‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 3 (volume 5)Chapitre 84 sur 110 · BET · texte numérisé non relu

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rence, nous résumons notre vie philosophique comme il suit : panthéiste en philosophie, et augustiuienthomiste en théologie, pour concevoir et expliquer les origines, les subsistances et les activités des êtres ; individualiste en philosophie et pélagien-moliiùste en théologie, pour concevoir et expliquer les destinées ; je crois aux responsabilités morales des êtres libres et à l'immortalité des âmes; et je n'ai jamais eu en ce inonde que trois ambitions .: celle de vivre, celle d'écrire et celle de mourir en philosophe théiste. La première est satisfaite, la seconde aussi; la troisième est en espéranoe.

Expliquons-nous un peu, sans entrer dans les longues dissertations auxquelles donneraient lieu tant d'émissions, contradictoires en apparence, concentrées dans une phrase :

Mon panthéisme en philos opbie est le panthéisme rationnel que j'explique dans mon article panthéisme des harmonies DE LA RAISON El DE LA FOI; C'est

celui de saint Paul, de saint Augustin et de saint Thomas par lequel je me rends compte, autant que possible, des origines, des subsistances et des activités des créatures, et qui fait que je me qualifie, en même temps, d'augustinien- thomiste en théologie.

Mon individualisme en philosophie et monpélagianisme-molinisie en théologie pour rendre compte des développements et des destinées, ne va qu'à fa reconnaissance delà vente de sens intime de mon libre arbitre, telle que je l'ai exposée dans cet article, à la responsabilité morale qui en résulte, et à l'affirmation de ma personnalité immortelle; corrections essentielles de mon panthéisme, pour que ce panthéisme, qui donne tout à Dieu, ne tombe pas dans le panthéisme désorganisateur universel qui confond l'effet avec la cause, et avec lequel plus de bien ni de mal et plus d'espérance.. .

Ma triple ambition est la tapie conséquence logique et pratique de ma philosophie théologique, qui, loin d'être exclusive, n'a à cœur que d'embrasser le plus de choses possible dans sa synthèse.

Avec tout cela, me dira-t-on, le

mystère reste, le mystère de conciliation du déterminisme et du libertisme; vous ne l'avez pas même attaqué.

$!on, je ne l'ai point attaqué, après les deux évidences posées de laliberté, d'une part, dans la conscience du relatif, et de la causalité, d'autre part, dans l'éternité de l'absolu. J'ai voulu ramener l'esprit de mon lecteur sur ces deux évidences que l'Eglise catholique a toujours sauvegardées dans ses définitions, laissant tonte latitude à la pensée sur la recherche de leur conciliation, et évitant de condamner ceux-là même qui paraissaient compromettre l'une oul'autre, sansle feire avec certitude ainsi que le fit Pelage contre \z déterminisme divin en faveur du libertisme humain et ainsi que le fit Jansénius contre le libertisme humain, en faveur du déterminisme divin. J'ai imité l'Eglise, laîssant pour d'autres articles les questions spéculatives de la conciliation de deux termes certains, et du grand mystère qui a tant occupé tous les génies de tous les temps et de toutes les nations jusqu'aux Leibnitz, Kant, Bossuet, Fénelon et les autres.

DEUIL CHEZ LES ANCIENS HÉ- BREUX. (Théol. hist. gêner, exeg.) — Voici le résumé très-concis que donne M. Kônig des usages reçus chez les anciens Juifs, relativement aux deuils, d' après l'étude de nos livres sacrés.

« Les occasions ordinaires de deuil étaient : la mort, les malheurs publics, la famine, la guerre, etc. Le deuil pour les morts durait en général sept jours (1), dans des cas extraordinaires davantage (2). Les usages et les signes ordinaires du deuil étaient les suivants : on déchirait ses vêtements (3) -, on revêtait le costume de deuil yq, ai*™? formé d'une gros-

(11 &en„ BO, 10. I Rois, 31, 13. 1 Parai., M 12. Judith, 16, 29. Ecclés., 12, 22. Josàphe, Jim-

hq(i) iNombr'., 20, 29- Deut, 21, 13. Josèphe, BAI.

