‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 3 (volume 5)Chapitre 5 sur 110 · COA · texte numérisé non relu

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le Chauve, et leur neveu Lothairc II de Lorraine, se rencontrèrent dans la sacristie de l'église de Saint-Castor, de Coblence. Un petit nombre de personnes les accompagnait. Onze évoques, quelques abbés, plus de trente princes s'y trouvaient également réunis. Parmi les évèques on distinguait Hincmar, métropolitain de Reims, et Gunthar, archevêque de Cologne. Les autres étaient Chrétien d'Auxerre, Franco de Liège, Théodoric de Minden, Liudbert de Munster, Adventius de Metz, Hatto de Verdun, Altfned de Hildesheim, Salomonde Constance et Gebhard de Spire.

« 11 s'agissait, entre les deux frères Louis et "Charles, de la pais, dont Lothaire était le médiateur. Chacun des rois parla aux grands assemblés, Louis et Lothaire en allemand, Charles en langue romane,' toutefois de façon que ce qu'il avait dit en roman, il le répétait brièvement en allemand.

Louis prêta serment à son frère Charles, à ses trois neveux, Louis, Lothaire et Charles, qu'à l'avenir il voulait être leur fidèle allié pour le service de Dieu, de l'Église et le bien général. Alors ils convinrent de douze articles qu'ils s'engagèrent à introduire dans leurs royaumes respectifs.

Ils se promirent mutuellement pardon et oubli, fidèle assistance dans le besoin, poursuite commune et extradition des criminels qui fuiraient d'un royaume dans un autre, de ceux qui seraient excommuniés parles évêqucs, de ceux qui vivraient dansles 1 iens d'un mariage illicite, dans l'adultère, dans le concubinage avec une religieuse; en outre extirpation du brigandage, maintien du droit et de la justice. Déjà les trois frères, Lothaire Ier, Charles et Louis, avaient, en 851, pris lesmêmes engagements, dans lesmèmes termes, à la diète de Mersen. Les articles 6-9 étaient seuls nouveaux ; ils portaient que l'évèque ne doit exclure personne de la communauté sans l'avoir au préalable exhorté à la pénitence et à l'amendement, et, en cas de résistance, sans avoir averti le roi et les autorités de, l'État. Ceux qui, dans les années antérieures, s'étaient rendus coupables envers Dieu, l'Église ou le prince, devaient, s'ils témoi-

gnaient du repentir et promettaient fidélité, être graciés, réintégrés dans leurs biens, et autant que possible, dans leurs fonctions. Le droit des capitulaires franks introduit par leurs ancêtres devait être'maintenu. »

Le concile de Coblmceàe 922, convoqué sur la demande de CharlesIII,roidc France et de Henri I, empereur d'Allemagne, rendit quatorze canons sur la discipline de I'Kglise, alors fort relâchée.

Le concile de 1012 fut convoqué par le ro; Henri II ; on y interdit a l'archevêque intrus de Mayence, les fonctions ecclésiastiques tant qu'il ne se serait pas justifié des accusations portées contre lui. Il n'est pas resté d'actes de ce concile. Le Noir.

COCCÉTENS, sectateurs de JeanCox ou Coccéius, né à Brème en 1603, professeur de théologie à Leyde, et qui fit grand bruit en Hollande. Entêté du iigurisme le plus outré, il regardait toute l'histoire de l'Ancien Testament comme le tableau de celle de Jésus-Christ et de l'Eglise chrétienne; il prétendait que toutes les prophéties regardaient directement et littéralement, Jésus-Christ, que tous les événements qui doivent arriver dans l'Eglise jusqu'à la fin des siècles, sontfigurés et désignés plus ou moins clairement dans l'histoire sainte et dans les prophètes. On a dit de lui qu'il trouvait Jésus-Christ partout dans l'Ancien Testament, au lieu que Grotius ne l'y voyait nulle part.

Selon son opinion, avant la fin du monde il doit y avoii sur la terre un règne de Jésus-Christ qui détruira - celui de Fantechrist, et sous lequel les Juifs et toutes les nations se convertiront. Il rapportaittoutes les Ecritures à ces deux règnes prétendus, et en faisait un tableau d'imagination.

Il eutplusieurs sectateurs, et l'on prétend qu'il y en a encore un bon nombre en Hollande. Voët et Dcsmarets écrivirent contre lui avec beaucoup de chaleur ; mais nous ne voyons pas en quoi il péchait contre les principes de la réforme. Dès que tout particulier est en droit de croire et de professer tout ce qu'il voit ou croit voir dans l'Ecriture, le plus grand visionnaire

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n'a pas plus de tort que le théologien le plus sage ; personne n'a le droit de censurer sa doctrine. Voy. Commentaire. Bergier.

COCCINELLE. (Théol. mixt. scien.

hist. nat.) — Ce n'est pas à propos du coccinelle, cette jolie petite bête qu'on appelle vulgairement la bête au bon Dieu, la bête de la Vierge ou d'autres noms semblables, que l'on aura l'idée d'accuser la nature de produire des choses inutiles ou exclusivement nuisibles. Ce coléoptère, qu'on désigne encore sous le nom de scarabée hémisphérique, a trois utilités qui révèlent les précautions les plus délicates de la Providence : la beauté de son manteau rouge tacheté, quand il se promène sur les feuilles vertes et sur les fleurs, est assurément un premier mérite qui n'est pas à dédaigner; nos yeux en tirent un charme qui contribue à nous faire admirer le grand artiste dans sa bijouterie vivante. La gentillesse de ce trimére aphidiphage, pour parler comme les savants, amuse beaucoup l'enfance, l'amuse à tel point chez tous les peuples, que si Dieu l'avait créé pour ce motif principal, comme l'association de son nom à celui par lequel les enfants le désignent pourrait indiquer le sentiment que les hommes en ont eu, nous n'y verrions qu'une touchante attention de celui qui n'a rien oublié dans ses œuvres. Enlin, le coccinelle se nourrit de pucerons, et en détruit des multitudes, aussi bien lorsqu'il n'est qu'une larve, au corps en forme de cône et divisé en douze anneaux, qu'après qu'il a pris sa jolie parure. Relativement aux pucerons, c'est un éléphant près d'un oiseau, c'est un ogre; et les fleurs, ainsi que les graines, dont les pucerons sont les ennemis, ont à se féliciter de la guerre incessante que leur fait la bête du bon Dieu.

Le Noir.

COCHET (l'abbé Jean-Benoît-Désiré) (Théol. hist. biog. et bibliog.) — Cet archéologue français naquit à Sanvic, près le Havre, le 7 mars 1812 ; il est devenu successivement membre du comité des travaux historiques et des sociétés savantes, des sociétés anti-

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quaires de France, de Normandie, de Picardie, de Morinie, de Londres, de l'Académie d'archéologie de Belgique, de l'Association archéologique de la Grande-Bretagne, etc. Ses principaux ouvrages sont : Églises de l'arrondissement du Havre, 2 vol. 1844 à 1846; Églises de l'arrondisssement dt Dieppe, 2 vol. in in-8°, 1846 à 1850; Églises de l'arrondissement d'Yvetot, 2 vol., Dieppe 1852; Étretat, son passée son présent et son avenir, in 8°, 1852', la Normandie souterraine, gr. in 8.>, avec planches, couronné par l'Institut, 1834; Sépultures anglaises* romaines, franques et normandes, gr. in 8°. 1857, etc. Le Noir.

COCLOEUS(Jean), théol. hist. biog.

et bibliog. ) Son vrai nom était Dobeneck; il tira son nom d'auteur, selon la mode de son temps, du village oùil était néenl503. Dans la guerre des paysans, il fut obligé, en 1525 de fuir à Mayence, puis, à titre d'adversaire de Luther, à Breslau, où il mourut chanoine en 1532.

« En 1521, dit M. Haas, il avait fait un voyage à Mayence pour y soutenir une dispute contre Luther, qui, sous prétexte que Cochlœus en voulait à sa vie, ne parut pas, mais dirigea contre son adversaire un pamphlet sous ce t tre : Contre l'homme armé nommé Cocldseus, auquel celuici répondit par son écrit Adversus cumllatum monitorem. En 1 526 il avait assisté à la diète de Ratisbonne ; il y prit surtout la défense du patrimoine de l'Église, car il voyait bien quelle part avait à la réforme le désir de s'emparer de ces biens.

«11 assista en 1530 àladiète d'Augsbourg et coopéra h la réfutation de la Confession d'Augsbourg ; en 1546, à la diète de Ratisbonne, où il discuta contre Bucer et vit chaque parti s'attribuer la victoire.

« Cochlœus composa une masse d'écrits polémiques contre Luther, Mélanchthon, Zwingle, Calvin, Bucer, Conrad Cordatus, Musculus, André Osiander, Henri Bullinger, etc., etc.

Il fit aussi une défense pour le duc George ; mais ses ouvrages principaux sont :

« 1° Historia Hussitarum, Milan,

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1549, in-fol.; 2° de Actis et Scriptis Lutheri, 1349, in-fol. ;3° Spéculum circa Missam, in-8°; 4° deVita Theodonci régis Ostrogothorum, Ingolst., 1544 in-4° ; Stockholm, 1 699, in-5« ; S0 Conciliumcardinalium, anno 1538, m-8° ; )G° de Emendanda Ecclesia, 1 539, in-8°.

Il écrivit, en 1527 et 1328, quelques ouvrages de moindre haleine, par exemple: Preuves Urées des saintes Ecritures que Jésus-Christ n'est pas Dieu; qu'il faut obéir au diable, etc., alin d'établir qu'on peut tout démontrer par les saintes Ecritures, et combien est erroné le principe de la réforme, qui n'admet dans les choses de foi que ce qui peut être prouvé par la Bible.

« Coc/iteuss'appliquait plus à réfuter les erreurs de son temps qu'à justifier les vérités reconnues ; il s'en tenait plus aux principes généraux qu'aux questions spéciales. Il attaquait les hérésiarques avec vigueur et rudesse, mais avec loyauté. Il dédaigna de se faire un allié de la populace, comme Luther et les siens, et écrivit presque tous ses ouvrages en latin. Sou style est facile, mais négligé. » Le Nom.

COCK (Jean) ou COCCEIUS. (Théol.

hist. biog. et bibliog.] — Ce célèbre exégète de la Bible parmi les théologiens protestants, né à Brème, comme ou l'a dit à cqccéiens en 1603, fut professeur de langue hébraïque dans sa ville natale, puis à Franeker, enfin professeur de théologie à Leyde et mourut dans cette ville en 1669.

