III. Progrès et durée dumanichéisme
On sait que les Perses étaient ennemis jurés de l'empire romain : le manichéisme, né dans la Perse, ne pouvait manquer d'être odieux aux empereurs ; ils le regardèrent comme un rejeton de la religion des mages.
Dioclétien ne fit pas plus de grâce aux manichéens qu'aux chrétiens, et les premiers furent traités avec la même sévérité par les empereurs suivants qui avaient embrassé le christianisme. Pendant deux cents ans, depuis 28S jusqu'en 491, ces hérétiques furent bannis de l'empire, dépouillés de leurs biens, condamnés à périr par différents supplices ; les lois portées contre eux sont encore dans le code Théodosien. Ils ne laissèrent pas de se multiplier dans les ténèbres, par les moyens dont nous avons parlé. Sur la fin du quatrième siècle, il y avait en Afrique des manichéens qui furent combattus par saint Augustin; ils pénétrèrent même en Espagne, puisque Priscillien y enseigna leurs erreurs et celles des gnostiques : ses sectateurs furent nommés priscillianistes.
En 491, la mère de l'empereur Anastase, qui était manichéenne, fit suspendre dans l'Orient l'effet des lois portées contre eux ; ils jouirent ainsi de la libellé pendant vingt-sept ans; mais ils en furent privés sous Justin et ses successeurs. Vers le milien du septième siècle, une autre manichéenne, nommée Gallinicc, fit élever ses deux fils Paul et Jean dans ses erreurs, et les envoya prêcher en Arménie. Paul s'y rendit célèbre par ses succès, et les manichéens y prirent le nom dejiauliciens. Ileutpour
successeur un nomméSylvain, quientreprit d'ajuster le manichéisme avec les expressions de l'Ecriture sainte, et de se servir d'un langage orlh par cet artifice, il fit croire à une infinité de personnes que sa docLiiae était le christianisme le plus pur.
C'est sous celte nouvelle forme qu'elle se produisit dans la suite.
11 y eut cependant des sclusnies parmi les paulicieus; vers Fan 818, ils étaient partagés sous deux dont l'un se nommait Sergius, et l'autre Baanès .-les sectateurs de celuici furent appelés baanites. lisse iirent même une guerre sanglante, mais ils furent réunis par un certain Théodore.
L'aversion de ces sectaires pour le culte de la croix, des saints et des images, leur concilia l'affection des Sarrasins mabométans, qui faisaient pour lors des irruptions dans l'empire : l'hérésie des iconoclastes ou briseurs d'images, qui se forma sur la fin du huitième siècle, venait de la doctrine des manichéens et de celle des mabométans.
L'an 841, l'impératrice Théodora, zélée pour le culte des images, ordonna de poursuivre à la rigueur les manichéens : on prétend qu'il en périt plus de cent mille par les supplices ; alors ils se liguèrent avec les Sarrasins, se bâtirent des places fortes et soutinrent plus d'une fois la guerre contre les empereurs ; mais vers la fin du neuvième siècle, ils furent défaits dans une bataille, et entièrement dispersés.
Quelques-uns se réfugièrent dans la Bulgarie, et furent connus sous le nom de Bulgares; d'autres pénétrèrent en Italie, se firent des établir-ements dans la Lombardie, envoyèrent des prédicateursen France et aili L'an 1022, sous le roi Robert, ques chanoines d'Orléans se laissèrent séduire par la morale austère eltj piété apparente des manichéens:
furent condamnés au feu. Cet:
résie fit plus de progrès en Pn et en Languedoc, surtout dans I cèsed'Albi, d'où ses sectateurs ; nommés albigeois. Les concil l'on tint contre eux, les efforts que l'on fit pour les convertir, la ci même que l'on forma pour leur faire
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