‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le NoirChapitre 68 sur 114 · MAMMIFÈRES · texte numérisé non relu

MAMMIFÈRES

Point

Des ( aux membres antérieurs seulement Bimanes.

mains (3) aux quatre membres Quadrumanes.

I complet Carnassiers.

Onguiculés (l);(

de poches (

I mammaires.

Membres j Deux paires ;i

au nombre »

de

Doigts

Point de mains.

S y si&me \incomplet; dentaire. I manq ,

de canines seulement Rongeurs.

d'incisives au moins, quelquefois nul. Édentés. \ Des poches mammaires (4) servant à loger les petits pendant l'allaitement. Marsupiaux (5)

Onjulés (2). i ordinaire, ne ruminant pas Pachydermes.

Estomac ( divisé en quatre poches, et conformé, pour la rumination (6) Ruminants.

Une paire conformée pour la natation. — Ayant la forme des poissons Cétacés.

Le Noir.

GO

(1) Onguiculés. — C'est a-dire ayant les ongles petits et qui n'enveloppent pas, en entier, l'extrémité des doigts. [%) Ongulés. — Ayant de* sabots, c'est-à-dire des ongles très-grands, q>ii enveloppent complètement l'extrémité des doigts. (3) — C'ost-à-dire des membres dont le pouce est plus ou moins opposable aux antres doigts et conformés pour saisir les objets. (Vj — Sorte de sac» formés pur des replis de la peau du ventre et recouvrant les mamelles.

(5) Dans la série naturelle de* mammifères, on range les marsupiaux entre les carnassiers et les rongeurs, et cet ordre n'est interverti dans e<? tubl?au, que pour faciliter la distinction de ces groilj es.

(6) — Les animai x qui i umioent avalent d'abord Jours aliments sans les macber complètement, et, quelque temps après, les font remouler duns la bouebe pour les broyer •t avaler ensuite de uouvo m.

Notes de Alilne Edwards.

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MAM

lilËI

MAMMILLAIRES, secte d'anabaptistes formée dans la ville de Harlem, en Hollande, on ne sait pas en quel temps. Elle doit son origine à la liberté que se donna un jeune homme de mettre la main sur le sein d'une lille qu'il voulait épouser. Cette action ayant été déférée au consistoire des anabaptistes, les uns soutinrent ijue le jeune homme devait être excommunié; d'autres ne jugèrent pas la faute assez grave pour mériter une excommunication. Cela causa une division entre eux; les plus îévères donnèrent aux autres le nom odieux de mammillaires. Cela ne marque pas qu'il y ait beaucoup d'union, de charité et de bon sens parmi les anabaptistes.

Beugieh.

MAMMONA, terme syriaque qui signifie l'argent, la monnaie, les richesses; il est dérivé de rnan, mon, compte ou nombre. Dans saint Matthieu, c. 6, f 24, Jésus-Christ dit que l'on ne peut servir Dieu etles richesses, mammonae.

Dans saint Luc, c. 16, f 9, le Sauveur, après avoir cité l'exemple d'un économe infidèle, qui se fit des amis en leur remettant une partie de ce qu'ils devaient à son maître, dit à ses auditeurs : « Faites-vous des amis » avec les richesses d'iniquité, » de mammona iniquitatis. De là plusieurs incrédules ontconclu que Jésus-Christ proposait un fort mauvais exemple et donnait une leçon pernicieuse en conseillant aux Juifs de se faire des amis av ec les richesses acquises inj ustement comme s'il était permis de faire l'aumône du bien d'autrui.

Mais est-il bien décidé que mammona iniquitatis signifie des richesses acquises injustement? Il désigne évidemment des richesses fausses et trompeuses, de la monnaie de mauvais aloi, puisque Jésus-Christ les oppose aux vraies richesses : quod tcrum est quis credet vobis ? En hébreu, en syriaque et en arabe, le même terme signifie vrai et vérité, juste et justice, parce que la justice ne trompe point. Ps. 84, f H : « La » miséricorde et la justice, veritas, se

» sont rencontrées, l'équité et la pais » se sont embrassées, » etc.

Il est d'ailleurs évident que l'on ne doit pas insister sur toutes les circonstances de la parabole dont Jésus- Christ se sert ; l'économe infidèle ne possédait point de richesses, puisqu'il faisait une remise aux débiteurs de son maître, afin qu'ils le reçussent chez eux lorsqu'il serait privé de son administration. Le dessein du Sauveur était d'inspirer aux hommes le détachement des biens de ce monde, à plus forte raison de les détourner de toute injustice, soit dans l'acquisition, soit dans l'usage des richesses.

