V. Islamisme
MAI (Angelo). (Théol. hist. biog. et bibliog.) — Ce célèbre et savant cardinal, après avoir été bibliothécaire du Vatican, naquit dans la province de Bergame en 1782 et mourut, à la suite . d'une vie de travail et de mœurs simples qui ne s'était jamais démentie, en 1854, avec la réputation d'un digne émule des Monfaucon et des Mabillon. « La théologie, dit M. Hergenrôther, la philosophie, l'histoire et la philologie lui doivent de précieux trésors ; les documents des Pères, publiés par ses soins, ont apporté de nouveaux et d'éclatants témoignages à beaucoup de dogmes de l'Église; car il publia des écrits inédits de saint Augustin, de saint Cyrille d'Alexandrie, d'Eusèbe de Césarée, de saint Chrysostome, de Théodore de Mopsueste, de Polychronius, de saint Basile, de saint Grégoire de Nysse, de saint Grégoire de Nazianze, de saint Athanase, de Marinus Victorinus, de saint Paulin de Noie, de Ferrand Diacre, de Martin Florus de Lyon, de Photius et d'autres écrivains byzantins postérieurs. Les plus importants de ces ouvrages sont réunis dans quatre grandes collections :
« I. Veto'um Scriptorum nova collectio, Romœ, 1825 sq., 10 vol. grand in-8°.
» II. Classici Scriptores ex Codd.
Vatic. editi, 10 vol. terminés en
» III. SpicilegiumRomanum, Roma?, 1839 sq., in-8°, 10 vol. terminés en
» IV. SS. Patrum nova Bibliotheca,
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commencée dans les dernières années de sa vie; il a paru jusqu'à sa mort six volumes de cette riche collection, dédiée à Pie IX.
» Peu de savants auraient été en état de lire tous les vieux manuscrits que le cardinal Mai non-seulement aechiITra mais examina, traduisit, eclaircit et interpréta. »
Le Noir.
MAI
biog. ci ùiblwcj.) - Ce Jésuite naquit à Nancy, en 1610, fut obligé en 168"' de sortir, par les ordres du pape nnocent XI, de la Compagnie de Jésus, parce qu'il ava it soutenu les principes d'un gallicanisme exagéré maigre les instances que lit le roi de France pour qu'on ne l'exclût point, et mourut à Paris en 1686, grttn
tl^T 1 ""^" 561 " a,,s > d ' une attaque d apoplexie, tenant entre les mains lln envrage sur le schisme de i aglise anglicane.
On lui doit : Histoire de l'Arianisme compare a 'hérésie des Socinkns, Paris,
jp^l V ? L \ a - i0 ' Wstoired ^Iconoclas.
tes et de la translation de l 'empire aux Français; Histoire de la décadence de l empire après Charlemagne; Histoire du Schisme des Grecs; Histoire des Croisades, 2 vol. in-4», «récit pittoresque et anime, dit M. Dùx, mais entremêlé de faits incertains, tiré d'ailleurs de sources graves et souvent des auteurs contemporains; » Histoire de la Li- Que; Histoire du pontificat de saint Grégoire le Grand et de celui de saint Léon ■ Traite historique des Prérogatives de l'Eglise de Rome : Histoire du
(vffZT Sme \ mtoire du Calvinisme (réfutée par Jurieu et J.-B. Rocoles,
■r \ Ih ï!?' re du grand Schisme d' Occident; Histoire du Wiclèfianismc :
Sejmons contre le Nouveau Testament de Mons; Méthode pacifique pour ramener sans dispute les protestants à lu ivraie foi sur le dogme de l'Eucha-
Chrll- 1 PJl^JwlM Ae Jésus- Christ, de la IraieParolede Dieu, etc.
touslesahments végétaux et animaux excepte ceux qui sont fournis par les' mammifères et les oiseaux. Dan, " disciphne ecclésiastique, quelque oU seaux aquatiques et les mamt (','■■ ', amphibies ou purement aquatiques sont considérés comme maigres, ainsi bien q Ue tous les reptiles et to'us Ï C3 ïiais poissons. Au point de vue de la
SI dl , iicreil 1 9 e e "^e les uns et les auties, les aliments gras, qu'on nomme aassiprotêiquet ou albuminoides, sont essentiellement azotés, tandis que les maigres, qui sont en moyenne partie amylacés ou sauhaloides ne renferment que très-peu d azote ou même pas du tout. Les maigres sont, par là même, moins nutritifs et surtout moins excitants- ils conviennent mieux que les gras à condition pourtant qu'on y joigne presque toujours avec discrétion un peu de ces derniers, aux tempéraments franchement sanguins et aux tempéraments nerveux avec prédominence de l'élément san-uin la raison est que, dans les premiers cas il importe de ne pas fournir à là faculté d assimilation, qui est puissante trop de nourriture, et que dans le second, l'activité nerveuse cause de beaucoup de maux, suit l'activité sanguine. La santé résultera ordinairement pour les uns et les autres de l'emploi presque exclusif a aliments maigres.
Les lois ecclésiastiques du maigre à certains jours sont donc hygiéniques pour le plus grand nombre des tempéraments et surtout pour tous les hommes forts, riches de sang, et d une santé robuste. Le Noir
Jt a ^ S ^ al , ,alents )- (Théo!, mixt.
scien. hyg.)-. Les aliments maigres par opposition aux aliments gras, sont
MAILLOT. (Théol. mixt. sciai f W) — Autrefois on emmaillottait les nouveaux-nés en les serrant fortement de la tète aux pieds, et on Us nxait ainsi sur leur couche. Cette pratique était pernicieuse; elie gênait la respiration et la circulation, déterminait parfois des congestions dans certains organes essentiels, empêchait le développement des forces musculaires, exposait souvent ces petits êtres à croupir dans leurs ordures à cause de la difficulté qu'avait 'la
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nourrice à défaire et à refaire le maillot. Ce sont les philosophes tels que Locke, JJ. Rousseau, Buffon, qui ont réussi à faire abandonner cette pratique; aujourd'hui on laisse libre autant que possible le nouveau-né dans son berceau ; le maillot est réduit à quelques langes de toile, de coton et de laine très-peu serrés, ou môme à une petite robe ; mais il faut aussi que l'enfant ne soit pas exposé à avoir froid par suite delà négligence de la nourrice, et quand il n'appartient pas à une famille aisée dans laquelle les grands soins peuvent manquer, il faut que, pendant quelques mois, le maillot soit conservé de manière à ne gêner aucun des mouvements.
Dans certaines campagnes, l'ancien, abus pourrait encore subsister plus ou moius; et dans ce cas, les. ministres de la religion, dont la mission est de travailler à la civilisation sous tout rapport, en même temps qu'à la moralisation et à la sanctification des âmes, devraient faire leur possible, par leurs conseils, pour déraciner de pareils usages. Le Noib.
MA1MONIDES (Moïse) en hébreu :
Rabbi mose ben Maimon, pQ»,a , ■jnuJn "I, qui devient en abrégé Ram-
bam, D3D"1, (Thél. hist. biog. et biohliog.) — Ce savant juif, le plus grand du moyen âge, naquit à Cordoue en 1135, et mourut en 1204, à Alexandrie où il avait fondé une académie célèbre, très-fréquentée. Selon son désir, son corps fut transporté en Palestine et enterré à Tibériade.
Il avait été, pour l'arabe, les mathématiques, l'astronomie et la médecine, l'élève d'Averroès. Le calife Mahomet-ben-Tomrut, étant devenu le maître de l'Afrique septentionale et de l'Espagne, et ayant ordonné à tous les israélites de ses Etats d'embrasser l'islamisme sous peine de mort, ou de les quitter dans l'espace d'un mois, il embrassa, par force, extérieurement la religion du prophète avec toute la communauté juive de Cordoue. Cette apostasie pour la forme est encore niée aujourd'hui par beaucoup de rabbins, mais elle a été rendue par Mai-
monides lui-même incontestable par un ouvrage qu'il composa tout exprès pour la justifier, et elle se trouve, d'ailleurs, conforme aux principes qu'il professe dans sa sanctification du nom de Dieu, D.^n tëïtp. Mahometben-Tomrut était mort, il est vrai, en 1102, mais son successeur avait renouvelé le même édit etlapersécution n'en était devenue que plus active.
Quand Maimonides eut trente ans, sa conscience trouva, pourtant, une telle situation intolérable, et il chercha un pays où il lui fut possible de mettre ses actes extérieurs en conformité avec ses croyances ; il s'embarqua avec toute sa famille pour Saint-Jean d'Acre, voyagea de ville en ville dans la Palestine, ne se fixant nulle part par peur des chrétiens qui y étaient alors tout-puissants, et finit par s'établir, en Egypte, à Fostat où il trouva les rabbinites et les caraïtes en lutte, vint au secours des premiers et fit triompher le rabbinisme rigide. Il ne voulut rien accepter des rabbins en récompense du service qu'il leur rendit, et continua .de vivre d'un commerce de diamants et de la pratique de la médecine, art dans lequel il était devenu très-fort.
Ce fut alors qu'il termina son fameux Commentaire de la Michna qu'il avait commencé à vingt-trois ans ; il le publia d'abord en arabe, puis il tut traduit en hébreu, en latin, et dans d'autres langues.
Ce travail étant mené à bonne fin, Maimonides composa et publia ses quatorze livres des lois judaïques restées en vigueur jusqu'à lui, nTnn
rûfite, souvent aussi appelé HfJ'rn T>; ces ex traits du talmud, de la Michna et des autres livres juifs ayant autorité, sont devenus pour ainsi dire le code du judaïsme moderne.
En 1170, Saladin le prit pour son médecin particulier ; et il fut dénoncé par ses ennemis à Saladin luimême pour avoir abandonné l'islam après l'avoir embrassé ; mais Saladin jugea qu'une profession contrainte n'était point une véritable profession et rejeta la dénonciation. Maimonides continua d'être le médecin des deux successeurs de Saladin sans cesser
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à habiter 1 Egypte, d'y pratiquer la médecine et de travailler pour la science religieuse biblico-rabbinigue qu il a, disent ses critiques coreligionnaires, pétrifiés dans un formalisme trop exclusif.
Son ouvrageleplusimportant après ceux que nous venons de citer est le fameux Maître des égarés, BWMn ■Tria, composé en arabe pour son
ÎWh V?l 6ph ' traduit en hébreu Eri m i n r?^ b0n ,' et souveQt ^imprimé. « I cherche à démontrer, par ce livre, dit M. Welle, qu'on doit et comment on doit comprendre et in- Zl? tQ - .fP^^ellement les documents révèles de l'Ancien Testament ; n y traite longuement une foule d'opil et 10D .?M f P ^ q,ltiS Géologiques, n,p| P I t , nd demoiltr er notamment quel e 5 t le vrai sens et le vrai motif de certaines lois mosaïques en apparence destituées de raison, en même temps que, dans sa prédilection pour la philosophie grecque et arabe, il mêle souvent à ses interprétations desexplicaùons étrangères ausystème talmudico-judaïque. » '
»w« . a " t . reS ouvra g es de Maimonides, qu il convient encore de signant' ° e „ sont ses tve ™ articles de foi, D'1p r ï HWï xfr», la lettre ou le dis-
r^Lf* J* résurrecti on des morts,
D>çan nxnn-rç ma*, ou idkg, là
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ï°iTo' r-" °' eila P^'^^gie!
D'un côté, Maimonides est d'un talmudisme rigide dans ses expositions et ses commentaires des lois judaïques, et, d un autre côté, il respire à tel
?rèce P ?H Prit A^ i,0S °P h T« " ï H'At~ des Arabes, qu'il a mérité d être nommé le père du rationalisme ?*■ " « est, en particulier, dit M. \Ve te, l'ennemi des miracles et quoiqu il en reconnaisse la possi-
oS '/h J Y, éa,it î' P ar ce,a E«
quil admet la création du néant, il cherche, dans toutes les occasions, à échapper, autant que possible à la nécessité d'admettre tel ou tel miracle particulier, en l'interprétant arbitrairement et à sa façon. « L E Noir.
MAIN. En hébreu, et dans les li-
vies saints ce mot a autant de significations différentes qu'en français et la plupart sont métaphoriques ' La main signifie quelquefois la gnffe des animaux. I W c ,7 *
37, David dit que Dieu l'f tiré de ' lî main d'un lion et d'un ours. El e
désigne le côté; ainsi nous disonlà main droite, à main gauche Elle marque l'étendue, p.nfe ™' n ™
Psalm 1TV?- é , teudant les ««ô«.
fsalm, 103, f 2o, la mer est appelée
magnum et spaliosum manibus. Elle indique ce qui tient lieu de main et piodui le même effet, un gond, une charnière un soutien. £ C clé S i™ m.-fi' 7 ' '' est dlt d ' un Paresseux 2n- ,{TV. CS T ins > e'est-à-dire qu il se tient les bras croisés; Elisée versait de l'eau sur les mains d'Elie, ç est-a-dire qu'il le servait. Comme les coups ae la main servent à compter, et que l'on compte sur les doigts, nous lisons que Daniel se trouva dix mains, ou dix fois plus sage que les Chaldéens P
Main signifie en général l'action oui ouvrage. U.Reg.,c. 18 î 18 1 main d'Absalon est l'ouvrage d'Àbsalon. Ps. 7, f i, si l'iniquité est dans mes mains, c'est-à-dire dans mes actions. La main du Seigneur exprime 1 ouvrage, l'opération, la protection ao jjieu ou sa puissance. Ps 22 la main du glaive est la mort. Ce mot désigne aussi le secours, les conseils, les services, le ministère d'une personne. David dit à une femme :
La main de Joab est avec vous dans cette affaire, c'est-à-dire, il vous aide de ses conseils. Abner dit à David :
Ma main sera avec vous, je vous rendrai mes services. Dieu parle par la main de Moïse et des prophètes, ou parleur ministère. I. Parai., c. 6, f 13, la main des cantiques est la fonction des chantres. Conséquemmont remplir les mains à quelqu'un, c'est Je consacrer ou le destiner à un ministère; pour consacrer un nouveau • prêtre, on lui mettait à la main 1rs parties de la victime qu'il devait offrir. La main exprime aussi la possession ; Dieu dit à Salomon : Jôlerai le royaume de la main de votre fils, il ne le possédera plus. Joan., c. 3, v 3o, il est dit que Dieu a mis toutes
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choses dans la main de son Fils, c'est-à-dire dans sa puissance et dans sa possession.
Le même terme se met pour toutes les choses qu'expriment les divers gestes de la main. Elever ses mains au Seigneur, c'est le prier et l'invoquer. Ps. 67, v 31, il est dit que l'Ethiopie étendra ses mains vers le Seigneur, pour exprimer qu'elle l'invoquera et lui fera des offrandes.
Mais lever la main vers Dieu, c|est jurer en son nom. Au contraire, lever la main contre quelqu'un, c'est lui résister et se révolter : il est dit d'Ismaël que sa main sera' contre tous, et la main de tous contre lui.
