‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 3 (volume 5)Chapitre 36 sur 110 · V.) KORAN OU IvOR-AN · texte numérisé non relu

V.) KORAN OU IvOR-AN

CORBAN. Dans l'Ecriture sainte, ce mot signiiie un don, une oblation, ce qu'on a voué au Seigneur. Jésus- Christ réfute dans l'Evangile la fausse morale des pharisiens qui dispcnsaientles enfants d'assister leurs pères et mères dans le besoin, sous prétexte de faire des corbuns ou des oblations au Seigneur. Marc, ch. 7, f 11, Bergier.

CORBLET (l'abbé Jules.) (Thêol.

hist. biog. et biblioy.) — ■ Cet archéologue français, né vers 1815, fait partie aujourd'hui du clergé d'Amiens, et est membre de la société des antiquaires de Picardie ; il a fourni beaucoup d'articles aux bulletins de cette société; ses principaux ouvrages sont:

Parallèle des traditions mythologiques avec les récits bibliques, in-8, 1846; l'Art chrétien au moyen âge, in-8, 1847; Glossaire du patois picard, in-8, 1851 ; Manuel d'archéologie nationale, in-8, 1852, etc. M. Corbkta. fondé à Paris en 1857,1a Revue de l'art chrétien.

Le Noir.

CORBON ( Anthyme). (Théol. hist.

biog et bibliog.) — M. Corbon, représentant à l'Assemblée constituante de 1848, et vice-président de cette assemblée, après avoir repris pendant le second empire son métier de sculpteur industriel sur bois, dans lequel il est très-habile, est redevenu représentant à l'Assemblée nationale qui siège aujourd'hui (1873), depuis la guerre de 1870. Il est né à Arbigny-sous-Varennes, Haute-Marne, en 1808. Il fut l'un des fondateurs do F Atelier, journal religieux et socialiste tout ensemble, rédigé par des ouvriers; ce journal, appartenant à l'école démocrate catholique de Bûchez, s'efforçait d'allier la modération à la propagande révolutionnaire. Corbon prit une part très-active à la révolution de février.

La longue réaction de l'empire aproduit sur cet esprit l'effet qu'elle a produit sur tant d'autres ; elle l'a

rendu quelque peu proudhonien. On a de lui un Traité de l'enseignement professionnel, qu'il a publié, en 1839, dans la Bibliothèque utile.

Le Noir.

CORBULO, montagne de Toscane, à douze mille de Sienne, qui a donné le nom aux chanoines réguliers de Monte Corbulo. Bergier.

^ CORDE, CORDEAU. De tout temps l'on s'est servi d'une corde pour mesurer un terrain ; de là, dans l'Ecriture, cordeau signifie souvent une portion de terre, une contrée. Deut., c. 3, ^4; Heb., le cordeau d'Argob, est le pays d'Argob. Conséquemment il désigne aussi la portion de terrain qui est échue en héritage à quelqu'un. Deut., c. 32, f 9, il' est dit que la postérité de Jacob est le cordeau ou la portion d'héritage du Seigneur. - Le psalmiste dit, Ps. 15, f é, mon cordeau, ma portion est tombée sur un excellent terrain, etc.

Cordeau signifie encore les bandelettes dont on liait les membres des morts pour les embaumer. IIReg., c. 22, f 6, j'ai été environné des cordes du tombeau. Enfin, il exprime un lacet, un piège; Ps. 118, f 71, les cordes des pécheurs m'ont environné,

CORDELIER, religieux franciscain ou de l'ordre de saint François d'Assise, institué au commencement du treizième siècle. Dans leur origine, ils étaient habillés d'un gros drap gris, avec un petit capuce ou chaperon, un manteau de même étoffe, et une ceinture de corde nouée de trois nœuds, d'où leur vient le nom de cordeliers. Ils s'appelaient pauvres mineurs; et ensuite frères mineurs ; ils sont les premiers qui aient renoncé .

à toute propriété.

Ces religieux peuvent être membres de la faculté de Paris, plusieurs ont été papes, cardinaux, évêques ; ils ont eu parmi eux de grands hommes en plusieurs genres, en particulier le frère Bacon, célèbre par les découvertes qu'il fit dans un siècle de ténèbres. Cet ordre n'a cessé dans aucun temps de servir utilement l'Eglise

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et la société ; il se distingue encore aujourd'hui par le savoir et par les mœurs. Les oordeiïers sont divisés en conventuels et en observantins.

Le père Luc de Wading, cordelier irlandais, mort à Rome en 1655, a donné en un vol. àt-foL la bibliothèque» des écrivains de son ordre, qui a été continuée et corrigée par le père François Harol.

Bergieh.

