II. Sur les missions des Espagnols chez les Indiens, voir
— 1° Pour l'évangélisation de la Floride, F. de Soto, Histoire de la conquête de la Floride, traduction française par de f'.iti y, Paris, 18(j5; — 2* pour l'évangélisation du Nouveau-Mexique du Texas et de l'Arizona, Bandelicr, An historical introduction lo studies among the sedentary Indians o/ New-Mexico, Bost< n, 1881; Dufouri, 7 lie martyrs of New-Mexico, Santa-Fé, 1880 ;
— 3* pour l'évangélisation delà Californie, Aclain, Life of Vénérable Padre Junipcrro Serra, San-Franclsco, 1884.
III. Sur les missions des Français, voir : — 1* pour les missions du Maine, à l'est, sur la cote de l'Atlantique, Allen, History of Norridgeivock, New-York, 1820; Moreau, Histoire de l'Acadie française, Paris, 1872; — 2' pour les missions de la partie rmnlest, autour des grands lacs et dans le centre de l'État actuel de New-York, les ouvrages protestants do Parkman, publiés de 1887 à 1808, comme : The Pionncers of France in the New-World; La Salle and the iliscovcry of the Great-West; The Jesuiti m North-America ; Félix Martin, Vie du P. Jogues, martyr des missions iroquoises, New-York; Sagard, Grand voyage au pays
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des Hurons ; M»' de Québec, Mission du séminaire de Québec chez les Illinois, Québec, 1819; Relation du P. Bressani, Montréal, 1852; Hanley, Earlij chapters of Mowak's History, New-York ; — 3' pour les missions du sud et en particulier de la Louisiane, de Montigny, S. J., Relation de la mission du Mississipi en 1100, New-York, 1861; Tranchepain, Relation du voyage des premières Ursulines à la Nouvelle-Orléans, New-York, 1859; Marquette, Voyages et découverte de quelques pays et nations de l'Amérique du Nord; Shea, Discovery of thaMississipi Valley, New- York, 1852 :Fd., Vie du P. Ma r quelle ; Le Page du Pratz, Histoire de la Louisiane, Paris, 1758.
IV. En général, voir Lofiteau, S. J., Moeurs des sauvages américains, Paris, 1724; de CharIevoix,S. J., Histoire et description générale de la Nouvelle-France, Paris, 1744; Bancroft, Histoire de l'Amérique, traduction de M1" Gotti deGamond, Paris, 1361; P. Margry, Découvertes et établissements des Français dans l'ouest et le sud de l'Amérique septentrionale, de 1614 à 1698, Paris, 1879; C. Leclerc, Établissement de la foi dans la Nouvelle-France, Paris, 1690 ; O'Gorman, Roman catholics, New-York, 1895; Shea, History of the catholic missions among the Indians tribues ofthe United-States, New-York, 1860.
La naissance du catholicisme dans les possessions anglaises date de la colonisation du Maryland au xvne siècle. Déjà en 1584, quelques catholiques anglais étaient venus s'établir dans le Maine pour échapper aux persécutions religieuses de leur pays. Un second essai de colonisation catholique avait eu lieu en 1605, sous le patronage de lord Arundel de Wardour, et un troisième en 1617. Aucune de ces tentatives n'avait pu réussir. Enfin, en 1634, le 25 mars, jour de l'Annonciation, lord Cécil Baltimore, héritier de lordCalvert, à qui Jacques Ier avait fait des concessions de terre sur le nouveau continent, aborda avec deux petits vaisseaux l'Arche et la Colombe au point où le (leuve Potomac se jette dans la baie de Cheasepeake. Deux jésuites, les Pères White et Altham, accompagnaient les colons. Le pays où se fixèrent ces nobles exilés reçut le nom de Maryland (terre de Marie) en l'honneur de Henriette-Marie de France, reine d'Angleterre, ou, selon quelques historiens, en l'honneur de Marie, reine du ciel. La première chapelle où se célébrèrent les saints mystères fut la pauvre hutte du P. White, que son zèle pour la conversion des Indiens Paskatoways et Patuxents a rendu le digne émule des apôtres français et espagnols.
Dès le début, le fondateur de la colonie affirma par deux actes importants les conditions auxquelles il croyait pouvoir assurer la paix religieuse sur la terre marylandaise. Partisan sincère de la liberté, qu'il était venu chercher avec ses colons sur la terre d'exil, il offrit une large hospitalité aux puritains persécutés de la Virginie et aux quakers chassés de la Nouvelle - Angleterre. D'autre part, pour éviter des conflits et des jalousies dont le catholicisme aurait souffert, il laissa aux missionnaires le soin de pourvoir eux-mêmes aux frais du culte sans subventions du gouvernement, tout en leur reconnaissant, comme aux autres colons, le droit d'acquérir des domaines d'où ils pourraient retirer un revenu suffisant pour leur entretien personnel et pour leurs œuvres. La liberté des cultes et une certaine indépendance du clergé vis-à-vis de l'Etat s'imposaient dans une société composée de tant d'éléments religieux divers, alors que partout ailleurs l'intolérance faisait de si nombreuses victimes.
