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quel ils sont à charge, ou qu'ils s'en retirent pour servir Dieu qui daigne les accueillir et les consoler? Leur vie retirée, pieuse, édifiante, ne nuit à personne; elle les porte à des œuvres de charité et d'humanité que les indévots ne font pas; ils y apprennent à prier pour ceux qui le s insultent et les calomnient. Un jour, peut-être, ces derniers se trouveront fort heureux de les imiter : c'est ce qui peut leur arriver de mieux.
Mais les dévots sont soupçonneux, injustes, tracassiers, opiniâtres, vindicatifs, etc. Une accusation générale est toujours fausse. Il est absurde de soutenu-, ou que la dévotion par ellemême donne tous ces défauts, ou que ceux qui sont nés avec eux sont plus portés à la dévotion que les autres. Il y a des dévots de tous les caractères, comme il y a des impies et des incrédules de toutes les espèces. Lorsque ceux-ci montrent des vices et font de mauvaises actions, à peine y fait-on la moindre attention, ils semblent avoir acquis le privilège d'être vicieux impunément. Si un dévot fait une faute, la société retentit de clameurs ; on veut que la dévotion rende l'homme impeccable.
Ceux qui l'aiment doivent se consoler ; la philosophie les autoriserait à rendre mépris pour mépris, la religion leur ordonne de rendre le bien pour le mal. Ils sont avertis que tous ceux qui veulent vivre pieusement et selon Jésus-Christ, souffriront persécution, II Tim., c. 3, f 12; qu'ils doivent se rendre irrépréhensibles et sans reproche, comme les enfants de Dieu, au milieu d'une nation méchante et dépravée, dans laquelle ils brillent comme les flambeaux du monde.
Pliilipp.,c. 2, f 15.
Dans le langage ordinaire, faire ses dénotions, c'est recevoir la sainte communion. Bergiek.
DEVOTI (Jean) (Théol. hist. biog.
et bibliog.) — Il naquit à Rome en 1744, fut avocat à la curie romaine, professa le droit canon dès l'âge de vingt ans à la Sapience, entra dans les ordres et devint plus tard évoque d'Agnani ; il fit partie de la congrégation de l'index comme adjoint aux
cardinaux. Ses ouvrages sont: 1° De notissimisin jure Lcgibus, livre estimé.
2° Institutionum canonicarum l. IV, 4 vol. in-8°, son écrit le plus célèbre et le plus répandu. Il y en eut d'abord deux éditions romaines, puis plusieurs autres dans diverses villes d'Italie, d'Espagne et d'Allemagne.
3° Jus canonicum universum. Devoti âgé et malade ne put achever cet ouvrage, dont trois volumes seulement parurent. Le Noir.
DEXTER (Flavius-Lucius) (Théol.
hist. biog. et bibliog.) — C'est à ce Dexter que saint Jérôme dédia son livre De viris illustribus qu'il avait compose sur ses instances. « Saint Jérôme, dit M. Schrodl, nous apprend dans ce livre (cap. 132) que Dcxter avait écrit une histoire miverselle, omnimodam historiam, et l'avait dédiée au savant docteur, qui ne l'avait pas lue encore au moment où il en parlait. Il est probable d'après cela que Dexter publia cette histoire, mais on n'en entendit plus parler jusqu'au dix-septième siècle, quand parut tout à coup une chronique de Dexter, publiée par le P. Jérôme-Romain de la Higuera, Jésuite, imprimée, disait-on, d'après un manuscrit trouvé dans la bibliothèque du couvent de Fulde, réimprimée à plusieurs reprises, pourvue de courtes notes de Rodriguez Caro, expliquée par un commentaire du Cistercien François de Bivare, et défendue par ce dernier et d'autres Espagnols, notamment le savant de Vargas, comme l'histoire authentique de Dexter dont parle saint Jérôme.
<c Mais les raisons les plus graves ne laissent aucun doute sur la nonauthenticité de cette prétendue Histoire de Dexter, sans qu'on puisse d'ailleurs déterminer précisément qui fabriqua et à quelle époque fut composée cette œuvre interpolée, que quelques-uns attribuent à Higuera luimême. Jamais on n'a trouvé la moindre trace de Dexter dans la bibliothèque de Fulde, comme l'ont assuré, après de scrupuleuses recherches, les Jésuites Cornélius a Lapide, Lambert Strauve et Christophe Robert. De plus, saint Jérôme ne parle pas d'une chronique, mais d'une espèce d'histoire.