CORDELIÈRES. Ce sont les franciscaines ou religieuses de sainte Claire, nommées urbanistes. Comme la règle que saint François d'Assise avait donnée parut trop austère pour des filles, le pape Urbain IV, en 1233, adoucit cette règle, et permit aux religieuses clarisses de posséder des biens fonds. Il y eut cependant plusieurs maisons qui persévérèrent dans la rigueur du premier institut, et parmi les urbanistes même, plusieurs y sont revenues, soit par la réforme de sainte Collette, nommée dans le monde Nicole Boëllet, ou par d'autres réformes. Ces clarisses non mitigées on non réformées sont connues sous les noms de religieuses de l'Ave, Maria, de capucines, de récollettes, de filles de la conception, de pénitentes du tiers ordre ou tiercelines, nommées à Paris filles de Sainte-Elisabeth. Beugier.

CORDER (Balthazar).(27icoZ. hist.

biog. et bibliog. ) — Ce savant Jésuite, auteur de travaux exégètiques importants sur la Bible et les Pères, enseigna d'abord la langue grecque, puis la théologie morale, voyagea ensuite en Allemagne, en France, en Espagne et en Italie pour des recherches dans les bibliothèques, et publia des traduclions d'auteurs grecs dont il n'existait encore que les manuscrits ; il fut surpris par la mort, en 1650, dans un de ses voyages.

Voici la liste de ses œuvres.

Jo6 elucidatus, Antverp., 1640; « un des commentaires les plus remarquables sur le livre de Job, dit M. Wélte, qui a été reproduit dans les tomes XIII et XIV du Scripturx sacrx Cursus complétas de l'abbé Migne, et insuffisamment apprécié par

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Rosenmuller. » Schol. in V. T., t. V,

p. xx, dit de l'auteur : Ejus diligcntia, maxime in variis Patrum sententiis colUgendis versatur. Cxterum magis pias meditationes captât quam sensum Scriptoris exponere studet.

Expositio Patrum Grsecorum in Psalmos, a Balthasare Gorderio, Soc. Jesu, ex vetustissi?nis Sac. Cxs. Majcstaiis et Sereniss. Bavarix Ducis Miss, codicibus àvexQÛToiî concinnata, in paraphi'asin, commentarium et catenam digesta; latinitate donata et annotationibus'iUustrata,knï\'wç., 164-346. «Ce n'est pas, dit M. Welte, une catena ordinaire, mais un double commentaire sur les Psaumes ; chaque psaume non-seulement est suivi d'un commentaire grec traduit en latin, mais encore de nombreuses et longues notes du traducteur, qui peuvent être considérées comme un second commentaire; la catena elle-même, établie entre le commentaire elles annotations, est tirée do vingt-quatre auteurs ecclésiastiques grecs. »

Symbola Patrum Grxcor. in Matthseum, coll. a B. Gorderio esPetro Possino, Soc. Jesu, Tolos., 1646-1647 Le.

second tome seulement est de Corder, et il porte le titre particulier de Catena Grxcorum Patrum triginta, collectore Nic£ta, episcopo Serarum, interprète Gorderio ; le premier tome appartient au P. Poussines( Possinus).

Catena sexaginta quinque Grxcorum Patrum in Lucam, Antverp., 1628.

Catena Patrum Grxcorum in joannem, 1630.

S. Cyrilli Apologi morales nvnc primant in lucemediti, Vindob., 1630. i

Joann. Philoponi in cap. primo Ge- \ neseos de mundi creatione Ubri quatuor , ' una cum disputatione de Paschate, Vindob., 1630.

S. Dionysii Arcopagitx Opéra, cum S. Maximi scholiis et G. Pachymerx paraphrasi in epist., Antverp., 1634.

S. Dorotltei, archimanclritx, Institutiones asceticx. Antverp., 1646.

S. Cyrilli, archiepiscopi Alexandrini, homilix XIX in Jcremiam prophetam, hactenus ineditx , Antverp., 1648.

On a trouvé en outre, parmi les ouvrages inédits de Corder:

JoannisCedecx, patriarchx Constantinopolitani, et Joannis Ceranei Homilix

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in quatuor Evangelia, J. Geometrse, de B. Virgine.

Liber Sapientise elueidatus. Cf. Scriptural sacrée Cursus complétas, t. XIII, p. 221, et Biographie universelle ancienne et moderne, etc., t. IX, p. 571 sq.

CORDON DE SAINT FRANÇOIS, espèce de corde garnie de nœuds, que portent pour ceinture différents ordres religieux qui reconnaissent saint François pour leur instituteur.

Les cordeliers, les capucins, les récollets le portent blanc, celui des pénitents ou piepus est noir.

Il y a aussi une confrérie du cordon de saint François, qui comprend nonseulement les religieux, mais encore des personnes de l'un et de l'autre sexe. Pour obtenir les indulgences accordées à leur société, ces confrères sont obligés à dire tous les jours cinq Pater, cinq Ave, Maria, et cinq Gloria Patri, à porter le cordon que tous les religieux peuvent donner, mais qui ne peut être béni que par les supérieurs de l'ordre. Bergier.

CORDOUE( école de), ( théol. hist.