Sous ce régime inauguré par la colonie catholique et imité plus tard par la Pensylvanie, tout semblait promettre un rapide développement des missions. L'opposition des protestants de la Virginie au gouvernement de lord Baltimore en 1645 et la persécution qu'ils soulevèrent contre les catholiques faillirent anéantir toute espérance. Pas un prêtre ne fut laissé dans le Maryland. Cf. O' Gorman, p. 132. Lorsque vers la fin de l'année 1646, lord Léonard Calvert eut recouvré ses possessions, les jésuites se remirent à l'œuvre et, en 1649, l'assemblée législative du Maryland proclama solennellement la liberté de conscience. Mais cinq ans s'étaient à peine
écoulés que Clayborne, gouverneur de Virginie, ennemi personnel de lord Baltimore, envahit de nouveau le Maryland en accusant la colonie d'être restée fidèle au roi Charles Ier détrôné par Cromwell. La liberté religieuse fut officiellement abolie et la persécution recommença. L'orage pourtant ne fut que transitoire comme la Dévolution d'Angleterre. En 1660, Charles II rétablit lord Baltimore dans ses droits et, pour la troisième fois, la liberté reparut sur les bords de la baie Cheasepeake. Pendant trente ans, rien ne troubla la paix religieuse dans la province marylandaise. Les missionnaires, à la recherche des âmes, se dispersèrent dans les colonies voisines. On les trouve en 1674 à New-York, où ils fondent la première école catholique anglaise sur le continent américain ; deux ans plus tard, sur les terres de Long-Island et de New-Jersey; en 1681, dans la Pensylvanie. Sous Jacques II, en 1685, l'Angleterre reçut comme vicaire apostolique le premier évêque catholique qui y fut établi depuis le règne d'Elisabeth. Tout promettait donc l'épanouissement du catholicisme dans les colonies anglaises, désormais placées sous sa juridiction. L'espérance fut de courte durée. L'avènement au trône de Guillaume d'Orange, en 1688, inaugura une longue période d'intolérance religieuse. Des lois violentes furent portées contre l'Église. Le bannissement des prêtres, l'inéligibilité des citoyens catholiques aux charges de l'État, les amendes pour ceux qui donnaient asile aux jésuites constituèrent dès cette époque un système de proscriptions, qui se prolongea plus ou moins jusqu'à la Dévolution des colonies en 1775. Cf. l'article suivant. En 1755, quelques malheureux Acadiens, bannis de leur patrie par les protestants anglais, trouvèrent un refuge parmi les fidèles persécutés de Baltimore et formèrent dans cette ville, récemment fondée, la première paroisse catholique des États-Unis. Gil-Mary Shea, The catholic Church in colonial daijs, c. iv, p. 421-440; l'abbé Casgrain, Les sulpiciens en Acadie, p. .412. Il y avait à cette époque quatorze Pères dans les missions du Maryland, de la Pensylvanie et de New- York. Les catholiques dispersés sur cette vaste étendue de territoire étaient au nombre d'environ 15 000, sur une population totale de trois millions d'àmes. Quelques modestes chapelles, construites çà et là, à de grandes distances, servaient de lieux de réunion aux pauvres fidèles. North American Review, janvier 1876. En 1773, quand la Société de Jésus fut supprimée, les Pères missionnaires sécularisés formèrent, avec quelques autres prêtres, le premier clergé paroissial de l'Amérique anglaise. Tel était le catholicisme aux États-Unis, il y a cent cinquante ans. Cf. Catholic world, t. xiil.
