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vrarte iniilulé Seorjtiace$î etc. Mais en combattant contre uue erreur, ils n'ont pas favorisé l'autre. Saint Clément d'Alexandrie, dans ce même chapitre, dit que cens qui cherchent la mort de propos délibéré, ne sont chrétiens que de nom, qu'ils ne connussent pas le vrai Dieu, qu'ils désirent la destruclion de leur corps en haine du Créateur. 11 désigne évidemment les marcionites, et dans le chapitre 10, il dit que ces gens-là sont homicides d'eux-mêmes; que s'ils provoquent la colère des juges, ils ressemblent à ceux qui veulent irriter une hête féroce, etc. Origènc adresse son exhortation principalement aux ministres de l'Eglise, et c'est aussi pour eux que Tertullien écrivit son livre de la Fuite pendant ks persécutions.
Origène, dans tout son livre, n'emploie que des preuves et des motifs tirés de l'Ecriture sainte; il ne parle point du culte ni des honneurs que l'on rendait aux martyrs dans ce monde, mais seulement de la gloire dont ils jouissent dans le ciel.
Dans la lettre de l'église deSmyrne, touchant le martyre de saint Polycarpe, n. 4, on désapprouve ceux qui vont se dénoncer eux-mêmes, parce que l'Evangile ne l'ordonne point ainsi. Le concile d'Elvire, tenu l'an 300, eau." 60, décide que, si quelqu'un hrisc les idoles et se fait tuer, il ne doit point être mis au nombre des martyrs. Saint Augustin soutint de même, contre les donatistes, que leurs circoncellions, qui se faisaient tuer, n'étaient point de vrais martyrs, mais des forcenés ; que c'était la cause et non la peine qui fait le vrai martyr.
D'autre part, le concile de Gangres, tenu entre l'an 32o et l'an 341 , can. 20, dit anathèmo à ceux qui condamnent les assemblées que l'on tient au tombeau des martyrs, et les services que l'on y célèbre, et qui ont leur mémoire en horreur. C'étaient, sans doute, des manichéens.
Les Pères et les conciles ont donc tenu un sage milieu entre l'impiété de ceux qui blâmaient le martyre, et la témérité de ceux qui le recherchaient sans nécessité.
Si Rarbeyrar, ses maîtres, et les incrédules ses copistes, avaient daigné faire ces réflexions, ils n'auraient pas accusé les Pères d'avoir souffle le fanatisme àamartyra, ni les chrétiens d'y avoir couru les yeux fermés. Si une ou deux fois danstrois cents ans, ils sont allés en foule se présenter aux juges, il est évident que leur dessein n'était pas de courir à la mort, mais de démontrer aux magislrats l'inutilité de leur cruauté, et de les engager à se désister do la persécution.
C'est ce que Tertullien représentailà Scapula, gouverneur de Cartilage. Il ne faut pas confondre les chrétiens en général, avec des hérétiques ennemis du christianisme ; les reproches des païens ne prouvent pas plus que les calomnies des incrédules modernes.
Mosheim, Institut. Hist. christ., sect. 1, l r0 part., chap. 6, § 17, exagère les privilèges et les honneurs que l'on rendait aux martyrs et aux confesseurs, soit pendant leur vie, soit après leur mort; il en résulta, dit-il, de grands abus. Il ne cite en preuves que les plaintes de sair.t Cyprienàce sujet. Mais quand il y aurait eu des abus dans l'église d'Afrique, cela ne prouve pas qu'il y en avait de même partout ailleurs; l'usage des protestants est de voir de l'abus dans tout ce qui leur déplaît.
Dans un autre ouvrage, il accuse les martyrs d'avoir pens<> qu'ils expiaient leurs péchés par leur propre sang, et non par celui de Jésus-Christ, et il dit que c'était la croyance commune, Hist. christ., saec. I, § 32; il cite pour preuve Clément d'Alexandrie, Strom., I. 4. p. 59(5. A la véri é ce Père dit que la résolution d fesser Jésus-Christ, en bravant la mort, détruit tous les vices nés des passions du corps; mais il pense si peu que cela se l'ait sans égard au sang de Jésus-Christ, qu'il rapporte, page suivante, les paroles du Sauveur: Satan a désiré de vous cribler, 7nais j'ai prié pour vous. Luc, cap. 22,
V. Le témoignage des marlij une preuve solide de la divin' christianisme. Cela se comproi que l'on conçoit la signilicalion du
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terme de martyr ou de témoin, cl la nature des preuves que doit avoir une religion révélée.
