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dans la bénédicrtion des diaconesses, se trouvent encore présentement dans l'eucologe des Grecs. Matthieu Blastares, savant canoniste grec, observe qu'on fait presque la même chose pour recevoir une diaconesse que dans l'ordination d'un diacre. On la présente d'abord à l'évêque, devant le sanctuaire, ayant un petit manteau qui lui couvre le cou et les épaules, et qu'on nomme maforium. Après qu'on a prononcé la prière qui commence par ces mots la grâce de Dieu, etc., elle fait une inclination de tète, sans fléchir les genoux. L'évêque lui impose ensuite les mains en prononçant une prière ; mais tout cela n'était point une ordination, c'était seulement une cérémonie religieuse semblable aux bénédictions des abbesses.
On ne voit plus de diaconesses dans l'Eglise d'Occident depuis le douzième siècle, ni dans celle d'Orient passé le treizième. Macer, dans son Hierolexicon, au mot diaconesses, remarque qu'on trouve encore quelque trace de cet office dans les églises où il y a des matrones, qu'on appelle vêtulones, qui sont chargées de porter le pain et le vin pour le sacrifice à l'offertoire de la messe, selon le rit ambrosien. Les Grecs donnent encore aujourd'hui le nom de diaconesses aux femmes de leurs diacres, qui, suivant leur discipline, sont ou peuvent être mariés ; mais ces femmes n'ont aucune fonction dans l'Eglise, comme en avaient les anciennes diaconesses. Bingham.
Orig. ecclcs., t. 2,1. 2, c. 22.
Bergier.
DIACONIE, en latin diaconia oudiaconium. C'était, dans l'Eglise primitive, un hospice ou hôpital établipour assister les pauvres et les infirmes. On donnait aussi ce nom au ministère de la personne préposée pour veiller sur les besoins des pauvres, et c'était l'office des diacres pour les hommes, et des diaconesses pour le soulagement des femmes.
Diaconie, esOe nom qui est resté à des chapelles ou oratoires de la ville de Rome, gouvernés par des diacres, chacun dans la région ou le quartier qui lui est affecté.
A ces diaconies était joint un hôpi-
tal on bureau pour la distribution des aumônes; il y avait sept diaconies, une dans chaque quartier, et elles étaient gouvernées par des diacres, appelés pour cela cardinaux-diacres.
Le chef d'entre eux s'appelait archidiacre.
L'hôpital, joint à l'église de la diaconie, avait pour le temporel un administrateur nommé le pere de la diaconie, qui était quelquefois un prêtre, quelquefois aussi un simple laïque; à présent il y en a quatorze affecté?
aux cardinaux-diacres ; Ducange noua en a donné les noms, ce sont les diaconies de Sainte-Marie dans la voie large, de Saint-Eustache auprès du Panthéon, etc. Bergier.
DIACONIQUE, lieu près des églises, dans lequel on serrait les vases et les ornements sacrés pour le service divin : c'est ce que nous nommons aujourd'hui sacristie. Bergier.
DIACRE, un des ministres inférieurs de l'ordre hiérarchique, celui qui est promu au second des ordres sacrés.
Sa fonction est de servir à l'autel dans la célébration des saints mystères. Il peut aussi baptiser et prêcher avec permission de l'évêque.
Ce mot est formé du grec Sianova?, qui signifie ministre, serviteur.
Les diacres furent institués au nombre de septpar les apôtres. Act., c. 6. Ce nombre fut longtemps conservé dans plusieurs églises. Leur fonction était de servir dansles agapes, d'administrer l'eucharistie aux communiants, de la porter aux absents, et de distribuer les aumônes.
Selon les anciens canons, le mariage n'était pas incompatible avec l'état et le ministère des diacres; mais il y a longtemps qu'il leur est interdit dans l'Eglise romaine, et le Pape ne* leur accorde des dispenses que pour des raisons très-importantes, encore ne restent-ils plus alors dans leur rang et dans les fonctions de leur ordre ; dès qu'il ont dispense et qu'ils se marient, ils rentrent dans l'état laïque.
Anciennement il était défendu aux diacres de s'asseoir avec les prêtres. Les canons leur défendent de consa-
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crer : c'est une fonction sacerdotale.
Ils défendent aussi d'ordonner un diacre, s'iln'a un titre, s'il est bigame, ou s'il a moins de vingt-cinq ans.
