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Aujourd'hui, il paraît que Ses luthériens ne soutiennent plus la consubstantintion ; la plupart croient que Jésus-Christ estprésent dans l'eucharistie, seulement dans l'usage, ou dans l'action de le recevoir. Voyez Luthériens. Bergier.
CONSUBSTANTIEL, qui est de même substance et de même essence ; c'est la traduction du grec ôjioouç7Ïa«, dont s'est servi le concile de Nicée pour décider la divinité du Verbe.
La divinité de Jésus-Christ avait été attaquée, dans le premier siècle, par les émonites et par les corinthiens ; dans le second, par les théodotiens ; dans le troisième, par les artémoniens, et ensuite par les samosatiens ou samosaténiens, sectateurs de Paul de Samosate. L'an 269, l'on assembla un concile à Antioche, pour décider ce dogme ; Paul et l'évèque d'Antioche qui pensaiteomme lui, furent déposés.
Mais, dans son décret, ce concile n' employa point le mot consubstantiel; les Pères craignirent que l'on n'en nbusât pour confondre les Personnes, ou pour supposer que le Père et le Fils étaient formés d'une même matière préexistante. C'est la raison qu'eu donne saint Atbanase.
L'an 32S, lorsque les ariens nièrent de nouveaula divinité de Jésus-Christ, le concile général de Nicée jugea que l'abus de ce terme n'était plus à craindre, qu'il n'y en avait point de plus propre à prévenir les équivoques et les subterfuges des ariens ; conséqucmmentil décida que le Fils de Dieu est consubstantiel à son Père, et il l'exprima ainsi dans le symbole que l'on récite encore aujourd'hui à la messe.
Les ariens firent grand bruit de ce quel'on consacrait à Nicée unmotqui avait été rejeté par les Pères du concile d'Antioche; ils l'interprétèrent malicieusement dans le sens que ces Pères avaient voulu éviter. Ils dressèrent successivement vingt formules de foi, dans lesquelles ils déclaraient que le Fils de Dieu est semblable au Père en toutes choses, qui'il lui est semblable, selon les Ecritures, qu'il est Bien, etc. Ils protestaient que si l'on voulait supprimer le terme de
consubstantiel, il n'y aurait plus ni disputes, ni divisions. L'empereur Constance, leur protecteur, employa toutes sortes de violences pour forcer les évèques à le supprimer.
Mais les orthodoxes tinrent ferme ; .
ils comprirent que les ariens étaient de mauvaise foi, qu'ils rejetaient le terme pour anéantir le dogme : ils regardèrent comme captieuses toutes les formules dans lesquelles le terme de consubstantiel était supprimé.
Aujourd'hui les sociniens renouvellent les clameurs des ariens ; ils disent que le concile de Nicée a innové dans la doctrine, qu'il a établi un dogme inouï jusqu'alors, puisqu'il a employé un terme que le concile d'Antioche avait rejeté cinquante-trois ans auparavant. On leur a prouvé, par les témoignages formels des Pères des trois premiers siècles, que l'on avait décidé à Antioche le même dogme qu'à Nicée ; que les ariens ne faisaient que répéter Terreur condamnée dans Paul de Samosate et dans ses partisans.
De leur côté, les incrédules disent que l'on a troublé l'univers pour un mot, pour une question grammaticale; mais ce mot emportait un dogme fondamental du Christianisme.
Si ce dogme était faux, il faudrait conclure que la vraie doctrine de Jésus- Christ a été méconnue dès l'an 260, et que depuis celte époque, le Christianisme est une religion fausse.
Si la eonsubstantialilé du Verbe était une nouvelle doctrine, pourquoi les ariens ne purent-ils jamais s'accorder ? Les purs ariens ouphotiniens enseignaient sans détour, comme Arius, que le Fils de Dieu était dissemblable à son Père, que c'était une pure créature tirée du néant. Les semi-ariens disaient qu'il était semblable au Père en nature et en toutes choses ; quelques uns avouaient qu'il était Dieu. Pourquoi ces disputes, ces condamnations mutuelles, cette opposition entre les différentes sectes des ariens? Il eût été plus court pour eux de s'accorder, de parler tous comme Arius et comme font aujourd'hui les sociniens. Mais on sentait que, pour en venir là il fallait contredire l'Ecriture et la tradition des trois premiers
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siècles; on cherchait à pallier l'erreur pour la faire adopter aux fidèles avec moins de répugnance.