Appesantir la main sur quelqu'un, c'est l'affliger et le punir; la retirer, c'est faire cesser le châtiment; lui tendre la main, c'est le secourir; lui fortifier les mains, c'est lui rendre la force et le courage. Serem., c. 50, v 15, il est dit que les nations se donnent la main, ou font alliance entre elles. Les Juifs disent qu'ils ont été obligés de donner la main aux Egyptiens, on de s'allier avec eux, pour avoir du pain.
Mettre la main sur sa bouche, Job, c. 40, v 33, c'est se taire et n'avoir rien à répondre. Baiser sa main en regardant le soleil, c'est l'adorer et lui rendre un culte. Laver ses mains dans le sang des pécheurs, c'est approuver le châtiment que Dieu leur envoie, Ps. 57, vil, etc. Bergier.
MAIN (la) DE L'HOMME. {Thêoî.
mixt. scien. anat. physiol. et zool.) — «< La main de l'homme, dit M. Milne Edwards, est un admirable instrument de toucher. La finesse de la peau, l'excessive mobilité des doigts, la possibilité d'opposer le pouce à tous les autres doigts, nous permettent d'étudier les formes les plus minutieuses des corps, et de redresser ainsi les illusions des autres sens. » L'homme seul, en effet, a la main perfectionnée au degré suprême pour ses divers usages; le singe a bien quatre mains qui sont faites à peu près comme celles de l'homme ; mais on remarque pourtant une grande diiférence quand on entre dans de minutieux détails, et ces pe-
tites différences suffisent pour révéler de la part du créateur, comme disait M. Gratiolet, des appropriations à des destinées supérieures, qui se résument dans le service d'une intelligence. La main des grands singes qui ressemblent le plus à l'homme, s'éloigne plus de la main de V homme que celle de certains petits singes qui lui ressemblent moins pour l'ensemble du corps ; et celle de l'homme seul est pourvue des muscles qui rendent le pouce parfaitement et facilement opposable à tous les autres doigts. M. Gratiolet en a fait la démonstration. Mais écoutons Galion quand il décrit la la main de l'homme dans les livres de usu partium, qu'il composa, au nombre de dix-sept, à l'âge de trente-six ans, pendant que Marc-Aurèle faisait son expédition en Germanie :
« C'est en vue du caractère au- » guste des parties de l'homme que » l'ouvrier suprême l'a doué d'un » instrument spécial, qui est la main.
» L'homme seul a la main, comme » seul il a la sagesse en partage, c'est » pour lui l'instrument le plus rner- » veilleux et le mieux approprié à sa » nature. Supprimez lamain, l'homme » n'existe plus. Par la main, il est » prêtàla défense comme à l'attaque, » à la paix comme à la guerre.
» Quel besoin a-t-il de cornes et cle » griffes ! avec la main, il saisit l'é- » pée et la lance, il façonne le fer et » l'acier ; tandis qu'avec les cornes, » les dents et les griffes, les animaux » ne peuvent attaquer ou se défendre » que de près, l'homme peut jeter » au loin les instruments dont il est » armé. Lancé par sa main, le trait » aigu vole à de très-grandes dis- » tances chercher le cœur de l'ennemi » ou arrêter le vol de l'oiseau ra- » pide. Si l'homme est moins agile » que le cheval et le cerf, il monte » sur le cheval, le guide, et il atteint » le cerf à la course. Il est nu et » faible, et la main lui fabrique une » enveloppe de fer et d'acier. Son » corps n'est protégé par rien contre » les intempéries de l'air, sa main » lui ouvre des abris commodes et » lui façonne des vêtements. Par la » main, il devient le dominateur et
MAI
» le maître de tout ce qui vit sur la
» terre, dans les airs et au sein des
»eaux, depuis la flûte et la Ivre
» avec lesquelles il charme ses loisirs'
«jusqu'aux instruments terribles avec
« lesquels il donne la mort; jusqu'au
» vaisseau qui le porte, hardi navi-
» gateur, sur la vaste étendue des
» mers, tout est l'ouvrage de sa
» main. L'homme, animal politique
» eut-il pu, sans elle, écrire les lois
» qui le régissent, élever aux dieux
» des statues et des autels.- Sans la
» main, pourriez-vous léguer à la
» postérité les fruits de vos travaux et
» la mémoire de vos actions? pour-
» riez-vous, sans elle, converser avec
» Socrate, Platon, Aristote, et tous
» ces divins génies qu'enfanta l'anti-
» qmte?... La main est le caractère
» physique de l'homme, comme l'in-
» telligence en est le caractère mo-
» rai. » (Traduction d'Andral.)
On ne doit rien ajouter à de pareils morceaux.
Le Noir.
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enfermé comme janséniste à la Bastille ou il resta deux ans, a laissé outre ce grand travail, beaucoup de traductions dont on peut citer one Version des Homélies de saint Chn/sostome; traduction de l'Imitation de Jésus-Christ; Traduction de Phèdre- Traduction de Térence; etc.
Le Noir.
MAINDRON (Etienne - Hippoljto).
(Théol. hist. biog. et œuvr. d'art.) — Le sculpteur français, né dans le Maine-et-Loire en 180), a fait de
moIan CS ' par exem Pk la Yelléda (1839) maintenant dans le jardin du Luxembourg; les Chrétiens livrés aux Mes, 1838; un Christ m croix: une Vierge, 1842; Sainte Geneviève désarmant Attila à l'église Sainte-Gcne- ■neve (Panthéon), 1848; l'Harmonie sous les traits de sainte Cécile; un Uinst colossal; trente-deux statues et f ix ligures en pierre pour la cathédrale de Sens; le Martyre de sainte Marguerite; le Baptême de Cfefcfc, pendant de sainte Geneviève, 1838 etc. Sa dernière œuvre, la France nsignee est loin de valoir, à notre ans, la Vellcda.
Le Noir.
MAINS (Imposition des), Voyez Imposition.
,™, A J S1 ! nE (^"'S-Isaac le) DE SACY.
{Théol. hist. biog. et Ubliog.) — Ce prêtre français, directeur des religieuses de Port-Ilovnl, célèbre par la Traduction de la Bibh; qu'il lit étant
MAISTRE (Joseph -Marie, comte de). (Théol. hist. biog. et biblioq.) — Ce célèbre écrivain français naquit à Charnbéry, d'une famille originaire de Languedoc qui s'était établie en tiemont, et mourut subitement à Turin en!82l à l'âge de soixante-sept ans. Il emigra en 1793, après l'oecupation de sa patrie par la France,et séjourna à Lausanne où il publia :
Considérations sur ta France ; Lettres a un Royaliste savoisien; Adresse des Emigrés à la Convention nationale; Cinq Paradoxes, etc., etc.
En 1802, le comte de Maisfre fut envoyé par le roi de Sardaigne, en qualité de ministre plénipotentiaire, a la cour de Saint-Pétersbourg, et ce fut pendant son séjour dans cette ville qu'il composa :
Des Délais de la Justice divine; Essai sur le Principe générateur des institutions humaines; du Pape; de r Eglise gallicane; l s Soirées de Saint- Pélersbourg ; Examen de la Philosophie de Bacon (posthume), et plusieurs opuscules ; deux Lettres à une dame protestante et à une dame russe ; Lettres sur l'Éducation publique en Russie; Lettres sur l'Inquisition espaqnole ; Examen d'une édition des Lettres de madame de Scvignë.
On a encore publié du comte de Maistre depuis sa mort :
Lettres et Opuscules inédits. 2 vol.
m-8°, Paris, Vaton, 18Sf, publiéspar son bis, le comle Rodolphe; Mémoires politiques et correspondance diplomatique, avee explication et commentaires historiques , par Albert Blanc, docteur en droit de I'universilé de Turin, Paris, 1838; 2° édit., corrigée, 1859; Correspondance diptomati'iuc(iSll-iSil), recueillie et jnïbli par Albert Blanc, 2 vol. in-8°, Paris Michel Lévy, 1860; Quatre C h : litres inédits sur la Russie, publiés j> ar son
MAI
fils, le comte R. de Maislre, Paris,
Valon, 1859.
Le Noir.
MAITRE DES SENTENCES. Voyez Scolastiques. — V. Aussi Lombard (Pierre).
MAJEURE. On nomme ainsi la troisième thèse que doit soutenir un bachelier en licence dans la faculté de théologie de Paris, parce qu'elle doit renfermer plus de matière, et durer plus longtemps que la mineure. Elle doit durer dix heures ; elle a pour objet la seconde et la troisième partie de la Somme de saint Thomas, et renferme tout ce qui a rapport à l'histoire de la religion, par conséquent la critique sacrée et l'histoire ecclésiastique. Voyez DÉBSÉ
Bercier.
MAJOR (George). (Thèol. hist. Uog.
et bibliog.) — Ce célèbre réformateur, qui, par sa doctrine des bonnes œuvres nécessaire au salut, se rapprochait quelque peu de la doctrine catholique et s'éloignait d'autant de celle de Luther, d'après lequel c'est la foi seule qui sauve, naquit à Nuremberg en 1502 et mourut à Wittenberg en 1374. C'est de lui et de son nom que partit la fameuse controverse, dite des Majoristcs, sur les œuvres, laquelle commença en 1532 et finit par la Formule de concorde, qui rejeta le majorisme quoique plusieurs des rédacteurs de cette formule y fussent enclins. On a publié une partie des œuvres de Major sous ce titre : Opcra D. G. Majoris, Vitel.
3 vol. in-fol, 1569. V. Majorâtes.
Le Noir.
MAJORATES ou MAJORITES disciples de Georges Major, professeur dans l'académie luthérienne de Wirtemberg en 1556. Ce théologien avait abandonné les sentiments de Luther sur le libre arbitre, et suivait ceux de Mélanchton, qui sont plus doux, et il les poussait beaucoup plus loin.
Non-seulement il soutenait, comme ce dernier, que l'homme n'est pas purement passif sous l'impulsion de fa grâce, mais qu'il prévient même
423 MAL
la grâce par des prières et de bons désirs; il renouvelait ainsi l'erreur des semi-pélagiens. Pour qu'un infidèle, disait-il, se convertisse, il faut qu'il écoute la parole de Dieu, qu'il la comprenne, qu'il en reconnaisse la vérité ; or, tout cela est l'ouvrage de la volonté : alors il demande les lumières du Saint-Esprit, et il les obtient. . , Mais il est faux que sentir la vente de la parole de Dieu, et demander les lumières du Saint-Esprit, soit l'ouvrage de la volonté seule; elle a besoin pour cela d'être prévenue par la grâce. Ainsi l'enseigne l'Ecriture sainte, et l'Eglise l'a ainsi décide contre les semi-pélagiens qui attribuent à l'homme seul les commencements de la conversion et du salut.
Major soutenait aussi la nécessite des bonnes œuvres pour être sauvé, au lieu que, suivant Luther, les bonnes œuvres sont seulement une preuve et un elfet de la conversion, et non un moyen de salut. Plusieurs autres disciples de Luther, non contents d'abandonner de même ses sentiments, se sont jetés, comme Major, dans l'excès opposé, sont devenus pèlagiens ou semi-pélagiens; il en a élé de même des sectateurs de Calvin. Voyez, Arbinien.
L ERG 1ER.
MAL. Nous avons eu et nous aurons encore plus d'une fois occasion de remarquer que la question de l'origine du mal a été, dans tous les temps, l'écueil de la raison humaine.
Comment un Dieu créateur, toutpuissant, souverainement bon, ^-l-d pu produire du mal dans le monde?
Telle est la difficulté à laquelle il faut satisfaire.
Il n'en est aucune qui ait donne lieu à un plus grand nombre d'erreurs. Elle a contribué beaucoup à faire imaginer plusieurs dieux ou génies artisans et gouverneurs du monde, dont les uns étaient bons et les autres mauvais, et qui avaient mis chacun leur part dans la construction de l'univers. A la naissance de la philosophie chez les Orientaux, les raisonneurs réduisirent ces dieux
MAL
ou génies à deux, dont l'un avait fait le bien, l'antre le mal. Chez les Grecs les philosophes se partagèrent Les stoïciens attribuèrent le mal a la fatalité, à la nécessité de toutes choses, à l'imperfection essentielle dune matière éternelleiJieu, quils envisageaient comme
àZt a m ?° de ' était > selon ^urs idées dans 1 impuissance d'y remédier P aton et ses diseiples en restèrent la faute sur la inaladressc et i impuissance des dieux inférieurs qui avaient formé et gouvernaient le monde; cela ne disculpait pas le Uieu souverain de s'être servi d'ouvriers incapables de mieux faire Les épicuriens attribuèrent tout au nasaid soutinrent que les dieux endormis dans un pai-fait repos né emmêlaient point des choses d'iei-
**« T 5 différentes opinions sont nées, dans la suite, les diverses hé-
tuZT î" 11 affligé rE - lise - La difùculte de la question paraissait ang-
S P 1S depms . 1 ue la révélation avait fait connaître le mal survenu dans le monde par la chute du premier homme. Comment se persuader que Dieu, qui avait laissé tomber la nature humaine, ait eu assez d'affection pour elle pour s'incarner, souffrir et mourir, afin de la relever et
MAL
A a i r. U' """ uu la relever et
de la sauver? Presque tous aMaquôrent la réalité de l'incarnation ?ïes va Ientimens renouvelèrent le polythéisme de Platon, multiplièrent à discrétion les cons ou génies gouverneurs du monde. Les marcionites, et ensuite les manichéens, les réduisirent a deux principes, l'un bon et auteur du bien, l'autre ' méchant par nature et cause du mal. Plusieurs renouvelèrent la fatalité des stoïciens
étern!. r rp nt n C r me 6UX la mat ^é étemelle. Pelage pour ne pas don-
mJT l6S , eXCès des m «,ichéens, soutint que les maux de ce mondé sont la condition naturelle de 1 homme, et non la peine du péché originel. Pour répondre aux mai! cheens, qui objectaient la mullilude des cnmes dont le monde est rem-
Hnm„ prc j end . lt qa ' il ne tenait ^'a fil d , e les éviter tous > et de
laiie constamment le bien, sans
avoir besoin d'aucun secours sur naturel. Les prédestinons et leur successeurs crurent trancher le nœud de la difficulté, en attribuant tout à la puissance arbitraire de Dieu sin«
rve- m s siL npeiuedeia -s
systèmes d'incrédulité; 1 et, dans e tond, ce ne sont que les vieilles opinions ramenées sur la scène. On a
renouvelé de nos jours toutes les objections des épicuriens et toutes celles des manichéens contre la Providence
divine, soit dans l'ordre de la nature, soit dans l'ordre de la grâce- Bavlè s est appliqué à les faire valoir Les socimens, révoltés contre les blasphèmes des prédestinateurs, sont redevenus pélagiens. Les déistes ont principalement argumenté sur l'épargne avec laquelle Dieu a distribué les dons de la grâce et les lumières de la révélation; ils n'ont pas vu qu ils faisaient cause commune avec les athées, qui se plaignent de ce que Uieu na pas assez prodigué aux hommes es bienfaits de la nature.