« 11 donna, dit M. Kozelka, dans une biographie plus froide et plus impartiale que celle qu'on vient de lire, pour base à son interprétation de la Bible la conviction qu'il faut considérer l'Ancien et le Nouveau Testament comme un tout unique, que tout s'y ramène à une alliance de Dieu avec les hommes et à la triple 'économie de cette alliance providentielle, qui fut successivement patriar-

: cale , légale et évangélique. C'est pourquoi ou désigna son système théologique sous le nom de théologie

i fédérale. Il alla si loin dans l'application de ce principe, qu'il avait déjà développé dans son ouvrage, publié

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en 1048 et souvent réédité, Snmma doctrines de Fœdere et Testamento Iki (I), qu'il ne considérait pas seulement l'Ancien Testament et l'Église judaïque en général comme un type du Nouveau Testament et de l'Église chrétienne, mais qu'au moyen d'une explication allégorique et mystique par tropfréquente il cherchait partout un sens profondet caché, et voulait reconnaître en tout la figure de l'économie évangélique. . Ses études antérieures et surtoutson savoir rabbinique l'avaient préparé à cette interprétation allégorique ; il s'y engagea de plus en plus par la lutte qu'il soutint contre l'exégèse biblique, partialeet erronée, née des abus de la philosophie du temps, que défendaient et répandaient Faust, Socin et ses adhérents, George Enjedin, Jean Crell, Jor.as Schlichtiiig, Jean-Louis de Wolzogen, Sim. Episcopius, etc., etc., exégèse à laquelle Coccéius voulait opposer une interprétation biblique partant du point de vue théologique.

« Cette lutte, durant laquelle il ne ménagea pas non plus l'exégèse de Hugo G rotins, lui valut beaucoup de partisans, surtout parmi les théologiens hollandais, qui furent appelés Cocceiens, et dont quelques-uns développèrent son système, tels que Fr.

Momma, Fr.Burmann, Chrét Witlich, Nie. Gurtler, ainsi que parmi les docteurs luthériens, comme Jean Wolfg, Jager de Tubingue.

« Les adversaires ne lui manquèrent pas. Parmi eux se distinguèrent Voët, professeur de théologie à Utrecht, Leydecker d' Utrecht et Hulsius de Duisbourg. Ces deux derniers rejetaient absolument son système fédéral et son principe favori, que la loi du sabbat n'obligeait que les Juifs et que la solennité du dimanche était une institution libre des Chrétiens. Ce système déplut en général aux Arminiens, et ne trouva pas plus grâce auprès des réformés français, qui toutefois osaient inoins se prononcer contre lui en Hollande. La discussion qu'il avait suscitée fut, après sa mort,

(1) Conf. Summx Théologies ex sacris Scripturis repetita, Lugd. B., 166 i ; Amstel., 1665, et plus tard.

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favorable à sa méthode, savamment défendue d'ailleurs par l'érudition de plusieurs de ses disciples, tels que Jean Braum, Ilerm. Witsius, Abr.

Gulich, Jacq. Golius, Jatq. Gousset, Salomon van Till, Campegins, Viringa, etc., etc.

« Les ouvrages de Coccéhis furent publiés par son fils sous le titre de : Cocceji opéra omnia théologien, etc., Amst., 1676-1678, 8 vol. in-fol. ; les cinq premiers volumes sont purement exégétiques et embrassent presque toutl'Ancien et le Nouveau Testament.

Dans le premier volume se trouve sa biographie, écrite par son fils.

«"Son Lexicon et son Commentarius sermonis Uebraici et Chaldaici Vcteris Ttstamenti, una cum interpretatione vocum Germanka, Belgica ac Grœca, ex LXX interpretibm, Amst., 1069, dont J.-H. Maius, en 1689, a' publié une édition améliorée, est un des meilleurs ouvrages de ce genre de son temps et prouve sa connaissance approfondie de la langue originale de la Bible. » Le Noir.

CŒDMONouCEDMQN. (Théol. hist.

biog. et Mbliog.) — Ce poëte anglais, le pluscélèbre des poètes anglais saxons de la tin du vu0 siècle, — il mourut en 680— a eu pour historien Bède qui raconte qu'il porta l'habit laïque jusqu'à un âge fort avancé; qu'il était chargé du soin des établcs; que, durant les festins, lorsque les convives chantaient tour à tour et que la guitare arrivait à Cœclmon, il se levait et rentrait chez lui, tant il était honteux de son ignorance poétique et musicale ;mais qu'ayant eu une vision dans laquelle une figure céleste l'invitait à chanter, les liens qui rendaient sa langue muette se rompirent ; qu'il chanta le Dieu tout-puissant et les merveilles de son œuvre, et qu'il se rappela au réveil tout ce qu'il avait chanté en songe; que, depuis ce moment il posséda le don de mettre rapidement en vers anglo-saxons tout ce qu'il entendait interpréter de la Bible, et que sa poésie touchait tous les cœurs. L'abbesse du double couvent de Whilby, poursuit Bède, Hilda, ayant entendu parler du talent de Cœdmon, le lit p iraitre devant une réunion d'hom-

mes savants, qui lui donnèrent un sujet de l'Écriture sainte, dont le lendemain matin il avait fait un poëme.

Hilda le reçut dans la partie de son couvent réservée aux hommes et lui fit apprendre l'histoire sainte. Alors parurent successivement les poèmes sur la Création du monde, l'Origine de la race humaine, la Sortie des Israélites d'Egypte, l'Entrée dans la Terre promise, l'Incarnation, la Passion, la Résurrection, l'Ascension du Sauveur, etc., etc. Cœdmon eut ainsi une influence doublement salutaire sur ses compatriotes, car d'une part ses paroles inspirèrent à un grand nombre d'entre eux la résolution de quitter le monde et de se consacrer à Dieu, d'autre part elles suscitèrent beaucoup d'imitateurs de son art, dont cependant aucun ne l'égala.

« La Société royale dAntiquités de Londres, dit M. Schrôdl, a publié une nouvelle édition et une nouvelle traduction, rédigée par Thoope, des fragments des poèmes de Cœdmon, dont Lappenberg a parlé dans l'Annuaire de la Critique scientifique de Berlin.

On a aussi imprimé à la Haye, en 1655, in-4°, un volume intitulé : Paraphrasis poetica Geneseos ac prxcipuarum sacrse yaginœ historiarum, lingua Anglo-Saxunica, ex manuscript. édita aFr. Junio, qui contient, avec une version latine, les cantiques et les paraphrases de Cœdmon. On les recherche comme étant le plus ancien monument connu »

Le Nom.

de la langue anglaise.

CO-ÉG ALITÉ, égalité parfaite entre des personnes de même nature. L'Eglise a décidé contre les ariens que, dans la Sainte Trinité, le Fils et le Saint-Esprit sont deux Personnes eoëgales au Père. S'il y avait entre elles de l'inégalité, on ne pourrait plus attribuer la divinité à celle qui serait inférieure à l'autre. Bergier.

COELICOLES, adorateurs du ciel ou des astres, hérétiques qui, vers l'an 408, furent condamnés par des rescrits particuliers de l'empereur Honorius, et mis au nombre des païens. Comme dans le code théodosien ils sont placés sous le même titre

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que les Juifs, on croit que -par cœlicoles on a voulu désigner des apostats qui avaient renoncé au Christianisme pour retourner au judaïsme, mais qui ne voulaient pas être regardés comme Juifs, parce que ce nom leur paraissait odieux. Ils n'étaient pas soumis au pontife des Juifs ni au sanhédrin ; mais ils avaient des supérieurs qu'ils nommaient majeurs on anciens; et l'on ne sait pas précisément qu'elles étaient leurs erreurs.

Il est constant que les païens ont aussi nommé les Juifs cœlicoles; Juvénal a dit d'eux :

Nil prœter mibes et cœh nomen adorant.

Celse, dans Origène, liv. 1 , n° 26, leur reproche d'adorer les anges' : il le répète, liv. 5, n» 6. L'auteur de la prédication de saint Pierre, cité par Origène, t. 13, injoan., n° 17, et par saint Clément d'Alexandrie, Strom., liv. 6, ch. o, forme, contre les Juifs, la même accusation; et par les anges, ces auteurs ont entendu les génies ou intelligences dont on croyait les astres animés. On a prouvé ce fait par un passage de Maimoodes. Voyez la Note de Spencer sur Orig., contre Celse, liv. 1, n° 26.

Il est vrai que plus d'une fois les Juifs ont rendu aux astres ou à l'armée des deux un culte superstitieux ; les prophètes le leur ont reproché, IV Reg., c. 17, f 16 ;c. 21, ^3, 5, etc. C'était l'idolâtrie la plus commune parmi les Orientaux.

Saint Jérôme, consulté par Algasie sur le passage de saint Paul aux Colossiens, ch. 1,f 18, « que personne » ne vous séduise en affectant de pa- » raître humhle par un i ulte supers- » titieux des anges, » répond que l'apôtre veut parler do l'aucienne erreur des Juifs, que les prophètes avaient condamnée. Ce Père a donc pensé que par les anges saint Paul entendait les esprits moteurs du ciel etdes astres, auxquels les Juifs, comme les païens, avaient rendu leur culte.

Epist. 151, n. 10. Cod. Teod., lib. 12, tit. 6. deJudxisetco:licolis.

Bergier.

CO-ÉTERNEL. {Théol. misât, philos, ontol.) — La coéternité des trois per-

sonnes divines ne présente devant la raison aucune difficulté, puisque ces personnes ne sont que les manières d'être éternelles, et éternellement distinctes entre elles, d'un même être.

Cet être tire le développement de sa vie d'un germe qui n'est pas triple par la substance, quoiqu'il soit trine en essentialités. L'unité de substance détruit en lui toute opposition entre ses trois coéternités, et aussi toute contradiction entre son unité et sa trinité.

Mais il n'en est pas de même de deux ou plusieurs unités substantielles comme seraient des atomes ou des monades qu'on supposerait coéternelles. Notre raison a, sur une telle hypothèse, le sentiment bien clair d'une impossibilité. Cependant nous devons avouer, en ce qui est de notre concept personnel, que nous avons cherché toute notre vie un raisonnement mathématique a priori qui rendit péremptoire dans l'expression ce sentiment intime mais vague, et que nous n'avons jamais réussi à le formuler de manière à ce çru'il nous satisfitparfaitement. Nous n'ignorons pas les arguments que tire la philosophie de la propriété de l'infini, après qu'elle a posé cette propriété comme essentielle à l'être éternel et nécessaire ; et nous concevons la rigueur de la déduction après que cette essentialité de la souveraine perfection est reconnue par la raison; car, ce principe admis, il nous parait très-clair que deux infinis impliquent contradiction, parce que supposer l'un en dehors de l'autre et échappant à l'autre, c'est supposer que cet autre n'est plus l'infini, c'est . détruire en lui l'infinité même. Mais nous n'avons jamais pu voir, — cela tient à une faiblesse de notre raison qui est toute personnelle, — ■ qu'il soit absolument nécessaire en soi et, a priori, qu'un être éternel soit infini, en d'autres termes que l'éternité entraîne nécessairement l'infinité. Au moins nous n'avons pu trouver la tournure rigoureuse du syllogisme qui le démontrerait, quoique, nous le répétons , un sentiment intuitif, qui forme pour nous une certitude suffisante, en soit dans notre âme. C'est

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un aveu d'impuissance particulière que nous faisons à nos lecteurs ; nous aimons à croire et nous croyons que plus d'un parmi eux a pu saisir le point que nous n'avons pas saisi.

