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habit de dominicain. Ses confrères le reçurent mal et même avec des lazzis inconvenants. Aussi se retirat-il après le 15 mai devant la diiliculté de faire respecter son habit; et, prêchant quelques jours après à Notre-Dame , il dit avec fierté :
« Ma montagne, à moi, la voici ! »
Lacordaire ne se retira pourtant pas du mouvement politique; il fonda avec l'abbé Maret, le doyen de la faculté de théologie delà Sorbonne, et M. Ozanam, l'Ere nouvelle, journal, à la fois religieux et républicain, mais le cours des événements interrompit cette publication. 11 fournit aussi au Correspondant quelques articles de critique religieuse: ses Conférences de Toulouse et ses Lettres a un jeune homme sur la vie chrétienne.
Quant à ses conférences de Notre- Dame, il les poursuivait toujours au milieu même de la révolution et jusque dans les moments les plus agités; mais après le coup d'Etat, le nouveau gouvernement , auquel il faisait ombrage, fit en sorte de lui en rendre impossible la continuation.
Il fit pourtant encore, et pour la dernière fois à Paris en 1852, ce fameux discours de Saint-Roch que nous analysâmes dans un journal, et qui fut le développement hardi de cette parole : Esto vir, devant toutes lesfaiblesses qui s'agenouillaient alors aux pieds de la violence victorieuse.
En 1854, il reprit une suite de discours sur la morale à Toulouse.
Ces six discours sont les derniers du père Lacordaire dans des assemblées solennelles. Il ne se consacra plus, ensuite, qu'à l'administration de son ordre et à la direction de plusieurs collèges à Oullins, près de Lyon, à Bourges et surtout à Sorèze (Tarn), où il passa le reste de sa vie.
Lacordaire fut élu en 1800 membre de l'Académie française, et fit, dans son discours de réception, avec une éloquence originale, à la fois l'éloge de M. A de Tocqueville qu'il remplaçait et des libertés américaines. Un écrit qui avait précédé sur la liberté de l'Italie et de l'Eglise, et ce dernier discours produisirent dans les deux mondes une profonde sensation.
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M. Perreyve, quand Lacordaire vivait encore, terminait comme il suit sa biographie dans le Dict. encyclop.
de la thèol. cathol. « Aujourd'hui, révenu à Sorèze, au milieu des enfanis et des jeunes hommes qu'il aime, et qui l'entourent d'une vénération filiale, il y continue l'œuvre essentielle de sa vie, celle qui en fit tout ensemble l'unité, la force et la douceur, je veux dire l'Évangile annoncé au siècle, la raison et la liberté reconciliées avec la foi , la jeunesse française attirée, conquise et rendue à Jésus-Christ. »
Ces paroles sont de la plus grande vérité en ce qui est de Lacordaire lui-même ; mais il y en a si peu qui lui ressemblent et un si grand nombre qui travaillent dans d'autres directions, que la conquête de la jeunesse lettrée dont il s'agit se borne à bien peu de chose au milieu de l'invasion du positivisme moderne que nous ne cessons de déplorer.
Lacordaire est mort quelques années avant la chute du second empire dans sa lutte avec la Prusse, aussi bien qu'avant la tenue du concile du Vatican. Sa piété, qui le portait à trop die rigueurs peut-être sur lui-même dans l'observation du régime de sa règle, ne fut pas étrangère à cette mort prématurée. •
Les éditions des œuvres du P. Lacordaire sont nombreuses; on y trouve les ouvrages suivants :
Considérations philosophiques sur le système de M. de Lamennais ; Mcmoire pour le rétablissement en France de l'ordre des frères prêcheurs ; Vie de saint Dominique ; Conférences de Isotre- Dame; Conférences de Toulouse; Discours pour la translation du chef de saint Thomas d'Aquin; Panégyrique du B. Fourier; Discours sur la loi de l'histoire ; Discours prononcé à la distribution solennelle des prix de l'école de Sorèze; F Église et l'Empire romain au quatrième siècle ; Frédéric Ozanam ; Lettre sur le Saint-Siège ; Notice funèbre sur Marc-René, Eu de Montalembcrt ; Discours prononce devant la chambre des Pairs dans l'affaire de l'école libre; Discours sutla Vocation de la natim française; Éloge funèbre de Mgr Forbin-Junson ;
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Éloge funèbre du général Drouot; Éloge funèbre de Daniel 0' Connel ; Lettres à un jeune homme sur la vie chrétienne ; Sainte-Madeleine ; De la Liberté de l'Italie et de l'Église ; Discours de réception à l'Académie française.
