‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 3 (volume 5)Chapitre 29 sur 110 · COI\T · texte numérisé non relu

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tenaient pour le nestonamsine, les autres pour les erreurs d'Eutychès, les autres enfin pour la doctrine catholique, établie par le concile de Chalcédoine.

Toute la question se réduit donc a savoir si les trois chapitres avaient été approuvés par le concile de Chalcédoine : or, il n'en est rien. 1° L'on ne voit rien dans les actes de ce concile, ni dans les écrivains contemporains, d'où l'on puisse conclure qu'il y fut question des ouvrages de Théodore de Mopsueste. Cet évêque était mort en 424, avant que Nestorius, son disciple, eût publié ses erreurs.

En renouvelant la condamnation de Nestorius, le concile de Chalcédoine était censé avoir proscrit, plutôt qu'approuvé, les écrits dans lesquels cet hérésiarque avait puisé sa doctrine. 2° Théodoret et Ibas^ assistaient à ce concile; on ne pouvait pas douter de leur croyance personnelle, puisque l'un et l'autre souscrivirent, sons hésiter, à la condamnation de Nestorius. S'il y avait des choses répréhensibles dans leurs écrits, le concile était convaincu qu'ils avaient changé de sentiment. 11 n'eut donc pas tort de les reconnaître pour orthodoxes, et de les rétablir dans leurs sièges, d'où ils avaient été chassés, deux ans auparavant, par Dioscorc et par le faux concile d'Ephèse, auquel il présidait. On savait d'ailleurs que Théodoret avait abandonné absolument le parti de Nestorius, et s'était réconcilié sincèrement avec saint Cyrille; il avait donc suffisamment désavoué ce qu'il avait écrit auparavant contre ce saint docteur. Quelle nécessité pouvait-il y avoir d'examiner ses écrits? Ihas était présent pour rendre raison de ce qu'il avait dit dans sa lettre à Maris, elle ne faisait pas encore du bruit pour lors. Le concile jugea de l'orthodoxie personnelle des ces deux évoques, sans rien statuer sur leurs écrits. 3° L'imposture des nestoriens, qui publiaient que ces écrits avaient été approuvés par ce concile, ne prouvait donc rien ; la préyontion de ceux qui les en croyaient sur leur parole, était mal fondée, et l'artifice des eutychiens, qui se flattaient de détruire l'autorité du con-

cile de Chalcédoine, en les faisant condamner, n'était qu'une vaine imagination. Us réussirent à augmenter la division età troubler l'Eglise, etil ne s'ensuivit rien. 4° Pour que le concile de Constantinople ait eu le droit de condamner les trois chapitres, il suffisait que les expressions, renfermées dans ces écrits, ne fussent pas assez claires ni assez exactes, et qu'elles donnassent lieu aux nestoriens d'autorisé:

leurs erreurs. Les auteurs avaient pu les employer innocemment avant les condamnations réitérées de Nestorius ; mais on devait les proscrire depuis que l'Eglise avait formellement expliqué sa croyance. Si ce concile alla trop loin, en flétrissant la mémoire des auteurs, cet excès de sévérité ne fait rien à la foi.

Basnage, qui a fait une longue histoire du cinquième concile général, et qui l'a remplie d'invectives, aurait dû faire ces réflexions. Hist. de l'Eglise,\. 10, c. 6. Il s'obstine à supposer que le concile de Chalcédoine avait approuvé les trois chapitres ; que le? condamner à Costanlinople c était réformer le jugement et les décrets de Chalcédoine, et donner atteinte à l'autorité la plus vénérable qui fût connue ; que ce concile avait décidé que la lettre d'Ibas était orthodoxe, § 4 et 22 : c'est une fausseté. U reconnaît lui-même que l'on n'avait parlé de Théodore de Mopsueste à Chalcédoine, qu'en traitant de l'affaire d'Ibas, d'où il conclut que sa personne ni ses écrits ne pouvaient pas y avoir été condamnés; mais, par la même raison, ils ne pouvaient pas non plus y avoir été approuvés. L'affaire d'Ibas n'était pas l'examen de sa lettre à Maris, mais de ses sentiments actuels ou personnels.

Après avoir peint, de la manière la plus odieuse, la faiblesse, les incertitudes, les changements de conduite du pape Yigile, il est forcé de convenir que le jugement de ce pontife, après la décision du concile de Constantinople , était sage, qu'il distinguait judicieusement le droit d'avec le fait.

