‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 3 (volume 5)Chapitre 54 sur 110 · ÉTYMOLOGIE DO MOT · texte numérisé non relu

ÉTYMOLOGIE DO MOT

« L'expression latine de parochus, curé, vient, selon Buddée, Filesac et d'autres, de laracine grecque iwépoixoç incola, accola, acception dans laquelle ce mot parait dans les Pandectes (1).

L'ecclésiastique est nommé parochus par cela seul qu'il demeure d'une manière permanente dans la commune, pour soigner les âmes, et qu'il se trouve être ainsi une sorte de possesseur, de propriétaire. D'autres, comme Barbosa, Struve, font dériver, avec plus de vraisemblance, le mot parochus du verbe -Kapéyeiv, offrir, administrer. Comme on nommait parochi (2) les fonctionnaires romains dont la mission consistait a fournir le sel, le bois et les autres nécessités de la vie aux étrangers, et surtout aux ambassadeurs romains, dans leurs voyages, ainsi, les prêtres chrétiens, dont l'obligation exclusive consiste à fournir aux fidèles, étrangers sur cette terre, l'aliment de la vie éternelle, sont appelés parochi. On désigne encore les curés, dans le droit canon, sous les noms suivants : presbyter parochianus (3), ou absolument presbyter (4), rector ecclesiœ, ou simplement

(i) Fr. 239, § 2, de Verb, signif., 50, 16. 2) Horai., Salyr., I, 5, 45.

(3) C. 3, dist. 94.

(4) C. 4, 5, 1. IX, quœst. 2.

Il I «I »

CUR

CUR

rector (1), plebanus {"

parochialis, ecclesise curatus (3), persona (4), sacer^dos in parœmali ecclesia prxlalionis offlcio fungens (5). »

Origine historique des curés.

« Primitivement il n'y avait dans tou tes les villes épiscopales qu'une église ; son chef était l'évèque, qui remplissait personnellement toutes les fonctions du culte. Cette église était le lieu de réunion de tous les Chrétiens de la ville ; le petit nombre de Chrétiens qui vivaient à la campagne se rendaient, de leur côté, dans l'église épiscopale pour assister à l'office. Les prêtres attachés à cette église étaient simplement les auxiliaires, les coopérateurs de l'évèque, et sans sa délégation spéciale ils ne pouvaient remplir aucune fonction ecclésiastique ; le principe en vigueur était : Preshyteri sine sententia episcopi nihil ugere périclitent; episcopo Domini populus commissus est (6).

« Mais, lorsque le nombre des fidèles s'accrut de façon que l'église épiscopale ne put plus les contenir tous, et que, malgré toute son activité, l'évèque ne put plus remplir seul toutes les fonctions, il s'éleva , dans les grandes villes comme dans les campagnes, à côté des cathédrales, églises-mères, d'autres églises plus petites (tiluli) , auxquelles on attribua une portion des fidèles. L'évèque y envoyait des prêtres de l'église cathédrale, qui, en son nom, et en vertu de son autorité, célébraient l'office divin, administraient les sacrements, remplissaient en général toutes les fonctions et faisaient tous les actes du ministère pa-toral. Lorsqu'ils avaient rempli leur mission ils revenaient à la cathédrale, et, dans les campagnes seulement, il paraît que dès le prin-

(1) C. 38 X, de Elect., i, 6: c. 25 X, de Off. jud. leg., 1, 29.

(2) C. 3 X, de Offic. jud, ord., 131.

(3) C. 2, de Sepult. in Clem., 3. 7.

4)C. 3 X, de Offic. vie., 1, 28.

(b) C. 4 X, de Cleric. slyrnt,, 3, 6. (6) Tliomassio, Vet. et Non. Ecclesis Disciplina, P. 1, 1. II, c. 21, d. 4.

cipe il y eut des postes permanents, des résidences durables, pour les prêtres qui venaient en administrer les communes. C'est de ses circonstances, déterminées uniquement par les nécessités extérieures, que naquit l'administration paroissiale. Mais les opinions des canonistes diffèrent qu ant à l'époque où les divisions paroissiales s'introduisirent pour la première fois. Les uns considèrent le pape Anaclet, vers la fin du premier siècle, comme le créateur des paroisses, et ils en appellent à c. 3, Dist. 80, et c. 1 , Dist. 99, où sans doute il est question de quelques petites églises dirigées par des prêtres, mais dont les passages cités sont positivement apocryphes et ne dérivent pas du pape Anaclet, comme le remarque déjà J.-H. Bohmer. D'autres, comme Filesac (1), placent l'institution dos paroisses au commencement du deuxième siècle, sous le pontiticat de Saint Evariste, mais également sans preuves suffisantes.

a La plupart attribuent leur origine au pape saint Denys (258), qui dit (2J : « Nous avons confié les églises particulières à des prêtres spéciaux ; nous leur avons attribué les paroisses et les cimetières, afin qne chacun ait son droit propre, qu'aucun ne dépasse les limites de sa paroisse et n'empiète sur les droits des autres. »

Mais ce passage est aussi peu authentique que les précédents et a été attribué à ce Pape par le Pseudo-Isidore (3).

« Nous approcherons probablement de la vérité en aftirmaut que la première institution des paroisses ne peut en général se rattacher à aucun nom spécial ; qu'elles se sont formées peu à peu, en divers lieux, en temps divers, selon les besoins ; qu'elles n'ont pas été constituées tout d'un coup, en vertu de quelque ordonnance positive d'un évèque ou d'un Pape, mais qu'elles sont nées comme d'ellesmêmes, sans qu'on sût, au delà de leur entourage le plus prochain, qu'elles venaient de naître.

(1) Tractât, de Parœcia, c. 9.

(2) C. unie, c. XIII, qnœst. 1.

(3) Van Espen, dissert. I, de Collect. Iùidori, vulgo Mercatoris, § b, in Opp.

CUR

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« Partant de ce point de vue, il n'est pas nécessaire de nier absolument leur existence dans les trois premiers siècles ; seulement il faut dire que, là où elles naquirent durant les persécutions, elles furent si pauvres, de si peu d'apparence, qu'elles méritèrent à peine le nom de paroisses. Ce ne fut que lorsque l'Église eut acquis la liberté politique, sous Constantin le Grand, que ces germes cacbés se développèrent rapidement et apparurent simultanément dans presque toutes les parties de l'empire romain, parce que les circonstances devenaient impérieuses. C'est aussi de cette époque que datent les premières preuves positives de l'existence des paroisses. Saint Épiphane dit en parlant de la ville d'Alexandrie (1) : Etenim, quotquot Alexandrie Catholicse cornmunionis ecclesiœ siint uniarchiepiscopo subjectœ, sous cuique pilepositus est, qui ecclesiasticamunera iis administret.

Et quant aux églises rurales voisines de cette ville, Saint Athanase dit (2) : Mareotes ager est Alexandrie, quo in ïoco episccpus minquam fuit, immo ne chorcpiscopus quidem; sed univcrsse ejus loti eeelesix episcopo Alexandrino subjacent, ita tamen ut singuli pagi

SUOS PRESBYTER0SnABEANTf3). Le COn-

cile de Chalcédoine parle {i) des paroisses rurales comme d'une institution généralement répandue (5).

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