Quant à l'existence de la souveraine perfection, nous la trouvons bien démontrée a posteriori par les arguments de Descartes et de Leibnitz, de Fénelon et de Boss'uet sur l'idée que nous en avons, soit que ces arguments concluent de la réalité existante de cette idée à la nécessité d'une cause productive qui ne peut être qu'infinie, soit qu'ils concluent du même fait cà la nécessité d'une cause objective qui ne peut être aussi qu'infinie.

Mais nous aurions désiré construire un théorème qui n'aurait pas eu recours à l'a posteriori, et qui eut conclu logiquement de l'essence en soi de l'éternel à la nécessité de l'infinie perfection, et c'est à ce théorème que nous n'avons pu encore arriver. Nous ne désespérons pas cependant d'y parvenir, parce que ce qui est vrai peut se démontrer et se démontrera, quoiqu'il puisse attendre longtemps, dans l'espritde l'homme, sa démonstration.

Mais il est un biais par lequel nous arrivons à un équivalent relatif à nous et à notre monde, qui suffit pour nous' donner le repos.

A la question : peut-il exister dans l'essence des choses deux ou plusieurs éternels, des coétcniités ? nous répondons, par la raison que nous venons d'endonner, transeat; attendons ; mais nous ajoutons : S'il existait deux êtres de cette sorte, ils seraient, par suite de leur essence éternelle, indépendants l'un de l'autre, immutables à tout degré l'an par l'autre. Je suis éternel, dirait chacun d'eux à son éternel compagnon ; donc tunepeuxnim'ajouter quelque chose , ni me retrancher quelque chose, parce qu'alors je ne serais plus éternel; de par toi je serais temporel ; je te porte donc, par mon essence môme, l'éternel défi d'apporter en ma nature quelque modification.

Voilà ce qui nous parait de toute évidence.

Or, faisant aussitôt retour sur nousmème et sur le monde qui se peint dans notre âme, nous voyons et sen-

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tons la mutabilité, le changement, la durée qui commence et qui finit, toutes les conditions de l'être qui varie, qui est attingible et modifiable.

Et nous concluons : Donc s'il y a deux éternels ce ne peuvent être moi et Dieu, ce monde et Dieu ; et quand il y aurait deux éternels, un seul de ces deux pourrait être notre Dieu, pareeque, si l'on introduit l'autre dans le partage de l'empire de notre monde, il entre en guerre avec son voisin et, sur le terrain commun où ils se trouvent, ils vont s'entremodifier dans leur puissance, ce qui est contre l'hypothèse de leur indépendance réciproque, absolue par suite de leur coéternité.

Nous nous retrouvons donc, par ce biais, avec la nécessité d'un seul Dieu de ce monde, d'un seul créateur et d'un seul maître de notre univers ; l'autre éternel serait pour nous, dès lors, l'inconnu et l'étranger qui ne peuvent ni nous intéresser en rien, ni s'intéresser pour quelque chose à nous.

C'est donc relativement à nous comme s'il n'y avait qu'un éternel.

Si vous ajoutez la toute-science, la toute-puissance, l'infinité en un mot, ou le parfait absolu dont nous avons l'idée, commese déduisantpBr nécessité apriorique, de l'éternité, oh! alors vous démontrez tout droit qu'il ne peut y avoir qu'un seul éternel, parce qu'il est contradictoire de dire qu'il puisse y avoir deux êtres dont chacun soit le tout de l'être. V. Dualisme.

Le Noir.

CO-ÉTERNITÉ, terme usité parmi les théologienspour exprimer qne les trois Personnes divines sont également éternelles. Les sociniens, non plus que les ariens, ne veulent pas reconnaître que le Fils de Dieu soit co-êternel au Père ; mais l'Eglise l'a décidé en disant qu'il lui est consubstuntiel ; et c'est ainsi qu'elle entend les paroles de saint Jean : Au commencement le Verbe était en Dieu et il était Dieu.

Pour en détourner le sens, les sociniens supposent quel'àme de Jésus- Christ a été créée avant tous les autres êtres, et que Dieu lui a donné le pou-

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voir de les tirer du néant. Dans cette hypothèse, comment Dieu a-t-il pu dire : « C'est moi seul qui ai étendu » les deux et aifermi la terre, per- » sonne n'était avec moi ? » IsaL, chap. 44, f 24; Job, chap. 9, $ 8.

Selon les sociniens, l'âme de Jésus- Christ, qui est une Personne, était avec Dieu. Bergier.

CO-ÉYÈQUE, évêque employé par un autre à satisfaire pour lui aux fonctions épiscopales : onle nomme aussi suffragant. Il y a de ces évoques en France et en Allemagne, surtout chez les électeurs ecclésiastiques. Ils sont différents des coadjuteurs, en ce que ceux-ci sont distingués pour succéder à l'évêque titulaire. Il ne faut pas les confondre non plus avec les chorévèques ; la plupart de ces derniers n'avaient pas reçu l'ordination épiscopale, ils étaient simples prêtres. Voy. Cho-

HEVÉQUES. BeRGIER.

COEl'R. (Théol. mixt. scien.physiol.

et anat.) — ■ V. circulation du sang.

COEUR, se prend, dans l'Ecriture sainte : 1° pour l'intérieur ou le lieu le plus profond; ainsi il est dit, Ps. 46, y :j, que les montagnes seront transportées dans le cœ.ur de la mer; Matt., c. 12, f 40, que le Fils de l'homme demeurera trois jours et trois nuits dans le cœur de la terre.

1° Pour les pensées intérieures, les désirs et les affections de l'homme.

Dans ce sens, Dieu sonde les cœurs et les reins, Ps. 7, y 10 ; connaît les pensées et les affections les plus secrètes. Où est votre trésor, là est votre cœur, Matt., c. t>, f i : là sont toutes vos affections.

C'est dans le même sens que FEcriture attribue à Dieu un cœur et des entrailles. Gen., c. 6, f 0, il est dit que Dieu fut affligé dans son cœur, pour exprimer une grande indignation. Jerem., c. 19, ^ 5 : Cela n'est point entré dans mon cœur, c'est-àdire, je ne l'ai point voulu ni ordonné. Il est dit de David, IReg., c. 13, f 14 : Le Seigneur s'est choisi un homme selon son cœur; plusieurs critiques ont demandé comment un roi coupable d'adultère et d'homicide pouvait être

selon le cœtir de Dieu ; mais alors David n'avait encore commis aucun crime ; les paroles citées signiiient seulement : le Seigneur s'est choisi un homme tel qu'il lui plaît, et pour lequel il a de l'affection.

3° Le cœur désigne quelquefois les réflexions ou la sagesse ; dans les Proverbes, c. 28, 5^ 28, un homme sans cœur est un insensé ; se fier à son cœur, c'est se lier à sa propre sagesse.

4° Il signifie aussi, comme en françois, le courage et la valeur, Dcut., c. 26, f 8, etc.

5° Dans le sens le plus ordinaire, il exprime la volonté, les désirs, les résolutions; ainsi Dieu change nos cœurs par sa grâce, lorsqu'il nous fait vouloir ce que nous ne voulions pas, quelquefois même le contraire de ce que nous avions résolu. Bergier.

COEUR (l'abbé Pierre-Louis). (Théol.

hist. biog. et bibliog.) — L'abbé Cœur naquit le 14 mars 1805, à Tarare (Rhône), et fut frappé d'apoplexie, il y a une dizaine d'années, étant évêque de Troyes depuis le 16 octobre 1848 ; c'était le général Cavaignac qui l'avait appelé à cet évêché. Nous donnâmes une étude de ce grand orateur dans la Presse religieuse , vers 1832; c'était lui qui nous avait, le premier de tous, fait comprendre ce que c'est que l'éloquence, dans un carême qu'il avait prêché à Amiens vers 1840. Aucun orateur sacré ne nous a plus enthousiasmé que celuilà, sans même excepter Lacordaire, qui pourtant lui était supérieur à plusieurs points de vue. Il faisait partie du fameux quintuor de nos prédilections, dontles autres membres étaient, après celui que nous venons de nommer et qui en était le chef, Ventura, Ravignan et Combalot. Il l'emportait sur tous par un fond solide de philosophie cartésienne auquel il ne faisait jamais défaut dans ses plus pathétiques élans. Aussi avait-il professé cette philosophie de 1820 à 1824 au séminaire de Lyon, et s'était-il essayé à réfuter Lamennais dans un petit ouvrage, dès les débuts de la doctrine du sens commun, ce qui avait fait dire à M. Fayet, sans beaucoup plus de raison, selon nous, que ce

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qu'on en met ordinairement dans un bon mot, que « pour réfuter Lamennais il faudrait être Lamennais luimême. »

L'abbé Cœur vint à Paris en 1827 et fut pendant trois ans l'auditeur assidu des cours de MM. Guizot, Cousin et Villemain. Il ne fut ordonné prêtre qu'en 1829, etdèslors il refusa toutes les fonctions qui lui furent offertes, ne visant qu'à un but. celui de la prédication. Son premier succès fut dans la chaire de Saint-Georges de Lyon, et ce succès fut si solide que les grandes cités et Paris l'appelèrent successivement et l'entendirent avec un enthousiasme qui ne fut pas cependant unanimement partagé. Il y avait des hommes qui n'aimaient pas sa manière originale, son feu sacré, sa logique, son style brillant et nouveau, ses tableaux poignants, tout ce qui selon nous constitue l'orateur de premier ordre. « Je n'ai pas la vogue, disait-il, je n'ai pas même le succès » ; comment un philosophe et un poète de sa force aurait-il vraiment réussi au milieu des tendances positivistes qui commençaient à se produire?

Une des gloires de l'abbé Cœur fut celle qu'il mérita d'acquérir et qu'il n'acquit qu'à demi, pour la raison que nous venons de signaler, par les cours d'éloquence sacrée qu'il donna à la Sorbonne à lasuite deMr Dupanloup, dont l'ardente spontanéité mêlée d'une éloquence calculée avaient rendu ses leçons impossibles devant la jeunesse.

M. Cœur fut souvent d'une grandeur et d'une énergie incomparables ; nous l'avons vu remporter des triomphes signalés sur des auditoires malveillants quand même : « Je venais pour bûcher, disait un jour, près de nous, en sortant, un vieil étudiant tapageur ; je suis volé! » L'éloquence du professeur, en s'élcvant au-dessus de la terre , avait vaincu la jeunesse bruyante et lui avait imposé le sérieux qu'elle redoutait.

