VIII
Il faut observer cependant que, comme les lois des empereurs permettaient le divorce pour cause d'adultère, il n'a pas été possible aux
Qlb. ï. Dialog., call. 13.) de saint Léobard, par Grégoire de Tours, (lib. de Vitis sanclorum l'atrum.) de suinte Oilithe, reine d'Angleterre, par Surins, et de sainte Edildride, par Bède. (Lib. 4, IHstor. Anglorum, c. 19.) La conduite de ces saints, qui ont vécu dans différents siècles, nous fait connaître qu'on a toujours cru dans i'Egliso qu'un mariage qui n'était pas encore consommé pouvait être rompu par la profession solennelle et la vie religieuse, C'est pour cette raison que le droit canonique, dans le chapitre Expublico, de Conoers. conjug., donne un terme de deux mois aux personnes mariées pour délibérer si elles doivent se retirer dans un monastère, ou consommer leur mariage,') pendant' lequel temps elles no sont pas obligées de se rendre le devoir conjugal.
Si on objectait que les saintes Ecritures nous apprennent que toute sorte de mariage légitime est absolument indissoluble, si bien qu'il n'est permis à un homme de se séparer pour toujours de sa femme, que pour cause d'adultère, on répondrait qno les passages de l'Ecriture sainte, qui prouvoot que le mariage est absolument indissoluble, ne doivent, h la rigueur, s'entendre quo du mariage consommé, puisqu'ils eu établissent l'indissolubilité sur ces paroles du chap. 2 de la Genèse : Erunt duo in carne una, qui ne conviennent qu'au mariage consommé. C'est do ces paroles que Jésus- Christ conclut en saint Matthieu, [eh. 19.) Itaque jam non sunt duo, sed una caro ; quod ergo Deus conjunxit, homo non separet. I.e pape Alexandre III, dans le chap. Expublico, de Convers. lunjugat., nous fournit cette i épouse qui se trouve aussi approuvée par Innocent III, dans le chap. Ad apostolicam, au même titre : « Sano quod » Dominus in Evangelio dicit, non licero viro, nisi u ob caiisam formeationis, uxorem suanl Jimittere, » intolligendum estioterprotntionemsaci i eloquii ; de u bis quorum matrimonium carnoli copula est con- » summatum. » ;C. Expublico.) Il est donc vrai de dire que l'indissolubilité du mariage ne devient parfaite et absolue que par la consommation; et quand deux personnes mariées qui n'ont point consommé leur mariage, se séparent pour entrer eu religion, en vue de Dieu, c'est Dieu, comme dit le pape Nicolas I, jui fait cotte séparation et non pas l'homme.
Les théologiens donnent pour raison de la différence qu'on fait quant à la dissolution du mariage consommé et du mariage non consommé, que le mariage non consommé étant purement spirituel, produit une union des esprits et des cœurs, qui peut être rompue par la mort spirituelle d'un des époux : mais que le mariage consommé produit une union corporelle qui ne peut être rompue que par la mort d'une des parties. On peut conclure de là que le mariage fait et ratifié, n'est pas dissous par l'entrée en religion, si elle n'est suivie de la profession solennelle dans laquelle l'homme change tellement d'état, qu'il ne lui reste aucune espérance de retourner a la vie civile, de sortequ'on dit qu'il est mort civilement: par conséquent, la partie qui demeuie dans le siècle ne peut se marier avant que celle qui est entrée dans un monastère y ait fait publiquement ses vœux, puisque jusque-là celle-ci n'est point censée, morte civilement, comme le remarque saint Thomas, (n 4 Sent., dist. 27, q. 2, art. 3, quaesliunc. 2, ad 2. Par conséquent, si la partie qui demeure dans le siècle se mariait avant que l'autre qui est entrée)
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ogoiiurs de l'Eglise de retrancher d'abord cet abus; on a été forcé de le supporter pendant les premiers siècles. Ou peut ciler quelques Pères qui n'ont pas osé le condamner absolument, soit par la crainte de blesser le gouvernement, soit parce que les paroles de Jésus-Christ leur ont paru susceptibles du sens que leur donnent les protestants. C'est pour cela que les Grecs et les Arméniens ont persisté à croire que le mariage est dissoluble pour cause d'adultère (1).
Mais le sentiment le plus généralement suivi a toujours été que l'adultère de l'un des conjoints ne dissout point le lien qui les unit; que c'est une cause légitime de séparation, mais non de rupture absolue, ni de permission d'épouser une autre personne. Il ne convenait guère à des hommes qui se donnaient pour réformateurs, de donner atteinte à une discipline universelle aussi respectable.
5° On connaît les suites de la licence qu'ils ont introduite. Lorsqu'une femme se trouve malheureuse, le désir d'être répudiée est pour elle une tentation de tomber dans l'adultère. Ce danger est prouvé par une expérience incontestable. Un évèque d'Angleterre a représenté au parlement que la facilité d'obtenir le divorce a multiplié les adultères dans
en religion eut fait la profession solennelle, son mariage ne deviendrait pas valide par la profession que celle-ci ferait dons la suite.
Il s'ensnit de la que le mariage ratifié et non consommé ne peut être rompu par un vœn simple de chasteté, ni par la profession de la vie érémitique, ni par l'entrée dans les ordres sacrés; parce que ceux qui sout dans ces états ne sont point censés morts ci vilement.
Il faut même que la profession religieuse, pour rompre le mariage, se fasse selon les formes prescrites par l'Eglise, et dans l'Age où elle peut se faire vaiidement, et après avoir fait un noviciat pendant un an; ainsi une profession religieuse, qui serait nulle, ne dissoudrait pas le mariage, suivant la rèile du droit : Qnœ contra jus fiunt, debent pro infedis haberi,
GOUSSBT.
(l)Ane considérer qne les telles éraogéliqnes, abstraction faite de 1 Eglise les interprétant et légilérstot le mariage, la manière de les comprendre des Grecs et dea protestants noue a toujours paru la plus naturelle depuis que nous les avons sérieusement étudiés pour la première fois, c'est-à-dire dspnts notre cours de théologie, è l'âge de dixhuit ans ; mais l'Eglise tranche formellement la question. 1* Noir.
ce royaume, et les principaux pans sont convenus du fait. Voyez le tourrier de l'Europe, 1779, n. 27 et 28.
Il en fut de même à Rome; jamais les mœurs des femmes n'y furent plus détestables que quand l'appât du divorce leur eut fourni un motif pour ne plus respecter leurs époux. Tertullien leur reproche qu'elles ne su mariaient plus que par le désir et l'espérance de se fa : re répudier, Apol.,c. 6; il ne faisait que répétée les plaintes de Sénèque, de Ju\énal, de Martial, etc.
Dès que l'on admet une cause quelconque capable de dissoudre le mariage, la raison se trouvera la même pour vingt autres causes semblables.
Un crime déshonorant commis par l'un des époux, la stérilité d'une femme, une maladie habituelle et censée incurable, l'incompatibilité des caractères, une trop longue absence, etc., paraîtront des causes aussi légitimes que L'infidélité; les argumentations par analogie ne finiront plus. Le seul moyen de réprimer la licence est de fermer toute voie par laquelle elle peut s'introduire. Cette morale ne parait trop sévère que chez les nations où le dérèglement des mœurs a corrompu les mariages.
6° Ceux qui ont voulu plaider la cause du divorce, n'ont envisagé que la satisfaction momentanée des époux, comme si c'était là le seul but de l'institution du mariage; ils n'ont fait aucune attention à l'intérêt permanent des conjoints, ni à celui des enfants, ni à celui, de la société.
Lorsque le divorce est possible pour quelque cause que ce soit, le mariage ne peut pas inspirer plus de confiance, plus de respect mutuel, plus de sécurité, plus d'attachement solide, que le commerce illégitime et passager des deux sexes; il est promptement suivi du dégoût, il ne laisse aucune espérance ni aucune ressource pour la vieillesse ni pour l'état d'intirmité.
Quel peut être alors le sort des entants? Une mère, incertaine si elle demeurera longtemps avec les siens, ne peut avoir pour eux une tendresse telle qu'il la faut pour supporter les peines de leur éducation; cux-mèoies
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ne savent pas s'ils ne verront pas arriver bientôt une marâtre. Le renvoi de leur mère doit leur faire regarder leur père avec horreur. Alors le mariage, loin de réunir les familles, les aigrit et les divise; loin d'épurer les mœurs, il les dégrade; est-ce là l'intérêt de la société? Tous ces inconvénients sont attestés par l'histoire romaine.
On se trompe encore quand on imagine que la liberté de faire divorce engagerait les conjoints à se ménager davantage, qu'elle rendrait les mariages plus faciles et plus communs. Jamais ils ne furent plus rares à Rome que quand la licence des divorces y fut portée au comble.
Telles sont les réflexions d'un philosophe anglais, Hume, Essais moraux et politiques, 22. Voij. Divorce. Nous montrerons ailleurs que les inconvénients de la polygamie sont encore plus terribles. Voyez Polygamie.
Mais on prétend que la sévérité de la doctrine de l'Eglise sur ce sujet produit aussi des etfets fâcheux ; c'est ce qui nous reste à examiner.
IV. Des conséquences ou des effets de la doctrine de l'Eglise touchant le mariage.
Il n'est pas aisé do concilier ensemble les divers reproches que les protestants et les incrédules ont faits contre la doctrine des Pères, qui est celle de l'Eglise. ("eux qui ont voulu rendre odieux le célibat ecclésiastique et religieux, ont allégué les éloges que les Pères ont faits de l'état du mariage; d'autres les ont accusés d'avoir loué à l'excès la virginité, la continence, le célibat; d'avoir peint le mariage comme une imperfection, et la vie conjugale comme une impureté; tous ont soutenu que la sévérité de la discipline de l'Eglise touebant le mariage en détourne les hommes, rend les mariages plus rares, et nuit à la population.
Avant de discuter en détail ces différentes accusations, il est à propos de considérer les désordres qui régnaient dans le monde à la naissance du christianisme, et les divers ennemis contre lesquels les Pères de l'Eglise ont été obligés d'écrire.
Chez les Juifs, la licence du divorce était portée à l'excès; nous avons vu que Jésus-Christ s'éleva contre ce désordre, et plusieurs des leçons de saint Paul paraissent y être relatives.
Le dérèglement était encore plus grand chez les païens; le mariage n'y était plus qu'une espèce de prostitution, et le célibat libertin y était trèscommun. Jésus-Christ reprocha à la Samaritaine qu'elle avait eu cinq maris. Juvénai parle d'une femme qui en avait eu huit en cinq ans, et saint Jérôme avait vu enterrer à Rome une femme qui en avait eu vingt-deux. Il était essentiel au christianisme de tonner contre tous ces désordres : mais plusieurs hérétiques, en les proscrivant, tombèrent dans l'excès opposé.
Saint Paul, I. Tim., c. i, f 3, avertit qu'il viendrait des séducteurs, qui défendraient aux fidèles de se marier et d'user des aliments que Dieu a créés ; cette prédiction ne tarda pas de s'accomplir. Les disciples de Simon le Magicien, Basilide, Saturnin, Cerdon, Carpocrate, les sectes de gnostiques dont ils furent les auteurs, les encralitcs, disciples de Tatien, les marcionites, les hiéracites, les manichéens, les adamites, les eust.atbiens, une secte d'origénistes, les valésiens, etc., condamnèrent le mariage. Au contraire, sur la fin du quatrième siècle, Jovinien soutint que la virginité n'est pas un état plus parfait que le mariage.
Ces Pères eurent à réfuter toutes ces erreurs. Aux réprobateurs du mariage, ils opposèrent l'exemple de Jésus-Christ, qui honora de sa présence les noces de Cana, et la défense qu'il fait de séparer ce que Dieu a uni, Matth., c. 10, f 6. D'où il résulte que Dieu lui-même est l'auteur de l'union des époux. Aux détracteurs de la virginité, ils alléguèrent ce qu'a dit ce divin Sauveur, que tous ne comprennent pas les avantages du célibat, mais seulement ceux auxquels ce don a été accordé, et qu'il y a des hommes qui se sont faits eunuques pour le royaume des cieux, Malt., c. 19, f M et 12. Ils firent voir que saint Paul, iidèle à la même doctrine, donne évidemment
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à la continence et à la virginité la prééminence sur le maria*?; mais
état. Il décide qu'il vaut mieux se marier que de brûler d'un feu impur s q aint< „, > enfaDt - S des ,idèles sont Pècliï n q oint n Vr rge qUi se marie ™
tri 3 !i 1 ! nd mê , me ' en com battant contre deux partis opposés, les Pères ne se seraient pas toujours exprimés avec la plus exacte précision*™™!
lun ou l'autre de ces partis Et pu abuser de quelques^ s de K termes, serait-ce une cause légitime de censurer leur morale? MaifC!
beyrac, qui déclame contre eux
cette reflexion, et nous n'en avons pas besoin pour montrer que les & De i e SOnt P° int écartés de la
PauT P d t eJé T- Chl ' istetdesa ^ £aul. 11 est seulement fâcheux que
nous soyons forcé de nous arrêter à
chaVAf- d ° Ut Une tolÏÏBon cùaste ne s occupe jamais.
