‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le NoirChapitre 36 sur 114 · IV · texte numérisé non relu

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nnfère plus nquatique encore, lui donner pour élément le plus naturel et pour séjour ordinaire les eaux ainsi qu'il l'a fait. pour le phoque' le morse, le lamentin, la baleine, tous les cétacés, tous ses membres seront modifiés pour la rage; le corps tout entier affectera la forme effilée propre à fendre les ondes ; les bras et la queue deviendront des rames lepine dorsale elle-même en pro duira, en appendice, un rudiment; et les jambes disparaîtront au dehors remplacées qu'elles seront par là queue qui formera une nageoire horizontale.

S'il s'agit d'un oiseau, fait pour le même genre de vie, le créateur lui donnera les grandes palmures aux pieds, et le disposera en forme de bateau. Voyez le canard; voyez le cygne qui, avec ses contours gracieux et ses ailes entr'ouvertes faisant l'ofhçe de voiles, nous a donné le modèle de nos élégantes pirogues. Chez quelques-uns même, tels que les pingouins et les manchots, les ailes deviennent des rames. S'il s'agit d'un reptile, il aura la queue en forme de nageoire verticale, comme le poisson et ses longs mouvements à droite et à gauche produiront la progression Que fera-t-il pour la grenouille, à la lois prédestinée au saut et à la nage' il lui ôtera la queue qui la gênerait dans le saut, et lui donnera ses deux longues jambes de derrière qui lui serviront à la fois pour le saut et pour la nage avec une perfection qui ne laissera rien à désirer.

S'il s'agit d'un poisson, oh! alors tout en lui devient aquatique et accommodé pour la nage seulement au sein des eaux. Les appareils sont tous totalement transformés : corps fendu ï 1 avant comme à l'arrière en une masse conique ; membres très-rac- :ourcis, se terminant toujours en oaguettes osseuses tendant des memoranes, à la place de doigts indépendants ; nageoires pectorales, pouvant se placer horizontalementnageoires abdominales ; nageoire vandale ; nageoire dorsale; nageoire maie ; nageoires partout se déployant verticalement pour faciliter les as-

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censions et les descendons dans le liquide ainsi que les propulsions tandisque les membres antérieurs e postérieurs, nageoires aussi, servent a 1 équilibre et à la direction.

Enfin, s'il s'agit des invertébrés aquatiques, les modifications seront a 1 infini, mais toujours fondées sur ce pnncipe de mécanique, que l'appareil locomoteur soit construit de manière à se plier rapidement dans leau, a ne présenter que la plus faible résistance possible dans son mouvement de retrait, et à s'ouvrir non moins rapidement de manière à op.

poser au liquide la plus grande surface pour en faire un point d'appui dans 1 élan de l'animal en avant

Que manque-t-il à cette multitude

d êtres pour la satisfaction de leurs

besoins ? quel détail minutieux a mis

*n oubli, chez eux, le créateur?

Reptation. — Il ne reste plus qu'un

moyen de locomotion, leplusrudimentaire de tous, c'est la locomotion sans membres appropriés; c'est la reptation. Il y aura aussi des êtres qui ne pourront que ramper, et en nomtore infini, en nombre plus considérable encore, attendu que c'est une loi des choses que plus elles sont imparfaites plus il y en a. Beaucoup sont appelés a dit le Seigneur, mais peu sont élus. C'est qu'en effet, il est essentiel que les élus, dans l'harmonie sans fin, soient toujours en plus petit nombre que ceux parmi lesquels ils sont élus. Mais si cliacnn a son nécessaire selon lajusticefondée sur sesbosoins, qui aura le droit de seplaindre?

Il y aura donc des reptiles et beaucoup de reptiles, il y en aura parmi les vertébrés ; il y en aura parmi les articulés; il y en aura parmi les mollusques, — ces derniers Je seront presque tous, — et il y en aura parmi les rayonnes, qui seront encore des élus au milieu de ceux qui seront immobiles.

