GUÉ
saints Pérès, accusés de platonisme, livre 3, page 319 et suivantes, a fait voir que tous ont professé cette importante vérité, et ont réfuté Platon, qui supposait la matière éternelle Voyez Emanation. Bergier
CRÉATION et CRÉATURE. (T Mol.
mixt. philos, ontol.) — La création d'un être qui n'existait pas avant d'être fait est le plus grand de tous les mystères, et ce mystère est tellement important qu'il nous parait utile d'ajouter aux idées de l'article et des notes qui précèdent quelque chose de nos propres idées.
La création est un fait qui s'observe, se voit, se sont, s'impose et que la raison est obligée d'admettre, qu'elle puisse ou non en percevoir la possibilité. Nous sommes perpétuellement plongés dans des créations dont nous sommes nous-mêmes les témoins ou les agents à titre de causes secondes.
Notre moi qui pense, et a conscience soutenue de son être, a-t-il toujours existé comme pensée, comme cons-
cience, comme étant ce qui le constitue véritablement une personnalité?
Non. Qu' était-il, à ce titre, il y a cent ans? Rien, absolument rien. 11 est cependant aujourd'hui, donc il a été créé; il a commencé d'être, n'étant pas auparavant^ des milliers de personnalités c'omiTO la sienne, qui ne sont rien aujourd'hui, seront dans l'avenir des personnalités conscientes et agissantes. Niez donc la création des personnalités et des consciences.
Or, quelle création sera jamais plus merveilleuse que celle-là?l'apparitioE d'une conscience qui dit : Moi! qui dit : « Je pense ; donc je suis! »
Et, depuis que vous existez de la sorte, que se fait-il tout autour de vous, et que faites-vous vous-même, si ce n'est des créations de mille et mille choses qui n'avaient aucune existence, sous le rapport qui les constitue ce qu'elles sont, avant la création que vous en faites on qui en est faite sous vos yeux? Toute idée neuve qui jaillit en vous n'est-elle pas une création ? L'œuvre d'un poëte en est une,
III. L'Etre nécessaire est nécessairement tout ce qu'il est, et tout ce qu'il peut être.
On no parle point dos opérations libres de l'Etre nécessaire, des actes de ;a volonté; il s'agit uniquement de ses attributs : or ils sont tous en lui d'nne nécessité absolue, de même que son existence. Dans los êtres contingents, il est tout simple qu'il y ait des propriétés accidentelles; ceux même de leurs attributs qui leur sont essentiels, ne sont nécessaires que d'une nécessité hypothétique, c'est-àdire d'une nécessité qui suppose l'existence contingente d'un sujet; mais l'Etre nécessaire d'une nécessité absolue a son essence d'une née ssité absolue. Elle no dépend pas d'une bypotbèse, puisque l'existence de cet Etre est nécessaire absolument, et n'est la suite d'aucune hypothèse. Il n'a pas pn exister sans son essence, et puisqu'il ne peut pas ne pas exister, il ne petit pas ne pas avoir cette essence.
Or, tontes les propriétés de l'Etre nécessaire lui sont essentielles; il ne peut pas en avoir qui soient accidentelles : car de qui tiendrait-il des modifications pure nent accidentelles ? Serait-ce dosa nature? Alors elfe ne seraient pas accidentelles : ce qu'un être possède en vertu de sa nature lui est essoutiel. Serait-ce d'une cause extérieuie? Mais quelle serait cette cause contingente, qui aurait le pouvoir d'ajouter des modes accidentels à l'Etre nécessaire? Non, ce n'est que de 6a nature que l'Etre nécessaire peut avoir ses modifications. Les modifications d'un être ne sont pas des êtres à part, ayant une existence personnelle, elles no sont nuire chose que l'être lui-même modifié de telle façon. Celles de l'Etre nécessaire sont donc l'Etre nécessaire luimême; olles sont donc nécessaires. En uu mot, il répugne qu'on être soit nécessaire dans sa propriété d'exister, et contingent dans son mode d'exister;
qu'il existe nécessairement, et cependant d'une manière contingente.