-ffl' Gen., 87, 29 ; 44, 13. Juges, 11, 35^1 Rois, 4,12,11 Jîois, t. 2, 11; 3, 31 ; 13, 31. 10 Rois^ M 27. IV Rois S, 8 ; 6, 30 ; 11, 14; 19 1 ; 22 il, «. Esdr., 9, 3. Etth., 4, 1 IMach. S, 14, 3, 47; 4, 39; 5, 14; 11, 71. Judith* 14, 13- ** 14, 14.

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sière étoffe de poils, sans fente ni pli, qu'on mettait comme un sac et qu'on attachait par une corde h la ceinture (1). Les Prophètes etlesprédicateurs de pénitence portaient ce costume pour exprimer le caractère sérieux de leur vocation (2). On se couvrait la tète de poussière et de cendre (3) ; parfois on se roulait dans la poussière (4) ; on s'enveloppait le menton (5) ou la tête (6) ; on se rasait la barbe et les cheveux, ornement des Orientaux (7), ou bien on se les arrachait (8) ; on se frappait la poitrine (9), les reins (10) ;parfois on se déchiraitle visage (11), mais ceci était défendu (12); on jeûnait (13) ; on négligeait de se laver, de se parfumer, de nettoyer ses vêtements (14) ; on déposait toute espèce de bijoux (15) ; on ôtait ses souliers (46); les riches commandaient des pleureuses (17) , qui chantaient des cantiques funèbres dans les maisons etprès des tombeaux (18), et qui, plus tard^ furent accompagnées du son des instruments (19). Après la cérémonie funèbre les amis du défunt préparaient un repas auquel ils assistaient avec les parents en deuil (20)- » Le Nom.

(1) Conf. Gen., 37, 34.11 Bais, 3, 31. III Jîois .20, .31 ; 21, 2.7. Vf Bois, 6, 30; 19, 1. Jérém., 4, '8. Jon.,3,6. Ézéch., 7, 18. Job, 16, 15. II Mach., 3, 19. Mutth., H, 21. Luc, 10, 13. Apoc, 6, 12.

(2) Jsaii; 20, 2. Matth., 3, 4.

(3) I Bois, 4, 12. H Bnis, I, 2 ; 13, 19 ; 15, 32. Néh., 9, 1. Ézéch., 27,30. lament., 2, 10. Job, i, 42. I Mach., %, 47 ; 4, 39 ; 11, 71. Q Mach., 10, 26; 14, 15. Judith, 9, 1. Mcdth., 11, 21. Apoc, 18, 19.

(4) Ézéch., 27, -30.

(i) Ézéch., ii, 17, 22. Mkh., 3,7.

(6) II B'.is, IS, 30 ; 19, 4. Jérém., 14, 3, 4.

(7) Isaîe, 15, 2. Jérém- 7, 29; 16, 6; 41, 5; 48, 37. Amos, 8, 10. Michée, 1, 66. Ezéch., î, iB; 27, 31.

(8) Esdr.., 8, 3. Job, 1.20.

,, (9) Néh., 2, 8. Luc, 18, 13.

" (10) Jérém., 31, 19.

, Ml) Jérém., 16, 6 ; 41, 5; 48, Î37. (12) £<&).. 19,27,28.

(13)1 .Bois, 1, 7 ; 20, 34. II Bnis, 1,12; 31,31. HI Bois, 21, 27. Esdr., 10, 6. Néh., 1, 4.

(14) M Bois, 14, 2; 19, 24. Dan., 10, 3. Judith, 10,2.

(15) Ézéch., 26, 16. Jon., 3, 6. Judith, 10, 3.

(16) H Bois, 15, 30. Ézéch., 24, 17, 23.

(l'imruipa*^'»-, s,i6.

(18) III Bois, 13, 20. II Parai., 35, 25.

(19) Mallh., 9, 23.

(20) Iliîow, 3, 35. Jérém., 10,5. ftrifcft,, 24, 17. Osée, 9, 4.

DEUSDEDIT ou DIEUDONNË, ou encore ADEODAT [Thcol. hist. pap.) — Romain de naissance, il fut élu, après la mort de Boniface IV en 615.

k Le nouveau Pape, dit M. Hauslé, montra une sollicitude toute spéciale pour l'honneur et l'entretien de son clergé appauvri et dispersé par les ravages de la guerre ; mais son règne trop rapide fut troublé par un affreux tremblement de terre et par une épidémie générale, qui déligurait tellement les visages que les parents ne pouvaient reconnaître les cadavres des leurs. Suivant le martyrologe rédigé par les soins de Baronius, Dimsdcdit guérit, en l'embrassant, un des pestiférés défigurés de cette façon.