Les indifférents, qui sont le très-grand nombre, incapables de débrouiller ce c f a ° s ' on . 1 c °ndu qu'entre le théisme et 1 athéisme, entre la religion et incrédulité, c'est le goût seul, et non la raison, qui décide.
La question de l'origine du mal, si terrible en apparence, est-elle donc réellement insoluble? Elle ne l'est point quand on prend la précaution d eciaircir les termes, et que l'on y attache une idée nette et précise.
C est ce que les philosophes n'ont îaitm dans les siècles passés, ni dans e siècle présent; nous espérons de le démontrer : mais il faut voir auparavant de quelle manière la difficulté a été résolue par les anciens justes qui ont été les premiers philosophes et les premiers théologiens.
A proprement parler, cette question fait tout le sujet du livre de Job; de 1 aveu des savants, ce livre a près de quatre mille ans d'antiquité (I).
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La Nota.
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L'erreur des amis de Job était de penser qu'un Dieu bon et juste ne peut affliger les hommes, à moins qu'ils ne l'aient mérité par leurs crimes. Job réfute ce faux préjugé ; c'est un juste souffrant qui fait l'apologie de la Providence.
1° Le saint patriarche fait parler Dieu lui-même, pour apprendre aux hommes que sa conduite et ses desseins sont impénétrables, et qu'il n'en doit compte à personne. Il leur demande qui lui a servi de conseiller et de guide dans la manière dont il a arrangé l'ouvrage de la création, c. 9, t 38; c. 10, 12, 26, 33, etc. De là nous tirons déjà deux conséquences :
la première, que les mêmes raisons qui justifient Dieu sur le degré de bien ou de mal, de perfection ou d'imperfection qu'il a dunné aux créatures, le justifient aussi sur la quantité de biens et de maux, de bonheur ou de souffrance qu'il leur distribue ; la seconde, que les notions que nous tirons de la conduite et de la bonté des hommes ne sont pas applicables à la bonté et à la conduite de Dieu.
Nous prouverons la vérité de ces deux réflexions.
2° Job pose pour principe que l'homme est souillé par le péché dès sa naissance. « Qui peut, dit-il, ren- » dre pur l'homme, formé d'un sang » impur, sinon Dieu seul? » Que l'homme n'estjamais exempt de péché aux yeux de Dieu, c. 9, f 2 ; c. 4, f 1. Les afflictions qu'il éprouve peuvent donc toujours être un châtiment, et servir à l'expiation de ses fautes.
3° Il soutient que Dieu dédommage ordinairement en ce monde le juste affligé, et punit l'impie insolent dans la prospérité : cette vérité est confirmée par les bienfaits dont Job luimême est comblé sur la lin de ses jours, c. 21, 24, 27, 42.
4° Il compte sur une récompense après la mort. « Quand Dieu m'ôte- » raitla vie, dit-il, j'espérerais encore » en lui... Je sais que mon Rédemp- » teur est vivant; qu'au dernier jour » je me relèverai de la terre, et que » je verrai mon Dieu dans ma chair...
Les leviers de ma bière porteront » mon espérance, elle reposera avec » moi dans la poussive du tombeau...
» Accordez, Seigneur, à l'homme » condamné à mourir, quelques mo- » ments de repos, jusqu'à celui au- » quel il attend, comme le merce- » naire, le salaire de son travail. »
c. 13, 14, 17, 19, etc.
De ces trois dernières vérités, il s'ensuit qu'il n'y a point de mal pur, de mal absolu dans le monde, puisqu'il doit en résulter un très-grand bien, savoir l'expiation du péché et un bonheur éternel.
David, après avoir avoué que la prospérité des méchants est un mystère et une tentation continuelle pour les gens de bien, se consolait de même en réfléchissant sur la fin dernière des méchants, Psal. 72, f 17.
Salomon, dans l'Ecclésiaste, après avoir allégué ce scandale, concluait que Dieu jugera le juste et l'impie, Eccles., c. 4, 3, 9.
Mais les philosophes ne sont pas satisfaits de ces réponses ; c'est à nous de prouver qu'elles sont solides, et qu'elles résolvent pleinement la difficulté.
En premier lieu, l'on distingue des maux de trois espèces : le mal que l'on peut appeler métaphysique, ce sont les imperfections des créatures; le mal physique, c'est la douleur, tout ce qui afflige les êtres sensibles et les rend malheureux ; le mal moral, c'est le péché et les peines qu'il traîne à sa suite. Si les imperfections des créatures et leurs péchés ne les faisaient pas souffrir, un philosophe ne les envisagerait pas comme des maux.
Le mal physique ou la douleur est le principal objet des plaintes; Dieu, sans doute, aurait rendu les créatures plus parfaites, s'il avait voulu les rendre plus heureuses. Un auteur anglais a fait voir que les deux dernières espèces de maux dérivent de la première, et que, danslefond, tout se réduit à l'imperfection des créatutures. Ecrits publiés pour la fond, de Bayle, tome 5, pag. 20o, elc.
En second lieu, l'on s'obstine à prendre le bien et le mal dans un sens absolu, au lieu que ce sont des termes purement relatifs, et qui ne sont vrais que par comparaison. Le bien parait un mal lorsqu'on le compare à ce qui est mieux, parce qu'alors il
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renferme une privation ; et il parait un mieux, quand on le compare à ce qui est plus mal. Ainsi, quand on dit qu'il y a du mal dans le monde, cela signifie seulement qu'il n'y a pas autant de bien qu'il pourrait y en avoir.
Quand on demande pourquoi il y a du mal, c'est comme si l'on demandait pourquoi Dieu n'y a pas mis un plus grand degré de bien ; et la question ainsi proposée fait déjà tomber par terre la moitié des objections.
En troisième lieu, l'on compare la bonté de Dieu jointe à un pouvoir inlini, avec la bonté de l'homme dont le pouvoir est très-borné; c'est une comparaison fausse. Un homme n'est pas censé bon, à moins qu'il ne fasse tout le bien qu'il peut ; il est absurde, au contraire, que Dieu fasse tout le bien qu'il peut, puisqu'il en peut faire à l'inlini. L'infini actuel est une contradiction, puisqu'une puissance inlinie ne peut jamais être épuisée. Les divers degrés de bien que Dieu peut l'aire forment une chaîne infinie. Qui fixera le degré auquel la bonté divine doit s'arrêter? Yoy. Bon, Bo.nté,
Il est bien singulier que ces deux sophismes, entés l'un sur l'autre, aient tourné toutes les tètes philosophiques depuis Job jusqu'à nous. Les Pères de l'Eglise ont mieux raisonné.
Tertullien, dans ses livres contre Marcion et contre Hermogëne; saint Augustin, dans ses écrits contre les manichéens; Théodoret, dans son Traité de la Providence, ont très-bien saisi le point de la question ; ils n'ont pas été dupes d'une double équivoque. Ils ont posé pour princine que le mal n'est que la privation d'un plus grand bien, et qu'en raisonnant toujours sur le mieux, nous ne trouverons jamais le point auquel il faudra nous lixer. Faisons donc l'application de ce principe aux trois espèces de maux que l'on reproche à la Providence.
Tout être créé est nécessairement borné, par conséquent imparfait; le mal métaphysique est donc essentiellement inséparable des ouvrages du Créateur. Quelque parfaite que soit une créature, Dieu peut en augmenter à l'infini les perfections; à cet égard, elle éprouve toujours une privation. Au contraire, quelque impar-
faite qu'on la suppose, dès qu'elle existe, elle a reçu quelque degré de bien ou de perfection, quelque qualité qu'il lui est bon d'avoir. Il n'en est donc aucune dont l'existence puisse être envisagée comme absolument mauvaise, comme un mal pur et positif; aucune n'est imparfaite que par comparaison avec un autre êtro plus parfait : la perfection absolue n'est qu'en Dieu. Si une créature quelconque a lieu de se plaindre, parce qu'il en est d'autres auxquelles Dieu a fait plus de bien, elle a lieu aussi de se féliciter et de le remercier, puisqu'il en est d'autres auxquelles il en a fait moins. Où est donc ici le fondement des plaintes et des murmures? Pour ne parler que de nous, on convient aussi que tout homme est content de soi; il n'est donc pas aisé de concevoir en quelle sorte il peut être mécontent de Dieu. Prétendre qu'un Dieu bon n'a pas pu donner l'être à des créatures imparfaites, c'est soutenir que, parce qu'il est bon, il n'a pu rien créer du tout.
Le pariait absolu est l'inlini.
Dieu pouvait, sans doute, créer l'espèce humaine plus parfaite qu'elle n'est, puisque, dans le nombre des individus, les uns sont moins imparfaits que les autres; niais si l'espèce entière n'a aucun sujet de se plaindre de la mesure des dons qu'elle a reçus, comment chaque individu peut-il être mécontent de la portion qui lui est échue ?
Aussi Bayle a été forcé de passer condamnation sur l'article du mal métaphysique; il est convenu qu'il n'y aurait rien à objecter contre la bonté de Dieu, si l'imperfection des créatures ne les rendait pas mécontentes et malheureuses.
Mais si ce que nous appelons malheur ou souffrance est une suite inévitable de l'imperfection de l'espèce, comment l'un peut-il fonder un mécontentement plus juste que l'autre?
Passons donc ;à la notion du mal physique, or ' : Mtlheur. Nierez-vous, me dira-t-on, qu'un instant de douleur, même la plus légère, soit uu mal réel, positif et absolu? Oui, je le nie, parce qu'il est al. .-uni'' ; parer cet instant d'avec le reste de
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son fe»stence habituelle qui est un
bien; cet instant, considéré sur la totalité de la vie, n'est que la privation d'un bien-être continuel, ou d'un bonheur habituel plus parfait. Un instant de douleur légère est sans doute préférable à une douleur plus vive et plus longue; si l'on dit qu'il s'ensuit seulement que l'un est un moindre maZ que l'autre, j'en conclus de même qu'un bien-être habituel, coupé par un instant de douleur, est un moindre bien que s'il était constant, mais que ce n'est point un mal positif ni un malheur absolu. Dans une question aussi grave, il est bien ridicule d'argumenter sur des mots.
Un écrivain très-sensé et très-instruit vient de soutenir avec raison qu'il n'y a pas un seul des maux de la vie qui ne soit un bien à plusieurs égards ; il n'en est donc aucun qui soit un mal pur et absolu. Etudes de la nature, tom. 1, pag. 603. Un autre a très-bien fait voir que les besoins de l'homme sont le principe de ses connaissances, de ses plaisirs, le fondement de la vie sociale et de la civilisation: nulle volupté, dit-il, sans désir, et nul désir sans besoin. Le plus stupide des peuples serait celui dont tous les besoins seraient satisfaits sans aucun travail. Origène faisait déjà ces observations, contra Celsum, Mb. 4, n. 76, et il les confirmait par un passage du livre de YEcelésiastique, c. 39, f. 21 et 26.
Soutiendra-t-on qu'un homme qui a vécu quatre-vingts ans, et qui n'a éprouvé dans toute sa vie qu'un instant de douleur légère, a été malheureux, qu'il a droit de se plaindre, que ce seul instant forme une objection invincible contre la bonté intime de Dieu? Bayle a osé avancer ce paradoxe, et tout incrédule est forcé de l'adopter. Qui de nous, en pareil cas, ne se croirait pas très-heureux et obligé de bénirla Providence? Entre le bonheur parfait et absolu qui est l'état des saints dans le ciel, et le malheur absolu qui est le supplice des damnés, il y a une échelle immense d'états habituels qui ne sont bonheur ou malheur que par comparaison, et il n'est aucun de ces degrés dans lequel Dieu ne puisse placer une créa-
ture sensible saus déroger à sa boulé infinie. V. Bonheur.
. Bayle et ses copistes disent qu'un Dieu infiniment bon se devait à luimême de rendre ses créatures heureuses; jusqu'à quel point? Toute créature est censée heureuse, quand on compare sou état à un état plus malheureux, et elle est malheureuse quand on le compare à un état meilleur. On ne prouvera jamais que l'état habituel des créatures, mélangé de biens et de maux, de plaisirs et de souffrances, plus ou moins, soit un malheur absolu, un état pire que le néant, et dans lequel un Dieu bon n'a pas pu placer ses créatures. Saint Augustin a soutenu le contraire contre les manichéens, et on ne peut rien lui opposer de solide. En raisonnant sur le principe opposé, un incrédule s'est trouvé réduit à dire qa'un ciroa qui souffre anéantit la Trovidcncr .
Ici, comme nous l'avons déjà remarqué, la révélation vient au secours de la raison et justifie la Providence; elle nous fait regarder les maux de ce monde comme le moyen démériter et d'obtenir un bonheur éternel : ces maux ne sont donc qu'un instant eu comparaison de l'éternité. Consolation que n'avaient pas les anciens philosophes, que les hérétiques ont oubliée, et que les incrédules ne veulent pas recevoir; c'est donc leur faute, et non celle de Dieu, si c'est pour eux un malheur de vivre. Une béatitude qui nous serait assurée sans souffrances précédentes et sans mérites, serait, si l'on veut, un plus grand bienfait que celle qu'il i-uU acheter par la vertu et par les souffrances ; mais s'ensuit-il que Dieu n'est pas bon, parce qu'il ne nous rend pas heureux de la manière dont nous voudrions l'être?
Il n'est pas question de savoir si nous sommes contents ou non de notre sort, mais si nous avons un juste sujet de nous plaindre ; le mécontentement injuste est un trait d'ingratitude, ce n'est donc qu'un crime déplus. Job sur son fumier bénissait Dieu; Alexandre, maître du monde, n'était pas satisfait. Saint Paul se réjouissait dans les souffrances; un ép'icui'ien blasphème contre la Divi-
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nité, parce qu'il ne peut pas goûter assez de plaisirs. Prendrons-nous pour juges de la bonté divine des voluptueux insensés, plutôt que des âmes vertueuses? C'est ici le cas de dire que c'est le goût qui décide, et non la raison; mais un philosophe doit prendre la raison pour guide, plutôt qu'un goût dépravé.
Le mal moral semble d'abord former une plus grande difficulté.
Comment un Dieu bon a-t-il pu donner à l'homme la liberté de pécher, ou le pouvoir de se rendre éternellement malheureux? Il ne pouvait lui faire un don plus funeste, surtout sachant très-bien que l'homme en abuserait.
Mais il n'est pas vrai que la liberté soit seulement le pouvoir de pécher et de se rendre malheureux; c'est aussi le pouvoir de faire le bien et de .
s'assurer un bonheur éternel : un de ces deux pouvoirs n'est pas moins essentiel à la liberté que l'autre. Une nature impeccable, une volonté déterminée invinciblement au bien, serait sans doute meilleure qu'une liberté telle que la nôtre; mais il ne s'ensuit pas que celle-ci est un mal, un don pernicieux et funeste par lui-même.