IV. L Etre nécessaire est éternel. L'éternité est la conséquence immédiate de la nécessité d'exister; aséité et éternité sont presque deux termes identiques. Aussi tous ceux qui ont reconnu l'existence de la Divinité, même parmi les païens, ont en mOrne temps professé son éternité. Et les athées qui veulent que la matière existe nécessairement, prétendent aussi qu'elle existe éternellement.
En elFet, si l'Et-re nécessaire a eu un commencement, d'où l'n-t-il ou? De lui-même? Mais aucune chose ne peut se donner à elle-même l'existence. Il faudrait qu'elle existât avant d'exister. De quelque autre ? Mais alors il serait contingent ; il ne serait plus l'Etre nécessaire.
S'il pouvait y avoir un temps, soit dans le passé, so't dans le futur, où 1 Etre nécessaire n'existât pas, il serait nécessaire et il ne le serait pas. Il le serait, c'est l'hypothèse : il ne le serait pas, puisqu'il pourrait ne pa- exister.
V. L'Etre nécessaire est immuable. L'immutabilité de l'Etre nécessaire, c'est-à-dire sa propriété de ne jam .is changer, de rester toujours le mémo, est la conséquence immédiate de ce que nous avons établi jusqu'ici. Nous avons montré qu'il est nécessairement ce qu'il e6t : il ne peut donc pas devenir autre qu'il est. Nous avons établi que toutes ses propriétés lui sont essentielles : or, aucun être ne peut changer d'essence; ce qui ;ui est essentiel lui est tellement inhérent, qu'il ne peut pas n'a pas l'avoir. L'Etre contingent qui peut être détruit ne peut pas, tandis qu'il subsiste, perdre son essence. L'essence de l'Etre nécessaire est indestructible, comme son existence.
Tout changement provient d'une cause externe ou interne. Il serait déraisonnable de prétendre que
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et vous ne craignez pas de lui en donner le nom ; ïe mot poète signifie même créateur, et le mot poème, création. Les inventions de votre industrie, en tant qu'idées, sont des créations, et vos génies qui les conçoivent sont des créateurs ; et ce n'est pas vous, hommes, qui êtes les seuls créateurs; toutes les créatures inférieures à vous sont, comme vous, créatrices proportionnellement à leur puissance. L'animal crée perpétuellement son corps par la digestion; la plante crée sa tige, ses feuilles, ses fleurs et ses graines parla végétation.
Tout crée après avoir été créé; c'est la grande loi de la nature. Expliquez donc cette loi.. ..mais la nierez-vous?
Vous allez me dire : Je suis le produit de mon père; c'est une génération. La plante et l'animal se reproduisent de même. Nos idées et nos inventions sont des produits de notre esprit. Dans tout cela il y a un producteur naturel, palpable, visible, comme l'effet dont il est Fauteur.
Eh! sans doute; ces créations ne
sontpas sans cause jolies en ont de toutes naturelles, et la philosophie ne craint pas de vous dire qu'aucune création ne saurait se passer de cause, qu'il en faut une à toutes et une qui soit naturelle également, c'est-à-dire en rapport exact avec la nature d'ellemême et de son effet. Mais qui dira jamais sans folie que non-seulement la création des mondes, mais celle d'un insecte, mais celle du plus infime des atomes, ait pu se faire sans un créateur qui soit sa cause naturelle ontologique, comme vous l'êtes vousmême de vos productions; la proportion seule doit être gardée du petit au grand, du tout à la partie. C'est là notre logique et notre raison, à nous théistes, et à vous, pauvres athées, quelle est la vôtre? Admettre les créations par les créatures sans créateur au bout!....
t Vous direz encore : Toutes ces créations que vous mettez en avant ne se font pas avec rien; elles se font avec des éléments antérieurs; ce ne sont que des combinaisons de formes ou
des êtres contingents eussent sur l'Etre nécessaire la puissance de changer do nature. Il répugne également que lu mécessïté d'exister soit un principe de variation.