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universelle, due à Dexter, qui écrivait facilement le latin. Or, la prétendue chronique de Dexter est un ouvrage mal écrit, dans lequel l'auteur se sert du calcul dionysien, qui n'était pas encore en usage à l'époque de Dealer.
Cet ouvrage, qui va de la naissance de Jésus-Christ à l'an 430, ne traite pas plus de l'histoire profane que de l'histoire générale de l'Église, ne renferme que ce qui concerne l'Église d'Espagne, laquelle abonde en fables que l'auteur voulait précisément faire prévaloir par son œuvre apocryphe.
Il en est de même de la continuation de cette chronique, publiée d'après de prétendus manuscrits de Fulde, sous le nom de Marcus Maximus de Saragosse et de Luitprand, évèque de Crémone. » Le Nom.
DIABLE, mauvais esprit, ennemi des hommes. On donne ce nom à ceux des anges qui ont été précipités du ciel dans les enfers, pour s'être révoltés contre Dieu. II Pétri, c. 2, f 4. Le grec Bw£6oXoî, est formé de ôux^iXkia, je croise, je traverse ; c'est le même que l'hébreu Sathan, celui qui s'élève contre nous.
Les païens qui n'avaient aucune connaissance de la chute des anges, ne pouvaient avoir du diable la même idée que nous; ils admettaient cependant des démons méchants, ennemis du bonheur des hommes. Les Chaldéens, les Perses, les manichéens, qui ont admis deux principes de toutes choses, l'un bon, l'autre mauvais, ne regardaient point le second comme un ange dégradé, mais comme un être éternel et indépendant, dont le
Eouvoir ne pouvait être détruit par le on principe. Les Caraïbes et les autres peuples américains, qui adorent de même un être malfaisant qu'ils tâchent d'apaiser, en ont à peu près la même idée que les manichéens; l'on ne parle pas exactement quand on dit qu'ils adorent le diable.
Une absurdité de la part des incrédules est de nous accuser de tomber dans la même erreur, quand nous supposons un être méchant qui s'oppose aux desseins de Dieu. Nous ne le regardons que comme une créature de laquelle Dieu borne à son gré le
pouvoir et les opérations. Nous voyons dans le livre de Job que Satan ne put nuire à ce saint homme que par une permission divine, et Dieu le permit pour éprouver la vertu de Job et lui faire mériter une plus grande récompense.
Dans l'Evangile, Jésus-Christ' nous fait entendre qu'il est venu pour vaincre le fort armé, et lui enlever ses dépouilles. Luc., c. 11, f 15, 21. Il dit: Le monde va être jugé, et le prince de ce monde en sera chassé. Joa?i.,c.
12, f 31. Dieu l'avait prédit par Isaïe : « Je lui livrerai la multitude de » ses ennemis, il partagera les dé- » pouilles des forts, parce qu'il a livré » son âme à la mort, etc. » Isaîe., c. 33, f 12. Saint Paul nous assure que la victoire de Jésus-Christ a été complète, qu'il a enlevé les dépouilles des principautés et des puissances, et les a menées en triomphe, Coloss., c. 2, f 4 ; que par sa mort il a détruit celui qui avait l'empire de la mort, c'est-àdire, le démon, Hebr., c. 2, f 14.
Dans l'Apocalypse, il est appelé le lion de Juda qui a vaincu, c. S, f 5. Saint Augustin a opposé les paroles de saint Paul aux blasphèmes des manichéens, 1. 14, contra Faustum, c. 4. Voyez Démon.
DIACONAT, ordre et office de diacre. Les protestants prétendent que, dans son origine, le diaconat n'était qu'un ministère extérieur, qui se bornait à servir aux tables dans les agapes, et à prendre soin des pauvres, des veuves, et de la distribution des aumônes. Quelques catholiques, comme Durand et Cajetan, ont soutenu que ce n'était pas un sacrement ; le commun des théologiens soutient le contraire.
Dès que les protestants ont nié la présence réelle de Jésus-Christ dans l'eucharistie, le sacrifice de la messe, et qu'ils n'ont plus regardé cette cérémonie que comme une cène, ou un souper commémoratif, il n'est pas étonnant qu'ils aient envisagé la fonction de servir à l'autel comme un ministère purement profane; l'une de ces erreurs est une suite naturelle de l'autre. Mais ce n'est point ainsi qu'en a jugé l'Eglise primitive, qu'en
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ont parlé saint Paul, I Tim., c. 3, f 8, et saint Ignace dans ses lettres. L'apôtre n'aurait pas exigé des diacres tant de vertus, s'ils n'avaient été que de simples serviteurs des fidèles et du clergé. Voyez les Notes de Bévéridge sur le deuxième canon des apôtres.
