‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 3 (volume 5)Chapitre 61 sur 110 · IV · texte numérisé non relu

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qu'on aimait à charger de cet opération des fonctionnaires extraordinaires, et que Cyrinus avait toute la confiance de l'empereur, comme le démontre d'ailleurs sa position de ministre , rector , auprès du jeune Caïus César. Un cas tout à fait identique se trouve dans l'inscription connue de Muratori (qui, depuis Sanclemente, n'a été omise par aucun savant) : Idem {Mm. Palicanus) jussu Quirini censum fecit Apamenx provincise millium hominum civium CXVII, qui nous prouve en même temps que Cyrinus avait en effet reçu les pleinj pouvoirs dont nous parlons ; car ApaF mée, au bord del'Oronte, appartenait à la province de Syrie. De cette manière toute la question se résout d'une façon si simple qu'on pourrait s'étonner qu'on continuât à chercher d'autres réponses, s'il n'y avait encore d'autres points contraires à notre explication, savoir : le silence de Josèphe, le titre de Cyrinus, et l'expression -itSuav olxou[xtvT|V (qui comprendrait toutl'cmpire romain) ;maisnous pouvons répondre :

« 1° Josèphe passe beaucoup de choses sous silence ; son silence seul n'aurait pas de poids en face d'une affirmation aussi positive que celle de Tertullien : Apud quos genus Christi mquirere potuissent ! Mais il s'explique en ce que le recensement était un pur dénombrementdu peuple (comme à Apaméo), ayant pour but d'estimer plus exactement, d'après la liste de la population, la situation de vassalité d'Hérode à l'égard des Romains. C'était précisément pour ménager Hérode que Cyrinus ne prenait pas le recensement de la Palestine entre ses mains, la laissant au gouverneur [prseses), et Hérode était assez habile pour enlever à ce recensement ce qu'il pouvait avoir d'odieux.

« 2° Cyrinus n'était sans doute pas alors gouverneur de la Syrie ; mais au temps de la rédaction de l'Évangile de S. Luc il n'était connu des Juifs que sous ce titre. Tant que Cyrinus ne fut pas gouverneur de la Syrie, les Juifs n'en entendirent guère parler ; mais une fois gouverneur il devint un personnage d'autant plus considérable pour eux qu'il fut chargé

de toute l'exécution relative à Archélaùs, et qu'il incorpora la Judée-à la Syrie. Par conséquent, dans l'habitude de la conversation, les Juifs ne connaissaient qu'un prseses, Quirinus. Le génitif ï)ye|iovsôovto<; n'est pas un génitif absolu (déterminatif de temps), mais il est régi par èyévtto (== sx, ce premier dénombrement fut fait par...

la Vulgate dit exactement facta est a...) (1).

^ « 3° Auguste ordonna pendant son règne un triple dénombrement, censum populi ter egit (2). Le premier eut lieu en 726 U. c, le second en 746, le troisième en 767, année de la mort d'Auguste. Chaque recensement dura nécessairement plusieurs années; l'Évangile de S. Luc date du second recensement, de sorte que son expression itâaav oîxounévriv est justifiée, et nous retrouvons là comme partout dans S. Luc l'historien exact, instruit et sûr. »

La réponse de M. Schegg consiste à comprendre la phrase de S. Luc comme il suit : « Le premier recensement fut fait par Cyrinus (devenu célèbre plus tard, comme) préfet de Syrie. » Cette réponse nous paraîtrait excellente s'il ne fallait supposer un fait gratuit dont les auteurs ne parlent pas, à savoir que le Cyrinus, qui devint ensuite le gouverneur de Syrie, fut dès lors chargé de présider à ce recensement, et si S. Jérôme ne disait formellement que ce fut Sentius Saturninus qui le fit, ce qui suppose que ce ne fut pas Cyrinus.

Dans notre Evangile pour la jeunesse nous avons traduit par une parenthèse de la manière suivante :

« Cependant il arriva, dans ces jours, qu'il parut un édit de César Auguste pour dénombrer toute la terre — ce premier dénombrement fut achevé par Cyrinus, gouverneur de Syrie — et tous allaient se faire inscrire, chacun dans sa ville. »

Le facta est du latin, l'^éveto du grec, nous parurent alors pouvoir s'entendre d'un achèvement qui eut lieu plus tard, et la phrasejouer plutôt le rôle d'une parenthèse attendu

(i)Conf. fllattliite Gramm. grecque, § 373. (2) Suét. , Vita, c. 27.