Mais le Créateur fera passer la vie et le mouvement rampant, par toutes les nuances depuis la reptation qui commence, jusqu'à la reptation qui

Il y aura des vertébrés reptiles à quatre membres, comme les lézards,

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les crocodiles, les salamandres; leurs membres seront rejetés sur les côtés, et articulés de manière à n'avoir pas assez de force dans leur position pour soulever le corps . Alors ils ne serviront qu'à accélérer la reptation sur le ventre, en leur fournissant de chaque côté des points d'appui. Des amphibies seront dans les mêmes conditions, et il en sera de même de beaucoup d'invertébrés aériens, de beaucoup d'insectes, de beaucoup d'arachnides, etc. Les myriapodes avec toutes leurs pattes ramperont plutôt qu'ils ne marcheront, mais le Créateur leur donnera un corps en général flexible et composé d'anneaux qui leur facilitera ce genre de locomotion.

Chez d'autres les membres disparaîtront complètement. Les serpents en seront dépourvus, les vers de terre de même ; mais ils auront, en revanche, un mouvement vermiculaire duquel il résulte que chaque point de la surface ventrale adhère assez au sol pour attirer le point suivant et faire que le corps tout entier glisse en avant.

D'autres n'auront qu'un disque charnu qui leur permettra de traîner leur coquille, ce seront les mollusques gastéropodes ; d'autres, comme la moule, auront un rudiment de pied, musculeux et aplati, qui leur servira encore à ramper quelque peu, jusqu'à ce que l'animal ait trouvé son gîte auquel il s'attachera par des filaments soyeux qu'il se tilera avec un organe propre, placé à la base même de la protubérance que l'on appelle son pied.

Terminons par une fable.

Le Créateur avait fait un petit animal, mou, à corps cylindrique se ramassant ou s'alloageant sur luimême avec une grande facilité, mais à peau luisante et glissante qui n'adhérait pas assez pour la reptation proprement dite; c'était un annélide assez bien partagé. Il avait des yens, souvent jusqu'à cinq paires, était hermaphrodite, pouvait vivre, après un repas copieux, plusieurs mois et même plusieurs années sans manger, pondait des œufs toujours féconds, et était doué d'un mouvement rapide et

gracieux d'ondulation de ses anneaux, qui lui servait, dans l'eau, d'un moyen de natation très-agréable pour lui.

De plus il avait deuxventouses, l'une formée par les lèvres de sa bouche, l'autre formée par un disque placé au-dessus de l'anus, et, dans sabouehe, trois bonnes mâchoires; à l'aide de ces divers instruments réunis, il pouvait s'enivrer de sang, sa liqueur de prédilection; car en appliquant sa ventouse supérieure sur une chair vivante, et opérant une succion, il s'y fixait avec force; puis, faisant jouer ses trois mâchoires sur te petit mamelon de peau qu'il attirait, il y faisait une blessure ayant la forme d'une étoile à trois rayons, puis, continuant de sucer, il se remplissait du sang tout frais et tout chaud de la veine eiitr'ouverte.

Mais il lui semblait qu'il n'avait pas tout ce dont il avait besoin; et il n'était pas content. 11 dit au Créateur :

« Il me manque un appareil de locomotion sur les corps solides; je ne demanderais pas de voler comme l'oiseau, ni de courir comme le cerf, ni de grimper comme le singe, ni de sauter comme le kangourou, ni de fouir comme la taupe; je ne demanderais que de ramper comme le ver.

« Tu as tout ce qu'il te faut, répondit le Créateur. Sers-toi de tes ventouses. »

La sangsue, tout étonnée, s'al- ■ longe, en prenant son point d'appui avec sa ventouse postérieure qu'elle applique par succion sur une pierre, colle sa ventouse supérieure sur la pierre voisine, se détache, en cessant de sucer, de la première, se raccourcit en formant de son corps un grand anneau, recommence une nouvelle prise, et continuant ainsi, la voilà qui, de sauts en sauts, parcourt assez vite une bonne route.

Depuis ce temps-là, la sangsue ne se plaint pas; elle a tout ce qu'elle désire.

L'homme n est pas comme elle. 11 se plaint toujours etil désire toujours.

Cependant n'a-t-il pas reçu du Créateur tout ce que n'a pas la pauvre annélide ? Parmi tous Iss êtres de la création n'est-il pas l'élu?

Le Nom.

