‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 3 (volume 5)Chapitre 81 sur 110 · V. l'art. Cyrinus · texte numérisé non relu

V. l'art. Cyrinus

Le Nom.

DENYS (le pape ) {Théol. hist.

pap. ) — Denys fut le vingt-quatrième Pontife romain; il remplaça le martyr Sixte II mort le 6 août 258, après une vacance de près d'une année, le 22 juillet 259. « Suivant les plus anciens catalogues des Papes, dit M.

Werner, il administra l'Eglise sous les empereurs Gallus e* Claude II, du

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XI des calendes d'août, dans l'année du consulat de Fulvius Émilien et de Pomponius Bassus II, jusque vers la fin du second consulat de M. Auréhanus Claude et d'Qvinius Paternus, usque in diem VII calendas Janv.arii; il mourut par conséquent le 27 décembre 269, et fut assis sur le siège de Saint-Pierre dix ans, cinq mois et quatre jours.

« Grec de naissance, il dut son élévation non-seulement à sa piété profonde et à sa conduite irréprochable, mais à la douceur de son caractère et à sa science théologique.... Ce fut à lui que le savant évoque d'Alexandrie, du même nom, adressa sa quatrième lettre sur le Baptême, ainsi que le raconte Eusèbe (1), qui ajoute que l'évèque d'Alexandrie le nommait un homme savant et étonnant, >,<)-|'ioçtt<x£8au[j.ctc7ioç. On voit dans la deuxième lettre de Denys d'Alexandrie, de Baptismo, que celle que cite Eusèbe était adressée non-seulement au prêtre romain Denys, mais encore à un autre prêtre de cette Église , nommé Philémon, dans le but, qui paraît avoir réussi, d'amener à des dispositions douces et à une conduite plus modérée les deux hommes qui avaient le plus soutenu les sévères mesures du pape Etienne dans la controverse sur la validité du baptême des hérétiques.

« On vit dans la discussion sabellienne combien le Romain Denys méritait les éloges que lui avait donnés son homonyme d'Alexandrie. Denys était déjà Pape lorsqu'on lui déuouça son ami, l'évèque d'Alexandrie, comme l'auteur d'hérésie, parce que, dans sa polémique contre Sabellius, il s'était servi d'expressions et d'analogies qui semblaient mettre en doute l'égalité de substance du Père et du Fils. Le Pape considéra ^ l'aflaire comme assez sérieuse pour être soumise à un concile en 262, et taudis que, dans une correspondance confidentielle, il priait le successeur de S. Marc de s'expliquer sur les erreurs dont on l'accusait, il exposait, dans une circulaire publique, adressée à toutes les Églises d'Egypte, la foi de

(t) Hist. eccl, Vil, 7.

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l'Eglise romaine en opposition aux deux erreurs prédominantes en Egypte, l'unitarismectle tri théisme (1).

A en juger d'après les fragments de cette circulaire, conservée, par saint Athanase (2) , il le fit avec une rare sagacité et une rigueur de déduction remarquable. Il exposa que les trois personnes divines ne pouvaient ni être séparées selon leur substance, ni étant une en substance, être conçues comme des différences impersonnelles de cette substance unique., Il rejetait de la façon la plus nette l'expression -noi^lAx, employée par les Alexandrins pour désigner le Fils de Dieu, par cela que le procédé de la génération divine doit être essentiellement distingué de tout ce qui est formation ou création (it^âai; et izoi^au;). Le Fils est engendré, non créé. On ne peut pas même dire du Verbe qu'il devient :

il n'y a pas de devenir en lui, ysyovévai car, dès qu'on prend sérieusement cette expression, on est nécessairement obligé d'admettre un temps où le Père seul était et où n'était pas encore le Verbe. « On ne peut, ditil, ni diviser en trois divinités l'unité divine, ni rabaisser la dignité et la majesté du Seigneur par la notion de la création. Il faut croire en Dieu le Père tout-puissant, en Jésus-Christ, son fils, et au Saint-Esprit; il faut concevoir le Verbe uni à Dieu, Seigneur de toutes choses... Ainsi seulement on sauve à la fois le dogme de la Trinité divine et le dogme de l'unité de Dieu (ou™ yip ôtv xai -i\ Osia tptiç xa! tô Syiov MpuïlJLa *% [wvap/laç 8iaaw|o'.to). »

« Denys d'Alexandrie s'étant excuse de ne s'être pas servi de l'expression Sjiooûîtoî dans son B»ïyX°< xat à-zolofia, on peut en conclure que Denys le Pape avait déjà employé cette formule, qui devait plus tard définir d'une manière catégorique le dogme de la Trinité, et qu'il donnait le terme 6u.ooïjioç comme le plus propre à exprimer le rapport do substance du Fils et du Père. »

Le Noir.

(l)Ailmn.. de Synodo, c. 43; de Sententia ZKoni/sii, c. '3.

(I) De D.crct. Aïe, o. 26.

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