L erreur capitale que Barbeyrac
reproche aux Pères de l'Eglise est
d avoir regardé comme légitime
usage du mariage exercé pour le
seul plaisir, pour Ilatter la chair, et
fa" ns? a d-J e - désir - d ' aV0ir des én-
les nlm n T P f nse que les P' aisirs tes plus naturels avaient en euxmêmes quelque chose de mauvais et que Dieu ne les permettait aux homm es que par indulgence. De 1 dit-U, ont été tirées tant de consfrl
^ soi e mê„T rdeS SU , F le Concernent tJri- . me ' sur la nécessité des
cXSr?' SUF la sainteté du célibat et de la vie monastique etc
frfédela morale des Pé&Xi S "2 et suiv. '
Nous soutenons qu'en cela les Pères ont exactement suivi l'esprit de la morale chrétienne, et qu'il P n>y
a que des épicuriens et'des Impudiques qu , s < capab)es ^ ]fi P w4
mer. u est bien étonnant qu'un
cbr S- qU ' faisait Profession du cbnstianisme, ait osé traiter d'absurde une morale qui a été celle de.
Philosophes païen. 1 le, ptoÏÏTnï
l'AR
Êpïu^ iCiIelie,,d ' enall ^r Saint Justin, dans un fragment de lonhvre sur la Rcstm-cctionfnl tit « q« il y a des hommes qui «non ' cent , a 1 "sage illégitime du marital «par lequel on satisfait le dé" r de >ia chair; que Jésus-Christ est né
d une V.erge afin d'abolir la géné- » ration q,„ se fait par un désir iné » gitime : que la chair ne souffre"
point de mal lorsqu'elle est privée » d un commerce charnel illégitime.
Barbeyrac, c. 2, § 7. b""ue. »
f, Q. uan d cette traduction serait fidèle, pourrait-on en conclure comme fait Barbeyrac, que saint Jus' tm a regardé tout usage du Z S
st Tu'ss ff im % ? Mai ° la *"M!
est fausse. Saint Justin dit : « Nous
: a ?f , n p s des Sommes dont les un » des le commencement, les autres
cuasteté, de manière qu'ils ont » rompu un mariage contracté il°é- «g.timement pour satisfaire une » pnssion, etc „ H s > ensuit s ™« ment que saint Justin réprouve l'usage du mariage exercé uniquement pour satisfaire les passion s^Dans « première Apologie, n. 29, il dit que les chrétiens ne se marient que U"r avoir des enfants, et qucWTu s abstiennent du mariage gardent une c h t ete perpétuelle /il „fSn. e point les premiers. Il n'est donc nas vrai que Tatienait emprunté de S am Just.n l'erreur par laquelle il a condamne absolument le mariaqe comme le prétend Barbeyrac 9 '
Saint irénée, I 4, c. 15, compare le conseil que saint Paul donne aux personnes mariées de vivre conjugalement, a la permission du divorce accordée aux Juifs dans l'Ancien Testament; or, le divorce avait quelque chose de vicieux : donc, conclut Barheyrac, saint Irénée a pensé aussi
ch 3 § a 8 Se mari( ' 9e etait vicieux ' Kst-ce donc là le sentiment de saint Jienee, lui qui réfute expressément Saturnin Basilide,ïatien,i.M. u , ion, parce qu ils condamnaient le mariage?
Il s ensuivrait plutôt qu'il a jugé que le divorce n'avait rien de vicieux, non plus que le mariage. Mais il ne s'en-
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suit ni l'un ni l'antre. Dans l'endroit cité par Barbeyrac, saint Irénée répondait aux Hkircionites qui soutenaient que l'Ancien Testament et le Nouveau n'étaient pas l'ouvrage du même Dieu< puisque le divorce était permis dans l'un et défendu dans l'autre. Il dit que Dieu a pu permettre aux Juifs certaines choses par indulgence, afin de les retenir dans l'observation du Décalogue, de même qu'il en a aussi permis aux chrétiens par le même motif, aliu qu'ils ne tombassent pas dans le désespoir ou dans l'apostasie. La comparaison tombe donc plutôt sur le motif que sur la nature des choses permises. En parlant de l'usage du mariage, saint Paul se sert du terme d'indulgence, aussi bien que saint Irénée, I. Cor., c. 7, ^ 6 S'ensuit-il que l'apôtre a regardé cet usage comme vicieux?
Tertullien, L. 1, ad Uxor.,c. 3, dit que, selon l'apôtre, il vaut mieux se marier que de brûler, parce que brûler, est encore quelque chose de pis ; qu'il est beaucoup mieux de ne pas se marier et de ne pas brûler. Il pose pour principe que ce qui est permis n'est pas bon, Barbeyrac, c. 6, § 3 1 .
Nous répondons, 1° que Tertullien n'a pas toujours eu une très-grande exactitude dans les expressions ; 2° qu'il est ici question, non des premières noces, mais des secondes : c'est l'objit des livres do Tertullien à son épouse, et l'on sait que les anciens Pères ont blâmé les secondes noces comme une imperfection. Voyez Bigame. 3° L'objection de Barbeyrac est une pure chicane de grammaire. Bien, mal, bon, mauvais, sont des termes de pure comparaison ; il est reçu dans le discours ordinaire de nommer mal ce qui est un moindre bien, et bien ce qui est un moindre mal. Selon Tertullien, le mieux est de ne pas se marier et ne pas brûler ; c'est la doctrine de saint Paul, I. Cor., c. 7. Le pire est de brûler et ne se pas marier.
Entre ces deux degrés il y a un milieu qui est de se marier afin de ne pas brûler; ce milieu est un moindre bien que le premier, et peut être appelé un mal par comparaison; mais c'est un bien positif en comparaison du second. Ce qui est simplement
permis est donc un mal, c'est-à-dire un moindre bien en comparaison de ce qui est commandé ou conseillé; mais ce n'est pas un mal absolu ; Dieu ne peut pas permettre ce qui est absolument mal. Où est ici l'erreur, sinon dans l'imagination du censeur des Pères ?
Selon lui, saint Ambroise est le plus criminel de ious; les éloges qu'il fait de la virginité sont outrés, et il fait envisager le mariage comme un mal. Epist. 81, il dit que ce n'est qu'un remède à la fragilité humaine.
Dans son Exhortation à la Virginité, il dit que, quoique le mariage soit bon, les personnes mariées ont toujours de quoi rougir. Dans son Traité de la Virginité, liv. 3, il voudrait engager toutes les filles à ne pas se marier, et à demeurer vierges; il soutient qu'il n'est pas vrai que la multitude des vierges diminue la population. Dans son livre des Veuves, il dit que les lois Julia et Papia Poppœa, qui privaient des successions collatérales les veufs et les célibataires, étaient dignesd' un peuple qui adorait les adultères et les crimes de ses dieux.
Barbeyrac, c. 13, § 1 et suiv.
Nous soutenons que saint Ambroise, saint Jérôme, et les autres Pères qui ont loué la virginité, n'en ont rien dit de plus que ce qu'en a dit saint Paul, I, Cor., c. 7 ; on n'a qu'à comparer leurs expressions à celles de l'apôtre. Ce ne sont donc pas les éloges qu'ils en ont faits qui sont outrés, mais ce sont les censures que Barbeyrac et ses pareils ont faites de celle verlu.
Il en est de même de ce qu'ils ont dit du mariage. Saint Ambroise dit que c'est un remède à la fragilité humaine, mais il ne dit point que ce n'est que cela; saint Paul, de son côté, en permet l'usage par indulgence, $ 6. Saint Ambroise dit que les personnes mariées ont toujours de quoi rougir, et saint Paul dit qu'elles souffriront dans leur chair, f 28. Saint Jean, dans l'Apocalypse, va plus loin ; il dit d'une multitude de bienheureux : « Voilà ceux qui ne » se sont point souillés avec lesfem- » mes, car ils sont vierges. » Apoc, c. li, f 4. Il suppose donc que tout
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de même ÏÏT'' , D0US le "«"tenons
Telle est la force des objections et
SiHu a foï n C n° mp0Ser l,n voIur «e qui i in a tait une réputation narmi
S. ï"»SK«;» ê t, in 5°Ê F
vdise , selon lui, ils prétendaient sph Jement que c'est un état moins parfaU que la continence ou le cél baf h,?, trine à présent soutenue pï? M& «marne .mais qui a été, oli /§ £ tée et reprouvée par les Pères de rEgljse.c.iO.p. 184 et 100
et te réfnT^' . cet . auteu <- ™ contredit S-n* 1 m Iui " Dlême da ns ce même chapitre; ri convient que les S hérétiques avaient forgé leur s* stèm» Pour expliquer l'origine du m -T
saint n , e ' ^ene, rertulfien
Ce t P éi? 0n I' Sai ", 1 A "S" sliu . S „ ret > etc., dans es notices m.-iic
faites. reiut "t'ons qu'ris en ont
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SsSuv;-i~ ïs
génération lent d'intempérant ?
passion et de fomicS^S £ Actesdecette conférence n < < a •
dans la secte manSCe^S ^esparfaitsren r çaie,Uaui ^ mais se livraient à l'imniiiiirit*- ai permettaient le mariag^S'at diteurs mais ils les exhortaient*
que le mar% e n'était qu'uné^Ôstf tution jurée. Voilà ce quëWé™ ont reprouvé et rAfnti „ï "res
rejetons comme eu X ' ' Ce ^ D0U3
ten L u S a C v a a n nt nS r a n CÛ rf 6 de S aD ^ ceiir mr?MA x?' 1 ' 1 con damnent £!".??. hl .âment ] « warfoffe et em-
brassent la virginité
]/.„„ j -"giuiie, non pour 'etccl-
cSnMp " 6 VertU ' mais We qu' Is croient le mariage mauvais. « Nous
±-eres de ce concile, et la sém » ration d'avec le monde, pou r P v,
e 1 ! à Kn S01en AJointes à la modestie » et à 1 humanité; mais nous hono-
» na tons que p on prat i, 7ne t t » qui est conforme aux di • nés Ëcr!
» tares. „ Telle a été la dôctr ne de
££.«• de ? 0,Dm 'm avec celle des
]5& eS andenS ou modernes?
Mais les ennemis de l'Eglise sont ri mal instruits, si aveugles, entêta qu aucune imposture^e' leur coule'
Du moins, disent-ils, vous ne niera Pas que cette prétendue perfection
inimité de personnes du miriaae à augmenter le „ omhre des céfbVtmres, et à diminuer d'autant lit fâSSéV." "» h Cri **"«* des -Nous nions absolument cette con-
& e M Ô Âte a , S ™ démontron^ta tausse é à l'article Célibat. Ce n'est
C ,a Sé ^ ilt ! de la morale cfi£ tienne qui dégoûte du m-,,-,-.,,, .c'est la dépravation des mœurs publiqt»
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fomentée par la morale pestilentielle des incrédules. Déjà parmi les anciens philosophes, ce n'étaient pas les stoïciens qui détournaient les hommes du mariage, c'étaient les épicuriens. Voyez la Morale d'Epicure, p. 272.
Le luxe porté à son comble, qui rend l'entretien d'une famille trèsdispendieux, et fait regarder comme partie du nécessaire le superflu le plus insensé; l'ambition des pères qui veulent que leurs enfants soutiennent le rang de leur naissance, et montent encore plus haut; la fuïeur d'habiter les grandes villes, et le dégoût pour les occupations innocentes et modestes de la campagne ; le faste des femmes, leurs prétentions, leur incapacité pour élever des enfants, le ton d'empire qu'elles affectent, la licence de leur conduite, etc., voilà les causes qui empoisonnent les mariages, en troublent la paix, donnent lieu aux éclats scandaleux, en dégoûtent ceux qui n'y sont pas encore engagés.
Ceux qui déclament le plus haut contre ce désordre en sont les principaux auteurs; s'ils ne l'ont pas fait naître, ils le rendent incurable. Parmi nos philosophes, les uns ont justifié la polygamie, le divorce, le concubinage, les autres réprouvent, toute espèce de mariage, voudraient que toutes les femmes fussent communes, et que le monde entier fût un lieu de prostitution ; ils autorisent les «nfants à secouer le joug de l'autorité paternelle. Ils tournent en ridicule la fidélité des époux, la modestie et la réserve qui régnent dans une famille vertueuse, l'éducation sévère de la jeunesse; veulent qu'on lui donne non des talents utiles, mais tous les talents frivoles, etc. Sont-ce là les moyens de multiplier les mariages, de les rendre plus purs et plus heureux? C'est un secret infaillible pour rompre le plus fort des liens de la société, et pour abrutir le genre humain.