D'un côté, il censurait les erreurs de Théodore de Mopsueste sur les extraits de ses livres qu'on lui avait fournis ; de l'autre, il ne voulait pas

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que l'on condamnât sa personne, parce qu'il était mort dans la paix de l'Eglise aussi Lien qu'Ibaset Théodoret, § 17. Les Pères de Constantinople auraient sans doute fait de même, s'ils n'avaient pas été poussés par les clameurs des eutychiens et par l'entêtement de Justinien. C'est leur rigueur, dans la condamnation des personnes, qui révolta principalement les Occidentaux ; mais, encore une fois, ce procédé ne tient en rien à la question du droit, qui était de savoir si les écrits en eux-mêmes étaient censurantes : or, nous soutenons qu'ils l'étaient, que la condamnation de ces écrits n'est pas injuste, quoi qu'en dise Basnage, § 8.

De là même il résulte que l'on ne doit pas donner une entière croyance à tout ce qui a été écrit de part et d'autre, surtout par les Africains ; ils jugaient de la conduite du pape Vigile et du concile de Constantinople selon leurprévention ; ils n'étaient pas fort en état de peser la valeur des expressions grecques renfermées dans les trois chapitres. Ce concile n'a été général ou œcuménique, ni dans sa convocation, ni dans sa tenue, ni dans sa conclusion ; les suffrages n'y étaient pas libres, il n'est censé général que par l'acceptation universelle que l'Eglise en a faite dans la suite. Basnage en conclut très-mal à propos que ceux qui le rejetaient, ne croyaient pas à l'infaillibilité des conçues œcuméniques, § 22; les Occidentaux ne le regardaient pas comme tel.

Le troisième des conciles de Constantinople, placés parmi les conciles généraux, fut tenu l'an G80, sous le règne de l'empereur Constantin Pogonat, et sous le pontificat du pape Agathon; c'est le sixième œcuménique. Il fut composé d'environ cent soixante évoques, et assemblé pour condamner l'erreur des monothélites, qui étaient un rejeton de l'eutychianisme. Eutychès avait prétendu que, dans Jésus-Christ, la divinité et l'humanité étaient tellement unies et confondues, qu'elles ne faisaient plus qu'une seule nature.

Les monothélites soutenaient qu'il n'y avaiten Jésus-Christ qu'une seule

volonté et une seule opération. Le concile au contraire, après avoir déclaré qu'il adhérait aux décrets des cinq conciles généraux précédents, décida qu'il y avait en Jésus- Christ deux natures distinctes et complètes, revêtues chacune de leurs facultés et de leurs opérations propres, par conséquent, deux volontés et deux opérations, l'une divine et l'autre humaine. Parmi les fauteurs du monothélisme qu'il condamna, il nomma le pape Honorius, parce que, dans une lettre écrite à Sergius, patriarche de Constantinople, auteur et défenseur du monothélisme, ce pape semble avoir enseigné la même erreur. Voyez Monothélisme.

On regarde ordinairement comme une suite de ce concile celui qui fut tenu au même lieu douze ans après, en 692, et qui fut nommé le concile in Trullo, parce qu'il fut assemblé, comme le précédent, dans une salle du palais impérial , couverte d'un dôme ; on l'a encore appelé Quiniseœte, parce qu'il avait pour objet de régler la discipline, sur laquelle le cinquième et le sixième conciles n'avaient rien statué, et qui renouvela les décrets de ces deux assemblées.

Justinien II était pour lors empereur, et Sergius I" remplissait le siège de Rome. Deux cent onze évèques y assistèrent et y firent 102 canons de discipline, qui ont été constamment suivis depuis ce temps-là dans l'Egiise grecque ; mais tous ces décrets ne furent pas adoptés par les Papes ni par l'Eglise latine, parce qu'il y en avait plusieurs qui n'étaient pas conformes à la discipline établie en Occident.

Le huitième concile général, assemblé aussi à Constantinople, l'an 869, sous le pape Adrien II et l'empereur Basile, fut composé de 102 évêques.

On s'était proposé d'y réparer les maux qu'avait causés l'intrusion de Photius dans le siège de Constantinople, et les suites du schisme qu'il avait établi entre l'Eglise grecque et l'Eglise romaine. On y dressa vingtsept canons de discipline, et on y renouvela la condamnation des erreurs qui avaient été proscrites par les conciles précédents.

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Dix ans après, Photius étant parvenu à se faire rétablir sur le siège de Constantinople, après la mort du patriarche Ignace, trouva le moyen de rassembler près de quatre cents évèques, et de faire annuler tout ce qui avait été fait contre lui ; il donna à ce faux synode le nom de huitième concile général, et il a été regardé comme tel par les Grées, depuis qu'ils ont consommé leur schisme avec l'Eglise latine. Voyez Grecs.