L'abbé Cœur, évèque, s'éleva contre la réforme pédagogique tentée par l'abbé Gaume contre les classiques de l'antiquité profane, ces produits des vieilles civilisations qui seront toujours les premiers guides pour la forme, pour l'art et pour le beau, ainsi

quel'a soufenu,comme Mgr de Troyes, Mgr d'Orléans. Le Noir.

COLANI (Timothée). (Théol. hist.

biog. et bibliog.) — Ce théologien protestant français est né en 1824 à Lenué, dans l'Aisne, d'un pasteur originaire des Grisons. Il se distingua en 1847, à Strasbourg en remportant un prix de 3000 f. dans un concours qu'avait ouvert la faculté de théologie sur la Vie de Jésus, du docteur Strauss. En 1850, il fonda la Revue de théologie et de philosophie chrétienne, dont quinze volumes ont paru et qui se continue depuis 1858 sous le titre nouveau de Nouvelle revue de théologie. Il publia en 1857 un volume de sermons qui a eu plusieurs éditions et des traductions en anglais, en allemand et en hollandais. Il vit en donnant des leçons et prêche fréquemment. Il appartient à l'école libérale.

Le Noir.

COLARBASIENS, sectateurs de Colarbase, hérétique du second siècle de l'Église, et qui était disciple de Valentinien. Aux dogmes et aux rêveries de son maitre, il avait ajouté que la génération et la vie des hommes dépendaient des sept planètes; que toute la perfection et la plénitude de la vérité était dans l'alphabet grec, puisque Jésus-Christ était nommé alpha et oméga. Philastre et Baronius ont confondu Golarbase avec un autre hérétique nommé Bassus; mais saint Augustin, Théodoret et d'autres les distinguent. Saint Irénée et Tertullien ont aussi parlé de Golarbase et de ses disciples, comme d'une branche des valentiniens. Voyez Marcosiens.

Bergier.

COLÈRE, passion que Jésus- Christ s'est particulièrement appliqué à réprimer : toutes ses maximes respirent la douceur, la charité, la patience.

» Heureux, dit-il, les pacifiques, ils » seront appelés les enfants de Dieu.

» Heureux les hommes doux et débon- » naires, ils seront les maîtres sur la » terre. Soyez miséricordieux comme »' votre Père céleste. Apprenez de moi » que je suis doux et humble de cœur,

COL 33

» et vous trouverez le repos de vos « âmes, etc. »

La plupart des anciens philosophes ont autorisé la coléreet la vengeance, ont Pegardé la daueeur comme une faiblesse. Quelques-uns plus sensés ont compris cpie la colère est toujours injuste, que l'homme irrité veut le mal d'au-trai, et non son propre bien; que la vertu, qui est la force de l'âme, consiste principalement à nous vaincre nous-mêmes, et à réprimer les mouvements impétueux qui troublent notre âme. Plusieurs stoïciens ont débité sur ce sujet de très-belles maximes. Il est certain que de toutes les passions, la colère est la plus capable de déranger l'économie animale ; souvent on a vu des personnes d'un caractère violent expirer par un transport de ce/ re.

La raison devrait donc suffire pour nous en préserver; mais comme le remarque très-bien mi philosophe moderne, pour vaincre une passion, pour le vouloir même, il faut que l'âme raisonne, qu'elle examine, qu'elle pèse les raisons d'agir et de se retenir : or, les arguments de la raison se succèdent avec lenteur, les impulsions du sentiment au contraire sont rapides, et elles ont déjà emporté l'homme avant qu'il ait délibéré sur ce qu'il aurait dû faire. Dans les passions tumultueuses, la raison se tait; elle laisse l'homme sans défense au milieu du danger, et ne lui fournit des armes que lorsqu'il n'en a plus besoin; elle ne revient à nous que pour nous accabler de honte et de remords après notre défaite. La religion seule peut donc nous sou tenir pemfmt le combat, ou nous consoler de notre faiblesse par l'espérance du pardon. Voyez Pas- SION, Bebgieh.

COLÈRE DE DIEU. «La colère de » Dieu, dit saint Augustin, n'est rien » autre chose que lajustice par laquelle

» il punit le crime : ce n'est point en » Dieu une passion ou un trouble de » l'âme comme la colère de l'homme, » mais une perfection que l'Ecriture » exprime en disant : Pour vous, Sei- » gneur tout-puissant, vous jugez » avec une tranquillité parfaite/» iib.

13, de Trinit., c. 16. « Toute puni-

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» tion, dit-il encore, est nommée co- » 1ère de Dieu; niais ordinairement' » Dieu punit pour corriger, quelque- » fois pour damner. Selon l'Ecriture, «il châtie tout enfant qu'il aime; » mais il punira pour damner, lors- » qu'il aura mis les impies à sa g.ui- » che, et qu'il leur dira : Allez, mau- » dits, au feu étemel. » Serm. 2, in Ps. 58, n" 6. « Tout ce que nous souf- » frons en ce monde est un châtiment » de Dieu qui veut nous corriger, « pour ne pas nous damner â la fin. » Serm. 22, c. 3, n» 3 ; Serm. 471, de Verbis Apostoli, n° 5; Enar. in Ps.

102, n° 17 et 20, etc. Ce que nous appelons colère de Lieu dans cette vie, est donc souvent un effet de miséricorde. Lactance, qui a fait un traité de la colère de Dieu, se borne à prouver, contre Epieure, que Dieu récompense la vertu et punit le crime, Voyez Justice de Dieu. Behsier.

COLETANS, franciscains, ainsi appelés de laB. Colette Boilet de Corbie, dont ils embrassèrent la réforme au commencement du quinzième siècle.

Ils conservèrent ce nom jusqu'à la réunion qui se fit de ton! is le? réformes de l'ordre de saint François, en vertu d'une, bulle de Léon X, en 1517. Par la même raison, les religieuses colétines reprirent le nom général à'observOMtines ou de clarissi s

Bërgier.

COLLATINES. Voyez Oblates.

COLLECTE, dans la messe de l'Eglise romaine, et dans la liturgie anglicane, signifie une prière ou oraison convenable à l'office du jour, et que le prêtre récite avant l'épitre. En général, toutes les oraisons de chaque office peuvent être appelées collectes, parce que le prêtre y parle toujours au nom de toute l'assemblée, dont il résume les sentiments et les désirs par le mot oremus, prions ; c'est la remarque du pape Innocent III, et parce que, dans plusieurs auteurs anciens, l'assemblée môme des fidèles est appelée collectes.

Quelques-uns attribuent l'origine de ces oraisons aux papes Gélase et saint Grégoire le Grand; mais il est

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très-probable que ces deux Papes, dans leurs Sacramentâires, n'ont fait que rassembler et mettre en ordre les prières qui étaient déjà en usage avant eux, et en ont ajouté pour les nouveaux offices. Claude Despense, docteur de la faculté de Paris, a fait un traité particulier des collectes, où il parle de leur origine, de leur antiquité, de leurs auteurs, etc.

Le P. Lebrun, Kr-plic. des Cérém., tom. 1, p. 192, a fait voir que ces collectes ou prières communes, qui se font par le prêtre au nom de toute Yassemblée, sont de la plus haute antiquité, et datent du temps des apôtres. L'esprit du Christianisme veut que les désirs, les prières, les bonnes œuvres, soient communes entre \es fidèles, et c'est en cela que consiste la communion des saints. Ces prières n'ont pas été mises d'abord par écrit, les prêtres se les transmettaient par tradition; mais elles ont toujours exprimé la foi, les espérances, les sentiments communs des fidèles : c'est la voix de l'Eglise entière qui s'exprime par la bouche de ses ministres. On peut donc y puiser avec une entière certitude sa croyance et sa doctrine.

Bergier.

COLLECTE signifie aussi les quêtes que l'on faisait dans la primitive Eglise, pour soulager les pauvres d'une autre ville ou d'une autre province ; il en est fait mention dans les Actes et dans les Epitres des apôtres. Bergier.

COLLÈGE. On a quelquefois donné ce nom à l'assemblée des apôtres, et l'on a dit le collège apostolique ; par analogie, on a nommé sacré collège le corps des cardinaux de l'Eglise romaine, formé de soixante-douze membres, par allusion aux soixante-douze disciples du Sauveur. Bergier.

COLLÉGIALE, église desservie par des chanoines séculiers ou réguliers.

Dans les villes où il n'y avait point d'évêque, le désir de" voir célébrer l'office divin avec la même pompe que dans les cathédrales, lit établir des églises collégiales, des chapitres de chanoines qui vécurent en com-

mun et sous une règle comme ceux des églises cathédrales. Un monument de cette ancienne discipline sont les cloitres qui .accompagnent ordinairement ces églises. Lorsque le relâchement de la vie canoniale se fut introduit dans quelques cathédrales, les évèques choisirent ceux d'entre les chanoines qui étaient les plus réguliers, en formèrent des détachements, établirent ainsi des collégiales dans leur ville épiscopale. Insensiblement la vie commune a cessé dans les églises collégiales aussi bien que dans les cathédrales ; c'est ce qui a fait naître les congrégations des chanoines réguliers qui ont continué à vivre en commun. Bergier.

COLLÉGIENS, nom d'une secte formée des arminiens et des anabaptistes en Hollande. Ils s'assemblent en particulier tous les premiers dimanches de chaque mois, et chacun a dans ces assemblées la liberté de parler, d'expliquer l'Ecriture sainte, de prier et de ebanter.

Tous ces collégiens sont sociniens ou ariens ; ils ne communient point cl ans leur collège, mais ils s'assemblent, deux fois l'an, de toute la Hollande à Rinsbourg, village situé à deux lieues de Leyde, où ils font la communion. Ils n'ont pas de ministre particulier pour la donner ; mais celui qui se met le premier à la table la donne, et l'on y reçoit indiiTéremment tout le monde, sans examiner de quelle religion il est. Ilsdonnentle baptême en plongeant tout le corps dans l'eau.

A proprement parler, ces collégiens sont les seuls qui suivent dans la pratique les principes de la réforme, selon lesquels chaque particulier est seul arbitre de sa croyance, du culte qu'il veut rendre à Dieu, et de la discipline qu'il veut suivre. A la vérité leur communion ne met entre eux qu'une union très-légère et purement extérieure. Ce n'est plus là l'unanimité de croj'ance et de sentiment que saint Paul reco mmandait aux fidèles, Philipp., cl, ^27; c. 2, y 2, etc. Les Juifs et les païens, sans blesser leur conscience, pourraient fraterniser avec eux.

Bergier.

