‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le NoirChapitre 17 sur 114 · In quibus estis et vos vocati Je*u Christi j · texte numérisé non relu

In quibus estis et vos vocati Je*u Christi j

7. Omnibus qui sunt Romœ, ililectis Dei, vocatis saiictis, gratia vobis, et pax a Deo Pâtre nostro, et Domino Jesu Christo. »

3° Quintuplcx Psalterium Gallicum, Romanum, Hebraicum, vêtus, conciliatum, Paris, 1509, 1513, 1515.

« Tous ces travaux, dit M. Welte, de même que ceux sur la Madeleine, furent mis à l'index par le concile de Trente, toutefois avec la note donec corrigantur.

4° Dionysii Areopagitx opéra, Paris, 1489; Argentor., 1502.

5. Damasceni libri IV, de orthodoxe, Fidc, ex interprétât. Fabri, Paris, ibid., 1570.

6° Liber trium Virorum, Hermse, Ugvetini et Roberti, triumque spiritualium virginum, llildcgardis, Elisabethx et Mechtildis, Paris, 1513. Les moines devinrent les ennemis de Le Févre par suite de cette dernière publication.

Lfi Noir.

LÉGATS. (Thèol. hist. dignit. eceles.) — « 11 y a, dit M. Phillipps, trois espèces de légats du Pape, comme on le voit dans Cap. o(/icii.

I, deO/f. leg., in 6°, i, 15 :

« 1° Les légats a lalere, qui sont pris parmi les cardinaux, et appelés

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patres nostri dans le texte précité de l'ordonnance du pape Innocent IV;

« 2° Les nonces apostoliques, legati missi, nuncii apostolki, et, à un dflgré plus bas, les internonces, iniiiuuncii;

a 3° Les légats-néi, legati nati, cliez lesquels la légation est attachée d'une manière permanente à la dignité ecclésiastique qu'ils remplissent, quisuarum prxtextu Eeelesiarum legationis sibi vindicant dignitatem.

Sous ce rapport, l'institution des légats-nés se rattache à celle des vicaires apostoliques, vicarii apostolici, tels que les connaissait le droit

ancien

« Les prétentions exagérées de beaucoup de liyats-nës tiuircnt par réduire peu à peu la valeur de leur dignité, dont ils ne conservèrent dans la réalité que le titre. Les Papes se virent obligés, dans la plupart des circonstances graves, de ne pas attendre le rapport des legats-nès et d'envoyer des Irgats de leur entourage, qui, munis de la plénitude des droits de la primauté, représentèrent directement le l'ape dans le cercle assigné à leur légation. De là vint qu'on investit en outre ces légats- a lalere d'une juridiction ordinaire, qui ne s'éteignait pas même à la mort du Pape qui leur avait donné leur mission (I).

« Ainsi les légats a lalere représentaient, dans le cercle de leur mission, le Pape même, et, sauf de rares restrictions, exerçaient la plupart des droits réservés au souverain Pontife. Ils absolvaient des censures réservées, accordaient des indulgences, exerçaient la juridiction sur les exempts, dispensaient, des empêchements de mariage, distribuaient '1rs bénéfices, surtout les bénéfices qui étaient dévolus au Pape, conliriti. tient les archevèqa*s et les évèqui's, etc. Tous ces pouvoirs n'étaient 1 ..! toujours énumét'éi dans les inslnu-tions dos légats ; on se contentait de la formule générale cum facultatibus solitis et consuctis.

« Cependant on se vit bientôt

(I) Cap. Ugatos x, de Off. leq., m-6\

obligé, par rapport aux légats a latere envoyés ultra montes, d'en venir à un autre procédé. L'exercice de ces grands pouvoirs lit naître de nombreux conflits avec les évêques ; à mesure que le désaccord devint plus vif entre le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel, les princes virent avec plus de défaveur les légats a latere, parce qu'ils se sentaient arrêtés par eux dans l'exercice de leurs prétendus droits sur les églises, et il arriva que, quelques légats s'étant d'ailleurs rendus coupables d'usurpation, les princes et les évê-.

ques unirent leurs intérêts sous prétexte de l'intérêt national, et le pouvoir temporel refusa de recevoir les légats. Le pape Jean XXII se vit obligé de condamner cette résistance (1) et de menacer de l'excommunication et de l'interdit les princes et les pays qui refuseraient d'accueillir lés légats. Malgré cela l'usage persista en France de ne laisser les légats avancer que jusqu'à Lyon, et de leur faire attendre leur admission, jusqu'à ce qu'ils eussent envoyé leurs pouvoirs à l'examen du gouvernement à Paris. Cette manière d'agir était d'autant plus déplacée que depuis longtemps des restrielions légales avaient été apportées à la juridiction des légats. Le concile de Trente alla encore plus loin que tes Décrétales en abolissant toute juridiction des légats qui ferait concurrence avec celle des évêques (2).

« Peu à peu ces légations extraordinaires devinrent de plus en plus rares; à leur place, dans les temps modernes, les Papes adoptèrent l'usage d'entretenir des nonciatures permanentes dans certains Etats.

Déjà le droit ancien connaissait les apocrisiaires ou responsales, dénomination qui désignait spécialement les envoyés du Pape à la cour impériale de Constantinople, et dont les fonctions correspondaient absolument à celles des nonces modernes.

« Les nonces et les internonces ont une double position : ils font d'un

(1) Extrau. Super gentes, 1, de Consuet.

(2) Sess. XXIV, c. 20, de Itef.

côté partie du corps diplomatique dans l'État où ils résident et tiennent le premier rang dans la biérarebie des ambassadeurs; d'un autre côté ils sont munis d'instructions pontificales relatives à l'exercice de leurs droits de juridiction ecclésiastique, droits auxquels appartiennent, entre autres, la direction du procès d'information des évêques nommés dans le territoire de leur nonciature. Ils ont en général le litre d'archevêque ou d'évêque in partibus. »

Le Noir.

LÉGENDAIRE, écrivain des légendes ou des vies des saints. Le premier légendaire grec que l'on connaît est Siméon Métapbraste , qui vivait au dixième siècle, et le pre- ' mier légendaire latin est Jacques de Varase, plus connu sous le nom de Jacques de Voragine, qui mourut archevêque de Gènes, en 1298, âgé de quatre-vingt-seize ans.

La" vie des saints par Métapbraste, pour ebaque jour du mois et de l'année, n'est point une fiction de son cerveau, comme le prétendent quelques critiques mal instruits ; cet auteur avait sous les yeux des monuments qui ne subsistent plus ; mais il ne s'est pas borné à en rapporter fidèlement les faits, il a voulu les broder et les embellir. On peut s'en convaincre, en comparant les actes originaux du martyre de saint Ignace et quelques autres avec la paraphrase que Métaphraste en a faite.

Jacques de Varase est auteur de la fameuse Légende dorée, qui fut reçue avec tant d'applaudissements dans les siècles d'ignorance, et que la renaissance des lettres lit souverainement dédaigner. Voyez ce qu'en pensent Melchior Cano, dans ses Lieux théologiques, Wicélius et Baillet.

Les ouvrages de Métapbraste et de Varase ne pèchent pas seulement du côté de l'invention, de la critique et du discernement, mais ils sont remplis de contes puérils et ridicules ; quelques autres écrivains les ont imités dans les bas siècles, et n'ont pas été plus judicieux. Quels qu'aient été leurs motifs, ou ne peut pas les ex-

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cuser; la religion, n'approuve aucune espèce de mensonge; une piété fondée sur des fables ne peut pas être solide. Les Pères de l'Eglise ont formellement réprouvé toutes les fraudes pieuses, toutes les fictions forgées pour se conformer au mauvais goût des lecteurs. Mais dans les siècles de ténèbres l'on ne lisait plus les Pères de l'Eglise, et l'on n'avait que trop oublié leurs leçons.

