‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 2)Chapitre 319 sur 536 · ÉTUDES SUR LES INFLUENCES PLATONICIENNES · texte numérisé non relu

ÉTUDES SUR LES INFLUENCES PLATONICIENNES

La postérité n'a pas été aussi équitable pour l'école alexandrine. Tantôt on lui a reproché de s'être laissé corrompre par l'infiltration platonicienne, comme plus tard la scolastique devait se laisser pénétrer et altérer par l'aristotélisme. Tantôt on a affecté delà confondre avec l'origénisnie. En tentant une réhabilitation de ce dernier, et en montrant tout le mouvement théologique du moyen âge issu d'une double source — l'origénisme et l'aréopagitisme — il était facile de jeter sur l'Église catholique l'odieux de la condamnation d'Origène. En même temps, l'Église semblait avoir manqué de clairvoyance, et s'être laissé inintelligemment envahir par les erreurs mêmes qu'elle condamnait. C'est dans ce sens qu'ont travaillé depuis deux siècles les diverses écoles protestantes et rationalistes. C'est l'ensemble de thèses que leur influence a cherché à faire prévaloir.

Pour cela, on a le plus souvent usé d'une équivoque. Il a suffi de constater quelques doctrines communes, en psychologie ou en théodicée naturelle, pour laisser croire à une influence plus profonde, à une véritable filiation, où les dogmes catholiques auraient pris naissance.

Ce mouvement date surtout de l'apparition du livre de Souverain : Le platonisme dévoilé, ou essai touchant le Verbe platonicien, Cologne (Amsterdam), 1700. Cet ouvrage fit un bruit considérable, et souleva les plus vives polémiques : il prétendait montrer que la doctrine chrétienne était déjà profondément corrompue, au temps d'Adrien et d'Ignace, par l'impur alliage de la philosophie, qu'on ne saurait en conséquence la trouver avec sa pureté première, en dehors des saintes Écritures. Après la réponse de F. Ualtus, Défense des SS. Pères accusés de platonisme, Paris, 1716, une ardente polémique s'ensuivit à laquelle prirent part Mosheim, De turbata per recentiorcs Platonicos Ecclesia, Iéna, 1725; Keil, De causis alieni Platonicorum a religione Christiana animi, 1785; et De doctoribus veteris Ecclesiee culpa corruptx /»■»• Platonicos senlcntias theologiœ liberandis(Opuscula acader>rica,L-dil. Goldhorn, Leipzig, 1821).

En France, au cours du XIXe siècle, deux hommes ont donné une vive impulsion à ce mouvement d'idées : M. Cousin par ses travaux sur la philosophie néo-platonicienne, et M. Vacherot par sa célèbre Histoire critique de l'Ecole d'Alexandrie, Paris, 1 8 16-1 85 1 . Un célèbre démêlé entre M. Vacherot, directeur de l'école normale, et le P. Gratry, aumônier de la même école, suivit la publication de ce dernier ouvrage.

Il n'appartient pas au présent article de discuter et de résoudre le problème des influences platoniciennes ou néo-platoniciennes. Voir Platonisme.

I. HISTOIRE GÉNÉRALE DE l' ÉCOLE CATÉC1IÉT1QUE, SOMMES, ÉVÉ- NEMENTS, organisation. — H. E. F. Guerikc, De schola quœ Alexandrie! floruit catechetica, commentatio historien ri theologica, Pars prior de externa schola; historia, Halle, 18244825; C. 1''. W. Hasselbach, lie schola qnw Alexandrin: floruit catechetica, Stettin, 1826-1839; Ch. Kingslpy, Alexandria and her schools, Cambridge, i«.Vi; Ch. Bigg, The Christian Platonists of Alexandria : Eighi i'ciures preached before tlw University of Oxford in Ua' year 1886, Oxford, 1880; De Faye, Clément d'Alexandrie, Élude sur les rapporta du christianisme et de

la philosophie grecque au W siècle, Paris, 1898, Introduction. Cf. aussi : Hasselbach, De catechumenorum ordinibus, Stettin, 1839; Schnitzer, Origenes ixher die Grundhhren der Glaubenswissenschaft, Stuttgart, 1835; Redepenning, Origenes, eine Darsteltung seines Lebens und seiner Lehre, Bonn, 1841, t. I, 1. I; Matter, Histoire de l'école d'Alexandrie, Paris, 1845; J. Simon, Histoire de l'école d'Alexandrie, Paris, 1845; E. Vacherot, Histoire critique de l'école d'Alexandrie, Paris, 1846-1851. ;;. sur l'état des esprits dans le monde gréco-romain et sun le rôle delà réaction chrétienne. — J. Denis, Histoire des théories et des idées morales dans l'antiquité, Paris, 1856, p. 255 : Épicure et Zenon; F. Ravaisson, Essai sur le stoïcisme, Paris, 1885; J. Dœllinger, Heidenlhum und Judenlhum, Ratisbonne, 1807, passim ; Gaston Boissier,La religion romaine d'A ugusteaux Antonins, Paris, 1874 (voir surtout : t. H, c. m, La philosophie romaine après Auguste; c. VI, La philosophie après Sénèque; c. vu, La théologie romaine); T. W. Allies, The formation of Christendom, Londres, 1875, t. m (voir surtout : c. xvi, Neostoicism and the Christian church ; c. XVII, xvm, xix, Neopythagorism, etc. ; c. xxi, The respective powerof the Greek philosophy and the Christian church to construct a society, etc.) ; Ch. Bigg, op. cit., lect. vil ; F. Ogereau, Essai sur le sylème philosophique des stoïciens, Paris, 1885; E. de Pressensé, L'ancien monde et le christianisme, Paris, 1887, 1. IV : Le paganisme gréco-romain et sa décadence; Fr. Ueberweg, Grundriss der Geschichte der Philosophie des Alterlhums, Berlin, 1894, p. 312-35!) : Dritte Période der griechischen Philosophie ; Adolf Harnack, Lehrbuch der Dogmengeschichte, t.l, Fribourg, 1894 : Gescliiilitliche Orientirung, p. 302 sq., et Clemens und Origenes, p. 590- 048; M1' Talamo, Le Origini del Cristianesimo e il pensicro sloico, Rome, 1892; Chollet, La morale stoïcienne et la morale chrétienne, Paris, 1898. Voir encore De Faye, op. cit., II" part. : La question historique; Redepenning, toc. cit.

Page 1