BERGrER.
MARIA CE (prescriptions civiles et ecclésiastiques relatives au). (Théol.
mixt. et pur. droit codés, et droit civ.)
— Nous ajouterons, pour la pratique, à l'article de Bergier qui précède, les extraits suivants des art. sur le mariage du Dict. encycl. de la théol.
cath.
I. On résume ainsi qu'il suit le code civil français sur l'acte de mariage.
« En France, où le mariage civil est adopté dans le législation, l'acte de mariage, dans le sens légal du mot, est l'acte constatant la célébration du mariage par l'officier de l'état civil et dressé par cet ofiieier.
» Le chapitre III du titre IV (livre I er ) du Code Napoléon est consacré aux actes de mariage.
» Il y est question : 1°, dans les art. 63 à 65, des publications préalables ; 2°, dans les art. 86 à 69, des oppositions au mariage, lesquelles doivent être signées des opposants, signifiées à la personne des parties et à l'officier de l'état civil, qui les vise, en fait mention sur les registres et doit en attendre la main levée pour procéder à la célébration, sous peine d'amende et de dommagesintérêts; 3°, dans les art. 70 à 73, des actes dont la production est nécessaire, et qui sont l'acte de naissance des parties, remplacé au besoin par un acte de notoriété homologué judiciairement, et l'acte du consentement des ascendants ou leur acte de décès; 4°, dans les art. 74 et 75, du lieu et des formes de la célébration.
Le mariage se célèbre dans la maison commune du lieu du domicile de l'un des époux, caractérisé par six mois de résidence dans la même commune, en présence de quatre témoins, et par le ministère de l'officier de l'état civil, qui donne lecture aux époux des principales dispositions dn titre du Mariage, et reçoit leur déclaration qu'ils consentent mutuellement à se prendre pourjépoux ; 5°, clans l'art. 76, des mentions que doit contenir l'acte du mariage. Cet article est ainsi conçu :
» On énoncera dans l'acte de mariage: 1° les prénoms, noms, professions, âge, lieux de naissance et domiciles des époux ; 2° s'ils sont majeurs ou mineurs ; 3° les prénoms, noms, dûcimiles et professions des pères et mères j 4° le consentement
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des pères et mères, aïeux et aïeules
is sont requis; S" les actes respectueux, s'il en a été fait; 6° les S çattons dans les divers dom cUes* \>
^.«PPositions, s'il y en a eu; leur main levée, ou la mention qu>i ÇJ
point eu d'opposition ;8° la déclaration
MAR
énour ÀmT prendre pour
3 » V • P r ? noncé de leur union par 1 officier public ; 9» les prénom?
no™, âge, professions e S des témoins, et leur déclaration s'ils son parents ou alliés des parties de quel côté et à quel degré. r eS ' de II. M. Fr.X. Schmid donne les ex-
«Il y a trois manières de conclure unmanage savoir: Je simple mariage pai consentement, le mariage solennellement confirmé par l'EÀheŒao
S/L^S^'»' et enfin Je Sent?nnfi n " SeuIe - ment solennellemi-rVX! T' Pf s hé ni et consacré PMI Eglise. Il existe aussi des diocèses dans lesquels il y a certaines S|f
Sacent 1, h7 l I!; d( ! S é P° ux et q«i «S
fixée AU ri CUne 1 ,° Calité Particulière n'est iixee pour ] e simple mariaae n»r consentement, lequel a li u ^ quand deux personnes libres déclarent* "aï dement qu'elles veulent se marier
de e Ce de nTT e ' aVantleco "^ ue i rente, n était pas rare et npn
dant bien des siècles l'Eglise s'en^t
à peine des seconds ettroislèS
manages, on frappa même de e Ses
taient (1). Au.,ourd'hui encore, là où la présence du curé et de deux 16-
SSSL'W? d ' a P rès fiS-n-
£L •' et ou - dans le cas extrême d un m ar»« ff e mixte, le simple con
P?j déterminée. Seulement le curé
iïiÔ. Dt f nd > dé claration des con-'
oTt'a 1?" assiste , d, «"e manière
ïïln? L paSMV ! ■(«••««* P«s- '«>«,) ne peut autoriser qu'on choi-
Ca«<« ar ., IV, b""- 3 ' 4 ' c - 3 - 7 - £<■/>'<• TWo,-.
sisse pour cela un lieu sac- locus
sta , té L pa"te° , maL ellemCnt I COn nédictïon ifptiaie n %, S t ans n , la bé " Plus attaché à un lieu L^ r° n d'après 1p Ritn„i • Particulier,
u après le Hituel romain. Tonfelbi*
«u^s^feS
J- dans des maisons 'parafe
ci doit se faire dans l'Église '0''" que-là les conjoints ne doh'en J D «
£î- 7 ^.^es diocèses où l'on up puisse célébrer que dans l'Eg'i c °e mariage sans la bénédiction.
» Il en est autrement lorsque de* fiances demandent à être mlriés à donna le dans un diocèse où le L nage et la bénédiction sont" aveHê cours des temps, devenus un seul et même rit et ne peuvent plus être sépares l'un de l'autre. Dans ce ci« c «.exceptionnellement qu la bénédiction peut, avec la permission de l'éveque, être considérée cônme un accessoire du mariage etètre Jec
SffnïïS! 8 - da - ns V »*ï
privée. u en ebt a]ngj not
maàr'„ qUand ' par exemple, „a
malade gravement atteint se marie
".^te, Dans l'anliqSa
bénédiction même du maria4 avait
» La législation française exiee le manage civil à la maison commune!
Toutefois est-il admis en doctrine que, dans le cas d'un mariage i n V ex .
tremis, l'officier de l'état cîvil peut se transporter au domicile de l'époux ZSl . SanS qU,il en résuIte de III. M. Permaneder expose de la hZZr SmVante ce 1^ concerne
Trenïï J lT eX ' gée par le concile dfl p77p / 'a Présence du propre curé
tiol, d 7 tL>molns ' fit les disposilions civiles sur ce point.
« Le mariage, que précèdent les
ùançail es, 1 examen desliancés et les
publications, ne peut être accompli
de nos jours entre des Catholiques,
MiR
MAR
d'une manière religieuse, que dans la forme prescrite par le concile de Trente, c'est-à-dire par la déclaration du consentement mutuel des époux faite par devant le curé compétent, en présence de deux témoins (1).
» La compétence du curé se détermine légalement d'après le domicile des époux, et s'ils appartiennent à des paroisses différentes, le curé de chacune des paroisses est compétent; seulement celui qui célèbre le mariage doit d'abord s'assurer, par un certificat délivré par l'autre curé, que les formalités prescrites ont été remplies et qu'on n'a pas découvert d'empêchement.
» Les lois civiles, en Allemagne, ont tantôt reconnu le droit égal des deux curés (2), tantôt celui du curé de l'épouse seulement (3), tantôt exclusivement celui du curé de l'époux (4), ou encore celui du curé du futur domicile des époux (5). Que l'un ou l'autre fasse le mariage, celuici demeure valide.
a Mais si c'est un curé non autorisé qui doit procéder au mariage, il lui faut, sous peine de suspense, une autorisation écrite du curé compétent, et de même, quand, conformément aux vœux des époux, un prêtre étranger célèbre le mariage, il faut qu'il en ait la permission expresse du curé. Le prêtre délégué par le curé compétent ne peut pas à son tour, subdéléguer un autre prêtre ou curé, si d'ailleurs le curé propre n'a pas d'avance donné son consentement à cette subdélégation.
» Ceux qui n'ont pas de domicile peuvent, d'après le droit canon, avec la permission de l'évèque, être mariés par le curé de leur séjour accidentel, après une mûre enquête faite par celui-ci sur les empêchements possibles, et après qu'en place des publications, inutiles pour les indi-
(1) Conc. Trid., sess. XXIV, cl, Décret de Hef. matrim.
(2) Par exemple l'Autriche, Patente sur le mariage, da 16 janv. 1783, §89; Code civil, ilelSH, g 75. La Bavière, Droit civil, p. 1, c. 6, § 5, n, 3.
(3) Comme en Puisse, Code civil, p. II, tit. XI, g 435. Royaume de Saxe, Inscrit du 13 janv.1812. Grand-duché de Saxe, Loi du 7 oct. 1823, § 46.
(41 II 'sso électorale.
(S Bado.
vidus de cotte espèce, le curé en a reçu le serment de liberté, jitramentum liborlatis, ou le serment de célibat. Cependant les lois civiles ont prescrit à cet égard diverses restrictions et fait dépendre le mariage d'un permis de se marier donné parla police, permis sans lequel, en général, nul mariage, en Allemagne, ne doit être' célébré à l'église. Eu.
France le mariage religieux ne peut être contracté qu'après le mariage civil et sur la présentation d'un extrait des actes de l'état civil (I). En outre, dans tous les Etats allemands, les militaires, les fonctionnaires de l'Etat et les personnes qui sont tenues par un service ou une subordination quelconque doivent être nantis de l'autorisation des supérieurs dont ils dépendent, Les veufs et les veuves qui veulent se remarier doivent produire l'acte de décès du premier époux. Enfin chaque époux doit produire son billet de confession et de communion, surtout quand c'est un autre prêtre qui a administré ces sacrements.
» Le mariage étant un acte de juridiction, le curé régulièrement inslitué peut validement marier les époux, même s'il n'est pas prêtre (2) ; mais celui qui est délégué par l'évèque ou par le curé propre doit, d'après les termes du concile de [Trente, être prêtre. Un curé suspendu, excommunié ou interdit, ainsi que le curé putatif (si l'erreur est générale dans la paroisse, et si le curé a pour le moins un titre coloré, titulus coloratus), marie validement, quoique illicitement (3)
» Comme d'ailleurs le concile de Trente n'exige que la présence du
(1) Cette disposition do notre code est évidemment contraire à la liberté de conscience. S'il plaît a quelqu'un de se marier seulomont devant son culte, il ne le pourra donc pas, il sera forcé de se marier auparavant devant le civil, ou de ne pas se marier du tout, s'il a des raisons pour ne point se marier au civil ; et le curé sera répréhensible devant la loi s'il accomplit daus son église un acte de religion auquel la loi civile n'a pourtant rien à voir.
La Nom.
[2J Decl. S. Congreg. conc. Trid., du l'r décembre 1593.
(31 Cf. la Dissert, sur la présence du curé au mariage, dans les archives de la Science du Droit ecclés. de Weiss, t. II, n. IV, p, 74-107.
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curé, il n'est pas nécessaire qu'il approuve le mariage ni qu'il y ait é f é «pressement invité; la déclaration des fiancés faite devant le curé, quand
m,^ /n Present 1 ue P ar has ^d et quand il blâmerait le mariage, suffi!
pourvu qu'il entende réellement a déclaration des fiancés (1). H en est
( t e ^ me f es témoins/ qui doiven aie présents a ce moment. Le défaut
£? ;«*«*« du consentement devant ie curé et les deux témoins rend ' e " ! f^.»'il làoùle concile de iicnte a été publié et admis (2). Dans
reste valide, même lorsque cette forme spéciale n'a pas été observée pourvu que la résolution mutuelle de' conclure une union monogamique perpétue le soit hors de doute Seu!
«ment il est bien entendu que les ancesqm ont leur domicile dans un p y ou le concile de Trenteest admis
fiLSÎT?*' , DVee inten «on et en fraude de la loi, infraudem legis, se aire unir dans un autre endroit/où Jd promulgation du concile n'a pas eu heu. Dans ce cas le mariage contracte subrepticement serait nul (3). »
Le Nom.
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ko»S4« /Il F®? LES JlJIF s
fvci~.lt' " aneber g «Pose ainsi le o mt canonique judaïque qui fat
t ?V e \ l : aW)iQS sm ' e rnariage « La doctrine du mariage et la nra-
Sre e n?ent en ré , 3Ulte ~?^ HE sairement sur les mêmes princines
que chez les anciens Hébreux d£n Leauco^, arC VEcri ^^ cependan
îabbïns ;.^ VaD î, t0Ut ' Snivaut Ies nom- m' St U " devo "-desplusstricts poui chacun que de se marier- celui
T. ^«éÙWre amoindrit it ^agede D , eilenJuietdevient t se] ^
blable à celui qui verse le sang. Die.,
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W n U a ^ÎW**»*» la race
es en 1 T I et ( eu,1, 1 , > du moins suivant
it-s cabbahstes, la grâce de Dieu,
«suait AtV, dt g^ dwc> t X((i> ^ 4j P b<| J-»i
rn»3C-, ne repose que là où l'homme
celui Z7F nt "Ï S (l) - C ^ cnda °t cefui qm s adonne d'une manière ex-
veulÎT? à - , ' étude de ,a Rév&i peut etdoitmeme nepasse marier li)
an delà do vingt ans sans accomplir
ans r« t nent a ' a Se de seize ans. Ces jeunes couples demeurent chez les parents et ne formen™qK iamille avec enx. H
été Wt 3 ™ l P é ? iCmfi nts de mariage ont été fort étendu, et multipliés dans le oit canonique des Juifs s . app ^ sur les prescriptions bibliques lï va cnez les Juifs des cas analogues à tous ceux qui existent dans &J
de rapt et d ordre, vis, raptus, ordo.