écol. ) — Cette ville que les Espagnols nomment Cordova ou Corduba, et les Arabes Coteba ou Corteba, située sur le Guadalquivir, en Andalousie, est une des plus célèbres de toute l'Espagne puisqu'elle fut la capitale du royaume des Maures dans ce pays. La mosquée que fitbâtirvers la tin du vne siècle le roi des Maures Abderrahman, et qui est aujourd'hui la fameuse cathédrale de Cordoue, est un grand chef-d'œuvre d'architecture arabe. A titre de centre delà domination des Maures, Cordoue fut le foyer de la civilisation et de la science arabes durant les siècles où l'Europe était tombée au plus bas de la barbarie et de l'ignorance. Al-Mansor et Al-Raschid, au vmesièele et au début du IXe, furent les principaux fondateurs et protecteurs des écoles, puis ré^na de 813 à 833 1e calife Al-Mamoun qui favorisa plus encore le progrès des lettres. Les traductions syriaques des ouvrages grecs servirentde guides aux Arabes dans l'étude de la philosophie et des arts ; la Grèce vaincue

régna encore par l'intelligence • ce furent des médecins grecs et même chrétiens tels que Jean Mésué, médecin d'Al-Raschid, qui eurent la considération des souverains et qui furent chargés de faire les traductions ; Al- Mamoun fit venir de toutes parts des copies des meilleurs auteurs hellènes, et traduire par le même Mésué leurs meilleurs ouvrages sur la médecine, la physique, la géométrie la cosmographie, l'astronomie, la musique, etc. Aristote fut l'auteur de prédilection. De là les écoles fameuses de cette époque, dont les principales furent celles de Bagdad et de Bassora en Asie, celle du Caire en Afrique, et celles de Cordoue, de bevilie, et de Grenade, en Espagne.

Vers 930, Cordoue comptait 300, 000 habitants et 80 écoles publiques.

Les maîtres les plus illustres de ces écoles furent Averroës etAvicenne.

Le Nom

CORDOUE (pseudo- concile de) ' (Théol. hist. conc.) — Osius qui avait tant brillé, comme on le sait, au concile de Nicée, et qui était évêque de Cordoue, avait déjà illustré cette ville d Espagne dans les fastes ecclésiastiques. Plusieurs conciles s'y tinrent plus tard. Mais celui qui se lit le plus remarquer fut un pseudo-concile qui s y réunit en 852 : « Un certain nombre d'évêques, dit M. Dux, trahissant leur toi, proscrivirent le martyre et interdirent le culte des martyrs, sous prétexte que ceux qui ne sont pas contraints par violence d'abjurer leur foi et qui s'y exposent volontairement, ne peuvent être comptés pour des saints. Ce conciliabule eut lieu à 1 occasion d'une cruelle persécution qui avait été dirigée en 850 par les Maures de Cordoue contre les chrétiens dont les uns avaient été martyrisés et les autres, l'évêque de Cordoue en tête, incarcérés. Les Maures tuèrent une partie de leurs captifs et chercherent à faire abjurer les autresmais pour réussir plus facilement, lé roi des Maures, sur le conseil de quelques apostats, convoqua une reunion de tous les évêques de son royaume, en leur donnant l'ordre d émettre leur avis sur la question du

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martyre et de l'interdire à leurs ouailles. On rendit la liberté aux évêques et aux prêtres retenus jusqu'à ce moment dans les prisons de Cordoi e; mais l'immense majorité repoussa avec horreur la proposition des iuiidèles et se voua au martyre en proclamant sa foi. A la tête de ces intrépides athlètes se trouva le prêtre Euloge, qui réfuta le décret impie du synode dans un savant commentaire intitulé : Memoriale sanctorum, vel libri III de martyribus cordubensibus .

Il y raconte l'histoire des martyrs de Cordoue. » Le Noir.

CORÉ. Voyez Aaron.

CORÉE (Mission de la). (Thêol. hist.

êglis.) — Cette presqu'île située entre la Chine etle Japon a été un des théâtres des immenses travaux des Jésuites pendant les xvie et xvne siècles, et la population s'y est montrée toujours très-disposée à l'acceptation du Christianisme, que les persécutions seules et l'absence de liberté religieuse par le fait des gouvernements ont empêché d'envahir cette contrée. Nous nous contenterons de citer quelques témoignages remontant à des dates très-diverses.

Le Jésuite Jean Hay, de Dalketh, en Ecosse, (1) dit ce qui suit des Coréens, dans son Epitorne de rébus Japonicis, Indicis et Peruanis.