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LOEN Jean-Michel). (Théol. hist.

bwg.et bibhog.) — Cet homme d'Etat utopiste, qui tit tant de bruit en Allemagne de 1724 à 17S5 sous le pseudonyme de Gottlob de Friedenheim naquitàFrancfort-sur-le Meinen 169S' et mourut étant conseiller intime dé Prusse, en Westphalie. Ses ouvrages principaux sont : Le Temple évanqê- Itque de la paix à l'instar de V Enlise primitive, 1724; Motif* graves gui peuvent réunir les luthériens et les réformes, les maintenir en paix, en union et dans un seul et même culte, 1725- Iraitésurl'imiondcsprotestants, 1748 • La religion unique et vraie, universelle dans ses principes, troublée par les dsicussions des savants, déchirée par les sectes, et rétablie dans le Christ ; etc

m c , a ^,, ce llvre remarquable, dit M. Schrodl, - !l s'agit du dernier — qui annonçait la venue d'une période nouvelle pour l'Allemagne, Loen prétendit élever sur les débris de tous les symboles chrétiens positifs l'édifice de la vraie religion du Christ, qui dit-il se résume dans l'unique commandement de l'amour de Dieu et du prochain, et dont la foi ne s'étend qu aux vérités que tous les hommes raisonnables, les plus simples et les plus faibles, peuvent comprendre et admettre. Cette religion unique et vraie a pour elle le témoignage de J histoire, vu que les vérités fondamentales de la religion ont été les mêmes dans tous les temps, et que la religion naturelle prise chez les sages

SE e « £. accord avec la reli S'°a révélée. Malheureusement on a de

longue date, transformé la religion en discours multiples et vains, en cérémonies extérieures, • les réformateurs eux-mêmes combattirent plus &T„!T W es °P ini °ns que pour le fond de la foi; aussi, à dater de la reforme, est née la manie des discussions et des disputes, et aujourd'hui encore la religion est surtout une affaire de tête, dont on disserte suivant les règles de l'art. Malgré toutes les différences dans ce qui n'est pas essentiel, au fond tous les Chrétiens s entendent, puisque tous admettent a sainte Ecriture, et l'union de toutes les secteschrétiennesseraitune affaire prompte et facile du moment qu'on

LOE

rl P ocamê îu'on veut s'en tenir au Chris et à sa parole. II ne faut pas espérer le concours du clersé oui combat pour ses livres svnSquls pour ses dogmes particuliers; l'union doit être l'œuvre d'un gouvernement sage, qui peut résoudre ce problème

snrfnnfT 61 '^ 10 " des ecclésiastiques, .

surtout depuis que la théologie est

tôu V s enUe Une SdenCe commu ™ à « Partant de ces principes , Loen propose plusieurs mesures pour instituer et organiser ï'Egdse des églises réunies .purifier la Bible des nombreuses fautes d'impression et de traduction qui la défigurent, détendre toutes les controverses, rédiger de courts symboles en en écartait tout point contesté, restreindre les cérémonies (en conservant provisoirement le Baptême des enfants), rejeter du culte public la communion, sujet de discussions éternelles, rétablir la discipline ecclésiastique d'après le modèle de 1 Eglise primitive, en la remettant entre les mains du pouvoir cml, vu que le clergé ne sait pas modeler son zèle, qu'il n'a aucun droit d excommunier, et que la discipline de 1 Eghse l'atteint le premier.

« Loen blâme surtout les protestants d avoir aboli les hautes dignités ecclésiastiques et d'avoir par là fendu la fonction de l'enseignement pastoral t ou t à fait méprisable ; il demande quon les rétablisse, afin que des sujets plus distingués, mieux élevés se consacrent à l'état ecclésiastique; il va même jusqu'à proposer nonseulement de rétablir les évéques et les prélats, mais encore un Pape ou un eveque suprême, de le nommer le vicaire du Christ, le successeur de saint Pierre, le chef visible de l'Eglise, tout en subordonnant soigneusement 1 autorité religieuse à l'autorité civile et politique.

« Il demande que ces nouveaux évoques et ces prélats ne puissent se marier, attendu qu'en général on a eu grand tort parmi les protestants ne permettre le mari ige à tous les ecclésiastiques sans distinction. Loen n approuve pas non plus qu'on ait abroge les couvents en masse au lieu de les réformer; il propose diverses

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espèces de couvents : des couvents dans lesquels des gens pieux pourraient vivre pour la religion seulement; des couvents dans lesquels des personnes âgées et de mérite pourraient honorablement terminer leurs ■ iours; des couvents où l'on soignerait les pauvres, les malades, où l'on exercerait l'hospitalité à défaut d'auberges; enfin des couvents pour 1 éducation de la jeunesse. »

Il est inutile de faire remarquer au lecteur que tout ce qu'il peut y avoir de beau dans cette théorie de la reunion des sectes est détruit par cette mission attribuée à l'Etat de prendre sur lui la direction des choses religieuses de l'humanité et même de mettre les théories en pratique, par l'emploi des armes. Ce n'est autre chose, au fond, que la théorie de

Hobbes.