» Le mariage, en supposant qu'il
*7**pa* d'empêchement, est p3
sible de trois manières : \ n-U
w^' 3> fWa3 « suivant qnJ l ? intention du mariage se révèle parla remise dune somme d'argent, par un contrat ou par le commerce cLrneh Cependa,, , s (ard ^ n
ana berna tise tout Israélite négligeant les fiançailles et les cérémonie! publiques et formelles du mariage. U demande de la fiancée précède les fiançailles, qui elles-mêmes, rôgulièrement, précèdent le mariage
» Les fiançailles se divisent en deux actes. Le fiancé commence par dire au père delà fiancée : « La fille N.
doit mètre promise. » Le père répond :« Oui, p, „ ou :« Qu'elle te soit
«^S s ^ï iajeun0fi;,:a j° ute:
» Alors ie fiancé fixe, avec le père de fa faancee, en pratiquant les cérémes orientales de l'achat, i-no y:p(i), le fonds dotal; puis on passe au contrat de mariage, qui se nomme nairo jÇsuba) on nrne «ratr. C'est ane pièce des plus importantes; si elle > perdait il faudrait la renouveler pour sauvegarder la validité de nwiiage; on y fixe surtout la fortune
(I) Sohar, I, p. 2j^ 3) Sulzb.
If} J,-bamnth, f. 63, 4. Sohar, I, p. rAp Sniik
(1) Kuir B .xlorf, £«. Chald., ? . 1443.
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ie la femme et les obligations du mari. Les Juifs modernes ajoutent d'autres pièces qui complètent cellelà. On trouve des modèles du contrat principal et des autres actes matrimoniaux dans Bodcnschatz, Organisation religieuse des Juifs modernes (1).
» Après ces actes préparatoires ont lieu les fiançailles proprement dites, «DT1N, durant lesquelles le contrat de mariage est lu devant les témoins.
Outre ce que le futur promet à sa tiancée, on insère dans le contrat ce que le père fournira, soit pour subvenir aux frais de la noce, soit comme dot proprement dite, WTm. En mémoire de l'ancien usage suivant lequel on acbetait la fiancée au père, le fiancé donne au futur beau-père une pièce d'argent; un prutah, maTlS, ou gros sou, suffit.
» Le mariage se contracte sous le dais, nan, en présence d'un, rabbin, devant la synagogue. Aujourd'hui la forme de la célébration du mariage comprend les actes suivants : 1° le rabbin donne sept bénédictions; la première est celle du vin; 2° les fiancés boivent le vin bénit; 3° le fiancé met l'anneau nuptial au doigt de la mariée, eu disant: lin nt'D ATS
tt rtntn iS rra-npn nn Wtcti,
c'est-à-dire : « Vois, tu m'es unie au moyen de cet anneau, d'après la loi de Moïse et d'Tsraël. » La bénédiction du mariage, "pïHTp (sanctification) se termine par là. La plupart de ces cérémonies, qui varient suivant les pays, sont très-significatives.
» Les Israélites n'ont pas renoncé à l'ancien usage d'avoir plusieurs femmes en même temps ; Maimonides dit que le simple particulier peut en avoir quatre à la fois, le roi dix-huit.
Le sanhédrin qui fut convoqué par Napoléon en 1806, et qui se constitua à Paris en février 4807, déclara que la polygamie était partout défendue aux Israélites, excepté là où elle est encore l'usage du pays (2).
(1) IV, p. 109 sq. C.nnt. In traité. Ketuboth dans la troisième partie de la AUtr.hna.
(î Nous soutenons que la polygamie est absolument contraire au droit naturel, uussi bien qno le •divorce par droit marital et que l'esclavage, et qu'elle est au nombre des désordres sociaux qui
» Quant au divorce, le principe connu de la casuistique pharisaïque de Hillel, contre lequel le Christ s'éleva (1), est resté dominant. Le moindre prétexte suffit pour rompre un mariage. L'esprit du rabbinisme s'efforça d'adoucir ce principe inhumain par un labyrinthe de prescriptions dont les rabbins firent dépendre la validité de la lettre de séparation.
Ces conditions sont si nombreuses, si compliquées, que l'une des plus difficiles affaires d'un rahbin est de rédiger une lettre de divorce tout à fait irréprochable (get,'ai). Les principaux points de la doctrine rabbimque sur la lettre de divorce se trouvent dans la troisième partie de la Mischna (2); son développement ultérieur est dans Ébenha-Ëser et ses commentaires. Ce qu'il importe le plus de savoir se trouve résumé dans Bodenchatz, Organ. relig., IV. p. 140, où so trouve aussi gravé le fac-siimle d'un
get. »
Lb Noir.
MARIAGE (le)'DANS L'ISLAMISME.
[Théol. mixt. scien. relig. ctr.) M. Ha* neberg expose comment il suit les règles concernant le mariage dans l'islamisme.
« Il faut, chez les Mahomélans, pour engager un mariage, d'abord la déclaration de l'intention qu'on a de sa marier, ensuite le consentement réciproque. Une de ces manifestations doit être exprimée au passé; puexemple, la femme dit: « Je me s;:ts mariée avec toi moyennant telle somme. » L'homme répond : J'y ai consenti. » La femme peut dire aussi :
« Je me suis vendue aussi à toi. » Il faut que cette déclaration se fasse eu présence de deux témoins mêles ou d'un homme et de deux femmes.
» La demande de la fiancée est ordinairement unie à une certaine solennité etrépond aux fiançailles, mais elle n'est pas absolument indispensable. De proches parents ne peuvent contracter mariage. L'affinité produit aussi un empêchement dirimant, un
doivent être proscrits par la loi civile. V. Poltoa-
(t) Mattli., 19,8.
{i) Trust. GiUin.
WÊ
MAR
Moslim ne pouvant épouser en même temps deux sœurs. Un Moslim hl™ ne peut épouser une esclave une Maho^tane ii bre ne peut contacte f™« a T Ciave un mariage ayant
gumip. La différence dereligion forme de même un empêchement, quK e non sans restriction ; il ne peut y avoir de mana ge .valide avec de s P secVateu s de la religion de Zoroastre ou avec
et d P e ai n S ' ', naisbien avec d ^ Wù lî & Chrétiens. Un homme libre peut prendre quatre femmes, un esclave doux. Un contrat de marine temporaire, par exemple pour dïx
part des jurisconsultes ( f ) L
» Une fille adulte ne peut être contrainte à se marier. On présume son assentiment si elle garde le s ence aux propositions de ceux sous
De: u fi]r e fr edesqueiseiieest p ] ^
ues mies mineures peuvent être ma nés sans autre formalité par 1^ tuteur; cependant, quand elles sont devenues nubiles,' elles peuvent se
leurs. Si des parents ou des <*ranrk
leurs enfants avant leur majorité ceux-ci, parvenus à la majorité nW
ï^a'eux| J 2 ). demearent Ce <ï u ' »
l..nf- ne jeUne fille ou une ™uve de
S' de ?, vec un h °mme d'un telle g s S,? l |- ; f' ,Ut, ' escirconstanc es, wues que l'infamie, peuvent faire disparaître l'égalité exigée pour un mariage légitime. ë P un
» La dot, c'est-à-dire la fortune destinée par l'homme à la femme "appartient pas essentie UemenFà là conclusion d'un mariage valide ce
fâ^ ph ' Part d6S J^-ons'ultL
» La dot ne doit pas être au
Quand 1 a fe - mine a droit a sa dot quand le mari viendrait à mourir
mvl°u Marracci > <"* <">rù H, p. 89
!•• Noi».
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immédiatement. Lorsoue I» ™ • ajoute plus tard quelle choseTfi somme reconnue d'abord cette ni messe le lie de droit. P °"
» Quant au divorce, voici en rA.
sumece que prescrit le Coran ït mari peut envoyer tri», fou « ftmme, et sans un nouveau contrat même contre le sré de 1,1! ,' reprendre, si e.lf tsfe^ce ïnte"^'
dur n Hé',, 83 f° SSesse > « '«K durant le délai de trois périodes ou de troi S mois ; mais, pendant ce délai oSme^,!,? ^" 016 ^ 18 ^ 8 ^^^ ° P T a cell( : de ses autres femmes Le délai passé, après un premier rt un second divorce, il p e P Ût à ^ prendre avec son consentement maU après un troisième divorce Tl '„ël
Elfe à r iDS ^ e,,e "'a" en dansl intervalle un autre mari qui soit mort ou qui lui ait aussi donné une lettre de divorce. Celui qui repousse
mariaTn'll ï* ■ d ' aToir co '"e1 de Œ r t " ■ payer «ï ue la moitié ouittPr « f a " Peut ar oitrairement neuf In T Ue; mais ia fe mme ne peut demander à quitter son mari qu autant qu'il a CoDlmi3 de Jn "«£ tantes ou qu'il a des défauts col porels. Durant le délai do, t nous avons parlé la femme ne peut natu-
2^? ( V onclm ' e aucuD «°
certames de ses dispositions côm pu -!
nE, S ° le ( nt P !"°P res a restreindre du Cor!!n a ? Ue i eSprinci P esreh ' c nés du Coran, la doctrine du divorce mahométan reste un des témoj!
iiS le d sp !; ,s , frup p antsde S*
manie de l'islam. Sans dont,- les
cT P r a, i te f' tels,IueSamarka ndi,on cherché à spintualiser le mariage mahométan; mais la dignité delà femme n'en continue paf moins à t ; ire méconnue. Samarkand! (3) place obéissance que l a femme doit à 1 homme immédiatement après celle que chaque créature doit au Créa-
MAR
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jteur. La femme ne peut, sans le
! |j consentement de son mari, jeûner spontanément; si elle le fait, le mari a le mérite de la mortilication de sa femme; elle est coupable d'avoir outrepassé ses droits. Elle ne peut sortir de la maison sans le consentement du mari; si elle le fait, aussitôt l'ange
j de la miséricorde et de la justice la maudit jusqu'à ce qu'elle soitrevenue.
[De là le nom que les Mahométans donnent à l'appartement de leurs femmes et aux femmes elles-mêmes :
ce qui est défendu, harem. »
Le Noir.
MARIAGE ET CÉLIBAT au polnt
DE VUE DE LA SANTÉ PUBLIQUE. (Théol.
mise t., scien., physiol, écon., social., hygié.) — H y a, en toutes choses, une mesure à garder; pour éviter un excès, il ne faut pas se juter dans un autre excès; pour célébrer un bien, il ne faut pas aller jusqu'à déprécier les autres biens qui se trouvent en concurrence avec celui-là. C'est en vue d'inspirer aux théologiens l'esprit de modération et de mesure, surtout relativement à l'exaltation de la virginité et du célibat que nous leurs donnerons à lire l'article suivant de considérations hygiéniques, que nous publiions, il y a une douzaine d'années, dans un journal belge.
« Le mariage est inhérent à la nature humaine, comme condition générale de perpétuité de l'espèce, mais il n'est pas cependant tellement nécessaire qu'il y ait devoir absolu pour chaque individu de se marier; la liberté, reste à chacun sous ce rapport, et cette liberté individuelle n'a point les inconvénients qu'elle pourrait avoir, grâce aux précautions qu'a prises la nature de la contrebalancer par une propension passionnelle qui l'emportera toujours sur les motifs bons ou mauvais qui détermineront l'état du célibat. Mais il n'eu est pas moins vrai que la constitution de la famille pour l'union des sexes, la procréation et l'éducation des enfants, est l'état le plus conforme à la nature, le plus régulier, le plus complet, celui qui implique la plénitude de l'humanité
dans l'individu, surtout au point de vue physiologique, qui est celui dont nous nous occupons ici. Car il y a des motifs d'un ordre supérieur qui peuvent élever le célibataire au faite de la grandeur humaine; celui, par exemple, qui s'impose librement la solitude domestique pour adopter la société tout entière, qui se prive de la famille particulière pour faire sienne la famille universelle et lui consacrer librement tous ses dévouements, celui-là est un père d'une sphère plus élevée qui n'a point son égal parmi les pères selon la nature.
Toute règle a ses exceptions, et cette réserve était utile à faire, comme précaution, contre les malignes interprétations auxquelles pourrait donner lieu ce qui nous reste à dire.
» Allons d'abord aux chiflres :
» D'après toutes les statistiques les plus modernes et les plus complètes, sur cent individus, hommes ou femmes, atteints d'aliénation mentale, il y en a, en moyenne, soixante à, soixante-dix qui sont célibataires.
