VI. Traité des Etudes monastiques
Pans, 1691, in-4° et Réflexions sur la Réponse de M. l'abbé de la Traime, Paris 1692, in-4». Ces deux ouvrages plus 1 1 Histoire de la discussion entre Mabillon et l'abbé de Rancè, par D V.
rhuiller ont été traduits en latin par Joseph Porta, sous le titre: Tractatus ac i>tudits monasticis, in très partes distribuas, Vcnctiis, (729-1732, 3vol.
VII. Annales ordinis S. Benedicti, Pans, 1703-1739, 6 vol. in-fol. Le Cinquième volume fut publié par D. René Massuet, 1713. Le sixième,
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qui termine l'ouvrage, fut publié, en 1739, par Edmond D. Martène.
VIII. La Mort chrétienne, dédiée à la reine d'Angleterre, Paris, 1702, in- 12.
IX. Œuvres posthumes, Paris, 1724, 3 vol. in-4°, publiées par dom Vincent Tluiillier, qui renferme, outre les écrits de Mabillon laissés manuscrits par lui, quelques écrits publiés déjà, mais devenus rares. Ce sont: des discussions sur le Pain azyme; — le Culte des Saints inconnus ; — l'auteur de l'Imitation; — les anciens Tombeaux des rois de France; — enfin la Succession littéraire de D. Ruinart.
Le Noir.
MACARIENS, nom que les donatistes d'Afrique donnaient par haine et par mépris aux catholiques. Voici quelle en fut l'occasion. L'an 348, l'empereur Constant envoya en Afrique deux personnages consulaires, Paul et Macarius ou Macaire, pour veiller à l'ordre public, pour porter des aumônes au? pauvres, pour engager les donatistes, par des voies de douceur, à rentrer dans le sein de l'Eglise. Macaire eut des conférences avec quelques-uns de leurs évoques, et leur témoigna le désir qu'avait l'empereur de les voir réunis aux catholiques. Ces schismatiques, toujours séditieux, répondirent que l'empereur n'avait rien à voir dans les affaires ecclésiastiques : ils soulevèrent le peuple ; on fut obligé de leur opposer des soldats; dans ce tumulte, il y eut du sang répandu, et Macaire fit punir quelques-uns des donatistes les plus furieux.
Ces sectaires s'en prirent aux catholiques, comme si c'avait été ces derniers qui avaient aigri l'empereur et avaient été cause de la punition des coupables ; ils ne cessaient de leur reprocher les temps macariens, c'est-àdire les exécutions faites par Macaire, et nommaient les catholiques macariens .
Saint Augustin, dans ses ouvrages contre les donatistes, leur représenta qu'ils ne devaient attribuer qu'à euxmêmes les châtiments et les supplices dont ils se plaignaient; que quand Macaire aurait poussé la sévérité trop
loin, ce qui n'était pas vrai, les catholiques n'en étaient point responsables; que les prétendues cruautés exercées par cet envoyé de l'empereur, n'approchaient pas de celles qu'avaient commises les circoncellions. Optât de Milève nous apprend, aussi bien que saint Augustin, que cette sévérité de Macaire produisit un bon effet. Un grand nombre de donatistes, confus de leur révolte et craignant le châtiment, renoncèrent à leur schisme, et se réconcilièrent à l'Eglise. Voyez Donatistes. Tillemont, t. G, p. 109 et 119.
Be: GIER .
MACARISME. Dans l'office des Grecs, les macarismes sont des hymnes ou tropains à l'honneur des saints ou des bienheureux : ce terme vient de ^axofpio;, beatus. On donne le même nom aux psaumes qui commencent par ce mot, et aux neuf versets du cinquième chapitre de saint Matthieu depuis leltroisiéme jusqu'au onzième, qui renferment les huit béatitudes.
Bergier.
MACAULAY (Thomas Babington, I er baron). (Théol. hist. biog, et bibliog.) — Cet historien anglais le plus célèbre des contemporains, né à Bothler-Temple en 1800 et mort à Londres en 1859, a laissé la fameuse Ilistory of England from the accession of James the second. ( Histoire d'Angleterre depuis l'avènement de Jacques II), Lond. t. 1 et 2 in-8, 2 e édit. 1836; les Légendes fabuleuses de Rome, 1842; un choix de Discours politiques, in-8, 1853.
Le Noir.
MACCHI (Mauro). {Théol. hist.
biog. et bibliog). — Ce publiciste italien né à Milan en 1845, fondateur de plusieurs journaux, qui s'appliqua à défendre la France attaquée par M. Tolferio sous cette formule «la France n'est plus, l'Italie sera,» a laissé les Contradictions de Vincent Gioberti, 1853; Etudes politiques, 1853; etc.
M. Macchi s'associa à la tentative rationaliste du prêtre Antonio Franchi.
Le Nom.
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MACÉDO (François). (Théol. hùt.
biog. et bibliog.) — Ce jésuite qui passa aux Dominicains, naquit à Goimbre en 1596, et mourut en prison, pour s'être mêlé des affaires politiques de Venise, en 1678 ou 1681.
Il avait, auparavant, été l'objet des faveurs de la république de Venise pour avoir fait une épigramme eu son honneur.
Macedo, dit dans un de ses derniers ouvrages, le Myrotherium morale, qu'il avait, prononcé clans sa vie cinquantetrois panégyriques, soixante discours latins, trente-deux oraisons funèbres ; qu'il avait composé quarante-huit poèmes épiques, cent vingt-trois élégies, cent quinze épitaphes, deux cent douze dédicaces, plus de trois mille épigrammes; qu'il avait improvisé plus de cent cinquante mille vers et produit quarante-quatre volumes.
Il écrivit à plusieurs reprises contre Jansénius; son ouvrage Mens divinitus inspirata, Innocentio X, le fit appeler à Rome. Il eut avec le futur cardinal Moris une discussion littéraire qui ne tourna pas à son honneur ; l'autorité supérieure arrêta la querelle, qui s'envenimait et devait
se continuer à Bologne.
MACÉDONIENS, hérétiques du quatrième siècle qui niaient la divinité du Saint-Esprit. Maeédonius, auteur de cette hérésie, fut placé sur le siège de Constantinople en 432, par les ariens, dont il suivait les sentiments, et son élection causa une sédition dans laquelle il y eut du sang répand u.
Les violences qu'il exerça contre les novaliens et contre les catholiques, le rendirent odieux à l'empereur Constance, quoique ce prince fût protecteur déclaré de l'arianisme ; conséquemment Maeédonius fut déposé par les ariens mêmes, dans un concile qu'ils tinrent à Constantinople l'an 359.
Egalement irritécontreeuxeteontre les catholiques, il soutint, malgré les premiers, la divinité du Verbe; et contre les seconds, il soutint que le Saint-Esprit, n'est pas une personne divine, mais une créature plus parfaite que les autres. Il tourna contre
la divinité du Saint-Esprit la plupart des objections que les ariens avaient faites contre la divinité du Verbeson hérésie fut l'ouvrage de l'orgueil,' de la vengeance et de l'esprit de contradiction. Il entraîna dans son parti quelques évèques ariens qui avaient été déposés aussi bien que lui; et ils eurent des sectateurs qui se répandirent dans la ïhrace, dans la province de l'Hellespont et dans la Bithynie.
Ces macédoniens furent nommé»
par les Grecs }meumatomuques, c'està-dire ennemis du Saint-Esprit, et marathoniens, à cause de Marathone, évêque de Nicomédie", l'un des plus connus d'entre eux. Ils séduisaient le peuple par un extérieur grave et par des mœurs austères, artifice ordinaire des hérétiques ; ils imitaient la vie des moines, et semaient particulièrement leurs erreurs dans les monastères.
Sous le règne de JuKen, ils eurent la liberté de dogmatiser ; sons Jovien, son successeur, qui était attaché à la foi de Nicée, ils demandèrent la possession de plusieurs églises ; ils ne purent rien obtenir : sous Valens, ils furent poursuivis par les ariens que cet empereur favorisait ; ils se réunirent en apparence aux catholiques, mais cette union simulée de leur part ne dura pas. En 381, ils furent appelés au concile général de Constantinople, que Théodose avait convoqué pour rétablir la paix dans les églises :
ils ne voulurent jamais signer le symbole de Nicée, et furent condamnés comme hérétiques : Théodose les bannit de Constantinople et leur défendit de s'assembler. Tillemont pense que Maeédonius n'assista point à ce concile. Depuis ce temps, l'histoire ecclésiastique ne fait plus mention des macédoniens : saint AUianase et saint Basile écrivirent contre eux.
