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conjoint, sauf le cas de vœu de chasteté perpétuelle, qui fonde, pendant deux mois, pour celui qui est lié par ce vœu, le droit de délibérer s'il entrera dans un couvent. 11 ne résulte pas non plus de la perte de ce droit pour un des conjoints que le conjoint innocent soit empêché, en général, de l'exiger, sauf le cas où il a fait vœu d'entrer dans un couvent, cas dans lequel, généralement, le mariage ne peut être consommé tant que le vœu n'est pas levé par la dispense nécessaire. Le jus petendi debitum conjugale une fois perdu ne peut être recouvré que par une dispense pontificale, ou, en vertu des pouvoirs quinquennaux, facultates quinquennales, par une dispense épiscopale. Le devoir de la cohabitation conjugale cesse non-seulement quand l'autre conjoint a perdu le droit ft le réclamer, mais encore quand il y a régulièrement et valablement renoncé, par exemple par un vœu fait d'un consentement mutuel, ou lorsque ce devoir ne peut être accompli sans un danger évident pour la santé, ou s'il ne peut l'être sans péché grave, vu le temps et le lieu, ou la manière dont il est réclamé. Du reste, l'époux autorisé, en général, à refuser le devoir conjugal doit sérieusement considérer s'il peut user de son droit sans exciter l'aversion de l'autre conjoint ou sans l'exposer au désordre.»
Cf. C. 4, Dist., t. V, c. 1-7 ; Caus. 33, 9, 5. Sancbez, de Sancto Matrim.
sacrarn., lib. IX. Le Nom.
DÉVOT, DÉVOTION. La piété, le culte rendu à Dieu avec ardeur et sincérité, est ce que l'on nomme dévotion; un chrétien dévot est celui qui honore Dieu de cette manière, qui est attendri et consolé intérieurement par les exercices de piété, et qui s'en acquitte régulièrement. H est vrai que cette fidélité ne suffit pas pour constituer la vraie piété, la solide dévotion ; il faut qu'elle soit accompagnée des vertus morales et chrétiennes, mais il est aussi certain que la piété ne peut pas se soutenir sans les pratiques qui l'excitent et l'entretiennent.
Prier, méditer la loi de Dieu, faire
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des lectures instructives et éditantes, assister aux oflices de l'Eglise, fréquenter les sacrements, aimer la retraite, faire quelques austérités, renoncer aux amusements bruyants et dangereux du monde, sont des choses bonnes et louables ; mais la pieté solide ne se borne pas là : les vrais dévots sont charitables, compatissante aux maux du prochain, attentifs à les connaître et aies soulager, patients, résignés, soumis à Dieu : si la réunion de tous ces caractères ne rend pas un chrétien vertueux , nous ne savons plus ce qu'il faut entendre par ce terme.
Les premiers qui ont cherché à déprimer la dévotion,sont les protestants ; ils ont traité de superstition toutes les pratiques de piété, ils les ont supprimées tant qu'ils ont pu ; ils ont dit que la confiance à ces œuvres extérieures détruit la foi aux mérites de Jésus-Christ, et l'estime des vertus morales ; que l'assiduité aux choses de subrogation nous détourne d'accomplir les devoirs nécessaires. C'est à peu près comme s'ils avaient soutenu que la prière nous détourne de penser à Dieu, et que l'aumône détruit la charité.
Il est singulier que ces censeurs si éclairés pré tendent prendre mieux l'esprit du Christianisme, que Jésus- Christ lui-même ; ce divin Sauveur a été un modèle de piété ou de dévotion. Il a dit qu'il faut prier continuellement et ne jamais se lasser ; il employait les nuits à ce saint exercice ; il a passé quarante jours dans le désert; à quoi y était-il occupé, sinon à la méditation ? Il rendait à Dieu ses adorations dans le temple ; il célébrait les fêtes juives ; il a loué la piété d'Anne la prophétesse, les offrandes de la pauvre veuve, la prière humble et l'extérieur pénitent du publicain : en parlant des œuvres de charité et des observances de la loi, il a dit qu'il fallait faire les unes et ne pas omettre les autres. Matt., C. 23, ^23. Saint Paul dit que la piété est utile à tout ; cela serait-il vrai, si elle nuisait à la vraie vertu ? Nous en appelons à l'expérience.
Où trouve-t-on le plus ordinairement delà charité, de la douceur, de la
probité, du désintéressement, de la patience, etc. ? Est-ce chez les dévots ou parmi les impies ? S'il y a encore dans le monde quelques personnes recommandables par la réunion de toutes les vertus morales, on n'en trouvera pas une seule d'entre elles qui fasse peu de cas de la piété. Or, pour juger sainement d'une vertu, il nous parait que l'on doit plutôt s'en rapporter à ceux qui la pratiquent qu'à ceux qui n'en ont point. On dit qu'il y a une fausse piété, une fausse dévotion ; mais il y a aussi une fausse charité, une fausse humilité, une fausse sagesse, etc., et cela ne prouve rien.
Il peut y avoir, sans doute, des hommes qui se persuadent que les pratiques de piété tiennent lieu de vertus ; qui se flattent que Dieu, touché de leur culte, ne les punira pas de leurs dérèglements ; qui cherchent à voiler, sous an extérieur religieux, des habitudes criminelles, alin de conserver leur réputation. Ces divers abus de la dévotion méritent la censure la plus rigoureuse ; mais c'est nne malignité très-gratuite, de la part des incrédules, de vouloir persuader que tous les dévots sont dans ce cas, et qu'il n'est point dans le monde de piété sincère.
La dévotion, l'exactitude à remplir tous les devoirs de religion, n'a pas la vertu d'étouffer entièrement les passions, mais elle contribue à les réprimer. Dira-t-on qu'un homme, qui tous les jours réfléchit sur ses défauts, sur les vices auxquels il est porté, sur ses chutes, qui se reconnaît coupable, qui se propose de se corriger, etc., n'en viendra pas à bout plus aisément que celui qui n'y pense jamais, qui ajoute à ses passions naturelles l'oubli de Dieu et des vérités de la religion ? Ce serait supposer que les réilexions ne servent de rien à la vertu.
On dit que la dévotion est le partage des petits esprits, des femmes qui font semblant d'être dégoûtées du monde, parce qu'elles en sont rebutées, des caractères mélancoliques et sauvages. Soit, pour un moment. Lequel vaut mieux, que ces gens-la s'obstinent à vivre dans le monde au-
MM
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