Esquiros avait même trouvé, autant qu'il nous en souvient, que sur sept cent soixante-huit aliénés, tous étaient des célibataires, excepté cinquante-neuf veufs et vingt hommes mariés.
» C'est aussi dans l'état du célibat que le suicide fait le plus de ravages.
La proportion est à peu près la même : le célibat prend pour lui les trois cinquièmes ou même lus trois quarts des suicidés.
» De même pour les crimes qui méritent des condamnations infamantes : sur cent vols graves, viols et assassinats, soixante sont commis par des célibataires; ot, d'après Michel Levi, les bagnes contiennent, en général, soixante-dix-neuf hommes contre vingt et une femmes; nous jetons, en passant, ce dernier chiffre comme un mot de réparation et de vengeance, plus éloquent que tous les discours, en faveur du sexe que l'autre tyrannise depuis si longtemps avec une ingratitude et une injustice inexplicables.
» Que conclure de ces chiffres?
Que le célibat est un état mauvais
rifl
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dans la société, un état contre lequel doivent se liguer toutes les éloquences, toutes les institutions, toutes les forces morales, sans cependant porter la moindre atteinte à la liberté de l'individu ; les principes doivent toujours être respectés, quels qu'en soient les abus et les inconvénients pratiques.
» Qu'aurions-nous à dire si nous abordions les suites immorales du célibat n'allant pas jusqu'au crime réprimé par les lois? C'est lui qui entretient le plus activement cette promiscuité dissimulée des grandes villes, promiscuité pire que celle de la république de Platon, qui avait au moins sur celle-ci l'avantage d'être une tolérance légale régulièrement organisée et élevée à nne espèce de mariage civil de communauté ; dans la cité du philosophe grec, on n'aurait été que père de famille, ou publiquement générateur d'enfants communs pour la république; dans notre société, si l'on n'est ni père de famille, ni le célibataire admirable dont nous avons dit un mot, on est le corrupteur toléré do la vertu, le serpent des familles, le rôdeur infâme des crépuscules, le débauché fantasque qui cherche sans cesse l'orgie nouvelle où il pourra noyer, durant quelques heures, son ennui renaissant.
» Si nous traitions toutes les questions des états de santé qui ne vont ni jusqu'à la folie ni jusqu'au suicide, les tables des statisticiens nous montreraient aussi la plupart des maladies sévissant, selon des proportions beaucoup plus considérables, contre les célibataires que contre les personnes mariées, et nous conduiraient aux mêmes conclusions.
« Mais si le célibat est une grande plaie sociale, il a pour correspondant un excès contraire qui n'est pas moins funeste à la société; c'est l'habitude de se marier trop jeune. Tout le monde s'accorde pour blâmer les mariages prématurés ; les philanthropes les déplorent en considération de la misère qui en est si souvent la suite inévitable; les physiologistes les déplorent également
comme une source de dégénérescence et d'affaiblissement de l'espèce; un père et une mère qui ne sont pas encore arrivés à la plénitude de leur développement, ne peuvent engendrer que des enfants imparfaits, sons le double rapport physique et intellectuel ; ils ne donnent la vie qu'à des avortons, dont la plupart meurent jeunes, — les statistiques l'attestent, — et parmi lesquels ceux qui survivent ne sont, presque tonjours, que de faibles êtres destinés à servir de points de départ à des descendances qui déclineront de génération en génération, à moins que le mélange d'un sang très-riche ne vienne quelque jour arrêter cette triste décadence.
» C'est ici que les législations pourraient et devraient intervenir; la société doit imposer la sagesse pratique à ses membres quand il s'agit de ces soi'tes d'applications des lois de la nature; mais souvent elle prend la marche inverse; elle enchaînera des droits naturels, tels que ceux de l'association, de la réunion, de la parole, de la presse, de la profession de foi religieuse et tant d'autres, et elle laissera ses membres se faire librement du mal à eux-mêmes par des violations matérielles, qu'elle pourrait empêcher, de prescriptions évidentes de la nature même.
» En Russie, par exemple, la loi souffrait que les seigneurs forcent les enfants de leurs serfs à se marier dès le premier signe de virilité (I); la fortune étant déterminée par le nombre des travailleurs attachés à la glèbe, l'intérêt matériel motive cette coutume. Or, la Russie n'est pas seule coupable ; mais laissons la critique des usages et des codes, et posons seulement un principe de science physiologique :
» En loi commune, la femme n'arrive à l'état parfait de nubilité qu'à l'âge de vingt et un ans, et l'homme n'arrive à celui de virilité qu'à l'âge de vingt-cinq ans; c'est alors, et seulement alors, que la reproduction
(1) Nous écririon» cet article •'•mot l'ukaie à'itfrancbisMQieiit du icrfi par laquai s 'art honora I'
présent empereur do Ruine.
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s'opère dans tontes les conditions convenables pour la perfection des produits; il n'est pas un savant naturaliste qui ne soit de cet avis, et nous en concluons que tous les codes devraient réglementer, sur cette hase scientifique, en tenant compte Ses modifications, en plus ou en moins, qui peuvent résulter de la diversité des climats, les âges auxquels le mariage peut être contracté.
» Les Spartiate?, dont l'austérité ne faisait aucune concession à l'esprit d'indulgence, a\ aient défendu dans leur république le mariage à tout homme avant l'âge de trente-sept ans.
Il y avait excès dans cette mesure ; mais ne serait-ce pas à nous, qui venons si longtemps après eux dans la série des temps et des progrès, à profiter d'une telle leçon en établissant nos législations sur une moyenne déterminée par la science, parla raison et par l'expérience !
» Un autre usage pernicieux relatif au mariage, est celui des alliances entre parents. Les plus grands législateurs du monde ancien, Moïse en tête, prohibèrent le mariage entre cousins. Le Lévitique établit, comme empêchement, la parenté jusqu'au troisième degré, et le christianisme adopta cette mesure. La science physiologique moderne, sans se préoccuper de ces institutions de la sagesse antique, et en suivant ses voies d'observation et de raisonnement purs, est arrivée et arrive de mieux en mieux chaque jour à des résultats qui confirment pleinementl'utilité sociale de ces règlements.
» Il est établi par les statistiques les plus récentes que la plupart des mariages entre parents sont stériles, ou donnent des produits auxquels la stérilité complète serait préférable.
Deux pays surtout ont été étudiés très en détail et d'une manière approfondie, depuis un certain nombre d'années, sous ce rapport; ce sont le canton de Genève en Europe, et les Etats-Unis en Amérique.
» A Genève, où les mariages entre consanguins sont nombreux, le docteur Rillet a constaté que presque tous les enfants qui en naissent manquent des conditions nécessaires de
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vitalité et sont destinés à une mort prématurée, ou, s'ils vivent, sont sujets aux maladies les plus effrayantes, à l'épilepsie, à l'idiotisme, à la folie, aux scrofules, au crélinisme.
» En Amérique, des études semblables ont été faites par un docteur dont le travail a été publié l'année dernière, et ses conclusions sont absolument les mêmes. Ses chiffres montrent même une augmentation très-curieuse du mal, réglée sur les degrés de parenté; plus le degré est proche, plus le mal est grand.
» Quand nous aurons le relevé des observations qui se font en France, depuis quelques années, sur les alliances entre parents, nous ne doutons pas que ce relevé ne confirma pleinement un principe, déjà suffisamment .démontré par l'expérience et par l'analogie,
»^ Chez les animaux, en ei croisements sont nécessaires , conservation et pour l'aîné, des espèces. Si vous ne renu,:,, en quelque sorte, le moule de h par l'introduction d'un sang nc-irveau, dans une filiation, vous ne tardez pas à constater les symptômes d'une dégénérescence rapide, vous voyez surgir des vices constitutionnels, dos rabuugrissements, des affaiblissements de la force vitale, et tous vos efforts se perdent, en fin de compte, excepté devant la ressource puissante du croisement des races.
» Les horticulteurs savent qu'il en est de même des végétaux domestiques. Une plante annuelle, par exemple, dégénère avec une rapidité proportionnelle à la brièveté de sa vie d'individu, s'il n'y a pas, de temps en temps, renouvellement par un mélange de sujets reproducteurs venus de cantons différents.
» Or, tous les êtres organisés sont soumis à certaines lois générales qui leur sont communes, et il est hors de doute que l'homme comme les autres animaux et comme les plantes, a besoin de mélanger ses familles et même ses races ;pour conserver ses forces constitutionnelles, vérité physiologique parfaitement conforme, d'ailleurs, au principe chrétien de la fraternité universelle.
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» Toutes les sociétés fondées sur les castes sont tombées à un degré d'affaissement social beaucoup plus profond que les autres, à conditions égales de durée ; celui qui introduirait parmi les causes probables de cette différence, celle dont nous parlons en ce moment ne sortirait probablement pas de la vérité ; car ce qui se produit dans les familles doit se produire aussi, quoique d'une manière moins sensible et plus lente, dans les classes et jusque dans les races.
» Résumons :
» Le mariage est l'état naturel de l'homme et de la femme ; et la nature se venge, en règle générale, des infractions à cette loi en accablant le célibataire de beaucoup plus de maux de toute espèce que les personnes mariées.
» Le mariage, contracté avant que la nature ait achevé de préparer toutes les conditions de la vie conjugale, est un autre désordre dont elle se venge avec la même rigueur, et principalement par des malédictions contre la descendance.
« La nature veut le mélange des familles, et ses malédictions ne tombent pas avec moins de sévérité contre la généralité de ceux qui méprisent, de ce côté, ses inspirations. »
Tous les travaux qui paraissent aujourd'hui sur ces sortes de questions, confirment de plus en plus les vérités que nous formulions de la sorte.
Le Noir.
MARIANA (Jean). (Théol. hisl. biog.
et bibliog.) — Cet historien, de la compagnie de Jésus, né dans le diocèse de Tolède en 1337 et mort à quatre-vingt-sept ans àTolède en 1 62 i, après avoir professé avec éclat à Rome (1561), en Sicile (I5G3), à Paris (1569), a laissé beaucoup de travaux historiques et critiques :
1° Une Histoire, en trente livres, écrite originairement en latin, et qu'il traduisit lui-même, mais librement, en espagnol. Son style est noble ; il prend Titc-Live pour modèle; il est impartial.
2° De courtes Scolics sur la Bible, in-fol., avec une savante Dissertation
sur les éditions de la Vulgate et les anciennes traductions de l'Ecriture.
Cette dissertation se trouve aussi dans l'édition de Ménochius, par le P. Tournemine.
?" Une dissertation de Ponderibics et Mensuris, Tolède, 1599.
4° Six Opuscules, imprimés à Cologne, 1609, in-folio, parmi lesquels un écrit de Monetse mutatione. Mariana, pour avoir blâmé dans cet écrit les nombreuses variations opérées dans les monnaies espagnoles, fut mis en prison.
5° Le fameux écrit de Rege et régis institutione (Tolède, 1599, in-4°), où la tyrannie était hardiment condamnée, et proclamée la nécessité d'un gouvernement populaire. L'auteur y professait, sur le meurtre des tyrans, des opinions qui, bien avant les Jésuites, avaient été enseignées par d'autres théologiens, mais qui le firent au reste condamner par la Sorbonne, et brûler par la main du bourreau, par sentence du parlement, en 1610. Le P. Aquaviva, avait déjà rejeté les opinions de Mariana relatives au meurtre des tyrans.
On attribue aussi à Mariana un écrit qui traite des défauts du gouvernement de la Société de Jésus, Discursus de erroribus qui in forma gubernationis Societatis Jcsu occurrunt.
Le Noir.
MARIE, mère de Jésus-Christ. Les catholiques la nomment communément la sainte Vierge, la mère de Dieu.
Il était prédit par la prophétie de Jacob, Gen., c. 49, f 10, que le Messie naîtrait du sang de Juda; et par celle d'Isaïe, c. 7, f 14, qu'il naîtrait d'une vierge ; les Juifs en ont toujours été persuadés, et ils le croient encore aujourd'hui : leur croyance commune était aussi qu'il serait de la race de David, Mat th., c. 22, f 42, selon une autre prédiction d'Isaïe, c. \ 1 , )► 1 . Conséquemment saint Matthieu et saint Luc ont fait la généalogie de Jésus Christ, afin de montrer qu'il réunissait dans sa personne ces divers caractères. Il laut donc que Marie, sa mère, ait été de la tribu de Juda et do la race de David aussi bien que Joseph, sou époux.
MAR
MAïl
Certains critiques ont prétendu que
cela ne pouvait pas être, puisque,
[ selon l'Evangile, Marie était cousine
; d'Elizabetli, femme du prêtre Zacha-
! rie: or, les prêtres, disent-ils, devaient
: prendre des femmes dans leur propre
tribu; c'était une loi générale pour
tous les Israélites; Marie était donc
plutôt de la tribu de Lévi que de
celle de Juda. Ainsi raisonnent les
manichéens. Saint Augustin, livre 23,
contra Faust., chap. 3 et 4.