Le concile de Nicée n'avait pas décidé en termes exprès et formels U divinité du Saint-Esprit, parce qu*les ariens attaquaient uniquement la divinité du Fils ; mais les Pères d<* Nicée firent assez connaître leur croyance par leur symbole. Lorsqu'il* disent : c Nous ci u\ ons en un seul » Dieu tout-puissani.... et eu Jésus-
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» Christ son Fils unique, Dieu de
» Dieu, consubstantiel au Père ;
» nous croyons aussi au Saict-Es- » prit, » ils supposent évidemment une égalité parfaite entre les trois Personnes, par conséquent la divinité de toutes les trois. Cela est encore évident par le symbole plus étendu qu'Eusèbe de Césarée adressa à son peuple, et qu'il avait présenté au concile de Nicée ; il l'onde l'égalité des trois personnes divines sur les paroles de Jésus-Christ qui sont la forme du baptême. Socrate, Ilist. ecclés.,\'w. 1,
C'est donc sans aucune raison qu'il a plu aux incrédules de dire que le concile général de Constantinople, en déclarant la divinité du Saint-Esprit, avait créé un nouvel article de foi, et l'avait ajouté au symbole de Nicée ; ni l'un ni l'autre de ces conciles n'a rien créé, rien inventé de nouveau ; il n'a fait qu'attester ce qui avait toujours été cru. Eusèbe lui-même, quoique très-suspect d'arianisme proteste à ses diocésains que le symbole qu'il leur adresse est la doctrine qu'il leur a toujours enseignée, qu'il areçue des évèques ses prédécesseurs, qu'il a apprise dans son enfance , et dans laquelle il a été baptisé. Il atteste encore que tel a été le sentiment unanime des Pères de Nicée ; qu'il n'y a eu difliculté dans ce concile que sur le terme de consubstantiel, duquel on pouvait abuser en le prenant dans un mauvais sens.
Une preuve que les évêques macédoniens se sentaient déjà condamnés par le concile de Nicée, c'est que jamais ils ne voulurent en souscrire le symbole ; et Sabinus, l'un d'entre eux, soutenait que ce symbole avait été composé par des hommes simples et ignorants. Socrate, lbid. Notes de Valois et de Bidlus sur cet endroit. Sabinus n'en aurait pas parlé sur ce ton de mépris, s'il avait pu persuader que les Pères de Nicée avaient pensé comme lui.
Au mot Saint-Esprit, nous avons apporté les preuves de la divinité de cette troisième personne de la sainte Trinité. Il est bon de remarquer que l'erreur des macédoniens n'était pas la même que celle des sociniens ; ceux-
ci prétendent, comme les sectateurs de Photin, que le Saint-Esprit n'est pas une personne; que ce nom désigne seulement l'opération de Dieu dans nos âmes ; les macédoniens, au contraire, pensaient que c'est une personne, un être réel et subsistant, un esprit créé semblable aux auges , mais d'une nature très-supérieure à la leur, quoique fort inférieure à Dieu. Nous ue savons pas sur quel fondement Moslieim a confondu l'erreur de Maeêdonius avec celle de Photin. Sozom., 1. 4, c. 27 ; Tillemout, t. 6, p. 413et414. '
Beugieh.
MACHABÉES. Il y a deux livres sous ce nom dans nos Bibles, qui contiennent l'un et l'autre l'histoire de Judas, surnommé Machabée, et de ses frères, les guerres qu'il soutinrent contre les rois de Syrie, pour la défense delà religion et de la liberté des Juifs.
Selon l'opinion la plus probable, le nom de Mmhabée est venu de ce que Judas avait fait mettre sur ses étendards ces lettres initiales M., C, B., Ai., T., qui désignent en hébreu cette sentence de l'Exode, c. lo, t * :
Qui d'entre les dieux, Seigneur, est semblable à vous ? De là, ce nom a été donné non-seulement à Judas et à sa famille, mais encore à tous ceux qui, dans la persécution suscitée contre les Juifs par les rois de Syrie, souffrirent pour la cause de la religion.
Le premier livre des Mackabées avait été écrit en hébreu, ou plutôt en syro-clialdaïque, qui était alors la langue vulgaire de la Judée. Saint Jérôme, in Proloyo Galeato, dit qu'il l'avait vu en hébreu ; mais il n'en reste que la version grecque, de laquelle on ne connaît pas l'auteur, et dont Origèue, Terlullien et d'autres Pères se sont servis. La version latine est plus ancienne que saint Jérôme, qui ne l'a pas retouchée. Ce livre contient l'histoire de quarante ans, depuis le commencement du règne d'Antiochus Epiphanes, jusqu'à la mort du grand prêtre Simon. Soit qu'il ait été écrit par Jean Hircan, lils de Simon, qui fut pendant près de trente ans souverain sacrificateur,
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ou par un autre écrivain sous sa direction, l'auteur peut avoir été témoin de tout ce qu'il raconte ; à la fin de son livre, il cite pour garants les mémoires du pontificat de Jean
n» L -i.fi!"? "S?? des XactoMn est un abrégé de l'histoire des persécutions exercées contre les Juifs par Epiphanes et par Eupator, son fils ; Histoire composée en cinq livres par un nommé Jason, et qui est perdue.
Ouoique celui-ci raconte les mêmes choses que l'auteur du premier livre il ne parait pas qu'ils se soient vus m copies 1 un l'autre ; le second a écrit en grec.
Plusieurs anciens auteurs et le con-
»M« La ? dl< *?. 1 ui °nt donné le catalogue des livres saints, n'y ont pas placé les deux livres des Machabées ; d autres en plus grand nombre, les ont regardes comme canoniques!
L epitre aux Hébreux, c. H, * 33 e t smv., paraît faire allusion au supplice du saint vieillard Eléazar et des sept frères, rapporté, IL Machab., m, „.„/' • 9 ualre - v ingt-quatrièn le ou quatre-vingt-cinquième canon des apôtres , Tertullien, saint Cyprien Lucifer de Çagliari, saint Hilaire dé Poitiers, saint Ambroise, saint Augustin, saint Isidore de Séville, etc les ont cités comme Ecriture sainte' Origcne après les avoir exclus du canon, les cite ailleurs comme ouvrages inspirés ; saint Jérôme et saint Jean Damascène ont varié de même sur ce sujet. Saint Clément d'Alexandrie, plus ancien que tous ces Pères,
%5fa ^'^.P- 705, cite le se'
coud livre des Machabées, cl f m
*?7 T' li T °- oncile de Carthàge, en 397, et en dernier heu celui de Trente
nique". PkCéS Pai ' mi l6S ^S5 Ces livres sont rejetés par les protestants, parce que le second livre, c 12, ? 43 et suiv., parle de la prière pour les morts, pratique désapprouve par les reformateurs. Ils déplai- * ZT- aU * ^crédules, parce qu'ils ?rSΫ *■"* d T V0lr une famil 'e de S.,1 1 fc . COnde en héros . et de ce que la nation juive, qu'Us ! ont tant déprimée, a défendu sa religion et sa
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liberté avec un courage dont il y a peu d'exemples. y a
Ils disent que l'Eglise n'a pas droit déplacer dans le canon, des livres que plusieurs anciens en'ont eS Au mot Decteko-Canomque, nous
avons ? a Tv Té - le C0Dtl ' aire ' etnous a\ons fait voir que, sur ce point les
protestants ne sont d'accord ni en ri
eux, ni avec eux-mêmes. Ils n'ont pas
lV,K deS , ob J ections à f^re contre le premier livre des Machabées; plusieurs critiques parmi ei ,x ont téjoigne en faire beaucoup d'estime ; mais ils argumentent surtout cou-
mf« î se i ond , Iivr c; ils prétendent que les deux lettres des Juifs de Jérusalem a ceux d'Alexc-idrie nui se
Jition Pr6UVeS de cette ^uppo-
La date de ces lettres paraît fausse, elle ne s accorde pas avec la chronoi logie; la seconde est écrite au nom de Judas Machabêe, et ce juif était
— • P r 1S tr , ente - si x ^s. Mais, en Premier lieu, le nom de Machabêe n est point ajouté à celui de Judas; ce peut donc être un autre juif dé même nom. En second lieu, dans les Mémoires de l'Académie des Inscriptions, tome 43, in-12, p. 491, il y a une dissertation sur la chronologie de histoire des Machabées, dans laquelle 1 auteur concilie parfaitement toutes es dates qui y sont marquées, soit entre elles, soit avec les monuments de 1 histoire profane, et répond solidement à toutes les difficultés.
Nous nous contentons d'y renvoyer le lecteur. J
Dans la première de ces lettres, la tête de la Purification et de la Dédicace du temple est nommée mal à propos fête des Tabernacles, cl * 9.
Mais ce terme est expliqué ailleurs;
/f- S u dlt ' c - i0 - * 6 ' f I" e cet *e fête fut célébrée, comme celle des Tabernacles, pendant huit jours.
Nous y lisons, c. i, j> 23, que Ménélaus, qui obtint la souveraine saenficature, était frère de Simon le ISenjamite; selon Josèphe. il était frère d'Onias et de Jason, et fils de Si-
mon II, par conséquent de la race U Aaron et de la tribu de Lévi ; nous
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en convenons : il est clair que, dans le teste, il y a un mot transposé et un autre omis : toute cette difficulté se réduit à une faute de copiste.