Quoique le mépris que l'on a eu pour les légendaires dont nous parlons ait été très-bien fondé, il a eu cependant des suites fâcheuses. A force de rejeter de fausses pièces, on a contracté le goût d'une critique chagrine et pointilleuse, hardie, mais souvent téméraire, quia refusé toute croyance à des actes dont l'authenticité et la vérité ont été ensuite reconnues et prouvées. Les protestants surtout ont donné dans cet excès, et quelques-uns même de nos écrivains ne s'en sont pas assez préservé. Voyez Critique.

Bergier.

LÉGENDE, vie du martyr ou du saint dont on faisait l'office, ainsi nommée parce qu'on devait la lire, legenda erat, dans les leçons de matines et dans le réfectoire d'une communauté.

Augustin Valério, évèque de Vérone et cardinal, qui florissait dans le siècle passé, a découvert l'une des sources d'où sont venues les fausses légendes. Dans son ouvrage intitulé, de Rhetorica christiana, traduit en français , et imprimé à Paris en 1758, in-12, il a remarqué que l'on avait coutume dans les monastères d'exercer les jeunes religieux par des amplifications latines qu'on leur donnait à composer sur le martyre d'un saint; ce travail leur laissait la liberté de faire agir et parler les tyrans et les saints persécutés, dans le goiit et de la manière qui leur paraissait vraisemblable, et leur donnait lieu de composer sur ce sujet \ine espèce d'histoire remplie d'ornements de pure invention.

Quoique ces sortes de pièces ne fussent pas d'un grand mérite, celles qui paraissaient les plus ingénieuses

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et les mieux faites furent mises à part. Longtemps après , elles se sont trouvées avec les manuscrits dans les bibliothèques des monastères ; et comme il était difficile de distinguer ces jeux d'esprit d'avec de véritables histoires, on les a pris pour des actes authentiques, dignes de la croyance des fidèles. Cette source d'erreur, dans son origine, a été très-innocente.

Il n'en est pas de même de l'infidélité réfléchie de Siméon Métaphraste, qui, de propos délibéré, a rempli les vies des saints de plusieurs faits imaginaires et de circonstances romanesques ; il ne peut avoir eu d'autre motif que de se conformer au goût des Grecs, pour le merveilleux vrai ou faux. Bellarmin dit nettement qne Métaphraste a écrit quelques-unes de ses vies, non de la manière dont les choses ont été, mais telles qu'elles ont pu être.

Cette liberté d'embellir les faits s'était autrefois glissée jusque dans la traduction de quelques livres de l'Ecriture. Saint Jérôme, dans sa préface sur le livre d'Esther, nous apprend que la version vulgate de ce livre qui se lisait de son temps, était remplie de ces sortes d'additions.

Mais l'Eglise n'oblige personne à croire tout ce qui est contenu dans les légendes; on retranche aujourd'hui des bréviaires tout ce qui peut paraître douteux ou suspect ; l'on a recherché avec le plus grand soin les titres et les monuments originaux et authentiques, afin de supprimer tout ce qu'un zèle mal entendu et une crédulité imprudente avaient fait adopter trop légèrement. Le travail immense et éclairé des bollandistes a contribué beaucoup à cette sage réforme. Voyez Bollandistes.

B erg 1ER.

LÉGENDE (la). {Théol. mixt. littér.

et art.) — V. Poésie.

LÉGION FULMINANTE. On litdans Eusèbe, Hist. ecclés., 1. 5, c. 5, et dans d'autres écrivains ecclésiastiques, que Marc-Aurèle , dans une guerre contre les Quades qui habitaient au delà du Danube, se trouva

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tout à coup environné avec son armée par ces Barbares ; que ses soldats, tourmentés de la soif, allaient succomber et auraient péri, s'il n'était survenu un orage qui fournit aux Romains de quoi se désaltérer, et lança la foudre sur l'armée ennemie.

Ces mêmes auteurs ajoutent que ce prodige fut l'effet des prières des soldats chrétiens ; que Marc-Aurèle l'attesta ainsi lui-même dans une lettre qu'il écrivit au sénat; qu'en témoignage du fait il donna à la légion mélitine, composée de soldats chrétiens, le nom de légion fulminante ou foudroyante.

Le même fait est rapporté, quant à la substance, non-seulement par saint Apollinaire, auteur contempo- . rain, par Tertullien, par Eusèbe, par saint Jérôme et par saint Grégoire de Nysse, écrivains chrétiens ; mais par Dion Cassius, par Jules Capitolin, par le poëte Claudien, et par Thémistius, auteurs païens. Il est attesté d'ailleurs par le bas-relief de la colonne d'Antonin qui subsiste encore, où l'on voit la figure de Jupiter pluvieux, qui d'un côté fait tomber la pluie sur les soldats romains, et de l'autre lance la foudre sur leurs ennemis. Cet événement fut constamment regardé comme un miracle ; mais au lieu que les chrétiens l'attribuèrent aux prières des soldats de leur religion, les païens en firent honneur, les uns à quelques magiciens, qui étaient dans l'armée de Marc-Aurèle, les autres à ce prince lui-même, et à la protection que les dieux lui accordaient.

La question est de savoir ce qu'en a pensé cet empereur, et s'il a véritablement reconnu que c'était un effet de la prière des chrétiens qui étaient dans son armée. Or, Tertullien cite la lettre que Marc-Aurèle en écrivit au sénat, et la manière dont il en parle témoigne qu'il l'avait vue.

Saint Jérôme, traduisant la chronique d'Eusèbe, dit positivement que cette lettre existait encore. Tertullien ajoute pour preuve la défense que fit •ce prince, sous peine de mort, d'accuser les chrétiens, et de les tourmenter pour leur religion. Il faut donc que dans cette lettre Marc-Au-

rêle leur ait attribué le prodige en question , autrement elle n'aurait servi de rien pour prouver que c'avait été un effet de leurs prières.

Nous convenons que la lettre authentique et originale de cet empereur ne subsiste plus ; celle que Fou trouve à la suite de la première apologie de saint Justin, n. 74, est une pièce supposée ; elle n'a été faite qu'après le règne de Justinien; mais, loin de rien prouver contre l'existence de la vraie lettre, elle la suppose plutôt : l'auteur qui l'a forgée a cru pouvoir suppléer de génie a. celle qui était perdue; il a eu tort, et il a mal réussi : elle est évidemment différente de celle dont parlent Tertullien et saint Jérôme.

On objecte que le nom de légion fulminante avait été déjà donné, avant le règne de Marc-Aurèle, à la légion mélitine, ou du moins à une autre ; cela peut être, quoique ce fait ne soit pas trop bien prouvé : il s'ensuivrait seulement que l'empereur confirma ce nom à la légion mélitine, en témoignage du prodige dont nous parlons.

C'est un événement certain, puisqu'il est rapporté par plusieurs auteurs contemporains qui avaient des intérêts et des opinions très-opposés, et qu'il est attesté par un monument érigé dans le temps même. On ne peut pas soupçonner un empereur philosophe, tel que Marc-Aurèle, de l'avoir forgé, ou d'y avoir supposé un faux merveilleux ; toute sou armée en avait été témoin et pouvait en juger. Est-ce le hasard qui a servi si à propos l'armée romaine? personne ne l'a imaginé pour lors. Attribuer ce prodige à des magiciens ou aux dieux du paganisme , c'est une absurdité. Il faut donc que les chrétiens aient été bien fondés à s'en faire honneur. V. Tillemont, Hist. des Emp., tom. 2, p. 369 et suiv.