On a fait sur cet orateur original autant que sublime, beaucoup d'études critiques. On peut citer parmi les populaires, celles de M. Léomenie dans la Galerie des contemporains illustres et celles de M. Sainte-Beuve dans ses Causeries du lundi. Nous avons aussi fait les nôtres; elles ont paru, du moins en partie, dans la Presse religieuse, avec d'autres sur le père Ventura et sur l'abbé Cœur. A ces études nous en avons adjoint sur le P. de Ravignan et sur l'abbé Combalot, qui sont encore inédites. Ces cinq orateurs de la chaire nous ont toujours paruoecuper le sommet dans notre siècle. Nous y joindrons le P. Hyacinthe qui mérite, par ses cinq avents à Notre-Dame, de compléter la demi-douzaine. M. Lacordaire restera toujours le premier.
Le Noir.
LACORDAIRE (Jean - Théodore).
(Théol. hist. biog. et bibliog.) — Ce frère aîné du grand orateur, né, en 1801 , dans la Côte-d'Or comme son frère, fit de 1825 à 1832 quatre voyages dans l'Amérique méridionale, et en publia les relations dans la Ilevue des deux mondes et dans le Temps; ilaccepta en 1815 la chaire de zoologie à Liège et il est devenu le doyen do l'Université de cette ville ; on a do lui: Introduction à l'entomologie, 2 vol.
in-8° 1834-37; Faune entomologique des environs de Paris, 1835; etc.
Il y a encore deux autres frères de Lacordaire, l'un administrateur aux Gobelins, l'autre officier supériour dans l'armée.
LACRETELLE (Charles- Jean-Dominique de ). (Théol. hist. biog. et bibliog.) — Cet historien français, né à Metz en 1766 et mort à Mâcon en 1855, a laissé: Précis historique de la Révolution française, 6 vol. in -8° 1801 à 6 ; Histoire de France pendant les guerres de religion, A vol. in-8 ,
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1814-16; Histoire de la Révoluiinn française, 8 vol. in-8, 1821 à 26, faisant suite à son Histoire de France pendant le XVIII siècle et écrite dans un autre esprit ; Histoire de France depuis la .Restauration, 4 vol. in-8, 1 829 à 35 ; Histoire du Consulat et de l'Empire, 6 vol. in-8, 1845 à. 46 ; Éloges de Florian 1812, et de Raitly 1 836 ; etc.
Le Nom.
LACROIX (Claude). (Théol. hist.
biog. bibliog. ) — Ce jésuite théologien probabiliste, né à Saint-André dans le Limbourg en 1652, et mort à Cologne en 1714, est l'auteur d'un commentaire célèbre sur la théoln :
morale de Busenbaum, en 2 vol.
in-fol., que M. L. Vives a rééditée en 4 vol. in-4°. Busenbaum et Lacroix furent souvent attaqués comme des casuistes relâchés. II. Antoine Zaccaria les défendit, et saint Alphonse de. Ligori fit aussi la théologie morale, dont nous avons donné nousmôme une édition nouvelle complétée par beaucoup d'intercalations de théologiens contemporains , en prenant Busenbaum pour base de son travail. Les rigoristes qui veulent qu'on pèse la moralité des actions humaines comme une marchandise, sont, à notre avis, beaucoup plus dangereux que les probabilistes, qui respectent les droits de la conscient s.
Le père Gury, l'auteur contemporain du compendium de théologie morale si répandu a écrit du P. Lacroi.i: :
Vir doctus, in praclicis rébus versaius, copia rerumque dclectu styli nitore et sohUionum nitiditate, spec^ tandus. Le Nom.
LACS (quelques) Cuiukux. (Throl.
mixt. scien.. géogr. et géol.) — Les lacs que le Dieu de la nature a étendus à toutes les hauteurs, soit au-dessus soit au-dessous du niveau des mers, font partie des merveilles les plus intéressantes de la création terrestre, et parmi ces lacs s'en trouve un qui est peut-être encore le plus curieux de tous; c'est celui qui sert de puisard au fleuve du Jourdain dont la vallée fut le théâtre de la vie de Jésus, et à tous les torrents du pays. C'est sur-
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tout en considération de ce lac, qu'on nomme le tac asphaltite ou la mer Morte, que nous signalerons, dans cet article, les principales curiosités des lacs, en terminant par celui-là, comme couronnement.