L'empereur Justinien, dans sa novelle 133, marque le même âge de vingt-cinq ans : cela était en usage lorsqu'on n'ordonnait les prêtres qu'à trente ans ; mais à présent il suffit d'avoir vingt-trois ans pour pouvoir être ordonné diacre. Sous le pape Sylvestre, il n'y avait qu'un diacre à Rome ; depuis on en lit sept, ensuite quatorze, et enfin dix-huit qu'on appelle cardinaux-diacres, pour les distinguer de ceux des autres Eglises.
Leur charge était d'avoir soin du temporel et des rentes de l'Eglise, des aumônes des fidèles, des besoins des ecclésiastiques, et même de ceux du Pape. Les sous-diacres faisaient les collectes, et les diacres en étaient les dépositaires et les administrateurs:
Ce maniement qu'ils avaient des revenus de l'Eglise, accrut leur autorité à mesure que les richesses de l'Eglise augmentèrent. Ceux de Rome, comme ministres de la première Eglise, se donnaient la préséance; ils prirent même à la fin le pas sur les prêtres. Saint Jérôme s'est fort récrié contre cet abus, et prouve que le diacre est au-dessous du prêtre.
Le concile in Trullo qui est le troisième de Constantinople ; Aristinius, dans sa Synopse des canons de ce concile ; Zonaras, sur le même concile ; Siméon Logothète, et QEeuménius, distinguent les diacres destinés au service des autels, de ceux qui avaient soin de distribuer les aumônes des fidèles.
Les diacres récitaient dans les saints mystères certaines prières, qui à cause de cela s'appelaient prières diaconiques. Ils avaient soin de contenir le peuple a l'église dans le respect et la modestie convenables : il ne leur était point permis d'enseigner publiquement, au moins en présence d'un évêque ou d'un prêtre : ils instruisaient seulement les catéchumènes et les préparaient au baptême. La garde des portes de l'église leur était confiée ; mais dans la suite les sousdiacres furent chargés de cette fonc-
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tion, et ensuite les portiers, ostiarii. Parmi les maronites du Mont- Liban, il y a deux diacres, qui sont de purs administrateurs du temporel.
Dandini les nomme li signori deaconi, et dit que ce sont deux seigneurs séculiers qui gouvernent le peuple, jugent de tous les différends, et traitent avee les Turcs de ce qui regarde les tributs, et de toutes les autres, affaires. En cela le patriarche des maronites semble avoir voulu imiter les apôtres, qui se déchargèrent sur les diacres de tout ce qui concernait le temporel de l'Eglise. Il ne convient pas, dirent les apôtres, que nous laissions la parole de Dieu pour servir aux tables; et ce fut là, en effet, ce qui occasionna le premier établissement des diacres. Mais il est constant que, dès leur première oiigine, ils ont assisté les prêtres et les évèques dans la célébration du saint sacrifice et dans l'administration des sacrements, Voy.
Bingham, Orig., ecclès., t. 1, liv. 2, chap. 20.
Il n'est presque aucun fait de l'histoire ecclésiastique que les protestants n'aient entrepris de déguiser et d'arranger à leur manière ; c'est ce qui leur est arrivé à l'égard de l'institution des diacres. Mosheim, dans VHist. ecclès., premier siècle, 2e partie, c. 2, § 10, et dans son Hist, chrét., premier siècle, § 37, note 5, prétend que l'on a tort de chercher cette institution dans le chapitre 6 des Actes des apôtres, qu'il en est parlé déjà dans le chapitre 5; que les jeunes gens qui ensevelirent les corps d'Ananie et de Saphire étaient des diacres ; il observe que comme le nom presbyteri, les anciens, n'a point de rapport à l'âge, mais seulement à l'office ou au ministère des prêtres, ainsi le mot juvenes ne désigne point des jeunes gens dans l'Evangile et dans les épltres de saint Paul, mais ceux qui servaient les prêtres. Ainsi, dit-il, il s'ensuit seulement du chapitre 6 des Actes, que les apôtres, afin que la distribution des aumônes se fit plus exactement, établirent dans l'Eglise de Jérusalem sept nouveaux diacres, outre ceux quiy étaient déjà.
