IV. CORRESPONDANCE, HOMÉLIES, MÉDITATIONS ET
prières. — i. Correspondance. — Elle comprend plus de 400 lettres espacées sur toute la vie religieuse ou épiscopale. Gerberon en a oublié quelques-unes. Histoire littéraire de la France, t. ix, p. 436. Il a parfois répété la même à deux endroits dilïérents. Cf. Epist., ni, 53,
2. Homélies et exhortations. — Nul doute possible pour la neuvième, P. L., t. clviii, col. 611-649; elle fut écrite par Anselme abbé. Voir ci-dessus. Pour le reste, la critique a beaucoup à faire, soit pour voir si celles qu'un a accueillies sont bien de notre Anselme, soit pour rechercher celles qui dans les recueils pourraient être de lui. Un mot de Gerberon, Censura, P. L., t. clviii, col. 26, C, et un autre de dom Ceillier, Histoire des auteurs sacrés, Paris, 1729 sq., t. xxi, c. xxvin, n. 31, p. 593, cf. c. xvi, a. 2, § 4, n. 1, p. 304, iraient à les lui ôter presque toutes pour les donner à Babion l'Anglais, ou à Hervé de Bourgdieu; mais leur raison n'a rien de concluant, cf. Realencijklopàdie, t. i, p. 566, ligne 28. La question reste ouverte.
3. Méditations et prières. —Nous savons qu'Anselme a écrit, et cela à diverses époques, des méditations et des prières. Voir Eadmer, Vita, 1. II, n. 10, col. 56; Epist., I, 20 et 61. Mais de dire à coup sûr ce qui lui appartient dans les recueils si mêlés et si retouchés du moyen âge, c'est chose difficile. Gerberon se tient sur une prudente réserve. En bloc, l'œuvre est d'Anselme. Mais pour plusieurs, il y aurait lieu de reconsulter les manuscrits. La critique interne ne donne guère que des indices. Le meilleur est la façon anselmienne de pousser les idées et les sentiments en marée montante, et de mener ensemble l'activité spéculative et la prière affectueuse.
La neuvième méditation ne parait pas être d'Anselme, mais d'Eckbert de Schonau; la méditation tripartite 15, 16, 17, est mise en doute par Gerberon, Censura, col. 31, parce que, dit-il, Anselme n'avait qu'une sœur et que cette sœur se maria, tandis que la sœur de celui qui a terit la Méditation est restée vierge. Mais la lettre allé-
guée par Gerberon, Epist., m, 07, ne prouve prs qu'Anselme n'ait jamais eu d'autre sœur que Richera.
Parmi les Oraisons, nous n'avons pas celle à saint Nicolas dont parle Anselme, Epist., n, 51; dans la lettre i, 20, il est question de trois longues oraisons à la sainte Vierge; elles sont sans cloute dans notre recueil; Gerberon conjecture que ce seraient les xnxe, Le, Lr.
Celles à saint Etienne, lxix, et à sainte Madeleine, lxxiv, sont indiquéees, Epist., iv, 121, parmi les sept dont parle Anselme; d'autres témoignages nous disent qu'il écrivit des oraisons sur les saints, ce qui confirme la donnée des manuscrits.
Le fait que plusieurs fragments des Méditations ou Oraisons se trouvent soit dans le premier livre des Méditations longtemps attribuées à saint Augustin, soit dans le Manuale dit d'Augustin, soit dans le recueil de l'abbé Jean, ne prouve rien contre l'attribution à Anselme. Cf. Gerberon, Censura, col. 35, 38.
L'édition Migne ajoute à Gerberon une méditation sur le Miserere donnée par Mai comme inédite et comme de saint Anselme; mais elle n'est, selon Mgr Malou, ni inédite, ni de saint Anselme. Meditaliones, préf., p. 11.
V. DE SIMILITUDIXIDUS, P. L., t. clix, col. 605-708. — Comme le De beatitudine, ce n'est pas un écrit d'Anselme; mais ce sont ses idées, ses dits et faits, son esprit. C'est un recueil de mots, de causeries, d'instructions familières, en général sous forme de comparaisons. La rédaction est d'un familier du saint docteur, probablement d'Eadmer. Plusieurs des choses ici rapportées se trouvent déjà textuellement dans la Vie par Eadmer, ou dans VHisloria novorum. Noter aussi la ressemblance, parfois l'identité textuelle, entre les chapitres xlvii-lxxi du De simili tudinib us et le De beatitudine.