Plusieurs savants critiques, surtout parmi les protestants, ont disputé pour savoir si cet événement a été miraculeux, ou si on doit l'attribuer aux causes naturelles. Daniel de Larroque, protestant converti, a fait une dissertation pour soutenir ce dernier sentiment; Ilerman Witsius en a fait

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une autre pour le réfuter. Moyle, savant anglais, a été dans la même opinion que Larroque; Pierre King, chancelier d'Angleterre, a écrit contre lui. Mosheim a traduit eu latin et comparé les lettres de ces deux auteurs, daus son ouvrage intitulé :

Syntagma Dissert, ad sanctiores disciplinas pertinentium, p. 639, et il a donné le précis de cette dispute, Hist.

christ., sœc. 2, § 17; il embrasse le parti de Larroque et de Moyle, il conclut que la pluie mêlée de foudres, à laquelle l'armée de Marc-Aurèle dut son salut, fut un phénomène naturel, et il réfute les raisons par lesquelles on a voulu prouver que c'avait été l'effet de la prière des soldats chrétiens. Il n'a fait que suivre la route que Le Clerc lui avait tracée, Hist. ecclés. an. 174, § 1 et suivants.

1° Il soutient, malgré le récit d'Apollinaire rapporté par Eusèbe, Hist.

ecclés., 1 S, c. 5, qu'il n'y eul jamais dans l'armée romaine une légion composée tout entière de chrétiens.

Mais Apollinaire ne dit point que la légion fulminante ait été ainsi composée; son récit suppose seulement qu'elle était remarquable par le grand nombre de chrétiens qui s'y trouvaient; il n'en a pas fallu davantage pour lui attribuer principalement le prodige dont nous parlons, quoiqu'il y ait eu dans l'armée d'autres chrétiens que ceux-là.

2° Il est faux, dit-il, que Marc-Aurèle ait attribué aux prières des chrétiens le prodige de sa délivrance, et qu'en témoignage de ce bienfait il ait donné à la légion méliliue le nom de légion fulminante; elle portait ce nom longtemps avant le règne de Marc-Aurèle; et ce prince, par la colonne antonine, a témoigné qu'il en était redevable à Jupiter pluvieux :

une de ses médailles attribue ce prodige à Mercure.

On peut rôpoudre qu'en érigeant un monument public, cet empereur n'a pas pu se dispenser de le rendre conforme au préjugé du paganisme, quoiqu'il fût intérieurement convaincu que les prières des chrétiens étaient la véritable causo de ce qui était arrivé, et qu'il l'eût ainsi dé-

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claré dans un rescrit. Quand il serait vrai que la légion mélitine était déjà nommée fulminante longtemps auparavant, il ne s'ensuivrait pas encore que c'est ce surnom qui a donné lieu de lui attribuer le prodige arrivé sous Marc-Aurèle.

3° Il est probable, continue Mosheim, que Tertullien, en parlant des lettres de Marc-Aurèle, a voulu parler du rescrit d'Autonin le Pieux, père du précédent, aux communautés d'Asie, par lequel il défend de persécuter davantage les chrétiens. Nous soutenons, au contraire, qu'une bévue aussi grossière de la part de Tertullien n'est pas probable, puisqu'il nomme très-distinctement Marc- Aurèle, et que le rescrit de son père ne faisait aucune mention du prodige en question.

4° L'on dit que ces prétendues lettres de Marc-Aurèle, pour faire cesser la persécution, ne s'accordent pas avec l'événement, puisque les chrétiens souffrirent beaucoup sous son règne, et que trois ans après le prodige prétendu, les fidèles de Lyon et de Vienne furent horriblement tourmentés. Il s'ensuit seulement que les ordres des empereurs à ce sujet étaient fort ma! exécutés, que la plupart des orages excités contre les chrétiens venaient de la fureur du peuple et de la connivence des magistrats, plutôt que des ordres du prince; c'est de quoi saint Justin se plaignait dans sa seconde Apologie.

On sait d'ailleurs que les Antonins manquèrent souvent de fermeté pour réprimer les désordres.

S Enfin, Mosheim observe qu'une pluie orageuse mêlée de foudres, survenue à propos, n'est pas un miracle, mais que les orateurs, les poètes, les écrivains chrétiens, par enthousiasme, ont ajouté à l'événement naturel des circonstances fabuleuses. Il nous parait que des foudres lancées contre les Barbares, et qui épargnent les Romains, ne sont pas un phénomène naturel. En prêtant l'enthousiasme, l'amour du merveilleux, le goût romanesque à tous les écrivains, on peut introduire fort aisément le pyrrhonisme historique.

Par cette méthode, les protestants

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ont appris aux incrédules à révoquer en doute et à nier tous les miracles rapportés par les auteurs sacrés.

Bergier.

LÉGION THÉBAINE OU THÉ- BÉENNE, nom donné à une légion clés armées romaines, qui refusa de sacrifier aux idoles, etsouiFrit le martyre sous les empereurs Dioclétien et Maximien, l'an de Jésus-Christ 302.

Maximien se trouvant à Octodurum, bourg des Alpes Cottiennes, dans le Bas-Valais, aujourd'hui nommé Martinach, voulut obliger son armée de sacrifier aux fausses divinités. Les soldats de la légion thékémna, tous chrétiens, refusèrent de le faire : ils étaient pour lors à huit milles de là, dans le lieu nommé Agaumtm, et que l'on appelle à présent Saint-Maurice, du nom du chef de cette légion. L'empereur ordonna de les décimer, sans qu'ils fissent aucune résistance. Un second ordre aussi rigoureux essuya de leur partie même refus; ainsi, ils se laissèrent massacrer sans se prévaloir de leur nombre et de la facilité qu'ils avaient de défendre leur vie à la pointe de leur épée. Incapables de trahir la fidélité qu'ils devaient à Dieu, ni celle qu'ils devaient à l'empereur, ils remportèrent tous la couronne du martyre, au nombre de six mille six cents.

La plupart de nos littérateurs modernes ont décidé que cette histoire est une fable, et c'a été l'opinion du plus célèbre incrédule de notre siècle. Il a copié les raisons par lesquelles Dubourdieu a combattu ce fait dans une dissertation à ce sujet, et celui-ci a répété ce qu'avait dit Dodwel dans sa dissertation de Paucitate Martyrum : on peut y joindre Spanheim, Lesueur, Hottingej, Moyle, Burnet, Mosheim, Basnagef'de Bochat, Spreng et d'autres critiques protestants.

Hickes, savant anglais, a réfuté Burnet. Dom Joseph de l'Isle, bénédictin, abbé de Saint-Léopold de Nancy, a écrit contre Dubourdieu, et a soutenu la vérité du martyre de la légion thébéenne, en 1737 et 1741.