Mais s'il en était ainsi, et si la loi ne souffrait point d'exception, Marie n'aurait pas pu épouser Joseph, qui était certainement de la tribu de Juda et de la race de David ; il faut donc ou que Zacharie, ou que Joseph, ait été dispensé de la loi. Elle avait été établie afin que les filles héritières ne portassent point les biens de leur tribu dans une autre; elle n'avait donc pas lieu lorsqu'une iille n'était pas héritière de sa famille, et il n'y a point de preuve qu'Elizabeth ait été héritière de la sienne. D'ailleurs, après le retour de la captivité, les prêtres qui ne trouvaient pas d'épouses dans leur propre tribu, furent obligés d'en prendre dans celle de Juda, qui était la plus nombreuse, et qui composait alors le gros de la nation. Le prêtre Zacharie avait donc pu épouser Elizabeth, quoiqu'elle fût de la tribu de Juda.
Les protestants, qui ne peuvent pas souffrir le culte que nous rendons à la Vierge Marie, ont fait tous leurs efforts pour obscurcir et déprimer les prodiges de grâce que Dieu a opérés dans cette sainte créature ; nous avons donc à justifier contre eux, non-seulement les vérités que l'Eglise catholique a décidées sur ce sujet, mais encore les opinions théologiques universellement établies; les unes et les autres sont fondées sur le respect que nous avons pour Jésus- Christ, et sur l'idée que l'Ecriture sainte nous donne de la grâce de la rédemption.
I. La croyance commune des catholiques est que Marie a été exempte de tout péché. Au mot Conception immaculée, nous avons fait voir que, quoique l'Eglise n'ait pas formellement décidé que Marie a été exempte
du péché originel, c'est cependant une croyance fondée sur les preuves les plus solides, même sur l'Ecriture sainte et sur une tradition constante.
Il n'y a donc aucun sujet de blâmer la loi qui défend à tout théologien catholique d'attaquer ce point de doctrine, et de le révoquer en doute (1). Quant à l'exemption de tout péché actuel, même véniel, ce privilège que nous attribuons à Marie, est établi sur les preuves les plus solides. Les paroles de l'ange, je vous salue, Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous, ne sont susceptibles d'aucune limitation, non plus que celles des Pères de l'Eglise, qui disent que la sainte Vierge a été toujours pure et exempte de tout péché. Saint Augustin, L. de Nat. et Grat., c. 36, n. 42, déclare que, par respect pour le Seigneur, lorsqu'il s'agit de péché, il ne veut pas que l'on fasse aucune mention de la sainte Vierge Marie. « Nous » savons, dit-il, qu'elle a reçu plus » de grâces pour vaincre le péché de » toute manière, parce qu'elle a eu le » bonheur de concevoir et d'enfanter » celui qui n'a jamais eu aucun pô- » ché. » Aussi le concile de Trente, sess. 6, de Justif., can. 23, déclare que personne ne peut, pendant toute sa vie, éviter tout péché, même véniel, sans un privilège particulier reçu de Dieu, tel que l'Eglise le croit à l'égard de la sainte Vierge.
Vainement des critiques protestants ont objecté que plusieurs anciens auteurs chrétiens n'ont point attribué ce privilège à Marie, et qu'ils l'ont crue coupable de quelques fautes légères. S'il y a eu quelques écrivain»
respectables qui aient été de ce sen timent, ils raisonnaient sur des passages de l'Ecriture sainte, desquels ils ne prenaient pas le véritable sens, et qui ont été mieux expliqués par d'autres. Ce serait, par exemple, sans aucun fondement que l'on soupçonnerait la sainte Vierge coupable d'uu moment d'incrédulité, lorsqu'elle fut
(I) Chacun sait que, sur ce point, l'état de la question a changé par suite de la bulle inefjobilis de Pie IX ; nous donnons cette bulle qui a fait dut l'Immaculée Conception un point de foi catholique,! au mot Cckhpiioa (définition dogmatique de l'im-\ maculée).
Le Nom.
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étonnée do ce que l'ange Gabriel lui annonçait sa maternité divine; il était naturel de demander, comment cela pourra-t-il se faire, dés que je ne connais point d'homme ? Aussi, lorsque l'ange lui dit que ce serait par l'opération du Saint-Esprit, elle ne douta point, et elle se soumit à l'ordre du ciel.
Il y aurait encore moins de raison de prétendre qu'aux noces de Caua elle ressentit un mouvement de vanité, lorsqu'elle espéra que son Fils ferait un miracle en faveur des époux, ou lorsqu'elle vint le voir environné du peuple qui l'écoutait, JHaM/i., c. 12, y 46. Un sentiment de charité pour des gens qui sont dans la peine, et un sentiment de tendresse maternelle, ne sont pas des péchés. De quel front a-t-on pu écrire que Marie, au pied de la croix, à la vue des souffrances et des ignominies de son Fils, fut tentée de douter de sa divinité ?
L'Evangile ne nous donne lieu que d'admirer son courage. Les incrédules ont ajouté à tous ces reproches ridicules et dénués de tout fondement, une calomnie contre Jésus-Christ même ; ils ont dit que dans les occasions dont nous venons de parler, le Sauveur traiia durement sa sainte mère. Au mot Femme, nous avons fait voir le contraire.
IL La virginité de Marie a été perpétuelle et inviolable; c'est une vérité que l'Eglise a décidée, dès les premiers siècles, contre les ébionites et contre d'autres hérétiques. Avant d'en déduire les raisons, il est désagréable pour nous d'avoir à réfuter une calomnie grossière et impie, forgée par pure malignité, et que les incrédules ont empruntée des Juifs ; ils ont dit que Jésus-Christ était né d'un adultère. Celse met ce reproche dans la bouche d'un Juif; il est répété dans le Talmud, et dans les Vies de Jésus-Christ composées par les rabbins modernes.
Nous y opposons, 1° la sévérité avec laquelle les lilles nubiles étaient gardées chez les Juifs, la rigueur avec laquelle étaient punies celles qui tombaient en faute après leurs fiançailles, à plus forte raison les fem-
mes adultères; la loi ordonnait de les lapider, et de noter d'infamie le fruit de leur crime. S'il y avait eu lieu an moindre soupçon contre la conduite de Marie, les Juifs, devenus jaloui de Jésus, n'auraient pas souffert qu'il échappât, non plus que sa mère, à la peine infligée par la loi. Les parents de Joseph, qui furent d'abord incrédules à la mission de Jésus, n'auraient pas supporté dans le silence l'opprobre dont ce crime les aurait couvert).
Jésus lui-même, chargé d'ignominie, n'aurait trouvé ni disciples ni sectateurs; il n'aurait pas seulement wé enseigner en public, encore moins s'appliquer les prophéties, en présence de témoins qui lui auraient reproché sa naissance. Parmi les Juifs persuadés que le Messie devait naître d'une vierge, il n'y en aurait pas en un seul qui eût voulu reconnaître pour Messie un enfant adultérin.
2° Les évangélistes, qui ont rapporté dans le plus grand détail les reproches des ennemis du Sauveur, n'ont fait aucune mention de celui-ci; au contraire, les Juifs reprochaient à Jésus d'être fils d'un artisan nommé Joseph; ils le regardaient donc comme enfant légitime. Il est dit dans le Talmud que Jésus était né du sauiç de David ; ce n'était donc pas le fruit d'un adultère.
3° Du temps même des apôtre), Cérinthe, Carpocrate, une partie des ébionites, soutenaient que Jésus était fils de Joseph, et non conçu par miracle; Orig. contre Celse, 1. 2, note, p. 385; Eusèbe, 1. 3, c. 17 ; Théodore!, llseret. fab., 1. 2, c. i. Ce soupçon n'avait rien d'injurieux. Marcion et les gnostiques prétendaient qu'il était indignedu Fils de Dieu d'être néd'unc femme; ils auraient rendu leur sentiment bien plus probable, s'ils avaient pu supposer que Jésus-Christ était n d'un adultère ; mais la notoriété publique ne le permettait pas.
11 est donc faux que saint Luc ait été réduit à forger le miracle d'une conception opérée par h' Saint-Espn', pour pallier l'opprobre de la a** sancede Jésus; saint Matthieu affirme ce miracle «u*si bien que saint Lut.
et s'il y avait eu pour lors quelque
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doute sur la légitimité de celte naissance, jla supposition d'un miracle aurait été plus propre à le confirmer qu'à le dissiper. Mais il n'y avait aucun soupçon sur ce sujet; la notoriété publique du mariage de Joseph et de Marie, et de leur cohabitation constante, écartait toutes les idées odieuses dont la malignité des incrédules aime à se repaître.
4° Saint Matthieu et saint Luc confirment le miracle qu'ils rapportent par d'autres faits, par deux apparitions d'anges faites à Joseph , par l'adoration des pasteurs et celles des mages, par les prédictionsd'Elisabeth, de Zacharie, d'Anne et de Siméon, etc. Ce sont là des événements publics que les évangélistes n'ont pas pu inventer impunément.
S Quiconque admet un Dieu et une providence, ne se persuadera jamais que Dieu ait choisi un enfant adultérin pour en faire le législateur du genre humain, et le fondateur de la plus sainte religion qui fût jamais; qu'il ait consacré en quelque façon l'adultère par l'auguste destinée de Jésus-Christ, par les prophéties qui l'ont annoncé, par les heureux ell'ets que sa doctrine a produits dans l'univers entier, par les adorations d'une infinité de peuples; un athée seul peut supposer cette absurdité. C'est la réflexion qu'Oiigène oppose à Celse.
En second lieu, Cérinlhe, Carpocrate et les ébionites, qui attaquaient la virginité de Marie, en supposant que Jésus-Christ était né de Joseph, contredisaient l'Evangile. Saint Matthieu, c. 1, ? 18 et 20, dit formellement que Marie était enceinte par l'opération du Saint-Esprit ; que l'enfant qu'elle portait avait été formé par le Saint-Esprit. Il allègue, pour confirmer ce fait, la prophétie d'Isaïe, c. 4, ^ 14 : « Une Vierge concevra » et enfantera un Fils qui sera » nommé Emmanuel, Dieu avec » nous. » 11 ajoute que Joseph n'eut aucun commerce avec son épouse, jusqu'à la naissance de Jésus, j^ 25.
Saint Luc, c. 1, f 34, rapporte la réponse que l'ange dn Seigneur fit à Marie, lorsqu'elle Uy demanda
comment elle pourrait être mère, puisqu'elle n'avait commerce avec aucun homme; le Saint-Esprit surviendra en vous, la puissance du Trcsïlaut vous protégera, et pour cela même le Saint qui naîtra de vous sera nommé le Eils de Dieu. On ne peut pas enseigner plus clairement que Jésus-Christ a été conçu sans donner aucune atteinte à la virginité de sa sainte mère.
Mais la bizarrerie des hérétiques est inconcevable. La plupart des anciens soutenaient que le Fils de Dieu n'avait pas pu se revêtir de notre chair, parce que la chair est essentiellement mauvaise. Suivant leur opinion, il n'avait pris que les apparences de la chair; il était né, mort et ressuscité seulement en apparence. Ceux-là, s'ils raisonnaient conséquemment, ne devaient, pas hésiter d'admettre la virginUé de Marie : aussi était-ce le sentiment d'une partie des ébionites. Les autres niaient cette virginité, ils prétendaient que Jésus Christ était né du commerce conjugal do Joseph avec son épouse; ils lui contestaient la divinité, et disaient qu'il n'était Fils de Dieu que par adoption. Yoy.
Ebionites. Aujourd'hui les sociniens reconnaissent que Jésus-Christ a été formé dans le sein de Marie, par l'opération du Saint-Esprit, et sans blesser la virginité de sa mère : c'est pour cela, disent-ils, qu'il a été nommé Fils de Dieu : ainsi l'ange Gabriel le déclare h. Marie, Lvc, c. 1, f 34. Donc il n'est Fils de Dieu que dans un sens métaphorique ; il n'est pas Dieu dans le sens rigoureux.
Ainsi se combattent les sectaires qui se donnent la liberté d'interpréter, comme il leur plaît, les paroles de l'Ecriture sainte.
D'autres, non moins téméraires, comme Eunomius, Pelvidius, Jovinien, Bonose, et leur6 sectateurs, prétendirent qu'après la naissance du Sauveur, Joseph et Marie avaient eu d'autres enfants; qu'ainsi la mère de Dieu n'était pas toujours demeurée vierge ; ils furent condamnés et réfutés par les Pères do l'Eglise, au grand regret des protestants, enne-
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mis des vœux de virginité. Us n'alléguaient que des preuves très-frivoles; ils disaient : Nous lisons dans saint Matthieu, c. i, y 8 et 2o, que Marie, épouse de Joseph, se trouva enceinte avant qu'ils eussent commerce ensemble ; que Joseph n'eut point de commerce avec son épo e jusqu'à ce qu'elle mît au monde son premier-né. Cela suppose qu'ils eurent commerce ensemble dans la suite, et que Jésus eut des frères : aussi est-il parlé de ses frères dans l'Evangile.