« C'est sous son règne qu'eut lieu le soulèvement du nouvel exarque de Ravenne, Éleuthère, qui d'abord parut fidèle à l'empereur Héraclius, vengea la mort de son prédécesseur Jean, chercha à rester en rapport amical avec le Pape, vainquit et tua Jean Composinus, usurpateur du pouvoir dans Naples ; mais quelques années plus tard il se posa lui-même en tyran et paya son infidélité de sa tète, pen après lamort de Deusdedit (1).

■a Une décrétale attribuée au pape Demsdadit adressée à â'évèque de Séville, Gordien, qu'on trouve dans Gcatien (2),et qui déclare la dissolution du mariage entre des parents qui ont tenu leurs enfants sur les fonts baptismaux est évidemment fausse, car il n'existait pas à cette époque d'évôque Gordien à Séville, S. Isidore ayant occupé ce siège métropolitain de 600à 038.11 en est de même d'une autre décrétale relative aux élections pontificales, qu'on trouve dans Eccard (3). Anastase cite une autre ordonnance de ce Pape en ces lerines.: Hic mtmsiituit secundoûn missam in clero, ce qui peut signifier qu'il autorisait le binage en cas de nécessité, ou même par simple dévotion, ou abolissait l'usage, encore en vigueur parmi les Gre'-s, de ne célébrer qu'un seul .sacrifice par joui' dans la même église, quoiqu'on puisse facilement faire

(1) Ann.st.,1. c, 118, 119.

(2) H, XXX. qnœst. 1.

(3) Corp, hUlorkor. med, xvi,ll, 133.

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remonter l'abolition de cet usage a Léon le Grand (I).

« Parmi les synodes particuliers tenus sous le pontificat de Deusdedit, le plus remarquable est celui qui fut convoqué à Paris par Clotaire II, en 615 (2). »

Deusdedit mourut le 8 novembre 618, et eut pour successeur Boniface V. Le Noir.

DEUTERO-CANONIQUE; c'est le nom que donnent les théologiens à certains livres de l'Écriture sainte, qui ont été mis dans le canon plus tard que les autres ; soit parce qu'ils ont été écrits les derniers, soit parce qu'il y a eu d'abord des doutes sur leur authenticité.

Les Juifs distinguent dans leur canon des livres qui n'y ont été mis que fort tard. Ils disent que sous Esdras une grande assemblée de leurs docteurs, qu'ils nomment la grande synagogue, lit le recueil des livres hébreux de l'Ancien Testament tel qu'ils l'ont aujourd'hui, qu'elle y plaça les livres qui n'y étaient pas avant la captivité de Babylone, en particulier ceux de Daniel, d'Ezéchiel, d'Aggée, d'Esdras et de Néhémie. Mais cette opinion des Juifs n'est appuyée sur aucune preuve solide.

L'Eglise chrétienne a placé dans son canon plusieurs livres qui ne sont point dans celui des Juifs, et qui n'ont pas pu y être selon leur système, puisque plusieurs n'ont été composés que depuis le prétendu canon fait sous Esdras ; tels sont la Sagesse, l'Ecclésiastique. lesMachahées.

D'autres y ont été mis fort tard, parce que l'Eglise n'avait pas encore examiné, rassemblé et comparé les preuves de leur canonicité. Jusqu'alors il a été permis d'en douter ; mais depuis qu'elle a prononcé, personne n'est plus en droit de les rejeter; les livres deutéro-canoniques ne sont pas moins sacrés que lesproto-canoniques ; le retard du jugement de l'Eglise ne le rend que plus respectable, puisqu'il n'a été porté qu'avec pleine connaissance de cause.

(1) Ep. 81, ad Diosiorum Alexandrinum. Coof. Card. Bodu, de Rébus Liturgicis, 1. I, c. 14, n. 4.

(2) illansi, X, 539-456.