Mosheim, un peu moins prévenu que les autres protestants, convient de la

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bonté de l'ouvrage de ce religieux, et avoue que la plupart des arguments de ses adversaires ne sont pas sans réplique, Hist. Christ., sœc. 3, § 22, 564; il se borne à douter de la vérité de cette histoire, pour deux raisons. La première est le silence de Lactance dans sou livre de la Mort des Persécuteurs, où il rapporte les cruautés de Maximion, sans faire mention du massacre de la légion thébéenne. Mais si l'on examine avec soin la narration do Lactance, on verra qu'il ne s'est occupé que de ce qui s'est passé dans l'Orient, et de la grande persécution qui commença . l'an 303. La seconde raison de Mosheim est qu'il y eut, dans ce même temps, un Maurice, tribun militaire, martyrisé dans la ville d'Apamée en Syrie, avec 70 soldats, par ordre de Maximien : Théodoret en fait mention dans sa Thérap. 1 8. Il n'est pas possible, dit-il, de supposer que les Grecs- ont emprunté les martyrs d'Agaune pour les transporter dans l'Orient ; il est plus probable qu'un prêtre ou un moine d'Agaune aura voulu adapter à son église ou à son monastère la légende des martyrs d'Apamée. Mais nous allons voir ce soupçon pleinement réfuté par des faits et des monuments incontestables.

En effet, M. de Rivaz, savant né dans le Valais, a démontré que tous ces écrivains protestants étaient fort mal instruits. Dans un ouvrage intitulé : Eclaircissement sur le martyre de la légion thébéenne, imprimé à Paris en 1779, il a prouvé la vérité de ce martyre avec une érudition et une solidité qui peuvent servir de modèle dans ces sortes de discussions. Son travail fermerait désormais la bouche à nos critiques plagiaires des protestants, s'ils cherchaient de bonne foi les lumières dont ils ont besoin.

11 démontre 1° l'authenticité des actes de ce martyr, écrits par saint Eucber, évêque de Lyon, l'an 432, et fait voir que ce saict évêque, dont les talents sont connus par ses écrits, était très-bien informé. Il prouve que le culte des martyrs thébéens a commencé dans l'église d'Agaune ou de Saint-Maurice, qui est l'ancien Tarnade, dès l'an 351, par conséquent

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sous les yeux des témoins oculaires, quarante-neuf ans après l'événement.

Alors les saints martyrs étaient encore amoncelés sur le lieu même où ils avaient été massacrés.

2° M. de Rivaz montre l'harmonie parfaite qui règne entre ces mêmes actes et les monuments de l'histoire profane; ce travail, qu'aucun critique n'avait encore entrepris, fait tomber la plupart des objections. II répond à toutes celles que l'on a faites, et prévient même celles que l'on pourrait faire.

3° Il donne les fastes exacts du règne des empereurs Dioclétien et Maximien, conciliés avec tous les monumeAs, surtout avec la date de leurs lois : il éclaircit ainsi ia géographie et la chronologie ; et cette exactitude répand un jour infini sur l'histoire de ce temps-là.

Contre ces preuves positives et incontestables, qui se prêtent un appui mutuel, de quel poids peuvent être les conjectures frivoles et toujours fausses des protestants et de leurs copistes?

Ceux-ci ont tous affecté de confondre les actes authentiques écrits par saint Eucher, l'an 432 au plus tard, avec la légende composée par un moine d'Agaune, l'an ^24; celui-ci a copié en partie l'écrit de saint Eucher, mais il l'a amplifié, selon la coutume des anciens légendaires; les objections qui portent contre sa narration n'ont aucune force contre les actes composés par saint Eucher. C'est ce moine, et non l'évêque de Lyon, qui parle de saint Sigismond, mort l'an ii23; ainsi, les prétendues fautes de chronologie que l'on croyait voir dans ces actes, sont absolument nulles.

Il est donc faux que les premiers auteurs, qui ont parlé des martyrs thébéens, soient Grégoire de Tours et Vcnance Fortunat, sur la lin du sixième siècle. Il est prouvé, par des faits incontestables, que le culte de ces saints martyrs était répandu dans toutes les Gaules avant la lin du quatrième siècle, par conséquent avant qu'il se fût écoulé cent ans depuis 1 jur martyre, et il avait commencé sur le lieu mémo près de cinquante ans plus tôt. Il est encore plus faux

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qu'il n'y ait eu dans les armées de l'empire aucune légion thébécnnc , comme a osé l'avancer le célèbre incrédule dont nous avons parlé : il y en avait cinq de ce nom, selon la notice de l'empire ; et M. de Rivaz distingue -très-clairement celle dont il est ici question. Il pousse l'exactitude jusqu'à suivre, jour par jour, la marche de l'armée de Maximien, et montre que le massacre a dû se faire le 22 septembre de l'an 302.

Cet ouvrage, qui satisfait pleinement la curiosité de tout lecteur non prévenu, fait voir la différence qu'il y a entre une critique sage, animée par le désir de connaître la vérité, et celle qui n'a pour guide qu'une aveugle prévention contre les dogmes et les pratiques de l'Eglise romaine.

Le culte des martyrs d'Agaune, établi quarante-neuf ans après leur mort, et bientôt répandu partout, est un monument contre lequel l'hérésie ni l'incrédulité ne peuvent rien opposer de raisonnable. Le quatrième siècle a-t-il été un temps d'ignorance, de ténèbres, de superstitions et d'erreurs? C'est celui dans lequel ont brillé les plus grandes lumières de l'Eglise. Avait-on conjuré dès lors d'altérer la foi, la doctrine, le culte, les pratiques enseignées par les apôtres? En Orient comme eu Occident, l'on avait pour maxime qu'il ne faut rien innover, mais suivre exactement la tradition : nihil innovetur, nisi quod traditumest.il serait singulier qu'avec cette règle enseignée par les pasteurs, et suivie par les fidèles, la croyance de l'Eglise primitive eût pu changer. Voy. Martyrs.

Bergier.

LÉGISLATEUR. La religion, en général, est-elle un effet de la politique des législateurs ? est-ce un frein qu'ils ont imaginé pour retenir les peuples sous le joug des lois, et qui n'existerait pas sans eux? C'çst l'opinion que soutiennent quelques incrédules; il n'est pas besoin de réflexions profondes pour démontrer la fausseté de cette supposition.

L'on a trouvé des vestiges de religion et un culte plus ou moins grossier chez des nations sauvages, qui

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n'avaient jamais eu de législateurs, et qui ne connaissaient aucune loi civile. Les premières idées de la Divinité ne viennent donc pas de ceux qui ont fondé les États et les républiques, mais de l'instinct de la nature ; or, tout homme, qui connaît un Dieu, sent la nécessité de lui rendre un culte; jamais une peuplade ou une famille n'a eu la notion d'un Dieu, sans en tirer cette conséquence :

les premières idées de la religion sont donc antérieures à toutes les lois.

Tous les peuples qui ont reçu des lois ont conservé le souvenir de celui qui les leur a données : les Chinois citent Fo-Hi; les Indiens, Bramah; les Egyptiens, Menés; les Perses, Zoroastre; les Grecs , Minos et Cécrops; les Romains, Numa; les Scandinaves, Odin; les Péruviens, Manco-Capac, etc. Y a-t-il un seul de ces peuples qui atteste que celui qui a réuni les premières familles en corps de nation et de société civile, leur a donné aussi les premières notions de la Divinité, et qu'avant cette époque, elles n'adoraient ni ne connaissaient aucun Dieu? Une peuplade d'athées stupides serait un vrai troupeau d'animaux à deux pieds : nous voudrions savoir comment s'y prendrait un législateur pour lui donner, dans cet état, des lois et une forme de religion.

Les législateurs ont fondé des lois, non-seulement sur la notion d'un Dieu et d'une providence, mais encore sur les sentiments de bienveillance mutuelle que la nature a donnés aux hommes, sur l'attachement qu'ils contractent dès l'enfance pour leur famille et pour le sol sur lequel ils sont nés, sur le désir de la louange et la crainte du blâme, sur l'amour du bonheur ; mais ces sentiments existaient avant eux, ils n'en sont pas les créateurs, et s'ils n'avaient pas trouvé les hommes ainsi disposés par la nature, jamais ils n'auraient pu réussir a les tirer de la barbarie. On ne peut pas plus attribuer aux législateurs les premiers principes de religion, que les autres penchants naturels dont nous venons de parler.