Bergier.

MAMACHI (Thomas-Marie). (Théol.

hist. bioy. et bibliog.) — Ce savant dominicain, né dans l'Ile de Cliio en 1713, d'une famille grecque, mourut à Cornéto en 1792, après avoir été le conseiller de Benoît XIV et de Pie VI, consulleur de l'index, et avoir montré dans l'affaire des Jansénistes appelants une grande impartialité aussi bien à leur égard qu'à l'égard des Jésuites.

Il a laissé :

De Ethnicorum oraculis,de cruce Constantino visa et de evangelica Chronotaxi, Florence 1738 ; De laudibus Leonis X, Rome, 1741 ; De ratione temporum Athanasianorum, deque aliquot synodisIYsxoulocelcbratis,epiatolselV, Florence, 1748, contre Mansi, et principalement contre ses indications chronologiques du concile de Sardiqire ; Originum et antiquitatum Christianarum libri XX, 1749-55. Mais des vingt livres annoncés il n'en parut que cinq, en quatre volumes in-4°.

Cette archéologie chrétienne, ingénieuse et savante devait être son ouvrage capital ; De animabus justorum in sinu Abrahx ante Christi mortem expertibus beatse visionis Dei lib. II, Rome, 1766, 2 vol. rn-4°, contre le chanoine de Crémone Cadonici, qui avait prétendu que les justes de l'Ancien Testament avaient joui de la vision béatifique de Dieu avant la descente du Christ aux enfers ; Del dritto libéra délia Chiesa d'acquistare e di possedere boni temporali, Rome 1769; La pretesa filosofia de moderni

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increduli esaminata e discussa, de' suoi caratteri, Rome, H70;AlethiniPhilaretx cpistolarum \de Palafoxii orthodoxia, Rome, 1772 et 73, en 2 vol.

in-8° ; c'est une réponse aux objections faites par les Jésuites contre la béatification du B. Palafox, qu'ils avaient accusé de jansénisme. Marnachi y porte des jugements assez sévères contre diverses notabilités françaises, par exemple contre Tournély.

Cet écrit blessa le parti des Jésuites.

Epistolse ad Justinum Felronium de ratione regendse reipublicse Christian^ deque légitima Romani Pontifias auctoritate, Rom., 1776 et 1777, en 2 vol.

in-8°. Ce fut la premièe attaque dirigée contre Fébronius.

Le Noir.

MàNCENILIER (le). (Théol. miœt.

scien. botan.) ~ Le mancenilier est un arbre célèbre, sur lequel les voyageurs ont raconté des merveilles lugubres qui n'ont pas encore été prouvées, et qui sont plutôt réfutées que confirmées par les expériences de la science moderne. Selon ces voyageurs, le mancenilier serait l'arbre de la' mort; la mort régnerait en souveraine autour de son tronc et sous ses branches ; les gouttes de pluie qui tombent de ses feuilles sur la peau des animaux qui s'y abritent, seraient un toxique foudroyant, et son ombre seule serait mortelle. De pareilles propriétés n'auraient rien d'impossible; Dieu amis de tout dans la nature, depuis l'image la plus hideuse du vice jusqu'à celle de la vertu la plus pure et la plus céleste; mais il

?.« croire <ï u ' à ce q^ est ay éré :

MM. Jacquin, Cussau et Ricord ont -mis, sur ces assertions, le manceniher à l'épreuve; ils ont dormi sous son ombrage, et n'ont ressenti aucun malaise; ils ont reçu la pluie qui avait séjourné sur les feuilles, et il en a été de même. Quant à ses fruits, il est vrai qu'ils ressemblent à des pommes d'api assez appétissantes à la vue, et qu'ils sont très-vénéneux; mais ils ne sont pas perfides attendu qu'ils ont une saveur si bridante qu'ils ne se laissent pas avaler. La sève de cet arbre est, (Tailleurs, une sorte de lait

qui constitue un poison très-actif, dont l'application sur les tissus vivants suffit pour déterminer, comme la pierre infernale, une brûlure qui peut dégénérer en ulcère. Ce suc vénéneux se trouve également dans les feuilles et sous l'écorce. En ce qui est des fleurs, elles sont monoïques; les mâles forment des épis pelotonnés et à leur base se trouve, solitaire, la tleur femelle. L'arbre est élevé, et il se développe surtout dans l'Amérique tropicale. On n'en connaît qu'un genre et qu'une espèce. Il convient d'être en garde contre tout ce qu'on en peut lire dans les ouvrages de littérature et de voyages. Le Nom.