Entre le meilleur et le mal, il y a un milieu qui est le bien : c'est encore la réponse de saint Augustin. Il s'ensuit seulement que le libre arbitre est une faculté imparfaite. Dieu aide la volonté de l'homme par des grâces plus ou moins puissantes et abondantes, ce sont loujours des bienfaits ; l'abus que l'homme en fait n'en change point la nature; il ne faut pas confondre le don avec l'abus : celuici est libre et volontaire, il vient de l'homme et, non de Dieu.
Bayle et les autres incrédules n'ont pu obscurcir ces notions que par des sophismes. Ils disent, 1° que c'est le propre d'un ennemi d'accorder un bienfait dans les circonstances dans lesquelles il prévoit que l'on en abusera; qu'un père, un ami, un médecin, etc., se gardent bien de mettre entre les mains d'un enfant ou d'un malade, des armes dont ils ont lieu de croire que l'usage lui sera pernicieux.
Mais nous avons montré d'avance
que toutes ces comparaisons sont fautives. Les hommes ne sont censés nous aimer, être bons à notre égard, qu'autant qu'ils nous font tout le bien qu'ils peuvent, et qu'ils prennent toutes les précautions qui dépendent d'eux pour nous préserver du mal. Il n'en est pas de même à l'égard de Dieu, dont le pouvoir est infini, et qui doit gouverner les hommes de la manière qui convient à des êtres libres, capables de mériter et de démériter, de correspondre à la grâce ou d'y résister. Nous avons déjà observé que vouloir que Dieu fasse tout ce qu'il peut, c'est en exiger l'infini.
2° Nos adversaires font, à l'égard de la grâce, le même sophisme qu'à l'égard de la liberté ; ils disent qu'une grâce donnée dans un instant où Dieu prévoit que l'homme y résistera, est un don empoisonné plutôt qu'un bienfait , puisqu'elle ne sert qu'à rendre l'homme plus coupable.
Ce raisonnement est absolument faux; la prescience de Dieu ne change rien à la nature de la grâce : or, celle-ci donne à l'homme toute la force dont il a besoin pour faire le bien ; elle est donc destinée ellemême à rendre l'homme vertueux, et non à le rendre coupable. L'abus que l'homme en fait vient de lui seul et non de la grâce, puisqu'il y résiste. Lorsque Dieu dit aux Juifs :
« Vous m'avez fait servir à vos ini- « quités, » hai., c. 43, f 24, il est évident que servir ne signifie ni aider, ni contribuer, ni pousser au mal : cela signifie seulement, vous vous êtes servis de mes bienfaits pour faire le mal.
Une grâce efficace, une grâce donnée à l'homme dans le moment auquel Dieu prévoit que l'homme y correspondra, est sans doute un plus grand bienfait qu'une grâce inefficace; mais il n'est pas vrai que celleci soit un don pernicieux et funeste par lui-même, puisqu'il ne tient qu'à l'homme d'en suivre le mouvement.
3° Ils disent qu'en parlant do Dieu, permettre le péché et vouloir positivement le péché, c'est la même chose, puisque rien n'arrive sans une volonté expresse de Dieu ; ils préten-
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dent le prouver par le sentiment des théologiens qui admettent des décrets prédéterminants pour toutes les actions des hommes.
Nous soutenons, au contraire, que permettre le péché signifie seulement ne pas l'empêcher, et qu'il n'est pas vrai que Dieu veuille jamais positivement le péché. Voy. Permission.
Quant aux décrets prédéterminants, c'est une opinion que nous ne sommes pas obligés d'admettre. Voy.
Prédétermination. Il est injuste de fonder des objections contre la Providence sur le système arbitraire de quelques théologiens.
4° Si Dieu, disent les incrédules, voulait sincèrement empêcher le mal moral, il donnerait toujours des grâces efficaces qui préviendraient le péché sans détruire la liberté de l'homme.
Ces raisonneurs ne font pas attention que, par une suite de grâces toujours efficaces, l'homme serait déterminé d'une manière aussi uniforme qu'il l'est par une nécessité physique, ou par un penchant invincible. Il serait donc gouverné comme s'il n'était pas libre; ce qui est absurde. Une seconde absurdité est de supposer qu'en vertu de sa bonté Dieu doit accorder des grâces plus puissantes et plus abondantes, à proportion que l'homme est plus méchant et plus disposé à y résister.
Toutes ces objections ne nous paraissent pas assez redoutables pour en conclure que les difficultés tirées de l'existence du mal moral sont insolubles.
Pour s'en débarrasser, les sociniens ont refusé à Dieu la prescience; ils ont dit que si Dieu avait prévu le péché d'Adam, il l'aurait prévenu ou empêché. Mais Bayle et d'autres leur ont fait voir que cette fausse supposition ne les tire point d'embarras.
En effet, quand Dieu n'aurait pas prévu l'avenir, du moins il connaît le présent; il voyait, dans le moment auquel Eve était tentée par le serpent, la faiblesse avec laquelle elle lui prêtait l'oreille, l'instant auquel elle se laissait vaincre; Dieu était tcmoinde l'invitation qu'elle fit à son mari, de la facilité avec laquelle il
reçut de sa main le fruit défendu :
selon la supposition des sociniens, Dieu devait se montrer, intimider ces faibles époux, arrêter l'effet de la tentation.
Pour que les difficultés soient pleinement résolues, Bayle exige que l'on concilie ensemble un certain nombre de vérités théologiques, avec plusieurs maximes de philosophie qu'il y oppose.
Les premières sont, 1° que Dieu infiniment parfait ne peut rien perdre de sa gloire ni de sa béatitude ; 2° qu'il a par conséquent créé l'univers très-librement et sans en avoir besoin ; 3° qu'il a donné à nos premiers parents le libre arbitre, et les a menacés de la mort s'ils lui désobéissaient; 4° qu'en punition de leur désobéissance il les a condamnés, eux et leur postérité, à la damnation, aux souffrances de cette vie, à la concupiscence et à la mort; 5° qu'il n'a délivré de cette proscription qu'un petit nombre d'hommes, et les a prédestinés au bonheur éternel ; 6° qu'il prévoit tous les péchés et peut les empêcher comme bon lui semble ; 7° que souvent il donne des grâces auxquelles il prévoit que l'homme résistera, et ne donne point celles auxquelles il prévoit que l'homme consentirait.
Les maximes philosophiques sont, 1° que la bonté seule a pu déterminer Dieu a créer le monde? 2° que cette bonté ne serait pas infinie si l'on pouvait en concevoir une plus grande ; 3° que par cette bonté même il a voulu que toutes les créatures intelligentes trouvassent leur bonheur à l'aimer et à lui obéir; 4° qu'il ne peut donc pas permettre que ses bienfaits tournent à leur malheur; 5° qu'un être malfaisant est seul capable de faire des dons par lesquels il prévoit que l'homme se perdra; 6° que permettre le mal que l'on peut empêcher, ce n'est pas se soucier qu'il se commette ou ne se commette pas, ou souhaiter même qu'Use commette; 7° que quand tout un peuple est coupable de rébellion, ce n'est point user de clémence que de pardonner à la cent millième partie, et de faire mourir tout le reste, sans
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en excepter même les enfants. Bayle s'efforce de prouver ces trois dernières maximes par les exemples d'un bienfaiteur, d'un roi, d'un ministre d'Etat, d'un père, d'une mère, d'un médecin, etc. Rèp. aux quest. d'un Prov. , l ro partie, c. 144; (Euv., t. 3, p. 796.
Quoique plusieurs des vérités théologiques supposées par Bayle demandent des explications, surtout la 5 e qui regarde la prédestination, nous n'y toucherons pas; mais nous soutenons que la plupart de ses maximes philosophiques sont captieuses et fausses.
La 2° est de ce nombre ; la bonté de Dieu est infinie en elle-même, mais elle ne peut pas l'être dans ses effets, parce que l'infini actuel, hors de Dieu, est une contradiction. Nous ne pouvons estimer la bonté de l'homme que par ses etfets, au lieu que la bonté infinie de Dieu se démontre par la notion d'Etre nécessaire, existant de soi-même. Voyez I.nti.m. La 4° e-t encore fausse; un homme, s'il est bon, doit faire tout ce qu'il peut pour empêcher qu'un bienlait tourne au malheur de quelqu'un, même par la faute de celui qui le reçoit; au contraire, il est absurde que Dieu fasse tout ce qu'ilpeut, puisqu'il peut à l'infini; une autre absurdité .est de vouloir qu'il redouble ses grâces à mesure que l'homme est plus disposé à y résister. La S qui compare Dieu à un être malfaisant, pèche par le même endroit, aussi bien que la 0° et la 7°. Toutes portent sur une comparaison fautive entre la bonté de Dieu et celle des créatures; Bayle n'en allègue point d'autre preuve. Or, il a reconnu formellement lui-même le faux de toutes ces comparaisons; il déclare en propres termes « qu'il n'admet point » pour règle de la bonté et de lasain- » teté de Dieu, le» idées que nous » avons de la bonté et de la sainteté » en général;.... de sorte que nos » idées naturelles ne peuvent point » ède la mesure commune de taboulé » et de la sainteté divine, et do la » onlé et de la sainteté humaine; » <|iK! n'y ayant point de proportion » taire le fini et i infini, il ne faut
» point se permettre de mesurer à la » même aune la conduite des hom- » mes; et qu'ainsi ce qui serait in- » compatible avec la bonté et la saiii- » teté de l'homme, est compatible » avec la bonté et la sainteté de Dieu, » quoique nos faibles lumières ne » puissent apercevoir cette compati- » bilité. » Il ajoute avec raison, que cette déclaration est conforme aux principes des théologiens les plus orthodoxes. Rèp. à M. Le Clerc, § 3, Œuv., t. 3, pag. 997. Pourquoi donc Bayle s'obstine-til à ramener cette comparaison pour étayer tous ses arguments? Ce n'est pas à tort que Leibnitz lui a reproché un anthropomorphisme continuel.
Dès que l'on éclaireit les termes, il est aisé de répondre au raisonnement d'Epicure : ou Dieu peut empêcher le mal et ne le veut pas, ou il le veut ot ne le peut pas ; dans le premier cas il n'est pas bon, dans le second il est impuissant. Nous répondons qu'il y a des maux que Dieu ne peut pas, d'autres qu'il ne veut pas empêcher, et qu'il ne s'ensuit rien contre sa puissance infinie ni contre sa bonté, parce que la puissance de Dieu ne consiste point à faire des contradictions, ni sa bonté à faire tout ce qu'il peut.
C'est donc injustement que les sceptiques ou incrédules iiidilïérents, prétendent qu'entre les preuves de l'existence de Dieu et d'une providence, et les objections tirées de l'existence du mal, c'est le goût seul et non la raison qui décide ; que le choix de la religion ou de l'athéisme dépend uniquement de la manière dont un homme est affecté. 1° Quand cela serait vrai, le goût pour la vertu qui détermine un homme à croire en Dieu, est certainement plus louable que le goût pour l'indépendance qui décide un philosophe ù l'athéisme; il en résulte déjà que ce dernier est un mauvais cœur. 2° Les preuves positives de l'existence de Dieu et d'une providence, sont démonstratives et sans réplique, au lieu que les objections tirées de l'existence du mal ne sont fondées que sur des équivoque* et de fausses comparaisons. 3° Q ces objections seraient in soin
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c'est un inconvénient commun à Ions
les systèmes, soit de religion, suit d'incrédulité; or il est absurde de rejeter un système prouvé par des démonstrations directes, quoique sujet à des difficultés insolubles, pour en embrasser un qui n'a point de preuve que ces difficultés mêmes, et dans lequel on est forcé de dévorer des absurdités et des contradictions.
A l'article Manichéisme, nous examinerons les différentes réfutations que l'on a faites des sophismes de Bayle. Le Clerc, King, Jacquelot, Laplacctte, Leibnitz, le père Malebranche, Jean Clarke et d'autres, ont écrit contre lui; mais les uns se sont fondés sur des systèmes arbitraires et sujets à contestation, les autres ont mêlé à la question principale beaucoup de clioses accessoires qui l'ont souvent fait perdre de vue. Quelques-uns ont enseigné des erreurs; aucun ne s'est appliqué à démêler les équivoques sur lesquelles Bayle n'a cessé d'argumenter ; c'est ce qui lui a donné plusieurs fois une apparence de supériorité sur ses adversaires.
Cependant, après avoir longtemps disputé, il a été forcé de se rétracter dans ses derniers ouvrages. Voy. Optimisme.
Nos philosophes n'ont pas seulement pu convenir entre eux sur la quantité de mal qu'il y a dans le monde. Bayle et ses copistes ont décidé qu'il y a plus de mal que de bien ; la plupart des autres ont soutenu qu'il y a plus de bien que de mal ; quelques-uns ont pensé qu'il y a une égale quantité de l'un et de l'autre. Si on voulait écouter les athées et les épicuriens, tout est mal dans l'univers; si nous en croyons les optimistes, au contraire tout est bien. Comment pourraient s'accorder ensemble des disputeurs qui ne sont pas encore convenus de ce qu'ils entendent par bien et mal? Telle fut déjà l'origine des anciennes disputes entre les stoïciens et les autres philosophes, sur la nature du bien et du mal.
Un des principaux sujets de plaintes de nos adversaires, est l'inégalité avec laquelle Dieu distribue aux créatures sensibles les biens et les maux;
iïi 13 y avons répondu dans l'article Inégalité.
Pourquoi les objections tirées de l'existence du mal paraissent-elles difficiles à résoudre? Pour plusieurs raisons : la première, c'est que l'on argumente sur l'infini, notion qui induit aisément en erreur, à moins que l'on n'y regarde de près. La seconde est que ces objections sont propoiésa dans le langage ordinaire que tout le monde entend ou croit entendre ; mais ce langage est un abus continuel des termes bi<-n, mal, bariiww, malheur, bonté, rnaUco; on les prend dans un sens absolu, au lieu que ce sont des termes de comparaison ; pour éclaircir les difficultés, il faut les réduire à toute la précision du langage philosophique, à laquelle peu de personnes sont accoutumées, et de laquelle les incrédules ont grand soin de se dispenser. En troisième lieu, on voudrait pouvoir donner aux objections une réponse directe tirée des notions de la bonté humaine, et c'est justement l'application que l'on fait de ces notions à la bonté divine qui est la source de tous les sophismes.
Bergieu.
MALABARES. Chrétiens malabares ou chrétiens de saint Thomas. C'est une peuplade nombreuse de chrétiens, établie dans les Indes à la côte de Malabar, depuis les premiers siècles de l'Eglise, et qui prétendent que le premier fondateur de leurs églises a été l'apôtre saint Thomas. Voyez Saint Thomas. Ils sont tombés dans le nestorianisme au cinquième siècle.
Voyez Nestorianisme, § 4.