Dans tous les tribunaux de l'univers, la preuve par témoins est admise , lorsqu'il s'agit de constater des faits, parce que les faits ne peuvent pas être prouvés autrement que par des témoignages ; elle n'a plus heu lorsqu'il est question d'un droit ou du sens d'une loi, parce qu'alors c'est une affaire d'opinion et de raisonnement. Or, que Dieu ait révélé tels ou tels dogmes, c'est un fait, et non une question spéculative qui puisse se décider par des convenances et par des conjectures.
Pour prouver que le christianisme est une religion révélée de Dieu, il fallait démontrer que Jésus-Christ, son fondateur, était revêtu d'une mission divine, qu'il avait prêché dans la Judée, qu'il avait fait des miracles et des prophéties, qu'il était mort, ressuscité et monté au ciel; qu'il avait tenu telle conduite sur là terre, qu'il avait envoyé le Saint- Esprit à ses apôtres, qu'il avait enseigné telle doctrine. Voilà les faits que Jésus-Christ avait chargé ses apôtres d'attester, en leur disant :
Vous me servirez de témoins, eritis mihi testes, Act., c. 1,^8. C'est ce que faisaient les apôtres, en disant aux fidèles : « Nous vous annonçons » ce que nous avons vu de nos yeux, » ce que nous avons entendu, ce que » nousavons considéré attentivement, » ce que nos mains ont touché, con- » cernant le Verbe de vie qui s'est » montré parmi nous. » I Joan ., c. 1, f i. Ce témoignage était-il récusable, surtout lorsque les apôtres eurent donné leur vie pour en confirmer la vérité ?
. Les fidèles convertis par les apôtres n avaient pas vu Jésus-Christ, mais ils avaient vu les apôtres faire euxmêmes des miracles pour confirmer leur prédication, et montrer en eux les mêmes signes de mission divine dont leur maitre avait été revêtu. Ces hdèles pouvaient donc aussi attester ces faits; en mourant pour sceller la y enté de leur témoignage, ils étaient bien sûrs de n'être pas trompés.
Ceux qui sont venus dans la suite
n'avaient peut-être vu ni miracles ni martyrs; mais ils en voyaient les monuments, et ces monuments dureront «"tant que l'Eglise : en souffrant le hiartyre, ils sont morts pour unercli- !'">n qu'ils savaient être prouvée par 1rs faits incontestables dont nmis avons parlé, et que les témoins oculaires avaient signés de leur sang; qu'ils voyaient revêtue d'ailleurs de' tous les caractères de divinité que l'on peut exiger. Que manque-t-il à leur témoignage pour être digne de foi?
Malgré les fausses subtilités des incrédules, il est démontré que les faits évangéliques sont aussi certains par rapport à nous, qu'ils l'étaient poulies apôtres qui les avaient vus. Voyez Certitude morale. Un martyr, qui mourrait aujourd'hui pour attester ers faits, serait donc aussi assuré de n'être pas trompé que l'étaient les apôtres; son témoignage serait donc aussi fort, en faveur de ces faits, que celui des apôtres. Tel est l'effet de la certitude morale continuée pendant dix-sept siècles ; telle est la chaîne de tradition qui rend à la vérité des faits évangéliques un témoignage immortel, et qui en portera la conviction jusqu'aux dernières générations de l'univers. « Le rrai martyr, dit un » déiste, est celui qui meurt pour un » culte dont la vérité lui est démon- » trée. » Or, il n'est point de démonstration plus convaincante et plus infaillible que celle des faits.
A présent nous demandons dans quelle religion de l'univers on peut citer des martyrs, c'est-à-dire des hommes capables de rendre un 1émoignagc semblable à celui que nous venons d'exposer. On nous allècue des protestants, des albigeois, "des montanistes, des mahométans, dos athées même, qui ont mieux aimé mourir que de démordre de leurs opinions.