Pour se faire écouter, la plupart jnt été obligés de feindre qu'ils étaient

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inspirés, instruits et envoyés par la Divinité; un peuple, qui ne connaîtrait point de Dieu, ajouterait-il foi à une mission divine?

Nous ne voyons pas, d'ailleurs, quel avantage les incrédules peuvent tirer de leur fausse supposition. Tous les législateurs, dans les différentes contrées de l'univers, ont unanimement jugé que la religion est nonseulement utile, mais nécessaire aux hommes; que, sans elle, il n'est pas possible d'établir ni de faire observer des lois! donc c'est la nature, la raison, le bon sens, qui leur ont donné à tous cette persuasion. A-t-il été plus difficile à la nature de mettre cette opinion dans l'esprit de tous les hommes, que de l'inspirer à tous les législateurs ?

Mais ce n'est pas sur des spéculations qu'il faut se fonder pour savoir quelle a été la première origine de la religion ; l'histoire sainte, plus croyable que les philosophes, nous atteste que Dieu n'a pas laissé aux hommes le soin de se faire une religion ; il l'a enseignée lui-même à notre premier père, pour que celui-ci la transmit à ses enfants. Dieu a été le premier instituteur aussi bien que le premier législateur du genre humain; il a gravé dans les cœurs les sentiments religieux, en même temps que les principes d'équité, de reconnaissance et d'humanité ; et il a daigné y ajouter une révélation positive de ce que l'homme devait croire et pratiquer.

Une preuve démonstrative de ce fait est la comparaison que nous faisons entre la religion des patriarches et toutes celles qui ont été établies par les législateurs des nations. La première montre la divinité de son origine par la vérité de ses dogmes, par la sainteté de sa morale, par la pureté de son culte ; au lieu que nous voyons dans toutes les autres l'empreinte des erreurs et des passions humaines. Voyez Religion naturelle.

Si, dans l'origine, la religion était l'ouvrage des réflexions, de l'étude, de la politique des législateurs, elle aurait suivi, sans doute, la marche des autres connaissances humaines; elle serait devenue meilleure et plus pure, à mesure que les peuples ont

LEG

fait des progrès dans les sciences, dans les arts, dans la législation ; le contraire est arrivé : les nations qui ont paru les mieux civilisées, les Egyptiens, les Indiens, les Chinois, les Chaldéens, les Grecs et les Romains, n'ont pas eu une religion plus sensée ni plus parfaite que les Sauvages; tous ont donné dans le polythéisme et dans l'idolâtrie la plus grossière. Leurs législateurs n'ont pas osé y toucher ; s'ils en ont réglé la forme extérieure, ils ont laissé le fond tel qu'il était; et lorsque les philosophes sont survenus, ils n'ont eu ni assez de capacité, ni assez de pouvoir pour réformer des erreurs déjà invétérées : ils ont été d'avis qu'il fallait suivre la religion établie par les lois, quelque absurde qu'elle pût être.

Enfin, quand on adopterait pour un moment la fausse spéculation des incrédules, il n'y aurait encore rien à gagner pour eux. Les législateurs ont été incontestablement les plus sages de tous les hommes, les bienfaileurs et les amis de l'humanité; tous ont jugé que la religion est d'une nécessité indispensable pour fonder les lois et la société civile.

Aujourd'hui quelques dissertateurs, qui n'ont rien fait, rien établi, rien observé d'après nature, prétendent mieux voir et mieux penser que tous les sages de l'univers ; ils soutiennent que la religion est une institution pernicieuse, et le plus funeste présent que l'on ait pu faire aux hommes.

Qu'ils commencent par fonder un État, une république, un gouvernement sans religion, nous pourrons croire alors que celle-ci ne sert à rien. Il y a plus de seize cents ans que Plutarque, dans son traité contre Colotés, se moquait déjà de cet entêtement des épicuriens.

L'absurdité de la supposition que nous venons de détruire a forcé la plupart des incrédules de recourir à une hypothèse directement opposée, à prétendre que les premières notions de religion sont nées de l'ignorance et de la stupidité des peuples encore barbares. C'est avouer clairement la vérité que nous soutenons, savoir, que la religion est un sentiment naturel à l'homme, puisqu'il se trouve

dans ceux mêmes qui sont lesmoins capables de rétlexion. S'ensuit-il de là que c'est un sentiment faux et mal fondé ? Il s'ensuit plutôt que les incrédules, qui voudraient le détruire, luttent contre la nature et contre les premières notions dubonsens. Voyez Religion.

A l'article Loi, nous prouverons qu'il est impossible de s'en former une idée juste, ni de lui donner aucune force, à moins que l'on ne commence par supposer un Dieu souverain législateur. Beugier.

LEGOUVÉ (Gahriel-Jean-Baptiste Ernest-Wilirid). (Théol. hist, biog. et bibliog. ) — Ce littérateur français, né à Paris en 1807, et lils de l'auteur du Mérite des' femmes, a travaillé pour le théâtre, pour l'art et pour la morale. On peut citer parmi les principaux ouvrages de cet ancien saintsimonien, membre de l'Académie française : Max, roman, 1833; Les vieillards, poème 1834 : Edith de Falsen, 1 840 ; Histoire morale des femmes, leçons gratuites faites au collège de France en 1847, trois édit.; Louise de Liguerolles ; Adrienne Lecouvreur avec Scribe, 1849 ; Bataille de dames, id. .1851 ; Les contes de la reine de Navarre, id. 1851 ; Médée, que Hachai, pour laquelle cette pièce était faite, finit par ne pas jouer, mais qui, traduite en italien par Alontanelli, fut jouée avec le plus grand succès par Ristori dans toutes les capitales de l'Europe ; etc. Le .Noir.

LE GL'ILLOU (l'abbé Curentin- Marie). {Théol. hist. ljiog.it bibliog.) 6$ compositeur de musique religieuse et théologien français, né à (Juunperlé, (Finistère) en 1804, a laissé une Messe solennelle, 1838; des Motets, des l'saumes, des offertoires, beaucoup de cantiques, des albums de romaneea pieuses telles que Fleurs de bruyères.

Branches d'aubépine, etc., et beaucoup de livres de dévotion.

Le Noir.

LEIDMTZ(l) (Godefroy-Guillaume).

fi} L'allemand écrit avec le t; Uichud, Feller, Boutilet conierrent cette orthographe qui eit cell*

fK m

(Thêol hist. biog. et bibliog.) — Ce grand philosophe-théologien naquit à Leipzig le 21 juin 1640, et mourut à Hanovre le 14 novembre 1716. Fils d'un professeur de morale, chancelier de l'Université de Leipzig, Leibnitz annoHça de bonne heure ce qu'il deviendrait un jour. « J'étais encore enfant, dit-il de lui-même, lorsque j'appris à connaître Aristote ; les scolastiques ne me rebutaient pas ; je lisais Suarez aussi facilement que des légendes populaires. » Bientôt ce furent Platon et Plotin qui firent le bonheur de sa raison naissante, et à peine ses études furent-elles terminées qu'il se jeta dans la lecture des philosophes modernes. S'étant voué à la carrière du droit, il se vit refuser à Leipzig le grade de docteur, mais à Aldorf il réussit.

