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vol, in-8. M. Henri Martin a depuis longtemps résumé sous ce titre : De la France, de son génie et de ses destitues, les idées philosophiques qui ressortent, selon lui, de ses études liistoriques. Il est le chef aujourd'hui de ce qu'on a appelé l'école druidique, dont le système sur la vie future est à peu près celui de Jean Reynaud dans Terre et Ciel.
Le Nom.
MARTIN (Théodore -Henri). — [Thêol. hist. biog. et bibliog.) — Ce philosophe français, né à Bellesme.
(Orne) en 1813, professeur de littérature à la faculté des lettres de Rennes depuis 1836 et aujourd'hui doyen de cette faculté, a publié :
Etudes sicr le Timèe de Platon, Paris 2 vol. in-8, 1841; Philosophie spiritualiste de la nature; Introduction à l'histoire des sciences physiques dans l'antiquité, 2 vol. in-8, Paris, 1849; la Vie future selon les dogmes du christianisme, in-12, Paris 1855; Examen d'un problème de Théodicée, in-8, 1 859 ; les Superstitions dangereuses pour les sciences, in-8°, 1863; la Foudre, l'Electricité et le Magnétisme chez les anciens, in-8°, 1866; Galilée, les Droits de la science et la Méthode des sciences physiques; in-18, 1868; Newton défendu contre un faussaire anglais, 1869; etc.
C'est cet auteur même que nous citons dans notre dissertation préliminaire, à propos de la condamnation de Galilée. M. Martin est un écrivain catholique dont la plume plaît par son honnêteté, par sa science et par son genre littéraire. Les écrivains de cette sorte ont d'autant plus de mérite qu'ils sont devenus plus rares .
Le Nom.
MARTINET (l'abbé A). {Théol. hist.
biog. et bibliog.) — Cet auteur du xa° siècle, né à Quiége (Savoie), en 1802, docteur en théologie depuis 1835, a publié beaucoup d'ouvrages; nous citerons :
Concordia rationis et fidei contra vc-
teres nuperosque rationalistas, et de
la Perfectibilité humaine, 1 835 ; Thèses ;
Platon-Polichinelle, 1840-1841; Solu-
tion de grands problèmes, 1813 ; Réflexions de Polichinelle, 1847; les Idées d'un catholique, 1847 ; Statolatrie ouCommunisme légal, 1848 ; l'Art d'apprendre en riant des choses fort sérieuses, in-8, 1849; l'Emmanuel ou le Remède à tous nos maux, 1849; Des affaires de l'Italie, 1849; la Science de la vie, 2 vol. 1820; le Réveil du peuple, 1 850 ; l'Arche du peuple, 2 vol.
1851 ; la Philosophie du catéchisme catholique, in-8, 1853; Etude sur la méthode d'enseignement, 1856; Institutiones théologien;, 8 vol. in-8, 1859 ; etc.
Ce dernier ouvrage est l'œuvre sérieuse de M. Martinet; la Quarta pars seu theologia moralis, ajoute à elle seule 4 vol. dont le premier a paru en 1867.
Nous en citons quelque chose avec éloge dans ce dictionnaire, Art. Mensonge ; mais il convient de dire que ce théologien n'a pas été sans jeter, à soii insu sans doute, quelques planches au positivisme contemporain, par des publications anti-philosophiques; plusieurs de ses ouvrages sont signés Platon-Polichinelle, 'ou : par l'auteur de Platon-Polichinelle.
Le Nom.
MARTYR. Ce nom signifie témoins; il désigne un homme qui a souffert des supplices, et même la mort, pour rendre témoignage de la vérité de la religion qu'il professe. On le donne par excellence à ceux qui ont sacrilié leur vie pour attester la vérité des faits sur lesquels le christianisme est fondé.
En chargeant les apôtres de prêcher l'Evangile, Jésus-Christ leur dit: « Vous serez mes témoins à Jéru- » salem, dans toute la Judée et la » Samarie, jusqu'aux extrémités de » la terre. ? Act., c. I , f 8. Déjà il leur avait dit : « L'on vous tourmen- » tera et on vous ôlera la vie, et » vous serez odieux à toutes les na- » tions, à cause de mon nom. Matth., » c. 24, f 9; ne craignez point ceux » qui peuvent tuer le corps, et ne » peuvent pas tuer l'âme... Si quel- » qu'un me confesse devant le » hommes, je le confesserai devan » mon Père qui est au ciel; mais s"- » quelqu'un me renie devant les » hommes, je le renierai devant mon
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qner la cruauté des bourreaux; ils ont étalé les raisons ou plutôt les prétextes sur lesquels on les poursuivait à mort ; ils ont ainsi fait l'apologie de la cruauté des persécuteurs : ensuite ils viennent gravement nous dire que cependant l'on n'a supplicié qu'un petit nombre de chrétiens. Dans ce cas, les empereurs, les gouverneurs de province, les magistrats, étaient des insensés, qui se laissaient insulter, souffraient que l'ordre public fût impunément troublé, ne tenaient aucun compte des cris tumultueux du peuple, qui demandait que les chrétiens athées, impies, scélérats, fussent exterminés. Voilà un phénomène bien singulier.