Chap. 11, f 21, il est parlé d'un mois dioscoras ou dioscorinthius, mois inconnu, disent nos critiques, dans le calendrier syro-macédonien. Us se trompent; l'auteur de la dissertation dont nous venons de parler, a l'ait voir que Siôuxopoi en grec, est la même chose que demini en latin ; qu'ainsi le mois dioscorus est celui qui commence à l'entrée du soleil dans le signe des gémeaux, le 25 de mai, selon notre manière de compter; c'est le troisième mois du printemps, dans l'année syro-macédonienne. Quant au mot dioscorinthius, ce peut être encore une faute de copiste.
Il y a une difficulté plus grave, sur laquelle plusieurs incrédules ont insisté. Dans le premier livré des Ma- . chabées, c. 6, il est dit qu'Antiochus Epiplianes, forcé de lever le siège d'Elymaïde, retourna dans la Babylonie; qu'étant encore en Perse, il apprit que son armée avait été défaite dans la Judée, qu'il tomba malade de mélancolie, et qu'il y mourut. On croit quecefutàTabis, ville de Perse.
Dans le second livre, c. 1, f 13, il est dit au contraire qu'il périt dans le temple de Nanée qu'il voulait piller; or, ce temple était dans la ville même d'Elymaïde. Enfin, c. 9, f 28 de ce même livre, on lit qu'Antiochus mourut dans les montagnes, et loin de son pays. Voilà, disent les critiques, une contradiction formelle entre ces deux livres.
Nous n'y en apercevons aucune. Il est clair d'abord qu'il n'y en a point entre la manière dont la mort d'Antiochus est rapportée, 1. 1, c. 6, et celle dont elle est racontée, 1. 2, c. 9, puisqu'il est vrai que ce roi, après avoir été repoussé par les habitants d'Elymaïde, que l'on nommait aussi Persépolis, et marchant à grandes .journées pour regagner la Babylonie, tomba malade et mourut à Tabis, dans les montagnes de Perse.
Sans nous arrêter à la manière dont on explique ordinairement le chap. 1,^3 du second livre, il nous parait qu'il y a une solution fort sim-
ple. Ce n'est pas l'auteur de ce livre, mais les Juifs de Jérusalem, qui parlent dans la lettre qu'ils écrivaient à ceux d'Egypte. Cette lettre fut écrite immédiatement après la purilication du temple, par conséquent à la première nouvelle que l'on reçut en Judée de la mort d'Antiochus. Or, par cette première nouvelle, les Juifs de Jérusalem ne furent pas informés des vraies circoustances de celle mort; ou publia d'abord qu'il avait été tué dans le temple de Nanée, à Elymaïde ; mais, dans la suite, l'on apprit qu'il était seulement entré dans cette ville, qu'il avait été repoussé par les habitants, et forcé de s'enfuir. Maehab., 1. 1, c. 6, f 3 et 4; 1. 2, c. 9, f 2; qu'il était tombé malade dans les montagnes, à Tabis ou ailleurs, et qu'il y était mort. L'auteur de ce second livre le savait très-bien, puisqu'il le dit; mais comme il voulait copier fidèlement la lettre des Juifs, telle qu'elle était, il n'a pas voulu toucher à la manière dont ils racontaient la mort d'Antiochus, en se réservant d'en rapporterplus exactement les circonstances dans la suite de son histoire.
Ce n'est donc pas ici une méprise de la part de l'historien, mais un témoignage de sa fidélité.
Il ne faut pas oublier que la persécution exercée contre les Juifs par Antiochus Epiplianes, avait été clairement prédite par le prophète Daniel, c. 8, plus de deux cents ans auparavant. L'événement a répondu si parfaitement à la prédiclion, que les incrédules ont été réduits à dire que les prophéties de Daniel ont été écrites après coup, et dans des temps postérieurs au règne d'Antiochus; mais la date du livre de Daniel est constatée par des preuves que les incrédules ne renverseront jamais. On peut voir dans Prideaux, liv. 11, à la lin, l'exactitude a\ec laquelle ses prophéties ont été accomplies", et les preuves qu'en ont fournies les auteurs profanes. Voyez Daniel.
C'est pour cela même que le plus célèbre de nos professeurs d'incrédulité a rassemblé toutes les objections qu'il a pu imaginer contre l'histoire des Machabécs; elles ont été solidement réfutées dans un ouvrage récent,
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intitulé : l'Authenticité des livres de l'ancien et du nouveau Testament démontrée, etc., Paris, 1872; mais cette discussion est trop longue pour que nous puissions y entrer.
On a nommé troisième livre des Machabées, une histoire de la persécution suscitée en Egypte contre les Juifs, par Ptolémée Philopator; et quatrième livre, l'histoire que Josèphe a écrite du martyre des sept frères mis à mort par Antioehus Epiphanes, martyre rapporté, II. Machab., c. 7.
Mais ces deux derniers ouvrages n'ont jamais été mis au nombre des livres saints. Voyez Bible d'Avignon, tome 12, p. 489 et 839.
Les protestants, pour justifier leurs révoltes contre les souverains, avaient allégué l'exemple des Machabées. Bossuet, 5 e Avertissement, § 1\, a fait voir qu'ils ne peuvent pas s'en prévaloir. La révolte des Juifs contre Antioehus était légitime ; il n'était pas leur roi naturel, mais un conquérant oppresseur; il voulait les exterminer, et les chasser de la Judée. Or, la religion juive, par sa constitution même, était attachée à la Terre promise et au temple de Jérusalem ; les Juifs ne pouvaient y renoncer sans crime.
Antioehus les forçait, sous peine de la vie, d'abandonner le culte du vrai Dieu, de sacrifier aux idoles, de changer de lois et de mœurs. Ils furent autorisés à la résistance par les miracles que Dieu lit en leur faveur, par les prophéties de Daniel etdeZacharie, qui leur avaient prédit cette persécution, et leur avaient promis le secours de Dieu.
Aucune circonstance semblable n'a rendu légitimes les séditions des protestants : ils n'ont pas pris les armes pour conserver l'ancienne religion de leurs pères, mais pour l'abolir et en établir une nouvelle; personne n'a voulu les forcer de renoncer au culte du vrai Dieu, ni d'abjurer le christianisme; ils n'avaient en leur faveur ni prophéties, ni miracles : leur dessein capital était moins d'obtenir l'exercice de leur religion que de se rendre indépendants et d'écraser le catholicisme; c'est ce qu'ils ont fait partout où ils ont été les plus forts. Voyez Guerres de religion. Bkrgies.
MAGHASOR, mot hébreu, qui signifie cycle. C'est le nom d'un livre de prières fort en usage chez les Juifs dans leurs grandes fêtes. Il est trèsdifficile à entendre, parce que ces prières sont en vers et d'un style concis. Buxtorf remarque qu'il y en a eu un grand nombre d'éditions, tant en Italie qu'en Allemagne et en Pologne, et que l'on a corrigé, dans ceux qui sont imprimés à Venise, beaucoup de choses qui sont contre les chrétiens.
Les exemplaires manuscrits n'en sont pas communs chez les Juifs, mais il y en a plusieurs dans la bibliothèque de Sorbonne à Paris. Buxtorf, In Biblioth. Rabbin. Bebgier.
MACHET (Louis Philibert). {Thèol.
hist. biog. et bibliog.) — Cet auteur religieux français, né à Reims vers la fin du siècle dernier, qui a collaboré à plusieurs journaux légitimistes, a laissé, signés de l'initiale M : du Système de la loi naturelle, considéré comme une hérésie 1826; Traité métaphysique des dogmes de la triniti, de l'incarnation, etc., 1827; la Religion constatée universellement, 2 vol.
in-8, 1823; la Religion expliquée eatholiquement, 2 vol. in-8, 1827; V Art d'être heureux dans toutes les conditions, in-8, 1834; Prodiges et Merveilles, 18oi; etc.
Le Nom.
MACHIAVEL (Micolo Macchiavelli).
(Théol. hist. biog. et bibliog.) — Ce célèbre écrivain italien, dont les théories sont célèbres sous le nom de machiavélisme, naquit à Florence en 1469 et mourut de 1326 à 1530, probablement à cette dernière date, en athée disent les uns, et recevant de force l'extrème-onction, avec des sentiments tout contraires, disent les autres; ni l'une ni l'autre de ces allégations n'est établie. Ce qui est incontestable, c'est que Machiavel est un auteur très-fort qui a mis en théorie, notamment dans son livre du Prince, les procédés hypocrites, fallacieux, dépourvus de toute conscience et visant seulement à la réussite, dont ont usé jusqu'à présent tous les gouvernements. On peut citer parmi ses ouvrages :
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Il principe, le prince, qui fut le premier fruit de son génie pendant le bannissement auquel le condamna Laurent de Médicis après son retour au pouvoir; ce fut à ce Laurent de Médicis qu'il dédia ce livre qu'on aurait pu prendre, tout sérieux qu'il soit, pour une grande ironie, mais que les Médicis ne prirent pas ainsi.
Jean de Médicis, devenu le pape Léon X, accueillit Machiavel et le chargea de proposer un plan de réforme et de régénération de la république de Florence, ce qu'il fit dans son
Discorso sopra il rcformare lo Stato di Firenze, fatio ad istanza di Papa Leone decimo, dans lequel il donna le conseil de maintenir la forme républicaine, mais de la constituer de telle façon que le principat demeurât assuré à la famille des Médicis.