Le Noir.

LOFFLER (Frédéric-Simon), {Théol.

Hst. biog. etbibliog.) théologien protestant allemand, né à Leipzig en 1669, et mort dans la même ville, en 1748, curé de Probst-Heida. Il avait soutenu en 1694 devant la faculté de théologie une thèse De lis qui inter gentes in vttam rediisse perhibentur, dont on prétendait que Leibmtz était l'auteur. Lof fier était, au reste le neveu et l'unique héritier du célèbre philosophe. On cite parmi ses ouvrages : Spécimen exegeseos sacrse de opérants in vinea. — Epistola ad G.

Serpilium de versibus qui in soluta N.

Fœderis oratione luibentur. — Dissertatio delitteris Bellerophonteis, et Détails sur les Jubilés de l'Eglise romaine,

Leipzig, 1725.

Le Noir.

LOGIQUE GÉNÉRALE (la vraie).

{Théol. mixt. philos, log.) — On nous reprochera peut-être de parler quelquefois de nous-mème dans nos articles de philosophie, de science, de littérature, d'art, d'industrie rapprochés toujours delà théologie par quelqu'un de leurs angles, et l'on nous accusera sans doute comme on a accusé Chateaubriand, d'une sorte d'égoïsme littéraire qui n'est point attrayant pour le public. C'est que,

précisément nous éprouvons une sympathie toute spéciale pour les auteurs qui relient ce qu'ils traitent à leurs sentiments intimes . D e quoi donc pourrait-on mieux parler que de ce qu'on sent soi-même ? et comment pourrait-on mieux mettre un peu de vie dans son travail de composition qu'en y incarnant delà sorte sa propre vie? Nous plaignons les lecteurs qui n'aiment pas cette tendance, car elle est la manifestation même de l'honnêteté et de la sincérité dans l'écrivain, lesquelles sont, comme le disait Quintilien de l'orateur, ses qualités fondamentales. Nous croyons que le plus grand nombre d'entre ceux qui nous liront, sentiront comme nous sous ce rapport, aimeront à trouver dans les traits qu'aura traces notre plume, la vie et l'âme de l'homme simple qui s'en servit Ce n'est que pour ceux-là que nous écrivons de la sorte, en nous abandonnant, sans retenue, aux naïvetés bienveillantes de l'aimable fraternité.

Ce seront, d'ailleurs, ces naïvetés, jetées par ci par là dans nos écrits qui formeront nos seuls « mémoires d'outre tombe, » et si elles n ont point d'intérêt pour notre siècle, en vertu du proverbe que cita Jésus- Christ et qui est encore plus vrai du temps que du pays (1) elles en auront peut-être pour un autre.

Quand on aura lu certains articles tels que ceux qui sont intitulés :

Elimination de l'absolu; Prêtre et Poète ;EcoNOMiESOciALE,etc, etc., dans lesquels nous confessons ou laissons deviner des relations avec toutes sortes d'esprits, on nous plaindra peut-être aussi de ces relations mêmes, en supposant que ces milieux auraient exercé sur notre âme des influences. Mais cette sorte d'apitoiement sur nous serait absolument sans raison d'être. Nous avons passé tout notre printemps (de 1840 à 1860), en société constante avec la pure aristocratie légitimiste; or on peutdèduire de nos ouvrages que nous n'y avons recueilli aucun des préjugés qu on rencontre, en les respectant, dans ces

(1) « Nul n'est prophotn en son paya, mi, 57. Marc vi, 4.)

(Matt.