Bergier.

CONSTANTINOPLE (patriarcat de).

(Thcol. hist. dign. eccl.) — M. Werner résume et apprécie comme il suit, le. patriarcat de Constantinople, au point de vue historique :

* L'Église de Constantinople ou Byzance était à l'origine une simple Église épiscopale, sans aucune prérogative particulière d'honneur ou d'autorité, soumise à la juridiction de l'évêque d'Héraclée. La translation de la résidence impériale à Byzance devait nécessairement rehausser la considération de l'évêque de cette ville, et la première conséquence fut que l'évêque d'Héraclée ne put plus exercer ses droits de métropolitain. Mais cette prérogative de fait ne devint légale et ne s'agrandit qu'après que 1 e troisième concile œcuménique (380) eut accordé à Constantinople la prérogative d'honneur, ta TzpîaStïx t?,ç thj.%, immédiatement après l'Église de Rome, parce que Constantinople était la nouvelle Rome. Quoique ce canon ne donnât à l'évêque de la nouvelle Rome aucune juridiction sur d'autres évèques, et l'exemptât simplement de la juridiction du métropolitain ou de l'exarque d'Héraclée, ce privilège d'honneur devait, à la longue, uni à l'in- Pfluence que donnait la résidence do la cour de l'empereur, entraîner un droit de surveillance sur les exarques des diocèses les plus rapprochés.

« L'éminente personnalité de Jean Chrysostome, évêque de Constantinople, hâta le progrès. Dans un des synodes tenus à Constantinople durant son Hépiscopat, auquel assistaient les évèques d'autresdiocèsesquisetrouvaient temporainement dans la ville impériale, Chrysostome accueillit une ac-

cusation de simonie dirigée contre Antonin,évèqne d'Éphèse, et résolut, à la prière do plusieurs évèques d'Asie, de se rendre à Éphèse pour y faire une enquête exacte sur les lieux mêmes. L'évêque en fut, il est vrai, empêché par la cour, sous prétexte que sa présence était nécessaire à Constantinople; mais, lorsqueAntonin mourut en 400, S. Chrysostome dirigea en personne l'élection de l'évêque d'Ephèse ; il déposa plusieurs évèques coupables de simonie et en institua d'autres à leur place. D'après Théodoret (1), il veillait aussi sérieusement à l'observation des décrets canoniques dans les diocèses de Thrace et du Pont. Sans aucun doute Chrysostome s'y crut autorisé par la prééminence accordée d'ailleurs à son Église. Ce fut la même pensée qui dirigea, ce semble, l'empereur Arcade, lorsqu'il chargea ce saint évêque'de déciderïdans un synode Faccusation portée parles grandsfrères contre l'évêque d'Alexandrie, Théophile. Le second successeur intrus de saint Chrysostome, Atticus, loin de se laisser détourner de l'autorité qu'avaient exercée les évèques de Constantinople par les plaintes portées au synode du Chêne (403) contre Jean Clrrysostome, au sujet de son immixtion dans les affaires ecclésiastiques de provinces étrangères à la sienne (2), songea à se créer un diocèse spécial. Il obtint un édit impérial qui subordonnait l'Illyrie orientale à la juridiction de l'évêque de Constantinople. Cependant cette usurpation sur les droits du patriarcat de Rome échoua devant l'opposition du pape Boniface. Mais Atticus obtint de Théodose II une loi d'après laquelle nul évêque d'Asie et de Thrace ne pouvait être ordonné sans l'assentiment du concile de Constantinople. Sisinius, successeur immédiat d'Atticus, rencontra de l'opposition lorsqu'il voulut faire valoir ce droit, qu'on obj ecta n'avoir été accordé qu'à la personne d'Atticus (3).

« Cette opposition isolée changea peu la situation en elle-même. On

1) Hist. eccl, I, 5, c. 28.

2) Hard., Coll. Conc, I, p. 1041.

3) Cod. Iheod. Epise. et Cler., I, 46.

