‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 2)Chapitre 489 sur 536 · ANGLICANISME — ANICET · texte numérisé non relu

ANGLICANISME — ANICET

dans l'adresse synodale, d'accepter les Écritures canoniques, et de se garder des superstitions introduites dans les derniers temps, notamment en ce qui regarde les prétentions de Pévêque de Rome, et l'exaltation de la Vierge Marie comme médiatrice à la place de son divin Fils. Les autres conciles anglicans qui se sont réunis depuis n'ont pas réussi à donner quelque chose de précis en fait de doctrine. Il y eut, en 1873, une controverse importante au point de vue doctrinal, qui fut jugée par la convocation dans l'esprit compréhensif que nous avons donné comme le véritable esprit de l'Église anglicane. Les latitudinariens voyaient avec peine la rubrique du Frayer book ordonner la récitation du symbole de saint Athanase à certains jours; ils étaient offusqués par les clauses terribles qui dans ce symbole menacent de damnation éternelle ceux qui n'ont pas la foi catholique. Ils proposaient donc qu'on le retranchât, ou qu'on en rendit au moins la récitation facultative; tandis que les autres partis demandaient avec instance qu'on le maintint. La convocation trouva un moyen terme. Le symbole fut maintenu, mais on déclara que les menaces de damnation ont été insérées dans ce symbole pour montrer le grand danger qu'il y a à ne pas recevoir la foi catholique, et qu'elles doivent être entendues dans le même sens que celles qu'on trouve dans l'Écriture. Quel est ce sens? On ne le dit pas, mais qu'on se rappelle le jugement sur les Essays and reviews, et on verra qu'une grande latitude est laissée au point de vue des croyances.

Nous croyons inutile de parler des différents jugements rendus de temps en temps au sujet des rubriques et cérémonies; ils sont souvent contradictoires, et les ritualistes continuent à faire ce qu'ils faisaient auparavant. Le dernier prononcé dogmatique de quelque importance a été la charge ou discours pastoral de l'archevêque de Cantorbéry, prononcée au cours de sa visite diocésaine en 1898. Il prétend y donner la doctrine de l'Église anglicane sur certains points controversés. D'après lui, cette Église permet d'admettre soit la doctrine de Calvin, soit celle de Luther au sujet de l'eucharistie; celle de Zwingle n'est pas admise, non plus que la transsubstantiation. Tout culte qui ne s'adresse pas à Dieu directement est prohibé ; de même il est défendu d'offrir des prières à tout autre qu'à Dieu. La prière pour les morts est permise dans une certaine limite ; il en est de même de la contession, pourvu qu'elle ne soit pas rendue obligatoire, et qu'on en use modérément. L'évêque a autorité pour interpréter les rubriques, et on doit se soumettre à sa décision. — Il taut dire que cette exposition de la doctrine anglicane a trouvé dans le clergé beaucoup plus de critiques que d'admirateurs; chacun a continué, comme par le passé, à croire et à pratiquer ce qui lui semblait bon.

De tout ceci nous croyons être en droit de conclure que la réponse à la question posée au commencement de ce dernier paragraphe est celle-ci : l'Église anglicane admet toute doctrine qui peut se dire chrétienne; elle rejette cependant, d'un côté, le socinianisme, et, de l'autre, ce qu'elle appelle les corruptions de l'Église de Rome; et encore trouve-t-on dans son sein des sociniens et des gens qui admettent toutes les doctrines romaines.

I. Ouvrages embrassant toute i,a période depuis Henri VIII jusqu'à nos jours. — On trouvera des détails dans toutes les histoires de l'Église et de l'Angleterre. Nous indiquons spécialement : Perry, A history of the English Church, Londres, 1S81-1887, 3 vol, t. il et ni (bibliographie abonde dans les notes au bas des pages); Hunt, Religions Thought in England from the Reformation to the end of the last century, Londres, 1870- 1873, 3 vol. ; là., In the nincteenth century, 1 vol., Londres, 1896.

H. PÉRIODE QUI A PRÉCÉDÉ IMMÉDIATEMENT LA RÉFORMA- TION. — Gasquet, The Eue of the Reformation, Londres, 1900.

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