L'on sait aussi à quoi s'en tenir sur la douceur, la police, le bon ordre qui régnaient chez les Romains ; s'il y eut jamais des monstres de cruauté, ce furent Néron, Domitien, Caligula, Maximien, Maximin, Licinius, etc.
Les empereurs même dont on nous vante la clémence, laissèrent la plus grande liberté aux gouverneurs de province; et ceux-ei, pour se rendre agréables au peuple, lui permirent d'assouvir sa fureur contre les chrétiens. Nous voyons, par la lettre de Pline à Trajan, qu'il n'y avait aucune règle établie pour les jugements, aucune borne iixée pour les supplices qu'on leur faisait subir. Tl ne sert donc à rien de compter le nombre des persécutions ordonnées par des édits, puisque, dans les intervalles, il y eut encore un grand nombre do chrétiens mis à mort.
On abuse évidemment du passage d'Origène, et l'on allécle d'en supprimer Jes dernières paroles qui eu déterminent le sens; elle prouvent que le nombre des martyrs fut peu considérable, en comparaison des chrétiens qui furent conservés, Dieu ne voulant pas que cette race d'hommes fût entièrement détruite ; il ne s'ensuit pas que ce nombre ne fut très-grand en lui-même. D'ailleurs Origène écrivait avant l'an 250, plusieurs années avant la persécution de Dèce : or, ce fut pendant les soixante années suivantes que le carnage fut le plus (-'■'•■i.'-ral. Origène, qui vivait dans la i'itk^ime, ne pouvait pas connaître le
nombre des martyrs qui avaient souffert dans l'Occident. 11 prévovait lui-même que la tranquillité dont jouissaient alors les chrétiens ne durerait pas. Ibid., 1. 3, n. 14.
Mais il faut des preuves positives, et nous en avons de plus solides que les conjectures de Dodwel.
Pour le premier siècle, le martyre de. saint Pierre, de saint Paul, celui des deux saints Jacques, de saint Etienne et de saint Siméon, sont prouvés, ou par les actes des apôtres, ou par les écrits des plus anciens Pères. Saint Clément de Rome, après avoir parlé de la mort de saint Pierre et de saint Paul, dit : « Ces hommes » divins ont été suivis par une grande » multitude d'élus, qui ont souffert les » outrages et les tourments pour « nous donner l'exemple. » Epist. {, il. 6. Saint Polycarpe, dans sa Lettre aux Philippiims, leur propose de même l'exemple des bienheureux Ignace, Zozime et Rufe, même de saint Paul et des autres apôtres, qui sont tous dans le Seigneur, avec lequel ils ont souffert, cum quo et passi sunt. Saint Clément d'Alexandrie, Strom., 1. 4, c. 5, dit que les apôtres sont morts comme Jésus-Christ, pour les églises qu'ils avaient fondées. Ceux qui ont écrit, que le martyre de la plupart des apôtres n'est pas certain, étaient fort mal instruits.
Tacite, Annal., 1. 1S, c. 44, nous apprend « que Néron fit mourir par » des supplices recherchés, des » hommes détestés pour leurs crimes, » et que le vulgaire nommait chré- » tiens. Leur superstition, dit-il, déjà » réprimée auparavant, pullulait de » nouveau. L'on punit d'abord ceux » qui s'avouaient chrétiens, et par » leur confession l'on en découvrit » une grande multitude, multitudo » ingens, qui furent moins convain- » eus d'avoir mis le feu à Rome, que » d'être haïs du genre humain. »
Nous aurons encore plus d'une fois occasion de citer ce passage.