Qu'avaient-ils vu et entendu? que pouvaient-ils attester? Les huguenots avaient vu Luther, Calvin, ou leurs disciples se révolter contre l'Eglise, gagner des prosélytes, faire avec eux bande à part, remplir l'Europe de tumulte et de séditions ; ils les avaient entendus déclamer contre les pasteurs
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«Coliques, les accuser d'avoirchaneé
a doctrine de Jésus-Christ, perverti
le sens des Ecritures, intrôff des
erreurs et des abus. Ils les av-iienï
iuassé es mêmes opinions: mais avaient-ils vu les prédicants faire des
S r plus S s e ecr d p e t S P Pr0phétieS ' déc0 ^
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,'„„;( r „ , ' '""" ue quoi 11
Pas S snW L USUen ,° ts d ' aiU eurs n'ont
Fa vérî^L SUP f h ? eS P ° Ur attester ia 1 ente de leur doctrine, mais parce
qu'ils étaient coupables de révolte
de sédition, de brigandage' souvent
de meurtres et d'incendies
aiit . P ?, eSt -r PeU près de mêm e des et ^ h JHt qnf ?' des mahométans évité Ip eeS ,' k P . h,part «"""aient Ils nn n P ( p,1Ce '„ sils ravaie "t pu.
Ils sont morts, si l'on veut, pour témoigner qu'ils croyaient fermement la doctrine qu'on leur avait enSe ou. qu'ils prêchaient eux-mêmes-
apôtres . « Nous ne pouvons nous » dispenser de publier ce que nous
-avons vu et entendu? ,>aV,c. 4 V 20. La religion catholique est la seule dans laquelle il puisse y avoir de vrais martyrs, de vrais témoins Parce que c'est là seule qui se fondé
ae la tradition, soit pour les faits soit pour les dogme/. Lor que les
des nrffc * COnstance ' l'opiniâtreté
lie on ir« d Z mm y rs des failss e s religions, ils démontrent qu'ils n'en-
Sl.^ SCUlement ^ at d " a
ZÏÏÏ J > l f llme > l°><al>le et bien ! ahut V St nilme '"Pétition, ni Uernel des martyre est fondée sur la
rœ S H-fT e,1 - e de J ésus ê Chnst • Celui, dit-il, qui perdra la vie pour
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mystères sur leur tombeau nous e voyons par les actes du martyre £ ^& E 1. deSaintP0l ^Pe e
S^r u TJ oa !? ir , d ' interc ^»;
se est un abus de les invomier et d honorer les restes de leurs coL nous demandons en quoi consK
leur a promis, /a puissance qu'il leur a donnée sur ïoa& fc» noS et™
cici. Four se débarrasser de cette preuve, les calvinistes ont jugé que
lv„ï US îi C0Urt ^ tait d ° «Jeter l'Vâ- Ivpse. Ils ne répondent rien aut promesses de Jésus-Christ, et ils Vous dsent gravement que le culte de martyrs n est fondé sur aucun passage de l Ecriture sainte; que c'est un usage emprunté des païens, qui honora.en ainsi leurs braves et leurs héros Avons-nous aussi emprunté
a eux 1 usage de donner une sépulture honorable aux citoyens qui ont utilement servi leur patrie'
Lorst[ U 'ilso„[ rael ,é leur fureur contre Tes reliques des martyrs et des autres saints, ils ont travaillé à détruire des monuments que les premiers fidèles regardaient comme une oes plus fortes preuves do In divinité nu christianisme. Ils ont imité la conduite des païens, qui anéantissaient, autant qu ils pouvaient, les reste; des corps des martyrs, afin que les rlirétiens ne pussent les recueillir el çs honorer. M.iis il était de leur intérêt de supprimer ce témoignage trop éloquent; l'usage établi depuis
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le commencement, de ne regarder comme vrais martyrs que ceux qui étaient morts dans l'unité de l'Eglise, était une condamnation trop claire du schisme des protestants.
Julien, qui déclamait comme eux contre le culte rendu aux martyrs, était plus à portée qu'eux d'en connaître l'origine et l'antiquité; il pense i qu'avant la mort de saint Jean l'évangéliste, les tombeaux de saint Pierre et de saint Paul étaient déjà honorés en secret, et que ce sont les apôtres qui ont appris aux chrétiens à veiller au tombeau des martyrs. Saint Cyrille, contre Julien, 1. 10, p. 327, 334.