BraGinn.
MALABARES (rites). On. n'entend point sous ce nom les rites des chrétiens de saint Thomas dont nous venons de parler, mais ceux des Indiens gentils ou idolâtres convertis au christianisme. Quelques missionnaires envoyés dans ce pays-là se persuadèrent que, pour amener plus aisément les Indiens gentils à la religion chrétienne, on pouvait tolérer quelquesuns de leurs usages, et leur permettre de les conserver après leur conversion.
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Cette condescendance consistait à omettre quelques cérémonies du baptême, à différer l'administration de ce sacrement aux enfants, à laisser aux femmes une image qui ressemblait à une idole, à refuser quelques secours spirituels peu importants aux parias, nommés aussi parés ou sooders, qui sont une caste méprisée et abhorrée parmi les Indiens gentous. Il s'agissait encore de permettre aux musiciens chrétiens d'exercer leur art dans les fêtes des idolâtres, d'interdire aux femmes les sacrements lorsqu'elles éprouvaient les infirmités de leur sexe. Cette tolérance a été condamnée par le cardinal de Tournon sous Clément XI, par Benoît XIII en 1727, par Clément XII en 1739, par Benoit XIV en 1744. Ce dernier pape a néanmoins permis de destiner des prêtres particuliers pour les parias seuls, et d'autres prêtres pour les castes plus nobles qui ne veulent avoir aucune communication avec les parias .
Il s'ensuit de là que le christianisme, s'il était établi dans les Indes, tirerait de l'opprobre et de la misère au moins la quatrième partie des Indiens écrasés par l'orgueil et par la tyrannie des nobles. Voyez Indes, Indiens.
Bercier.
MALACHIE, est le dernier des prophètes; il n'a paru qu'après la capti vite de Babylone, et dans le temps que Néhémie travaillait à rétablir chez les Juifs la parfaite observation de la loi de Dieu ; ces deux personnages leur reprochent les mêmes désordres et la même négligence dans le culte du Seigneur. Aggée etZacharie avaient vécu lorsque le temple commencé par Zorohabel n'était pas encore achevé; il l'était du temps de Malachie, et les prêtres y avaient recommencé leurs fonctions : selon le sentiment le plus probable, il a prophétisé sous le règne d'Artaxerxe à la longue main, environ l'an 428 avant Jésus-Christ, sous le pontificat de Joïadas II. Voyez Prideaux, t. i, 1. 6.
Comme le nom de Malachie signifie envoyé de Dieu, quelques anciens ont
cru que ce prophète n'était pas un homme, mais un ange revêtu d'une forme humaine. Sa prophétie, qui est contenue dans quatre chapitres, renferme des prédictions importantes.
C. 1, f 10 : « Vous ne m'êtes plus » agréables, dit le Seigneur des ar- » mées : je n'accepterai plus d'offran- » des de votre main. Depuis le lever » du soleil jusqu'à son coucher, mon » nom est grand parmi les nations; » en tout lieu on m'offre des sacrifi- » ces, et l'on me présente une vic- » time pure. C. 3, f 1 : Je vais en- » voyer mon ange, et il préparera le » chemin devant moi, et incontinent » le maître souverain que vous cher- » chez, et l'ange de l'alliance que » vous désirez, viendra dans son tem- » pie. Il vient déjà, dit le Seigneur » des armées. C. 4, ? 2 : Lorsque » vous craindrez mon nom, le soleil » de justice se lèvera pour vous, il » apportera le salut sur ses ailes, etc.
» ^ 4 : Souvenez-vous de la loi, des » ordonnances et des préceptes que » j'ai donnés pour tout Israël à Moïse, » mon serviteur, sur le mont Horeh.
» Je vous enverrai le prophète Elie » avant que n'arrive le grand et ter- » rible jour du Seigneur, il réconci- » liera les pères avec les enfants, de » peur que je ne vieune frapper la » terre d'anathème. »
Les anciens docteurs juifs, et les plus habiles d'entre les modernes, comme Maimonide, Abcn-Esra, David Ivimchi, reconnaissent que Yange de l'alliance, annoncé par Malachie, est le Messie, et les Juifs étoient persuadés qu'il devait venir pendant que le second temple subsisterait. C'est ce qu'avait prédit Aggée, c. 2, jfr 8 :
« Dans peu de temps le désiré des » nations viendra, et je remplirai » cette maison de gloire, dit le Sci- » gneur ; » il parlait du temple que l'on bâtissait pour lors ; c'est donc de ce même temple que parlait au^si Malachie, en reprochant aux prètn-s juifs les profanalions qui s'v commettaient. Voyez Galatin, 1. 3,'c. i2;1.4, c. 10 et 11 ;1. lt, c. 9, etc.
Ainsi les évangélistes n'ont pas eu tort d'appliquer à Jésus-Christ, et aux circonstances dans lesquelles il est venu, la prophétie de Malachie. L'ange
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qui annonça au prêtre Zacliarie la naissance de son fils Jean- Baptiste, lui dit : « Il précédera le Seigneur » avec l'esprit et avec le pou voir d'Elie, » pour réconcilier les pères avec les b enfants. » Luc, c. \, $ 17. Zacharie lui-même, après la naissance de son iils, se félicite de ce que cet enfant prépare la venue du Seigneur, qui va paraître comme la lumière du soleil pour éclairer ceux qui sont dans les ténèbres, ibid., $ 78. C'est une allusion au soleil de justice annoncé par Malachie ; elle fut répétée par Siméon, lorsqu'il tint dans ses bras Jésus enfant, c. 2, jf 32. Lorsque Jean-Baptiste eut commencé à prêcber, les Juifs lui envoyèrent demander s'il était le prophète Elie, Joan., c. 1, f 21. Jésus-Christ dit en parlant de lui : « Si vous voulez le » recevoir, il est véritablement Elie » qui doit venir» Matth., c. 11. f 14. Et lorsque Jean-Baptiste eut été mis à mort, le Sauveur répéta la chose :
« Elie est déjà venu et on ne l'a pas » connu ; mais on l'a traité comme » on a voulu, » c. 17, ^14.
En effet, Jésus-Christ a été l'ange de l'alliance que les Juifs attendaient, puisqu'il a établi une nouvelle alliance : il a rempli de gloire le second temple, puisqu'il y a fait plusieurs miracles, et a révélé les desseins de Dieu. 11 a institué un nouveau sacrifice qui est offert chez toutes les nations, et leur a enseigné le culte de Dieu qu'elles ne connaissaient pas.
Il a fait cesser les offrandes et les sacrifices des Juifs, le grand et terrible jour du Seigneur est arrivé pour eux; lorsque leur république, leur ville, leur temple ont été détruits par les Romains, alors le Seigneur a frappé leur terre d'anathéme, puisqu'ils en ont été bannis, et depuis ce temps-là elle est dans un état de dévastation et de ruine. La prophétie de Malachie a donc été accomplie dans toutes ses circonstances.
Pour en esquiver les conséquences, les Juifs disent que dans cette prophétie il n'est pas question du second temple, mais du troisième qui doit être bâti sous le règne du Messie. Nous avons fait voir que l'espérance d'un troisième temple est une
illusion contraire à la lettre même des prophéties. Voyez Temple. Ils disent que le Messie n'est pas encore venu, puisque Elie n'apas encore paru.
S'il n'est pas venu lui-même, il a paru dans la personne de Jean- Baptiste qui le représentait. De savoir s'il doit revenir à la fin du monde, c'est une autre question Voyez Elie.
Ils soutiennent que le Messie n'a pas dû abolir la loi de Moïse ni les sacrifices, puisque le dernier des prophètes finit ses prédictions en exhortant les Juifs à les observer. Mais il n'a pu leur recommander de les observer que jusqu'à l'arrivée du Messie ; puisque celui-ci est l'ange de l'alliance, le souverain maître que lés Juifs attendaient, c'est de lui qu'ils ont dû apprendre si la loi et les sacrifices devaient cesser ou continuer:
or il a déclaré formellement qu'ils allaient cesser, et les prophètes l'avaient déjà prédit d'avance. Voyez loi cérémomelle.
Bergier.
MALADE. Les anciens Juifs ont été persuadés que la guérison des maladies était un des principaux signes par lesquels le Messie devait prouver sa mission ; ils se fondaient sur la prophétie d'Isaïe, c. 3S, f 4 :
« Dieu viendra et nous sauvera ; » alors la vue sera rendue aux aveuli gles, l'ouïe aux sourds, la parole » aux muets, les boiteux marcheront » et sauteront de joie. » Il n'est pas nécessaire d'examiner si c'est là le sens littéral de cette prophétie ; il nous suffit de savoir que telle était l'opinion des Juifs, et qu'ils y persistent encore aujourd'hui. Galalin, 1. 8, c. 5.
C'est pour cela même que Jésus- Christ opéra tant de guérisons, et n'en refusa jamais aucune ; saint Pierre le faisait remarquer aux Juifs, Act., c. 10, ^ 38, pour leur prouver que Jésus était le Messie. Quoique les évangélistes en aient rapporté un très-grand nombre, ils nous font comprendre qu'ils en ont passé sous silence encore davantage. Saint Marc dit, c. 7, f 56, que « dans toutes les » villes et villages où Jésus allait, on » exposait les malades dans les rues
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» et dans les places publiques ; qu'on » le priait de permettre qu'ils tou- » chassent seulement le bord de ses » habits, et que tous ceux qui les » touchaient étaient guéris. » Saint Luc s'exprime de même, c. 4, f 40.
Au mot Gujéhison, nous avons fait eoirque toutes celles qu'a opérées notre divin Sauveur étaient véritablement surnaturelles, que l'on ne peut y soupçonner de la iraude ou de la collusion, ni des causes naturelles, ni de la magie. 11 y a lieu de penser que les malades qui avaient ainsi recouvré la santé crurent en Jésus- Christ, et le reconnurent pour le Messie. Parmi les Juifs qui entendirent la première prédication de saint Pierre, il y avait sans doute un grand nombre de ceux qui avaient été ainsi guéris ; c'étaient autant de témoins irréprochables de ce que disait cet apôtre ; nous ne devons pas être surpris de ce que trois mille se firent baptiser. AcL, c. 2, f 41, et de ce que le discours suivant convertit encore cinq mille hommes ; leur foi avait été préparée par les miracles de Jésus-Christ même, desquels ils avaient été ou les objets, ou les témoins.
Ce divin maître avait donné à ses apôtres l'ordre et le pouvoir de guérir les malades, par pur motif de charité, Matth., c. 10, ^ 8 ; ils en usèrent à son exemple. Il est dit dans les Actes, c.,5, f 15 et 16, que l'on présentait à saint Pierre tous les malades, non-seulement de Jérusalem, mais des lieux circonvoisins ; que tous s'en retournaient guéris ; que l'ombre seule de cet apôtre suffisait pour leur rendre la sauté ; c'était sous les yeux des magistrats et des chefs de la synagogue.
Mais Jésus-Christ avait aussi recommandé de visileret de consoler les malades : il fait envisager cette œuvre de charité comme un des moyens d'obtenir miséricorde au jugement de l>ieu, Matth., c. 2o, f 36. Ses apôtres ont répété cette leçon, I. Tkess., c. 5, f 14, etc. : elle fut exactement pratiquée par les premiers lidèles ; leur charité envers tes malades fut poussée jusqu'à l'héroïsme. Pendant une peste qui ra-
vagea l'empire romain l'an 282, et qui dura quinze ans, les chrétiens se dévouèrent à soigner les maladet sans en excepter les païens et à donner la sépulture aux morts. Les prêtres surtout et les diacres se firent remarquer par leur zèle à procurer aux mourants les secours de la religion; plusieurs furent victimes de leur courage etfurent honorés comme des martyrs, pendant que les païens abandonnaient même leurs parents malades, fuyaient au loin et laissaient les cadavres sans sépulture. Eusèbe, 1. 7, c. 22; S. Cyprien, de Mortalitatt; Pouce, Vie de S. Cyprien. L'empereur Julien, ennemi déclaré des chrétiens, était forcé de leur rendre cette justice, et en avait de la jalousie. Ce phénomène s'est renouvelé plus d'une fois dans les diverses contrées où le christianisme s'est établi.
C'est cet esprit de charité, commandé par Jésus-Christ môme, quia fait fonder les hôpitaux dans des temps de calamité, et a inspiré aune multitude de personnes de l'un et de l'autre sexe le courage de se consacrer pour toute leur vie au service des malades. Nous avons fait remarquer ailleurs avec quelle témérité les incrédules de notre siècle ont déprimé et censuré ces établissements si honorables à la religion, et dont les sages du paganisme nont jamais eu l'idée. Les Romains exposaient leurs esclaves, vieux ou malades, dans une île du Tibre, et les y laissaient mourir de faim; chez nous, l'on a vu des reines panser de leurs mains les malades, et leur rendre les services les plus bas. Voyez Hôpitaux, Hospitaliers, Fondation. Beiigieb.
MALADES (visite des.) Th'ol. pur.
mor. ecclés) — Nous nous contenterons de citer sur ce sujet, dans ce dictionnaire qui .n'est point UBf œuvre spéciale de théologie uiorofa et qui ne doit traiter qu'accessoirrment les principaux sujets qui ■ rapportent à cette partie de la tin'" logie, lepassage suivant de M. lîendi dans le DM. encycl. dclathéot. catkol.
art. Malades (visites des), relatif anx cas exceptionnels.
« Il y a des cas exceptionnels.
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» 1° Quand le malade est frappé subitement, quand il est victime d'un .accident qui fait craindre une mort rapide, il faut que le prêtre utilise raisonnablement le peu de temps qu'il a devant lui. Il ne s'agit pas de longs entretiens, de discours doux et onctueux, d'examen scrupuleux de la consïence. Si le malade peut encore parler ou donner quelque signe, le prêtre tâcbera d'en obtenir l'aveu du pécbé qui peut être son péché capital, et de renfermer tous les autres péchés dans un acte unique de contrition ; il luifera, par exemple, commeceuvre satisfactoire, frapper trois fois sa poitrine, ou baiser le crucifix, et lui donnera l'absolution, dont la formule, en cas de nécessité, peut être abrégée et réduite aux paroles essentielles. Si le malade ne peut ni parler ni donner signe de vie, le prêtre prononcera en son nom un acte de contrition et lui donnera conditionnellement l'absolution. Si le patient a été mortellement blessé dans une rixe, il faut tâcher de le calmer, de le disposer au pardon et de l'amener à s'en remettre à la miséricorde divine. Si c'est un suicidé qui s'est manqué, il faut le traiter d'abord avec douceur, jusqu'à ce qu'il soit revenu à l'usage normal de ses facultés. Alors il faut s'adresser sérieusement à sa conscience pour le réconcilier avec Dieu. Persévère-t-il dans son irritation contre Dieu et demeure-t-il sans repentir de son crime : le prêtre ne peut donner l'absolution ni lui administrer les sacrements.
