V. APOTHÉOSE DES VERTUS NATURELLES. — Qui nova
sectari adamanl, naturales virtutes prseter modum efferunt, quasi lise pressentis setalis moribus ac necessitatibus respondeant aptius, iisque exornari prœstet, quod hominem paraliorem ad agendum ac strenuiorem faciant. L'homme ne vaut, dit-on, dans le concert de l'évolution progressive de la civilisation que par la mesure du développement qu'il donne aux énergies latentes de sa nature, aux manifestations naturelles de son activité et de son génie. Le culte des vertus naturelles doit donc être pour lui une préoccupation de premier ordre, s'il veut, non seulement suivre la marche du monde, mais la diriger, s'y faire une place de choix, exercer une salutaire inlluence sur ses contemporains. Ici le pape s'étonne que des catholiques puissent, dans la comparaison des deux ordres de vertus, donner la prééminence aux vertus naturelles et leur attribuer une eflicacité, une fécondité, que n'auraient pas les vertus surnaturelles! Difficile quidem intellertu est eos, qui christiana sapientia imbuantur, passe naturales virtutes supernaturalibus anteferre, majoremque Mis efftcacilatem ac fœcunditatem tribuere. La nature, aidée du ! concours de la grâce, serait-elle donc plus débile, que livrée à ses seules propres forces? Ergone natura accedenle gratia infirmior erit quam si suis ipsa viribus permittatur? Est-ce que les saints, honorés par l'Église d'un culte public, se sont montrés faibles et incapables dans l'ordre naturel, parce qu'ils ont excellemment pratiqué les vertus chrétiennes? Num vero homines sanclissimi, quos Ecclesia observai palamque colit, imbecillos se atque ineplos in naturae ordine probavcre, quod chrislia7iis virtutibus excelluerunt? Comment, encore, sans celles-ci résister aux mauvais penchants de la nature? Comment se passer des secours d'ordre surnaturel pour l'observation intégrale de la loi morale? Et quel type de perfection humaine réaliseront jamais les œuvres
AMERICANISME
exclusivement naturelles, qui n'ont souvent de la vertu que le nom et l'apparence? Mais enfin, et surtout, avec cette théorie, que devient le dogme catholique de la nécessité absolue de la grâce et des vertus surnaturelles pour la sanctification de la vie présente et l'obtention dv la future béatitude du ciel? Sicut enim prœsidio gratin1 natura liominum, quœ ob communem noxam in vitium ac dedecus prolapsa erat, erigitur, novaque nobililate evehitur ac roboratur, ita etiam virtutes quœ, non solis natures viribus, sed ejusdem ope gratiœ exercenlur, et fœcimdœ fiant bealitalis perpetuo mansurati et solidiores ac firmiores existunt.