VI. L'Etre nécessaire est infiniment parfait. Quand noya disons que l'Etre nécessaire est infîoinient parfait, nous n'entendons pas qu'il possède absolument loutes les perfections imaginables jil y en a qui, par leur nature, sont mêlées d'imperfee- , lions : on sent bien que ce n'est pas de colles-là qu'il peut-être ici question, Il y aurait contradiction dans les termes à dire qu'un être parfait jusqu'à l'infini renferme dos imperfections, Il y a aussi dos perfections qui sont opposées à d'autres et qui les excluent ; ce n'est pas encore de celles-là que je parle : il ne peut y avoir dons un même être des qualités contradictoires. J'ai dit que l'Etre nécessaire réunit tontes les perfections possibles, c'est-âdire toutes celles qui sont compatibles, soit entre elles, soit avec le degré infini où elles doivent être portées.
Pour prouver l'infinie perfection de l'Etre nécessaire, je pose d'abord en principe qu'elle est posai île dans lui. Je dis dans lui, et dans lui seul. L'être contingent est essentiellement fini dans ses perfections; il ne lésa que contingemment, qu'accidentellement : ainsi d'abord il peut les perdre, ce qui est une imperfection; ensuite, des qualités accidentelles sont sujettes a val iation, peuvent recevoir de l'augmentation, de la diminution : autre contradiction formelle avec l'infini qui n'est susceptibleni de 1 un ni de l'autre. Mais si l'infinie perfection est incompatible avec l'existence contingente, elle se concilie très-bien avec l'existence nécessaire: les mènes raisons ne l'excluent pas de l'Etre immuable, ii.' roable de rien perdre et de rien acquérir. Le PCM .ible est ce qui ne répugne pas, ce qui n'implïï'i - pa; contradiction, ce qui n'emporte pas l'être
et le non-être : or, qu'y a-t-il de contradictoire à ce qu'un être qui existe par sa naturo, oit par sa nature l'iufinie perfection? Est-ce l'agrégation de toutes les perfections compatibles entre elles? On ne peut pas le prétendre, puisque leur compatibilité fait partie de la supposition. Est-ce le souverain degré, l'exaltation de toutes ces perfections jusqu'à l'infini, qu'on voudrait mettre en contradiction avec l'existence nécessaire? Il n'y a entée ces deux idées aucune opposition : l'aséité ne met pas, oomme la contingence, une borne aux perfections. Nous concevons, dans l'Etre nécessaire, la perfection illimitée : elle est doue possible en lui.
Mais j'ajoute que, s'il peut la posséder, il la possède. L'Etre qui est nécessairement tout ce qu'il est, est ans i nécessairement tout ce qu'il peut être. Si, pouvant être infiniment parfait, il ne l'était pas, il y aurait une contradiction manifeste. Il pourrait l'être : cela est avoué par la supposition même qui est faite. Il ne pourrait pas lêtre, puisque ne l'étant pas, il serait dans l'impossibilité de le devenir ; son immutabilité s'y opposerait. Acquérir quelque perfection ou quelque degré do perfection, serait subir un changement, serait devenir autre que ce qu'il est.
Il n'y a dans l'Etre néceseaire rien qui ne lui soit essentiel; et ses perfection1;, et le degré de sea perfections, sont donc en lui essentiellement: elles sont donc au point qui n'est pas susceptible d'augmentuiion : elles sont donc infinies.
Si l'Etre nécessaire n'est pas infini on perfections, il est donc borné. Mais d'où viendrait cotte limitation ? Serait-ce d'autrui? Quelle serait cette cause supérieure à lui qui aurait le pouvuir de lui prescrire des bornes? Puisqu'il a essentiellement tous ses attributs, on ne "peut ni l'en priver ni les modifier. Ou ne peut àter l'essence d'un être, à moins de l'anéantir. Serait-ce de l'E:io nécessaire lui
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de principes existants déjà. Ce n'est point la véritable création^ telle que vous l'entendez quand vous parlez de la création de l'univers.
Oh! je nie tout dans cette réponse.
Les créations dont j'ai parlé sont des créations véritables et la création de l'univers par le Créateur ne se fait pas plus qu'elles avec rien, c'est-à-dire sans éléments de création.