Les sectes chrétiennes, séparées de l'Eglise romaine depuis plus de douze cents an% n'ont jamais regardé le diaconat comme un ministère purement profane, duquel toute personne puisse faire les fonctions, mais comme un ordre sacré; elles ont été de tout temps dans l'usage de donner Yordination aux diacres, aussi bien qu'aux prêtres et aux évèques; de même qu'il n'a jamais été permis aux diacres de faire les fonctions des prêtres ni des évèques, on n'a pas permis non plus aux clercs inférieurs de faire les fonctions des diacres. Le quatrième canon des apôtres défend à ces derniers de se charger d'aucune affaire séculière ; l'on sait que ces canons nous ont conservé la discipline du second et du troisième siècle de l'Eglise.
Voici les principales cérémonies qu'on observe en eonférantle diaconat.
D'abord l'archidiacre présente à l'évêque celui qui doit être ordonné, disant que l'Eglise le demande pour la charge du diaconat : Savez-vous qu'il en soit digne, dit l'évêque? Je le sais et le témoigne, dit l'archidiacre, autant que la faiblesse humaine permet de la connaître. L'évêque en remercie Dieu; puis s'adressant au clergé et au peuple, il dit : Nous élisons, avec l'aide de Dieu, ce présent sous-diacre pour l'ordre du diaconat : si quelqu'un a quelque chose contre lui, qu'il s'avance hardiment pour l'amour de Dieu, et qu'il le dise, mais qu'il se souvienne de sa condition. Ensuite il s'arrête quelque temps. Cet avertissement marque l'ancienne discipline de consulter le clergé et le peuple pour les ordinations : car encore que l'évêque ait tout le pouvoir d'ordonner, et que le choix ou le consentement des laïques ne soit pas nécessaire sous peine de nullité, il est néanmoins très-utile de s'assurer du mérite des ordinands. On y pourvoit aujourd'hui par les publications qui se font au prône, et par les informations et les examens qui
précèdent l'ordination : mais il a été fort saintement institué de présenter encore dans l'action même les ordinands à la face de toute l'Eglise, pour s'assurer que personne ne leur peut faire aucun reproche. L'évêque, adressant ensuite la parole à l'ordinand, lui dit : Vous devez penser combien est grand le degré oh vous montez dans l'Eglise. Un diacre doit servir à l'autel, baptiser et prêcher. Les diacres sont à la place des anciens lévites, ils sont la tribu et l'héritage du Seigneur, ils doivent garder et porter le tabernacle, c'est-à-dire, défendre ï 'Eglise contre ses ennemis invisibles, et l'orner par leur prédication et par leur exemple. Ils sont obligés à une grande pureté, comme étant ministres avec les pjrétres, coopératcurs du corps et du sang de Notre- Seigneur et chargés d'annoncer l'Evangile. L'évêque, ayant fait quelques prières sur l'ordinand, dit entre autres choses : Nous autres hommes, nous avons examiné sa vie, autant qu'il nous a été possible : vous, Seigneur, qui voyez le secret des cœurs, vous pouvez le purifier et lui donner ce qui lui manque. L'évêque met alors la main sur la tête de l'ordinand, en disant : Recevez le Saint-Esprit, pour avoir la force de résister au diable et à ses tentations. 11 lui donne ensuite l'étole, la dalmatique, et enfin le livre des évangiles. Quelques-uns ont cru que la perfection de ces instruments, comme parlent les théologiens, était la ma-1tière du sacrement conféré dans le diaconat; mais la plupart des théologiens pensent que l'imposition des mains est la matière, et que ces mots, Accipe Spiritum Sanctum, etc., ou !eS prières jointes à l'imposition des mains, en sont la forme. Voyez le Pontifical Romain; Fleury, Instit. au Droit ecclés., tom. 1, part. 1, c. 8; Bingham, Orig. ecclésiast., 1. 2, c. 20, tom. i, et l'article Diacre ci-après.
DIACONESSE, terme en usage dans la primitive Eglise, pour signifier les personnes du sexe qui avaient dans l'Eglise une fonction fort approchante de celle des diacres. Saint Paul en parle dans son épître aux Romains :
Pline le Jeune, dans une de ses lettres à Trajan, fait savoir à ce prince
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qu'il avait fait mettre à la torture deux diaconesses qu'il appelle ministras.