Etant an service de l'électeur de Mayence, il conçut un vaste plan de civilisation de l'Afrique, reposant, comme moyen sur une croisade européenne contre les pirates et sur une conquête de l'Egypte; ne pouvant en espérer la réalisation sans que Louis XIV en acceptât la direction, il réussit à se présenter lui-même devant le grand roi et à lui proposer son plan ; mais Louis XIV méprisa le philosophe comme un jour Napoléon le Grand méprisa le physicien Fulton ; l'un et l'autre n'étaient pour les deux monarques que des idéologues. Les monarques se ressemblent tous.

Leibnitz resta à Paris jusqu'en 1676, époque à laquelle il fut pris par l'électeur de Hanovre pour conseiller et pour bibliothécaire. En 1688, il fit un voyage à Rome pour les intérêts de la maison de Brunswick, et le cardinal Casenata lui offrit la place de conservateur de la bibliothèque du Vatican ; mais ce fut à une condition, très-naturelle de la part du cardinal, mais que Leibnitz ne crut pas pouvoir accepter. « C'était, écrivait-il, à une condition qui rendait la chose impossible. J'ai refusé la place de conservateur de la bibliothèque du Vatican, d'où l'on s'élève souvent à la dignité

des éditions deBossuet et M. Jacques, dans son édition des œuvres de ce philosophe, Paris, Charpentier, 1846, écrit, on ne sait pourquoi, Leibniz, sans le t.

du cardinalat; mais que tout cela reste entre nous, car je n'aime pas à me vanter quoi que j'aie entre les mains des papiers qui prouvent ce que j'avance. » La condition se devine : c'était qu'il embrassât le catholicisme. Leibnitz, ainsi qu'on va le voir, n'était pas un homme à ressentir pour un tel parti beaucoup de répugnance ; mais changer de religion pour une place et pour l'espérance de devenir un jour cardinal et candidat à la papauté eût été indigne d'un tel philosophe.

Leibnitz voyait de loin dans l'avenir : l'élévation de la maison de Brandebourg, qui monta au trône en 1701, lui parut être « le grand événement de son siècle » ; il y aperçut, pour les âges nouveaux, un germe fécond de gloires allemandes; il nous faut bien reconnaître aujourd'hui, vaincus que nous sommes nous-mêmes après tant d'autres et après l'Autriche par le 'descendant de ce petit électeur qu'il considérait, même avant qu'il ne fût roi, comme le chef du protestantisme de l'empire, qu'il ne se trompait pas. Mais taisons-nous là-dessus, et laissons à Dieu le dernier mot.

Nous ne nous arrêterons pas, non plus, à parler des chefs-d'œuvre de Leibnitz, ni de ses systèmes philosophiques, de sa monadoîogie, de sa théodieée, de son optimisme, sublime erreur, de son harmonie préétablie, qui ne diffère pas, au fond, de l'immanence cartésienne, de ses études d'histoire et de droit, de ses originalités encyclopédiques, de son syncrétisme universel, de ses travaux comme homme d'Etat, de ses découvertes énormes en mathématiques, de son invention prodigieuse, par exemple, du calcul différentiel et intégral qui est le fruit d'une tète aussi forte que l'avait été celle de l'application de l'algèbre à la géométrie trouvée par fiescartes ; toutes ces choses sont trop connues et nous mèneraient trop loin. Nous allongerons seulement, par exception, la biographie de Leibnitz d'un aperçu impartial de ce qu'il fut au point de vue religieux et de ce qu'il y a de vrai dans les prétentions opposées des

catholiques et des protestants pour revendiquer ce grand homme au protit de leurs causes.

Commençons par citer de ses ouvrages ce qui est favorable aux uns et ce qui est favorable aux autres ; dous dirons ensuite ce qu'il nous paraît avoir été, et nous finirons en nous appuyant, pour confirmer notre appréciation, sur les faits mûmes de sa vie pratique et sur sa manière de mourir.

Leibnitz, dans son ouvrage intitulé Annales imperiiBrunswicencis occidentalis, ouvrage auquel il travaillait encore dans ses dernières années, a écrit plusieurs passages qui sont favorables au protestantisme et sur lesquels Pertz s'appuie pour dire de lui : « On ne peut plus avoir de doute sur la foi de Leibnitz ; il fut catholique comme Luther et Melanchton, comme toute l'Église protestante, c'est-à-dire en restant toujours fidèle à l'unique base de l'Évangile. » Voici ces passages.

« Baronius, dit M. Mùnst, déclare que la déposition de Jean XII, en 963, fut illégale, parce que le pape, comme supérieur, ne peut être jugé par l'inférieur. Leibnitz répond à l'assertion de Baronius que ces paroles de la flatterie et de l'ignorance ont depuis longtemps été réfutées par ceux qui, vivant dans la communion de l'Église romaine, mettent le concile au-dessus du Pape ; que les évèques ae sont en vertu d'aucun droit divin subordonnés au Pape, qui lui-même ;es nomme ses frères ; que sa juridiction, telle que la volonté des princes 2t des peuples de l'Occident la lui a ,'cconnue, cesse lorsque le pasteur se transforme en loup (Jean XII), et ju'alors l'évèque de Rome est soumis au jugement de IJEmpereur des Roinains et de ses frères ; que le salut lu peuple est pour l'État, comme le u ulut des âmes pour l'Église, la loi „iiprème. « Puis Leibnitz continue ;omme il suit :

« Moi qui gémis de ce que Rome, par ses mesures ou sa négligence , ait pu porter tant de préjudices à la pureté du culte divin, de ce qu'elle ait . rendu le Christianisme méprisable • ou ridicule par le schisme des peu-

» pies de l'Orient et du Midi, quV h; a » fomenté, et de ce qu'elle ait intro- » duit dans ce monde, à la faveur de » la barbarie des temps, une théolo- » gie déraisonnable inconnue aux » Apôtres du Christ, j'ai cependant » toujours désiré l'autorité du pre- » mier siège épiscopal et la restau- » ration de l'ancienne forme de la n hiérarchie ecclésiastique, sous la » condition à laquelle Mélanchthon » lui-même souscrivit les articles de » Smalkalde, savoir, que les Papes » laissent à l'Évangile la place qui » lui appartient. Pourquoi, après » Charlemagne et Othon, ne s'élève- » rait-il pas un troisième grand em- » pereur germanique qui rendrait » Rome catholique et apostolique ? »

Et il porte plus loin sur le dixième siècle le jugement suivant :

« Alors le Pape était considéré » comme le représentant de Pierre, » et non celui de Dieu, sur la terre; » le rêve de son infaillibilité était » inconnu; on ne fondait pas l'auto- » rite de l'Église dans le sang; on » n'exposait pas à l'adoration publi- » que le Sacrement de l'autel ; on ne » le portait pas en procession, on ne » le mutilait pas en retirant le calice » au peuple; on observait encore » l'ancienne forme du Baptême ; les » évèques d'Allemagne enseignaient » dans les temples suivant l'antique » usage ; les chanoines vivaient en » commun; chaque cathédrale, cha- » que église considérable avait des » écoles florissantes, auxquelles pré- » sidaient des hommes éminents.