Quels étaient les' éléments de ma personnalité quand elle ajailli? Nous ne saurions le dire, ni vous ni moi; nous ne les connaissons pas. Ce ne peuvent être des atomes étendus et infiniment divisibles, parce qu'elle est une et identique, et que ce que vous entendez par l'organisme ne serait qu'une multitude de choses dont chacune fuirait ontologiquement à l'infini sa propre assignation, c'est-àdire ne serait rien, et il en est de même de toutes les créations dont j'ai parlé; L'instinct de l'animal, le point centralisateur de ses parties; la force vitale de la plante qui est aussi
une force centralisatrice ; la puissance d'une pile électrique; le noyau d'une cristallisation; que dis-je? l'attraction et l'affinité qui cherchent les centres des globes ou des atomes, ne sontelles pas aussi des unités comme résultantes partielles ou totales? Toutes les créations quand elles se réalisent tirent leur entité de quelque chose qui est un et identique, sans quoi elles ne seraient rien ; et ce quelque chose, qui est, puisque c'est le fait indéniable, nous ne le connaissons également ni l'un ni l'autre. Nous savons seulement qu'il existe, parce que dire qu'il n'existe pas serait dire qu'il n'y a rien dans cette création, serait dire tout à la fois qu'elle est et qu'elle n'est pas. Il y a donc des éléments, mais des éléments que nous ne connaissons point. Or, dans la création de l'univers par le Créateur universel, ces éléments manquent-ils? pas davantage, quoique nous ne les connaissions pas non plus. Nous disons bien, avec la grande école spiritualiste qm s'étend
même que viendrait la limitation de ses perfections? Dans ce second cas, ce serait ou sa volonté, ou sa nature qui poserait la borne. Dire que c'est volontau émeut qu'il se met des bornes, est avancer une absurdité palpable ; et quand il le voudrait, il ne serait pas plus en son pouvoir qu'au pouvoir d'uutrui de changer, de modifier son essence. Prétendre que c'est par sa propre nature que l'Etre nécessaire est restreint dans ses perfections, d'abord ce serait nier ce que nous venons de démontrer vrai, savoir, que l'infinie perfection est possible; ensuite ce serait avancer que le principe d'existence le plus parfait est un principe d'imperfection, car le défaut d'une perfection, ou sa limitation, sont des imperfections réelles. La nécessité d'exister ne répugne qu'à deux choses, au néant et à la contingence. Elle est compatible avec toute perfection, avec tout degré de perfection; elle ne peut donc pas être le principe de la limitation des perfections. Puisque l'Etre nécessaire ne peut êtro limité dans ses perfections ni par lui-même, ni par autrui, il ne peut donc pas l'être; il est donc illimité; il est doue infiniment parfait.
VII. La matière n'est pas l'Etre nécessaire. No perdons pas de vue qu'il s'agit ici non d'une nécessité hypothétique, mais d'une nécessité d'exister absolue, essentielle, et telle qu'il y ait répugnance et contradiction dans l'idée de la non-existence. Ainsi, pour soutenir l'aséité de la matière, il faut prétendre qu'il est impossible de la concevoir non existante; impossible môme de concevoir un seul atome non existant. Or, je demande quelle contradiction il y aurait à ce que la matière n'existât pas, ou à ce qu'elle fût moins étendue qu'elle n'est, ou enfin à ce qu'il y eût dans le monde quelques particules de matière de moins. Je conçois la non-existence soitde la totalité, soit de quelquesparties de la matière ; sa non-existence serait donc possible : son existence n'est donc pas nécessaire.
Reprenons les propriétés que nous avons vu découler essentiellement de la nécessité d'exister, et nous nous convaincrons aisément qu'elles ne peuvent pas être appliquées à la matière.
Nous avons vu que l'Etre nécessaire est nécessairement ce qu'il est : qu'il y aurait contradiction entre son existence nécessaire et sa manière d'être contingente; qu'en conséquence toutes ses propriétés lui sont essentielles. Prenez tontes les propriétés de la matière, vous n'en trouverez aucune qui ne soit contingente. L'étendue de chaque corps pounait être plus ou moins grande, sa forme pourrait être changée, sa situation déplacée, sa pesanteur allégée ou aggravée. De toutes les manières d'être de la matière, il n'y en o aucune qui ne soit susceptible de changement, aucune qui soit nécessaire. Ainsi la matière existe d'une manière contingente : elle n'existe donc pas nécessairement.