Et comme il était constant que Dieu confirmait ce culte par les miracles qui s'opéraient au tombeau des martyrs, Porphyre les attribuait aux prestiges du démon: saint Jérôme, contre Vigilance, p. 286. Beausobre soutient que c'étaient des impostures et des fourberies. Les protestants, qui ont prétendu que ce culte n'a commencé que sur la fin du troisième ou au commencement du quatrième siècle, étaient très-mal instruits ; il est aussi ancien que l'Eglise : on n'a fait alors que suivre ce qui avait été établi auparavant, et du temps même des apôtres-, nous le verrons dans un moment. Mosheim semble convenir que le culte des martyrs a commencé dès le premier siècle. Hist. christ., sœc. 1, § 32, note.
Un des principaux reproches que l'on fait aux chrétiens du quatrième siècle, c'est d'avoir transporté les reliques des martyrs hors de leurs tombeaux, de les avoir partagées pour en donner à plusieurs églises. 11 faudrait donc aussi blâmer les fidèles du second siècle, qui transportèrent à Antioche les restes des os de saint Ignace qui n'avaient pas été consumés par le feu, et ceux de Smyrne, qui recueillirent de même les os de saint Polycarpe.
Mais, disent nos censeurs, il en est résulté des abus dans la suite ; on a forgé de fausses reliques et de faux miracles, on a rendu aux martyrs le même culte qu'à Jésus-Christ.
C'est une des plainlcs de Beausobre; il n'a rien omis pour rendre odieux le culte que nous rendons aux
martyrs ; il en a recherché l'origine ; il l'a comparé avec celui que les païens adressaient aux dieux et aux mânes des héros ; il en a exagéré les abus, Hist. du manich., 1. 9, c.
3, § 5 et suiv. Ces trois articles méritent quelques moments d'examen.
Suivant son opinion, le culte religieux des martyrs s'est établi d'abord par le soin qu'avaient les premiers chrétiens d'ensevelii - les morts; ils jugeaient les martyrs encore plus dignes d'une sépulture honorable que les autres morts ; cependant on ne les enterrait pas dans les églises; ensuite parla coutume défaire l'éloge des justes défunts, et de célébrer leur mémoire, surtout au jour anniversaire de leur décès ; double usage, dit-il, qui était imitédes Juifs. Cependant les anniversaires des martyrs ne commencèrent que vers l'an 170. On célébrait le service divin auprès de leur tombeau, mais on ne les priait pas ; l'on se bornait à louer et à remercier Dieu des grâces qu'il leur avait accordées. En parlant de l'empressement qu'eurent les chrétiens de transporter à Antioche les os de saint Ignace, l'an 107, il pense que ce zèle était nouveau. On remarque, dit-il, dans les chrétiens une affection pour le corps des martyrs, qui parait trop humaine ; on serait bien aise de les voir un peu philosophes sur l'article de la sépulture; mais c'est une petite faiblesse qu'il faut excuser.
Comme l'ancienne Eglise n'avait point d'autels, onne commença d'en placer sur les tombeaux des martyrs qu'au iv e siècle, lorsque la paix eut été donnée à l'Eglise ; et les translations de reliques n'eurent lieu que sur la fin de ce même siècle. Bientôt les honneurs accordés aux martyrs et à leurs cendres devinrent excessifs; on publia une multitude de miracles opérés par ces reliques, etc.
Heureusement pour nous toute cette savante théorie se trouve réfutée par les monuments, et c'est de l'érudition prodiguée à pure perte.
Quand le livre de l'Apocalypse n'aurait pas été écrit par saint Jean, l'on n'a du moins jamais osé nier qu'il n'ait été fait sur la fin du i or siècle, ou tout au commencement du second.
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Nous y trouvons le plan des assemblées chrétiennes, tracé sous l'image de la gloire éternelle; et c. 6, f 9, il est dit : « Je vis sons l'autel les âmes » de ceux qui ont été mis à mort » pour la parole de Dieu, et pour le » témoignage qu'ils rendaient. » On n'a pas oublié que martyr et témoin, c'est la même chose. Voilà donc, dès les temps apostoliques, les martyrs placés sous l'autel, dans les églises ou dans les assemblées des chrétiens; l'on n'a donc pas attendu jusqu'au iv° siècle pour introduire cet usage.
