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LAGOPÈDE. (Thcol. mixt. scicn.
zool.) Il n'y a rien dans la nature que Dieu n'y ait mis pour le bonheur de quelque être vivant. La neige aux froids intenses des montagnes du Nord que fuient toutes les bêtes et tous les oiseaux, en attire un pourtant qui y trouve ses délices ; et qui le croirait?
c'est une perdrix, dont le nom vulgaire est perdrix de neige, perdrix des Pyrénées, et le nom scientilique celui même qui figure en tète de cet article, nom qui liquifie à pieds de lièvre.
Cette jolie galliuacée, dont le mâle a le cri rauque et la femelle le cri de la poule, et dont le plumage, fauve et vermiculé de noir pendant l'été, devient entièrement blanc, avec un trait noir sous les yeux, durant l'hiver, touchante précaution du Dieu de la nature, puisque la couleur blanche concentre en l'empêchant de rayonner au dehors, le calorique du dedans ; cette jolie gallinacée se rencontre dans les régions polaires de l'Europe et de l'Amérique, aussi bien que dans les Pyrénées et les Alpes; elle aime tellement la neige qu'elle ne la quitte jamais que dans les jours où elle couvre tellement la terre qu'il ne reste plus une plante pour lui fournir quelque chose à manger, car le lagopède vit de mousses, de baies, de bourgeons et d'insectes. Aux altitudes où il établit son séjour, la neige ne fond jamais; c'est dans ses amas qu'il se creuse son abri contre le vent : il se réfugie par troupes dans ces demeures quand la tourmente est trop violente; etjusques dans l'été, quand les lagopèdes se dispersent par couples, pour former famille, on les voit gagner encore les sommets neigeux pour aller s'y rouler dans la neige avec bonheur. C'est là leur manière de faire fête au soleil et au Dieu de la nature.
Le Noie.
LA HARPE (Jean François do).
(Theol. hist. biog. et bibliog.) — Ce littérateur français duxvin» siècle, né en 1739 et mort en 1803, qui s'était d'abord jeté dans la philosophie à la mode, mais qui revint à la religion vers la lin de sa vie, et qui essuya des persécutions pendant la Rêvo-
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lution, avoue lui-même qu'il avait été nourri six mois par des sœurs ic la charité. Il fut grandement protéçw par Voltaire. 11 composa beau. ■i»n, de pièces de théâtre qui n'eurent pas grand succès, mais sa première, Warmeh,' avait parfaitement réussi.
L'œuvre qui l'a immortalisé es! son Cours de littérature, dant les decuiers volumes ne valentpas, dit-on, le; premiers.
Le Noir.
LAI. On nomme ainsi celui qui n'est point engagé dans les ordres oc clésiastiques ; c'est une abréviation du mot laïque, et ce terme est principalement en usage parmi les moines; ils entendent par frère lai, un homme pieux, et non lettré, qui se doino à un monastère pour servir les religieux.
Le frérelai porte un habit un peu différentde celui des religieux; H n'a pn'mt de place au chœur, ni de voix en chapitre, il n'est pas dans les ordres, ni même souvent tonsuré; il ne fait vœu que de stabilité et d'obéissance. Cet état est souvent embrassé par des liommes d'un caractère paisible et vertueux, qui fuient la dissipation du monde, et désirent de mieux servir Dieu dans un cloître. Il y a aussi des frères lais qui font les trois vœux dfl religion, qui sont destinés au seryiee intérieur et extérieur du couvent, qui exercent les ofiiees de jardinier, de cuisinier, de portier, etc. On les nomme aussi frères converr,.
Cette institution a commencé dans le onzième siècle; ceux à qui l'on donnait ce titre étaient des hommes trop peu lettrés pour devenir clercs, et qui, en se faisant religieux, se destinaient entièrement au travail ries mains et au service temporel des monastères. On sait que dans ce tempslà la plupart des laïques n'avaient aucune teinture des lettres, et que l'on nomma clercs tous ceux qui savaient lire. Cependant il n'i ' irait p as été juste d'exclure les premiers de te profession religieuse, parce qu'ils n'étaient pas lettrés.
Il ne faut donc pas attribuer cette distinction au dégoût que prirent les religieux pour le travail des mains, à.
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l'ambition d'être servis par des frères lais, au relâchement de la discipline, ni à d'autres motifs condamnables.