MANCHOT (le). (Théol. mixt. scien.

zool.) — Pernetty raconte avoir vu, souvent, le long des rivages des terres australes, comme de longues processions d'enfants de chœur en surplis blanc et en camail, dénier lentement en ayant l'air d'être en tenue de cérémonie. Ce sont des manchots, oiseau étrange, de la grosseur d'une oie, à tète noire, à collier jaune citron, à dos ardoise et à ventre blanc, qui marche debout sur de grands pieds palmés dans une position parfaitement verticale ; leurs pattes ressemblent à la plante du pied d'un quadrupède; leurs ailes sout si courtes qu'ils ne peuvent voler en aucune façon ; mais ils sont des plongeurs et des nageurs infatigables ; aussi leur existence est-elle absolument aquatique et ne viennent-ils à terre que pour la ponte de leurs œufs qu'ils déposent dans une galerie profonde creusée dans le sable. Ils passeront quelquefois huit mois entiers dans la mer jusqu'à cent trente lieues des côtes, étant toujours soit sur l'eau, soit dans l'eau, soit sur des blocs de glace.

Le manchot, comme le pingouin qui en diffère peu, plonge à des profondeurs très- considérables et reste fort longtemps sous les eaux. Il est une des bizarreries les plus curieuses de la création; sa morsure est dangereuse, mais il est si maladroit sur terre qu'on l'évite facilement et qu'on l'attrape de même à coups de bâton, la fuite rapide lui étant impossible.

Le Noir.

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MANCIXI (Laura-Béatrice Oliva, dame). (Théol. hist. biog. et bibliog.) — Cette femme poète italienne, née à Naples, en 1823, est très-célèbre en Italie surtout comme poète lyrique ; elle a donné : Ivès, pièce de théâtre dont le sujet est le roman même de son mariage avec le professeur en droit Pasquale Mancini, jouée à Florence en 1815; Colombo al convenio délia rabida, poème, 1 846 ; Poésies diverses, 1847 ; à Gladstone une exilée napolitaine, Tarin, ISol; Ylttdie sur la tombe de Vincent Gioberti, Turin, 1853, sorte d'improvisation écrite qui excita un vif enthousiasme.

Le Nom.

MANDAITES, ou chrétiens de saint Jean. C'est une secte de païens plutôt que de chrétiens, qui est répandue à Bassora, dans quelques endroits des Indes, dans la Perse et dans l'Arabie, dontl'origne et la croyance ne sont pas trop connues.

Quelques écrivains ont pensé que dans l'origine c'étaient des Juifs qui avaient habité le long du Jourdain, pendant que saint Jean y donnait le baptême, qui avaient continué de pratiquer cette cérémonie tous Les jours, ce qui les lit nommer hémérobaptistes ; et qu'après la conquête de la Palestine par les mahomêtans, ils s'étaient retirés dans la Chaldée et sur le golfe Persique ; c'est ainsi que d'Herbelot les a représentés dans sa Bibliothèque orientale; mais cette conjecture n'est appuyée d'aucune preuve Dans la réalité, ces sectaires ne sont ni chrétiens, ni juifs, ni mahomêtans.

Chauibers ditque, tous les ans, ils célèbrent une fête de cinq jours, pendant lesquels ils vont recevoir de la main de leurs évèques le baptême de saint Jean; que leur baptême ordinaire se fait dans les fleuves et les rivières, et seulement le dimanche, que c'est ce qui leur a fait donner le nom de chrétiens de saint Jean. Mais on sait que de tout temps les Orientaux ont regardé les ablutions comme une cérémonie religieuse et un symbole de purification, que chez les païens le dimanche était le jour du soleil. Jusque-là nous ne voyons chez

les mandaites aucune marque de christianisme, et c'est abuser du terme que de nommer âuéyues les ministres de leur religion.