JN'est-cepds déjà un signe assez clair d'un culte religieux ? L'empereur Julien avait-il tort, de penser que déjà, du temps de saint Jean l'évangéliste, les tombeaux de saint Pierre et de saint Paul avaient été honorés?
L'an 107, les actes du martyre de saint Ignace nous apprennent qu'il avait désiré que tout son corps fût consumé, de peur que les iidèles ne fussent inquiétés pour avoir recueilli ses reliques ; il savait donc que c'était l'usage des premiers chrétiens. Les écrivains de ces actes ajoutent : a II » ne restait que les plus dures de ses » saintes reliques qui ont été recueil- » lies dans un linge, et transportées » à Antioche comme un trésor ines- » limable, et laissées à la sainte église » par respect pour ce martyr... Après » avoir longtemps prié le Seigneur, » et nous être endormis, les uns de » nous ont vu le bienheureux Ignace i qui se présentait à nous, et nous » embrassait ; les autres l'ont vu qui » priait avec nous, ou pour nous, » fcreuyôjisvov -f,iiiv... Nous vous avons » marqué le jour et le temps, atin » que rassemblés dans le temps de » son martyre, nous attestions notre » communion avec ce généreux ath- » lète de Jésus-Christ. » Ainsi, sept ans après la mort de saint Jean, la coutume était établie de recueillir les reliques des martyrs, de les garder comme un trésor, de les placer dans le lieu où les fidèles s'assemblaient, de célébrer comme une fête l'anniversaire de ces généreux athlètes, et tout cela était fondé sur la persuasion où l'on était qu'ils priaient poumons ou avec nous, et sur le désir que l'on avait d'être en communion avec eux.
Voilà, aux yeux des protestants, de terribles superstitions , pratiquées par les disciples immédiats des apôtres : il faut que ces envoyés de Jésus-Christ aient bien mal instruit leurs prosélytes. Mais ce sont de petites faiblesses que nos censeurs veulent bien excuser par grâce ; en fermant les yeux sur les expressions de ces premiers chrétiens, en reculant la date de leurs usages jusqu'au ive siècle, le scandale sera réparé.
Les protestants, devenus philosophes sur l'article de la sépulture, ont trouvé bon de brûler et de [profaner ce qu'avaient recueilli précieusement les premiers chrétiens. Mais puisque ceux-ci n'étaient pas philosophes, il se peut faire que les protestants philosophes du xvi° siècle n'aient plus été chrétiens.
Au milieu du n° siècle, l'an 169, l'église de Smyrne dit, dans les actes du martyre de saint Polycarpe, n. 17 : « L'ennemi du salut s'efforça » de nous empêcher d'en emportée » les reliques, quoique plusieurs dé- » sirassent de le faire, et de coinnm- » niquer avec ce saint corps... Il lit » suggérer au proconsul par les juifs, » de défendre que ce corps ne nous » fût livré pour l'ensevelir, de peur, » disaient-ils, qu'ils ne quittent le cru- » cipA pour adorer celui-ci... Cesgens- » là ne savaient pas qu'il nous est » impossible d'abandonner jamais » Jésus Christ, qui a souffert pour » notre salut, et d'en honorer au- » cun autre. En effet, nous l'ado- » rons comme Fils de Dieu, et nous » aimons avec raison les martyrs, » comme disciples et imitateurs du » Seigneur, à cause de leur attache- » meut pour leur roi et leur maitre, » et plaise à Dieu que nous soyons » leurs consorts et leurscondkciples...
» Après que le corps du saint martyr » a été brûlé, nous avons recueilli ses » os, pins précieux que l'or et les » pierreries, et nous les avons placés » où il convenait. Dans ce lieu même, » lorsque nous pourrons nous y as- » sembler, Dieu nous fera la grâce » d'y célébrer avec joie et consolation » le jour de son martyre, afin de re- » nouveler la mémoire de ceux qui » ont combattu, d'instruire et d'exci-
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» ter ceux qui viendront après nous.»