Nous ne voyons pas pourquoi l'on refuserait à l'Eglise chrétienne un privilège que l'on accorde à l'Eglise juive ; pourquoi est-elle moins capable que la synagogue déjuger que tels livres sont inspirés, ou parole de Dieu, et que tels autres ne le sont pas? S'il y a un point de fait ou de doctrine nécessaire à l'enseignement de l'Eglise, c'est de savoir quels sont les livres qu'elle doit donner aux fidèles comme règle de leur croyance.

Nous ignorons sur quelle preuve les Juifs se sont fondés pour dresser leur canon, pour y admettre certains livres et en rejeterd'autres; si ce point a été décidé par une assemblée solennelle des docteurs juifs, ou il s'est établi insensiblement par une croyance commune ; si cette opinion a été d'abord unanime, ou contestée par quelques docteurs, etc. Nous voyons seulement que les Juifs ont eu de la répugnance à recevoir comme divins les livres dont le texte hébreu ne subsistait plus, et dont il ne restait qu'une version, de même que ceux qui ont été d'abord écrits en grec.

Mais cette prévention des Juifs en faveur de l'hébreu sent un peu trop le rabbinisme moderne ; nous admirons la confiance avec laquelle les protestants l'ont adoptée. Les Juifs ont pu savoir certainement qui était l'auteur de tel ou tel livre, mais nous ignorons sur quelle preuve et par quel motif ils ont jugé qu'Esdras, par exemple, était inspiré de Dieu plutôt que l'auteur du livre de la Sagesse ; c'était néanmoins la première question à décider, avant de savoir si tel livre devait être mis dans le canon plutôt qu'un autre.

Pour nous qui croyons la canonicité et l'inspiration des livres saints, non sur l'autorité ou le témoignage des Juifs, mais sur la parole de Jésus- Christ et des apôtres, que nous avons reçue par l'organe de l'Eglise, nous pensons que c'est à elle que nous devons nous en rapporter pour savoir avec certitude quels sont les livres sacrés de l'Ancien Testament, aussi bien que ceux du Nouveau. Voyez Ecriture sainte.

Les livres que les Juifs n'admettent point dans leur canon de l'Ancien

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Testament, sont Tobie, Judith, les sept derniers chapitres d'Esther, la prophétie de Barueh, la Sagesse, l'Ecclésiastique, les deux livres des Machabées.

Les livres deutéro-canoniques du Nouveau Testament sont l'Epltre aux Hébreux, celle de saint Jacques et de saint Jude, la seconde de saint Pierre, la seconde et la troisième de saint Jean, et l'Apocalypse. Les parties deutéro-canoniques de quelques livres, sont, dans le prophète Daniel, lecantique des trois enfants, l'oraison d'Azarie, les histoires de Suzanne, de Bel et du dragon ; dans saint Marc, le dernier chapitre ; dans saint Luc, la sueur de sang de Jésus-Christ, rapportée chap. 22, f 44; dans saint Jean, l'histoire de la femme adultère, chap. 8, ,î 1.

Parmi ces livres, les protestants ont trouvé bon d'en recevoir quelques-uns et de rejeter les autres ; les luthériens, les calvinistes et les anglicans ne sont pas entièrement d'accord sur ce point. Mais il y a une remarque essentielle à faire. Les critiques , même protestants , ont vanté avec raison l'antiquité et l'excellence de la version syriaque de l'Ancien et du Nouveau Testament; elle a été faite, disent-ils, oudu temps des apôtres, ou immédiatement après, pour l'usage des Eglises de Syrie.

Or, cette version renferme les livres deutéro-canoniques admis par l'Eglise romaine. Us étaient donc admis comme livres sacrés par les Eglises de Syrie, immédiatement après le temps des apôtres, et ils ont continué jusqu'à présent d'être regardés comme tels, soit par les Syriens maronites OU catholiques, soit par les Syriens jacobites ou eutychieus. Ils sont reçus de même par les chrétiens cophtes d'Egypte, par les Ethiopiens et par les nestoriens. Ces diiférentes sectes hérétiques n'ont pas emprunté cette croyance de l'Eglise romaine, de laquelle elles sont séparées depuis plus de douze cents ans. Donc l'Eglise romaine n'a pas été mal fondée à déclarer ces livres canoniques.

Ferpèt. de la Foi, tome 5, 1. 7, c. 7 ; Assémani, Biblioth. Orient., tome 3 et 4, etc.