Il y a beaucoup de lacs périodiques, c'est-à-dire qui se vident et se remplissent régulièrement et plus ou moins subitement à certaines époques de l'année. Quand ces effets résultent de pluies particulières à telle saison, puis de chaleurs qui leur succèdent, ainsi qu'on le remarque pour une multitude de tacs des contrées équatoriales, parmi lesquels on peut donner pour exemples le tac de sel du Sahara Algérien, le tac de Caer au Sénégal , les lacs de Paria et de Xarayes en Amérique , ces effets ne sont pas mystérieux, puisque la cause en est visible ; mais il en est quelquesuns dont la périodicité est plus étrange, telle est celle du lac Zirknitz dans la Basse-Carniole : dans certaines saisons, à jours fixes, les eaux de ce lac s'en vont on ne sait où, par des canaux souterrains qu'on peut voir ensuite quand le tac est vide ; puis à un jour donné, il se fait tout à coup un bruit effrayant, les eaux reviennent par les mêmes canaux, et en peu d'instants couvrent toute l'étendue.
Pendant l'intervalle où le tac est à sec, il se présente comme un marais très-fertile où l'on fait une abondante récolte, en sorte que sur le même terrain, dit M. Lamartinière, qui l'a visité, on pratique, tour à tour, la moisson, la fenaison, et la pèche. Il parait bien nécessaire qu'un pareil phénomène ait une cause analogue à celle par laquelle on explique les fontaines intermittentes (v. ce mot), laquelle tienne à des conduits souterrains en siphons et communiquant avec de grands réservoirs cachés dans des montagnes voisines ou éloignées. On ne pourrait guère l'expliquer autrement.
Il existe des tacs qui portent des îles flottantes. Tout homme lettré a lu l'épitre de Pline à Gallus, dans laquelle le célèbre naturaliste décrit l'Ile flottante du lac Vadimon, lequel porte aujourd'hui le nom de lago di bassanelle. Mais on connaît mainte-
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nant beaucoup d'autres exemples du même phénomène, surtout dans les pays du Nord. Il y a en Prusse, en Ecosse, en Suède, en France même, des tacs à îles flottantes ; on peut citer celui de Lomond en Ecosse, celui de Raland en Suède sur lequel on a vu paraître et disparaître dix fois en 70 ans (de 1696 à 1766) un ilôt qui flottait couvert de verdure, et le petit tac de Saint-Omer, en France, qui en montre également. Adenson vit en 1751, au Sénégal, près de l'embouchure du Niger, une île se former, suivre le cours de l'eau, et se laisser enfin attirer contre la rive où elle se fixa. Ce sont simplement des portions de terrains tourbeux qui se détachent d'une rive, restent adhérents par l'enlacement des racines des arbres et des plantes, et flottent souvent très-longtemps, avec les végétations qui se développent, se perpétuent ou se renouvellent à leur superficie. Ces phénomènes, tout curieux qu'ils soient, s'expliquent facilement. Il n'en est pas toujours de même du suivant.
Le phénomène dont nous voulons parler consiste en ce que certains lacs sont sujets à des mouvements de marées comme celles de l'Océan.
Lorsque ces mouvements sont à peu près constamment dépendants des marées d'une mer assez voisine, on ■ s'en rend compte sans peine par une communication, soit visible soit souterraine et cachée, avec l'Océan ; mais lorsque ces mouvements seproduisent à des époques irrégulières et dans des lacs qui sont situés à des élévations plus ou moins considérables au-dessus du niveau des mers, il en est'autrement. On donne à ces soulèvements le nom de seiches, et parmi les lacs qui sont sujets aux seiches, on peut citer le beau tac de Genève eu Suisse et le lac de Wettern en Suède.
On remarque parfois, sur ces lacs, en toutes saisons, mais plus fréquemment au printemps et à l'automne, dans des journées orageuses, que les eaux s'élèvent tout à coup, par une sorte de renflement, de 1 mètre 50 centimètres à I mètre 80 centimètres, puis s'abaissent avec la même rapidité; ces alternatives recommencent souvent pendant plusieurs heures de
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suite. Quelle en est la cause? On a supposé qu'elle tenait aux variations de pression de l'atmosphère sur une vaste surface liquide; cela peut être, mais il conviendrait de le constater par des observations barométriques et de s'assurer si le boursouflement des 'eaux ne se traduit que dans une partie à la suite d'un abaissement des mêmes eaux dans une autre partie, car s'il avait lieu dans toute l'étendue à la fois, il serait des plus mystérieux et à peu près inexplicable pour là science dans son progrès présent.