Arte délia Guerra.
Commentaires sur les dix premiers livres de Ïile-Live, Discorsi sopra iprimi dieci libri de Livio.
Une histoire de Florence, ou plutôt des histoires florentines, deW Islorie florentine.
Plusieurs dissertations historiques et politiques sur Lucques, Pise, la France, l'Allemagne, plusieurs esquisses biographiques, entre autres la biographie, faite de main de maître, de Caslruccio Castracani de Lucques ; des relations de ses ambassades (Legaziovi) , des discours, des mémoires, et quelques poésies dramatiques.
Voici comment M. Mattès analyse les principes machiavéliques du fameux livre du prince qui a été traduit et dévoré dans toutes les langues, même en arabe :
« La question fondamentale qu'il se pose est celle-ci : Comment les princes peuvent-ils régner et se maintenir dans leur pouvoir? Corne i principati si possono novembre et mantenere. La réponse dépend de la manière dont le pouvoir s'est formé, suivant, qu'il est ou héréditaire ou conquis.
» I. Les princes héréditaires se maintiennent sans difficulté ; ils n'ont qu'à pratiquer une certaine prudence et à se préserver des fautes et des
vices les plus grossiers. Il n'est, par conséquent, pas besoin d'en traiter longuement.
» II. Les princes nouveaux, novi principi, doivent être distingués les uns des autres.
» Ou bien ce sont des princes anciens qui sont devenus princes d'un État qu'ils ont conquis (principati misti), ou ils sont des princes tout à fait récents, c'est-à-dire devenus princes de simples citoyens qu'ils étaient, nuovi tutti. Leurs sujets, dans ce cas, ou ont déjà été soumis à un prince, ou étaient libres. Enfin la conquête a eu lieu soit par les propres forces du prince, soit à l'aide d'armes étrangères; par un coup de la fortune ou par des moyens de violence.
»• a. Si un prince conquiert un pays, il faut, pour se maintenir, en général, qu'il mette hors d'état de nuire ceux qu'il a lésés par la couquête ; il faut qu'il se garde d'élever ceux qui l'ont aidé, tout en les satisfaisant d'ailleurs autant que possible.
» Si le pays conquis est rapproché par la langue et les mœurs de l'Etat héréditaire qui se l'est annexé, le prince n'a qu'une chose à faire :
anéantir l'ancienne famille régnante, et, du reste, laisser tout sur le pied ancien.
» Si le pays conquis est éloigné et étranger, il faut :
« 1° Favoriser ceux qui ont une médiocre importance, abaisser complètement ceux qui étaient puissants ;
» 2° Fonder des colonies (aux dépens des habitants) ;
« 3° Ne laisser s'établir aucun étranger puissant dans le pays;
» 4° Autant que possible demeurer dans le pays.
» 6. A-t-on conquis un pays libre : il est très-dangereux de lui laisser ses anciennes lois. 11 est avantageux, mais insuflisant, d'y résider.
Le moyen le plus sûr de conserver un pareil État, c'est de le bouleverser complètement.
» c. Les princes qui le sont devenus par eux-mêmes, par leur talent, leur vertu, leur courage, et qui ont créé un État, comme Cyrus, Thésée,
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Romulus, Moïse, se maintiennent facilement et n'ont pas besoin d'instructions.
» d. Mais ceux qui sont parvenus au pouvoir par une force étrangère ou par les jeux de la fortune, con forza d'altn et per fortuna, doivent, s ils veulent se maintenir, être prudents, rusés, faux, sans foi, parjures, hypocrites, dévots en apparence, voleurs, dissipateurs, cruels, homicides, en un mot scélérats consommés tels que César Borgià modèle accompli des princes de cette catégorie. Raccolte adunque tutte quesle azioni del duca,nonsapreiriprenderlo ; anzi mi pave, corne ho detto, di proporlo ad imitare a tutti coloro che per fortuna et con le arrni d'altri sono saliti alï imperio.
» e. Celui qui veut s'emparer du pouvoir par le crime, le meurtre, la trahison, doit commettre ces crimes d[un seul coup et en une fois, c'est-àdire, par exemple, faire mourir tous les grands, tous les riches, tous les magistrats d'une ville d'un seul coup, pour qu'il n'ait pas besoin de recommencer plus tard et de raviver par là même la haine dont il est l'objet.
A-t-il en une fois, en les tuant et les dépouillant, rendu les puissants inoffcnsifs : il est garanti pour tout l'avenir.
« f. Celui qui, par la faveur de ses concitoyens, et sans l'emploi de la force, est devenu prince, doit se rendre populaire, même quand ce n'est pas le peuple, mais la noblesse, qui l'a élevé; car il ne peut s'appuyer que sur le peuple et ne doit pas compter sur la noblesse. Mais ce qui est capital, c'est de se rendre indispensable.
E pero un principe savio deve pensare un modo per il quai i suoi cittadini scmpre et in orjni modo e qualità di tempo abbiano bisogno dello stato di lut, e sempre poi yli saranno fedeli.
» III. Viennent ensuite des règles pour les princes en général, c'est-àdire pour les princes séculiers, car les princes ecclésiastiques n'en ont pas besoin ; ils sont absolument sûrs, et leurs peuples sont heureux, solo Mimique questipriucipati — se. ecclesiastici — sono siewi e fdici. — Ces
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règles se divisent en trois classes hlies ont pour but :
» 1° La sûreté du pouvoir, qui se garde dans des citadelles et par des soldats. Les uns et les autres sont nécessaires. Ils ne sont utiles au prince qu'autant qu'ils servent aa dehors, non contre ses propres sujets La plus sûre forteresse est l'amour du peuple ; l'armée la plus fidèle, ce sont les sujets eux-mêmes, mitizie propne; des soldats mercenaires, des troupes auxiliaires sont toujours un danger.
» 2° Les vertus qui font la réputation et le salut des princes, les fautes qui les déshonorent et les perdent.
Ces vertus sont principalement la générosité, la clémence, la fidélité et la piété. Il serait fort désirable que tous les princes possédassent ces vertus; mais, le monde étant ce qu'il est, cela n'est pas possible, et cela nest pas nécessaire : l'apparence produit le même effet et rend les mêmes services. La générosité n'est nécessaire qu'au commencement d'un règne et n'est utile qu'autant qu'elle s'exerce avec le bien de l'étranger; si c'est aux dépens de celui des sujets, elle est pernicieuse. La clémence ne doit pas s'exercer aux dépens du bien général dans l'intérêt des individus, et, par conséquent, ne doit pas être appliquée au préjudice de la crainte nécessaire chez les sujets.
» 11 est rare qu'on puisse conseiller à un prince d'être fidèle à sa parole ; car, s'il est fidèle tandis que les autres ne le sont pas, il est trompé. Il est tout aussi rarement nécessaire qu'il soit fidèle; car il y a toujours assez de gens qui se laissent tromper; et pourquoi ne le ferait-il pas dans son intérêt et à son profit? D'innombrables exemples prouvent que des princes sans loi et sans parole s'en sont très-bien trouvés. L'n des exemples les plus évidents est celui d'Alexandre VI. Ce Pape ne dit jamais une parole vraie, ne tint jamais aucune promesse, trompa tout le monde, rusa sans cesse, et, malgré cela, il se trouva toujours desliomniM qui le crurent, qui se laissèrent tromper, et tous ses plans lui réus-
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sirent. Un prince n'a nul besoin d'avoir de la religion ; l'apparence suffit parfaitement. En un mot, il suffit, mais il faut qu'un prince paraisse pieux, fidèle, humain, probe, religieux, tutto pieta, tutto fide, tutto umanità, tutto integrità, tutto religions; mais il n'a pas besoin de l'être réellement, et il ne doit pas l'être s'il peut en souffrir du préjudice.
» Ce dont un prince doit se préserver absolument, ce sont les fautes qui peuvent lui attirer la liaine et le mépris, odio e dispregio; un prince odieux et méprisé est perdu sans ressource. Ces fautes sont :
» 1» Des empiétements sur la propriété matérielle et les droits conjugaux de ses sujets, roba e donne de' sudditi ;
» 2° L'inconstance, l'incertitude, la mollesse, la lâcheté, l'irrésolution.
» 3° En outre, un prince doit savoir quand il peut armer, quand il doit désarmer ses sujets; il faut qu'il fasse de grandes choses, qu'il acquière de la renommée ; il faut qu'il sache être ami et ennemi; il ne doit jamais demeurer neutre quand ses voisins sont en guerre les uns contre les autres. Il doit protéger les arts et les professions libérales, honorer l'agriculture et l'industrie, donner des fêtes populaires, savoir choisir de bons conseillers et de bons ministres, éviter les flatteurs comme la peste, défendre son autorité contre ses conseillers.
» Après ces explications générales sur les princes, Machiavel aborde le but immédiat de son livre : il appelle les Médicis à se faire les libérateurs de l'iteîie. Et avant d'entamer ce sujet :
» 1° Il remarque que les princes italiens ont perdu leur pouvoir et livré l'Italie aux étrangers parce qu'ils ont entretenu des troupes mercenaires, parce qu'ils se sont fait haïr des peuples comme des grands, parce qu'ils ont fui à l'approche du danger.