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COLLET (Pierre), {Thêol. hist.biog.

et bibliog.) — Ce célèbre théologien, si connu dans nos séminaires, éditeur et continuateur des œuvres de Tournely, naquit à Tournaile 6 sept. 1603, et mourut le 6 octobre 1770, simple prêtre de la congrégation des Missions, qu'on nomme aussi les Lazaristes. Il s'acquit le nom considérable qu'il porte encore par ses leçons de théologie et surtout par ses publications. Il faut ajouter à sa louange, qu'il avait mérité et obtenu, durant sa vie, l'estime des gens de bien par ses mœurs autant que par ses écrits.

Collet fut un écrivain très- fécond; voici la liste de ses principaux ouvrages ;

lu Vie de S. Vincent de Paul, 2 vol.

in-4°, 1748.

2° Histoire abrégée du même, 2 vol.

in-12.

3° Vie de M. Bourdon.

4° Vie de S. Jeande la Croix, 1769.

o° Traité des Dispenses en général et en particulier, 3 vol. in-12, 1735. — Cet ouvrage recherché a été publié dans une meilleure édition par M.

Compans, 2 vol. in-8°

6° Traité desindulgences et du Jubilé.

2 vol. in-12, 1770.

7° Traité de l'Office divin.

8° Traité des saints mystères.

9° Abrégé du Dictionnaire des Cas de conscience de Pontas.

10° Lettres critiques, sous le nom du prieur de Saint-Edme. — Ces lettres attaquent vivement les Jansénistes et surtout l'abbé de Saint-Cyran.

11° Bibliothèque d'un jeune ecclésiastique.

12° Theologia moralis universa, 17 vol. in-8.

13° Inslitutiones theologicse, in usum seminariorum, 7 , vol. in-12.

14° Les mêmes en abrégé, 4 vol.

1 5° De Deo ejusque divinis atlrihutis, 3, vol.

10° Semions et Discours ecclésiastiques. Lf Noir.

COLLUTIIIENS, hérétiques du quatrième siècle, sectateurs de Colluthus prêtre d'Alexandrie . Ce prêtre, scandalisé de la condescendance que saint Alexandre, patriarche de cette ville, eut dans les commencements pour

Arius, dans l'espérance de le ramoner par la douceur, ht schisme, tint des assemblées séparées, osa même ordonner des prêtres, sous prétexte que ce pouvoir lui était nécessaire pour s'opposer avec succès aux progrès de l'arianisme. Bientôt il ajouta l'erreur au sebisme ; il enseigna que Dieu n'a point créé les méchants, et n'est pas l'auteur des maux qui nous aftligent. Osius le lit condamuer dans un concile qu'il convoqua à Alexandrie en 311). Bercieh.

COLLYRIDIENS, anciens hérétiques, qui rendaient à la sainte Vierge un culte outré et superstitieux.

Saint Epiphane, qui en fait mention, dit que lesfenmies d'Arabie, entêtées du collyridianisme , s'assemblaient un jour de l'année pour rendre à la Vierge un culte insensé, qui consistait principalement dans l'offrande d'un gâteau, qu'elles mangeaient ensuite à son honneur. Leur nom vient du mot grec collyre, petit pain ou gâteau.

Suivant le récit de ce Père, Ilgeres, 70, ces femmes adoraient la sainte Vierge comme divinité, et lui rendaient le même culte qu'à Dieu, puisqu'il conclut ses réflexions par dire, qu'il faut, adorer le Père, le Fils et lo Saint-Esprit, mais qu'il ne faut pas adorer Marie, qu'il faut seulement Yhonorer.

Basnage, Histoire de l'Eglise, 1. 20, c. 2, § 4 et suiv., a disserté beaucoup sur celte hérésie ; de la manière dont saint Epiphane l'a réfutée, il conclut que suivant le sentiment de ce Père, on ne doit rendre à Marie aucun culte religieux ; il argumente, à son ordinaire, sur l'équivoque du terme adorer etadoration. Nous avons remarqué, et ilen convient lui même, que, dans l'origine, adorera simplement signifié saluer, faire la révérence ou se prosterner, témoigner du respect par un signe extérieur; conséquemment les auteurs sacrés l'ont employé à l'égard de Dieu, des anges et des personnes vivantes. A l'égard deDieu,ilsignilie le culte suprême et incommunicable ; à. l'égard des anges, un culte religieux, inférieur et surbordonné ; à l'égard des hommes, un culte pu-

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rement civil. Il en est de même du mot culte, qui, dans le sens primitif, ne signitie rien autre chose que respect, honneur, révérence, vénération Le culte est ou religieux ou purement civil, selon l'objet auquel il s'adresse, et selon le motif par lequel il est rendu. Voyez Culte.

Lorsque les Pères de l'Eglise et les écrivains ecclésiastiques ont entendu par adoration le culte suprême, ils ont dit, comme saint Epiphane, qu'il faut adorer Dieu seul, et qu'il faut seulement honorer les saints ; nous le disons de même et dans le même sens. Mais nous soutenons que l'honneur que nous rendons aux anges, aux saints,, aux images, aux reliques, est un culte, puisque honneur et culte sont synonymes ; nous ajoutons que c'est un culte religieux, parce que nous le leur rendons par unmotifde religion, par le motif du respect que nous avons pour Dieu lui-même. Nous respectons et nous honorons dans les «aints l'amour que Dieu a eu pour eux, les grâces dont il les a comblés, le bonheur éternel auquel ii les a élevés, le pouvoir d'intercession qu'il a daigné leur accorder ; c'est par ce motif que nous honorons leurs images et leurs reliques. Quand on dit que nous les adorons, si par là l'on entend que nous nous inclinons, que nous nous mettons à genoux, que nous nous prosternons pour témoigner notre respect, nous ne disputerons par sur le terme, puisque nous faisons la même chose à l'égard des personnes vivantes, mais par un motif différent. Si l'on conclut, comme Basnage et les autres protestants, que nous leur témoignons le même respect qu'à Dieu et que nous leur rendons le culte suprême qui n'est dû qu'à lui seul, nous répondrons que cette imputation est un trait de mauvaise foi et de malignité.

Parce que des femmes et des ignorants stupides ont souvent péché par excès dans cette dévotion, parce qiie des écrivains mal instruits, et qui ne pesaient pas la valeur des termes, se sont mal expliqués sur ce sujet, il ne s'ensuit rien contre la croyance et contre la doctrine de l'Eglise catholique, ni contre les pratiques qu'elle

approuve ; elle u'est pas obligée d'entretenir des professeurs de grammaire pour démêler les équivoques, lessophismesetlescalomniestoujours renaissantes desprolestants. Cent fois on les a réfutés, et cent fois ils les recommencent, parce que c'est un prétexte pour imposer aux simples et nourrir leur entêtement. Vogez Culte Marie, Saints, Images, etc.

Si les femmes de l'Arabie n'avaient offert des gâteaux à la sainte Vierge que pour la supplier de remercier Dieu de la nourriture qu'il daigne accorder aux hommes, cette pratique aurait été très-innocente ; par là les femmes n'auraient reconnu dans Marie qu'un pouvoir d'intercession.

Si elles les lui offraient dans la persuasion que c'était la mère de Dieu elle-même qui leur accordait cette nourriture par son propre pouvoir, et dans l'intention de lui en demander la continuation, c'était alors un culte superstitieux, et qui tenait de l'idolâtrie ; il venait du même motif par lequel les païens faisaient des offrandes à leurs dieux. Voyez Idolâtrie.

Bergier.

COL-MDRÉ, en hébreu iïtt Ss, (Théol. hist. cérém. étr.) — C'est le nom d'une prière judaïque qui a attiré sur les Juifs une multitude de persécutions, parce qu'on prétendait qu'elle autorisait les faux serments.

Voici le texte même de cette prière telle qu'on la lit dans le rituel chaldaïquo appelé le Machsor :

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La veille du jour de l'expiation, qui a lieu le 10 tischri (septembre), lors-

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que toute la communauté est réunie, deux docteurs s'avancent vers le chantre et disent à haute voix :

« En présence de Dieu et en présence de la communauté, en présence de la haute école qui est au ciel et de la haute école qui est sur la terre, nous autorisons que la prière soit faite dans la société des violateurs de la loi et des pécheurs. »

Puis le chantre récite lui-même la prière suivante au nom de tous :

« Nous nous repentons d'avance des vœux, obligatiuns, exécrations, renoncements, serments et autres paroles de ce genre que nous pourrions prononcera partir de ce moment jusqu'au prochain jour d'expiation, et par lesquels nous pourrions nous lier, nous consacrer, nous ohliger.

C'est pourquoi ils sont d'avance et dès ce moment déclarés levés, reniés, déliés, annulés, invalidés. Nos- vœux ne seront pas des vœux et nos serments ne seront pas des serments.

« Il est certain, dit M. Haneberg, que le sens littéral de cette formule parle en faveur de ceux qui soutiennent que le Juif est, par elle, affranchi de tout sorment qu'il fera dans l'année suivante et qu'il ne voudra pas garder. C'est ce qui explique les étranges précautions que prenaient certaines législations sur le serment des Juifs; par exemple, dans l'ancien droit commun et dans le droit féodal, il était ordonné au Juif de se placer sur la peau d'un cochon, comme si cette peau eût été propre a l'isoler de son serment ; ailleurs on le forçait à se plonger dans l'eau jusqu'au cou, ou bien on plaçait devant lui un rouleau de la loi, une corne de bouc, deux espèces de rôti, un rôti de bœuf et un rôti de poisson, etc. et on lui faisait proférer contre lui-même des imprécations terribles en cas de violation du serment; mais si l'opinion qu'on avait de la, fameuse prière qui se renouvelait chaque année était fondée, tout cela était pourtant bien inutile. »

Que faut-il penser du sens véritable de cette prière? C'est au droit canon des Juifs à répondre. Or, ce droit canon s'explique là-dessus comme il suit :

« Cette annulation n'a pour objet que les vœux et les serments par lesquels on se lie envers soi-même, mais elle n'a aucune valeur quant aux vœux et aux serments par lesquels on se lie au prochain ou qu'on doit prêter en justice. »

Le R. Isaac Abuhab, dans le Menorathlia Maor, dont la morale fait autorité, dit à propos de la même prière :

« Il y a, sans aucun doute, des cas où les serments, faits par erreur ou par contrainte, sont nuls. Dans ces cas de contrainte ou d'empressement téméraire, on ne pèche pas si le cœur et la bouche ne sont pas d'accord. Cependant, et dans aucun cas, une dette ne peut être niée (de cette manière) envers qui que ce soit, quand ce serait un idolâtre. »

Malgré ces réserves, il est difficile de ne pas voir dans le col-nidré un acte religieux duquel les consciences larges peuvent abuser; mais les chrétiens qui prenaient, d'après les prescriptions des anciennes législations, les précautions dont nous avons parlé contre les Juifs à cause de cette cérémonie dont ils prétendaient conjurer les elfets, n'étaient ni moins insensés, ni moins immoraux ni moins fanatiques que les Juifs qui n'avaient pas assez d'honnêteté naturelle pour n'en point abuser dans leur conscience et dans leurs actes.