» 2° Quand les malades sont dans des dispositions tout à fait mondaines, et quand, malgré le danger, ils ne veulent ni entendre parler de la mort, ni se détacher du monde, il faut que le prêtre lâche de rompre ce charme, de dissiper cette illusion, de réveiller l'attention du patient sur la crise définitive qu'il traverse. Le patient devrait-il prendre de l'impatience, se trouver mal à l'aise, le prêtre n'en doit être ni effrayé ni rebuté. Cette inquiétude peut être l'avant-coureur de la paix véritable.
» 3° Quand la maladie est chronique, longue, pénible, le prêtre doit lutter contre la lùchcté et l'impatience
du pénitent. Plus le malade, dans ce cas, se croit abandonné de Dieu et du monde, moins le prêtre doit le délaisser ; il doit écouter les plaintes, les approuver à certains égards, les offrir à Dieu, qui, dans sa miséricordieuse sagesse, en a ordonné ainsi, et n'a jamais laissé sans secours le serviteur qu'il éprouve. Prendre part ans douleurs, marquer sa commisération, c'est les soulager, c'est consoler puissamment celui qui les endure. Un des meilleurs moyens de fortifier le malade est de lui faire méditer tous les jours un des moments de la Passion de Notre-Seigneur.
» 4° Quand le malade est un pécheur endurci, il n'est pas aisé de le ramener.
». L'ivrogne est le plus facile à convaincre et à porter à de bonnes et sages résolutions, auxquelles, il est vrai, trop souvent il manque quand la santé revient. Le voluptueux est plus difficile à manier, surtout quand l'objet de ses affections illégitimes demeure sous le même toit que lui.
Dans ce cas il faut insister sur le renvoi de cette personne, et, si ce renvoi excitait trop l'attention, il faut exiger . au moins qu'elle ne serve pas le malade et qu'elle s'en éloigne.
D'anciennes et d'irrémissibles inimitiés créent de cruels embarras au confesseur ; il faut qu'il parle et agisse avec prudence et modifie son langage suivant que le patient est l'auteur ou la victime de l'outrage ou de l'injustice. Il devra, dans beaucoup de cas, entreprendre lui-même l'œuvre de la réconciliation.
» 5° Qand le malade a une restitution à opérer, fi faut avant tout réveiller en lui la conviction que tonte injustice demande réparation, que tout bien mal acquis exige restitution, et il faut examiner si la restitution est possible ; si elle ne l'est pas, il faut ne pas inquiéter davantage le malade, et lui montrer que dans ce cas le devoir cesse ou que du moins l'obligation est prorogée. Si la restitution est difficile, le confesseur peut offrir d'intervenir auprès de la partie lésée pour obtenir un allégement, toutefois sans trahir jamais le
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malade. Si la restitution est possible, il faut y tenir strictement, et le prêtre peut ou s'offrir pour l'accomplir, ou engager le malade à désigner une personne de confiance. Il ne faut pas oublier que les calomniateurs sont tenus à réparation.
» 6° Quand la malade est une personne hystérique, la conduite à tenir est non-seulement difficile, mais, surtout pour de jeunes prêtres, dangereuse. Ces malades prennent volontiers une direction religieuse, et, entrées dans cette voie, elle se portent facilement aux choses extraordinaires. Elles prétendent avoir des extases, des visions et d'autres grâces surnatuelles ; elles se disent agitées, tourmentées, poursuivies par les démons. Comme ces malades d'ordinaire se trompent elles-mêmes ou cherchent plus ou moins méchamment à tromper, il faut que le confesseur agisse avec une extrême prudence, se garde de favoriser ces singularités et même s'y oppose, au risque de méconnaître des grâces qui sortent réellement de la voie commune. Il faut ramener la malade aux pratiques religieuses les plus vulgaires, etla convaincre autant que possible que les singuliers phénomènes dont elle est l'objet sont imaginaires. Ces malades peuvent devenir dangereuses pour le confesseur en inspirant facilement un sentiment de sympathie qui peut se changer en affection particulière, en passion. Les malades elles-mêmes sont toutes disposées à ce sentiment par la reconnaissance qu'elles éprouvent des soins qu'on leur donne, par l'attachement naturel et légitime qui en résulte, par la disposition instinctive qu'elles ont à s'enflammer, sans souvent qu'elles le sachent ou le veuillent. Ces rapports exigent par conséquent la plus grande vigilance de la part du prêtre, pour ne pas tomber dans des embûches dont il a peine ensuite à se tirer. Une certaine froideur dans le langage et les manières, des visites rares, faites, autant que possible, en présence d'autres personnes, sont d'utiles préservatifs.
D ordinaire l'intervention de la médecine est nécessaire pour guérir les malades de ce genre.
» 7° Enfin les cas les plus difficiles sonteeux que présentent les maladies mentales, les fous, les insensés. Quoiqu'il soit rare de pouvoir administrer les sacrements à ces personnes, on ne doit cependant pas renoncer à toute sollicitude pastorale à leur égard. Le traitement de ces malheureux réclame une étude spéciale, des qualités particulières, une vocation peu commune. Il ne s'agit pas seulement d'hygiène , de thérapeutique et de police avec les fous ; il s'agit d'une charité active, d'un dévouement intelligent, d'une cure morale, pour laquelle on sait que les ordres religieux spécialement consacrés au soin des maladies mentales ont une aptitude et des grâces particulières...
» Il est peu d'actes du ministère sacré plus propres à assurer au prêtre la confiance des familles et celle de leur paroisse que la visite des malades.
L'abnégation, le sacrifice qu'exige l'accomplissement de ce devoir, d'une part, et, d'autre part, le sentiment du service important que le prêtre rend au malade, disposent même les esprits les plus hostiles en faveur do cure qui remplit consciencieusement son devoir. En outre, le prêtre, au lit du malade, fait des expériences que nulle autre circonstance ne provj duit aussi fréquentes et aussi complètes. Il arrive aussi plus d'une fois que le prêtre en instruisant le malade fait un retour salutaire sur lui-même et guérit son âme en sauvant celle des
autres. »
Le Noir.
MALAPTÉUURE (le). (Thcol mixt.
scien. zool). — Nous avons quelque peu expliqué, au mot Gymnote, la propriété qu'a cette espèce d'anguille d'électriser les animaux qui là louchent ou qui la regardent seul à une distance qui ne soit pas trop considérable. Le malapténtre jouit de la même propriété; c'est un poisson formé à peu près comme la carpe, qui habite exclusivement les rivières du Sénégal et le Nil. Son nom arabe roasek signifie tonnerre. Ce pois environ quarante centimètres de longueur; il est brun, irrégulièremeirt piqueté de noir. La Nom.
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MALDONAT (Jean), {Théol. Mst.
Uog. et bibliog.) — Ce célèbre exégète de la compagnie de Jésus, d'abord professeur de théologie à Rome, puis le premier jésuite professeur à la Sorbonne, naquit à Casas de la Reina, en Estramadure, et mourut à Rome en 1583. Il fut accusé d'avoir engagé le président de Montbrun à faire un testament en faveur de son ordre, mais fut acquitté par le parlement de
-.Paris. Il fut aussi accusé par la Sorionne d'hérésie pour avoir soutenu contre elle que le dogme de l'immaculée conception n'était qu'une opinion pieuse qu'on pouvait attaquer ; et il fut absous par Pierre de Gundi évêque de Paris, chargé par Grégoire XIII d'examiner l'affaire. Les attaques continuèrent néanmoins et
-il se retira à Bourges pour s'occuper de ses ouvrages, mais il n'y fut qu'un
lan et demi; ayant été appelé à Rome par le Pape, il y mourut peu à près son arrivée, à l'âge de cinquante ans.
Maldonat a laissé de très-savants ouvrages; le principal est son Commentaire sur les quatre Evangiles, lequel fut, achevé en 1578 ; mais l'auteur ayant été surpris par la mort, ce fut le général de l'ordre, Aquaviva qui fit cette publication en 1596, après flvaitfait revoir tout l'ouvrage par les jésuites de Pont-à-Mousson. Il n'y a qu'une voix sur le mérite de ce commentaire.
On a encore de Maldonat : un Commentaire sur Jérêmie,Baruch, Ezéchiel A Daniel, imprimé en 1609, in-4° ; des Scolics sur les Psaumes, les Proverbes, le Cantique des cantiques, l'Ecdésiaste et lsale (Paris, 1643 et 1677); des Traités sur la Grâce, le péché originel, les Sacrements, et d'autres Opuscules (Lyon, 1614; Paris, 1677); un Traité sur les Anges et les démons, que François Arnault de Laborie publia dans une traduction française, et un TractatusdeCseremoniis, queF.-A. Lactaria a publié dans sa Eiblioiheca rilualis, Rome, 1781. « La Summida msuum Conscientiœ, dit M. Reusch, qui parut à Venise sous le nom de îlaldonat, et dont on a trouvé la morale trop relâchée, lui a été faussement attribuée. »
Le Nom.
MAL DE MER. (Théol. mixt. scien.
médic.) — Le mal de mer est un mal qui n'a rien de dangereux lorsqu'il ne vient pas augmenter la gravité d'un état déjà gravement maladif, auquel cas, il peut déterminer la mort ; mais ce mal est affreux ; rien n'est comparable à la position dans laquelle il met ceux qui en sont atteints ; et ce sont presque tous ceux qui font une traversée; il y a même des marins qui en ressentent encore quelques atteintes sur les mauvaises mers, malgré l'habitude qu'ils ont de naviguer.
Ce mal étrange est, d'ailleurs, assez difticile à expliquer d'une manière tout à fait satisfaisante ; la seule raison qu'on en puisse donner, est celle-ci : que le roidis (I ) et le tangage (2) du navire, par leur double mouvement, font décrire à. celui qui est dessus des courbes et des portions de cercle répétées qui amènent des nausées, des vertiges, des vomissements douloureux, dans le genre de ce qu'on éprouve quand on tourne un certain temps sur soi-même. Le fait est qu'on tombe dans un affaissement, une anxiété, un désespoir tels qu'on n'a plus le goût de la vie, ni le sentiment des convenances. Aussitôt qu'on touche la terre, le tout disparaît, et il reste à peine une petite gêne des organes, suite naturelle des efforts qu'ils ont faits.
Si l'on pouvait trouver un genre de construction desbâtiments flottants, telle que le passager fût mis à l'abri de ces mouvements du roulis et du tangage, on rendrait un grand service à l'humanité qui voyage maintenant si souvent sur les mers. Or, il nous semble qu'on devrait arriver à résoudre ce problème : supposons, par exemple, que l'on fasse consister le lest du navire en un lac formant le fond de cale — peut être vaudrait-il mieux pour le résultat que nous allons faire comprendre, que ce liquide fût un liquide lourd, clans le genre du mercure, qu'un liquide léger tel que l'eau — sur ce lac encadré dans le navire, on mettrait une espèce de bar-
(() I,e mouvement de droite a gauche et vice versa.
(2) Le mouvement d'avant en arriore et vice versa*
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que dont la fwme la plus propice serait révélée par l'expérience, et ce serait ce petit vaisseau dans le grand vaisseau qui serait le lit de repos des passagers délicats par les mauvais temps et dans leurs mauvais moments.
Il nous semble que la barque intérieure portée par son lac intérieur, ne. participerait guère, et peut-être pas du tout, du roulis et du tangage du navire enveloppant. Eu effet, comme le liquide qui est dans un vase met toujours sa surface de niveau avec l'iiorizon, quelle que soit la position que donnent aux parois du vase les influences extérieures, qui, dans ce cas, sont les vagues de 1 océan et les vents de l'atmosphère, le lac intérieur que nous supposons ne seraitil pas un intermédiaire par lequel serait toujours conservée la barque qu'il porterait dans une position a'aplomb invariable, puisque ce serait sa surface, laquelle se modifiant constamment, reprendrait constamment le même niveau, qui la supporterait?
Peut-être même suffirait-il d'établir des lits ou un vaste plancher qui serait porté par des pistons mobiles supportés eux-mêmes par un niveau d]eau à beaucoup de branches; ce niveau d'eau d'avant en arrière et de droite a gauche maintiendrait la surface supportée dans une position toujours la même qui ne participerait point aux mouvements des eaux extérieures.
Nous jetons cette idée aux hommes de l'art.
Le Nom.
MALEBRANCHE (Nicolas). (Tkéol.
hist. biog. et bibliog.) — Ce philosophe français, né à Paris en 1638, et mort en 171o, entra dans la congrégation de l'Oratoire en lOfiO Le père Malebranche, dont la simplicité égalait le génie et le talent d'écrivain, a laissé beaucoup de travaux admirables sur la métaphysique et sur la physique générale ; c'est notre Platon cartésien ; son plus célèbre ouvrage est la /!?cherche de la vérité. Nous parlons sans cesse, dans nos éludes phi! ophiques, du P. Walebranche, nous le mettons à cùté des Leibnitz, des
Berkley, des Fénelon ; il est un de nos auteurs favoris.
Lr: Soin.
MALÉDICTION. Vcy. Imprécation
MALÉFICE, pratique superstitieuse employée dans le dessein de nuire aux hommes, aux animaux, on aux fruits de la terre. On a souvent donné le nom de maléfice à toute espèce de magie, et celui de malfaiteur, makficus, aux magiciens en général ; mais, en rigueur, le maléfice est l'espèce de magie la plus noire et la plus détestable, puisqu'elle a pour but, non de faire du bien à quelqu'un, mais delui faire du mal ; au crime de recourir au démon elle réunit celui de la haine et de l'injustice envers le prochain. La malice humaine ne peut aller plus loin que de s'adresser aux puissances de l'enfer pour satisfaireune passion effrénée de haine, de jalousie, de vengeance; mais, à la honte de l'humanité, aucun crime n'est incroyable.
Il ne faut pas confondre les maléfices avec les poisons. Il est très-possible de causer les maladies et même la mort aux hommes ou aux animaux, par des poisons très-subtils qui ugi-sent sans que l'on s'en aperçoive, et dont l'effet parait une espèce de magie à ceux qui ont peu de connaissance des causes naturelles. Il est assez probable que plusieurs malfaiteurs, qui ont été punis comme magiciens, étaient seulement des empoisonneurs, qui pour causer du mal n'avaient employé que des drogues. Mais il est prouvé aussi par le témoignage d'auteurs instruits et dignes de foi, par les procédures et les arrê's des tribunaux, par la confession même de plusieurs de ces malheureux, qu'ils avaient misen usage despratiques impies et diaboliques, qui ne pouvaient produire aucun elfet que par l'entremise du démon; par consé.] lient ils avaient ajouté à la malice d'- empoisonneurs, la profanation, le sacrilège, et une espèce de culte wi i à l'ennemi du snlut.
On met à juste litre au rang de»
maléfices Ivsphiltrvs que l'un des sexes
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donne à l'autre pour s'en faire aimer, parce que cela ne se peut pas faire sans déranger les organes, et sans troubler la raison des personnes qui en sont l'objet.