» 2° Il explique ce qu'on entend par le bonheur, fortuna. La fortune ne fait que la moitié de la besogne; l'homme doit faire l'autre moitié. Si la fortune doit tourner en notre fa- VIII;
veur, il faut que nous l'y contraignions, et que nous agissions comme si tout le succès ne dépendait que de nous. La fortune ressemble aux femmes, qui sont favorables aux jeunes gens impérieux et hardis, et non à ceux qui sont timides et réservés, e sempre, corne donna, è amico dei giovani, perché sono mena rispettivi, più feroci, et con più audacia la commandano.
» Cela dit, il sollicite les Médicis de se mettre à la tête des Italiens et d'affranchir l'Italie des barbares.
Toutes les circonstances, leur dit Machiavel, vous sont on ne peut plus favorables, non moins qu'autrefois à Moïse, à Cyrus et Thésée, c'est-à-dire que, de même que les Israélites étaient esclaves en Egypte, les Perses mécontents sous les Modes, les Athéniens dispersés au temps de Thésée, de même les Italiens sont actuellement esclaves, mécontents, divisés; ils sont tout prêts à suivre un chef qui voudra les affranchir, les unir, les rendre heureux, surtout un chef de la maison de Médicis, qui, par Léon X, s'est élevée au-dessus de toutes les maisons princières de l'Italie. »
Faut-il prendre ces hideuses théories pour de l'argent comptant sérieusement versé à ses lecteurs par Machiavel, ou pour un exposé d'autant plus sardonique de la politique des princes qu'il est plus exact? Machiavel ne dit ni qu'il approuve ni qu'il désapprouve les théories qu'il expose ; son lecteur en pensera ce qu'il voudra. Il y a certaines fables de notre La Fontaine qui sont des critiques des vices de l'humanité présentées de cette façon ; le bon sens de la vertu qui les lit, suffit pour les interpréter.
Si ce fut là le sens intentionnel de Machiavel, il faut avouer que l'ironie fut bien longue et bien soutenue. En fait, les auteurs sont fort divisés làdessus, et c'est ce qui explique pourquoi il existe même, ainsi qu'on l'a vu, deux opinions contraires sur la manière dont Machiavel mourut.
Le Nom.
MACHICOT, officier de l'église de Notre-Dame de Paris, qui est moins
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que les bénéficier, et plus que les chantres à gages; il porte chape aux .êtes sémi-doublos, et tient le chœur.
Du nom machicot, dont l'origine n'est pas trop connue, l'on a fait le verbe machicùtcr, qui signiiieorner léchant, en le rendant plus léger et plus composé, en y joignant les notes de l'accord, pour lui donner de l'harmonie.
Ce chaut, qui est une espèce de fauxbourdon, se nomme autrement chant sur le livre.
Bergjur.
MACHINES (les animaux). (Théol.
rnixt. philos, psychol. cosmol.) — On est porté, dans ces temps où l'esprit humain est tombé dans les bas-fonds du positivisme, à rire de l'hypothèse cartésienne selon laquelle les animaux, avec toutes leurs apparences du sentiment et d'un commencement d'intelligence, ne seraient que des machines exécutées avec la perfection qui caractérise les œuvres de Dieu.
Un athée avec h' quel nous avions engagé une polémique, il y a vingtcinq ans, avait pris le ton du dédaigneux sourire à propos de cette théorie célèbre à laquelle, pourtant, notre plus grand naturaliste Bullbn, avait donné ses adhésions. Nous lui répondîmes par les pages suivantes, dans lesquelles nous faisions parler la philosophie :
« Vous me demandez, à propos de l'âme des bètes, ce que c'est que l'animal, le végétal, le minéral, les astres, toutes les merveilles du monde sensible. Je sais, comme vous, que ce sont des phénomènes ; ces phénomènes m'inspirent comme à vous l'admiration et l'amour du grand Etre qui en est, aussi bien que de l'homme, le générateur, le ressort et le soutien radical. Mais quelle est la nature intime de ces effets ? Je n'en sais rien.
C'est le mystère; c'est l'énigme; c'est la question dont le grand être a gardé pour lui la réponse, avec l'intention, je l'espère, de me la révéler un jour.
Mais enlin, m'a-t-il défendu, à* moi la philosophie.de faire surcette question des suppositions ? Il m'y invite, au contraire, par l'impulsion môme que j'éprouve vers la contemplation Qt. l'étude de ses œuvres. Et là-dessus
mes chercheurs de sagesse ont fait des hypothèses. Voici les plus belle!
» Celui-ci croit à la matière comme instrument inerte des âmes, et il aime mieux donner, comme causes secondes, des âmes à tous les corps que de les placer immédiatement sous 1 action de Dieu. Dès lois le monde devientpour lui une hiérarchie d'âmes servies par des corps depuis l'ange jusqu'à l'homme; depuis les astres jusqu'aux insectes et aux plantes 11 imaginera même que ces âmes changent de demeure à la mort qui ue sera plus qu'une émigration. On reconnaît Pythagore auquel on associerait Platon, s'il ne se rapprochait autant d'une autre hypothèse que je rappellerai bientôt.
» Celui-ci fait un partage; il n'accorde l'âme qu'aux animaux, la refusant à tout le reste, aux végétaux mêmes, qui ne sont plus que des machines bien organisées, liais l'échelle des âmes est indéfinie ; chaque espèce a sa nature, son degré de perfection, depuis leplus simple desanimaux dout l'âme ne sera qu'un commencement d'instinct, jusqu'au plus parfait dout l'âme sera l'instinct dans sa plénitude; l'homme tiendra le sommetavec lame raisonnable, libre, immortelle, qu'il se connaît, et au-dessus de l'homme se placeront les esprits sans corps formant une autre échelle dont on ignore la lin. C'est l'opinion la plus commune, et, quant aux animaux, la plus conforme aux apparences.
» Un autre, plus rigoureux dans la logique de ses idées, n'admettra que dans l'homme l'union du simple aucomposé, la duplicité de substance.
Au-dessus seront les esprits puis, audessus seront les corps purs, il tiendra le milieu, et tous les corps formant l'univers sensible ne seront que des machines merveilleusement organisées et harmonisées les unes avec les autres par le grand ouvrier pour réaliser l'immense nuicliine du niuude.
On reconnaît Descartes.
» Un autre ne croyant pas à la possibilité des substances composées n'en admettra que de simples, et tout ce qui parait compose ne sera d'après lui, qu'une hiérarchie d'éléments simples, d'unités, de mo-
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nades, qui sont toutes immortelles, le minéral, comme le végétal, le végétal, comme l'animal, l'animal, comme l'homme, et même les corps célestes. L'ensemble des mondes ne sera qu'une grande harmonie, composée d'harmonies particulières que Dieu préétablit et maintient par des lois dans les plus belles conditions possibles de perfection générale. C'est Leibnitz.
» Dn autre, le plus inflexible et le plus netdansses conceptions, n'admet, comme réalités substantielles, que des esprits, à qui Dieu montre plus ou moins les richesses de son intelligence, les images de son verbe, les scènes de son panorama, et qu'il décore ainsi d'une auréole plus ou moins lumineuse et étendue. Les corps ne sont plus que des modes, des idées de Dieu manifestées à l'esprit dans un ordre iixe. C'est Berkley dont Platon est le premier des aïeux et Malebraiiche le père.
» Un autre enfin, pourra dire, en rejetant avec Malebranche, Leibaitz et Berkley, les substances composées, que tous les êtres sensibles et non sensibles extérieurs au moi, ont des réalités simples, des foyers 'existence, de vie, de mouvement, (jue Dieu manifeste les uns aux autres, et met en rapport par leurs odes, qu'on appelle corps, et qui esont que leur limite négative. Leur création à tous n'est, d'après ce grand ystème, que leur détermination liitée, leur passage par la volonté e Dieu, et sous son action touteuissante, de l'état, en lui, d'idée ernelle, à celui de substances inornplètes, dont il est lui-même le bnd commun sans être ce qu'elles iont, puisqu'elles sont avec limitation t négation de l'ultra, tandis qu'il est ans négation ni limitation aucune, eule manière à'être véritablement.
« Tout excepté vous, ô mon Dieu, dit saint Augustin, n'est que parce qu'il est entre le néant et l'être ; ,on ne aurait dire de ces choses ni qu'elles ont, ni qu'elles ne sont pas. 11 estfaux u'elles ne soient point puisque vous es avez faites ; il est faux qu'elles soient, puisqu'el les ne sont pas ce que vous êtes. » (Confess. vu, n.)
« On pourra faire encore beaucoup d'autres hypothèses, dit en terminant la philosophie; et à qui sera la gloire de toutes ces créations du génie, si ce n'est à celui qui créa le le génie? Mais aucune ne mérite vos sourires. »
Nous reproduisons ici ce petit passage, pour faire observer que toutes ces spéculations philosophiques n'intéressent en rien la foi chrétienne, et qu'on peut appartenir à l'orthodoxie catholique en les soutenant l'une ou l'autre, pourvu qu'on ne se jette ni dans la négation du créateur, ce qui serait l'athéisme, ni dans la négation de la créature, ce qui serait le panthéisme absolu. Le Nom.