Sous des influences multiples, la Dévolution qui sépara les colonies de l'Angleterre (1775-1789) opéra un heureux changement. Le sixième article de la Convention de Philadelphie, en 1787, et le premier amendement de la constitution proposé par le Congrès national, en 1789, d'après lesquels le gouvernement des États-Unis s'engageait à ne jamais mettre obstacle au libre exercice de la religion, donnèrent à l'Église catholique comme une existence officielle. Laissée à toute sa force native d'expansion, dans cette société mixte de l'Amérique où se rencontrent les éléments les plus divers de nationalités et de religions, elle put désormais se livrer, sinon sans crainte, du moins avec espérance, à sa divine mission. Pendant la guerre de l'Indépendance, les relations des catholiques avec le vicaire apostolique de Londres étaient devenues difficiles. Le clergé américain comprit qu'il devait avoir son gouvernement propre. En 1784, à la suite d'une pétition adressée à la cour de Dôme, Pie VI nomma le P. Carroll préfet apostolique. Né en 1735, dans le Maryland, il avait été envoyé dès son jeune âge au collège catholique anglais de Saint-Omer. Entré après ses études classiques dans la Société de Jésus, il retourna en Amérique, en
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1775, au commencement de la Révolution, pour servir l'Eglise dans son propre pays. Cinq ans après, en 1789, le souverain pontife le plaçait sur le premier siège episcopal des États-Unis, en le nommant évèque de Baltimore. L'Eglise américaine se trouvait ainsi hiérarchiquement établie, au moment même où se constituait le gouvernement de l'Union, sous la présidence de Washington, ami personnel de Ma1' Carroll. Il y avait alors au Marykmd vingt-cinq prêtres, avec une population d'environ 20000 catholiques. La Pensylvanie comptait 800 fidèles; l'État de New-York, 1 500; les États du nord en possédaient à peine quelques centaines : on pouvait évaluer à 30000 le nombre total des catholiques disséminés dans les États-Unis. Le diocèse de Baltimore comprenait en étendue les treize États primitifs, à savoir : la Géorgie, les deux Carolines, la Virginie, le Maryland, le Delaware, New-Jersey, la Pensylvanie, New-York, le Connecticut, Rhode-Island, le Massachussetts et le New- Ilampshire. Il faut y joindre toutes les provinces à l'est du Mississipi, excepté la Nouvelle-Orléans et la Floride, qui se trouvaient encore sous la juridiction de l'évêque de la Havane, et quelques districts des environs de Détroit, qui dépendaient de l'évêché de Québec. Cf. O'Gorman, p. 276. Le collège de Georgetown, fondé en 1786 par les jésuites, était la seule institution que l'Église possédât à ce moment. Elle n'avait encore ni écoles paroissiales proprement dites, ni pensionnats de filles, ni séminaires, ni hôpitaux, ni établissements de charité. II. Organisation du catholicisme aux États-Unis (1789-1829). — Un des premiers soins de Mor Carroll fut de former un clergé indigène. Aussi accepta-t-il volontiers l'oll're que lui fit M. Émery, supérieur général de Saint-Sulpice, de fonder un séminaire dans sa ville épiscopale (1790). Cette première maison sulpicienne est devenue depuis lors une source abondante de vie catholique aux États-Unis. Cf. Mémorial volume of the centenary of the Seminary of St. Sulpice, Baltimore, 1891. Peu après, en 1791, Ms' Carroll convoqua à Baltimore le premier synode américain. Il se composait de vingt-cinq prêtres de cinq nationalités différentes. Dans ce petit sénat de l'Église américaine, s'élaborèrent les premiers éléments de discipline ecclésiastique et se traita l'importante question de l'entretien volontaire du clergé par les fidèles. Cependant la foi grandissait. Les Pères jésuites, dont Pie VII, par la bulle Catholic.se fidei, venait de reconstituer la Société (1801), reprenaient leur collège de Georgetown devenu aujourd'hui une université. Cf. History of Georgetown Collège, Washington, 1876. En 1809, le P. Dubois, prêtre de Saint-Sulpice, plus tard évèque de New-York, ouvrait à Emmitsburg, près de Baltimore, un collège qui a été justement appelé « une pépinière d'évêques » à cause du nombre considérable de prélats qui y reçurent leur première éducation cléricale. Vers la même époque, les dominicains s'établissaient au Kentucky; les augustiniens, à Philadelphie; les carmélites belges formaient à Baltimore la première communauté de femmes; en 1792, les clarisses, chassées de France, s'expatriaient aux États-Unis; quelques années après, l'ordre de la Visitation s'implantait à Washington, et MmeSeton; protestante convertie, donnait naissance.! la Congrégation des Sœurs de charité américaines. Voir White, Vie de Mme Selon, 2 volumes, traduction de Mm,'de Barberey. Les sulpiciens, de leur côté, se prêtaient aux nécessités impérieuses des temps et se répandaient dans le Maryland, chez les Indiens du Maine et dans le nord-ouest des États-Unis pour s'y livrer aux missions. f,e champ de l'évangélisation s'étendait rapidement. En 1797, Alhany, future capitale de l'État de New-York et ancien théâtre des missions iroquoises, possédait sa première église; le I'. Matignon, jadis professeur de Sorbonne, et M. de Cheverus, le futur cardinal-archevêque de Bordeaux, s'efforçaient de faire pénétrer la foi dans la Nouvelle-Angleterre, au centre même du protes-
tantisme; le P. Badin, premier prêtre ordonné au séminaire de Baltimore, visitait la vallée du Mississipi; le 1'. de Galitzin, prince russe converti et membre de la société de Saint-Sulpice. devenait l'apôtre de la région des Alléghanies, tandis que M. Richard, de la même compagnie, parcourait l'Indiana, l'Ohio et le Michigan pour ranimer la foi chez les Indiens et les colons français. La Louisiane, annexée aux Etats-Unis en 1803, agrandit encore, comme on l'a vu plus haut, l'immense diocèse de Baltimore à l'ouest du Mississipi. Aussi devintil nécessaire de demander à Rome l'érection de nouveaux sièges. Pie VII, en 1808, créa la province ecclésiastique de Baltimore avec quatre évêchés suffragants : New-York, Philadelphie, Boston et Bardstown.