Dans un temps où le clergé séculier était à peu près anéanti, où les fidèles étaient réduits à recevoir des religieux tous les secours spirituels, il était naturel que ceux qui pouvaient les leur rendre s'y livrassent tout entiers, pendant que ceux des religieux qui en étaient incapables s'occupaient du travail des mains et du temporel. Il est sans doute résulté dans la suite un inconvénient de cette différence d'occupations, en ce |que les religieux-clercs n'ont plus regardé les frères lais que comme des manœuvres et des domestiques; mais dans l'origine la distinction entre les uns et les autres est venue de la nécessité et non du désir ou du projet d'introduire un changement dans la discipline monastique.
De même, dans les monastères de filles, outre les religieuses du chœur il y a des sœurs converses, uniquement reçues pour le service du couvent, et qui font les trois vœux de religion. Mais dans quelques ordres très-austères, comme chez les clarisses, il n'y a point de sœurs converses ; toutes les religieuses font tour à tour tout le service et le travail intérieur de la maison. Bergieh.
LAÏCOCÉPHALES. Ce nom signifie une secte d'hommes qui ont pour chef un laïque : il fut donné par quelques catholiques aux schismatiques anglais, lorsque, sous la discipline de Samson et de Morison, ces derniers furent obligés,, sous peine de prison et de confiscation de biens, da reconnaître le souverain pour chef de l'Eglise. C'est par ces moyens violents que la prétendue réforme s'est introduite en Angleterre. Le pouvoir pontifical, contre lequel on a tant déclamé, ne s'est jamais porté à de pareils excès. Mais l'absurdité de la réforme anglicane parut dans tout son jour, lorsque la couronne d'Angleterre se trouva placée sur la tète d'une femme : on ne vit pas* sans étonnement les évèques anglais recevoir leur juridiction spirituelle de la reine Elisabeth. Bergier.
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LAÏQUE, se dit des personnes et des choses distinguées de l'état ecclésiastique, ou de ce qui appartient à l'Eglise ; ce nom vient du grec "kioç, peuple. Ainsi l'on appelle personnes laïques, toutes celles qui ne sont point engagées dans les ordres ni dans la cléricature ; biens laïques, ceux qui n'appartiennent pas à l'Eglise; puissance laïque, l'autorité civile des magistrats, par opposition à la puissance spirituelle ou ecclésiastique.
La plupart des auteurs protestants ont prétendu'que la distinction entre les clercs et les laïques était inconnue dans l'Eglise primitive; qu'elle n'a commencé qu'au trqisième siècle, que c'a été un effet de l'ambition du clergé. Ainsi le soutiennent encore les calvinistes, que l'on nomme en Angleterre presbytériens et puritains.
Mais les anglicans ou épiscopaux ont soutenu, comme les catholiques, que cette distinction a été faite par Jésus- Christ lui-même, et qu'elle a été établie par les apôtres.
C'est à eux seuls , et non aux simples fidèles, que Jésus-Christ a dit : Vous n'êtes pas de ce monde, je vous ai tirés du monde, vous êtes la lumière du monde, etc. C'est à eux seuls qu'il a donné la commission d'enseigner toutes les nations , le pouvoir de remettre les péchés et de.
donner le Saint-Esprit; qu'il apromis de les placer sur douze sièges pour juger les douze tribus d'Israël, etc.
Ils ont donc une mission, un caractère, des pouvoirs , des fonctions, que n'ont point les simples fidèles (I).
Saint Paul, dans ses lettres à Tite et à Timothée, leur prescrit des, devoirs qu'il n'exige point des simples fidèles; il charge les premiers d'enseigner, de conduire, de gouverner; les seconds, d'écouter la voix de leurs pasteurs et d'obéir. Saint Clément de Rome, disciple et successeur immédiat des apôtres, Epist. 1 ad Cor. n. 40, veut que l'on observe dans l'Eglise le même ordre qui était gardé parmi les Juifs, chez lesquels
(1) Et au-dessus d'eu le souverain pontife * la mission spéciale et l'autorité suprême que le conciio du Vatican a déduites des paroles du Christ à Pierre en particulier : Tu es Pierre, etc., et les autres. La Noia.