Le patriarche d'Alexandrie le fait déjà observer dans la lettre qu'il écrivit aux évoques avant le concile de Nicée, pour leur donner avis de la condamnation qu'il avait faite d'Arius et de ses partisans. Voyez Socrate, Hist. eccl., liv. 1, c. 6.
Parmi les protestants, plusieurs de ceux qui penchaient au socinianisme, ont soutenu que les Pères de Nicée, en décidant que le Fils de Dieu est consubstantiel au Père, entendaient seulement que la nature divine est parfaitement semblable et égale dans ces deux Personnes, mais non qu'elle y est numériquement une et singulière.
Syst. intell., tom, 1 , c. 4, § 26, prétend que ce dernier sens ne se trouve point dans les auteurs chrétiens avant le quatrième concile de Latran, tenu l'an 1215, qui le décida ainsi contre l'abbé Joachim. Les Pères, dit-il, ont souvent répété que la nature divine est une dans les trois Personnes de la sainte Trinité, comme l'humanité est une dans trois hommes; ils parlaient donc d'une unité d'espèce, et non d'une unité de nombre. Il s'attache à le prouver par plusieurs passages des Pères : Le Clerc était dans la même opinion, et Mosheim, dans ses Notes sur Cudworth, n'a pas pris la peine de la réfuter. D'où nous devons conclure que, suivant ces critiques, les Pères, qui ont soutenu avec tant de zèle la consubstantialité du Verbe, n'étaient, dans le fond, pas plus orthodoxes sur sur ce mystère que les ariens.
Mais: 1° ces Pères, qui montrent d'ailleurs tant de pénétration et de sagacité, ont-ils pu être assez stupides pour comparer en rigueur la nature divine avec la nature humaine, l'unité réelle de la première avec l'unité improprement dite de la seconde, qui n'est qu'une abstraction ? Ils auraient été forcés d'avouer que, comme trois personnes humaines sont trois hommes, les trois Personnes divines sont trois dieux. C'est l'argument que leur faisaient les sabclliens, et contre lequel les Pères se sont défendus. 2° Il y a plus: les Pères ont dit que la génération du Fils de Dieu est hors de tout
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exemple et de toute comparaison ; donc ils n'ont pas regardé les comparaisons qu'ils en ont faites comme exactes et rigoureuses. Euseb., adv.
Marcell. Ancyr., 1.1, p. 75, etc. 3" Ils ont enseigné que l'unité de la nature divine en trois Personnes est un mystère : or, l'unité spécifique de la nature humaine dans les divers individus n'est certainement pas un mystère ; donc les Pères n'ont pas cru que ces deux unités sont la même chose.
4° Ils ont affirmé constamment que la nature divine est indivise dans les trois Personnes; conséquemment que ces trois sont un seul Dieu : mais aucun ne s'est avisé de dire que la nature humaine est indivise dans trois hommes, et que ces trois sont un seul homme. 5° Cudworth insiste sur ce qu'en disant que la nature divine est une, les Pères n'ont pas ajouté qu'elle est singulière ; mais nous le défions de trouver dans la langue grecque un terme qui réponde exactement au mot singuluris des Latins. Quand ils»ont dit qu'elle est une et indivise, ils n'ont pas cru que cela pût s'entendre seulement d'une unité spécifique, puisque celle-ci emporte division. 60 Lorsque les ariens ont mis dans leurs professions de foi que le Fils de Dieu estparfaitement semblable à son Père, en nature, en substance, en toutes choses, les Pères ont rejeté ces expressions comme insuffisantes; elles emportaient cependant l'unité spécifique de nature : donc, par le mot consubstantiel, ils entendaient quelque chose de plus, c'est-à-dire, l'unité numérique et singulière. 7° Les ariens ne voulaient point admettre de génération en Dieu : Toute génération , disaient-ils, se fait ou par l'écoulement de quelque partie qui se sépare du tout, ou par l'extension, par la dilatation de la substance qui l'engendre : or, la substance divine ne peutni s'étendre, ni se resserrer, ni se diviser. Les Pères répondaient que Dieu engendre de sa propre substance son Fils unique, mais sans partage, sans altération, sanschangement, sans écoulement, sans éprouverrien de ce qui arrive dans les générations animales. Saint Hil., L. 3 de Trinit., n° 8 ; L. de Synodis, n° il et 44, etc. Donc
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ils ont admis entre le Père et le Fils une imité numérique de nature, et non simplement une unité spécifique, telle qu'elle se trouve entre un homme et son fils.
