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sons ce rapport, qu'ils ressemblent moins à l'homme, que leur front est plus fuyant et leur museau plus saillant.
» Il existe aussi des différences trèsgrandes entre les divers mammifères, sous le rapport de leurs dents; et, comme la conformation de ces organes est toujours en rapport avec la nature des aliments dont l'animal est destiné à faire usage, nous en dirons quelques mots.
» Quelques mammifères qui se nourrissent d'insectes mous (comme les fourmis), ou de très-petits poissons qu'ils peuvent avaler en entier, sont privés de dents; mais chez presque tous les animaux de cette classe, il existe des dents destinées à diviser les aliments. Les molaires sont généralement les plus utiles ; aussi leur existence est-elle plus constante que celle des incisives ou des canines :
celles-ci sont nécessaires pour saisir et dévorer une proie vivante, et ne manquent, par conséquent, chez aucun carnassier; mais elles sont moins utiles aux herbivores, et les unes ou les autres manquent chez plusieurs us mammifères qui ont un régime végétal. Quelquefois aussi elles ne servent plus à la mastication, mais prennent un grand développement et constituent des défenses plus ou moins puissantes. La forme des dents molaires varie aussi suivant le régime de l'animal. Chez ceux qui se nourrissent de chair, elles sont comprimées, tranchantes, et disposées de taçonà agir les unes contre les autres, comme le font les lames d'une paire de ciseaux; chez ceux qui vivent d insectes, ces dents sont hérissées de pointes coniques, qui se correspondent, de manière que les unes s'emboitent dans les intervalles que les antres laissent entre elles, enfin, lorsque la nourriture de ces animaux consiste principalement en fruits mous, ces dents sont simplement garnies de tubercules mousses, et lorsqu'elles sont destinées à broyer des substances végétales plus on moins dures, elles sont terminées par une large surface aplatie et rude comme celle d'une menle. »
En ce qui est de la classification des mammifères, chose très-importante dans la science, et à laquelle Butlon n a pas attaché l'intérêt qu'elle mentait, le premier qui s'en occupa fut Anstote. Ce fut lui qui Q nomma quadrupèdes, ne pensant nullement à faire entrer l'homme dans leur catégorie, et ignorant d'ailleurs, qu'un certain nombre d'animaux qui n'étaient nullement quadrupèdes, — telles sont les chauvessouris et les baleines — devaient un jour être rattachés à la même classe à titre de mammifères; puis il indiqua plusieurs groupes ou sous-divisions de quadrupèdes. C'est donc à Aristote qu'il convient de faire remonter l'origine des classifications scientifiques en histoire naturelle des animaux.
Dans le moyen âge, il y eut aussi un grand naturaliste, le plus grand de tous avant les modernes, qui tenta une classification mammologique ; nous voulons parler d'Albert le Grand.
Dans le xvn° siècle, l'anglais J. Ray en tenta une autre qui fut un progrès sur les précédentes; et dans le xvm e vint le grand Linné qui préluda par la sienne aux classifications de Cuvier et de nos contemporains.
La classification des mammifères que le naturaliste suédois donna de 173 i à 1767 dans son Systema naturse, fut la suivante :
Sept ordres qui étaient :
1 ° Les Primates, d'abord nommés anthropomorphes, et qui comprenaient l'homme, les singes, les lémures ou makis, et les chauves-souris.
2° Les Brutes (bruta) qui comprenaient les paresseux, les fourmillien, les pangolins, les ratons, les rhinocéros, les éléphants, les lamentins, tes dugongs, les morses.
3° Les Bètes féroces (ferx) qui comprenaient les genres phoque, chat, chien, civette, martre, sarigue, taupe, musaraique, hérisson.
4° Les Rongeurs, (gtires) qui comprenaient les genres écureuil, rat, castor, etc.
5° Les Ruminants (pecora) qui comprenaient les genres chameau, chevrotait!, cerf, girafe, bomf.
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6° Les Bellués (belluœ) qui comprenaient les genres cheval, hippopotame, tapir, sanglier.
7° Les Cétacés (cete) qui comprenaient les genres dauphin, cachalot, baleine.
Georges Cuvier donna, en 1799, une première classiiîcation des mammifères, et en 1830 une seconde.
La première établissait dix ordres, dans lesquels l'homme n'était pas compris ; c'étaient :
1° Les Quadrumanes. ( Quadrumana de Blumembach,) singes et makis.
2° Les Carnassiers, (comprenant les chéiroptères de Blumembach, les plantigrades et les carnivores.
3° Les Ronseurs, (glires de Linné).
4° Les Edentés (de Vicq d'Azyr).
5° Les Éléphants ou Eléphantins (de Vicq d'Azyr).
G Les Pachydermes : cochon, tapir, rhinocéros, et hippopotame.
7° Les Ruminants (pecora de Linné) .
8" Les Solipedes (de Vicq d'Azyr) :
cheval.
9° Les Amphibies (empêtrés de Vicq d'Azyr) : phoques, morses, lamentin et dugong.
10° Les Cétacés (cete de Linné).
La seconde classification des mammifères de Cuvier (1830) est la même que celle de Milue Edwards dont nous donnons plus loin le tableau, avec les caractères distinctifs.
Durant cette période de 1800 a 1830, et durant la période qui a suivi de 1830 jusqu'à ce jour, on a proposé beaucoup d'autres essais de classification des mammifères, lesquelles sont
toujours, en général, en progrès les uns sur les autres. Parmi ces classifications, une des plus estimées est celle de M. de Bainville qui consiste à les diviser en trois sous-classcs :
1° Les monodelphcs (dépourvus d'os " marsupiaux), comprenant six ordres :
primates, (quadrumanes) ; carnassiers; édentés , terrestres et aquatiques (.cétacés) ; rongeurs ; gravigrades, terrestres (éléphants) et aquatiques (cétacés herhivoves), ongulogrades (pachydermes ordinaires, solipedes, ruminants).
ï a iLes'diedelphes (pourvus d'os marsupiaux et d'une poche mammaire), sarigues et marsupiaux de l'Australie.
3° Les ornithodelphes (misparCuvier parmi Jes édentés sous le nom de monothrèmes) (pourvus d'os marsupiaux, et sans poche mammaire, se rapprochant des oiseaux) ; ornithorinques et echidnês.
C'est ainsi que la science est toujours occupée de scruter les détails des œuvres de Dieu pour découvrir les lois générales de ses plans, et rattacher les effets multiples de sa puissance à- des règles de sagesse comprises clans des cadres déterminables.
Donnons, en terminant, dans le tableau qui va occuper la page suivante, la classification des mammifères de llilne Edwards, en neuf ordres, y compris l'homme : nous avons dit que c'est la même, en fin de compte, que celle de Cuvier ; c'est aussi la plus populaire et, la plus classique, du moins jusqu'à ce jour ;