Si les réformateurs avaient été plus instruits, s'ils avaient connu les anciennes versions et la croyance des différentes sectes des chrétiens orientaux, sans doute ils auraient été moins téméraires ; mais leurs successeurs, mieux informés, devaient être moins opiniâtres.

Selon le témoignage d'Eusèbe, Hist.

ecclés., liv. 4, c. 26, Méliton, évêque de Sardes, qui vivait au milieu du second siècle, dans le catalogue qu'il donne des livres de l'Ancien Testament, ne comprend point Tobie, Judith, Esther, la Sagesse, l'Ecclésiastique, les Machabées. Le concile de Laodicée, tenu en l'an 360 et 370, n'y place pas non plus ces livres, excepté celui d'Esther. L'auteur de la Synapse attribuée à saint Athanase, parait avoir copié le concile de Laodicée, Dons le 76e ou le 83e canon des apôtres, il n'est pas fait mention de celui de Tobie ; mais il est parlé de trois livres des Machabées. Le troisième concile de Carthage, tenu l'an 397, donne une liste semblable à la nôtre ; elle se trouve la même dans un autre catalogue très-ancien, cité par Bévéridge, et il y est parlé de quatre livres des Machabées. Pour le Nouveau Testament, Eusèbo, liv. 3, ch. 3 et 23, dit que quelques-uns ont rejeté du canon l'épitre de saint Paul aux Hébreux ; que l'on a douté des épitres de saint Jacques, de saint Jude, de la seconde et de la troisième de saint Jean, et de l'Apocalypse ; le concile de Laodicée n'omet que ce dernier ouvrage dans son catalogue; le concile de Carthage l'a compris dans le sien ; le 70° canon des apôtres n'en parle pas, il met à sa place les deux épitres de saint Clément et les Constitutions apostoliques. Eniin, le catalogue cité par Bévéridge compte l'Apocalypse et les deux lettres de saint Clément. On nous demande si ce concile avait reçu une inspiration divine pour mettre au nombre des livres saints plusieurs écrits que l'Eglise primitive ne regardait pas comme tels.

Si nous avions à répondre à des protestants, nous leur demanderions à notre tour quelle inspiration nouvelle ils ont reçue pour choisir entre

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ces divers catalogues anciens, celui qui leur a plu davantage, et pourquoi les trois sectes protestantes n'ont pas été inspirées de même ; comment ils sont sûrs que Mélitona été mieux instruit de la croyance universelle de l'Eglise que. ceux qui ont dressé le 76e canon des apôtres, etc. Mais, sans faire attention à la bizarrerie des protestants, nous disons qu'en matière de faits, il n'est pas besoin d'une inspiration pour être mieux informé que ceux qui nous ont précédés , il suffit d'avoir acquis de nouveaux témoignages ; et c'est le cas dans lequel s'est trouvé le concile de Cartilage à l'égard de celui de Laodicée et à l'égard de Méliton. L'Eglise romaine, instruite immédiatement par les apôtres et par leurs premiers disciples, a pu recevoir d'eux des instructions qui n'avaient pas été données aux Eglises d'Orient ; c'est elle qui a fait savoir à l'Eglise d'Afrique que les apôtres tenaient pour authentiques et pour livres sacrés les écrits, dont nous parlons, et qu'ils les lui avaient donnés comme tels. Les protestants, qui ne veulent pour règle de foi que des livres, n'avoueront pas que les choses aient pu se passer ainsi; mais les variétés mêmes qui se trouvent entre les catalogues des différentes Eglises prouvent contre eux. Voyez.

Canon.

Nous parlerons de chacun des livres deutéro-canoniques sous son titre particulier. Bergieh.

DEUTÉRONOME, livre sacré de l'An cien Testament, et le dernier de ceux que Moïse a écrits. Ce nom grec est composé de Seifcepoç, second, et de vd[j.o<;, règle ou loi; parce que le Deutéronome est la répétition des lois comprises dans les premiers livres de Moïse; pour cette raison les rabbins le nomment quelquefois misclaia, c'està-dire, répétition de la loi.