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bonnes compagnies. Nous avons ensuite vécu libre, et voyant toutes sortes d hommes, très-diversement nuancés, mais dont la couleur philosophique dominante était une malveillance prononcée pour la raison, la philosophie, la science même. On peut juger par tous nos articles silices matières, si leur esprit a quelque peu déteint sur le nôtre, et on va le voir, en particulier, par l'article qui va suivre. 1

Il n'a existé, au monde, durant toute ma vie, que deux personnes qui m aient influencé, et ce ne fut qu'en me poussant résolument dans une voie philosophique que je m'ouvrais naturellement moi-même. La première de ces personnes fut mon père homme simple des champs, mais qui aimait les livres et les lectures sérieuses; la seconde fut l'abbé Lebrec

ancienprofesseurdephilosophie.mon supérieur degrand séminaire pendant mes quatre années d'études théoriques et auteur d'un philosophie cursus elcmentarius, dont j'ai déjà cité, dans mes harmonies, l'abrégé de haiqueginirak que je vais reproduire Mon père, tout philosophe chrélien qu il fut ainsi qu'on lui en avait donné

onH?n°n dan ?i e W. ^ait lu .surtout^ Bible, sain Augustin, quelques autres pères de l'Eglise et quelques philosophes cartésiens, mais'il avait retiré de ces études une religion se vère, intolérante, à la mSde du moyen âge et une science, qu'il disait ™ I " ,' e ^ qU1 était à l'avenant; il suffira de dire, pour !e peindre sous ce rapport, qu'il poussait l'horreur de lhéresi, jusqu'à approuver la Saint- Barthelemy, et que sa science prétendue biblique lui lit toujours soutenir, ans le moindre doute, que la terre est immobile au centre du monde.

Mais il aimait Descaries jusqu'à croire comme lui q, le les bêtes ne sont que tes machines, et il m'insinua, dès J enfance, une grande admiration pour ce philosophe. On peut juger par 1 ensemble de ma doctrine, cm,bien je -m, éloigné de la dogmatique et de la «aenWBque de mon père; mus aussi à quel point j'en ai gardé le culte cartésien. 6

Quant à l'abbé Lebrec, il était

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gallican et moraliste rigide; je n'en ai pas, non plus, gardé ces principes, ainsi qu on peut le voir dans mes oui vrages, même antérieurs au concile du Vatican, ou je suis plutôt probabiliste et ultramontain sur plus d'un pointmais il était cartésien comme mon' père, en ces jours où M. de Lamennais et son système faisaient si grand bruit, et je lui sais un gré inlini d'avoir cultive dans ma nature, après celui qui m avait donné le jour, la tendance rationaliste, dans le bon sens dn mot que ,e sentais s'y éveiller si naturellement.

Voilà les influences que j'ai reçues;

m"n e t S nul S le a s UtreS "* été ^^^ Citons maintenant la partie de 1 article Logique de nos harmonies, dans laquelle nous donnions la traductionmême du traité latin de l'abbé Lebrec sur le critérium premier de la certitude humaine.

« La logique répond à la question

mJf. C ? rt ! tllde; c * » >' a deux logiques . la logique générale et la logique particulière. L'une et l'autre sont

snn S L V1 m CS ' e " P»*»qne. q»e la raison de 1 homme; mais, si on les considère en tant que résolues sous forme théorique, la seconde est plus vieille que la première. Singulière destinée de! humanité de commencer toujours dans son progrès, par où finit l'essence des choses ; l'homme remonte le fleuve de l'être, et Dieu seul le descend. La logique particulière fut 1 œuvre d'Aristote dans le monde grec, et celle de Gotama et de Canada dans le monde indien. Dans celte logique particulière qui trace les règles du raisonnement et donne les conditions de certitude des esj.èces de ventés en détail, est sous-enlenduo la logique générale, qui est la vraie logique de l'homme, comme la grammaire générale est sa vraie grammaire. Descartes est le premier qui en ait dégagée pour la mettre en théorie spéciale et fixer sur elle les regards du philosophe. Le monde lettré avait grand besoin de cotte distinction clarifiante ; elle fut la suile nécessaire du coup de géuie par lequel, s'eufermant dans sa pensée

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tenant hypolhétiquement pour rien tout ce qu'il avait appris jusqu alors, Descartes se dit en lui-même : Je nense; je le sens, cela est clair pour moi cela est évident, et tout ce qui présentera la même évidence aura pour moi la même certitude. La logique générale était dégagée par cette réflexion.

« Nous ne dirons qu un mot sur Ja logique spéciale : elle a l'honneur d'être l'arsenal commun de la philosophie et de la théologie. C'est avec ses syllogismes, ses enthymèmes, ses dilemmes, ses règles de certitude du témoignage des hommes, toutes ses formes d'argumentation, que ces deux sœurs se sont toujours défendues, et ont établi leur empire sur les âmes.