Cela pourrait être, mais nous ne voyonspas où est la nécessité de chan-
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ger ici la signification commune des termes, de contredire l'opinion des Pères les plus anciens et des commentateurs, de faire violence aux paroles du sixième chapitre des Actes, qui semblent indiquer une institution nouvelle faite par les apôtres. Jésus- ■ Christ, Luc, c. 22, f 20, dit : « Que » celui d'entre vous qui est le plus » grand et le chef, devienne comme » le dernier et le serviteur. » Si cela signifie : que celui qui fait l'office de prêtre ne se croie pas supérieur aux; serviteurs ou aux diacres, il s'ensuivra que Jésus-Clirist n'a point voulu établir de subordination entre ses diciples. C'est ce que voudrait Mosheim; son intention est d'ailleurs de persuader que l'institution des prêtres et des diacres n'a rien de sacré ni d'extraordinaire, que c'est simplement un ordre politique et économique, tel qu'il le faut dans une famille et dans une société nombreuse.
Mais il est évident que le soin d'assister les pauvres et de servir aux tables dans les assemblées chrétiennes, ne fut pas regardé par les apôtres comme une fonction purement temporelle : ils voulurent pour cela des hommes remplis du Saint-Esprit, ils leur imposèrent les mains avec des prières. Saint Justin nous apprend que, dans les assemblées chrétiennes, les diacres distribuaient l'eucharistie aux assistants, et la portaient aux absents.
Basnage a fait mieux : dans son Hist. de l'Eglise, liv. 14, c. 9, § 8, il soutient que les diacres consacraient l'eucharistie aussi bien que les prêtres ; il le prouve 1° parce que saint Ambroise, de Off., 1. 1, c. 41, rapporte que saint Laurent, diacre de Rome, dit à saint Sixte, que l'on conduisait au supplice : « Vous » qui m'avez confié la consécration » du sang de Jésus-Christ, me refusez- » vous la liberté de répandre mon » sang avec le vôtre? » 2° Parce que le concile d'Arles, tenu au commencement du quatrième siècle, can. 13, défendit aux diacres d'offrir : or, dit Basnage, offrir est la même chose que consacre;-. Le concile d'Ancyre, tenu en même temps, can. 2, impose pour peine aux diacres tombés de n'olfrir
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plus le pain ni la coupé. 3° Parce que saint Jérôme a écrit que les diacres avaient été privés du pouvoir de consacrer par le concile de Nicée. Donc ils en jouissaient avant le quatrième siècle.
Mais pour peu que l'on soit instruit de la discipline observée pendant les trois premiers siècles de l'Eglise, on est convaincu que les fonctions des évoques, celles des prêtres et celles des diacres, n'ont jamais été confondues. Saint Clément de Rome, dans sa première Lettre aux Corinthiens, n° 40, suppose que les évèques, les prêtres et les diacres ont été établis par Jésus-Christ sur le modèle du pontife, des prêtres et des lévites de la loi ancienne : or, jamais la fonction des lévites ne fut d'offrir les sacrifices, mais d'assister les prêtres dans ce ministère. Bévéridge, sur les canons de l'Eglise primitive, liv. 2, c, 11, § 9.
Basnage n'a pas cité fidèlement le passage de saint Ambroise ; il y a :
« Vous qui m'avez confié la consécra- » tion du sang du Seigneur et la par- » ticipation à la consommation des » sacrements; me refusez-vous, etc. »
Il est donc clair qu'ici la consécration du sang du Seigneur signifie la chose consacrée au sang du Seigneur, pour la distribuer aux fidèles. C'était, en effet, la fonction des diacres de distribuer au peuple le pain et le vin consacrés, mais non de faire l'action de les consacrer ; nous le prouverons dans un moment. De même que dans l'Ecriture une chose offerte à Dieu est nommée ablation, une chose consacrée à Dieu peut être aussi appelée consécration, et nous le voyons en effet, Lévit., c. 27, f 29.
A la vérité, quand on parle des évêques ou des prêtres, offrir est la même chose que consacrer, parce que l'oblation fait partie essentielle de la consécration : nous aurons soin d'en faire souvenir Basnage en temps et lieu; mais en parlant des diacres, offrir l'eucharistie au peuple, ce n'est pas la consacrer. « Après la cérémo- » nie finie, dit saint Cyprien, De Lap- » sis, p. 189, le diacre commença à.