MAÇONNERIE. (Théol. mixt. et hist.,assoc.) — V. Franc-maçonnerie.
MACPHERSON (Jacques). (Théol.
hist. biog. et bibliog.) — Cet auteur écossais, né en 1738 et mort en 1796, a laissé : Traduction des poésies d'Ossian, ouvrage plein de grandes beautés poétiques, mais que le D r Johnson prétendit être supposé ; Traduction de l'Iliade en prose héroïque; Introduction à l'Histoire de ta Grande- Bretagne et de l'Irlande; Histoire de lu Grande-Bretagne depuis 1060 jusqu'à l'avènement de la maison de Hanovre au trône.
Le Noir.
MACROBE (Ambrosius - Aurélius- Théodosius). (Théol. hist. biog. et bibliog.) — On a de cet auteur latin du iv° siècle, un commentaire sur le Songe de Scipion, de Cicôron, et sept livres de saturnales ou mélanges ; on croit qu'il était Grec.
Le Noir.
MACROSTICHE, écrit à longues lignes. C'est ainsi que l'on appela la cinquième formule de foi que composèrent les eusébiens, l'une des factions des ariens, dans un concile qu'ils tinrent à Antioche, l'an 345.
Quelques modernes ont dit que cette profession de foi ne renfermait rien de répréhensible ; mais ce n'est pas ainsi qu'en ont jugé saint Athanase et Sozomène. Les eusébiens y recon-
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naissaient que le Fils de Dieu est semblable au Père en toutes choses sans parler de substance. Ils condamnaient ceux qui prétendaient que le Fils a été tiré du néant, et les autres impiétés d'Anus, parce que ces paroles, disaient-ils, ne sont pas de Ecriture. Ils semblaient reconnaître I unité de la divinité du Père et du Fils, mais ils supposaient en même temps le Fils inférieur au Père ; c'était une contradiction avec le' mot semblable en toutes choses : ils disaient positivement que le Fils a été fait quoique d'une manière différente des autres créatures : en cela ils étaient opposés au symbole de Nicée, qui a dit engendré, et non fuit. Ils envoyèrent ce formulaire en Italie par trois ou quatre évèques ; mais ceux d'Occident ne furent pas dupes de leur verbiage; ils leur déclarèrent qu'ils s'en tenaient au symbole de Nicée, et qu'ils n'en voulaient point d'autre.
voyez EtisÉBiENs.
L'embarras des différentes factions qui partageaient l'ariauisme, la multitude des confessions de foi qu'ils proposaient, et qui ne pouvaient les satisfaire eux-mêmes, démontrent assez le fonds de mauvaise foi avec lequel ils procédaient, et la sagesse de la conduite des orthodoxes qui ne vouaient pas se départir du symbole de Nicée. Tillemont, Ilist. de VArian., c. 38, tom. 6, pag. 331.
Beugier.
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MADELEINE (ordre des pénitentes de sainte). (Theol. hist. ord. rel.) — V. Magdelo.nn-ettes.
MADIANITES. Nous lisons dans le livre des Nombres, c. 25, que les Israélites, pendant leur séjour dans le désert, se livrèrent à l'impudicité et à J idolâtrie avec lesfillesdes Madianites et des Moabites; que le Seigneur irrité ordonna à Moïse de faire pendre les principaux auteurs de ce désordre • que les juges firent mettre à mort tous les coupables, et qu'il périt à cette occasion vingt-quatre mille hommes.
Comme les Madianites avaient tendu ce piège aux Israélite.-, par pure méchanceté et afin de les corrompre,
Moïse, pour venger son peuple, or.
donna de mettre à feu et à sauf? le pays de Madian, d'exterminer cette nation, de n'en réserver que les filles vierges II raconte lui-même que le butin fait dans cette expédition fut de six cent soixante-quinze mille brebis, soixante-douze mille bœufs
S0I u an ^; Un mille ânes et trente-déni mille filles vierges ; que trente-deux de ces jeunes personnes furent la part du Seigneur. Num., c. 31.
A ce sujet, les censeurs de l'histoire sainte accusent Moïse de cruauté envers sa propre nation; de perfidie, dingiatitude envers les Madianiteà chez lesquels il avait trouvé un asile dans sa fuite et avait pris une épouse; de barbarie, pour avoir fait égorger tous les mâles et toutes les femmes mariées : ils disent que cette quantité énorme de bétail n'a jamais pu se
trouver dans unpavs aussi peu étendu quêtait celui de Madian; ils pensent que les trente-deux tilles réservées pour la part du Seigneur furent immolées en sacrifice.
Il n'est pas un seul de ces reproches qui ne soit injuste et mal fondé. 1 ° La oi qui condamnait à mort tout Israélite coupable d'idolâtrie, était formel e, le peuple s'y était soumis; ce n est qu à cette condition que Dieu avait promis de le protéger : déjà ce peuple avait vu l'exemple d'une pareille sévérité, à l'occasion du culte rendu au veau d'or, Exod., c. 32, t 27 et 28; il était donc inexcusable. C'est une fausseté de dire, comme quelques incrédules, que les coupables furent nus à mort, simplement pour avoir pris des femmes madianites; ils le lurent pour s'être livrés avec elles à limpudicité et à l'idolâtrie, Num., c 25, f 3. Ce crime suffisait pour attirer les châtiments de Dieu sur la nation entière, si elle l'avait laissé impuni.
2° Lorsque les Madianites exercèrent ce trait de perfidie envers les Israélites, ils n'y avaient été provoqués par aucune injure; ils craignaient à la vérité d'être traités comme les Amorrhéens : ils avaient envoyé des députés à Moïse, il leur aurait répondu qu'ils n'avaient rien à craindre, qu'Israël ne devait point
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s'emparer de leur territoire, parce qu'ils descendaient d'Abraham par Céthura. En effet, dans la conquête du pays des Chananéens, les Israélites n'enlevèrent pas un seul pouce de terrain aux Madianites, aux Moabites ni aux Amonites, Jud., c. H, f 13.
Les Madianites, chez lesquels Moïse s'était réfugié dans sa fuite d'Egypte, n'étaient point les mêmes que ceux dont il fit dévaster le pays pour les punir. Les premiers habitaient les bords de la mer Rouge, et n'étaient pas éloignés de l'Egypte; les seconds étaient placés à l'orient et au nord de la Palestine, près de la mer Morte et des Moabites, à cinquante lieues au moins des autres Madianites. Ce n'était pas la même nation : l'une descendait de Chus, petit-fils de Noé, l'autre d'Abraham : la première adorait le vrai Dieu; cela est prouvé par l'exemple de Jéthro, beau-père de Moïse; la seconde honorait Béelphégor, dieu des Moabiles. La cruauté avec laquelle celle-ci fut traitée, était la manière ordinaire de faire la guerre chez les anciens peuples. Mais il s'en faut beaucoup que le pays de Madian ait été entièrement dépeuplé et dévasté, puisque deux cents ans après, ces mêmes Madianites asservirent les Israélites, et furent vaincus par Gédéon, Jud., c. 6.
3° Avant de décider que ce pays ne pouvait pas nourrir la quantité d'hommes et de bétail dont parle Moïse, il faudrait commencer par en fixer les limites; les incrédules les restreignent à leur gré, et il était au moins du double plus étendu qu'ils
,ne le supposent. On leur a prouvé, par des calculs et par des exemples incontestables, que dans un pays médiocrement fertile et d'une égale étendue, il ne serait pas difficile de trouver le môme nombre d'hommes et d'animaux. Voyez les Lettres de quelques Juifs, etc., tom. 2, p. 3 et suiv.
;Le pays habité aujourd'hui par les Druses, qui est celui des Madianites, n'est ni stérile ni désert, selon le récit des voyageurs ; il est cultivé et peuplé. Voyez le Voyage autour du monde, par M. de Pages, fait depuis 1767 jusqu'en 1776, tom. l,p. 373 et suiv., et 386.
4° Le texte de Moïse nous apprend assez clairement ce que l'on fit des trente-deux filles réservées pour la part du Seigneur : il est dit que les prémices du butin destinées au Seigneur, soit en hommes, soit en bétail, furent données au grand prêtre Eléazar, Num.,c. 51, } 20,29, 40 et41.
Ces filles furent donc réduites à l'esclavage comme les autres, et destinées au service du tabernacle. Il n'est point ici question de sacrifice ni d'immolation : jamais les Israélites n'ont offert à Dieu des victimes humaines (1).
Voy. ce mot. Beugier
MADRÉPORES (Théol. mixt. scien.
zool. et géol.) — Parmi les phénomènes géologiques sur lesquels on apprécie les longues périodes, que certains terrains ont employées pour se former tels que nous les voyons, les rescifs, lies, falaises et même certaines montagnes, qui portent le nom de Madréporiques ,ne sont ni les moins curieux ni les moins intéressants.