C'est de là qu'Aristote fut si respecie dans les siècles de la théologie scolastique, et qu'à un moment, il lut mis en question s'il ne serait pas bon de le canoniser. Ce point est tellement clair pour celui, qui a lu quelques théologiens, que nous ne nous y arrêterons pas plus longtemps. Observons seulement que, si c'est avec la même essence d'argumentation que la raison établit ses certitudes et la foi les siennes, il n'en faut pas conclure, dans l'application individuelle, à la nécessité de cette argumentation pour arriver aux certitudes de la raison m aux certitudes de la foi. La logique générale que Dieu a mise dans l'intelligence, et dont la base est la vision primitive de certaines vérités, produit ses résultats sans que l'homme s en rende compte : depuis le commencement du monde, elle multiplie les âmes de sens et les âmes de foi, sans le secours des formes de l'autre logi-

» Cette logique universelle est donc, encore mieux que la première, la base commune des certitudes naturelles et surnaturelles. Si le surnaturel de la certitude tient à une transmission humaine, par parole ou par écriture, d'une révélation divine, la fidélité de la transmission devant être établie, pour qu'il y ait certitude réelle, et ne pouvant l'être, pour l'esprit qui y adhère, que par une évidence de conditions qui tombe sous le sentiment il le jugement rationnel, c'est la lo-

gique générale qui fournit le premier fondement de cette certitude. Si le surnaturel tient à une intuition directe particulière que Dieu donne de tel ou tel point non évident pour les autres, c'est encore cette logique qui garantit la certitude à l'individu privilégié, puisque c'est elle qui lui rend ■compte de son intuition, la juge, la lui déclare parfaitement claire, irrésistible, et lui en déduit la force probante. .

«Malgré l'évidence de cesreilexions, elles ont été contestées depuis que Descartes les avait formulées en système méthodique ; et, tout près de nous dans le passé, retentit encore la grande querelle suscitée, en théologie et en philosophie, par l'abbe de Lamennais. Cet ardent écrivain eut la puissance, par son style, de lever subitement une légion nombreuse dont la fougue audacieuse avait jure de vaincre la raison, comme celle des çéantsde laFable avait juré deyainere Dieu. La nouvelle école a ete foudroyée par la raison même, ainsi que tant d'autres, et il n'en reste plus que quelques timides survivants, aux. lames fondues, et aux membres boiteux, sous le nom de traditionalistes^ Le lion est mort vierge, et n'a point laissé de sa race.

» Il est bon cependant de conserver àiamais l'argumentation quifoudroya

cette nouvelle école; c'est la même qui écrasera toutes celles qui pourront

s'élever contre la logique du sens individuel. Cette argumentation tait voir, en même temps, la nécessite de la certitude rationnelle pour les certitudes de la foi, l'impossibilité de celles-ci sans la première, partout leur indissolubilité, et leur profonde harmonie; c'est pourquoi nous enterons entrer l'analyse dans cet ouvrage, r

» Nous laisserons parler un professeur de philosophie de l'époque agitée que nous venons de nommer; cette intelligence solide et sérieuse sentit aussitôt toutes les conséquences de la théorie antirationaliste, et posa, ces le début de la dispute, les véritables bases de toute la logique humaine, a rencontre du terrible novateur, dans un traité classique de philosophie

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Nous ferons donc une simple traduc-

w? m If !? 9 , ique du crit érium par laquelle M. l'abbé Lebrec, aujourd'hui ™ aire général du diocèse de Cou- Iftl {) ' C0 , mme "Çait son philosophie cursus elementarius. - Je saisis avec bonheur cette occasion de témoigner ma vénération et mon affecnnl f! , recon ™ ss auce à un homme que je bemrai éternellement à l'égal de mon père, pour avoir continué sur ma jeunesse l'oeuvre de ce dernier, en dmgeant comme lui, les tendants de mon âme vers les teiT^^^ Mes ou i on trouve la pierre pour

» L'abbé Lebrec, après avoir reieté le scepticisme comme contraire à la conscience et à la nature de l'être pensant, qui est certain de son ô te par cei a seul qu>iI sent sa «

tout en avouant qu'un sceptique es impossible à réfuter logiquement

EST» enl T ' par son d ° ute " '

toute aS!)I8e d'argumention personnelle avec lui, réduit à trois systèmes tous les systèmes passés et futurs d logique générale sur la norme radicale de toute certitude; et ces trois systernes U les trouve personnifiés dans trois hommes, Descartes, Huet l'é vequed'Avranches, et Lamennais.