« En 1596 (13 décembre), nous avons instruit un grand nombre d'esclaves des deux sexes, nés dans le royaume de Corée; on les garde en ce moment à Nangasaki (ville de commerce célèbre du Japon) ; ils sont plus de trois cents. La plupart d'entre eux ont été baptisés il y a deux ans ; cette annéeci ils ont fait leur première confession. L'expérience prouve que ce peuple est capabc delà foi chrétienne; il est humain, sociable et très-avide des choses religieuses. Les Coréens ont reçu avec ardeur le Baptême et se confessent sans peine. La plupart ont appris en peu de temps le japonais, de manière à n'avoir pas besoin d'interprète

(1) Conf. Histoire relig., polit, et littér. de la Compagnie de Jésus, pur Crétineau-Joly, Paris, 18«, t. II, p. 488,

pour se confesser. » Et il ajoute, en parlant de ce zèle religieux des Coréens : « Lorsque le vendredi saint, au crépuscule du soir, les portes de l'église étant fermées, nous disposions le baptistère et faisions les autres préparatifs du lendemain, nous entendîmes du bruit devant les portes de l'église. Nous ouvrîmes une fenêtre et demandâmes ce qu'ils voulaient ?

« Père, répondirent humblement les Coréens en se prosternant, nous sommes seuls ici, nous autres Coréens ; n'ayant pu, en notre qualité d'esclaves, assister hier à la procession, nous avons cru devoir venir pour implorer la miséricorde de Dieu et le pardon de nos péchés. » Et pendant qu'ils parlaient ainsi ils se donnaient la discipline et versaient leur sang avec un tel sentiment de componction chrétienne que nous ne pûmes retenir nos larmes. Ce peuple a beaucoup d'intellligence, et il a jusqu'à présent prouvé qu'il n'est pas inférieur aux Japonais. » Le père Hay termine par cette remarque : Plaçait Deo, occasions belli Coraiani, has nobis suppeditare primitias frugum novarum, ad salutem anima: ipsorum ; omniumque ea communis opinio est, si prœdicatio evange-

Uca, QUOD FACILE PER JAPONIAH FIERI

potest, aditum inventât in Corai, faciles incolarum aures inventuram , lateque per illa régna manataram.

Une relation du dix-septième siècle intitulée : Historica Relatio de ortu et progressu Fidei orthodoxxin regno Chinensi, per missionarios Soc. Jesu, ab anno 1581 usque ad annum 1669, novissime collecta ex litteris eorumdem Patrum Soc. Jesu, prœcipueR. P. Joannis-Adami Schall, Coloniensis, etc.

Ratisbon., 1672., renferme ce qui suit.

« Vers ce temps, c'est-à-dire vers celui de la victoire des Mandchous:, par conséquent vers 1644, le roi des Coréens, que ces Tatares avaient d'abord emmené prisonnier àCeao-Tum, sous la promesse de le mettre en liberté dès qu'ils se seraient emparés du trône de la Chine, fut, en effet, délivré de sa captivité. Ce roi visita, à plusieurs reprises, avec une grande condescendance, l'astronome européen (Adam Schall), .et lui donna

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avec une extrême affabilité l'hospitalité dans son palais. Il appela quelques-uns de ses sujets, occupés des calculs du calendrier en Corée, afin qu'ils pussent profiter de la science du P. Schall et l'apporter dans leur pays le fruit de leurs observations astronomiques. Le Père Jésuite lui rendit volontiers ce service, et s'attacha tellement par ses bons offices le roi et ses gens qu'ils lui témoignèrent leur gratitude en partant, autant par leurs larmes sincères que par leurs riches cadeaux. Le roi de Corée étant, comme la plupart des Coréens, un grand ami des sciences, reçut du missionnaire un exemplaire de tous les livres qu'il possédait, non-seulement sur les mathématiques, mais sur la loi chrétienne, ainsi qu'un globe céieste et une image du Sauveur . » Le prince témoigna combien ces présents lui étaient agréables par une lettre chinoise qu'il écrivit de sa main le lendemain au père Schall.

Le roi répondit en parlant surtout de nos livres de morale, qui renfermaient une doctrine propre à améliorer les mœurs de son peuple et à orner son cœur de toutes sortes de vertus. «L'image du Sauveur, dit le roi de Corée, est empreinte d'une telle majesté que le cœur en est tout ému et qu'elle le purifie de toute souillure. Arrivé dans sa patrie, ajoute-t-i], fl multipliera ces livres par l'impre^ion et les distribuera à ceux qui s'occupent de sciences; son peuple sera ainsi transplanté d'un désert aride en un riche palais, et reconnaîtra avec joie les lumières et le bonheur qu'il devra aux Européens. La science a un tel pouvoir qu'elle unit entre eux les hommes que de vastes mers séparent les uns des autres. »

Dans une autre lettre au père Schall le roi s'exprime ainsi : « Je désirerais avoir un de tes cellègues auprèsde mapersonne, afin qu'if m'instruisit, moi et mon peuple. Si tu ne peux disposer d'aucun de tes coopérateurs, ce sera donc cet eunuque qui tiendra ta place et celle de tes compagnons. »

On ne put, continue la relation, envoyer aucun missionnaire de la Chine au prince, et bientôt après les Tatares,

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c est-a-dire la dynastie régnante des Mandchous, ayant fermé tout accès en Corée, il fut complètement impossible d'y fonder une colonie ; car les ennemis gardaient si sévèrement les frontières qu'il ne laissaient entrer et sortir qu'un certain nombre de personnes désignées, tandis que les Pères franciscains cherchaient en vain à entrer par un autre côté dans la Corée.