Puisque les lois divines et humaines ont déeei'né des supplices contre les empoisonneurs et les meurtriers, à plus forte raison doit-on sévir avec la dernière rigueur contre ceux qui vont chercher jusque dans l'enfer les moyens de nuire à leurs semblables.
Quand même leur malice ne pourrait produire aucun effet, quand la confiance qu'ils ont au démon serait absolument illusoire, leur crime ne serait pas moins énorme, puisqu'ils ont eu la volonté de nuire par ce moyen détestable.
Lorsque Constantin porta une loi contre les auteurs des maléfices, il excepta les pratiques qui avaient pour but de faire du bien, et non de causer du mal, sans examiner si elles étaient superstitieuses ou non, contraires ou conformes à l'esprit de la religion. D'autres empereurs ont condamné dans la suite toutes ces sortes de pratiques sans distinction, parce que c'est une vraie magie ; l'on ne peut pas compter assez sur la probité de ceux qui l'exercent pour s'assurer qu'ils s'en serviront toujours dans le dessein de faire du bien, et qu'ils ne les emploieront jamais dans l'intention de faire du mal.
De même les lois de l'Eglise ont défendu, sous peine d'anathème, toute pratique superstitieuse, quel qu'en soit l'objet ou l'intention, et cette défense a été renouvelée dans plusieurs conciles. Thiers, Traité des Superst., 1. 1, 1. 2, c. 5, p. 148. Comme la magie faisait partie du paganisme il n'est pas étonnant qu'elle ait encore régné, même après l'établissement du christianisme. Un ancien Pèiùtentiel enjoint sept ans de pénitence, dont trois au pain et à l'eau, à ceux qui se sont servis d'un maléfice dans le dessein de causer la mort à quelqu'un, ou d'exciter des tempêtes. Il ne s'ensuit pas de là que l'on ait cru à l'efficacité de ces pratiques, puisque le Pénitentiel romain condamne ceux qui y croient, quoiqu'il statue les
mêmes peines. Notes du P. Ménard sur la Sacramentaire de S. Grégoire, p. 244 et 2S2.
Au neuvième siècle, Agobard, archevêque de Lyon, fit un traité da Tonnerre et de la Grêle, dans lequel il attaque la crédulité du peuple, qui pense que ce sont les sorciers qui excitent les orages. Déjà l'auteur des Questions aux orthodoxes, qui a vécu dans le cinquième siècle, avait combattu cette opinion, et avait soutenu qu'elle est contraire à l'Ecriture sainte, Quxst. 3 1 .
Un des maléfices les plus célèbres dans l'histoire, est celui dont voulut se servir Robert, comte d'Artois, pour faire périr le roi Philippe le Bel et la reine son épouse. Il avait fait faire leur image en cire, et il fallait que ces figures fussent baptisées avec toutes les cérémonies de l'Eglise; il était persuadé qu'en piquant au cœur ces ligures magiques, il causerait des blessures mortelles à ceux qu'elles représentaient. Mémoire de l'Acad.
des Inscriptions, t. io, in- 12, p. 428.
D'autres personnes considérables ont été accusées du même crime.
Malgré les lumières que les philosophes se vantent d'avoir répandues dans notre siècle, la croyance aux maléfices est encore assez commune parmi les peuples des campagnes. Ils sont persuadés que ceux qu'ils appellent sorciers peuvent faire tomber la grêle et le tonnerre, donner des maladies aux hommes et aux animaux, faire tarir la source du laitage ou le faire tourner, rendre les personnes mariées incapables d'user du mariage, exciter entre elles une inimitié incurable, etc. Cette fausse croyance donne lieu à plusieurs désordres; elle fait naître des soupçons, des accusations, des haines injustes ; elle autorise les époux futurs à prévenir le mariage, sous prétexte de se mettre à couvert des maléfices ; pour en empêcher les effets, elle fait recourir à la magie, comme s'il était permis de faire cesser un crime par un autre crime, etc. Il est doue à propos que les pasteurs soient instruits et bien convaincus de l'inefficacité des maléfices et des autres pratiques superstitieuses, afin qu'ils puissent
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détromper le peuple et dissiper ses vaines terreurs par les grauds principes de la religion.
Les seuls moyens permis de se préserver ou de se délivrer des maléfices vrais ou imaginaires, sont les bénédictions, les prières, les exorcismes de l'Eglise, la réception des sacrements, le saint sacnlice de la messe, le jeûne, l'aumône, les bonnes œuvres, le signe de la croix, la confiance au pouvoir de Jésus-Christ et à l'intercession des saints. Voyez Magie.
Bergjer.
MALHERBE (François de). [Thèol.
hist. biog. et bibliog. — - Ce poète français dont Boileau a dit : « Eniin Malherbe vint » naquit à Caen en 1555, fut protégé par Henri IV et fut pensionné par Marie de Médicis ; il mourut en 1628. Ses ouvrages consistent en des paraphrases en vers sur les psaumes, en odes, sonnets, épigrammes, et en quelques traductions de Sénèque et de Tite-Live. Tout le monde connaît son ode fameuse à son ami Dupemer sur la mort de sa fille, et la strophe délicieuse, qu'on ne se lassera jamais de repéter dans la langue française :
Elle était de ce monde où les plus belles choses
Ont le pire destio, Et rose elle a vécu ce que vivent les roses,
L'espace d'un matin.
Le Noir.
MALINES (conciles de).(Théol. tiist.
conc.) — Malines enregistre dans ses annales trois conciles provinciaux tenus en 1570, 1574 et 1007, et deux conciles diocésains tenus en 1574 et
« Le premier concile provincial de 1570, dit M. Floss, fut principalement convoqué par le cardinal Granvelle, archevêque de Malines, pour aviser à la réception et ;i la publication des canons et des décrets du concile de Trente, pourvoir aux besoins de la province et prendre des mesures propies à rétablir la discipline ecclésiastique...
Du 23 juin au 15 juillet eurent lieu la lecture et la publication des décrets assez étendus du concile, en vingt- quai re litres; ils concernaient
l'amninistration des sacrements, l es ordinations, les fiançailles et le mariage, le culte, les fêtes, les jeûnes les images dans les églises, les indulgences, la superstition, les fonctions çi'iscopales, le sceau, les serviteurs de Eglise, les doyens et les curés, a conduite des ecclésiastiques, la pénalité canonique, les écoles' du dimanche, les séminaires, les biens ecclésiastiques, les moines et les religieuses, les rescrits pontificaux et les juges délégués, l'usure, les visites...
» Le second concile de 1574 n'eut pas lieu à Malines, ravagé loi deux années précédentes par la guerre et des épidémies, mais à Louvain, qui était alors plus à l'abri de l'ennemi.
Le cardinal Granvelle avait été nommé par Philippe II, vice-roi de Naples, en 1571, et on ne pouvait espérer qu'il reviendrait de .si tôt dans son diocèse. Le concile fut donc convoqué conformément au décret ducor.cilede Trente (1), à la demande des évêques sulfragants, surtout de Lindauus, évèque de Ruremonde, par le plus ancien des évêques suffragants, Martin-Baudouin Rhythovius, d'Ypres. Le cardinal Granvelle ne parut pas d'abord approuver cette convocation; mais il finit par y donner son assentiment.
11 s'agissait surtout de procéder systématiquement à la réalisation des décrets du premier concile provincial.
On reprit de nouveau les titres I-VI et XX-XXII de ce synode, et on y fit les modifications et les additions nécessaires. Ce concile fut par conséquent, à certains égards, le complément du premier. Les délibérations avaient commencé le 10 mai; les décrets, en quinze chapitres, furent lus et signés le 20 mai.
» Le troisième concile provincial fut tenu en 1 607 a Malines . D'après les décrets du concile de Trente il aurait dû se réunir trois ans après celui de 1574; mais la guerre et les malheurs qui accablèrent le diocèse de Malines, administré depuis 1589, pendant sept ans, par des vicaires capitulaires, ne permirent la convocation du concile provincial qu'au
(I) Sc.j. XXIV, c.2. delleform.
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bout de trente-trois ans. Les négociations ouvertes à La Haye, en 1506, pour la paix, qui ne fut conclue qu'en 1609, permirent toutefois la réunion du synode. Le nouvel archevêque, Matthias Havius, le fixa au 25 juin. L'ouverture eut lieu le 26, au matin, et le synode se prolongea jusqu'au 20 juillet...
» Les décrets, divisés en seize titres, ont pour objet : la profession de foi, les sacrements en général, le Baptême, la Confirmation, la Pénitence, l'indulgence, l'Eucharistie, l'Extrème- Onction, l'Ordinaire, les fiançailles, le Mariage, la prédication, le culte, les fêtes, les jeûnes, les images, les reliques, la superstition ; les fonctions épiscopales, la vacance du siège; les archiprêtres, les curés et les gens d'Église, la manière de vivre des ecclésiastiques, les biens de l'Eglise, leur réparation; les moines, les religieuses ; la juridiction ecclésiastique, les immunités, les synodes provinciaux et diocésains...
» Le premier synode diocésain de 1S74 se rattacha au concile provincial qui avait précédé, et ne se réunit si tard qu'à cause de la difficulté des circonstances politiques. Il dura depuisle 19 jusqu'au21 avril ; les statuts, divisés en sept titres, traitaient des sacrements, de la vie spirituelle, des officiers de l'Église, de la résidence des curés, du culte, des testaments, des fêtes...
» Le second synode de 1609 se rattache de même au troisième concili; provincial de 1607, et traite, en vingt-quatre titres : de la profession de foi, des sacrements en général, du Baptême, de la Confirmation, de la Pénitence, de l'Eucharistie, de l'Extrême-Onction de l'Ordination, des fiançailles, du Mariage, de la prédication, du culte, des fêtes, des jeûnes, des reliques, des images, de la superstition, des exorcismes, de la vacancedusiége, de l'archiprètre, des curés, des sacristains, de la vie cléricale, des bénéfices, des écoles, des séminaires, des biens de l'Église, des moines, des religieuses, des juges, des examina f eurs des synodes provinciaux et diocésains...»
Tous les actes et décrets de tous
ces conciles et synodes sont réunis dans de Ram, nova et absoluta collectif) synodorum tam provincialium quam diœcesanarum arehiepîscopatus Mechliniensis, et, dans Hartz, Cono.
Germ.,\X, i-ff.
Le Koti .
MALOU (Jean-Baptiste). (Thtol.
hist. biog. et biblîog.) — Ce prélat belge, né à Ypres vers 1800, a publié d'importants ouvrages : Chronique du monastère d'Audcnbourg, 1840; Pieuse explication des principales prières du chrétien, 1843; Bibliotheca ascetica, 1846; la Lecture de la sainte Bible en langue vulgaire, jugée d'après l'Ecriture, la tradition et la saine raison, Louvain,2vol. in-8°,1846;RecAe>'ches historiques et critiques sur Le véritable auteur de l'Imitation, in-8°, 1848; etc.
Le Non..
MALTHUS ( Thomas - Robert ) .
(Théol. hist, biog. et bibliog.) — Ce célèbre économiste anglais, ministre du saint Evangile et caractère trèsmoral dans sa vie pratique, né en 1766 àRoekery, dans le Surrey, professeur d'histoire et d'économie politique de la compagnie des Indes dans le comté de Hartfort, mourut à Bath en 1834, et laissa des ouvrages dont le principal sur le principe de la population, a fait beaucoup parler de lui. V. Economie sociale, Onanisme, etc.
Le Noie.
MALYENUA (Thomas). {Théol. hist.
biog. et bibliog.) — Ceisavant dominicain espagnol né en 1566 à Xativa, et mort à Valence en 1 628, a laissé de remarquables travaux d'exégèse, dont les principaux sont :
De Antichristo libri XI, qu'il publia à Rome eu 1604, augmenta considérablement à Valence en 1621, et qui lui valut l'approbation de tout le monde savant. On trouve une analyse de ce livre dans Du Pin, Nouv. BibL, t. xvn, p. 86, et sec. édit. , Amst., 1711 ; Commentaria in S. Sci'ipturam, una cum nova de verbo ad virbum ex Ilcbraio truuslatioue variisqite lectinnibus, Lugd., 1050; De Paradiso volup-
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mis, Romœ, 1605. Une analyse de ce Pin'Yi e é S alement dans Du
Le Nom.
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' MAMBRÉ est le nom d'une vallée tres-ferhle et fort agréable dans la Palestine, au voisinage d'Hébron, et environ a trente et un milles de Jérusalem. Ce lieu est célèbre dans l'Ecriture sainte par le séjour que le patriarche Abraham y lit sous des tentes, après s'être séparé de Loi, son neveu, et pl us encore par la visite qu il y reçut de trois anges qui lui annoncèrent la naissance miraculeuse d Jsaac. Gtn. c. 18.
Le chêne ou le térébinthe, sous lequel ce patriarche reçut les anges, a été en grande vénération chez les anciens Hébreux ; saint Jérôme assure que de son temps, c'est-à-dire sous le règne de Constance le Jeune, on y voyait encore cet arbre respectable:
et si 1 on en croit quelques voyageurs quoique le térébinthe eût été détroit Heu avait repoussé d'autres de sa souche que l'on montrait pour marquer 1 endroit où il était. Les fables que les rabbins ont forgées sur cet arbre ne valent pas la peine d'être rapportées.
Le respect que l'on avait pour ce Heu y attira un si grand concours de peuple, que les Juifs, naturellement Portes au conimerce,y établirent une foire qui devint fameuse dans la suite Saint Jérôme, in Jerem., c. 31, et m tacn., c. 10, assure qu'après la guerre qu'Adrien fit aux Juifs, n vendit à la foire de Mambré un grand nombre de captifs, qu'ils y furent donnât tres - J vll P r > ! ceux qui ne furent point vendus, furent transportés en kÇypte, ou ils périrent de faim et de misère. Telle était l'humanité des Komains ; jamais les empereurs chrétiens n ont commis de barbarie semnlable.
Les Juifs venaient à Mambré pour y célébrer la mémoire de leur père Abraham; les chrétiens orientaux, persuades que celui des trois an -es qui avait porté la parole à ce patriarche e ait le Verbe éternel, y allaient avec le respect religieux qui est dû au divin consommateur de notre foi.
Quant aux païens qui croyaient aux apparitions des dieux et qui rapportaient toutes les histoires à leurs Préjugés, ils y élevèrent des autel™ y placèrent des idoles et y offrirent des sacrifices. "'"tut
Sozomène, Hist. ecclés.., 1. 2 c 4 parlant des fêtes te Mambré, dit que ce heu était dans la plus grande™ nération; que tous ceux qui le fréquentaient auraient craint de s'exposera la vengeance divine s'ils l'avaient profane, qu'ils n'osaient y commettra aucune impureté, ni avoir de commerce avec les femmes. Au contraire, Lusebe, 1. 3, de vita Constant., c. 52 e t Sacrale, ffitf ., 1. j, c . 18 ,' disent qnEutropia, syrienne de nation et mère de l'impératrice Fausta, ayant vu les superstitions et les désordres qui se commettaient à Mambré, en écrivit à l'empereur Constantin/son gendre, qui ordonna au comte Acace de faire brûler les idoles, de renverser les autels, et de châtier tons ceux qui dans la suite commettraient que que impiété sous le térébinthe ; quil y fit bâtir une église, et ordonna a 1 éyeque de Césarée de veiller à ce que toutes choses s'y passassent dans la plus grande décence.