Dans les Mém. de l'Académie des Inscript., tome 12, in-4°, p.. 113, et t. 17, in-12, p. 23, M. Fourmont l'aîné dit que cette secte se donne une origine très-ancienne, et la fait remonter jusqu'à Abraham ; que de temps immémorial elle a eu des simulacres, des arbres et des bois sacrés, des temples, des fêtes, une hiérarchie, un culte public, même une idée de la résurrection future. Voilà des signes très-évidents de polyhéismc et d'idolâtrie, et non dejudaisrne ou de christianisme. Les astrologues, qui dominaient chez les mandaites, forgeaient des dogmes, ou les rejetaient, selon leurs calculs astronomiques. Les uns soutenaient que la résurrection devait se faire au bout de neuf mille ans, parce qu'ils lisaient à ce temps la révolution des globes célestes; d'autres ne l'attendaient qu'après trente-six mille quatre cent vingtsix ans. Plusieurs admettaient dans le monde, ou dans les mondes, une espèce d'éternité, pendant laquelle tour à tour ces mondes étaient détruits et refaits. Toutes ces idées étaient communes chez les anciens Chaldéens.

On ajoute que les mandaites font une mention honorable de saint Jean- Baptiste, qu'ils le regardent comme un de leurs prophètes, et prétendent être ses disciples ; que leur liturgie et leurs autres livres parlent du baptême et de quelques autres sacrements qui ne se trouvent que chez les chrétiens. Si M. Fourmont avait exécuté la promesse qu'il avait faite de nous donner une notice des livres de cette secte, qui sont à la bibliothèque du roi, et qui sont écrits en vieux chaldéen, nous la connaîtrions mieux. Mais ni cet académicien, ni Fabricius, qui parle des chrétiens de saint Jean, Salut, lux Evang., p. 110 et 119, ne nous apprennent point si ces prétendus chrétiens ont pour principal objet de leur culte les astres ; si, par conséquent, ce sont de vrais sabiens ou sabaïtes, comme on le prétend. Il y aune homélie de saint

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Grégoire de Nazianze, contre les sabiens; l'Alcoran parle aussi de cette secte, et Maimonide en a souvent fait mention ; mais sous le nom de sabiens ou zabiens, ce dernier entend les idolâtres en général : nous ne savons donc pas s'il faut appliquer aux mandaîtes en particulier ce que disent ces divers auteurs, puisque le culte des astres a été commun à tous les peuples idolâtres. Le savant Assémani pense, d'après Maracci, que les mandaîtes sont de vrais païens, qu'ils ont pris quelques opinions des manichéens, qu'ils n'ont emprunté des chrétiens que le culte de la 'croix, et que c'est ce qui leur a fait donner le nom de chrétiens. Biblioth. orient., tom 4, p. 609. Voy. Astres, Paganisme, Sabaishe.

Bergieh.

MANDEVILLE (Bernard de). (Théol.

hist. biog. et bibliog.) — Ce déiste, né a Dort en Hollande en 1670, d'une famille d'origine française, et mort en Angleterre en 1733, fut de ceux qui attaquèrent directement la morale chrétienne, comme on le fait si souvent aujourd'hui, (V. Morale) mais d'une autre manière; il défend la cause du vice lui-même.

« Son œuvre principale, dit M. Fritz, est sa Ruche bourdonnante, ou les Fripons devenus honnêtes gens. Cette fable, qui parut en 1706, et qu'il voulut faire passer pour une innocente plaisanterie, raconte l'histoire d'un essaim d'abeilles, agité par toutes les passions et atteint de tous les vices connus, mais où régnent et fleurissent en même temps le commerce, 1 industrie, le goût des arts et l'amour de la guerre, l'abondance et le bienêtre. Tout à coup ces petites bêtes, trop impressionnables, demandent à bannir le mal du milieu d'elles et à établir dans leur ruche le règne antique de la vertu. Jupiter exauce leur prière, etun changement aussi étrange que complet s'opère. La probité , 1 ordre et le droit régnent à tous les étages. Les fourbes et les escrocs, les joueurs et les faux monnayeurs s'enluient. Les juges, les avocats, les exempts, les bourreaux deviennent mutiles. Les médecins, les prêtres,

les fonctionnaires, chacun s'applique à remplir scrupuleusement son devoir. Tout va au mieux. Mais cet état jadis si florissant, voit sa population diminuer, sapuissance s'affaiblir; une foule d industries cessent, les arts les plus délicats sont abandonnés, les coutumes les plus élégantes et les plus raffinées se perdent ; on congédie l'armée, car les ruches voisines n mspirentplus ni crainte ni défiance.

Cependant les vertueuses abeilles ont à se défendre contre quelques attaques imprévues. Elles les repoussent, non sans perte sensible. Ce qui reste de cette population, jadis merveilleuse et féconde, et de jour en jour plus appauvrie, attaqué, quitte sa ruche et se réfugie dans un vieux fort. Finalement, craignant de voir, après les labeurs de la guerre, les commodités de la paix se changer en mollesse et en intempérance, le petit peuple se retire dans le creux sombre et pourri d'un vieil arbre, où il ne conserve de son ancien bien-être que le strict nécessaire et la probité.