» Mais tout cela s'écroula lorsque les » évèques de Rome s'emparèrent de » la domination de l'Église, lorsque » leurs émissaires, les moines nien- » diants, se rendirent maîtres des » écoles. Alors de ridicules subtili- » tés remplacèrent les doctrines rai- » sonnables; alors une cruauté in- » sensée sévit avec fureur, le fer et » le feu à la main, contre les opi- » nions religieuses; l'Allemagne, » grâce aux intrigues du clergé, de- » meura sans maître, et de perma- » nenles divisions déchirèrent son » sein. Avec l'État tomba la science; » à la place du droit se substitua la » violence ou la barbarie des tribu-

» naux secrets, et tous ces maux » montèrent presque à leur comble » parmi nous au quatorzième siè- » cle. »

On peut ajouter à. ces citations ce qu'il dit du concile de Trente dans ses discussions, assez vives d'ailleurs, -avec Bossuet : il n'admet point l'œcuménicité de ce concile; d'après lui, et ce qui l'empêche d'être universellement reconnu, et ce qui fait -qu'il est rejeté par toutes les communions protestantes, c'est que la plupart des évêques qui le composaient étaient italiens, et qu'il y avait à peine quelques prélats allemands. » « C'est, selon lui, injustement que ce synode excommunia les protestants ; et quant à l'indissolubilité du mariage, telle qu'il l'établit en interprétant arbitrairement l'évangile sur ce point, cette indissolubilité lui paraissait devoir entraîner les plus dangereuses conséquences. »

D'un autre côté les oeuvres de leibnitz sont remplies de propositions qui indiquent un catholique, et ton peut même dire que ces œuvres sont partout catholiques pour le fond, et même dans la forme : il défend l'écriture sainte; il défend la' tradition apostolique; il place la révélation au-dessus de la raison ; la révélation, d'après lui, éclaire la raison, mais ne lui est pas contraire :

les vérités qu'elle enseigne sont fondées en raison, et c'est ainsi que la foi est raisonnable; il rejette le serf arbitre de Luther et le décret absolu de Calvin ; il établit le libre arbitre et le dégage de la prédestination sans Je dégager de la grâce comme Pelage; il conçoit même tout son système de l'harmonie préétablie pour le mieux dégager; il admet la nécessité des œuvres : « pas de piété possible, ditil, dans la théodieée, sans la charité; sans la bienfaisance, sans le dévouement les uns aux autres, il n'y a pas de salut. » Il admire l'organisme de la hiérarchie catholique : « Celui-là, dit-il, est catholique qui est en communion avec le siège apostolique et fait partie de l'Eglise chrétienne ; un hérétique est hors de l'Eglise catholique, par conséquent hors du Christ,

donc il n'y a pas de salut pour un hérétique. Etre catholique est le souverain bien. » Il admet que c'est au Pape de confirmer les évêques; «Dieu, dit-il, est le Dieu de l'ordre, et comme il est de droit divin que le corps de l'Eglise, une, catholique et apostolique, soit maintenu par un gouvernement unique et une hiérarchie universelle, il s'ensuit que dans ce corps il est également de droit divin, que le chef suprême et spirituel, maintenu dans de justes bornes quant à l'exercice de son pouvoir, soit muai de la force nécessaire pour remplir sa charge et sauver l'Église. »

Il dit « qu'il n'aura jamais assez de larmes pour pleurer le malheur du schisme de Luther. » Il écrit à M e de Urinon en 1691 : « Vous avez raison de méjuger catholique dans le cœur:

je le suis même ouvertement (1). » Il écrit au landgrave Ernest de Hesse- Rheinfels que « l'Eglise catholique visible est par une assistance particulière, et qui lui a été promise du Saint-Esprit, infaillible dans tous les articles de foi qui sont nécessaires au salut. » Il écrit au même landgrave en 1648 que « ses doutes philosophiques ne renferment rien qui contredise les mystères de la religion chrétienne, savoir : la Trinité, l'Incarnation, l'Eucharistie, la résurrection des corps. » Et en effet, n'avonsnous pas fait voir, au mot Eucharistie (la transubstantiation dans 1'), que son système des monades en lève toutes les difficultés? Cependant on peut voir, en lisant sa correspondance avec le P. Desbrosses, qu'on ne le comprenait guère à celte époque et qu'on lui faisait des objections qu'il se voyaitobligé de résoudre par ce qu'il appelait le vinculum unionis.

Enlin son Systema theologix imprimé seulement en 1819 par l'abbé Emery sur le manuscrit autographe conserve à la bibliothèque royale de Hanovre, puis par Lacroix en 1845, est un exposé pur de la doctrine catholique. Et, pour tout résumer sur ce point les opinions catholiques de Leibnitz, quant à tout le fond de la

fi) OEuv. de Boesuet t.

fèvre. 1834.

Vit.

La-

doctrine chrétienne, qu'il nous suffise de dire que, déjà pour Arnaud, c'était nneénigme de savoirquelle partie de sa philosophie pouvait craindre la censure de Rome, crainte qu'il manifesta pourtant parfois, et que plus les temps ont marché, plus l'énigme est devenue insoluble.

Maintenant que pensons-nous de Lcibnitz? Nous croyons que Lcibnitz ne fut véritablement ni catholique ni protestant, où, si l'on aime mieux, qu'il fut l'un et l'autre à la fois, en étant seulement un philosophe pur mais syncrétiste.

Le plus grand désir de ce grand homme était la réunion des Églises; en 1693, lorsqu'il eut des rapports avec la maison de Brandebourg, il chercha à profiter de ces relations pour amener cette réunion ; et il exposa, dès lors, les idées qu'il avait conçues pour faciliter pratiquement ce grand résultat : Il y a, selon lui, trois degrés d'union : le premier n'est que civil; il consiste a établir entre les divers partis une harmonie extérieure, de tolérance réciproque, qui permette des efforts pacifiques pour s'entendre; c'est purement et simplement celte tolérance civile que nous réclamons toujours, et qu'avec une philosophie comme la nôtre qui ressemble tant à colle de Lcibnitz, nous ne saurions jamais abandonner.

Le second degré d'union est ecclésiastique ; il concerne les rapports intérieurs des sociétés religieuses entre elles; il consiste en ce que ces sociétés ne se damnent pas mutuellement, mais usent les unes envers les antres d'une bienveillance qui permette l'aspiration vraie et sincère à une entente, par la discussion pacifique; c'est ce qu'il appelait la tolérance ee- Clésiastique. Enfin le troisième, qui serait l'obtention du but dernier, consiste dans l'unité même de la foi.

« Lcibnitz, dit M. Miinst, ne croyait P8s possible qu'on parvint à I dernier degré, et il se serait contenté du second, mais il n'eut pas même cette satisfaction. »

Au fond, croyons-nous, Leibnitz rêvait une catholicité plus étendue dogmatiquement, une sorte de catholicité philosophico-théologiquc, à

la tête delaquelleil aurait été heureux d'amener le pontife romain comme centre pratique unificateur; et la preuve de la réalité de cette conception dans son génie, c'est qu'il ne considérait les points de dissentiment entre la foi romaine et la confession d'Augsbourg que comme des fantômes.

Le gallicanisme de Bossuet lui parut ouvrir la porte à ses plans par sa théorie de la souveraineté et de l'infaillibilité radicales, résidant dans l'universalité ecclésiastique; aussi s'adressa-t-il à Bossuet et lui laissa-t-il entrevoir son projet d'union. Mais si Bossuet lui ouvrait, d'une main, la porte par son ecclôsiarchisme, il la lui fermait de l'autre mais par son rigorisme dogmatique, à caractère non moins gallican, sur une foule de points particuliers, dont celui de l'eucharistie faisait partie.