« Dans les temps modernes, dit l'auteur de l'article Corée du Dir-t. encyclop. de la théol. cath. , l'œuvre de la mission de Corée est entre les mains de la congrégation des Missions étrangères, dont le séminaire est à Pans. Les prêtres Lazaristes donnent de temps à autre des nouvelles de leurs travaux et de leurs progrès à leurs confrères d'Europe.

Quelques-unes des lettres des missionnaires, qui décrivent l'état de la mission de l'ordre, se trouvent dans les Annales de la Propagation de la Foi des années 1848, 1849 et 1854.

« La première lettre du missionnaire apostolique Daveluy décrit moins la situation de la mission que le pays lui-même, le caractère et les habitudes de ses habitants (1).

« Une lettre très intéressante au point de vue des progrès de la mission est celle de Mgr Ferréol, évèque de Belline et vicaire apostolique de Corée, à M. Barrau, directeur du séminaire des Missions étrangères, datée de Séoul, capitale de la Corée, le 24 novembre 1847. Il y est dit:

« La persécution s'arrêta après la mort héroïque de notre confrère, la paix se rétablit, les Chrétiens revinrent à leurs foyers, nous reprimes notre ministère pastoral auprès de nos néophytes, et nous ne fûmes pas trop inquiétés dans nos travaux. L'ouvrier évangélique souffre dans ces contrées, d'abord par la nature même du pays : nous ne sommes que deux missionnaires (Ferréol et Daveluy), et les Chrétiens sont dispersés dans une vaste étendue de terrain ; nous sommes toujours par voies et par chemins, traversant les montagnes couvertes déglace et déneige.

(É) Anoéa 1848, p. 384.

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La nourriture du pays est mortelle pour l'Européen. On ne connaît ici ni pain ni vin ; on n'a en place que du riz bouilli et de l'eau d'orge fermentée, Entourés de dangers toujours renaissants, nous marchons revêtus constamment d'habits de deuil qui cachent nos visages. »

« Le P. Ferréol loue le zèle que les Chrétiens mettent à recevoir les sacrements. Ils viennent, dit-il, pour cela, de vingt, trente et quarante lieues, et leur joie est si grande de voir un prêtre qu'ils ne considèrent pas les dangers qu'ils peuvent courir.

« l'ai été bien des fois touché, dit-il, jusqu'aux larmes en voyant les Chrétiennes d'un haut rang, dans la capitale, profiter du repos général pour se présenter au milieu de la nuit au confessionnal: c'était à l'insu de leurs familles, qui ignoraient leur conversion. Jusqu'à présent ce mystère est une nécessité ; car autant de Chrétiens découverts, autant de martyrs, s'ils ne veulent sauver leur vie par l'apostasie. Les lois du pays, qiù interdisent le Christianisme, sont appliquées avec une cruauté inouïe; nos néophytes gémissent sous ce joug -et aspirent au moment de la délivrance. »

Mais le P. Ferréol craint une nouvelle persécution.

« Si nous avions, dit-il, la liberté religieuse, comme en Chine, nous verrions les Coréens entrer en masse dans le bercail de Jésus-Christ. Puisse le bon Pasteur les ramener à lui ! Un grand nombre d'entre eus n'attend qu'un instant de liberté pour se déclarer en faveur du Christianisme , dont no les éloigne jusqu'à ce jour que la crainte des tortures et de la mort. »

« Les Annales de la Propagation de la Foi de 1834, septembre et novembre, renferment une intéressante lettre de M. Daveluy à M. Barran, datée de Corée, 6 septembre 1853. Il y raconte la perte douloureuse qu'ils ont faite de Mgr Ferréol, ses travaux dans la mission de Corée, sa sollicitude incessante en faveur de sa nouvelle Église, décimée par la persécution et privée depuis longtemps de premier pasteur:

« Peu à peu l'orage se calma, et

» les fonctions du ministère sacré pu- » rentreprendre leur cours. L'évêque » visitait chaque année au moins la » moitié des paroisses chrétien n es et » ne reculait jamais devantlesdifticul- » tés et les longueurs des voyages. Il » envoya plusieurs expéditions de côté » et d'autre, afin d'introduire de nou- » veaux collaborateurs dans le pays.

» Le père Thomas, prêtre indigène, » parvint seul après des peines qui » durèrent près detrois ans, à péné- » trer en Corée. »

« Ce même père Thomas eut beaucoup de persécutions à subir, et il allait être jeté en prison lorsque la Providence permit que son départ précédât d'un jour celui deson arrestation. Le père Daveluy et un certain nombre de Chrétiens eurent diverses vexations à supporter ; « mais les mis- » sionnaires furent richement dédoni- » mages par la foi vive, la piété sim- » pie, la pénitence sincère de leurs r, ouailles. » A ces joies saintes du missionnaire se joignirent de belles espérances.

