'homme tout seul et quelques rares végétaux tels que la tripe de roche, sorte de mousse à la rigueur comestible, et le phoque et l'ours blanc. On trouve encore là des humains, et le voyageur de nos contrées qui s'y hasarda en revint plus d'une fois bien portant.
Il est donc vrai que Dieu pouvait dire à l'homme : Domine toute la terre ; il avait l'ait, en sa faveur, une grande exception à la loi générale des êtres terrestres, pour qu'il lui fûtpossible, matériellement, de réaliser un jour l'envahissement du globe dont toute l'étendue lui était donnée en partage.
Le Noir.
CLINIQUE. {Théol. rnixt. scienc.
média.) — Ce mot vient du grec x)avr}, lit. La médecine clinique est donc l'enseignement médical professé au lit même des malades ; c'est l'enseignement théorique allié à l'enseignement pratique; c'est par conséquent le plus parfait de tous les enseignements, surtoutenmédecine, où il s'agit de la santé du corps et de la vie présente, intérêt le plus grand que l'on puisse concevoir après celui de l'âme et de la vie immortelle. Au reste , ' comme enseignement d'une science quelconque, on ne peut rien imaginer de mieux que celui qui réunit la théorie à l'application, la spéculation à l'expérience. Eh bien !
cette vérité apparut si claire à l'esprit de nos pères les plus antiques, au moins en tant qu'appliquée à la médecine, qu'elle fut mise en pratique dès l'origine de cette science.
Nous savons historiquement que les prédécesseurs d'Hippocrate lui-même ne tinrent que des écoles cliniques.
De prime jet, sur ce point, l'humanité historique se posa dans la méthode parfaite. Ce ne fut qu'après qu'llippocrate eut élevé, par ses écrits,
la médecine à la hauteur d'un corps doctrinal que l'on se jeta dans les discussions théoriques, et qu'oubliant trop l'une des deux parties intégrantes de cet enseignement, on ne se livra plus guère qu'aux exposés, aux défenses ou aux attaques des systèmes.
On passa, de la sorte, de longs siècles, pendant lesquels de rares génies tels que Galien, essayèrent, autant qu'il était donné à des influences personnelles, de rappeler la pratique à l'aide de la théorie ; et, le croirait-on, ce ne fut qu'au xva° siècle qu'on commença de retourner à la méthode antique. De même qu'on en était arrivé durant le règne brillant de l'école d'Alexandrie et durant tout le moyen âge à ne pouvoir plus s'aider, dans l'enseignement de l'anatomie et de la physiologie, de la dissection des cadavres dans les amphithéâtres, parce que les lois défendaient cette dissection et condamnaient les savants curieux qui la pratiquaient parfois en cachette, de même la médecine proprement dite ne pensait même plus à s'aider, dans son enseignement, de la vue des faits intéressants que présentaient les malades eux-mêmes.
Les premiers qui purent recommencer et recommencèrent la médecine clinique forent Sylvius de la Hoc, Guillaume Stratcn, ùtho Heurnius, vers 16a0; Boerhaave lui donna un grand éclat vers les débuts du dixhuitième siècle ; et enfin Van Swieten fonda, à Vienne, en 1750, la première école clinique véritable. En France, ce fut Desbois de Rochefort qui organisa le premier un enseignement clinique ; cet enseignement fut consacré officiellement à la création des écoles de médecine ; Corvisart, Pincl, Dessault l'illustrèrent ; et aujourd'hui nous avons, à Paris, huit chaires de clinique, dont quatre médicales, trois chirurgicales et une d'accouchement, auxquelles il convient d'ajouter un plus grand nombre de cliniques particulières sur les divers systèmes de thérapeutique.
Or, il est incontestable que c'est depuis cette alliance de l'observation et de la pratique à la spéculation et à la théorie, que lcssciem-cs aliénantes à la médecine, l'anatomie, la physio-
CLï
logie, la matière médicale, l'hygiène etc., ont le plus progressé et ont en même temps le plus gagné contre les fléaux qui décimaient autrefois l'humanité. Nous ne voyons plus de ces pestes terribles qui dépeuplaient les cités. Dans notre siècle, nous avons eu le choléra, mais quelle différence encore entre ses ravages et ceux des anciennes pestes; d'un autre côté, c'est depuis sou invasoin la plus grave que le progrès s'est réalisé dans l'assainissement de nos grands villes.