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que, si on la retranche, la période se suit parfaitement et est complète.

Ne pourrait-on pas supposer avec assez de vraisemblance que cette phrase à été postérieurement intercalée au texte de S. Luc par quelque copiste commentateur? On en trouve quelques-unes de ce genre, dans les

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évangiles; dans ce cas, le copiste aurait pu se tromper en amenant là le célèbre Cyrinus et en confondant son recensement avec celui de S. Luc, qui serait probablement celui du Sentius Saturninus de saint Jérôme.

Le Nom.

D. (Théol. mixt. scien. philol. et linguist.) — Le D est la troisième des consonnes et la quatrième lettre de l'alphabet hébreu, en y comprenant l'aleph K qui n'est que le signe d'une douce aspiration ; il en est de même dans toutes les langues gréco-latines et germaniques à commencer par le grec et le latin. Dans les langues slaves, le Dn'occupeque le cinquième rang. En grec, il se nomme delta et s'écrit A, 8. En hébreu il se nomme daleth et il s'écrit T. C'est la plus douce des dentales.

Il y a eu beaucoup de transformations de la dentale forte T et de l'aspirée TH en D, ou du D en T ou TH ; c'est ainsi que le Tkeos (Dieu) des Grecs est devenu le Deas des Latins, ou plutôt que le Leva du sanscrit est devenu chez les Grecs le Theos et chez les Latins le Deus. Le radical de ce mot, Div (lumière), a produit Dé va dans les langues bindoues, et est resté tel dans Divus chez les Latins.

En arabe, le D est la huitième lettre de l'alphabet et s'appelle le Bal; il en est de même dans le turc et dans le persan, quoique le turc soit une langue nonflexive, mais agglomérante, et par conséquent d'une autre classe :

nouvel exemple des mélanges et des données nombreuses sur lesquelles ou établira sans doute un jour la certitude d'une langue unique primitive.

En sanscrit, et dans beaucoup de ses sœurs ou filles, telles que le dévanâgari, le D s'appelle Da et Dha ; Da lorsqu'il n'est que l'une des cérébrales et des dentales simples, Dha lorsqu'il s'aspire, en sorte que Dha est l'aspirée de Da.

C'est la même articulation fondamentale qui se retrouve dans les mots chinois Ti, Thien ou Tien et Tao, qui sont des noms de Dieu, signifiant littéralement Seigneur, ciel et raison.

(V. deva).

Le Noir.

D'ACHERY (Jean-Luc). (Théol. hist.

biog. et bibliog.) — Ce savant bénédictin français naquit à Saint-Quentin en 1609 et mourut bibliothécaire de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés en 1685. Cette bibliothèque lui fut redevable d'une foule de livres et de manuscrits rares, ainsi que de catalogues parfaits. Jean Mabillon fut son disciple de prédilection. Voici ses principaux ouvrages :

Le plus important de tous est intitulé : Spicilegium veterum aliqiot scriptorum qui in Qallise Bibliothecis, maxime Benedictinorum, latuerant, Parisiis, 1035-77, 13 vol. in-4°. C'est, au jugement de Du Pin, le recueil le plus complet etle plus important qui existe en ce genre. Epistola Catholica S. Barnabi, apostoli, Grxee et Lat., Paris, 1645, in-4°; — Opéra B. Lanfranci, Cantuariensis archiepiscopi , Paris , 1648, in-fol. ; — Opéra Guiberti, abbatis B. Marise de Novigento, Paris, 1651, in-fol.; — Régula solitariorum sive Exercitia,Pa,ris, 1653, in-12°; — Asceticorum, vulgo spiritualium, opusculorum, quse inter Patrum opéra reperiuntur, indiculus, Paris, 1648; in-4° (2e édit., 1671).

Ce fut D'Achery qui rassembla les matériaux de l'histoire des Bénédictins des six premiers siècles, lesquels furent mis en ordre par D. Mabillon,

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