C'est mal à propos qu'un critique moderne a cru trouver de la contradiction entre ces trois historiens • les deux derniers parlent de ce qui se taisait à Maroiré avant que Constantin ny eût mis ordre; Sozomène, plus récent, raconte ce qu'on y voyait depins que l'empereur y avait fait une réforme : il dit précisément la même enose que les deux antres ; on peut s en convaincre en confrontant leur narration Beugier.
MAMIANI (Terenzio délia Rovero, comte). {TMol. hist. biog. et bibttoa ) — Ce poète et philosophe italien, dont la philosophie est une sorte de compromis entre le scepticisme dogmatique de Kant et le sentimenUiisme de Gioberti, naquit à Pe<aro en 1800. On a de lui:
Renouvellement (Riraovamento) :
Dialogues de science primitive, Paris, 1846; Les poètes du moyen âge, Paris 1842 et 18*8; De l'impossibilité d'une science absolue ; Du beau dans la théo-
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rie du progrès ; De l'usage de la métaphysique dans les sciences physiques; Sur l'origine, la nature et la constitution de la souveraineté; Du droit de propriété ; De la papauté ; Poésies, nouvelle édition, 1857; etc. Le Noir.
MAMMIFÈRES. (Théol. mixt. scien.
zool.) — Les mammifères, c'est-à-dire les animaux pourvus de mamelles pour allaiter leurs petits, sont les êtres les plus parfaits du règne animal ; ils forment la classe qui tient la tête de l'embranchement des vertébrés lesquels sont mammifères, oiseaux, reptiles ou poissons; leur type le plus complet est l'homme lui-même considéré dans sa nature physique. Les mamelles se développent plus complètement chez les femelles que chez les mâles, parce que c'est aux femelles qu'est assignée la mission spéciale de l'allaitement; mais il n'est pas impossible que, par une très-rare excepfion à la règle, un mâle puisse produire du lait dans ses mamelles et allaiter lui-même.
C'est la mère qui reçoit de la Providence la faculté de sécréter le lait, et elle acquiert surtout cette propriété précisément au moment convenable où ses petits demanderont à têter ; mais il peut arriver aussi, par exception, qu'une femelle dont le lait s'était tari depuis longtemps réacquière la puissance d'en reproduire sous la succion d'un nourrisson qui aurait besoin d'elle; il peut arriver même qu'une femelle vierge, ainsi sollicitée, devienne une nourrice remplaçant la véritable mère, c'est ce qui s'est vu dans l'espèce humaine.
Les mammifères se reproduisent par des œufs, comme les autres animaux, et comme les végétaux par leurs graines; mais ces œufs, qui sont l'apanage des femelles restent mous, après qu'ils ont été fécondés dans le sein de la mère, se fixent à l'intérieur, y deviennent les petits, et s'y développent à l'état de fœtus jusqu'à ce qu'ils en sortent avec la faculté de respirer, de têter et souvent même de marcher dès le premier jour.
C'est chez les mammifères que se montre, au plus haut degré, l'infinie
sagesse du créateur de la nature organique ; tout y est calculé en vue de causes finales. Une description des appropriations des diverses parties au but que s'est proposé la nature, serait bien longue. Nous nous contenterons de citer le passage suivant de Milne Edvards sur les caractères généraux d«»s mammifères :
« La classe des mammifères se compose de l'homme et de tous les animaux qui lui ressemblent par les points les plus importants de leur organisation ; elle se place naturellement en tète du règne animal, comme renfermant les êtres dont les mouvements sont les plus variés, les sensations les plus délicates, les facultés les plus multipliées et l'inlelligence la plus développée; elle nous intéresse aussi plus que toute antre, car elle nous fournit les animaux les plus utiles, soit pour notre nourriture, soif pour nos travaux et les besoins de notre industrie.
» Les mammifères naissent vivants, et, dans les premiers temps de la vie, sont nourris par leur mère, avec du lait qui se forme clans des glandes appelées mamelles ; ces animaux sont les seuls qui soient pourvus de ces organes, et c'est de là que leur vient le nom de mammifères.
y> La circulation et la respiration se font de la même manière que chez l'homme. Chez tous les mammifères, " le sang est chaud et le cœur présente quatre cavités bien distinctes : deux ventricules et deux oreillettes. Les poumons renferment toujours un nombre immense de très-petites cellules, et ne laissent point passer l'air de leur intérieur dans les différentes parties du corps, ainsi que cela se voit chez les oiseaux.
» Il est, en général, facile de distinguer, au premier coup d'oeil, un mammifère d'avec un oiseau, un reptile, un poisson ou tout autre animât, par la seule considération de sa forme extérieure et la nature de ses téguments; lesmammi'/eres sont, en effet, les seuls animaux dont Je corps soit couvert de poils (1) ; ordinairement leur
(1) Les poils dos mammifères ont beaucoup d'analogie avec les plumes des oiseaux, et servant, de la môme manière, a protéger la peau et à conser-
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forme générale ne s'éloigne que peu de celle des quadrupèdes que nous avonscontinuellementsouslesyeux et que nous prenons naturellement comme type de ce groupe ; mais quelquelois ils ne se reconnaissent pas à un examen aussi superficiel r »r il
en est dont la peau est comméWnt !Î. 6 eSt à P eu près ,a même que
nue, et dont li eo^sfau ff ïe res- ^ --°-?™' et , ! es différences sembler à celui d'un chien, d'un cheval ou de tout autre mammifère ordinaire, présente les formes propres aux poissons : le dauphin et la haleine sont dans ce cas.
» Tous les mammifères, à l'exception des Cétacés (c'est-à-dire les dauphins, les marsouins, etc.), ont deux paires de membres, savoir : une paire de membres antérieurs ou thoraci-
ver la chaleur développée dans l'intérieur du corp. ■ JHS.1, chez les reptdes, les poissons et les autres" blemenTd* T 1 , f,0id V '' D8 Produisent pas sens" etï" pp d e e s t,:îl,ê" é ''' 6l,re ' *"""+* .'— tes poils de même que les dents sont produits par ,1e peut, organe, fréteur. qui sont lo|™à„s Ho l'm "rT ' ?° "ï '"'"^Memeut au-de„„„ s
on /M ^ P °'' " f ' rm ° duns " ae P eli "> Poebe ou bnlb? qui communique an dehors par une ouver urç étroite. Ils croissent comme le', den s, par leu. base, onde, nouvelles matières s'ajouten audessous de celles déjà formées
m.5™^ ?! 'f Pc,ils a " ™<*™°î», on voit «. e q, efo.s très-d.stinctement qu'il. ,„„' t formé» d une ouïe de petits cornets emboîtés les uns dans les autre, ; mais, en général, ils ont l'apparence dun 5 ,n,ple tube «orné dont l'intérieur pa'r'.., é. e rempli d une matière pulpeuse. Chez la plupart des animaux ils sont cylindrique., et plus gros 4 le, r b„,e qu'à leur sommet ; sou'vent ils .ont pi, ô, S, apla1 ! 8 ;»",*" «""n»» q»i sont tontàfai amelleux et semblable, à des brins d'herbe : tanU leur surface parait être parlement lisse, d'autres fois elle est cannelée ou garnie de petites Z\™. tés ou b.en présente un aspect niooiliforme ; enttn le r grosseur, leur forme et leur élasticité varient aussi beaucoup d'un animal à un autre, et quelque-
L7 m Tmd;l i ;du. lesJ,ffé '' enle '' iarii « i ' d '' J p^'«»
yariété."".! 1 "" T ! e ^" 0ls °° dé,i ? no '=» <«"«•« «?.™i , P i* dl,r *™'" ™">°' la nature de ces filameu, corné, et suivant les parties où ils crois
tZ \r ■ " °. 6S appe "° ?''?»"»'■< lorsqu'il, sont très-gros, pointus, très- raide, et qu'ils re,.emblent à des ép.nes ; so «, lorsqu'ils sont moin, gros ol beaucoup moos résistants, uni. encore trô.-raides, «copte ver. leur extrémité. Le, crin, ne différent guère des sn,es que par un peu plu, de longueur m™™"'» bosseur ; en général, il, , „t Iroit,
Ônd.X ; ."T ? H ' ,e "'!«" 1 il ' »<»»' quelquefoi, ondulé, , ,„ rlu „ t |„ rsq „',|, 8o0 , lrè ,.|„„„ 5 . La
toweit une e.pèco de poil long, lrè ,. 6Q », <.„„.
!* Z f r T ""., : J e, " ,,, • le ^f °" '■ bourre .e compose de pod, d'une fine„e et d une molle,se extrême qm, en général, se trouvent caché, «u.de,.on,dunec h» plu, „„ moin, ép.isso
le nom de /or. (.\ oie de AJUne Edward,.)
ques, et une paire de membres posei leurs ou abdominaux ; mais chez les Cétacés cette dernière paire manque et il n existe, par conséquent que des membres thoraciques? Chez !?"f„. e .l? ni " 1 ? ux de c . ettc classe, leur
i que
on y remarque dépendent principalement de la longueur relative des divers os, et du nombre des doigts qui, du reste, ne dépasse jamais cinq.'
» La conformation des membres varie un peu, suivant les usages auxquels ils sont destinés. Ils peuvent servir : 1° à ]a marche, au saut etc - à la préhension et au toucher ; 3° à fouir la terre; 4° à la nage, et Ko au vol ; et lorsqu'ils sont le mieux adaptes à 1 une de ces fonctions, ils ne sont que peu ou point propres aux
» Lorsque les .membres sont destinés à servir uniquement à soutenir le corps et à le mouvoir sur la surface de la terre, ils doivent avoir beaucoup de solidité et être cependant trèsgrêles vers le haut, afin d'être plus légers; or, des doigts longs et flexibles nuiraient à cette solidité, et un nombre considérable de ces organes augmenterait sans utilité le poids du pied; aussi, chez les animaux dont les quatre pieds ne servent qu'à la course, les doigts sont-ils ordinairement au nombre de deux ou trois seulement, courts, peu flexibles, et complètement enveloppés à leur extrémité par les ongles, qui les protègent.
» Lorsque les membres sont destinés à servir principalement à la préhension des objets et au toucher, il en est tout autrement ; ils sont alors très-flexibles et terminés par cinq doigts, longs, bien séparés entre eux, et si mobiles que l'un d'eux peut, à volonté, changer de position, et s'appliquer contre les autres à la manière d'une pince; l'ongle est en môme temps plat et ne recouvre que le dessus de l'extrémité des doigts, dont la face inférieure ressemble à une pelote molle; enlin la main tout entière peut tourner sur l'avant-bras pour se diriger tantôt en dedans, tantôt en dehors.
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» Les pattes du cheval peuvent être prises pour exemple du mode de conformation des membres destinés à servir uniquement à la course, et la main de l'homme comme exemple du mode de conformation de ces mêmes organes, lorsqu'ils sont destinés par la nature à servir uniquement à la préhension et au toucher.
Mais, entre ces deux extrêmes, il existe un grand nombre de degrés intermédiaires, et chez beaucoup de mammifères les pattes servent en même temps à la course, à la préhension et au toucher, et remplissent d'autant mieux l'une ou l'autre de ces fonctions, que leur conformation se rapproche davantage de l'un ou de l'autre des deux modes de structure dont nous venons de parler.
» Les mammifères qui grimpent le mieux ont, en général, les pattes plus ou moins semblables à notre main, et propres à saisir les objets ; il en est cependant qui, à l'aide d'ongles trèsaigus, peuvent monter aux arbres, en s'y accrochant seulement, bien que leurs doigts ne soient ni longs, ni très-flexibles , ni opposables entre eux. La plupart de ces animaux ont une longue queue dont ils se servent comme d'un balancier, et quelquefois même cet organe est assez flexible pour s'enrouler autour des branches, et pour tenir lieu d'une espèce de main. (Exemple, certains singes.)
» On remarque aussi des dilférences dans la conformation des membres, suivant que l'animal est destiné à courir ou à sauter ; dans ce dernier cas, la longueur des membres postérieurs l'emporte, en général, de beaucoup sur celle des membres antérieurs. (Exemple : le lapin et surtout le kanguroo.)
» Lorsque les pattes doivent servir à l'animal pour fouir la terre, elles sont courtes (ce qui leur donne plus de force), larges et armées d'ongles puissants et d'une forme particulière.
Les taupes sont, de tous les mammifères, ceux dont les membres thoraciques sont le mieux conformés pour cet usage.
» Pour que les membres soient conformés d'une manière favorable à la natation, ils doivent être courts et
larges, afin de frapper l'eau avec plus de force, et d'agir sur une plus grande surface. Aussi, chez les mammifères dont la vie est complètement aquatique, ces organes ont-ils la forme de grandes palettes qui ressemblent extrêmement aux nageoires des poissons; le bras et l'avant-bras deviennent si courts, que le pied semble attaché immédiatement au corps, et les doigts sont tous cachés sous une peau commune. Quand l'animal doit se servir de ce? nageoires pour se trainer sur le sol, leur conformation se rapproche un peu plus de celle de la patte d'un quadrupède ordinaiie, et lorsque les membres doivent servir principalement à la course, sans cesser cependant d'être bien appropriés à la nage, les doigts sont simplement réunis par un repli lâche de la peau, appelé palmure, qui se tend lorsqu'ils s'écartent, et donne ainsi à la patte la largeur nécessaire.
» Enlin, lorsque les membres des mammifères sont conformés pour servir au vol, ils présentent aussi une disposition particulière : le* membres thoraciques deviennent très-longs, les doigts surtout s'allongent d'une manière démesurée et soutiennent un repli de la peau des lianes, comme les baleines d'un parapluie en tendent le taffetas. Les chauves-souris nous présentent ce mode d'organisation; leurs mains sont, de la sorte, transformées en de véritables ailes.
» Nous ajouterons encore que quelques mammifères, dont les membres sont conformés pour courir ou pour grimper seulement, peuvent aussi se soutenir un peu dans l'air à l'aide des replis de la peau qui s'étendent entre les pattes antérieures et postérieures, et qui constituent ainsi une espèce de parachute; mais ce mode de conformation ne donne pas la faculté de voler réellement, comme la disposition dont il vient d'être question.
» Les mammifères sont, de tous les animaux, ceux dont l'intelligence est la plus développée, et ce sont aussi ceux dont le cerveau est le plus volumineux. Mais, à cet égard, ils présentent entre eux des différences trèsgrandes, et on remarque, qu'en général ils sont d'autant moins favorisés
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