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les laïques n'avaient ni les mêmes devoirs, ni les mêmes fonctions que leslévites et les prêtres. Saint Ignace, dans ses lettres, nous montre cette même discipline déjà établie, et saint Clément d'Alexandrie la suppose évidemment. Quis dives salvetur, p. 939.
Il n'est donc pas vrai que Tertullien et -saint Cyprien soient les premiers ■ qui en ont fait mention; elle existait avant eux, et elle est aussi ancienne que l'Eglise.
' Vainement on objecte que saint Pierre, Epist. 1, c. 2, f 9, attribue le sacerdoce à tous les fidèles; et que, c. 5, y 3, il les nomme clercs ou clergé , c'est-à-dire , Fbéritage du.
Seigneur. Dans ces mêmes endroits l'apôtre leur attribue la royauté; on n'en conclura pas que tous sont rois ; il explique ce qu'il entend par sacerdoce, en disant que c'est pour offrir à Dieu des victimes spirituelles, des vœux, des louanges, des prières ; il charge les anciens ou les prêtres de paître et de gouverner le troupeau du Seigneur; il ordonne aux jeunes gens d'être soumis aux anciens. De même, dans l'ancien Testament, le peuple juif est appelé un royaume de prêtres, Exod., cap. 19, jr 6; et l'héritage du Seigneur, Deut., c. 4, y 20, et c. 9, f 29. Saint Pierre n'a fait que répéter ces expressions ; il ne s'ensuit pas que chez les Juifs il n'y ait eu aucune distinction entre les prêtres et le peuple : si un simple juif avait osé faire les fonctions des prêtres, il aurait été puni de mort; Saiil, quoique revêtu de la royauté, fut puni pour avoir eu cette témérité.
Bingham, Orig. ecclcs., liv. i , chap. 5 ; Bellarm., tom. 2, Conlrov. 2, etc.
Voyez Clergé. Bergier.
LAIT (le) ET LE JAUNE D'OEUF.
(Thêol. mixt, scien. physiol.) — Il existe dans la nature deux liquides qui témoignent d'une attention à la fois bien savante et bien touchante de l'auteur de la vie, en vue des nourrissons de toutes les mères. Les unes sont vivipares ; les autres sont ovipares; aux premières il donne le lait, qu'il met dans leurs mamelles pour l'alimentation de leurs petits; aux autres il donne l'œuf qui con-
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tient le petit et la matrice dans laquelle il le développera, mais il met à côté le jaune de l'œuf dont la quantité sera exactement celle qui sera nécessaire et suffisante pour le nourrir jusqu'au jour de l'éclosion.
Or, qu'est-ce que le lait et qu'est-ce que le jaune d'œuf? Le lait est l'aliment complet, qui, par sa composition chimique remplacera à lui seul tous les aliments, et constituera la nourriture la plus saine , la plus nourrissante, la plus facile de diges tion, la plus parfaite, parce que c'es< la plus rapprochée du chyle et du sang ; et le jaune d'œuf est un lait qui a les mêmes propriétés, ainsi que l'a démontré M. Joly de Toulouse. Ces deux compositions son' toutes préparées dans la proportion relative au nourrisson qui se déve loppera à leurs dépens. Elles sonl formées d'eau émulsionnée de matières grasses, qui sont le beurre, e f contiennent en suspension du sucre ou lactate, de l'albumine, de la ca seine et des sels miuéraux en faible quantité; réunion qui forme préci sèment le régime alimentaire li quido-solide tout à la fois, le plus complet qui se puisse imaginer : l'ai bumine et la caséine en sont les principes azotés ; le sucre de lait en constitue le principe amylacé ; le beurre en est le principe gras et calorifique, et les matières minérales n'y manquent point , puisqu'on y trouve les sels suffisants. Aussi l'enfan^ ne vit-il d'abord que |de lait, comme le petit oiseau dans l'œuf puise, durant tout le temps de l'incubation, sa nourriture principalement dans le jaune, dont la vitelline, substance azotée, analysée pour la première fois par MM. Dumas et Cahours, remplace l'albumine, lui équivaut, êtes* d'ailleurs mélangée de matières grasses et de tout ce qui convient pour en faire un aliment complet comme le lait lui-même. Il n'y manque pas même, dans une petite chambre, le réservoir et la provision d'air qui sera nécessaire à la respiration du jeune animal.