Pour en éluder la force, Dodwel dit que cette persécution n'eut pas lieu, hors de Rome. Comment donc Tacite savait-il que les chrétiens étaient détestés du genre humain, si on ne les poursuivait qu'à Rome ? Ce n'est pas
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là que tous les apôtres et le ; autres disciples du Sauveur ont été mis à mort. Selon Tacite, cette superstition avait été déjà réprimée auparavant; il parle évidemment de l'édit par lequel Claude, prédécesseur de Néron, avait banni de Rome les Juifs, qui, au rapport de Suétone, y faisaient du bruit à l'instigation du Christ, impulsore Chrislo. On ne peut méconnaître, sous ce nom, les chrétiens qui pour lors étaient confondus avec les juifs.
Sueton. in Claud., Act. cap. 18, ^ 2.
Dans le second siècle, Pline écrit à Trajan que si l'on continue à punir les chrétiens, une infinité de personnes de tout âge, de tout sexe, de toute condition, se trouveront en danger, puisqu'on lui en a déféré un très-grand nombre , et que cette superstition est répandue dans les villes et dans les campagnes. Trajan lui répond qu'il ne faut pas rechercher les chrétiens, mais que, s'ils sont accusés et convaincus, il faut les punir. Plin., 1. 10, Epist. 97 et 98.
Ce prince si débonnaire n'est point effrayé de la multitude de ceux qui périront, et nous pouvons juger si l'on cessa de déférer au tribunal de Pline des hommes détestés du yenre humain ; il atteste cependant qu'il ne les a trouvés coupables d'aucun crime.
Les fidèles de Smyrne s'excitent au martyre, à l'exemple de leur évèque saint Polycarpe; lui-même leur avait fait cette leçon : elle n'aurait pas été nécessaire, s'il n'y avait eu qu'un petit nombre de chrétiens mis à mort, et s'il n'y avait pas eu danger pour tous. Lettre de l'église de Smyrne, n. 17 et 18.
La Chronique des Samaritains porte qu'Adrien, successeur de Trajan, fit mourir en Egypte un grand nombre de chrétiens. Celse, qui écrivait sous Marc-Aurèle, nous apprend que la persécution durait encore sous ce règne. Orig. contre Celse, 1. 8, c. 39, 43, 48, etc. Un chronologiste juif le confirme et parle de même du règne de Commode. Si. les supplices n'avaient pas continué sous les Antonius, saint Justin et Athénagore auraientils osé se plaindre à eux de ce qu'ils n'usaient pas envers les chrétiens de
la justice qu'ils exerçaient envers tous les hommes ?
Dodwel prétend qu' Athénagore ne parle point de morts ni de supplices, mais seulement de vexations, d'exils, de peines pécuniaires. 11 n'a pas daigné lire le texte. « Nous vous sup- » plions, dit Athénagore, de ne pas » souffrir que des imposteurs nous » ôtent la vie. Après nous avoir dê- » pouiilés de nos biens , auxquels » nous renonçons volontiers, ils en » veulent encore à nos corps et à » notre vie, etc. » Legatio pro chiïstianis., n. 1. Que prouvent la philosophie de ces princes, leurs vertus et leur douceur prétendue?
Le troisième siècle olfre des scènes plus sanglantes. Sans parler du caractère farouche et sanguinaire de Septime-Sévère, de Caracalla, d'Héliogabale et de Maximin, ceux qui furent moins cruels ne laissèrent pas de sévir contre les chrétiens. Lampride rapporte qu'Alexandre-Sévère voulut bâtir un temple à Jésus-Christ; mais on l'en détourna, en lui représentant que s'il le faisait , tout le monde embrasserait le christianisme, et que tous les autres temples seraient déserts : conséquemment SpVirtien écrit que cet empereur défendit à ses sujets d'embrasser le judaïsme ni le christianisme. On sait de quels troubles son règne fut suivi, et de quelle manière Maximin, son successeur et son ennemi, traita les chrétiens; c'est alors qu'Origène écrivit son Exhortation au martyre, afin d'encourager les fidèles. Lui-même fut tourmenté pendant la persécution de Dèce; et sa mort, arrivée trois ou quatre ans après, fut une suite de ce qu'il avait souffert dans sa prison.
On dira, sans doute, que l'histoire de cette persécution, tracée par Eusèbe, Ilist. ccclcsiast., 1. 6. c. 39 cl suiv., exagère les faits; mais il cihj les témoins oculaires de ce qu'il rapporte. Une grande partie des chrétiens d'Egypte s'enfuit on Arabie, d'autres se sauvèrent dans les déserl-, et y périrent de misère; outre ceux qui furent condamnés à mort par les juges, un grand nombre furent mis en pièces par les païens furieux, itr.
On peut juger par là de ce qui arriva
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