» offrir le calice à ceux qui étaient » présents. » Certainement clans ce
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passage, offrir n'est pas la même chose que consacrer. Ainsi, lorsque le concile d'Ancyre ne -veut plus que les diacres tombés offrent le pain ni la coupe, il faut l'entendre dans le même sens que saint Cyp rien. Cclaestprouvé
Sar le 18e canon du concile général e Nicée, tenu peu de temps après celui d'Ancyre, qui ne veut pas que les diacres donnent aux prêtres la communion. « 11 n'est ni d'usage, ni » de règle, dit ce concile, que ceux » qui n'ont pas le pouvoir d'offrir s donnent le corps de Jésus-Christ à » ceux qui l'offrent. » Aussi saint Jérôme ne dit point que le concile de Nicée a privé les diacres du pouvoir de consacrer, mais il a décidé qu'ils ne l'ont point, et l'on ne peut pas prouver qu'ils l'aient jamais eu.
Nous convenons qu'au quatrième siècle quelques diacres poussaient leurs prétentions à l'excès, et voulaient l'emporter sur les prêtres : il n'est donc pas étonnant que, dans plusieurs endroits, quelques-uns aient eu la témérité d'offrir l'eucharistie à l'autel et de la consacrer; c'est ce qu'a défendu le concile d'Arles, avec raison, puisque cette fonction ne leur appartenait pas : ce concile n'établissait pas une nouvelle discipline, il ne faisait que confirmer l'ancienne.
Supposons pour un moment que, dans les passages cités, offrir et consacrer doivent être pris dans le même sens, il n'en résultera encore rien en faveur des diacres, Il est vrai, à la rigueur, qu'ils ont toujours eu part, et qu'ils l'ont encore aujourd'hui, à l'oblation et à la consécration de l'eucharistie, puisqu'ils assistent les prêtres dans cette fonction. Le diacre fait avec le prêtre l'oblation du calice, et récite la prière avec lui ; pour la consécration , il couvre et découvre le calice, et peut-être qu'autrefois il le tenait avec lui. Saint Laurent pouvait donc dire, dans ce sens, que la consécration lui était confiée aussi bien que la participation à la consommation du sacrifice ; conséquemment le concile d'Ancyre a privé de l'une et de l'autre de ces fonctions les diacres tombés.
Mais lorsque les diacres se sont avisés de vouloir les faire seuls, comme s'ils avaient été prêtres, le concile d'Arles
le leur a défendu, et celui de Nicée a. décidé qu'ils n'avaient point ce pouvoir. Tout cela s'accorde, et il ne s'ensuit rien en faveur des protestants.
Bingham, Orig. ecclés., 1. 2, c. 20, § 8.
Il y a encore eu d'autres contestations entre les protestants, au sujet.
des fonctions primitives des diacres, mais il ne nous parait pas nécessaire d'y entrer. Quand il y aurait eu à ce sujet quelque changement dans la discipline, il ne s'ensuivrait rien contre l'usage actuel de l'Eglise catholique.
Dans certains monastères , on a quelquefois donné aux économes ou dépensiers le nom de diacres, quoiqu'ils ne fussent pas ordonnés diacres.
Bergier.
DIAMANT (Théol. mùot. scien . chim.) — Jusqu'à l'essor moderne de la chimie, quine remonte pas au delà d'une génération, le monde lettré, et aussi bien le monde illettré, connaissait deux corps qu'ils considérait comme les deux extrêmes de la nature, l'un dans le beau et l'autre dans le laid ; c'étaient le charbon et le diamant.
Le charbon, noir de couleur, c'està-dire privé dé toute couleur, sans consistance, n'étant souvent, comme le noir de fumée, qu'une sale poussière, symbole du mal, rebut sans valeur de la calcination, etc.
Le diamant, substance la plus dure, la plus inaltérable, la plus brillante, la plus pure, la plus blanche, c'est-àdire reflétant le mieux, quand elle est dans saplus parfaite excellence, toute les couleurs à la fois, et la plus précieuse.
L'humanité avait passé toute sa vie sans avoir d'autres idées du charbon (A dn diamant que ces idées disparates correspondantes aux apparences.
Une idée vient au génie de Newton ; celle de soupçonner que le diamant était d'une nature combustible.