On demande : Mais pourquoi vouloir expliquer ce qui est inexplicable?
pourquoi ne pas se borner à dire, comme les auteurs sacrés, que Jésus- Clirist est le Fils de Dieu, sans entreprendre de décider comment il l'est?
Nous répondons qu'il n'était pas possible de s'en tenir là, et que les Pères ont été forcés de donner une explication. 1° Il faut avoir quelque idée d'un dogme que l'on croit et que l'on professe ; parce que la foi n'a pas pour objet des paroles, mais les choses signifiées par ces paroles. 2° Cotte proposition : Jésus-Christ est le Fils de Dieu, pouvait avoir différents sens; et les hérétiques lui donnaient plusieurs sens faux ; il fallait donc fixer le vrai et exclure le faux. 3° Dire aux païens que Jésus-Christ est Fils de Dieu, c'était leur donner lieu de demander pourquoi donc les chrétiens rejetaient les généalogies des dieux, pendant qu'ils enseignaient eux-mêmes que Dieu a un Fils. On était donc obligé de montrer aux païens la différence qu'il y avait entre la théologie chrétienne et les fables de la mythologie. Il en est de même de tous les autres mystères. Beausobre, Histoire de manichéisme, tome 1,1. 3, c, 6. Bergier.
CONSULTEURS . A Rome, l'on donne ce nom à des théologiens, chargés par le souverain Pontife d'examiner les livres et les propositions déférées à son tribunal ; ils en rendent compte dans les congrégations, où ils n'ont point voix délibérative. Dans quelques ordres monastiques, on nomme de même des religieux chargés de transmettre des avis au général, et qui sont comme son conseil.
Bergier.
CONTEMPLATION. Selon les mystiques, c'est un regard simple et affectueux sur Dieu, comme présent à notre âme. La contemplation, disentils, consiste dans des actes si simples, si directs, si uniformes, si paisibles,
qu'ils n'ont rien par où l'on puisse les saisir pour les distinguer.
Dans l'état contemplatif, l'âme doit être entièrement passive par rapport à Dieu ; elle doit être dans un repos continuel, exempte du trouble des âmes inquiètes qui s'agitent pour sentir leurs opérations ; c'est une prière de silence et de repos. Ce n'est point, ajoutent-ils, un ravissement, une suspension extatique de toutes les facultés de l'âme, mais c'est un état passif, une paix profonde, qui laisse l'âme parfaitement disposée à être mue par les impressions de la grâce, et dans l'état le plus propre à en suivre les mouvements.
Les personnes chargées de diriger les contemplatifs, ne sauraient avoir trop de prudence pour connaître l'esprit de Dieu, et le distinguer des illusions de l'amour-propre. Bergier,
CONTEXTE, mot usité parmi les théologiens, et qui a plusieurs sens.
Souvent il signifie simplement le texte de l'Ecriture sainte, ou d'un auteur quelconque. Ordinairement il signifie ce qui précède ou ce qui suit un passage; ou il désigne un autre endroit qui y a du rapport; dans ce sens, on dit que, pour bien entendre le texte, il faut consulter le contexte. Bergier.
CONTINENCE, état de ceux qui ont renoncé au mariage. Jésus-Christ en a témoigné de l'estime, lorsqu'il a dit qu'il y a des eunuques qui ont renoncé au mariage pour le royaume des cieux, que tous ne le comprennent point, mais seulement ceux qui en ont reçu le don. Matth., c. 19, f 11 et 12. A l'article Célibat, nous avons cité les paroles de saint Paul. Il n'est point de subterfuges que l'on n'ait employés pour tordre le sens de ces passages.