» Mandeville eut peut-être en vue dans cette fable les vices de la constitution anglaise et voulut faire en même temps la satire des classes élevées; mais, évidemment, son but principal était de peindre les avantages de l'immoralité, en en montrant l'influence nécessaire sur les progrès de l'industrie et du bien-être, sur la grandeur et la puissance d'une nation. Il dénature les lois du christianisme en confondant une lâche indifférence avec les rigueurs de l'abnégation, l'hypocrisie et la misanthropie avec la piété et la fuite du monde que l'Evangile conseille aux parfaits Les héros de vertu chrétienne que Mandeville met en scène pour prouver son thème sont surtout les solitaires, qui, fuyant le monde, condamnent comme un abus coupable l'usage des biens terrestres qui dépasse le strict nécessaire, qui passent leur vie à gémir, à regarder le ciel, à prier, et ne font rien pour le monde, dont ils méprisent les joies, les intérêts et les honneurs. Mais, quelque peine qu'il se donne pour établir que le vice est aussi nécessaire & un Etat ilorissaut que la faim qui nous con-

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traint de manger, il n'est pas en état de démontrer que ce qu'il appelle lui-même le vice de quelques-uns contribue au bien-être de l'ensemble, sans faire dans sa démonstration les réserves les plus trompeuses, sans dire que ces vices ne sont avantageux qu'à un certain degré, puisque le but de la société et la mission des autorités consistent précisément à mettre des bornes aux manifestations du vice. Il admet aussi tacitement que le vice n'est pas utile d'une manière absolue et sans condition, et qu'il ne l'est qu'autant que la raison le maintient dans l'ordre et dans des bornes légitimes, et que hors de là ce n'est que par hasard qu'il peut avoir quelque avantage. Dans sa république le vol est indispensable, car sans le vol les serruriers mourraient de faim; l'eau-de-vie est des plus salutaires, parce qu'elle fait oublier aux malheureux leur misère et fournit à ceux qui la débitent de quoi vivre largement. L'homme, de par sa nature, est une bête sauvage ou un esclave de ses passions; ce qu'il devient par l'éducation est pure jonglerie; la vertu est le fruit de l'orgueil, de l'illusion et de l'hypocrisie; savoir se modérer dans sa colère, aimer ses semblables, être généreux, pur artifice; la pudeur, qui rougit en entendant des paroles lascives, n'est qu'un vêlement d'emprunt, un déguisement, une vanité. L'amour-propre est le commencement naturel et le but légitime de toute vertu.

» Ces doctrines excitèrent l'attention. Mandeville donna, en 1714, un grand commentaire à son poëme, et, comme ses explications ne suffirent pas, il y a ajouta des dialogues justificatifs. La sixième édition estde 1732, et c'est d'après elle que fut faite la traduction française qui parut à Londres, en 1740, en quatre parties in-8°, sous ce titre : lu Fable des Abeilles, ou les Vices privés font lu prospérité publique, avec le Commentaire, etc

Son livre fut condamné par le jury de Middlessex, en 1725. Une foule d'adversaires habiles le réfutèrent, notamment Jacobi, dans ses Méditations sur les vues de ta Providence. »

Le Nom.

MANDRAGORE (la). {Théol. mixt.

scien. bot. exég.) — 11 est dit dans l'Ecriture que le patriarche Jacob présentait à Rachel du fruit de mandragore; a déjà les mandragores ont donné de l'odeur,» chante l'épouse dans le cantique ; or, la mandragore porte en hébreu le nom, de dudaim; c'est la Vulgate qui a traduit ce mot par mandragore. Qu'était-ce donc que le dudaim, et par suite la mandragore delà Vulgate?

Bruckmann a soutenu que c'était la truffe. Ludolphe a prétendu que c'était la banane. Virey dit que le dudaim était le salep. D'autres ont vu dans ce produit de la nature une sorte de concombre, d'où l'on a nommé une des variétés de ce genre le concombre de Perse ou dudaim (cucunis dudaim de Lin.), c'est le même qu'on nomme aussi concombre chatte, à cause des poils blancs qui le recouvrent; il croit dans l'Orient.