Il est aisé de voir la conformité j .rfaite de ces actes avec ceux du martyre de saint Ignace ; il n'est donc pas vrai que les anniversaires des martyrs et l'usage de placer leurs reliques dans des lieux d'assemblées des fidèles, datent seulement de l'an 169, époque de la mort de saint Polycarpe. Il est absurde d'observer que l'on n'enterrait pas les martyrs dans les églises, lorsqu'il n'y avait point encore d'édifices nommés églises ; on les enterrait, ou on les plaçait dans un lieuconvenable, pour y tenir les églises ou les assemblées ; ainsi les tombeaux des martyrs |sont devenus des églises, depuis le cotnmoncement du second siècle au plus tard. 11 est faux que l'ancienne Eglise n'ait point eu d'autels, puisqu'il en est parlé dans saint Paul et dans l'Apocalypse. Voyez Autel. Il l'est que les translations des reliques n'aient commencé qu'à la fin du IV e siècle, puisque les reliques de saint Ignace furent transportées à Antiocbe. Si l'on ne priait pas les martyrs, nous demandons en quoi consiste la communication que l'on désirait d'avoir avec eux par le moyen de leur corps ou de leurs reliques.
Voyez Saint, § 2 et 3.
Mais les protestants triompbent parce que les Smyrniens disent, nous adorons Jésus-Christ et nous aimons les martyrs; or, les aimer, ce n'est pas leur rendre un culte religieux ; les fidèles déclarent même qu'ils ne peuvent rendre de culte à aucun autre qu'à Jésus-Cbrist. Voyez Commémoration.
Nous convenons qu'ils ne pouvaient rendre à aucun autre le même culte qu'à Jésus-Cbrist; que ce soit là le vrai sens, on le verra dans un moment. Mais pour savoir si l'amour pour les martyrs, exprimé et témoigné par les usages dont nous venons de parler, n'était pas un culte et un culte religieux, il faut d'abord examiner les principes que Beausobre a posés à ce sujet.
Il appelle culte civil celui qui s'observe entre des hommes égaux par nature, mais parmi lesquels le mérite et l'autorité mettent de la différence,
1. 9, c. S, § 6. Donc, lorsque, malgré l'égalité de la nature, Dieu a mis entre eux de l'inégalité par les dons de la grâce ; qu'il a daigné accorder aux uns une dignité, une autorisé, un pouvoir surnaturel que n'ont pas les autres, les honneurs rendus à ces personnages privilégiés ne sont plus un culte civil, puisqu'ils ont pour motif des qualités et des avantages que la nature ni la société civile ne peuvent accorder. Donc c'est le motif seul qui décide et qui fait juger si un culte, un honneur quelconque, est civil ou religieux.
Beausobre embrouille la question ; lorsqu'il déiinit le culte religieux, celui qui fait partie de l'honneur que les hommes rendent au souverain Etre ; cette définition est fausse. Prier, fléchir les genoux, se prosterner, sont des actes qui font partie de l'honneur dû à Dieu ; sont-ils pour cela un culte religieux, lorsqu'on les emploie à l'égard des princes et des grands? Beausobre convient que non.
Donc les différentes espèces de culte ne. sont point caractérisées par les personnes auxquelles on les rend, mais par le motif qui les fait rendre.
Nous n'avons pas d'autres signes extérieurs pour honorer Dieu que pour honorer les hommes, pour rendre le culte religieux que pour témoigner le culte civil, pour exprimer le culte divin et suprême que pour caractériser le culte inférieur et subordonné, pour désigner un culte absolu que pour indiquer un culte relatif; donc c'est le motif qui en . fait toute la différence. Si l'honneur rendu a pour motif un mérite, une autorité, un pouvoir, une prééminence relative à la société et à l'ordre civil, c'est un culte civil ; si c'est un pouvoir, une dignité, un mérite, relatifs à l'ordre de la grâce et du salut éternel, motif que la religion seule nous fait connaître et nous inspire, c'est un culte religieux. Toute autre notion serait trompeuse et fausse.
Donc il est faux que les mêmes cérémonies qui s'observent innocemment dans le culte civil à l'honneur d'une créature, ne soient plus permises dans le culte religieux, dès qu'elles ont pour objet la même créature,
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comme le prétend Beausobre. Voue*
Cl'LTE. « "
L'évidence de ces principes démontre le ridicule du parallèle qu'il
i ITl? r ire entr °' les donneurs 'que es catholiques rendent aux martyrs, à leurs reliques, à leurs images, et ceux que es païens rendaient aux dieux et à leurs idoles ; les uns et Tes autres
™7™ ° Dt f. m P )o y é Précisément les mêmes pratiques, les prières les
vœux, les offrandes, les Ltuespor!