« Cette année, disent-ils, nous » avons reçu 460 catéchumènes au » Baptême. L'opinion publique de- » vient de moins en moins hostile » au Christianisme. Beaucoup de man- » darins accordent à nos communautés » la paix dont elles avaient tant besoin » etétouffentlesaccusationsdont elles » pourraient être l'objet. 11 en est peu » de ceux qui peuvent entendre explit quer notre religion qui demeurent » indifférents. Ils en reconnaissent la » sainteté et manifestent leur désir de » l'embrasser ouvertement dès que la » liberté religieuse sera proclamée. »

Le Nom.

CORINTHIENS. Des deux lettres que saint Paul adresse aux Corinthiens, la première paraît leur avoir été écrite l'an 56, quatre ans après leur conversion; l'apôtre était alors à Ephèse. Le dessein de cette lettre est de faire cesser les divisions et les désordres qui s'étaient glissés parmi eux. Il leur écrivit la seconde, l'année suivante, pour les consoler, parce qu'il apprit que la première les avait affligés et mortifiés. Quand on se rappelle l'excès de corruption qui avait

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régné dans la ville de Corintlie, sous le paganisme, excès attesté par les auteurs profanes et dont saint Paul les fait souvenir, I Cor., c. 6, f 9, on

est fort étonné que dans l'espace de ans, l'Evangile ait opéré parmi

quatre

les fidèles de cette Eglise un change gement si prodigieux dans les mœurs, et qu'ils soient devenus capables de recevoir des leçons d'une morale aussi pure que celle de l'Apôtre.

Environ quarante ans après, lorsque saint Clément de Rome leur écrivit pour les exhorter de nouveau à la concorde et à la paix, il leur rappela les avis que saint Paul leur avait donnés dans ses deux lettres.

Behgier.

CORMENIN (Louis-Marie de la Haye vicomte de.) (Théol. hist. biog. et MLhog.) — Ce jurisconsulte français, aussi fort en droit administratif que spirituel écrivain pamphlétaire, naquit à Paris en 1788, et y mourut il y a quelques années. Ses principaux ouvrages, sans y comprendre ses fameux pamphets sous le nom de Timon, dont plusieurs, tels que ceux de oui et non et de feu! feu!

furent conçus et écrits en faveur de la liberté de l'Eglise devant l'Etat, sont les suivants: Du conseil d'Etat envisagé comme conseil, et comme 'juridiction dans notre monarchie constitutionnelle, Paris 1818; Delà responsabilité des agents du gouvernement etc ; Questions de droit administratif, dont la 5e édit. porte le titre de : Droit administratif, 2 vol. in-8, 1840 Trois phttippiques; ce volume, qui n'était que la reproduction de ses fameuses Lettres sur la liste civile, eut en dix ans jusqu'à 23 éditions ; Etudes sur les orateurs parlementaires 2 vol. 1838, 15»édit. 1811 -Entretiens de village, 1846, six édit. Dans la même année, une partie de cet ouvrage avait valu à l'auteur le prix Montyon.dès 1836; le Droit de tonnage en Algérie, in-18, 1860. M. de Cormenin fut un écrivain aussi honnête que spirituel, qui mérita ses succès ; aujourd'hui il ne les obtiendrait peutêtre plus, mais son mérite n'en serait pas moindre.

Le Nom,

CORNARISTES, disciples de Théodore Cornhert, secrétaire des Etats de Hollande, hérétique enthousiaste. Il n'approuvait aucune secte, et les attaquait toutes. Il écrivait et disputait en même temps contre les catholiques, contre les luthériens et contre les calvinistes, et soutenait que toutes les communions avaient besoin de réforme ; mais il ajoutait que, sans une mission soutenue par des miracles, personne n'avait droit de la faire, parce que les miracles sont le seul signe à portée de tout le monde, pour prouver qu'un homme annonce la vérité. Il est vrai qu'il n'en fit pas luimême pour démontrer la vérité de sa prétention. Son avis était donc qu'en attendant l'homme aux miracles, on se réunît par intérim, qu'on se contentât de lire aux peuples la parole de Dieu sans commentaire, et que chacun l'entendit comme il lui plairait. Il croyait que l'on pouvait être bon chrétien sans être membre d'aucune Eglise visible. Il n'était donc pas besoin de se réunir, même par intérim. Les calvinistes sont ceux auxquels il en voulait le plus. Sans la protection du prince d'Orange, qui le mettait à couvert de poursuites, il est probable que ses adversaires ne se seraient pas bornés à lui dire des injures. Cependant il ne raisonnait pas trop mal, selon les principes généraux de la réforme, et ce n'est pas • là le seul système absurde auquel elle a donné lieu. Bergier.