Mais l'opinion la plus naturelle et la plus commune consiste à prendre tout simplement pour bonne la traduction de la Vulgate, et à dire qu'il s'agissait bien de notre mandragore d'aujourd'hui, mais que les anciens attribuaient à cette plante ainsi qu'à ses fruits, des propriétés fabuleuses, dont la raison d'être s'est perdue avec la filière historique ou mythologique. Le supplément au Dictionnaire de l'Académie dit pourtant que la raison pour laquelle on attribuait à cette plante tant de merveilles venait de ce qu'elle ressemble à une partie inférieure du corps humain. La mandragore était pour les anciens un arbuste à philtres puissants, à hallucinations étranges, une herbe magique qui faisait trouver des trésors, un aphrodisiaque, etc. Ses fruits passent pour vénéneux, et c'est de celte propriété que certains auteurs ont soutenu que ce ne pouvaient pas être des fruits de notre mandragore que Jacob donnait à ses femmes ; mais la pomme de mandragore estelle réellement vénéneuse? c'est ce qu'a nié le professeurHermandez qui raconte lui-même dans sa Flore médicale que, « désirant prouver l'innocuité de ce fruit, il en mangea uu tout entier devant ses élèves pendant

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plusieurs jours de suite avant de commencer sa leçon, et n'en fut jamais incommodé. »

Quant aux propriétés médicinales que les médecins de l'antiquité célébraient dans la mandragore comme narcotiques et somnifères, ce qui la leur faisait administrer avant les opérations chirurgicales comme on fait aujourd'hui les anasthésiques, elles ne sont pas bien établies, et en pratique on néglige maintenant complètement cette plante ; il n'y aurait plus que quelques vieux sorciers de village à l'employer.

La mandragore porte des fruits blancs ou rougeâtres, gros comme un œuf; elle croît en Italie, en Espagne, en Grèce, etc. Elle appartient à la famille des solanées.

Le Nom.

MANDRTLL ou Mandiulle et Dhill.

(Théol. mixt. scien. zool.) — Cet animal, dont le nom vient du hollandais man, homme et drill, singe, est peutêtre la plus hideuse des productions de la nature ; le Créateur, a dit Cuvier, semble avoir voulu en faire l'image du vice dans toute sa laideur.

C'est un assez grand singe marchant a quatre pattes, pouvant avoirjusqu'à 80 centimètres de longueur et 40 de hauteur, dont la force herculéenne peut à peine être maîtrisée par cinq à six hommes. Il a le museau trèsallongé, à narines terminales; les côtés du nez sont garnis de rides saillantes formées par un tissu érectile dont la couleur passe du bleu au violet livide ; le museau est d'un rouge vif et d'une énormité monstrueuse; les fesses sont dénudées et violettes, la barbe et la collerette sont d un jaune citron ; des canines aiguës lui sortent de la bouche; la queue est courte et redressée perpendiculairement à l'épine dorsale ; le pelage est hérissé et gris verdâtre ; c est la plus horrible incarnation de Satan qu'on puisse imaginer, et joignez à ce portrait des mœurs d'un cynisme dont on ne se fait pas l'idée et des passions sensuelles d'une violence qui en font un objet d'horreur fo H-toutes les négresses de son pays, qu est le Congo et la Guinée. On l'ac-

cuse, et non sans raison à ce qu'il parait, d'en enlever parfois pour satisfaire sur elles sa brutalité. Il y en a deux espèces également repoussantes : le mandrill ou Moggo de Guinée choras et mandrill de" Butfon, et lé drill qui a la face entièrement noire et le menton d'un rouge brillant.

Cette bète ne devient si laide qu'à l'âge adulte; quand elle est jeune, elle est docile et même intelligente, et des naturalistes prétendent que, si on avait soin de l'élever dès le jeune âge et de la bien édoquer, elle ne serait pas, comme elle l'est ordinairement, la terreur de ses gardiens dans les ménageries. On cite un mandrill quifut célèbre en Angleterre sous le non de kappy jemj, au temps de Georges IV ; il paraissait en scène, allait s'asseoir comme un homme sur une chaise, buvait dans un gobelet d'ètain son verre de Porter et fumait sa pipe avec la gravité d'un Allemand. Georges IV voulut le voir à AVindsor, et lui adressa à lui-même l'invitation d'y aller.

Quand nous disons, parfois, que Dieu a tout mis dans la nature en.

images des vertus et des vices, et qu'il ne s'agit pour l'être intelligent, maître de soi, que de bien choisir son objet d'imitation, nous tromponsnous ? Ressemblez donc au mandrill, vieux satyres.

Le Nora.

MANES (Théol.

Manichéisme.

hist. biog.) — V.