Nos philosophes, réunis aux protestants, soutiennent que la continence n'est point estimable par elle-même, qu'elle ne le devient qu'autant qu'elle importe accidentellement à la pratique de quelque vertu, ou à l'exécution de quelque dessein généreux ; que, hors de ces cas, elle mérite plus de blâme que d'éloges.
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Il nous paraît que le nom de vertu signifie la force de l'âme, qu'il est besoin de force pour résister à un penchant impérieux, tel que le désir des plaisirs sensuels ; que ce courage est toujours estimable par lui-même, à moins qu'il ne soit empoisonné par un mauvais motif.
Il y a, sans doute, des hommes qui renoncent au mariage par des motifs blâmables, et qui vivent dans le célibat sans observer la continence; assez souvent ce sont eux qui veulent décrier cette vertu.
Quiconque, dit-on, est conformé de manière à pouvoir procréer son semblable, a droit de le faire, c'est le droit ou la voix de la nature. Soit.
L'homme peut renoncer à son droit sans violer aucune loi; lorsqu'il le fait par un motif louable, c'est un acte de vertu. Celui qui,, sans nuire à sa santé ni à ses devoirs, peut boire etmanger plus qu'un autre, en a aussi le droit : sera-t-il blâmable, s'il s'en abstient par tempérance, ou afin d'avoir du superflu à donner aux pauvres?
On ajoute qu'il n'y a point de raison qui oblige à une continence perpétuelle, qu'il en est tout au plus qui la rendent nécessaire pour un temps.
Mais, le dessein généreux de se consacrer au culte de Dieu et au salut des hommes, n'est-il pas une bonne raison d'embrasser la continence perpétuelle? Il faut employer les premières années de la vie à s'en rendre capable, et consumer le reste dans les travaux attachés à cette fonction charitable.
Nous ne voyons point les hommes mariés et chargés de famille, quitter leur foyer pour porter la lumière de l'Evangile aux extrémités du monde, pour aller racheter les captifs et soulager les esclaves chez les infidèles, pour remplir les fonctions des ignorantins, et des frères de la charité.
Sans l'estime que la religion catholique inspire pour l'état de continence et de virginité, trouverait-ondes filles pour soigner les hôpitaux, pour soulager les malades, pour élever les enfants trouvés et les orphelins, pour instruire ceux des pauvres, pour tenir des maisons d'éducation, pour recueil-
lir les pénitentes et les tirer du désordre? etc. Celles qui aspirent au mariage ne se consacrent point à ces fonctions pénibles ; aussi ces bonnes œuvres sont-elles fort négligées dans les communions protestantes : la charité héroïque n'y a pas survécu à la continence. On aura beau salarier des personnes des deux sexes, l'argent ne fera jamais ce que fait la religion. Et l'on nous dit froidement que la continence ne sert à rien, que c'est une vertu de laquelle il ne résulte rien !
Il ne convient pas d'appeler institutions humaines ce qui a été institué, loué, consacré, pratiqué par Jésus- Christ. Lorsque nos philosophes dissertent sur les vertus et sur les vices, ils devraient- se souvenir que les notions puisées dans l'Evangile, valent bien celles qu'ils empruntent de la philosophie païenne.
On dit que les Pères ont fait des éloges outrés de la continence, qu'ils l'ont estimée et louée à l'excès. Ne sont-ce pas plutôt leurs censeurs qui poussent à l'excès l'indifférence et le inépris pour cette vertu? Quand on sait à quel point a été portée l'impudicité chez les païens, on comprend que ce désordre ne pouvait être réformé que par une morale très-sévère, et en portant fort loin les éloges de la vertu opposée ; on n'est pas étonné du langage des Pères, qui est celui de l'Ecriture sainte. Ils trouvaient beau de pouvoir dire du Christianisme ce que Tite-Live met à la bouche d'un ancien Romain : Et facere et pati fortia christianum est. Voyez Célibat, Chasteté, Virginité. Bergier.
CONTOBARDITES. Voy. Eutt-