On a beaucoup écrit sur ce fait étrange; Ei-eumenger, dans son Judaïsme révélé, a fait, en abusant des textes, « de vrais diables, » dit M. Haneberg, de tous les Juifs; M. Schudt, dans ses Memorabilia judaica, a montré beaucoup d'érudition moderne et a été plus juste ; M. Bodenschatz, dans la dissertation sur le serment judaïque de son Organisation ecclésiastique des Juifs, t. il, soumet le tout à une appréciation impartiale qui est la seule acceptée des Juifs aujourd'hui. Le Nom.

COLOGNE. (Théol.hist.conc.) — Cette ville a vu se tenir dans ses murs un très-grand nombre de conciles, depuis l'an 316, date du premier, jusqu'au xvii0 siècle dans lequel eut lieu le dernier provincial (1002); M. Floss

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discute comme il suit la question historique relative à celui de 346.

« Le premier de ces conciles déposa, en 346, l'évèque Euphrate de Cologne, parce qu'il enseignait que le Christ n'était pas véritablement le Fils de Dieu, quod Christus non essct vere Filius Dei. Il existe des manuscrits et des actes de ce concile qui datent du dixième siècle (1); il y en a un à Bruxelles, n° 495-503, d'une main de cette époque. La Vie de S. Séverin (2), et l'Histoire des Évéques de Verdun, par Berthar (3), font mention de ces actes. D'après eux, les évoques voisins d' Euphrate l'avaient averti : Servatius, évèque de Tongres, lui avait fait d'instantes représentations en présence de S. Athanase et de beaucoup d'ecclésiastiques ; Jessé, évèque de Spire, et Martin, évèque deMayence, accompagnés de trois membres du clergé, s'étaient convaincus des dispositions hérétiques opiniâtres d'Euphrate, et cinq évoques, parmi lesquels Valérien d'Auxerre et Amand de Strasbourg, avaient prononcé une sentence contre lui. Le 12 mai 346, quatorze évèques présidés par Maximin, archevêque de Trêves, se forment en concile national à Cologne ; dix autres envoient par écrit leur adhésion. Onlituncplainte desparoisses de Cologne et de toutes les villes de la seconde Germanie contre Euphrate, et le concile, à l'unanimité, le condamne à être déposé.

« Mais tous ces actes ont été semblablementfabriqués dans le huitième siècle, car ce qu'ils disent de l'arianisme d'Euphrate est erroné. D'ailleurs Euphrate parait au concile de Sardique, en 347, comme défenseur de l'orthodoxie, et Ath'anase, en 358, en parle encore avec honneur (k). Enfin un coup d'œil sur leur contenu en prouve la falsification . Les votes individuels ne sont que des variations de cette accusation unique : Christum Deum esse negat, sans qu'il y ait le moindre changement réel dans la forme et le fond, ce qui démontre

(1) Mansi, II, 1371.

!2) Surins, 23 octobre.

3) D'Acheiy, Spicil., II, Î34.

4) Athau., Sist. Ariunorum ad Monach., c. 20. Théodoret, Hist. ecc!., Il, 7.

que les votes proviennent d'un même auteur, appartiennent à une même époque, époque où l'on s'imaginait que les mots rapportés embrassaient tout l'arianisme, tandis qu'on sait que cette hérésie avait une forme bien plus spéciale au quatrième siècle. La langue même de ces actes, presque trop pure pour ces temps anciens, dénote une époque postérieure ; le mot castra estpris dans le sens de villes, sens qu'il a pour la première fois au commencement du cinquième siècle dans la Notitia Imperii ; la seconde Germanie, Germania II, y est désignée comme Germania inferior.

Les noms des évèques présents ou adhérents au concile sont, sauf deux, dont on peut démontrer l'existence par une légère conjecture, extraits tous du catalogue des évèques gaulois d'Athanase (1) ; mais les sièges de la Gaule leur sont arbitrairement attribués, comme le prouve la désignation de l'évêehé d'Autunpour Simplicius, qui ne vécut qu'au cinquième siècle.

Un évèché des Nerviens, tel que le portent les actes, est absolument inconnu. On ne peut rien induire contre les actes de l'accumulation des indications chronologiques, années de Jésus-Christ, olympiades, années de Constantin, indiction, etc., etc., qui se rencontrent également chez /Egidius, moine d'Airvant, près de Poitiers, dans les additions à Hariger de Laubes (Vie de S. Servatius) (2), puisque les actes actuels ne sont pas, ainsi qu'on l'a cru jusqu'à présent, empruntés de ces actes anciens dont on aurait laissé de côté les données chronologiques trop multiples, mais qu'au contraire le manuscrit de Bruxelles ne renferme cette accumulation que comme une note postérieure citée en marge, d'où elle a pu passer dans le travail d'^Egidius.

« Quoique ces actes ne parlent pas des provinces gauloises Aquitanica l et II et de la provincia Novempoptilana, circonstance qui pourrait désigner le huitième siècle, époque où ces provinces furent séparées de la

(1) Mansi. III, 77.

(2) CUapeiville, Gesla Pontif., Tuner., I, 33.

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Gaule, comme celle des actes (1), nous pensons néanmoins que ces actes datent des premiers temps de l'empire carlovingien, époque assez riche en falsifications et où l'on cherche à ra- Laisser Cologne au profit de Mayence.

On voulait, par ces actes habilement forgés, imprimer une tache à Cologne .

L'auteur avait probablement lu dans une traduction de Théodoret, ou plutôt dans Cassiodore (2), la lutte d'Euphrate et des Ariens, qui, à Antiouhe avaient secrètement introduit une prostituée dans la chambre à coucher d'Euphrate, afin de pouvoir les y surprendre, au scandale de tout le monde, et c'est ce qui donna lieu à la diffamation dont le bon évêque fut la victime. En effet, les chroniqueurs de Cologne, ayant foi aux actes, ne citent pas Euphrate comme évêque de Cologne, et la vie de S. Séverin, do dixième siècle, raconte que, par une providence divine, Séverin fut le successeur de Materne, après avoir restauré et maintenu l'œuvre de Materne, qu'Euphrate avait cherché à troubler (3). Ces) une biographie de Maximin de Trêves qui, la première, parle de la déposition d'Euphrate, et cette biographie date, d'après les Bollandistes, du huitième siècle, époque de Pépin (4).

« ^Egidius, moine d'Airvant (vers 1246), raconte qu'Euphrate, peu après sa déposition, fut noyé dans le Rhin en face de Neuss. Gelen (5), sans indiquer ses sources, prétend savoir qu'il fut englouti en face de Reuss, à l'endroit où le Schalksbach passe devant le moulin de ce nom pour se jeter dans le Rhin ; que ce Ueuve changea de lit, forma une grande île, où il déposa le cadavre du premier hérésiarque de Cologne. »

« Historiquement, il n'y a rien de vrai dans toute cette affaire d'Euphrate et du concile. »

Les conciles de Cologne durant le moyen âge, sont très-nombreux, mais ne présentent guère d'intérêt que pour l'histoire particulière de la ville

(i) Binterim, Hist. des Conciles, I, 385. 2) Hist. tripaot. IV, 25.

(3) Siirius, 23 ottubre.

(4) Ait. US. Bolland., Mai, VIII, 22.

(5) Gelen, j>. 34.

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et de la province de Cologne. Le premier concile provincial (1310) fut présidé sur la demande du Saint-Siège, par Henri de Virnebourg ; celui de 1536 promulgua des décrets pour la réforme du clergé, et celui de 1662, sous Maximilien Henri, qui fut le dernier, décréta des statuts qui sont encore en vigueur aujourd'hui dans le diocèse de Cologne. Le Noir.

COLOMB (Christophe). (Théol. hist.

bîog.) — V CHRISTOPHE . COLOMB OU LE NOUVEAU MONDE.

COLOMB (saint). Il y a eu autrefois dans les Iles Britanniques une congrégation de chanoines réguliers de ce nom, qui était fort étendue, et qui était composée de cent monastères.

Elle avait été établie par saint Colomb, Colm, ou Colmkille, Irlandais de nation, qui vivait dans le sixième siècle, et qu'on appelle aussi saint Colomban; mais il ne faut pas le confondre avec un autre saint Colomban, son compatriote et son contemporain, fondateur et premier abbé du monastère de Luxeuil en Franche-Comté. On voit encore une règle en vers, qu'on croit avoir été dictée par saint Colomb à ses chanoines ou moines; elle est en ancienne langue irlandaise, et elle a été tirée des règles des anciens moines de l'Orient. Voyez Vie des Pères et des Martyrs, t. 5, p. 208.

Bergieh.

COLOMBAN (saint). [Théol. hist.bibliog.) — Le saint Colomban du vi° siècle dont parle Bergier dans l'article précédent (colomu), a laissé plusieurs écrits qui ont été souvent réimprimés, par exemple dans la Biblioth.

maxim. PP. et dans la Biblioth. vcter.

PP. de Galland, t. xn. Ce sont : De octo vitiis principalibus ; Pœnitentiale ; Instructiones de officiis christianis ; quelques lettres et quelques poésies.

Le Noir.

COLONNA (Jlgidius). (Théol. hist.

biog. et bibliog.) — Parmi les nombreux Colonna dont il est question dans l'histoire de l'Église, nous parlerons seulement d'^Egidius, disciple de S. Thomas d'Aquin qu'il défendit

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d'une manière si brillante contre Guillaume de Hamnre d'Oxford.

Issu de la famille des Colonna de Rome, et pour cela appelé souvent le Romoin, il fut le premier augustinien qui en saigna la théologie à Paris où il reçut le titre de doctor fimdatissimus. 11 fut aussi le maitre de Philippe le Bel; ca fut pour ce prince qu'il composa ses trois livres deRegimine principum, Rom. 1482 qui ont été faussement ait Iribués à S. Thomas. Il mourut en 1316 à Avignon.

« Comme théologien, ditM. Hfeuslé, il suit S. Thomas d'Aquin, quoiqu'en divers points il s'attache plus résolument à S. Augustin. Il était plein de prudence et de réserve dans la controverse, et se trouvait disposé à revenir sur ces propositions quand il croyait qu'elles pouvaient scandaliser quelqu'un. On en voit des preuves dans ses lettres au pape Ilonorius IV, de 1285, et à Pévèque de Paris, insérées dans Palatins (1). Il écrivit de nombreux ouvrages de philosophie, de théologie, de droit canon, dont plusieurs n'ont pas encore été imprimés, et dont le catalogue se trouve dans Gandulphus, Dissertatio de 200 scriptoribus Augustinianis. Il existe une liste de ces ouvrages imprimés dans Bellarmin, de Scriptoribus ecclesiasticis, p. 359; dans Possevin, Apparatus sacer, et dans Cave, Hist. sxcul. Ull, p. 521 et 522, ad ami. 1296.

