Laus, quae defertur Maria;, ut Maria?, vana est
C'est une chose vaine que de louer Marie, considérée comme Marie.
En 1673, parut à Gand un petit livre intitulé : Monita salutaria B. V. Mariée ad cultores suos indiscretos. L'auteur était Adam Widenfelt ou Windenfelts, jurisconsulte de Cologne, qui, dans ses voyages, avait fait connaissance avec les jansénistes des Pays-Bas. Dès l'année suivante, dom Gerberon fit paraître à Lille une traduction française de l'opuscule, sous ce titre : Avertissements salutaires de la Bienheureuse Vierge Marie à ses dévots indiscrets. Or le 6" avertissement était ainsi conçu ou traduit : « Laus quse mihi defertur, ut mihi, vana est. Quse vero mihi defertur ut matri, ancillse Domini, sancta est. La louange qu'on me rend comme à moi en la terminant à moi, est vaine et illégitime. Mais la louange qu'on me rend comme à la mère et à la servante du Seigneur est sainte. «Cette opposition sert à comprendre la pensée de Widenfelt. Il distinguait le culte rendu à Marie en tant que mère de Dieu ou servante du Seigneur, et le culte rendu à Marie en tant que telle; il approuvait le premier et rejetait le second. Marie étant le nom personnel de la très sainte Vierge, cette doctrine revenait à nier le culte qui lui est dû en raison de sa propre sainteté et de sa propre excellence; doctrine non moins fausse en elle-même, que scandaleuse, choquante pour les oreilles pies et propre à diminuer le culte d'hyperdulie dû à la bienheureuse Vierge Marie.