Le diocèse de New- York comprit l'État de New- York et la partie orientale de New-Jersey; le diocèse de Philadelphie était composé de la Pensylvalnie et du Delaware; les provinces de Massachussetts, New-Hampshire, Connecticut, Rhode-Island et Vermont formaient le diocèse de Boston; enfin, au diocèse de Bardstown se rattachaient le Kentucky et le Tennessee et les territoires du nord-ouest. Baltimore conservait la Virginie, les Carolines et la Géorgie; la Louisiane fut confiée à Mv Dubourg, d'abord comme administrateur apostolique, puis comme évèque (1815). Les prélats placés à la tète de ces vastes districts ont été appelés ajuste titre, avec M9r Carroll, les Pères de l'Église américaine. Msr de Cheverus, à Boston, M9r Dubois, à New-York, Mflr Flaget, à Bardstown, M9r Egan, à Philadelphie, et M9r Dubourg, à la Nouvelle-Orléans, ouvrent glorieusement la liste de sa puissante hiérarchie. Sous l'épiscopat de M9r Dubourg; les Pères lazaristes fondèrent un séminaire dans son diocèse et Mme Duchesnes ouvrit, près de la Nouvelle- Orléans, le premier couvent américain des Dames du Sacré-Cœur. C'est aussi à UaT Dubourg qu'est du indirectement l'établissement de la Propagation de la foi. Le plan qu'il forma, à son passage à Lyon, de retour de Rome, en 1815, d'une association de dames pour subvenir aux besoins de son vaste diocèse, fut, en effet, l'occasion de cette œuvre. Cf. Baunard, Vie de Mme Duc/iesnes; Annales de la Propagation de la foi, t. i; vicomte de Meaux, L'Eglise et la liberté aux Etats-Unis, Paris, 1893, p. 2i-3. Tels furent les premiers progrès de l'Église catholique. Mor Carroll mourut en 1815. Fécond avait été son épiscopat. Le clergé de l'archidiocôse de Baltimore comptait plus de cent prêtres. Son successeur, M9' Neale, de la Compagnie de Jésus, ne lui survécut que deux ans, et fut remplacé par Mar Maréchal, prêtre de Saint-Sulpice. Grâce à son énergie, ce prélat, que l'on a justement comparé à Mo? Carroll, pour son patriotisme, put arrêter, du moins dans une large mesure, un mouvement d'indiscipline qui se produisait parmi certains catholiques et menaçait l'Église naissante. Sous l'influence de la Révolution et, sans doute, au contact du protestantisme, les commissions laïques des Trustées ■ les églises — ces commissions correspondaient à peu près aux conseils de fabrique en France — plus ou moins secondées par quelques prêtres ou religieux turbulents, prétendaient avoir le droit, comme dans les sectes protestantes, de fonder des églises, de choisir et dénommer les pasteurs sans l'assentiment de l'évêque et, au besoin, contre son gré; elles s'attribuaient l'administration complète des propriétés ecclésiastiques et virtuellement la direction des paroisses. Commencée à New-York, cette agitation tendait, à prendre l'allure d'une révolte ouverte contre l'autorité religieuse. On la vit s'accentuer à Philadelphie où, sous l'épiscopat de M'Jr Egan, elle suscita un schisme assez prolongé; à Norfolk, en Virginie, à Charleston, dans les Carolines, à la Nouvelle-Orléans, dans la Louisiane, plus tard à Buflalo, dans l'État de New-York. Mor Maréchal en obtint la condamnation par le bref Non sine magno du pape Pie VIL Cf. vicomte de Meaux, op. cit., p. 273-291. Un autre