Cela n'empêcha pas, cependant, le philosophe allemand de faire près de Bossuet les plus grands efforts, et de revenir deux fois à la charge. 11 fut abandonné en 1004 par le célèbre prélat français qui n'acceptait point la mise de côté du concile de Trente, ne comprenait l'union que par l'eéposition et non par l'accommodation, et lui disait : « Trouvez un moyen de remédier à ce désordre, à cette perturbation, — il s'agissait de la négation par les protestants de tous les points définis par lo concile de Trente, mais qui déjà l'avaient été par les conciles précédents, — ou renoncez au moyen de conciliation que vous proposez. » Et néanmoins, Leibnitz recommença l'assaut cinq ans après, pour ne pas mieux réussir. La discussion se concentra même cette fois sur les livres deutero-canoniques, à propos du concile de Trente. Et le grand syncrétiste vit échouer tous ces projets philosophiques d'harmonie universelle qu'il avait tant caressés, et qu'il ne cessa pas de caresser puisqu'il travailla encore, après, à son sustenta théologie qui se remuait toujours dans le même ordre d'idées.

Durant toutes res tentatives , que faisait Lcibnitz dans sa cou Inile p m ticulièrc et dans sa pratique? li se

conduisait en philosophe pur, et il ne cessa de se conduire ainsi jusqu'à son dernier soupir.

De 1680 à 1693, provoqué par le landgrave Ernest, qui avait embrassé la foi catholique et qui cherchait à le déterminer à en agir de même, il répondait « qu'il était dans la communion intérieure de l'Eglise comme celui qui est injustement excommunié »

« qu'il ne dépendait pas de lui d'entrer dans la communion extérieure à cause de certaines opinions philosophiques dont il était convaincu, dont il croyait avoir les preuves, et qu'il ne pouvaitpar conséquent abandonner. »

« Ces opinions, disait-il, ne sont pourtant contraires ni à l'écriture sainte, ni à la tradition, ni aux définitions des conciles; mais des théologiens les censurent comme si elles étaient contraires à la foi. » « Si j'étais, disait-il encore avec franchise, dans l'Eglise catholique, qu'on me refusât la communion pour ces opinions, j'en sortirais; faut-il cacher mes pensées ou me mettre dans le cas de l'adage :

Turpius ejicitur quam non admittitur hospes, il est plus honteux de se faire mettre à la porte que de ne pas entrer. » Il résumait, enfin, sa pensée dans cette phrase d'une lettre à madame de Brinon.

« L'essence de la catholicité n'est pas de communier extérieurement avec Rome; autrement ceux qui sont excommuniés injustement cesseraient d'être catholiques malgré eux et sans qu'il y eût de leur faute. La communion vraie et essentielle, qui fait que nous sommes du corps de Jésus- Christ, est la charité (1). »

Mais, ce n'est pas tout et voici qui est plus fort: Leibnitz était-il, en pratique, meilleur luthérien? Non. Pendant les vingt dernières années de sa vie il ne mit le pied dans aucune église évangélique, et ne s'approcha pas une seule fois de la cène, ce qu'il avait fait auparavant; et quand vint l'heure de la mort, ses serviteurs lui ayant demandé s'il ne voulait pas recevoir la communion, il répondit :

« Laissez-moi tranquille; je n'ai ja-

1) Bossiiet t. VII, p. 481, édit. Lefèvre, 1836.

mais fait tort à personne ; je n'ai rieD à confesser. »

Et il fut inhumé sans cérémonie.

Tout cela prouve que Leibnitz ne fut, comme nous l'avons dit, qu'un philosophe pur, dont le catholicisme théorique était plutôt un syncrétisme religieux universel que le catholicisme proprement dit. Il rêva, durant toute sa vie, l'avènement d'une harmonie qui n'est peut-être pas de ce monde, et qui du moins, à coup sûr, n'est pas du millénaire que nous traversons. Le Nom.

LEISENTRITT (Jean). (Théol. hist.

biog. et bibliog.) — Ce chanoine doyen de la cathédrale de Bautzen , né en 1 620 à Olmutz en Moravie et mort à Bautzen en 1586, également aimé des protestants et des catholiques à cause de sa tolérance pratique, qui, tout orthodoxe qu'il fût, alla jusqu'à lui faire demander au pape Pie V une autorisation que le Pape refusa, c^lle de dire la messe en langue vulgaire , a laissé une multitude d'ouvrages, parmi lesquels nous citerons :

Christianx adeoque pix precationcs ex orthod. et cathol. Ecrtcsiie doctoribus, in usum Christianorum adolescentium, Budissœ, 1555; éd. II, 1560, in- 12; Libellus de salut, prxparatione ad sacros. Missx cclcbrationem, Bud., 1559, in-4°; Via recta, bona, antiqua, in qua ambulaverunt majores patres et nostri omnesque Catholici, 1559, in-4°; Comimndatio et doctrina Martini Lutheri, quinti Evawjdistx Germanixque Prophetx, ex ipsius simul et aliorum soriptis excerpta , 1560, in-8°; Forma Germanico idiomate baptisandi infantes pro utriusque Lusatix Misenensis Diœceseosparoclds, Budiss., 1564-96; Colon., 1585, iii-4°; Cantiques spirituels et psaumes de l'antique Eglise apostolique chrétienne, Budissin, Hans Wolrab, P. I, 1562. C'est le meilleur ouvrage de Leisentriit et celui qui est le plus répandu. Forma vernacula lingua copulandi desponsatos et proclamatos, Budiss., 1598 , in-4° ; Constitutio veteris apostol. et orthod. Ecclesix omnibus et singulis per utramque Lusatiam divinorumrectoribus, tam catholicx Ecclesix subjec-

tis quam AiiQUStanm confcssioni addictis, inmolabiliter observari demandata, Budiss., 1572, in-4° ; Manuel catholique des curés, livre des malades pour les pasteurs, Cologne, 1577, in-8°, qu'Albitius a traduit en latin.

Le Nom.

LE JEUNE (le P.) {Théol. hist. biog.

et bibliog.) — - Ce célèbre prédicateur français, de l'oratoire de Jésus, né vers la fin du xvi° siècle ou au commencement du xvu e , et mort à l'âge de plus de quatre-vingts ans, à laissé 362 sermons dont l'édition fidèle est celle de Toulouse. Les éditions suivantes sont entachées de corrections nombreuses soit inutiles, soit de mauvais goût, qu'y introduisit le P. Senault. M. L. Vives en a donné, dans ces derniers temps, une édition nouvelle en 10 vol. in-8°, sur l'édition de Toulouse. Le Nom.

LE LONG (Jacques). (Théol. hist.

biog. et bibliog.) — Ce prêtre de l'oratoire, né à Paris en 1665 et mort à Paris en 1721, regretté de ses confrères, estimé du monde savant, aimé des pauvres, et digne de toute vénération pour la simplicité de sa vie, a laissé comme principal ouvrage : Bibliotheca sacra in binos syllabos distincta, qux (I) Omncs sive textus sacri sive versionum ejusdem quavis lingua expressarum editioms, nec non prsestantiores mss. codices, cum notis historicis et criticis ; — (II) Omnia eorum opéra, quovis idiomate conscripta, qui hucusque in S. Scripturam quidpiam ediderunt, et grammaticas et lexica linguarum prsesertim Orientalium, qux ad illustrandas sacras paginas aliquid adjumenti confeire possunt, continet, Parisiis, 1725, ouvrage très-utile pour l'étude de la Bible.

On a encore de lui : Bibliothèque historique de la France ; Discours historiques sur les principales éditions des Bibles polyglottes, Paris, 1713, in-12; Supplément à l'histoire des dictionnaires hébreux de Wolfius, dans le Journal des Sauanfs, Paris, 1707, janvier ;Lettre à M. Martin, ministre d'Utrecht, sur le texte I Jean, 5, 7, dans le Journal des Savants, janvier ; etc.

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