CORNEILLE (S.) (Théol. hist. Pap.) — Il succéda (231 — 262) au pape Fabien, après une vacance du siège de plus d'un an.

« La controverse sur les lapsi, dit M. Thaller, agitait alors l'Église d'Afrique. Novat, Félicissimc et quatre autres prêtres, qui attiraient à eux une multitude de mécontents, s'étaient élevés contre la manière d'agir de S. Cypnen. Novat partit pour Rome, s'y lia avec Novatien, prêtre romain, qui, trompé dans l'espoir qu'il avait d'arriver au siège pontifical, était devenu un des plus acharnés adversaires de Corneille. Novatien sut s'attirer une certaine considération parmi les fidèles par un zèle très-bruyant, et, sous pré-

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texte que Corneille était trop indulgent à l'égard de ceux qui étaient tombés durant la persécution, et dont, à son avis, aucun ne devait plus être jamais admis dans la communion de l'Eglise, même après la plus sincère pénitence, il se sépara de l'Église et se posa comme le premier antipape. S. Corneille convoqua un concile à Rome, dans lequel soixante évèques présents et un grand nombre de prêtres et de diacres approuvèrent sa conduite àl'égard des lapsi et anathématisèrent Novatien et sa secte. La correspondance entre saint Corneille et saint Cyprien à ce sujet est d'une grande importance ; elle présente d'une part une irréfragable preuve de la primauté de l'Église romaine, et d'autre part elle est un témoignage de l'esprit d'union qui animait les deux pontifes. La dernière lettre de S. Cyprien à S. Corneille est une lettre de condoléance sur l'exil auquel le Pape avait été condamné.

Corneille, banni à Civita-Vechia, y fut bientôt, selon, son ardent désir, mis à mort pour sa foi. » Le Nom

C0RNE1LLE( Pierre ), ( theol. hist.

hiog. et hiblioy. ) Le grand Corneille naquit à Rouen en 1 006, et mourut en 1684, La Médée fut sa première tragédie; nous necitons pas ses chefs-d'œuvre, ils sont trop connus, nous ne voulons que payer notre tribut d'admiration au créateur de l'art dramatique en France, et à l'auteur du Ciel, ieCinna, des Iloraces, de Polieucte et de toutes ces tragédies admirables, crui, païennes ou chrétiennes parle sujet, sont toutes chrétiennes par les idées, par la magnificence, le naturel et l'énergie du vers, et parle sentiment qui s'y développe avec tant de logique et de philosophie. Corneille, pour nous , est plus grand que kacine, quoique Racine soit plus châtié et plus harmonieux.

Le Noir.

CORNELIUS A LAPIDE, ou COR- NEILLE DE LA PIERRE. (Théol. hist.

biog. et bibliog.) Le vrai nom de cet exégète fameux était Van Ben Stem.

Il naquit près de Liège à Bocholt en 1SI 6, devint jésuite, fit des cours célèbres sur la Bible à Louvain et à

Rome, et mourut dans cette dernière ville en 1637.

« Il a laissé, dit M. Alzog, le fruit do ses travaux d'exégèse et de ses leçons dans ses commentaires sur tous les livres de l'Ancien et du Nouveau Testament, les Psaumes et le livre de Job exceptés. Ils forment 10 vol. infol. dans les meilleures éditions d'Anvers (1681) et de Venise (1730.) Aucun travail sur le Nouveau Testament n'a été plus répandu parmi le clergé que le commentaire de Corneille ; nul n'est resté plus longtemps en vogue, quoiqu'ilsoit debeaucoup inférieur, quant à sa méthode et à sa valeur en général, aux commentaires de Maldonat surles quatre Evangiles et à ceuxd'Estius sur les épitres apostoliques. Ce qui a fait si longtemps donner la préférence à Cornélius a Lapide, c'est le grand nombre des passages des Pères qu'il renferme, et qui, en général, envisagent le texte interprété dans ses quatre sens. Ses commentaires sur le Pcntateuque et les Épîtres de saint Paul sont les meilleurs parmi tous ceux du savant Jésuite. Ce sont ceux qu'il a évidemment le plus travaillés, et on y sent beaucoup moins que dans tous les autres les défauts habituels de l'auteur, qui s'écarte par trop souvent des strictes lois de l'exégèse, entasse des matériaux étrangers au sujet, et se livre à de fatigantes digressions. Cornélius a Lapide n'a qu'une connaissance médiocre des langues de l'Orient. Il ne se sert que très-peu des versions orientales dans son interprétation du Nouveau Testament. Utar, dit-illui-même, sed sobrie et cum grano salis ; non enim istam habent auctoritatem et fidem quam obtinent Evangelia Grseca et Latina; illa tamen confirmant et subinde illustrant.