Si l'on pousse l'étude du lait et du jaune d'œuf à de plus minutieux détails et qu'on les compare d'espèce à
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espèce, tout en les trouvant toujours composés de la même manière, on fait de nouvelles découvertes qui ne sont pas moins admirables; les proportions des principes varient et sont de toutes nuances, selon ce que sera un jour la nourriture de l'animal, qui, dès son premier âge est ainsi prédisposé insensiblement par la nature à son régime futur. C'est ainsi que le lait des carnivores contient plus de caséine que celui des herbivores, et que le jaune d'œuf de l'oiseau de proie diffère de même de celui de la gallinacée. Sur ce terrain de la chimie organique, où il reste encore tant de choses à étudier et à découvrir, ce qui n'est pas étonnant puisque cette chimie est une science qui ne fait que de naître, nous dirons en passant que de toutes les espèces de lait, c'est celui de brebis qui contient le plus de beurre et celui de jument qui en contient le moins, que celui de femme est le plus riche en lactose ou sucre, et le plus pauvre en caséine, ce qui semblerait indiquer que le vœu de la nature n'est pas que l'homme soit trop Carnivore, puisqu'elle refuse la caséine à l'enfant, quoique la mère se nourrisse si souvent de chair en grande partie. Car ces nuances diverses de composition du lait sont, à la fois, des résultats du régime des mères et des précautions de la nature prédisposantes pour les nourrissons. Tout s'harmonise, même en dépit des abus que fait l'homme de sa liberté. C'est grâce à ces harmonies, que ne peut détruire celle-ci, que la nature se perpétue, et ces harmonies sont tellement savantes à tous les points de vue, si bien pondérées, qu'il est difficile de comprendre que l'athée n'y voie pas la manifestation d'une intelligence.
Le Noir.
LAIT (l'arbre à). (Théol. mixt. scien.
botan.) — La Providence a donné à beaucoup de végétaux, des contrées tropicales surtout, la propriété de produire des sucs laiteux, dont quelques-uns sont un véritable lait trèsabondant, et très-utile à l'homme.
M. Boussingault, dans sou traité d'É-
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conomie rurale (Paris, ISol), parle d'un assez grand nombre, dont quelques-uns ont été étudiéspar lui-même dans les pays qui les produisent. Le plus remarquable et le plus célèbre de ces végétaux, dont le latex est un véritable lait, est celui qui croit en abondance dans la Colombie, aujourd'hui la République de Venezuela, près de Caracas; M. de Humboldt en parle sous le nom de galactodendron utile, mais ses noms vulgaires sont l'arbre à la vache, l'herbe à la vache (palo de vacca), l'arbre à lait (palo ou arbol de lèche.) Cet arbre est trèsbeau; il appartient à la famille des Artocapées; ses feuilles ont jusqu'à 27 centimètres de longueur; elles sont coriaces et pointues ; le fruit renferme une ou deux noix ; quand on perce le tronc, il s'en écoule un lait véritable, excellent comme nourriture et qui ne diffère du lait de vache que par une certaine viscosité qui le rend un peu moins agréable à l'usage: il fait crème comme le lait ordinaire; voici ce qu'en dit M. Boussingault : « Le lait végétal possède les mêmes qualités physiques que celui de la vache ; il est seulement un peu visqueux; sa saveur est agréable et légèrement balsamique.... les acides ne le caillent pas ; l'alcool le coagule à peine. Par l'action d'une douce chaleur, on voit se former à la surface de douces pellicules. En évaporant au bain-marie on obtient un extrait qui ressemble à la frangipane; et si l'on continue le feu, on remarquera des gouttes huileuses qui augmentent à mesure que l'eau se dégage ; elles finissent par former un liquide d'apparence graisseuse, dans lequel nage une substance iibrineuse qui se dessèche et se raccourcit, à mesure que la température augmente. Alors se répand l'odeur, la mieux caractérisée qu'il soit possible, de viande que l'on fait frire dans de la graisse. » (t. IL 2° édit.
p. 1 18). « On obtient aiuvi, dit JL Ad.
Fucilion, analysant les autres explications de M. Boussingault, deux parties distinctes : 1° l'une de nature grasse, qui, lorsque l'évaporation n'a pas été poussée trop loin, est blanche, translucide, assez solide pour résister à l'impression du doigt, ayant de