Il en est de même des agitations brusques et violentes qui se font remarquer sur les lacs Wettersée en Suède, Lomond en Ecosse, Boleslaw en Bohème; il n'est pas rare que ces agitations soient assez fortes pour lancer dans l'air les glaçons dont le premier de ces tacs est chargé pendant l'hiver. On en ignore absolument la cause; et pourtant les eaux du lac Wettersée sont tellement limpides qu'on découvre facilement une pièce de monnaie à trente-cinq mètres au fond.
Il y a des lacs qui diminuent lentement, mais d'une manière incessante; tel est le lac de Neut'chàtel, le tac d'Annecy, la mer Caspienne, la mer d'Aral, etc. Cette diminution provient des alluvions que les rivières y char- .rient.ces lacs finirontpar s'encombrer; c'est ainsi que se sont formés, durant les temps géologiques beaucoup de plaines et de vallées très-fertiles aujourd'hui.
Voici un autre phénomène étrange que sir Al. Makensie a observé sur le lac Rose 'Amérique du Nord) et qu'il raconte dans les termes suivants :
« Au portage de Martres, l'eau n'a pas beaucoup plus d'un mètre de profondeur et le fond est fangeux ; on peut y enfoncer une perche de quatre mètres avec la même facilité que dans l'eau.
Mais celte fange exerce une attraction magiquesur les bateaux, de telle sorte que les rameurs ontunepeine extrême à les faire avancer. Des bateaux chargés courent le risque de couler à fond là où l'eau est peu profonde ; cet effet cesse d'être sensible dans la partie sud où la profondeur est plus grande.»
Expliquez cela.
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Quant aux tacs à eaux thermales, ils sont rares, mais il en existe. On en connaît un à la Nouvelle-Zélande; c'est le lac Roto-Mahana ; l'eau en est assez chaude pour qu'il s'en échappe constamment des colonnes de vapeur.
Terminons, comme nous l'avons promis, par le lac Asphaltite, le grand puisard du Jourdain et des torrents de la Palestine. Ce tac est le seul do son espèce ; et ce n'est point parce que l'eau en est très-saumàtre ettellement chargée de sel qu'un homme y surnage à peu près naturellement, car il y en a d'autres qui présentent des propriétés de même espèce, tels sont les lagoni de la Toscane qui sont chargés d'acide borique, et qu'on exploite comme sources naturelles de cet acide pour la fabrication du borax ; il y a au Tbibet de petits tacs dont l'eau est de même nature ; on obtient, en Toscane, l'acide borique cristallisé en faisant descendre successivement ces eaux d'un réservoir dans un autre et la taisant évaporer. Ce qui distingue spécialement la mer Morte de tous les autres lacs, c'est sa position au-dessous du niveaudes mers. Il y en a beaucoup qui sont à ce niveau même ; il y en a également des multitudes le long des montagnes qui sont au-dessus de ce niveau; parmi les plus élevés on peut citer le tao Titicaca en Bolivie qui se trouve situé à 4,265 mètres plus haut, le lac de Van en Arménie dont l'altitude est de 2,270 mètres, le tac Salé dont l'altitude est de 1,2(30 mètres, etc. Mais le lac Asphaltite, au contraire, est placé à 427 mètres, ou 1 ,27 1 pieds métriques au-dessous du niveau de la mer Méditerranée, en sorte que si l'on pratiquait un canal de jonction entre ce lac et cette mer, celle-ci envahirait toute la vallée jusqu'au lac de Génésareth et au lac Méroum (V. Palestine.) Quant à la densité de son eau, elle est de 1 ,20 environ par rapport à celle de l'eau distillée. Il n'est pas sans intérêt de penser que Jésus- Christ a conquis le monde parla puissance d'une parole qui est partie des plateaux galiléens qui bordent cette vallée profonde. Le Nom.
LACTANCE, orateur latin et apologiste de la religion chrétienne. Selon
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l'opinion du père Franceschini, dernier éditeur des ouvrages de Lactance, cet écrivain était né à Formo en Italie.
