DAG
der à ses travaux. Il n'est pas fort important de savoir laquelle de ces deux conjectures est la plus vraie.
Voyez la dissertation sur ce sujet, dans la Bible d'Avignon, tom. 4, pag, 45.
Il est dit , f . Rcg. , c. 5 , v 4, que les Philistins s'étant rendus maîtres de l'arche du Seigneur, et l'ayant placée dans leur temple d'Azot, à côté de l'idole de Dagon, l'on trouva le lendemain cette idole mutilée, et sa tête avec ses deux mains sur le seuil de laporte. « C'estpourcela, dit l'auteur » sacré, que les sacrificateurs de Da- » gon et tous ceux qui entrent dans » son temple, ne marchent point sur » le seuil de la porte jusqu'aujour- » d'hui. « De là quelques incrédules ont conclu; 1° que le livre des Rois n'a été écrit que longtemps après cet événement; 2° que l'auteur ignorait les coutumes des Syriens et des Phéniciens, qui consacraient le seuil de la porte d e tous les temples, de manière qu'il n'était pas permis d'y poser le pied, et qu'on le baisait en entrant dans un temple ; c'était l'usage des Grecs et des Romains.
On répond à ces critiques si instruits, que ces mots jusqu'aujourd'hui ne désignent pas toujours un temps antérieur fort long, et on peut le prouver par un très-grand nombre de passages. Y aurait-il à présent de l'inconvénient à dire qu'en 1768 les Français se sont rendus maîtres de l'île de Corse, et l'ont conservée jusqu'à aujourd'hui ? Samuel, quiaéerit les livres des Rois dans un âge avancé, a pu parler de même d'un événement arrivé pendant sa jeunesse.
On ne peut pas prouver que, du temps de Samuel, la coutume était déjà établie chez les Syriens et les Phéniciens de ne pas marcher sur le seuil de la porte des temples ; nous ne connaissons les usages des Grecs et des Romains que par des auteurs qui ont écrit sous le règne d'Auguste ou plus tard, par conséquent plus de mille ans après Samuel ; quelle conséquence peut-on en tirer, pour savoir ce qui se pratiquait dans la Palestine mille ans auparavant ? Il est absurde de vouloir nous persuader que ce vieillard, qui avait gouverné sa nation pendant cinquante ou