ées en pompe les fleurs semées sur
e amï« UX ,' leSCierSeS aII "méset les lampes, les prosternements, les baisers respectueux, les fêles aceôm
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pagnees de festins, les veilles, etc I le. prouve par un détail fort long Mais a quoi sert tout cet étalage d'érudition ? Il fallait examinera les catholiques ont sur les martyrs la même opinion, les mêmes idées, les
avaient de leurs dieux; si les nre-
nat e u r re11 ribU - ntaUX ^^ lam ^e nature, les mêmes qualités, le même
pouvoir que les seconds supposaient
Or, la différence est sensible à tout omme qui n'est point aveuglé par 1 entêtement de système. Les païens ont regardé leurs dieux comme aulan d êtres suprêmes, au-dessus desquels Jls ne connaissaient rien, comme tous égaux en nature, tous revêts d un pouvoir indépendant quoiaue horné et qui n'avaient pointée compte à rendre de l'usage qu°ls en faisaient; nous le prouverons en son heu. Voyez Paganisme, § 3. Les catholiques, au contraire, regardent les martyrs et les autres saints comme de pures créatures, qui ont reçu de Dieu leur Créateur, 4 tout ce qu'elles
PÔ Ml 2\ CQ q , U ' elleS SOnt > te * dan»
J ordre de la nature que dans l'ordre de la grâce; qui ne peuvent rien l.uio ni nen donner par elles-mêmes mais seulement obtenir de Dieu de^
v,t : u 3 ^^ leUrS prières > non ^ v -r a U - S - méntes ' mais en venu des mérites de Jésus-Christ
oy« Intercession Donc il est m :
X' b i e . qUe ÏC - Culte ca tho)iq«'e eUe
culte pa ,en soient de même nature
et de même espèce. »«iure
Beausobre lui-même a nosé non, principe que île culte extérieur £55 nen autre chose que l'exnressi™!
sentiments d'estime, de 'vénéroUon de confiance, de crainte, dW* que Ion a pour un être que l'on -n croit digne; que ces sentiments on?
leur cause dans l'opinion W £'
être* P efS 0nS , 6t d » l'hoir de cet eue, et qu ils doivent y être nrn portionnés, lib. 9, c 4 s' 7 „!
Principe, il a décidé'^e le culte' rendu au soleil par les manichéen ' par les Perses, par les sabâneî p ar es essémens, n'était point un coite
point ici le lie'u C d'exa § miner C s e i "eS
décision est vraie ou fausse; mafs il
s ensuit toujours du principe posé
que ce n'est point par les silnes^x.
teneurs qu'il faut juger de if nature
du culte, que c'est par les sentiments
intérieurs et par les motifs de ceux
qui le rendent; sentiments fouiours
proportionnés à l'opinion qu'ils on"
du personnage ou de l'objet auquë
nontré Ddent I D ° nC ' P™?"'" «t d* montré que les catholiques n'ont point, a l'égard des martyrs, la même opinion que les pnïens avaient™
par la ressemblance des pratiques ^"^-^«"e^nnsetLauC ThL5 3t, 5 Ue Je même cu "e. Déjà I'K ret ' a ", cin iuième siècle de I Eglise, en a fait voir la différence
sTfrH^i'r™- 8 - Une autre abl r?n. 6 6St u e partir du mé me princ pe pour absoudre les manichéens,
vL& d condamne r les catholiques ^Paganisme, g 8. Une inconsé-
mènt !.r aU ^' palpabI ° est évidemment affectée et malicieuse
on P" a , nt a , 1 , aresse molance prétendue entre le culte rendu aux martyrs par les chrétiens et celui que les païens rendaient à leurs héros, 1 nous répon- ' dons que ce dernier était abusif, i parce que les païens bonoraient dans ces personnages des vices éclaif s U n'An P t l '!} 0t .1' le des vertus; jamais m,i S?> ! levé des a,,tels a on homme qui s était seulement distingué par des vertus morales ; 2° parce que les païens attnbuaient aux âmes des nèros le même pouvoir indépendant
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et absolu qui ne convient qu'à la Divinité .