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voit comme dès lors on jugeait dans l'Église d'Orient la situation de l'évêque de Constantinople par ces paroles de Théodoret (1) : « Nestorius obtint par son élévation sur le siège épiscopal de la capitale le préséance sur toute l'Eglise, itooeSpl» tt,; oïxou- [xév-fiç à-icccTTjç. » En effet, abstraction faite du discrédit dans lequel l'hérésie de Nestorius fit tomber pendant quelcrue temps l'Église de la nouvelle Rome, nous voyons déjà, sous le second et le troisième successeur de Nestorius, les évoques Proclus et Flavien, de nouvelles preuves d'une suprématie exercée non-seulement sur la Tlirace et l'Asie, mais encore sur les diocèses du Pont et le ressort patriarcal d'Antioche (diœcesis Oricns). D'après ces précédents, Anatole crut qu'il était temps de demander au concile universel de Chalcédoine, (2) en 4SI, la ratification légale de ce pouvoir de fait. II profita de l'absence des légats du Pape et du départ de la plupart des évoques, qui avaient quitté le concile, une fois les questions dogmatiques résolues, pour proposer plusieurs règlements disciplinaires, parmi lesquels trois canons ayant rapport aux privilèges du siège de Constantinople.

Le neuvième canon accordait à l'évêque de Constantinople une puissance de juridiction adéquate à celle des exarques des diocèses, en ce sens qu'il laissait aux évèqucs et aux autres membres du clergé la liberté d'en appeler des jugements du métropolitain soit à l'exarque, soit au siège de Constantinople. Le dix-septième canon confirma cette décision appliquée à un cas particulier. Anatole comprenait parmi les exarques non-seulement les évèques d'Éphèse, d'Héraclée et de Césarée en Cappadoce, mais encore ceux d'Alexandrie, d'Antioche, et le patriarcat nouvellement créé de Jérusalem.

« Après avoir essayé de cette manière l'étendue qu'il pouvait donner à son pouvoir, il proposa un canon par lequel, en s'appuyant sur le canon 3 du second concile universel, les Pères de ce concile déclaraient ac-

(1) Socrates, Bist. eccl., I, 7, c. 28-47.

(2) Hier. Gab., IV, 12.

corder à l'Eglise de Constantinople, à cause de la prééminence politique de cette ville, des privilèges ecclésiastiques semblables à ceux de Rome ancienne, toutefois en la maintenant au

Second rang : Ta îtra irpeoSeïa àTtÉvsi.j.av (o£ xaxipsç pv') tû xr\<; vs'aç Tw[rr)ç ayiut&ztû 9pôvw EiiXoyu.; xpîvavrs? tJ]V fScxtnieia xat auyiO^Tw ■cijx-riBEÏijav -reSXiv *.od tûv ïaiùv àiro'XaiSouo-av iipsi6sî<jv xîi irpeaSutépa paaiXiSi 'Pûtx-ri xaî |v toîç éxni-rickaTrixoTç, &i éxeîvr)v nq-aXJvsaOai TcpxftJ.aa't , Ss\jx{pav [iet" èxs!v-r|V ûitâp^ousav ; et ainsi il fut décidé que désormais l'évêque de Constantinople aurait le droit de consacrer les métropolitains des trois diocèses d'Asie, du Pont et de Thrace, et les évèques des provinces barbares appartenant à ces diocèses.

« Les légats du Pape, dès qu'ils eurent connaissance de ce vingt-huitième canon, protestèrent contre sa teneur et ne purent être amenés à retirer leur protestation, même après que le sénat eut déclaré, de concert avec les évèques, que ce canon ne portait aucune atteinte ni au privilège d'honneur ni à la puissance suprême de l'Église apostolique, itp6 •ratvrav [xèv Ta xptoxeïa %xl tt,v ê£a(pexov tijxt,v %xià toùç xavdvaç tû 1% wpsaS'JT:- Zoç 'Pùjj/iïç àp^isTuoTioTru çuXâTTe:rOat(l).

« Le pape Léon approuva cette protestation, malgré les prières, les instances et les explications du concile et du patriarche Anatole. En effet l'Église romaine, d'après le témoignage de Grégoire I« (2), n'avait jamais admis le troisième canon du second concile universel. Quoique, d'après ce qui précède, on voie qu'alors ni Anatole ni les autres évèques d'Orient n'eurent la pensée de se soustraire à la primauté du Pape, et qu'ils n'eurent d'autre intention que d'attribuer au patriarche de Constantinople, sur tout l'Orient, une puissance suprême analogue à l'autorité de l'évêque de Rome, en sa qualité de patriarche d'Occident, tout en laissant subsister la primauté du Pape sur l'évêque de la nouvelle Rome, on pouvait cependant abuser de la rédaction équivo-

J\)Actio XYI. Conc. Chalc, apna Hardonin, Coll. Conc, t. II, p. 612.

(2) L. VI, ep. 31.

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que de ce canoH (l'expression lact -irpss- 6eîa et les considérants) pour contester le droit de primauté du Saint-Siège. On semblait faire de l'action directe de Rome sur les autres patriarches une chose plus ou moins impossible; et enfin l'autorité des évèques d'Éphèse, d'Iléraclée et de Césarée, en qualité d'exarques , était comme anéantie. Il résulta de la résistance de Léon que, jusqu'à Photius, le -vingthuitième canon ne fut pas admis dans la législation orientale, quoique les patriarches ne renonçassent à aucun des droits qu'ils avaient usurpés.