» Et d'après le troisième, le témoignage commun du genre Aumain.

suif- qUe 1,auteur rés ume comme il

» radical 65 ( T ar ) tésiens . le critérium » 1p tAn Venlé - est ' P our c ^<=un, 1 témoignage individuel de sa » conscience; selon Huet, le témoi- » gnage de Dieu, et selon LamenTai , » le témoignage de la société, » '

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r ' îoeg.prolonoUjre apostolique ((874.)

Exposition de la doctrine de Iluct.

" { ° Huet distingue trois degrés de » certitude : le plus élevé est celui don jouissent 1 es bienheureux dan » le ciel le second consiste dans la » connaissance des choses que Dieu «nous révèle; et le troisième, dans » la connaissance qu'acquièrent les » mortels par la seule raison

* Je ne parlerai point de la nre- » miere certitude. Il appelle la se- » conde certitude divine, et la troi- » sieme certitude humaine.

» vin 2 ! I I 1 , aflirme «ï ue la certitude di- Jnrl em P? rte > e » dignité et en •foice sur la certitude humaine-

» la plus haute certitude humaine » n'est que probable, bien que de™ "Plus haute probabilité, sans en «excepter môme les principes de la » géométrie; et la raison qu'il en an-

» hvie a lui-même, ne perçoit rien » avec une assurance parfaite, mais »» perçoit tout d'une manière pluTou » moins douteuse. La raison, dit-il

»d °.ton Me reste; nous la connaissons par elle, ainsi que les autres êtres, et » selon sa manière d'être et sa portée » 1res- fermement si elle est claire avec » foute si elle est ténébreuse et fat » aie, D ans quel état se t f u '

• chacun de nous ? C'est ce qui ne peut » apparaître manifestement à nos rel 9 n!!> 1 H0US ne pomons entrevoir

» llnet.!TTl â%T JeS - iQUXSt -

» À ^.Jela posé,' que fera l'homme

»>douederaison?Dé S espérera-t-ild'at- » teindre toute certitude ? A Dieu ne

l L ,™' reprend le Philosophe dont » la conscience sent trop bien l'im- » possib.hté d'un tel doute.... comm

» TnJïT 1 ] 6 en V0!iar J e I' d Paient » dans des lieux qu'il ne connaît pas,et » qm ignore la route pour aller plus » loin ne pouvant la conjecturer par » la situation du ciel ou du lieu, ne » perdra cependant pas courage, et ne » terminera point là sa course mais » ç/ierchera quelqu'un qui lui montre » m vote, et par qui il se laissera eon- « duire; ainsi l'âme, ayant conscience

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» de sa faiblesse pour atteindre sùrei ment et prochainement la vérité par » la raison, ne se reposera pas dans » son ignorance, mais jettera les yeux » sur un autre être qui sera son guide, » auquel elle se confiera sans balancer, » et, de qui recevant l'indication du » chemin , elle poursuivra sa route.

» (I6id.,p.l4.)

» 4° Mais qui pourra être ce guide, » et par quel moyen pourra-l-il être » distingué ? Assurément , répond » Huet, la raison serait incapable de » le découvrir. Car elle s'avoue im- » puissante pour atteindre avec certi- » tude la vérité, par elle seule. Mais ce » guide, que la raison ne pourrait » jamais trouver, ce guide désirable, » s'offrira de lui-même. Il est à la » porte ; c'est Dieu ; il s'insinue même » dans nos âmes, et nous promet de se » faire, pour nous, démonstrateur et » indicateur de la vérité, de nous con- » duire dans la voie libre et sûre. {Ibid., » p. 14.)

» Dieu est donc le guide unique, » la seule règle certaine de la vérité; » il est cette lumière de la foi qui, » tombant dans nos âmes, se rend elle- » même, et rend tout le reste visible et » croyable. (Ibid., p.' 21.) Car notre » esprit qui, par lui-même, non point » tout à fait aveugle, mais ténébreux y> et faible, ne saisissait rien avec cer- » titude, éclairé de cette nouvelle lu- » mière, peut, dès lors, percevoir « infailliblement ; c'est ainsi qu'un » homme, qui n'est point complôte- » ment aveugle, mais dont les yeux » ne sont pas assez vifs, distinguera » clairement, si quelque nouvelle 1e- » mière vient à leur secours, ce qu'il y> ne pouvait clairement distinguer » avec la seule lumière habituelle. »

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