L'idée ne meurt pas avec le cerveau qui l'a conçue ; elle donne l'éveil ; et vers la fin du xvii0 siècle, les académiciens del Cimento, à Florence, constatent que le diamant brûle, en effet, au foyer d'un miroir ardent. Le prince François-Etienne de Lorraine remplace le foyer du miroir par un
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violent feu de forge, et réussit encore. Lavoisier et Guyton de Morveau font brûler du diamant dans l'oxygène et remarquent qu'il en résulte de l'acide carbonique ; il y a donc dans le diamant du carbone ou du cbarbon, disent-ils, mais tout en reste là. Enfin sir Humphry Davy, au commencement de ce siècle, constate que le diamant brûlé dans l'oxygène ne produit rien autre chose que de l'acide carbonique, et se change par la combustion en une quantité de cet acide équivalente au diamant brûlé. M M. Dumas et Stas répètent plus tard les mêmes expériences et démontrent avec évidence que le diamant n'est autre chose que du carbone, ou charbon pur, cristallisé.
M. Jacquelin confirme la vérité découverte en parvenant à transformer le diamant à l'aide de la pile électrique, en véritable coke ; il place un diamant entre les deux cônes de charbon d'une forte batterie de Bunsen ; et le diamant devient, à vue d'œil, incandescent, jette une lumière si vive que l'œil ne la peut supporter qu'à l'aide d'un écran de verre noirci, se boursoufle, se fend, et après le- refroidissement n'est plus qu'une masse poreuse et friable, véritable morceau de coke.
Depuis la découverte, on cherche comment l'on pourra s'y prendre pour arriver à faire du diamant avec du charbon ; mais déjà l'on sait que cela ne se peut par la chaleur seule, puisque c'est du coke qu'elle produit.
On cherche aussi comment la nature a pu s'y prendre pour cristalliser le charbon et en faire du diamant ; mais jusqu'à présent les recherches sont vaines. La chimie en est au point de ramener, par la chaleur et par l'électricité, le diamant à son état brut et misérable d'un morceau de charbon. Enfin l'on cherche encore quelque gisement primitif du diamant ; mais c'est encore en vain; on n'en trouve que des débris, perdus dans certains sables, et point de mine à l'état primordial, pouvant en présenter des échantillons dans leur gangue naturelle. On sait seulement que les premiers diamants ont éLé trouvés aux Indes, que ceux d'aujour-
d'hui ne proviennent guère que du Brésil et qu'il y a une vingtaine d'années, on entrouva, pour la première fois, en Sibérie dans les sables de l'Oural. C'est toujours après la taille que le diamant se montre dans toute sa beauté.
Voilà l'histoire du diamant. Les diamants célèbres, le Régent, de France, le Koh-i-noor ou montagne de lumière, d'Angleterre, l'Orlow, de Russie, le grand Mogol, de Tartarie, l'Étoile du sud, de M.llalphem,etquelques autres, ont chacun leur histoire, mais ces histoires sortiraient de notre sujet. Hàtons-nous d'y rentrer.
Quand saint Paul disait, avec une éloquence si originale, que nos corps ressusciteront glorieux, et empruntait à la nature l'exemple qu'elle nous donne sans cesse de résurrections merveilleuses dans la reproduction des plantes, dontlesnouvelles tiges sortent de la pourriture même où la graine a fermenté, il ne pouvait ajouter celui du charbon que la nature élève à l'état resplendissant du diamant sans y rien changer, et en le soumettant seulement, par un moyen qui nous est jusqu'à présent inconnu, à la cristallisation. C'est que la chimie n'existait pas encore, etque saint Paul, eut-il connu ce mystère, n'en eût pas dit un mot, parce" qu'il n'avaitpaspour but, plutôt quetousles autres écrivains sacrés, de faire de la science, mais uniquement de la morale religieuse.
Mais aujourd'hui que la chimie à apporté son appoint à la gloire du créateur, nous devons, nous autres, imiter saint Paul, en disant aux hommes : Vous êtes plus heureux que ceux de son temps : plus de richesses vous sontrevélées, et parmi cesrichesses pourrait-il se trouver un exemple plus beau des passages queDieu peut déterminer dans un corps de l'état brut à l'état glorieux, que celui du charbon au diamant! S'il fait passer, sans aucune addition ni soustraction, et par le simple arrangement de molécules autour d'un centre, selon certaines lois qui produisent la forme cubique, un peu de noir de fumée à l'état glorieux du diamant, qui donc refusera decroire àunetrausformation de nos corps terrestres en des corps