Dans sa dédicace des Commentaires des Épitres de saint Paul, adressée à l'archevêque de Malines, il s'exprime là-dessus, comme en général sur sa méthode d'exégèse, d'une manière encore plus nette : Scopus fuit solide, breviter, methodice et clare tradere sensum maxime genuinum et lilteralem Itarum Epistolarum , utietreliqux de inceps S. Scripturx ; ideoque, ex textu Grseco, Ilebrxo et Stjro, atque ex Patribus et Boctoribus,eaprœfero quaesenswnhunc

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genuinum vel d imonstrant vel illustrant. Mais l'auteur n'a satisfait qu'imparfaitement à la première partie de ces promesses. »

Le jugement de M. Alzog sur Cornélius a lapide est très-sensé ; il pourrait même ètre^plus sévère. Cet exégète, selon nous, ne convient nullement aujourd'hui; il est trop rempli d'erreurs scientifiques , de naïvetés puériles, et d'interprétations forcées.

Mais il aura toujours un grand mérite, celui d'être aussi riclie en citations des Pères de l'Eglise.

M. L. Vives en a publié une édition très-soignée en 24 vol. in-4° à deux colonnes, renfermant, de plus, le Job eiucidatus du P. Corderus et les Explanationes in psalmos de Bellarmin.

Le Nom.

CORNELIUS (Pierre de). (Theol.

mixt. et Itist. Mog. et œuv. d'art.) Cornélius est un grand peintre allemand et dans le genre allemand ; penseur autant qu'artiste, il n'admet point qu'on entreprenne une composition sans une idée dont elle soit l'écriture. On dit qu'il pousse ce mérite jusqu'à l'excès ; nous ne saurions admettre qu'il puisse y avoir excès d'une telle qualité. Cornélius est poète et philosophe autant que peintre ; hélas ! que n'a-t-il chez nous, aujourd'hui, seulement un rival ! Il a fait des élèves illustres, dont le plus illustre pourtant est le fameux Kaulbach. Il est très-populaire en Allemagne; comme tous les grands artistes, il demande ses inspira lions et son feu à la philosophie et à la religion.

Parmi les productions de Cornélius, on peut noter son illustration du Faust de Goethe, dont il fit hommage au poëte; son Cycle des ifibehcngen; l'Histoire de Joseph, sur fresque; ses dessins de laiBéoine Comédie, du Dante ; ceux de la Jérusalem délivrée, du Tasse ; son Histoire de la peinture ; ses fresques de l'église Saint-Louis, Dieu le Vère, la Naissance de Jésus-Christ, le Crucifirmi'iit et le Jugement dernier, qui se voit encore avec plaisir après celui de Michel-Ange. Plusieurs maîtres allemands, Ansler,Schœfer, Éberlé ont reproduit ses grandes toiles.

Le Nom.

CORPORAL, liage sa*ré que Ko»

étend sous le calice pendant lanaesse,.

pour y poser décemment le corps de Jésus-Christ ; il sert aussi à recueillir les particules de l'hostie qui peuvent s'être détachées, soit lorsque le prêtre la rompt, soit lorsqu'il communie. Quelques-uns attribuent lu premier usage du eorporal au Pape Eusèbe, d'autres à saint Sylvestre., Quant au présent fait par le pape à Louis XI, d'un eorporal sur lequel saint Pierre avait dit la messe, on n'est pas obligé d'en croire Philippe de Commines. Autrefois on avait coutume de porter les corporaux aux incendies, et de les présenter aux flammes pour les éteindre ; cette pratique a été défendue dans la plupart des diocèses a\ec raison. Voyez l'ancien Sacramentaire, par Grancolas , première partie, pages 156 et 730 ; Lebrun, tom. 2, p. 297.

Bergier.

CORPS DE JÉSDS-CIIRIST. Vers le commencement du quatorzième siècle on vit naître un ordre nommé religieux du corps de Jésus-Christ, ou religieux blancs du Saint- Sacrement, ou frères de l'office du Saint-Sacrement, qui suivaient la règle de saint Benoit. Leur instituteur n'est pas connu. On présume qu'après l'institution de la fête du saint Sacrement par Urbain IV, en 1264, quelques personnes dévotes s'associèrent pour adorer particulièrement Jésus-Christ présent au saint Sacrement, et en réciter l'office composé par saint Thomas d'Aquin; que ce fut l'origine des religieux dont nous parlons. En 1303, Boniface IX les unit à l'ordre de Cîteaux ; ils s'en séparèrent ensuite ; enfin Grégoire XIII unit cette congrégation à celle du mont Olivet. Bergier.

CORPS DU DROIT CANON ( Corpus juris canonici ) . (Thcol. hist. iibliog. ) — On appelle ainsi l'ensemble de plusieurs collections de décrets ecclésiastiques qui prirent naissance au moyen âge, depuis Gratien jusqu'au concile de Trente, et qui ont, dans la domaine ecclésiastique, la même autorité, comme législation, qu'ont les codes dans l'ordre civil. M. Helfert à

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donné, dans le Dictionnaire enclycopédique de la théologie catholique, un article assez long sur le corpus juris canonici ; nous allons en extraire tes passages qui nous paraîtront les plus utiles :

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