Les Pères de l'Eglise ont répondu que le seul dessein de saint Matthieu a été de faire voir que Jésus-Christ n'était point né du sang de Joseph, mais conçu par l'opération du Saint- Esprit. Il le prouve, en rapportant ce qui a précédé la naissauce de Jésus, mais sans faire mention de ce qui est arrivé après. Le nom de premier-né se donnait aussi bien à un fils unique qu'à celui qui avait r'es frères. Chez les Juifs, le nom de /, Jics désignait souvent les cousins germains et les autres parents. D'ailleurs Joocph paraît avoir été trop âgé pour avoir des enfants. Si Jésus avait eu des frères, il n'aurait pas eu besoin, sur la croix, de recommander sa mère à saint Jean, et il ne lin aurait pas dit à elle-même : Voilà voire /ils. Petau, de Incarn ,1. 14, c. 3.
Plusieurs de nos saints docteurs ont été persuadés qu'avant d'épouser Joseph, Marie avait promis à Dieu une virginité perpétuelle. En effet, la maternité que l'ange lui annonçait n'aurait pas pu l'étonner, si elle s'était proposé de vivre conjugalement, avec son époux. Calvin, Bèze, les centuriateurs de Magdebourg, ennemis de tous les vœux, ont tourné en ridicule celte pensée des Pères. Cependant Philon nous apprend que, chez les Juifs, il y avait des esséniens des deux sexes, qui faisaient profession de continence perpétuelle; le vœu de Marie n'avait donc rien de contraire aux mœurs des Juifs.
III. Marie est mère de Dieu dans toute la propriété du terme. Ainsi l'a décidé, contre les nestoriens, le concile génJral d'Ephèse, l'an 431. En ellet, Marie est certainement mère do Jésus-Christ. Or, Jésus-Christ est
Dieu; donc elle est mère do Dieu.
L'argument est démonstratif.
Nous avons déjà remarqué que les gnostiques, les docètes, les marcionites, les manichéens, etc., enseignaient que le Fils de Dieu ne s'était incarné et n'avait pris un corps qu'en r iparence ils ne pouvaient donc pas appeler Marie mère de Dieu dans le sens propre. Les ariens qui niaient la divinité de Jésus-Christ, étaient dans le même cas. L'Eglise, en condamnant toutes ces sectes, avait assuré à Marie l'auguste titre que nous lui donnons encore aujourd'hui.
Cependant, vers l'an 430, un prêtre de Constanlinople, nommé Anastase, s'avisa de blâmer ce titre dans ses sermons, et Nestorius, patriarche de cette ville, prit la défense de ce prédicateur. Mais, pour soutenir que Marie, mère de Jésus- Christ, n'est pas mère de Dieu, il faut nécessairement enseigner qu'en Jésus-Christ Dieu et l'homme ne sont pas une seule personne, mais deux; qu'entre l'une et l'autre il n'y a pas une union substantielle, mais seulement une union morale, c'est-à-dire un concert parfait de volontés, d'alfections et d'opérations. C'est aussi ce qu'enseigna Nestorius. Voyez Nestorunisme, § 2.
Il se montrait mal instruit, en disant que le nom Beotôxo;, mère de Dieu, n'avait pas été donné à Marie par les anciens ; il lui est donné dans la conférence entre Archélaùs, évêque de Charcar , et l'hérésiarque Manès, l'an 277, plus de cent cinquante ans avant Nestorius. Julien, mort l'an 368, réprouvait cette expression. Saint Cyrille, contre Julien, 1. 8, pag. 276. Elle était donc en usage pour lors. Mal à propos certains critiques ont avancé que saint Léon, mort l'an 461, en est le premier auteur.
D'ailleurs, qu'importe le mot, lorsque nous trouvons la chose ? Au second siècle, saint Irénée appelait Jésus-Christ, Emmanuel, qui est né d'une Vierge, le Verbe existant de Marie : Qu% ex Virgine Emmanuel, Verbum existent ex Maria; il le nomme Fils de Dieu et Fils de l'homme, c'est-à-dire d'une créature humaine; il dit que Marie a porté Dieu dans son sein; donc elle en est la mère. Adv. User., lib. 3, c. 20,
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; n. 3, c. 21, n. 10. Saint Ignace, disciple des apôtres, s'exprime de même, ad Ephes., n. 7 et 18. Dans le fond, c'est la même expression que celle de saint Paul, qui dit que Dieu a envoyé son Fils fait d'une femme. Galat., \c.4,t 4.
Mère de Dieu, disent les apologistes de Nestorius, semble signiiier que Mariez enfanté la Divinité. Fausse réflexion. Ce terme n'exprime pas plus l'erreur que ceux dont saint Irénés, saint Ignace et saint Paul se sont servis. Jésus-Christ est Dieu et homme ; donc Marie est aussi réellement mère de Dieu que mère d'un homme; elle a enfanté l'humanité de Jésus-Christ, parce que l'homme n'a pas toujours été, mais elle n'a pas enfanté la Divinité, parce que celleci est éternelle.
Dans saint Luc, c. 1, f 13, disentils encore, Elisabeth nomma sa cousine la mère de mon Seigneur, et non la mère de mon Dieu. Mais les Juifs ne donnaient qu'à Dieu seul le titre de mon Seigneur. Elisabeth ajoute :
Tout ce qui vous a été dit par le Seigneur s'accomplira. Ici le Seigneur est certainement Dieu. Ils disent que les anciens nommaient Marie, esoxôxoç, et non |j.-f,Tep xoû Qeoû. Soit. Ils la nommaient aussi XpiCotàxoç et non ^tsp toû XpiCoC. Les Latins disaient Deï-para plutôt que mater Dei, et il ne s'ensuit rien.
Au reste, il n'est pas étonnant que les sociniens, ennemis de la divinité de Jésus-Christ, et ceux des protestants qui penchent au socianisme, rejettent le titre de mère de Dieu ; tous l'ont en aversion, parce que c'est le fondement du culte que l'Eglise catholique rend à la sainte Vierge.
IV. C'est une pieuse croyance que Marie est ressuscitée après sa mort, et qu'elle a été transportée au ciel en corps et en âme. Au mot Assomption, nous avons fait voir l'origine de cette persuasion, et la manière dont elle s'est établie. Dans la Bible d'Avignon, t. 15, pag. 59, il y a une dissertation de dom Calmet sur le trépas de la sainte Vierge, où il rapporte ce <pien ont dit les anciens et les modernes; mais le simple extrait que
nous en pourrions faire nous mènerait trop loin.
V. De la dévotion envers la sainte Vierge. Le culte que nous rendons à Marie est fondé sur les mômes raisons et les mêmes motifs que celui que nous adressons aux autres saints, avec cette dilférence que le premier est plus profond et plus solennel. En effet, si tous les saints peuvent intercéder pour nous, et si Dieu daigne écouter leurs prières, à plus forte raison la sainte Vierge, plus favorisée de Dieu, plus riche bn mérites, et élevée à un plus haut degré de gloire que tous les autres saints, a uu pouvoir d'intercession, et est digne de nos hommages, de notre dévotion et de notre confiance.
Cette croyance n'est pas nouvelle dana l'Eglise, quoi qu'en disent les protestants et les incrédules. Quand elle ne daterait que du quatrième siècle, comme ils prétendent, c'en serait assez pour nous. Les Pères de ce siècle, qui ont célébré à l'envi, les vertus, les mérites, le pouvoir de la sainte Vierge, n'ont rien inventé de nouveau; ils ont fait profession de suivre ce qui était cru, enseigné, établi et pratiqué pendant les trois siècles précédents. On peut voir ce qu'ils ont dit de la mère de Dieu, dans Petau, de bicarn., 1. 14, c. 8 et 9.
Il y a dans saint Irénée, liv. 3, chap. 22, n. 4, un passage qui est célèbre. « De même, dit ce Père, » qu'Eve, épouse d'Adam, mais enoore » vierge, est devenue par sa déso- » béissance la cause de sa propre » mort, et de celle de tout le genre » humain, ainsi Marie, fiancée à un » époux, et cependant vierge, a été » par son obéissance, la cause de son » salut et de celui de tout le genre « humain. » Et 1. 5, c. 19 : « Si la premiôreaétédésobéissante à Dieu, la seconde a consenti à obéir, afin que Marie, vierge, devînt l'avocate d'Eve, encore vierge, et afin que le genre humain, assujetti à la mort par une vierge, fût délivré par » une vierge, etc. » Saint Augustin a cité ces dernières paroles, pour prouver aux pélagiens le péché originel. A son exemple, plusieurs autres
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Pères, comme saint Basile, saint Ephrem, etc., ont fait le même parallèle entre Eve et Marie.
Cette doctrine d'un Père du second siècle, suivie par les autres, a souvent incommodé les protestants ; ils l'ont expliqué selon leurs préjugés. Daillé, Adv. culturn relùj. Latinor.,\iv. i , c. 8, dit que le terme à' avocate, dans saint Irénée, ne peut signifier ni qu'Eve a invoqué la sainte Vierge quatre mille ans avant sa naissance, ni que Marie a secouru Eve, morte depuis quarante siècles : Avocate, dit-il signifie consolatrice dans Tertullien et dans d'autres Pères ; ainsi, saint Irénée a seulement voulu dire que Marie, en réparant le mal que la première avait fait, lui a fourni un sujet de consolation. Tous les protestants ont adopté cette réponse; ils la suivent par tradition.
Mais pourquoi chercher ailleurs que dans saint Irénée lui-même le sens du terme dont il se sert?Partout ailleurs, ce Père entend par avocate une personne qui accorde a. une autre du secours, de la protection, de l'assistance. Voy. 1. 3, c. 18, n. 7 ; c. 23, n. 8; 1. 4, c. 34, n. 4. Nous ne voyons pas pourquoi il a été plus difficile à Marie de secourir, de protéger, d'assister Eve après quatre mille ans, que de lui donner un sujet de consolation; et puisque cette consolation est pour tous les hommes, elle doit leur inspirer du respect et de la reconnaissance pour la sainte créature qui la leur a procurée.
Daillé prétend qu'il ne faut pas entendre ces paroles à la rigueur, puisque c'est Jésus- Christ seul qui est l'auteur de la rédemption. Il l'est, sans doute ; cependant Dieu a voulu faire intervenir dans ce mystère le consentement libre de Marie; elle y a donc contribué par ce consentement,par sa foi, par 30 n obéissance, comme le dit saint Irénée. Elle a donc été en cela l'acotate, la protectrice, la bienfaitrice, mm-seulement d'Eve, mais du genre humain. Lorsque les Pères du quatrième siècle et des suivants ont dit que Mark est la mère, la réparalrice, la médiatrice des hommes, ils n'ont fait que développer la pensée de saint Irénée. Jésus-Christ
est seul médiateur par ses propresmérites; Marie et les saints sont médiateurs par leurs prières et par leur intercession. Voyez Médiateur.
Grabe, moins emporté que Daillé, dit que, quand on avouerait que Marie intercède et prie pour le salut de tous les hommes en général, ce que les plus modérés d'entre les protestants ne refusent, pas d'admettre, il est cependant impossible qu'elle entende les prières de tant de milliers de personnes.
Croirons-nous donc que Dieu n'est pas assez puissant pour faire connaltre à la sainte Vierge et aux saints les prières qu'on leur adresse, ou qu'il leur .dérobe cette connaissance, de peur de les trop occuper?
Si les plus modérés d'entre les protestants admettent que les bienheureux peuvent intercéder pour nous, ils donnent gain de cause aux catholiques. Voyez la Préface de don Mastuet sur saint Irénée, 2° dissert., art. 6.
Mais, pour les satisfaire, il faut leur prouver le culte, l'intercession et l'invocation de Marie et des saintt par l'Ecriture : nous le ferons au mot Saints. Ici nous nous bornerons à.
observer que Marie, dans son cantique, Lac, c. 1, y 48, dit: « Toutes » les générations nie nommeront » bienheureuse, parce que le Tout- » Puissant a opéré en moidegr » choses. • Voilà du moins un culte de louanges. Jésus-Christ dit, Luc, c. 16, f 9 : « Faites-vous des amis » avec les richesses trompeur » périssables, alin que, quand vous « viendrez à manquer, ils vous rc- » çoivent dans le séjour éternel. »
Que signifie cette leçon, si ceux qui sont dans le séjour éternel ne peuvent contribuer en rien au salut d< qui les ont assistés sur la terre? < ils ne peuvent y contribuer qi leurs prières et par leur inlera S'ils peuvent intercéder pour non?, il est très-permis de les invoquer.