Il étudia sous Arnobe, à Sicca en Afrique, fut appelé à Nicodémie pour enseigner la rhétorique, devint précepteur de Crispus fils de Constantin, et se retira à Trêves après la mort funeste de son élève; il mourut l'an 323.
Son principal ouvrage est celui des Institutions divines, où il s'attache à démontrer l'absurdité du paganisme et des opinions des philosophes, et leur oppose la vérité et la sagesse de ' la doctrine chrétienne. On ne doute plus aujourd'hui que le livre de la Mort des Persécuteurs ne soit de lui.
Il a fait aussi un livre de l'Ouvrage de Dieu, dans lequel il prouve la providence, et un autre de la colère de Dieu, où il fait voir que Dieu est vengeur du crime, aussi bien que rémunérateur de la vertu. Son style n'est pas moins élégant que celui de Cicéron.
Lactance avait encore écrit plusieurs autres ouvrages qui ne sont pas venus jusqu'ànous. Ceux qui nous restent ne sont pas sans défaut; plusieurs censeurs un peu trop rigides y ont noté un assez grand nombre d'erreurs théologiques; mais la plupart sont seulement des façons de parler peu exactes, et qui sont susceptibles d'un sens orthodoxe lorsqu'on ne les prend pas à la rigueur. Il faut se souvenir que cet auteur n'était pas théologien, mais orateur ; qu'il n'avait pas fait une longue étude de la doctrine chrétienne, mais qu'il possédait très-bien l'ancienne philosophie.
Quoiqu'il ne fût pas assez instruit pour expliquer avec précision tous les dogmes du Christianisme, il a cependant rendu à la religion un service essentiel, en mettant au grand jour les erreurs, les absurdités et les contradictions des philosophes. Son ouvrage de la Mort des Persécuteurs contient plusieurs faits essentiels dont Lactance était très-bien informé, et qui ne se trouvent point ailleurs. On n'a pas tort de le mettre au nombre des Pères de l'Eglise. (1).
(1 ) Comme le fuit observer Borgier arec justesse, Lactance n'était qn'uo orateur. Il appartient aux
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L'abbé Lenglet Dufresnoi a donné à Paris, en 1748, une très-belle édition de Lactance, en deux vol. in-t".
Le père Franceschini l'a fait réimprimer à Rome en 1754 et 1760, en dix volumes m-8°, avec de savantes dissertations.
Bergier.
LADVOCAT (Jean-Baptiste). (Théoï.
hist. Mog. et bibliog.) — Cet hébraïsant et exégète du xvni 6 siècle, né à Vaucouleurs en 1709, curé de Domremy, lieu de naissance de notre Jeanne d'Arc, professeur en Sorbonne et bibliothécaire de cette faculté , mourut en 1765. On a de lui beaucoup d'ouvrages oubliés et, entre autres un Lexique de géographie abrégée, une Grammaire hébraïque, qui parut avec cette annonce de charlatan qu'il suffirait désormais d'un mois pour apprendre l'Hébreu sans le secours d'aucun maître, et des Commentaires critiques et exégéliques sur les psaumes.
Le Nom.
LA FONTAINE (Jean de). (2>ûZ.
hist. biog. et bibliog.) Ce grand poète français dont le naturel est si grand, l'esprit si fin, la bonhomie et la naïveté si parfaites qu'il amérité d'être qualifié par le jugement unanime de la postérité d'inimitable, naquit à Château- Thierry en 1C21 et mourut en 1095 à Paris. Tout le monde connaît ses admirables fables; ses contes ne le sont pas moins pour la forme, mais sont peut-être l'œuvre la plus dangereuse pour la jeunesse, au point de vue des mœurs, de toute lapoésie française. Il a laissé, en outre, quelques pièces de théâtre qui ne sont pas à mettre en comparaison avec les contes ni les fables, et des mélanges.
Le Noir.
écrivains de la trempe des Tertutlien, saint Jérûmo. saint-Bernard, et, dans notre époque, Lamennais. Il n'est pas du tout philosophe, ne sait qui? déclamer, en style magnifique, contre les philosophe* cnnu.l > le P. Ventura par exemple. U aunlivretrès-curieua sur la fin du monde qu'il annonçait, en en décrivant tous les détails, pour un temps prochain. Njus n'ayons pas beaucoup de sympathie pour ces sortes de talents; nous aimons bien davantage les saint Angustin et les Fénelon.
La Nota.