MANES, âmes des morts. L'inscription, diis manibus, que les païens gravaient indistinctement sur tous les tombeaux, démontre qu'ils plaçaient au rang des iiewœ, des morts qui souvent avaient été très- vicieux, et qu'ils rendaient les honneurs divins à des personnages qui avaient plutôt mérité qDe leur mémoire fût il et rie.

A la vérité, les Romains n'accordaient les honneurs de l'apothéose qu'aux empereurs; c'était à eux seuls que l'on bâtissait des temples, et que l'un rendait un culte public; mail chaque particulier av;iit le droit d'honorer de uièine chez lui tous les

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morts qui lui avaient été chers : Cicéron, dans son ouvrage intitulé Consolation, nous apprend qu'il avait fait bâtir une chapelle aux mânes de Tullia sa fille. Dans le vestibule de toutes les maisons considérables, il y avait un autel consacré aux dieux lares, que l'on citait être les âmes des ancêtres de la famille.

Pour excuser cette conduite, quelques-uns de nos philosophes ont dit qu'en donnant aux âmes des morts le nom de dieux, les païens entendaient seulement qu'elles étaient dans un état de béatitude; que par la mort du corps elles avaient acquis un pouvoir et des cou naissances supérieures à celles des mortels; qu'elles pouvaient, par conséquent, les instruire et les aider ; c'est pour cela qu'on leur rendait des honneurs, et qu'on les invoquait à peu près comme nous en agissons à l'égard des saints.

Cette comparaison n'a aucune justesse. 1° Les honneurs que l'on rendait aux empereurs divinisés étaient précisément les mêmes que ceux que l'on accordait aux grands dieux, aux dieux du premier rang; les uns et les autres avaient des temples, des autels, des fêtes, des collèges de prêtres, et l'on ne sait pas jusqu'à quel point les particuliers superstitieux pouvaient impunément porter le culte qu'ils rendaient à leurs ancêtres. On sait qu'aujourd'hui à la Chine le culte religieux est à peu près réduit à ce seul objet. C'était dégrader la Divinité que de confondre ainsi son culte avec celui des hommes ou des mânes.

2° Il était absurde de supposer dans l'état de béatitude des mm-ls qui ne l'avaient pas mérité, et que l'on aurait dû croire plutôt tourmentés dans les enfers par les furies. On ne pouvait donner aux vivants une leçon glus pernicieuse que de leur persuader que la vertu n'était pas nécessaire peur être heureux après la mort. Nous ne voyons plus à quoi servait L'enfer, décrit par les poètes, si ce n'est tout au plus à punir les fameux scélérats qui avaient inspiré de l'horreur par leurs crimes.

3° Rien n'était plus inconséquent

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que les idées dos païens touchant l'état des morts et le séjour des âmes.

L'inscription, Sit tibi terra levis, gravée sur les tombeaux, supposait que l'âme du mort y était renfermée.

Pouvait-on attribuer beaucoup de puissance à un mort, quand on craignait qu'il ne fût écrasé sous le poids de la terre qui le couvrait? Le croyait-on fort heureux, quand on pensait qu'il avait besoin de nourriture, qu'il pouvait être attiré par l'odeur des victimes, des mets, des libations qu'on lui offrait? Les poètes semblent ne placer dans l'élysée que les âmes des héros ; pour celles des hommes du commun, soit vertueux, soit vicieux, on ne sait pas trop ce qu'elles devenaient.

On supposait d'abord que les bonnes âmes des ancêtres habitaient avec leur famille et la protégeaient; que celles des méchants, que l'on appelait larves ou fantômes, étaient errantes sur la terre, où elles venaient effrayer et inquiéter les vivants. Cette opinion devait donner une bien mauvaise idée de la justice:

divine. Les cérémonies nocturnes que l'on employait pour les apaiser,les menaces que faisaient des personnes passionnées de venir après leur mort tourmenter leurs ennemis, devaient être pour les païens un sujet continuel de crainte et d'inquiétude; ils étaient toujours dans la même agitation que les esprits faibles et' peureux éprouvent parmi nous.

De là il résulte que la croyance de l'immortalité des âmes n'avait presque aucune inlluence sur les mœurs des païens ; elle ne servait qu'à troubler leur repos. Il était donc fort nécessaire que Dieu nous éclairât sur ce point très-important par les lumières de la révélation ; ce que nous en apprennent les livres saints est, à tous égards, plus raisonnable, plus consolant, plus propre à nous rendre vertueux que tout ce qu'en ont dit les philosophes : ceux-ci n'en savaient pas plus que le peuple sur l'état des âmes après la mort.

