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à l'édification ; familier avec les savants et les artistes, sans avoir égard à leur religion ; plein de miséricorde et de générosité envers tous ceux qui réclamaient son secours ; évèque dans toute la rigueur du terme ; homme d'État prudent et avisé ; condescendant quand la conscience et les convenances le permettaient, tenant rigoureusement au droit quand le bien de l'Église et de son souverain lui en faisait un devoir, il conquit à Augsbourg, l'estime et le respect de tous ceux qui eurent l'occasion de le connaître
« Mais de plus tristes événements se préparaient. Pie VI fut fait prisonnier, l'État de l'Église fut converti en république ; les biens de délia Genga furent confisqués ; sa mère et sa sœur tombèrent entre les mains des Français, et lui-même ne touchant plus rien ni de la chambre apostolique, ni de ses propres revenus, fut réduit à une situation des plus précaires. Lorsque plus tard le général Lioreau pénétra en Souabe et s'empara d'Augsbourg, délia Genga se rendit à Vienne, où l'empereur François le traita de la manière la plus raisonnable. De Vienne il retourna en Saxe et à Augsbourg.
« Pie VII étant monté sur le trône, délia Genga revint à Rome pour rendre hommage au Pape et prendre le repos nécessaire à une santé fatiguée par tant d'épreuves, mais ce repos ne fut pas long. La situation de l'Église devint de plus en plus déplorable en Allemagne ; les évèchés vaquèrent les uns après les autres ; les couvents se fermèrent ; les églises et tous leurs biens furent précipités dans le gouffre de la sécularisation.
Nul homme ne semblait plus propre que délia Genga à régler des affaires si tristement compliquées. Aussi, en 1805, le pape Pie VII l'accrédita en qualité de nonce extraordinaire à la diète germanique de Ratisbonne ; mais tous les efforts du nonce furent inutiles : les cabinets ne songeaient qu'à eux-mêmes. Frédéric I er , roi de Wurtemberg, seul, habitué à agir de son chef, était disposé à conclure une convention avec le Saint-Siège. Délia Genga se trouva, en effet, à Stuttgard
le 23 septembre 1807, et les conférences marchaient heureusement lorsque le nonce déclara, d'une manière inattendue, le 1 er novembre, qu'il avait reçu de Rome de nouveaux ordres qui l'obligeaient à considérer ses pouvoirs comme expirés, à rompre toute négociation et à se rendre sans délai à Paris. Là il devait, de concert avec les cardinaux Capara et de Bayane, traiter des affaires du Saint-Siège avec l'empereur Napoléon ; mais les conférences furent bientôt interrompues, et délia Genga dut quitter Paris.
« Revenu en Italie, il y fut considéré comme prisonnier d'État, et, tandis que Pie VII languissait dans la captivité, délia Genga se fixa dans la paroisse abbatiale de Monticelli, au diocèse de Fabriano.
« Au moment de la Restauration délia Genga fut chargé de saluer Louis XVIII, au nom de Pie VII, et de lui remettre une lettre de félicitation. Cette mission mécontenta le cardinal Consalvi, qui était accrédité à Paris auprès de tous les souverains qui s'y trouvaient, et il laissa percer son mécontentement d'une manière peu digne. Délia Genga tomba malade à la suite de ce conflit et fut ainsi empêché d'assister au congrès de Vienne. En 1 81 6 délia Genga devint premier cardinal-prêtre et évèque de Sinigaglia ; en d 820 il fut nommé vicaire de Sa Sainteté, fonction qui comprend l'administration spirituelle de Rome. Il devait, contre son gré, être revêtu d'une dignité encore plus haute.
« Pie VII mourut le 20 août 1823, et délia Genga fut élu son successeur, sous le nom de Léon XII, à la grande joie de Rome et de toute la Chrétienté, le 28 septembre 1823.
« Un des premiers actes de son pontificat fut le rétablissement de l'ancienne et belle coutume, qu'avait autrefois introduite Grégoire le Grand, de dresser tous les jours une table pour douze pauvres dans une salle de son palais
« Le 6 mars 1824 il conclut avec le baron de Reden, ambassadeur du roi d'Angleterre, en sa qualité de roi de Hanovre, un concordat.