« Les plus importants de ces ouvrages sont :

« A. Ouvrages dogmatiques et polémiques. I. Elumbraliones et qusestiones in quatuor libros Senlentiarum, Basil., 1513; Venet., 1581, in-fol. ; Romae, 1623; IL Defensoriurnseu correctorium librorum S. Tliomx, contra Guilielmi Lamamisis, Thomse ma>tigis corrupturium i Venet., 1501, 1556, et alib.) ; III. Opéra Wultheri Ilenrici Strevesdorf, SS. Theol. Doct., Colon., 1624. On attribue aussi ce livre au théologien dominicain Jean de Paris, qui vécut au treizième siècle ; Cave, 1. c. ; IV. de Peccato originali (Oxonii, 1479; in-4°) ; V. de Mvnmra et coqm& tione Angelorum (Vcncl, , 1598).

o B. Ouvrages exégéliques : I. Corn*-

(i) Fasti Cardinal, I, B55.

ment, in Hexaemeron , lib. Il (1521) IL Lectiones 19 in Cantico canticorum III. Lectiones inEpist. ad Rom.

, « C. Philosophie : I. de Esse et Essentiel (Venet, 1598); II. Comment, in Aristotelis libb. de Anima, ad Eduardum, Anglise regem (Venet., 1501), et sur d'autres ouvrages d'Aristote ; III.

Comment, in Alpharabium de causk\ (Venet., 1550); IV; Quodlibeta illustrata (Lovan., 1646, in-fol.).

D. Droit canon : I. Qusestio in utramquepartem disputata de Potestate regia etpontificia (éd. MelebiosGoldast., Monarch., t. II, p. 95); IL de Renuntiatione Papœ. » Le Nom.

COLORBASIENS. [Theol hist. sect.) — Les colorbasiens étaient vers le commencement du IIIe siècle, une secte de gnostiques particulière, appartenant à l'école de Valentin, qui avait eu pour fondateur un certain Colorbasus dont on ignore la vie. On n'a de détails que sur sa doctrine par S. Irénée (lj, S. Epipuane (2), Théodoret (3), S. Augustin (4). Cette doctrine n'était qu'une transformation du système des éons de Valentin ; « d'après Colorbasus, en effet, dit 11. Haeifslé, la première émanation, e'est-àrdire l'octoade de Valentin, désignait non pas huit substances différentes, mais seulement des relations etdes actions diverses du Dieu unique; conséquemment aussi, d'après Colorbasus, les éons n'étaient pas engendrés successivement, mais ils apparaissaient tous en même temps. En outre il énumère, dans une autre série que Valentin, le AaSsias et la Zu-ô, les faisant paraître après "AvBpwraç et

« L'Être primordial (nporafoup ou Bu6dç)résolutd'engendreravecl"'Evvou3t et de là son nom de Père ( ricerrip ) ; comme il était véritablement dans celui qu'il avait engendré-,, il s'appelait la Vérité, 'klifii:x; voulant se manifester lui-môme, il reçut le nom d'homme ; les idées de ce qu'il devait produire et. qu'il avait, préconçues

(1) lrin. ado. Hmres., 1. I, c. 12, § 13. (2 Epipli., Hsivs., 35.

(3) Thiiad., Ha>r s. fab., 1. I, c. 12.

(4) Aug., de Bures., c. 15.

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formèrentrÉglise.L'hommeprononce la parole ( tôv léyov ) , et c'est là le Fils premier né ; lia vie-, Çto-fo s'ajoute à la parole, et c'est ainsi que la pre-' inièrc émanation ou l'octoade de Valentin se clôt dans le Pléroma ( 1 ). Sur l'Éon que les Valeutiniens nomment le Sauveur ( Swxr,& ) et son origine,il y avait désaccord parmiles Colorbasions. Ces nus le faisaient engendrer parTÉtre primordial, entant qu'il se nomme i'nomme et l'appelaient en ce sens le Fils de l'homme ; d'autres le faisaient descendre du Pléroma tout entier, et le nommaient EôSovnyro;;. celui qui p 1 ait à Dieu, parce qu'il est engendré par la complaisance du Pléroma. D'après d'autres encore il venait de la seconde série des éons de la décade valentinienne, produite par la Parole et la Vie, et il était nommé la Parole et la Vie. D'autres enfin, selon le quels il dérivait de la dodéeade produite par l'homme et l'Église, l'appelaient, sous un nouveau rapport, le Fils de l'homme et, en dernier lieu, ceux d'après lesquels il descendait du Pléroma, produit de l'union du Christ et du Saint Esprit, le nommaient le Christ, Suivants. Augustin (2), Colorbasus attribuait une grande influence aux sept planètes auxquelles il rapportait, disent quelques modernes, les textes 1, 16, 20, de l'Apocalypse. » Le Nom.

COLORBASUS. (Théol. hist. biog. et bibliog.) — V colorbasie.ns.

COLORITES, congrégation d'Augustins, ainsi appelée do Colorito, petite montagne voisine du village de Moruno, dans le diocèse de Cassano, et dans la Calabre eitérieure Ce fut dans une cabane proche d'une église dédiée à la sainte Vierge sur cette montagne, que se relira, en 1S30, Bernard de Rogliano, et qu'il commença l'institution de la congrégation des Colorites. BergIeu.

COLOSSIENS. La lettre de saint Paul aux Colossiens leur fut écrite de Rome l'an 62, lorsque l'apôtre y était

(1) Couf. Tertull., ado. Valent., c, 36. (î) Lot. cit.

dans les chaînes. Pour préserver ces nouveaux fidèles de toute tentation de retourner au judaïsme ou au paganisme, saint Paul leur donne la plus haute idée de Jésus-Christ, du bienfait de la rédemption, de la grâce que Dieu leur a faite en les appelant à la foi, et les leçons de conduite les plus sages.

On remarque beaucoup de ressemblance entre cette épilre et celle que saint Paul écrivit en même temps aux Ephésiens; l'apôtre, dans plusieurs passages de l'une et de l'autre, emploie les mêmes expressions.

Les protestants ont beaucoup insisté sur le y 18 du chapitre 2, où saint Paul dit : « Que personne ne » vous séduise par une affectation » d'humilité, et par le culte des an- « ges, marchant dans une voie qu'il » ne connaît pas, et enilé d'un or- » gueilvainet charnel. » Ils en ont conclu que saint Paul réprouve toute e-[ièce de culte rendu aux anges. De même, f* 20 et 21, il blâme les abstinences que certains docteurs voulaient prescrire aux Colossiens; mais si on veut lire attentivement tout ce qui précède et ce qui suit, on verra que l'unique dessein de saint Paul est de détourner les Colossiens des pratiques du judai-me, auxquels de faux apôtres avaient, voulu les assujettir. Or, au mot Cœlicoles, nous avons vu que les Juifs ont été accusés d'adorer les anges, c'est-à-dire, les intelligences ou génies donton croyait les astres animés; culte non-seulement. superslilirux, mais idolàtriqu;, formellement défendu par la loi de Moïse et encore plus contraire à la doctrine de Jésus-Christ; c'est pour cela que l'apôtre ajoute que ces genslà ne demeuraient point, al tachés à ce divin Sauveur, qui est le chef de l'Eglise et la source de toutes les grâces. Mais ne. peut-on pas honorer et invoquer les anges dont il est fait mention dans l'Ecriture sainte, parce qu'ils sont les ministres et les ambassadeurs dont Dieu s'est servi pour annoncer aux hommes les mystères de Jésus-Christ? Ce divin Sauveur lui-même, après son ascension dans le ciel, a envoyé ces esprits bienheureux pour délivrer saint Pierre de ses

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liens, pour révéler à saint Jean les destinées de l'Eglise, etc.; les honorer, ce n'est donc pas se détacher de Jésus-Christ, puisqu'on ne leur attribue d'autre pouvoir que d'exécuter ses volontés sur la terre. Voy. Ange.

Ce n'est pas non plus ressusciter le judaïsme que de pratiquer des abstinences, non par le même motif que les Juifs, mais pour accomplir le précepte que saint Paul impose aux Colossiens, dans cette même lettre, c. 3, )> 5, de mortifier les désirs déréglés de la chair, au nombre desquels on doit certainement mettre la gourmandise. Voy. Abstinence. Bergier.

COLYBES, nom que les Grecs, dans leur liturgie, ont donné aune offrande de froment et de légumes cuits, qu'ils font à l'honneur des saints, et en mémoire des morts; Balsamon, le père Goar et Léon Allatius ont écrit sur cette matière.

Les Grecs font bouillir une certaine quantité de froment et la mettent en petits monceaux sur une assiette, ils y ajoutent des poids piles, des noix hachées et des pépins de raisin, ils divisent le tout en plusieurs compartiments séparés par des feuilles de persil, et c'est à cette composition qu'ils donnent le non de xoXu&x.

Ils ont, pour la bénédiction des colybes une formule particulière, dans laquelle ils font des vœux pour que Dieu bénisse ces fruits et ceux qui en mangeront, parce qu'ils sont offerts à sa gloire en mémoire de tel saint et de quelques iidèles décédés. Balsamon attribue à saint Athanase l'institution de cette cérémonie ; mais le Synaxaire, qui est une vie des saints en abrégé, en fixe l'origine au temps de Julien l'apostat; il dit que ce prince ayantfait profaner le pain et les autres denrées qui se vendaient au marché de Constantinople au commencement du Carême, par le sang des viandes immolées, le patriarche Eudoxe ordonna aux chrétiens de ne manger que des colybes, ou du froment cuit; et que c'est en mémoire de cet événement qu'on a coutume de bénir et de distribuer les colybes aux iidèles, le premier samedi de carême.

On peut consulter un petit Traité descolybes, écrit par Gabriel de Philadelphie, pour répondre aux imputations de quelques écrivains de l'Eglise latine, qui désapprouvaient cet usage : traité que M. Simon a fait imprimer à Paris, en grec et en latin avec remarques. Bergier.

COMBALOT (l'abbé Théodore).