Il est évident que cette répétition était nécessaire. De tous les Israélites qui étaient sortis de l'Egypte, tous ceux qui étaient pour lors âgés de vingt ans et au-dessus, étaient morts pendant les quarante ans qui venaient de s'écouler dans le désert, en punition de leurs murmures, excepté Ca-

leb et Josué. Nam., c. 14, f 29. Tous ceux qui avaient moins de vingt ans à celte époque, enavaientprès de soixante lorsqu'ils entrèrent dans la Terre promise. Il était donc à propos que Moïse leur rappelât la mémoire des- événe- ments dont ils avaient été témoins oculaires dans leur jeunesse, et des lois qu'il avait publiées pendant cet intervalle de quarante ans. Aussi fait-il l'un et l'autre dans le Dcutéronome ; il renouvelle les lois, et il prend à témoin ces hommes, déjà avancés en âge, de tous les événements qui se sont passés sous leurs yeux et en présence de leurs pères ; précaution sage, à laquelle les censeurs de Moïse n'ont jamais fait attention.

De tous les livres de Moïse, c'est celui qui est écrit avec le plus d'éloquence et de dignité, et dans lequel cet homme célèbre soutient le mieux le ton de législateur inspiré. Il y rappelle en gros les principaux faits dont les Israélites devaient conserver la mémoire ; il confirme ce qu'il avait dit dans les livres précédents, et y ajoute quelquefois de nouvelles circonstances. Il y rassemble les lois principales, y répète les commandements du Décalogue, et par les exhortations les plus pathétiques, il tâche d'engager son peuple à observer fidèlement cette législation divine.

Les derniers chapitres sont surtout remarquables, et le cantique du chapitre 32 est du style le plus sublime.

On y voit un vieillard cassé de travaux, mais dont l'esprit conserve toute sa force, qui, à fa veille de sa mort, dont il sait le jour et l'heure, porte encore sa nation dans son sein, qui s'ouhlie lui-même pour ne s'occuper que de la destinée d'un peuple toujours ingrat et rebelle. Il ranime ses forces, serre son style, relève ses expressions, pour mettre sous les yeux de ce peuple- assemblé les bienfaits de Dieu, et les grands événements dont il a été lui-même l'instrument, les motifs les plus capables de faire impression sur les esprits et les cœurs. Il lit dans l'avenir; la crainte, l'espérance, la piété, le zèle, la tendresse, l'agitent et le transportent; il presse, il encourage, il menace, il prie, ii conjure; il ne voit dans l'univers que

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Dieu et son peuple. Si quelques traits peuTent caractériser un grand homme, ce sont certainement ceux-là.

Le livre du Beutéronome fut écrit la quarantième année- après la sortie d'Egypte, dans le pays des Moabites, au delà du Jourdain. Cette expression équivoque en hébreu a donné lieu à des critiques pointilleux de douter si Moïse en était véritablement l'auteur, parce qu'il est certain qu'il n'a pas passé ce fleuve, et qu'il est mort dans le pays des- Moabites. On leur a fait voir que l'expression traduite par au delà, peut être également rendue par en deçà, ou plutôt, qu'elle signifie au. passage. En effet, dans Josué, chap. 12, il est parlé des peuples qui habitaient Mhèber, au delà du Jourdain, du côté de l'orient, et de ceux qui demeuraient au delà, du côté de l'occident; l'on pourrait citer plusieurs autres exemples. Il suffit de lire attentivement le Beutéronome, pour sentir qu'un autre que Moïse n'a pas pu en être l'auteur.

Sa mort, qu'on y lit à la fin, formerait une difficulté plus considérable, si l'on ne savait pas que la division des livres de l'Ancien Testament est très-moderne. Ce morceau fut ajouté par Josué à la narration de Moïse, ou plutôt, c'est le commencement du livre de Josué. ïl est aisé de s'en apercevoir, en comparant le premier verset de celui-ci, selon la division présente, avec le dernier verset du Beutéronome. C'est donc une faute, de la part de ceux qui ont fait la division de ce livre d'avec celui de Josué, qui y était anciennement joint. sans aucune division ; il fallait commencer celui-ci douze versets plus haut, et il n'y aurait point eu de difficulté.

Dans l'hébreu, le Beutéronome contient onze paraches ou divisions, quoiqu'il n'y en ait que dix dans l'édition que les rabbins en ont donnée à Venise, celle-ci n'a que 20 chapitres en 955 versets : mais dans le grec, te latin et les autres versions, ce livre contient 34 chapitres et 932 versets.