L'ambition qu'ils avaient de paraître les chefs suprêmes de l'Église d'Orient les porta, depuis Jean le Jeûneur (887), non-seulement à accepter le titre de MLawKtx; o'«ou[j.evix6<;, que leur donnaient les évèques subordonnés, mais encore à s'en servir ofiieiellement, ce qui amena la controverse connue entre la patriarche Jean et le pape Grégoire Ier.

« L'ambition des patriarches de Constantinople, entretenue par tes divisions nées entre les Églises d'Orient et d'Occident à l'occasion du monophysisme, vers la fin du cinquième et au commencement du sixième siècle, et au sujet du monothélisme dans la courant du septième siècle, ne diminua point, même après la défaite de l'hérésie déterminée par l'intervention du Saint-Siège. Au contraire, dépités de ce qu'au sixième concile l'Eglise romaine avait prouvé son incontestable supériorité dans les questions dogmatiques, les Orientaux réunis au concile in Trallo de 691, opposèrent avec intention leur organisation et leur discipline à celles de Rome, comme beaucoup plus conformes à l'antiquité ecclésiastique, et partirent de là pour confirmer solennellement, dans le trente-sixième canon, la prééminence de l'Église de Constantinople, déjà reconnue par le second et le quatrième concile œcuménique.

« Durantla controverse des images, Léon risanrien arracha les provinces illyriennes au patriarcat de Rome et les unit au diocèse patriarcal de Constantinople, usurpation que les patriarches orthodoxes maintinrent malgré

toutes les protestations du Saint-Siège et même après le rétablissement de l'union des deux Églises.

« C'est ainsi que le schisme mûrit peu à peu pour éclater sous Photius et Michel Cérularius. Alors le but auquel, avec ou sans conscience, tous les patriarches avaient aspiré, fut atteint, et l'évèque de Constantinople devint patriarche œcuménique indépendant. Le ressort patriarcal, s'étendant depuis le huitième siècle sur toute l'Ulyrie orientale, sur les trois diocèses d'Asie, du Pont et de la Thracc, comprenant les pays barbares, et depuis le dixième siècle la Russie, fut restreint, au seizième siècle, par la création d'un patriarcat spécial pour la Russie, établi à Moscou. Un patriarcat serbe s'était constitué au quatorzième siècle, mais il fut aboli en 1765.

« A la suite de la révolution de la Grèce, en 1821 , l'Église de ce royaume se détacha de la juridiction des patriarches de Constantinople, (i août 1833).

« Les évèques non unis de la monarchie autrichienne ne sont pas non plus soumis à la juridiction du patriarche de Constantinople ; celle-ci ne s'étend plus que sur les provinces médiates et immédiates de l'empire turc, à l'exception des patriarcats très-re'streints d'Alexandrie, d'Antioche, de Jérusalem , de Chypre et d'Ochrida, en Roumélie. Cependant ces derniers patriarches sont dans un certain rapport de subordination visà-vis de l'évèque de Stamboul, qu'ils reconnaissent comme leur chef.

« Ily eut un patriarcat latin à Constantinople depuis la conquête de cette ville par les Latins (1204) jusqu'à sa reprise par les Grecs (1261). Innocent III avait reconnu à ce patriarche le premier rang après Rome.

« Le titre seul de ce patriarche a subsisté depuis la chute de l'empire latin, et c'est ordinairement un des prélats romains les plus éminents qui le porte. Cependant il y a encore de nos jours un vicariat patriarcal à Constantinople, qui a sous sa juridiction 10,000 Catholiques romains résidant à Constantinople ou dispersés en Thrace, en Macédoine et au nord

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de l'Asie Mineure. Outre ce vicariat, il y a, depuis 1830, pour les 60,000 Arméniens unis de Gonstantinople et de l'Asie Mineure , un archevêque auquel la Porte a reconnu un rang politique égal à celui du patriarche. » Le Nom.

CONSTITUTION, décret du souverain pontife en matière de doctrine.

Ce nom a été principalement donné en France à la fameuse bulle du pape Clément XI, du mois de septembre 1713, qui commence par ces mots : Unigenitus Dci Filius, et qui condamne cent dix propositions, tirées du livre du père Quesnel, intitulé : Le Nouveau Testament, avec des réflexions morales, etc. Voyez Unigenitus. Bergier.

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