(Théol. hist. biog. et bibliog.) — Ce célèbre prédicateur français contemporain, estmortle 18 mars 1873, dans l'église même de Saint-Roch, venant de descendre de la chaire. Ses derniers moments ont encore été une prédication : « En 1820, a-t-ildit, j'ouvris ma carrière de prédicateur en cette église de Saint-Roch, par un sermon sur la sainte Vierge ; je la termine aujourd'hui à 76 ans, dans la même église, par un sermon sur la sainte Vierge : je meurs content. »

M. Combalot, qui ne porta jamais que le titre de missionnaire apostolique, et n'appartint à aucun ordre religieux, était le prédicateur biblique par excellence ; sa belle manière, sa belle voix, son beau feu sacré, son beau geste, s'étaient soutenus jusqu'à la fin ; il n'avait jamais mieux prêché que le jour de sa mort ; il avait même notablement corrigé la tendance de sa jeunesse à certains emportements d'éloquence qui pouvaient nuire à la solidité doctrinale. Nous l'avons entendu dans les derniers discours de sa vieillesse comme dans ceux de son âge mûr ; en l'écoutant parler si noblement à ses auditeurs, leur rappeler si bien les grandes figures de l'Evangile, nous sentions un allégement à la tristesse que nous inspirait la décadence de notre patrie, aussi bien à la chaire que partout ailleurs, vers ce petit genre positiviste, qui est la négation du grand art, depuis la perte des Ravignan, des abbé Cœur, des Ventura, et surtout de l'inimitable Lacordaire.

Combalot était le dernier représentant de ce grand art.

L'abbé Combalot était né à Chatenay (Isère), le 21 août 1798. Il avait déjà professé la philosophie, lorsqu'il fut ordonné prêtre à 23 ans avec dispense d'âge. Il fut un des plus zélés partisans de Lamennais et de sou

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système, représenta longtemps dans la chaire les traditions du journal l'Avenir et renia eniin les doctrines du maître, dont il devint alors un des adversaires les plus ardents tout en conservant beaucoup de ses tendances. Il reçut du Pape, devant lequel il prêcha à Rome, le titre de vicaire apostolique.

On a de lui plusieurs écrits qui ne sont pas profonds au point de vue philosophique, mais qui brillent par le style large et noble qui distingua presque tous les membres de l'école à laquelle il avait appartenu. Ce sont les suivants : Eléments de philosophie catholique, in-8°, Paris, 1 833 ; la Connaissance de Jésus-Christ ou le Dogme de l'Incarnation envisagée comme la raison dernière et suprême de tout ce qui esi,in-8°, 4 édit., 1841 et 1852 ; Mémoire adressé aux évêques de France et aux pères de famille sur la guerre faite à la société par le monopole universitaire, in-8° de 63 pages, 1844, écrit qui valut à l'auteur une condamnation à un mois de prison sous le règne de Louis-Philippe ; Conférences sur les grandeurs de la sainte Vierge in-8°, 184S et 1854; ces conférences avaient été prôchées à Sain t-Roch pendant le mois de Marie. On regarde l'abbé Comhalot comme l'auteur d'une brochure sur la Brasserie en France et sur ses rapports avec l'agriculture, in-8° 1839, signée du nom de son frère, propriétaire de l'ancienne brasserie du Luxembourg .

COMBEFIS (François), (Mol. hist.

biog. et bibliog. — Dominicain célèbre qui naquit à Marmande en 1005, fut l'ami de Léon Allatius et mourut au milieu de ses travaux en 1079. Voici ce que dit M. Hœuslé de ses ouvrages :

« Après avoir publié, dès 1044, les œuvres d'Àmphiloque, évêque d'Iconium, de Méthode et d'André de Crète, en 2 vol. in-fol., grec et latin, avec des remarques, et, en 1045, quelques inedita de S. Chrysostome, avec une défense des scolies de S.

Maxime sur S. Denis, il lit paraître, en 1648, à Paris, un Novum Auetarium Grœco-Lalinx Bibliothecse Vatrum, aui se divise en deux parties,

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l'une exégétique, l'autre historicodogmatique. La partie exégétique reii terme des homélies et des sermons de S. Astère, évoque d'Amasée, de S. Proclus, de S. Anastase d'Alexandrie , et quelques homélies et sermons de différents Pères de l'Église et historiens sacrés. Dans la partie historico-dogmatique se trouvent : Historia hseresis Monothclitarum sanctseque in earn sextx synodi actorum viîidicise, en trois traités; puis :

Divcrsorum item antiqua ac medii sévi, tum Historiée sacrse, tum dogmatica Grseca opuscula, grec et latin, avec des éclaircissements sur les passages les plus difficiles.

« L'histoire de l'hérésie monothélite rencontra quelque contradiction à Rome, à cause de certaines assertions particulières dans lesquelles Combefis s'écartait de Baronius et de Bellarmin.

« En 1053, son ami et confrère d'ordre, le P. Goar, étant mort au moment où il achevait la Chronographie de Théophane de Byzance, Combefis revit tout le travail et le fit imprimer en 1055. Cependant le talent et le zèle de l'infatigable Dominicain avaient attiré sur lui l'attention de l'épiscopat français, et, dans une assemblée des évêques tenue à Paris en 1055, on lui assigna une pension de 500 livres, qui fut portée à 800 l'année suivante et à 1,000 plus tard, pour venir en aide aux dépenses considérables qu'exigeaient ses travaux. Combefis répondit d'une manière éclatante à ces honorables encouragements.

«Après avoir publié, en 1050, l'ouvrage de S. Chrysostome, de Educandis Liberis, avec cinq sermons sur des jours de fête attribués à ce Père, et d'autres sermons isolés d'écrivains ecclésiastiques, en partie connus, ea partie inconnus; puis, en 1660, différents actes de martyrs, sous le titre lllustrium Christi martyrum* lecti triumphi, vetustis Grmcorum monumentis cortsignati, en grec et en latin, il fit paraître en huit volumes in-folio sa Bibliotheca Patrum concionatoria, Paris, 1062, œuvre aussi substantielle que vaste, que Combefis, répondant aux sollicitations de ses contem-

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porains les pins savants et aux ordres de ses supérieurs, exécuta avec une conscience scrupuleuse, en s'appuyant de la BibUotheca homiliarum et sermonum priscorum Ecclesise Patrum, publiée en 4 vol. en 1588, en se servant des collections les plus célèbres de manuscrits et en la faisant précéder d'une introduction, en partie polémique et très-dôtaillée, sur tous les auteurs paraissant dans cette Bibliothèque des prédicateurs.

! « En 1064, son ami, Léon Allatius, lui ayant envoyé sa Diatribe de Simeonum smptis, il la fît imprimer avec un petit recueil de plusieurs écrits concernant l'origine et les curiosités de Constantinoplo, écrits dont Pierre Lambécius, bibliothécaire de la cour de Vienne, avait publié quelques-uns, ce qui excita une polémique entre les deux éditeurs.

« Combcfis, continuant ses travaux, fit paraître : Chnsti martynim lecta Trias. Hyacinthus Amastrensis, Bacchus et Elias, novi martyres, Agarenico pridem mucrone sublati, Paris.

« Une œuvre plus considérable fut celle qui parut en 1672, à Paris, en deux volumes in-folio, grec et latin, sous le titre : Auctariwm novdssimum Bibliothecse Grœcorum Patrum, in quo varia scriptorum eedesiasticorum antiquioris, medii et vergentis xvi, opuseula continentur. Dans Je premier volume se trouvent : Liber Flavii Josephi de imperio rationis in laudem Machabxorum ; - Hippolyti, episc. et mart. , de Christo et Antiehristo ; — Hippolyti Romani in Susannum et de Captivitate Bab'jlonica. Les traités de Méthodius manquent dans ce premier ouvrage de Combefis : Conrivium decem Virginum, sive de Castimonia, et plusieurs autres. Le second volume renferme deux écrits, contre les Manichéens, d Alexandre de Lycopolis, qui avait été Manichéen lui-même, et de Didym» d'Alexandrie ; quelques sermons et traités de l'hésychaste Palamas et de son adversaire, le savant grec Manuel Kaiékas, qui, repoussé de l'Eglise grecque par suite de ses eiïorts pour opérer l'union des deux Eglises, était entré dans l'ordre des Dominicains (Quetif etÉehard, Scrip-

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tores ordinis Pncdicatorum, t. I, t< 718-720). ' '

« Deux ans plus tard parut, uniquement en latin : E ctesiastes Grxcus, id est, illustrium linerorum Patrum ac oratorum digesti sermones ac tractât us, Basilius, M. Csesar. Cappadoc. et Basilius Selhmmlmw. episcopi, Paris, 1674; de même, purement en latin : Theodoti Ancyrani adversus Nestorium liber, et S. Germani Painarch. Constantinop. in S. Mariœ dormitionem et translationem oratio historica, Paris, 1-675,

« La même année Combefis publia une édition des œuvres du solide adversaire desmonolhélites, Maxime le Confesseur, en deux volumes in-foîio, avec une traduction latine et des notes savantes, d'après les meilleurs manuscrits de Paris, de Rome, de Florence et de Venise, Paris, 1675 :

Ex almi Gallise cleri jussu et ordine.

« Ces deux volumes n'embrassaient pas toutes les œuvres de Maxime, et Qombefts teaait déjà le troisième volume prêt pour l'impression lorsque la mort suspendit ses tr ivaux. Le manuscrit tomba après sa mort dans de mauvaises mains, et c'est ainsi que les écrits de Maxime que renfermait ce troisième volume ne parurent qu'isolés et publiés par des éditeurs divers. Combefis laissa également inachevée, du moins de sa main, l'édition qu'à la demande du roi il avait préparée des écrivains de Byzance postérieurs à Théophane ; cependant son travail ne resta pas inutile , Charles du Fresne ayant publié en 1685 ces Byzantins.

« Enfin nous devons encore énumérer, parmi les travaux critiques de Combefis : Basilius Magnus ex intégra recensitus. Textus ex fide optimorim codicum ubique casiigatus, audits, illustratm , haud incerta quandoque emendatus; versiones recognitse, etc., Paris, 1679, 2 vol. in-8°, ouvrage digne de mémoire. Plus, Gregorius Naziunzenus ex integro restitutus, qui ne fut pas publié, mais qui fut transmis au Bénédictin de Saint-Maur François Louvard, qui se proposait de puhlier une édition de Grégoire de Nazianze.

« Outre toutes les publications

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énumérées, il composa encore, -en 1668, quelques petits écrits au sujet d'une controverse savante qu'il soutint contre son confrère, Jean Nieolaï, sur une nouvelle édition de. la Catena aurea, de S. Thomas d'Aquin, parce que Nicolas voulait changer, suivant la nouvelle édition de la Vulgate, les testes de l'Écriture qui se trouvent dans la Catena, tandis que Combefis tenait à la leçon primitive de S. Thomas.

« Sa vaste érudition l'avait mis en rapport d'amitié avec les plus grands personnages de l'Église et avec la plupart des ho'mmes célèbres du dixseptième siècle, si riche en savants catholiques. Combefès n'en resta pas moins jusqu'à la lin le plus humble des hommes et le plus scrupuleux des moines, toujours affable et obligeant envers tous, sévère envers lui-même, ne connaissant que le chœur où il chantait et la cellule où il travaillait. » Le Nom.

COMÈTES. (Théol. mixt. scien, astron.) — Nous avons donné au titre

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