II. ÉDITIONS DU CORPS DU DROIT CANON
« Comme les parties dont se compose, dans sa dernière forme, le Corps de droit canon, naquirent successivement, s'introduisirent isolément dans les écoles de droit, et passèrent de là dans ta pratique de la justice, il était naturel que, dans le commencement, on en fit des copies isolées, et que, après l'invention de l'imprimerie, elles fussent imprimées de même. Cependant, comme elles paraissaient bien appartenir à un môme
tout, par cela qu'ordinairement elles sortaient des mêmes ateliers, sous la même forme et en se succédant rapidement les unes aux autres, l'usage s'introduisit, à dater du quinzième siècle, de le; désigner comme un tout complet sous la dénomination commune de Corpus juris canonici ( on avait, du reste, de très-bonne heure, opposé le Decretum seul, Corpus juris canonici, au Corpus juris civilis, et on distinguait encore du premier le Liber Decretalium novarum comme une pièce séparée et existant en dehors de ce corps de droit). Ainsi, aux conciles de Constance et de Bàle, on distingua très-exactement, par rapport aux collations des bénéfices, les réserves papales qui étaient expressément contennes dans le Corpus Juris de celles qui se fondaient uniquement sur des Extravagantes. Cependant le titre communne fut pas, pendant longtemps, employé dans les éditions successives, du moins dans les éditions avec gloses, celles-ci étant généralement publiées en trois parties, dont la première comprenait le Décret, la seconde les Décrétâtes de Grégoire IX, la troisième, comme le Volumenlegumparvum du Corpus Juris civilis, les deux autres décrétales, et, depuis Chappuis, les deux colleo tions des Extravagantes.
« Les éditions sans glossaire de la seconde moitié du seizième siècle paraissent avoir, les premières, porté le titre commun de Corpus Juris caiionici.
Ou commença aussi, dans ce siècle, à soigner davantage les éditions, en faisant l'examen critique du texte, en réunissant les ditlérentes leçons, et en y apportant d'autres perfectionnements de forme.
« Les savants français eurent ce mérite ; tels furent d'abord : Antoine Démocharés, qui compléta, pour le Décret, les désignations générales par des données plus exactes dans les inscriptions de chaque passage ; après lui Charles Dumoulin , qui désigna avec des chiffres, comme on l'avait fait plus tôt pour les décrétales, les différents textes du Décret, à l'exception des Paleœ ; enfin Le Conte, qui, surtout dans les décrétales de Grégoire IX, imprima, d'après d'an-
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ciennes collections non imprimées, les Partes decisœ, laissées de côté par Raymond de Pennafort. A ces travaux, entrepris par des savants isolés, se rattacha l'œuvre réalisée sous l'autorité du Pape par les correcteurs romains, correctores Romani, et qui fut publiée à Rome, en 1582, in xdibus populi Romani, en S volume in-fol.
Mais l'histoire des travaux critiques dont le corps du droit canon fut l'objet ne fut pas close par cette publication ; car après elle on vit en France les frères François et Pierre Pithoa, dont Le Pelletier , dans son édition de 1687, mit à profit les notes manuscrites ; en Allemagne, les deux savants Juste Éenning Bohmer et Emile Louis Richter, qui consacrèrent leurs veilles et leur érudition à un travail du même genre.
« Nour pouvons citer les éditions suivantes du Corpus Juri canonici ( quant à chacune des parties, voyez les articles spéciaux ) : de Jean Chappuis et Vitat de Thèbes, Paris, 1499- 1502, 3 vol. in fol. ; — de A. Bémoncharës, deux éditions sans glose, Paris, chez Charles Guillard, 1550, 1552, 4 vol. in-8°; Lyon, chez Guil, Bovillus, 1554, 7 vol. in-12 ; et une édition avec glose, Paris, chezGuil. Merlin, 1581, 3 vol. in-fol.; — de Charles Dumoulin, ou, comme il se nommait en latin, Car. Molinwus ; Lyon, chez Hugo et hered. /Emonisa Porta, deux fois, 1554 et 1359, in- 4° et in-fol. ; — l'édition sans glose a" Ant. Le Conte ou Contius, Anvers, chez Plantin, 1569- 1571, 4 vol. in-8°.
« C'est dans cette dernière édition que furent, pour la première fois, admis les canonsdes Apôtres, Canones Apostolorum, tandis que les canons péniteutiaux, Canones pœnitentiales, avaient déjà été introduits dès 1540 comme supplément au Décret, Decretum. — Puis suivirent, en se fondant sur le travail des correcteurs romains, beaucoup d'éditions, comme : 1584, Rome, 4 vol. in-4°. 1584, Venise et Lyon, 3 vol. in-fol.; 1585, Paris, 3 vol in-fol.; 1586, Francfort, 4 vol in- 8°, etc., etc.; une édition tres-cstimêe à Venise apud Juntas, 1605( jussu Grcgorii XIII edit. ), 4 vol. in 4°; la dernière avec glose, à Lyon, chez II u-
guetan, 1671, dans laquelle se trouve pour la première fois, le Liber VII, après les Extravagantes. Parmi les éditions critiques sans gloses postérieures, celle de Claude Le Pelletier cum notis P. et Fr, fratrum Pithœorum' parut d'abord à Paris en 1687, puisa Leipzig, 1690 et 1705. Enfin, àTurin, 1746, en 2 vol in-fol. — L'édition célèbre de Bohmer parut à Halle, 1747, en 2 vol. grand in-4°; enfin la plus récente, supérieure encore à la précédente, celle de Richter, fut publiée à Leipzig, 1833-1839, vol. I,en2part., grand in-4°. Celle-ci ajustement laissé de côté les suppléments sans autorité du Corpus Jioïs canonici.
« Il a paru en AUem agne une traduction des parties les plus importantes etlesplus applicables du corps dudroit canon, réunies systématiquement par Rruno Schilling et C- Fred. Sintenis, en2 vol., Leipzig, 1834 et 1835; elle n'est pas sans gros contre-sens. One traduction complète a été entreprise, avec la collaboration de plusieurs savents, par le professeur Alexandrie Zang, Nuremberg et furth, 1935; il n'en a paru que le commemeement.»