Ni l'un ni l'autre de ces défauts n'a jamais eu lieu dans les honneurs accordés chez les chrétiens aux martyrs et aux autres saints.
Il ne nous reste plus qu'à examiner les abus vrais ou faux qui ont résulté du culte rendu aux martyrs, à leurs reliques et à leurs images.
Déjà nous avons été obligés de remarquer vingt fois qu'il n'est rien de si saint, de si auguste, de si sacré, de quoi l'on ne puisse abuser ; que c'est une injustice de confondre l'abus avec la chose, surtout lorsqu'il est possible de prévenir et de retrancher les abus, sans toucher au fond de la chose. N'a-t-on pas abusé du principe même que les protestants regardent comme l'axiome le plus sacré, savoir, qu'il faut prendre l'Ecriture sainte pour la seule règle de la foi et des mœurs ? Mais voyons les abus.
On a supposé dans les reliques, dit Beausobre, une vertu miraculeuse et sanctifiante. Cela est vrai : si c'est une erreur, elle est fondée sur l'Ecriture sainte ; celle-ci nous atteste que les os du prophète Elisée, l'ombre de saint Pierre, les suaires et les tabliers de saint Paul, avaient une vertu miraculeuse, IV Reg., c. 13, t 21 ; Ad., c. 5, f 13; c. 19, f 2.
Jésus-Christ dit que le temple sanctifie l'or, et que l'autel sanctifie l'offrande, Matth., c. 23, ? 17 et 19.
Les reliques d'un saint sont-elles moins susceptibles d'une vertu sanctifiante qu'un temple et un autel?
Les protestants eux-mêmes attribuent cette vertu à l'eau du baptême, au pain et au vin qu'ils reçoivent dans la cène ; où est le mal ? Les reliques honorées avec réflexion nous suggèrent des pensées très-salutaires, confirment notre foi, excitent notre courage, raniment notre espérance, nous font admirer Dieu dans ses saints, etc. N'est-ce pas là un moyen de sanctification? Les témoins du martyre de saint Ignace et de saint Polycarpe le concevaient ainsi ; c'est pour cela qu'ils désirent communiquer avec ces saints corps, avec ces saintes reliques.
Mais l'on a supposé de fausses reliques, de fausses révélations, de faux miracles;, et à qui les protestants osent-ils attribuer ces faussetés? Aux Pères les plus respectables du quatrième et du cinquième siècle : à saint Basile, à saint Jean Chrysostome, à saint Ambroise, à saint Jérôme, à saint Augustin, etc. Est-il donc permis de calomnier sans preuve? Dans les bas siècles, les erreurs en ce genre ont été pins fréquentes qu'auparavant ; mais l'ignorance crédule n'est pas un crime ; dès que les pasteurs de l'Eglise ont soupçonné de la fausseté ou de l'abus, ils ont proscrit l'un et l'autre.
L'on a forgé aussi de fausses prophéties, de faux évangiles, de fausses histoires ; faut-il tout brûler, comme les protestants ont fait à l'égard des reliques?
Nous convenons que les fêtes des martyrs ont été souvent une occasion de débauche, puisque les conciles ont fait des décrets pour y mettre ordre. -Mais en retranchant les fêtes, les protestants ont du moins conservé les dimanches, et souvent ils se sont plaints de ce que ces saints jours sont profanés parmi eux; il ne s'ensuit pas qu'il faut encore abolir les dimanches.
Nous avons assez réfuté les autres clameurs de nos adversaires; il est faux que l'on ait érigé les martyrs en divinités, qu'on leur ait rendu le même culte qu'à Jésus-Christ, que l'on ait mis plus de confiance en eux qu'en Dieu et en Jésus-Christ, etc.
Ces impostures ne peuvent servir qu'à tromper les ignorants. Bergier.
MARTYRE, supplice enduré par un chrétien, dans l'unité de l'Eglise, pour confesser la foi de Jésus-Christ. On a distingué ordinairement les martyrs d'avec les confesseurs; par ces derniers, l'on entendait ceux qui avaient été tourmentés pour la foi, mais qui avaient survécu aux souffrances ; et l'on nommait proprement martyrs ceux qui avaient perdu la vie par les supplices.
Voici quelles étaient communément les circonstances du martyre, selon M. Fleury.