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« Le 3 mai de la même année il publia une encyclique adressée à tous les patriarches, primats, archevêques et évêques de la catholicité, dans laquelle il leur rappelait diverses obligations et les exhortait spécialement à s'opposer de tout leur pouvoir à l'envahissement de l'indifférentisme et aux empiétements des sociétés bibliques.
a Le 27 mai 1824 il annonça par une bulle le jubilé prochain, et, le 25 décembre 1825, une autre bulle étendait le jubilé à toute la Chrétienté.
« Il faut compter parmi les décrets les plus importants de Léon XII le remarquable édit qu'il publia le 13 mars 1825 contre les francs-maçons et les carbonari...
« Si on lit la note que le cardinal Caprara transmit, le 18 août 1803, pour se plaindre de M. de Talleyrand, note qui ne fut point annulée par Léon, on comprend combien est injuste le reproche d'après lequel le Saint-Siège n'aurait fait aucune protestation contre les Articles organiques, publiés à Paris en 1801 en même temps que le Concordat...
« Il fut surtout occupé, comme l'avaient été ses prédécesseurs et leurs ministres, Consalvi et Somaglia, du sort réservé au bill d'émancipation des Catholiques anglais. Ce qui arrive après la mort d'un Pape appartient d'ordinaire à l'histoire du pontificat suivant ; mais Léon travailla si activement à ramener les Anglais dans les voies d'une légalité plus juste et plus modérée à l'égard des Catholiques qu'on peut déposer l'acte de leur émancipation comme une couronne due à sa mémoire sur la tombe de ce Pape.
« Le 18 juin 1827 il conclut un concordat avec les Pays-Bas, concordat auquel Rome du moins demeura lidèle. Le résultat des négociations que Léon XII fit poursuivre avec les cabinets de Vienne, de Saint-Pétersbourg et de Berlin, fut également heureux pour l'Église.
« Mais sa sollicitude ne se borna pas aux besoins religieux de l'Europe; il protégea activement l'œuvre des missions étrangères et ramena
quelques Églises schismatiques d'Asie à une union vivante et solide avec le Saint-Siège. Lorsque les colonies espagnoles se séparèrent de la mèrepatrie et se constituèrent en république, Léon XII, cédant au désir qu'elles lui en manifestèrent, leur accorda, dans un consistoire de juin 1827, des pasteurs légitimes, et travailla à guérir ainsi les plaies encore saignantes de ces malheureuses Églises. Il répondit de même aux vœux de don Pedro, empereur du Brésil. Il fut moins heureux dans la tentative qu'il fit pour éteindre les restes du schisme janséniste dans les Pays-Bas.
« Il était naturel qu'au milieu de tous ces travaux apostoliques l'Italie eût une part principale. Léon XII introduisit une réforme salutaire dans l'administration des États romains, dans la marche de la procédure civile et dans les taxes judiciaires. A dater du l or janvier 1826 il diminua d'un quart l'impôt foncier, abolit divers impôts onéreux, érigea des hôpitaux, destina chaque année des sommes considérables aux travaux publics, et réalisa le plan projeté par Pie VII en fondant l'ordre des Sœurs hospitalières, chargées, comme en France, du soin des malades ; il appela également les Dames du Sacré-Cœur de Paris, pour leur confier l'éducation des jeunes filles de l'aristocratie romaine, et les Frères de la Doctrine chrétienne, destinés à l'enseignement des enfants des classes populaires.
« Les Juifs eurent à se louer de son humanité et de sa sage tolérance ; il fit, en 1825, élargir leur quartier dans Rome et en augmenta la salubrité.
« Il prit aussi d'excellentes dispositions relatives aux études. Il rendit le Collège romain aux Jésuites, qui en avaient été bannis pendant cinquante-quatre ans, et leur assura, outre la bibliothèque et l'observatoire qu'il mit à leur disposition, un revenu annuel de 12,000 scudi. Il constitua complètement le système de l'enseignement et de l'instruction primaire. La bulle promulguée à cet effet, le 28 août 1824, est un document remarquable de la prévoyance et de la sagesse de ce Pape, et de son
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amour de la science et du progrès.
Non-seulement l'organisation décrétée par Léon subsiste encore, mais elle a été adoptée comme modèle dans d'autres États... »
Léon XII mourut le 10 février 1829.
Le Noir.