Autrefois,une grande guerre ne se passait jamais sans être suivie de maladies contagieuses ou épidémiques, désastreuses ; aujourd'hui nous sortons d'une des plus grandes guerres qui aient jamais eu lieu et qui aient jeté le plus de cadavres dans le sol ; jamais ne s'étaient choqués d'aussi nombreux bataillons qu'à Reischoffen, notre combat si malheureusement décisif tout le premier qu'il fût; pour la première fois, depuis les temps historiques, aucune peste n'a succédé à cette guerre grandiose.
Nous croyons donc qu'il y a un grand progrès hygiénique et médical dans l'humanité, et, sans oser dire avec Descartes, un des esprits les plus sérieux pourtant qui aientjamais existé, que l'art hygiénique et thérapeutique parviendra un jour à préserver l'homme des infirmités de la vieillesse, nous croyons que, sur ce point comme sur tous les autres, il se fera de telles améliorations dans les conditions vitales de l'humanité qu'il est impossible de s'en faire une idée.
Mais il fallait, pour en arriver là, que l'enseigement théorique eût ses siècles d'engouement après d'humbles débuts dans la vraie méthode de l'alliance des deux sources du progrès, et qu'après cet engouement on retournât à l'observation sans abandonner la théorie; il y a aujourd'hui une réaction positiviste en faveur de la méthode expérimentale, qui va trop loin ; mais on finira par trouver la véritable pondération des deux forces ; et c'est alors que le progrès prendra son grand essor.
Ce sera alors, la réalisation, sous le rapport de l'art hygiénique et thérapeutique, de l'antique parole con-
signée par Moïse, qui a promis à l'homme la possession de la terre.
Dieu fasse qu'il en soit de même, un jour, du travail de l'esprit et du cœur, en cette vie, pour la santé dans la vie future. Le Noir.
CLINIQUES. On donnait autrefois ce nom à ceux qui avaient été baptisés dans leur lit pendant une maladie ; il vient du grec xX!vt|. lit.
Dans les premiers siècles de l'Eglise, plusieurs différaient ainsi leur baptême jusqu'à l'article de la mort, quelquefois par humilité, souvent par libertinage et pour pécher avec plus de liberté. On regardait, avec raison, ces chrétiens comme faibles dans la foi et dans la vertu. Les Pères de l'Eglise s'élevèrent contre cet abus ; le concile de Néocésarée, can. 12, déclare les cliniques irréguliers pour les ordres sacrés, à moins qu'ils ne soient d'ailleurs d'un mérite distingué, et qu'on ne trouve pas d'autres ministres; on craignait que quelque motif suspect ne les eût engagés à recevoir le baptême. Le pape saint Corneille, dans une lettre rapportée par Eusèbe, dit que le peuple s'opposa à l'ordination de Novatien, parce qu'il avait été baptisé dans son lit étant malade.
Les cliniques étaient aussi appelés grabataires, pour la même raison. Saint Cyprien, Epist. 76, ad Magnum, soutient cependant que ceux qui sont ainsi baptisés, ne reçoivent pas moins de grâces que les autres, pourvu néanmoins qu'ils y apportent les mêmes dispositions. Mais on ne les élevait pas aux ordres sacrés, dès que l'on soupçonnait qu'il y avait eu de la négligence de leur part. Il paraît que la maladie était le seul cas où il fût permis de baptiser par aspersion.
Bingham, 1. 11, c. 41, tom. 4, p. 333. Bergieb.
CLOCHES, bénédiction des cloches.
L'Eglise veut que tout ce qui a quelque rapport au culte de Dieu soit consacré par des cérémonies ; conséquemment on bénit les cloches nouvelles : comme les cloches sont présentées à l'Eglise, ainsi que les enfants nouveau-nés, qu'on leur donne un parrain et une marraine, et