Le nom de diaconesses était affecté à certaines femmes dévotes, consacrées au service de l'Eglise, et qui rendaient aux femmes les services que les diacres ne pouvaient leur rendre avec bienséance ; par exemple, dans le baptême, qui se conférait par immersion aux femmes, aussi-bien qu'aux hommes. Voyez Baptême.
Elles étaient aussi préposées à la garde des églises, ou des lieux d'assemblée, du côté où étaient les femmes, séparées des hommes, selon la coutume de ce temps-là. Elles avaient soin des pauvres, des malades de leur sexe, etc. Dans le temps des persécution?, lorsqu'on ne pouvait envoyer un diacre aux femmes, pour les exhorter et lesfortifier, on leur envoyait une diaconesse. Voyez Balsamon, sur le deuxième canon du concile de Laodicée, et les Constitutions apostoliques, 1, 2, c. 57. Assémani, Biblioth. orient., tom. 4, chap. 13, p. 847.
Lupus, dans son Commentaire sur les Conciles, dit qu'on les ordonnait par l'imposition des mains, et le concile in Trullo, se sert du mot x^mépeiv, imposer les mains, pour exprimer la consécration des diaconesses. Néanmoins Baronius nie qu'on leur imposât les mains, et qu'on usât d'aucune cérémonie pour les consacrer, il se fonde sur le dix-neuvième canon du concile de Nicée, qui les met au rang des laïques, et qui dit expressément qu'on ne leur imposait point les mains. Cependant le concile de Chalcédoine régla qu'on les ordonnerait à quarante ans, et non plus tût ; jusque-là, elles ne l'avaient été qu'à soixante, comme saint Paul le prescrit dans sa première épître à Timothée, eteomme on le peut voir dans le Nomocanon de Jean d'Antioche, dans Balsamon, le Nomocanon de Photius et le code théodosien, et dans Tertullien, Develandis Virgin. Ce même Père , dans son traité Ad uxorem, 1. 1, c. 7, parle des femmes qui avaient reçu l'ordination dans l'Eglise, et qui, par cette raison, ne pouvaient plus se marier, car les diaconesses étaient des veuves qui n'avaient plus la liberté de se marier, et il fallait môme qu'elles n'eussent
été mariées qu'une fois pour pouvoir devenir diaconesses ; mais , dans la suite, on prit aussi des vierges ; c'est du moins ce que disent saint Epiphaue, Zonaras, Balsamon, et d'autres.
Le concile de Nicée met les diaconesses au rang du clergé, mais leur ordination n'était point sacramentelle; c'était une cérémonie ecclésiastique. Cependant, parce qu'elles prenaient occasion de là de s'élever audessus de leur sexe, le concile de Laodicée défendit de les ordonner à l'avenir. Lo premier concile d'Orange, en 441 , défend de même de les ordonner, et enjoint à celles qui avaient été ordonnées, de recevoir la bénédiction avec les simples laïques.
On ne sait point au juste quand les diaconesses ont cessé, parce qu'elles n'ont point cessé partout en même temps : le onzième canon du concile de Laodicée semble à la vérité les abroger ; mais il est certain que longtemps après il y en eut encore en plusieurs endroits.
Le vingt-sixième canon du premier concile d'Orange tenu l'an 441 ; le vingtième de celui d'Epaone, tenu l'an 517, défendent de même d'en ordonner ; et néanmoins il y en avait encore du temps du concile in Trullo.
Atton de Verceil rapporte, dans sa huitième lettre, la raison qui les fit abolir; il dit que, dans les premiers temps, le ministère des femmes était nécessaire pour instruire plus aisément les autres femmes, et les désabuser des erreurs du paganisme; qu'elles servaient aussi à leur administrer le baptême avec plus de bienséance; mais que cela n'était plus nécessaire depuis qu'on ne baptisait plus que des enfants. 11 faut encore ajouter maintenant, depuis qu'on ne baptise plus par infusion dans l'Eglise latine.
Le nombre des diaconesses semble n'avoir pas été fixé. L'empereur Héraclius, dans sa lettre à Sergius, patriarche de Constantinople, ordonne que, dans la grande église de cette ville, il y en ait quarante, et six seulement dans celle de la Mère de Dieu, qui était au quartier des Blaquernes.
Les cérémonies que l'on observait
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