Au reste, ces divisions ne font rien pour l'intégrité du livre, qui a toujours été reçu pour canonique parles Juifs et par les chrétiens.

Dans la préface qui est à la tête du

tome 3> p. 6 de la Bible d'Avignon, il y a une concordance abrégée des lois de Moïse rangées dans leur ordre nar turel; il est bon de la consulter pour avoir une idée juste de la législation juive..

Josué, chap . 8 de son livre, f- 30 ; l'auteur des Paralipomènes, 1. 2, c.

23, f 4; celui du quatrième livre des Rois, c. 14, f 6 ; Daniel, c. 9, f «2 et 13; Baruch. c. 1, } 20; c. 2, jk 3; Néhémie, c. 1, f 8 et 9 ; c. 13, y 1 ; l'auteur du second livre des Machabées, c. 7, ^ 0, citent des paroles et des lois de Moïse qui ne se trouvent que dans le Beutéronome; ainsi, de siècle en siècle, ce livre du Pentateu> que se trouve rappelé par les divers écrivains de l'Ancien Testament. Par là on voit combien on doit se fier à un critique incrédule qui n'a pas hésité d'affirmer qu'aucun des livres juifs ne cite une loi, un passage du Pentateuque, en rappelaat les phrases dont l'auteur du Pentateuque s'est servi.

Ce même critique a brouillé exprès la chronologie et la géographie, pour trouver des faussetés dans le Beutéronome; il a changé le sens de plusieurs expressions pour y montrer des absurdités, mais elles ne tombent que sur lui. On a répondu solidement à toutes ses objections, dans la Réfutation de ta Bible expliquée, 1. 6, c. 2. Bergieh.

DEDTÉROSE. C'est ainsi que l'es Juifs nomment leur Mischna ou seconde loi ; le grec Seutepuan; a la même signification. (

• Eusèbe accuse les Juifs de corrompre le vrai sens de l'Ecriture par les Vaines explications de leurs deutéroses.\ Saint Epiphanc dit que l'on en citait quatre espèces, les unes sous le nom dé Moïse, les autres sous le nom d'Akiba, les troisièmes portaient le nom d'Adda ou de Juda, les quatrièmes celui des enfants des Asmonéens bu Machabées.

Il n'est pas aisé de savoir si la Mischna des Juifs d'aujourd'hui est la même que ces deutéroses, si elle les contient toutes, ou seulement uno partie. Saint Jérôme dit que les Hébreux les rapportaient à Sammaï et à

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Hillel; si cette antiquité était bien prouvée, elle mériterait attention, puisque Josèphe parle de Sammias, qui vivait au commencement du règne d'Hérode, et qui est le même que Sammaï. Mais saint Jérôme parle toujours des deutéroses avec un souverain mépris, il les regardait comme un recueil de fables, de puérilités et d'obscénités. Il dit que les principaux auteurs de ces belles décisions sont, suivant les Juifs, Barakiba, Siméon et Hilles. Le premier est probablement le père ou l'aïeul du fameux Akiba, Siméon est le même que Sammaï, et Hilles est mis pour Hillel. Euseb. in Isaï. 1; Epiphan., Hœres., 33, n° 9; Hieron., in Isaî., c. 8 ; Josèphe, Ant. Jud., 1. 14, c. 17; 1. 15, c. 1. Voyez Talmud.

Bergier.

DEVA, DIEU, DIV, TI, THIEN, THEOS. (Théol. mixt. scien. philol.) — La famille deva des noms de Dieu va de pair avec la famille allah que nous avons donnée (v. ce mot). Mais celle-ci s'est multipliée dans l'Orient sémitique, et s'est étendue par la propagande de l'islamisme et des Arabes dans une multitude d'idiomes de toute latitude, et de toute longitude, l'autre a fructifié, dès la plus haute antiquité, dans les langues indiennes, indo-européennes et dans celles de l'extrême Orient qui sont monosyllabiques. Cette famille deva est à la fois sanscrite, chinoise brahmanique , persique, zende.pehlvie, latine, grecque et néo-européenne.

Voici l'arbre généalogique, en remontant des branches aux racines, de cette famille de mots :

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