Voyez Saints.
Nous ne connaissonspoint de meilleur interprète de l'Ecriture sainte que la pratique de l'Eglise : or, indépendamment du l 1 1 «• Pères, dans toutes les anciennes B-
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tnrgies du inonde chrétien, il est fait mention ou mémoire de la sainte Vierge et des saints Ce fait n'est plus douteux, depuisqueces liturgies ont été rassemblées, comparées et publiées; la plupart datent des premiers siècles, quoiqu'elles n'aient été mises par écrit qu'au quatrième siècle. Les sectes orientales, quoique séparées de l'Eglise romaine depuis douze cents ans, ont conservé comme elle le culte et l'invocation de la sainte Vierge et des saints. On en voit les preuves dans la Perpétuité de la foi, tom. 5, p. 489, etc.
Cette dévotion est une source d'abus.
Tel est le cri général des protestants.
Bayle, à son ordinaire, a jeté un ridicule impie sur le culte rendu à la sainte Vierge ; il le compare à celui que les païens rendaient à Junon, et soutient qu'il est plus excessif. Dict.
frit. Junon, M. Il dit que ce culte n'a commencé dans l'Eglise que trois ou quatre cents ans après l'ascension de Jésus- Christ ; qu'il est né du penchant naturel à tous les hommes à imaginer la cour céleste semblable à celle des rois de la terre, dans laquelle les femmes ont ordinairement beaucoup de pouvoir; de l'intérêt sordide des prêtres et des moines, qui ont vu que ce culte était trèslucratif; des faux miracles que l'on a forgés, etc. Il pense que la dispute entre saint Cyrille et Nestorius, et la condamnation de ce dernier, contribuèrent, du moins par accident, à augmenter le culte de la sainte Vierge. Mais, par une contradiction qui lui est familière, il juge que tout ce que l'on a dit de plus outré touchant Marie coule naturellement du titre de mère de Dieu; que quand même on se serait borné à la seule qualité de mère de Jésus-Christ, comme le voulait Nestorius, on en aurait infailliblement tiré les mêmes conséquences. Nestorius , M. N. Il prétend qu'en 1(595 la Sorbonne condamna trop mollement les erreurs et les visions contenues dans le livre de Marie d'Agréda ; les rumeurs que cette censure excita parmi les dévots de la sainte Vierge, démontrent, selon lui, que les erreurs et les abus de
l'Ealise romaine, sont incurables.
Agréda, B. D. C.
A ces vaines clameurs, nous répondons d'abord, en général, que s'il faut retrancher toutes les choses dont on peut abuser, il faut détruire toute religion ; une des objections les plus communes des athées est de soutenir qu'il est impossible que l'on n'abuse pas de la religion, et Bayle lui-même était dans cette opinion.
Qu'y a-t-il de commun entre le culte que nous rendons à la sainte Vierge et celui d'une divinité du paganisme? Les païens supposaient Junon égale, en nature et en pouvoir, aux autres dieux; ils lui attribuaient des passions et des vices, la jalousie, la haine, les caprices, la vengeance, la fureur : ils l'honoraient par des pratiques absurdes et licencieuses.
Nous- faisons profession de croire, au contraire, que Marie est une pure créature, qu'elle n'a auprès de Dieu qu'un, pouvoir d'intercession; nous l'honorons à cause de ses vertus et des grâces que Dieu lui a faites; nous demandons à quels crimes ce culte peut donner lieu. Si de faux dévots ont forgé des fables, des miracles, des erreurs, c'a été dans les bas siècles; l'Eglise les a toujours réprouvés.; elle ne néglige rien pour en désabuser les fidèles.
Puisque, suivant l'aveu de Bayle, le respect, la confiance, la dévotion envers la sainte Vierge, coulent naturellement du titre de mère de Dku et de mère de Jésus-Christ, comment s'est-il pu faire que les chrétiens demeurassent trois ou quatre cents ans avant d'en tirer une conséquence aussi claire, et avant de suivre le penchant naturel à tous les hommes?
En 431, le concile général d'Ephèse se tint dans une église dédiée à la sainte Vierge, il n'est pas dit que cette dédicace fût récente. Selon une tradition, c'était dans cette ville que la sainte mère de Dieu avait vécu avec saint Jean, et qu'elle avait fini sa vie mortelle; il n'en fallait pas davantage pour y rendre son culte plus éclatant qu'ailleurs. Lorsque le concile eut confirmé l'auguste qualité qui lui était donnée par les fidèles,
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et t ît condamné Ncstorius, le peuple fit éclater sa joie, et combla les évèques de bénédictions ; il était donc accoutumé à cette croyance ; sa dévotion était établie, et pour lors elle ne pouvait procurer aucun profit aux prêtres ni aux moines; selon l'opinion de nos adversaires mêmes, les dévotions lucratives ne se sont établies que dans les bas siècles.
Quand cette dévotion aurait augmenté depuis le concile d'Ephèse, il ne s'ensuivrait rien. Lorsqu'une pratique a été blâmée par des hérétiques, et approuvée par l'Eglise, malgré leur censure, il est naturel qu'elle devienne plus commune et plus solennelle, parce qu'alors elle est regardée comme une profession de foi contre l'hérésie.
Les rumeurs de quelques dévots ignorants, contre la censure du livre de Marie d'Agréda, prouvent encore moins; elles étaient dictées par un esprit de parti, puisque la lecture de ce livre avait déjà été défendue à Rome. Mais, depuis cette époque, personne en France ne s'est avisé de renouveler les visions et les erreurs de Marie d'Agréda; la censure produisit donc son effet, et il n'est pas vrai que l'entêtement des dévots ait été incurable. Les docteurs de la faculté de Paris, dans leur censure, suivirent à la lettre les règles prescrites par Gerson, chancelier de l'église de Paris, il y a trois cents ans, touchant le culte de la sainte Vierge.
Petau, de Incarn., 1. 44, c. 8, n. 9 et 10.
Il y aura des vices, dit un ancien, tant qu'il y aura des hommes ; il en est de même des erreurs et des abus; mais aucun ne s'établira jamais pour longtemps dans l'Eglise catholique, parce qu'elle est attentive à les condamner tous. Dans les sectes séparées d'elles les erreurs et les abus sont incurables, puisque personne n'a droit d'y apporter du remède.
A la place des prétendues superstitions de l'Eglise romaine, on a vu naître chez les protestants les impiétés des sociniens, des anabaptistes, des libertins on anomiens, des q lakers, le déisme, le spinosisme, l'athéisme, etc. Bëhgieu.
MARIE (le mois de). (Tliénl. hist.
fèt. cér., etc.) — La dévotion du mois de Marie est née en Italie, clans les temps modernes. Elle fut approuvée en 1815, par un bref de Pic VII eu date du 21 mars; et elle s'est répandue depuis cette époque dans la chrétienté. En certains pays, on fait tous les jours ou plusieurs fois la semaine un sermon pendant le mois de Marie, qui est le mois de mai, et on célèbre avec pornpe au milieu des chants, des lumières et des fleurs, la mémoire de la sainte Vierge. Pourquoi a-t-on choisi le mois de mai? Probablement parce que c'est le plus beau mois de l'année et que, durant ce mois, il n'y avait point de fête à Marie.
MARIE D'AGRÉDA. (Théol. hist.
biog. et bibliog.) — V*. Agrkda (Marie d').
MARIES (trois). L'on entend sous ce nom trois personnes dont il est parlé dans l'Evangile ; savoir : Marin Magdeleine, Marie, sœur de Lazare, et la pécheresse de Nalni. qui répandit du parfum sur les pieds de Jésus- Christ chez Simon le pharisien. La question est de savoir si ce sont trois personnes différentes, ou si c'est la même qui est désignée sous divers caractères. Dom Calmct, dans une Dissertation sur ce sujet, Bible d'Avignon, t. 13, p. 331, après avoir exposé les divers sentiments et les preuves sur lesquelles les Pères, les commentateurs et les critiques se sont fondés, conclut par juger que la question est à peu près interminable ; il penche néanmoins pour le sentiment de ceux qui distinguent les trois [Maries ; et quand on s'en tient au texte de l'Evangile, c'est l'opinion qui parait la plus probable. Voyez la Dissertation sur la Magdeleine, par M. Anquetin, curé de Lyon, in-12,
1699. lÎERClEH.
MARIL'S MERCATOR. (Théol. hist.
biog. et bibliog.) - Cet historien du v« siècle eut des relations fréquentes avec saint Augustin, m n'a aucuns détails sur sa vie ni sa patrie; on sait seulement qu'il écrivit
MÀR
avec ardeur contre les Pélagiens et les Nestoriens, dont il lit l'histoire.
Cette histoire existe ; elle a été publiée par le P. Jean Garnier à Paris, 1672, et par Baluze, 1684.
Le Noir.
MARMONTEL (Jean-François).
(Théol. hist. biog. et bibliog.) — Ce secrétaire perpétuel de l'Académie française et historiographe de France avant la Révolution, naquit à Bort, en Limousin, en 1723. Elève des Jésuites, il vint à Paris à vingt-quatre ans et débuta par des tragédies ; il mourut en 1799; il a laissé : Contes moraux; Bélisairc; Eléments de littérature; Les Incas; Traduction de la Pharsale de Lueaïn; son Théâtre; Mélanges de prose et de poésie.
Le Noir.
MARONITES, chrétiens du rit syrien, qui sont soumis à l'Eglise romaine, et dont la principale demeure est au mont Liban et dans les autres montagnes de Syrie. Leur nom sert à les distinguer des Syriens jacobites et schismatiques.
On ne convient pas de leur origine.
Si l'on s'en rapportait à eux, ils croient que leur christianisme date des temps apostoliques, et qu'ils y ont toujours persévéré sans interruption ; qu'ils ont tiré leur nom du célèbre anachorète saint Maron, qui vivait à la fin du iv e siècle, dont Théodoret a écrit la vie, et dont le monastère fut bâti au commencement du v e , dans le diocèse d'Apamée, près du fleuve Oronte. Le savant maronite Fauste Nairon, professeur de langue syriaque dans le collège de la Sapience à Rome, entreprit de le montrer dans une dissertation imprimée en 1679, et dans un autre ouvrage intitulé Euoplia fidei catholiese, publié aussi à Rome en 1694. Mais Assémani, autre maronite non moins savant, prétend qu'il n'y a point de vestiges du nom de maronite avnnt le xn° siècle ; qu'il tire son origine de Jean Maron, patriarche syrien, et du monastère de Saint-Maron, situé près d'Apamée.
Biblioth. orient., tom. 1, pag. 507.
En effet, il est prouvé qu'an iv° siècle, et même dans le milieu du \° les libaniotes ou habitants du mont Liban, étaient encore idolâtres, et qu'ils furent convertis au christianisme par les exhortations de saint Siméon Stylite, mort l'an 459. Jusque vers la lin du vu° siècle, on ne voit pas qu'ils aient eu aucune relation avec le monastère de Saint-Maron, qui était assez éloigné d'eux. A cette époque, l'armée de l'empereur de Constantinople étant entrée en Syrie, détruisit ce monastère; l'un des moines, nommé Jean Maron, écrivit un livre intitulé Libellus fidei ad Libaniotas, dans lequel il combattit les erreurs dos nestoriens et des eutychiens, dont ces peuples étaient alors infectés. Comme il était évèque, il instruisit et gouverna les libaniotes jusqu'à sa mort, arrivée l'an 707 ; il paraît que c'est depuis ce temps-là qu'ils ont été appelés maronites. Il se peut faire cependant que, dans l'origine, ce terme syriaque ait signilié [montagnards, puisqu'il y a un mont Maurus qui fait partie de la chaîne du Liban. Volney, dans son Voyage en Syrie et en Egypte, fait l'histoire des maronites, avec quelques circonstances différentes ; mais il s'accorde pour le fond avec ce que nous venons de dire, t. 2, c. 24, § 2.
Il est encore prouvé qu'au milieu du v]ii e siècle les maronites du mont Liban étaient engagés dans l'erreur des monothêlites ; mais l'an 1182, ils firent abjuration de cette hérésie entre les mains d'Aiméric, patriarche d'Antioehe, Depuis ce temps-là, plusieurs adhérèrent au schisme des Grecs, mais enfin au xvi e siècle, sous Grégoire XIII et Clément VIII, ils se réunirent à l'Eglise romaine, et ils persévérèrent dans leur soumission au saint Siège.
Quoique plusieurs de leurs anciens livres aient été corrompus par les Syriens jacobites, ils en ont cependant conservé plusieurs qui sont absolument exempts d'erreur. Ils se servent des mêmes liturgies que les jacobites, parce qu'elles n'ont pas été altérées. Le Brun, Explie, des ce-
rém, de la messe t 4. n ok „i U« pr. fe,,i„ n dêfo'i £ £,1 s