Ce sont des concrétions pierreuses que composent à la longue de petits animaux marins, du genre polype, mais formant un grand nombre d'espèces, parmi lesquelles le madrépore proprement dit ligure comme une des principales. Ces petits animaux ont la propriété de sécréter dans leur organisme des principes qu'ils tirent, comme nourriture, des eaux dans lesquelles ils vivent, et deles réduire àdes concrétions calcaires plus ou moins pierreuses, de couleurs diverses, les-
(I) Nous ne comprenons guère pourquoi Bergier sedoaoe tant de peiue pour justifier Moise, Abraham et tous les grands hommes de l'ancien Testament snr tout ce qu'ils outfait. Etaient-ils impeccablos ?Non. Ce principe suffit pour laisser à la critique toute liberté dans le jugement de leurs actes. L'historieQ en blâme bieo lui-même quelques-uns; et ne donoet-il pas, par la même, le droit à son lecteur d'en blâmer bien d'autres ? En quoi cela peut-il nuire à la doctrine et à la morale qui sont enseignées dans les livros saints ? Que l'on fasse ressortir los circonstances ot le besoin dans lequel se trouvait Moïse, par exemple, de sévir parfois très-sévèrement pour réussira constituer un peuple qui était de sa nature très-indiscipliné, rien de mieux j mais entreprendre de légitimer tout ce que ces grands hommes ont fait, c'est, à nos yeux, une prétention inutile, souyent ridicule, et toujours dangereuse en ce qu'elle conduitles espritB mal disposés à confondre les principes avec les faits. Tour nous, nous dégageons les uns des autres, et laissons sur les faits toute latitude à la critique.
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quelles leur servent de logis, comme la coquille de l'huitre au molusque qu'elle loge etprotége. Mais ces polypes rnadréporiquesnesont pas isolés; ils vivent comme en commun, logés dans de petites cellules très-nombreuses occupant la surface de l'espèce de roc qui résulte de leurs concrétions.
Les coraux en sont des variétés. Le madrépore proprement dit forme sa rocaille en arbuscule, et pour conduire à la perfection chacune de ces espèces de bouquets rameaux, des milliers de petits ouvriers travaillent sans cesse. L'agrandissement en est même indéfini, attendu que ces rocailles se superposent les unes aux autres en s'éievant toujours vers la surface des eaux; à mesure que les polypes meurent en L'enterrant dans leur concrétion, de nouveaux polypes se développent à la surface pour l'augmenter encore. La plupart des îles de l'Océan pacifique sont assises sur des monts sous-marins madréporiques,. qui ont mis des centaines de milliers de siècles à se former, et qui ont peu à peu monté jusqu'à gagner la surface. Ces îles ou rescifs affectent, en général, une forme circulaire, au moins dans la mer du Sud, et ils paraissent avoir pour base un ancien cratère de soulèvement autour duquel les polypes auront construit leurs charpentes calcaires enchevêtrées les unes dans les autres. Il y a de ces accumulations madi'époriques,àl'ileTimor,aux Iles Sandwich et dans beaucoup d'autres contrées, qui sont aujourd'hui à sec et même assez loin des mers; il y en a qui s'élèvent jusqu'à trois cents mètres au-dessus du niveau de l'Océan, et qui ont de huit à dix mètres d'épaisseur. D'autres forment des falaises qui bordent les rivages; d'autres enfin forment des îles dans l'Océan, ainsi que nous le disions tout àl'heure.
Comme il est certain que les polypes madréporiques ne peuvent vivre et travailler à la construction de leurs concrétions qu'à uni; profondeur d'une dizaine de mètres au plus sous les eaux, on est conduit à conclure qu'il s'est produit, depuis que ces amas se sont formés, suit des affaissements soit des soulèvements de la croûte terrestre qui ont changé leur niveau
naturel d'élévation. Quant au temps qu'a dû employer à se former une couche madréporiqne de dix mètres d'épaisseur, par exemple, comme l'observation de celles qui sont en voie de s'élever n'accuse pas un bien grand changement dans un siècle, il s'ensuit qu'on est conduit à leur assigner des anciennetés très-considérables.
Il y a des concrétions madréporiques de toute forme; tantôt elles figurent des branches, tantôt des feuilles, tantôt des fleurs, tantôt des lames, tantôt des globes; mais elles sont toujours garnies, à leur surface, de lamelles ste liées ou sinueuses. Quand elles sont encore à l'état vivant, elles sont recouvertes d'une espèce d'écoro»
molle, gélatineuse tout hérissée de polypes ressemblant à des actinies.
On remarque de plus queles espèces existantes aujourd'hui et occupées à composer des îles qui s'élèvent insensiblement sous les eaux, sont pour la plupart les mêmes qui formèrent il y a des centaines de mille ans des montagnes madréporiques, devenues à sec probablement par des soulèvements de la croûte ; cette observation ne favorise guère le système des évolntionistes sur les transformations des genres et des espèces en d'autres genres et d'autres espèces à organisai de plus en plus compliqué. Le .Vin.
MAFFËI (Vegius). (Théo!, hùt.biog, et bibliog.) — Cet auteur d'excellents ouvrages, très-élégamment chanoine de Saint-Jean de Latran, naquit à Lodi et mourut eu i ici8, On adelui: Traité de V Education chrétienne; six livres de la Persévérant religieuse; Discours sur les (juatrt Fins dernières Dialogue sur l'exil dt la vérité; plusieurs poésies; truduo tion du 13° livre de l'Enéide, etc.
Le Nom.
MAFFÉI (Haphaël). (Théol. t'ist.
biog. et bibliog j. — Né en 1450 à Volterra, en Toscane, et mort en iL se fit connaître par ses Coum n'a Urbana, Lyon, !o9f>, et par la traduction latine de quelques ouvrages grecs, tels que dix discours de S. Basile. Lu iNoia.
MAF
MAG
MAFFÉI (Bernardin). (Thëol. liist.
et bibliog). — Cardinal, né à Rome en 1514, mort en 1353, fut prôné par ses contemporains comme protecteur des sciences et auteur de quelques ouvrages estimés.
Le Nom.
MAFFÉI (Giampiétro). (Tkèol. hist.
biog. et bibliog). —Ce célèbre Jésuite, né en iS35 à Bergame, et mort à Tivoli en 1603, a laissé une Biographie de saint Ignace de Loyala, une Histoire universelle des Indes, en 16 livres, et une Histoire du pontificat de Grégoire XIII.
Le Noir.
MAFFÉI (François-Scipion). {Theol.
hist. biog. et bibliog). — Ce Mafféi né à Vérone en 1675, mort en 1755, «fut le plus célèbre des auteurs de ce nom dit M. Schrôdl: poëtc, réformateur du théâtre, éditeur d'une gazette littéraire qui exerça une grande influence sur la littérature de son temps, fondateur d'une société savante à Vérone ayant pour but les progrès de l'étude du grec, antiquaire ctarcliéologue, diplomate et historien remarquable, il enrichit aussi le domaine religieux et moral de plusieurs ouvrages intéressants. Son édition des œuvres de S. Hilaire de Poitiers parut en 1730, à Vérone; son Istoria teologica délie dottriiie e délie opinioni corse nei cinque primi secoli délia Chiesa, inproposito délia divinagrazia, del liber o arbilrio et délia predestinaz-ione, est dirigée contre le jansénisme; son traité déi Teatri anticki et moderni, combat les censures exagérées du P. Concilia contre le théâtre, il obtint l'approbation du pape Benoît XIV. Dans son écrit : Scienza cavallcresca, il démontra que le duel est contraire à la religion, aux bonnes mœurs et aux intérêts de la vie civile. Dans un autre écrit, Dell' Impieqo del danaro, il prouva qu'on peut prêter de l'argent à intérêt. 11 écrivit aussi quelques opuscules contre l'existence de la magie. »
Le Nom.
MAFORTE, espèce de manteau qui ■était à l'usage des moines- d'Egypte-;
il se mettait sur la tunique, et couvrait le cou et les épaules : il était de toile de lin comme la tunique, et il y avait par-dessus une melotte ou peau de mouton.
MAGDELEINE, l'une des saintes femmes qui suivaient Jésus-Christ, qui écoutaient sa doctrine, et qui pourvoyaient à sa subsistance. Plusieurs incrédules modernes se sont appliqués à jeter dos soupçons sur l'attachement que cette femme pieuse a montré pour le Sauveur, soit pendant sa vie, soit après sa mort; ils en ont parlé sur le ton le plus indécent.
Ils ont confondu Magdeleine avec Marie, sœur de Lazare, et avec la pécheresse de Naim, convertie par Jésus- Christ ; c'est une opinion très-douteuse : il y a longtemps que d'habiles critiques ont soutenu que ce sont trois personnes différentes. Voyez Vies des Pères et des Martyrs, tom. 6, p. 438, Bible d'Avignon, t. 13, p. 33K Quand même le fait serait mieux; prouvé, il y aurait déjà de la témérité à peindre' Magdeleine comme une femme perdue de mœurs et de réputation, dont la conversion n'était rien moins que sincère. Il est seulement dit dans l'Evangile que Magdeleine avait été délivrée de sept démons, Lwc.cap. 8, f 2. Sans examiner si cette expression doit être prise à la lettre, ou si l'on doit l'entendre d'une maladie cruelle, il en résulte crue la reconnaissance a suffi pour attacher au Sauveur une personne honnête et bien née.