Il n'est pas besoin d'une longue discussion pour montrer que le culte rendu aux saints dans le christiap»

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nisme, n est sujet à aucun des inconvénients que nous reprochons au culte des mânes. Nous ne plaçons au rang des bienheureux que des personnages qui ont édifié le monde

? 3 intPt e / Ve w? s hér °ïl ues < e t dont la sainteté a été prouvée par des miracles; nous ne leur rendons pas le même culte qu'à Dieu, puisque nous ne leur attribuons point d'autre pouvoir que d'intercéder pour non' auprès de lui: ce que la foi nous en apprend ne peut nous causer ni crainte m inquiétude, mais plutôt ^confiance en Dieu et la tranquil-

ni < ^o n '? Pe r rÇ0 , it Chez les Patriarches, ni chez les Juifs, aucun des abus nue les païens pratiquaient à l'égard des

fuf Inïf ^ &"* sévè ~t défendu aux Juifs d évoquer et d'interroger es morts, Deiit., c. 18, * H, et de leur faire des offrandes, c 26 i, I 14 Celui qui avait touché un cadavre f! ce " sé ^Pur. Tobie dit à son Dis . « Mangez votre pain avec les » pauvres, et couvrez leur nudité » de vos vêtements; placez votre » nourriture sur la sépulture du

l il S r ne la man Sez pas avec les «pécheurs. » Tob., c. 4, t 17 n n est pas question là d'une offrande farte au mort, mais d'une aumône

ÎZS a ^ S PS"™ à l'intention du mort. Voy. Morts, Evocation.

Il est. toujours utile de comparer

es erreurs des nations païennes avec

;,î eS / us f tes qu'ont eues les

peuples éclairés par la révélation :

«P,-n. 8 1Dcredules avaient pris cette peine, ils auraient été moins témé-

bonne diserte Vftâ ■&?

mânes ou âmes des morts ; on S consulter encore Windet, de vTa functorum statu. Voyez Nécromanos.

Behgier.

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Ï7'd}thn e fa T ux ' :c/ '"«"»°n OU ra* de PAaroon des anciens. Elle est de la grosseur d'un beau chat.grise et porte un pinceau au bout'de^ longue queue. On la voit représentée tort souvent sur les anciens mon',!

ments égyptiens, derniers vestigesdu culte qu on lui rendait dans ce pays en reconnaissance des services qu'elle y rendait et y rend encore en dé ,™ 1 . s f nt ] f s œnft de beaucoup de eptiles et du crocodile en particulier, en tuant même ces bêtes nuisibles quand elles sont jeunes. On allait jusqu'à dire que ce petit carnassier se jetait dans la gueule du crocodile adulte et l'étoufFait ou dévorait ses entrailles ; mais il n'y a de vrat que la destruction des œufs et des petits.

rti^°" 1 rd 'i 1 . ui les ^Ptiens ont pris 1 habitude d'avoir dans leurs maisons des mangoustes comme nous avons des chats; elles y font la chasse aux souris et aux autres animaux nuisibles; mais elles y sont en même temps, a craindre pour les bassescours.

Le Nom.

MANICHÉISME, système de Manès, hérésiarque du troisième siècle, qui admettait deux principes créateurs ou formateurs du monde, l'un bon et auteur du bien, l'autre mauvais et cause du mal ; c'est ce que l'on appelle autrement le dualisme ou le ditheisme. Ce système, tout absurde qu il est, a duré si longtemps, a pris tant de formes différentes, a trouvé tant de défenseurs, a été attaqué par des hommes si célèbres, que nous ne pouvons nous dispenser de l'examiner avec soin. Nous considérerons, i° 1 origine du manichéisme; 2° les erreurs qu'il renfermait; 3» ses progrès et sa durée. 4° Nous prouverons qu'il est absurde àtouségards, ft qu'il no peut résoudre aucune difficulté. 5o Nous verrons comment il a été attaqué dans ces derniers

to?TtriC AO Vr.no — 1 ■•■

MANGOUSTE (la). (Théol. mixt scien. zool. et archéol.) — C'est la

EgT^aTotue" aïet 6 " C0 '' PS j»^*^ «^311

guent par les couleurs du pelage qui, dans son espèce la plus célèbrV la mangouste d'Egypte, représente au-

,, r r :— '"» iciuic par les reres ae l Lfflise que par les philosophes.

7» Nous examinerons l'apologie que Beausobrc a voulu en faire.

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