La matière a ses propriétés, d'où elle a son existenco, ou par soi-même ou par autrui. Elle ne peut pas tenir son existence de sa nature, et recevoir ses propriétés d'une volonté étrangère. Comme un être ne peut pas exister sans propriétés, le principe soit interne, soit externe, de son existence, l'est aussi de ses propriétés. Si donc la matière ne possède pas nécessairement ses propriétés, elle ne possède pas non plus nécessairement son existence; mais l'une et les autres lui viennent d'une cause étrangère. Si vous voulez que la matière ait nécessairement ses propriétés, tous devez pi étendre que chaque erps a nécessairement telles propriétés telle grandeur, telle ligure, telle situation : ce qui est à chaque instant démenti par l'expérience. Noos voyons tous les corps sujets à îles variations, à des vicissitudes continuelles. Ce n'est donc point de leur nature que les corps tirent leurs propriétés. Ce n'est donc point non plus de leur nature qu'ils tiennent leur existence. C'est d'une volonté étrangère qu'ils ont reçu tout ce qu'ils ont.
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de Pythagore à Platon, de Platon à saint Augustin, de saint Augustin à saint Thomas, de saint Thomas à Descartes et de Descartes aux Leibnitz, Malebranche, Bossuet et Fénelon, que ces éléments sont des idées etdeslois, archétypes éternels faisant partie de son être, et sur lesquels agit librement sa volonté pour les réaliser, mais sans savoir ce qui les constitue; les éléments des créations naturelles dont nous sommes les témoins, sont aussi des idées et des lois, dont nous ignorons l'entité substantielle. Dans les deux cas, point de différence fondamentale pour l'ontologie. Le mystère de la création se perpétue d'une manière incessante, nous enveloppe, nous pénètre, nous fait ce que nous sommes, nous établit agents dans ses produits ; c'est le fait, voilà tout ce que nous pouvons dire, et, sans y rien comprendre, nous sommes forcés de le voir.
Mais ce qui précède s'adresse aux lecteurs qui appartiennent aux écoles positivistes de notre siècle et qui n'ont pas encore perdu toute philosophie.
Donnons aussi quelque chose à nos lecteurs catholiques, en leur citant ce
Une autre propriété de l'Etre nécessaire, c'est son infinie perfection. Elle est telle qu'elle ne pent ni augmenter ni diminuer. Il ne peut rien acquérir ni rien perdre. Mais peut-on dire que la matière «oit infiniment parfaite? loule matière n'ert elle pas limitée, ce qui est certainement une imperfection? Reste-t-elle toujours an même degré de perfection? Ne voyons-nous pas, au contraire, tous les corps être dans une succession continuelle d'accroissement, et de décroissement, se former, s'améliorer, se détériorer, se dissoudre ? Dira-t-on que, dans ces vicissitudes, ils n'acquièrent ni ne perdent des perfections ? Je suppose avec nos adversaires, sans le leur accorder, que l'homme ne soit qu'un amas .de matière. Dans cette hypothèse, qui est la leur, prétendront- ils que Newton n'étnit pas un être plus parfait; lorsqu'il révélait à l'univers les lois physiques qui le régissent, que lorsqu'il était dans le sein de sa mère un fœlns encore informe, ou dans le lombe»u »n cadavre rongé îles vers? Un superbe édifice n'estil pas plus parfait que le tas de pierres dont il fut construit, et que le monceau de ruines dans lequel il se confondra ? La tableau de Raphaël n'a-t-il pas pins de perfection que n'en avaient les couleurs mises pêle-mêle sur sa palette, ou que n'en aura la poussière dans laquelle il finira par se résoudre? L-s perfections dont la matière est susceptible peuvent s acquérir ou se perdre, augmenter ou diminuer : ainsi, encore h ce titre, la matière n'est pas 1 Etre nécessaire.