On connaît d'ailleurs la sévérité des mœursjuives, l'attention avee laquelle les scribes, les pharisiens, les docteurs de la loi examinaient la conduite de Jésus-Christ, toutes ses démarches et toutes ses paroles, pour y trouver un sujet d'accusation; l'assiduité avec laquelle ses disciples l'ont suivi, et ont été témoins de toutes ses actions. Les Juifs auraientils souffert qu'il enseignât le peuple, qu'il se donnât pour le Messie, qu'il censurât leur doctrine- et leurs vices, s'ils avaient pu lui reprocher des mœurs vicieuses et des fréquentations suspectes? Ils l'ont accusé de séduire le peuple, d'être l'ami des publicains
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et des pécheurs, de violer le sabbat, de s'attribuer une autorité qui ne lui appartenait pas, de s'entendre avec les démons qu'il chassait des corps ; auraient-ils oublié ses liaisons avec des femmes perdues, s'ils avaient eu là-dessus quelque soupçon. Ce reproche ne se trouve ni dans les évangélistes, ni dans le Talmud, ni dans les écrits des rabbins. Les évangélistes eux-mêmes n'auraient pas été assez imprudents pour faire mention de ces femmes, si leur assiduité à suivre le Sauveur avait donné à ses ennemis quelque avantage contre lui.
C'est surtout pendant la passion et après la mort de Jésus, que Magdeleine fit éclater son attachement pour lui; elle se tint constamment au pied de la croix avec saint Jean et avec la Vierge Marie ; cette sainte Mère de Dieu n'aurait pas souffert dan; sa compagnie une personne dont la conduite pouvait faire tort à la gloire de son Fils. Magdclrine fut du nombre des femmes qui vinrent au tombeau de Jésus, pour embaumer son corps et lui rendre les honneurs de la sépulture : les femmes perdues n'ont pas coutume de se charger du soin d'ensevelir les morts.
Au moment de la résurrection, lorsque Jésus lui apparaît, et qu'elle veut se prosterner à ses pieds, il lui dit :
« Ne me touchez pas, allez dire à mes » frères que je vais remonter vers » mon Père. » Joan., c. 20, f 17.
Il permet aux autres femmes de lui embrasser les pieds et de l'adorer Matth., c. 28, f 9. Il n'y a là aucun vestige d'attachement suspect.
Il est bien étonnant que les incrédules de notre siècle aient poussé plus loin la prévention et la fureur contre Jésus-Christ, que ne l'ont fait les Juifs. Voyez Femme.
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MAGDELONNETTES. Il y a plusieurs sortes de religieuses qui portent le nom de sainte Magdeleine, et que le peuple appelle magdelonnrttes.
Telles sont celles de Metz, établies en 1452; celles de Paris, qui furent instituées en 1402; celles de Naplea fondées en 1524, et dotées par ià reine Sanche d'Aragon, pour servir
de retraite aux pécheresses; celles de Rouen et de Bordeaux, qui prirent naissance à Paris en 1018.
Il y a ordinairement trois sortes de personnes et de congrégaiions dans ces monastères. La première est de celles qui, après un temps d épreuve suffisante, sont admises à embrasser l'état religieux et à faire des vœux ; elles portent le nom de la Magdeleine. La congrégation de Sainte-Marthe, qui est la seconde, est composée de celles qui ne peuvent être admises à faire des vœux. La congrégation de Lazare est de celles qui sont dans ces maisons par force et pour correction.
Les religieuses de la Magdeleine à Rome, dites les converties, furent établies par Léon X. Clément VIII assigna, pour celles qui y seraient renfermées, cinquante écus d'aumône par mois; il ordonna que tous les biens des femmes publiques qui mourraient sans tester, appartiendraient à ce monastère, et que le testament de celles qui en feraient serait nul, si elles ne lui laissaient au moins le cinquième de leurs biens, A Paris, les filles de la Magdeleine sont actuellement gouvernées par les religieuses de Notre-Dame-de-Charité, ou lilles de Saint-Michel ; mais il y a plusieurs autres maisons dans lesquelles on reçoit les filles ou femmes pénitentes, ou dans lesquelles on enferme par autorité celles qui ont mérité ce traitement.
Il n'y a qu'une charité très-pure qui puisse inspirer à des lilles pieuses le courage de se dévouer à la conversion des personnes de leur sexe qui ont perdu la pudeur. Celles-ci sont ordinairement des âmes si avilies, si perverses, si intraitables, que l'on peut difficilement espérer un changement sincère et constant de leur part. « Mais la charité est douce, » patiente, compatissante....; elle » souffre tout, espère tout, et ne se » rebute jamais. » I Cor., c. 13, fi.
Ou doit encore avouer que, parmi les personnes du sexe qui se perdent, il en est un grand nombre qui y ont été réduites par la mi-ère, plutôt que par un goût décidé pour le libertinage.
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Il est bon de remarquer que la plupart des établissements charitables dont nous parlons ont été formés dans des siècles où l'on ne se piquait pas de philosophie ; mais ils n'ont jamais été plus nécessaires • que dans le nôtre, depuis que les prétendus philosophes ont travaillé de leur mieux à augmenter la corruption des mœurs, et ont étouffé dans les femmes les principes de religion, afin de leur ôter plus aisément la pudeur.
Beugier.
MAGELLAN ou le tour du monde.
(Théol. mixt. et hist. scien. géog. et indust.) — Ferdinand de Magellan, issu d'une famille noble du Portugal, chrétien terrible, fit ses découvertes dans le xvi e siècle; mais ce ne fut pas lui qui put en faire part à l'Europe. Il avait révélé un caractère énergique et chevaleresque dans un premier voyage sous les ordres du vire-roi des Indes, dom Francisco de Almeida. Le bâtiment qui le portait se perdit, avec un autre, sur un écueil; les naufragés purent se réfugier sur une île "voisine, d'où l'on résolut de gagner un port à l'aide des chaloupes; mais ces chaloupes n'étaient pas en nombre suffisant pour emporter tout le monde, et ce fut à qui ferait partie, du premier départ. Les officiers prétendirent avoir l'avantage à cause de leur rang et les matelots firent opposition dans la crainte d'être ensuite abandonnés.
La position était critique. Magellan le sentit; pour y mettre fin, il dit aux matelots : « Je reste avec vous, »
et, s'adressant aux chefs : « Jurez » sur l'honneur que vous nous en- » verrez du secours. » Ce double colloque l'avait forcé de se tenir un instant dans une des chaloupes, et les matelots, restés sur le rivage, le soupçonnant de vouloir les abandonner: « Ah ! seigneur Magellan, criaientils, vous avez promis de rester avec nous! » Aussitôt il saute à l'eau et, revenant à eux : « Me voilà, »
leur dit-il. Ce fait le rendit populaire parmi tons les marins de son temps.
Quelques armées après, injuste-
ment traité par le roi Manoel, il se brouilla avee lui et se fit aussitôt naturaliser sujet espagnol. Puis il s'embarqua, en 1319, pour le compte de Charles Quint, après s'être entendu secrètement avec lui sur la tentative d'un voyage autour du monde. Résumons ce voyage, dont le héros trouvera dans une île le sort qu'il avait mérité par sa cruauté et par son intolérance religieuse, mais duquel seize de ses compagnons reviendront raconter à l'Europe les péripétiesd'un premier voyage autour du monde.
Magellan descendit le fleuve Bétis, aujourd'hui le Guadalquivir, avec cinq vaisseaux, montés par deux cent trente-sept hommes dont la plupart étaient Espagnols, mais parmi lesquels se trouvaient aussi des Portugais, des Flamands et des Français, en assez grand nombre.
Ses compagnons eux-mêmes ignoraient son projet. Il voguait en avant sur la Trinidad, et les quatre autres vaisseaux suivaient le Farol qu'il allumait toutes les nuits sur sa poupe. On lit eau et bois à TénérilTe, une des Canaries, l'île aux arbres fontaines, puis on côtoya les rives montagneuses de l'Afrique déjà visitées par Cintra. Ce fut dans ces parages, que, pendant un calme de vingt jours, il se vit obligé de faire un captif du seigneur Carthngéna qu'on lui avait donné comme inspecteur; acte de fermeté qui lui valut cette inlluence souveraine sans laquelle il n'aurait pu réussir dans son audacieuse entreprise.
Vinrent bientôt les rafales effrayantes, pendant lesquelles, il profita des corps saints qui n'étaient autres que des feux saint- elme, pour soutenir la confiance de ses marins; l'un de ces feux, élégant flambeau, brilla pendant longtemps sur la pointe d'un mât jusqu'à éblouir l'équipage.
On cinglait au sud-ouest en appuyant vers l'Amérique du Sud. On vit ces multitudes d'oiseaux qui étonnaient alors l^s Européens; et se montra enfin la côte du Brésil, dont les pacifiques habitants, « noirs