ABS. D. PÉC., QUEST. D. TH. MOR. — ABS. S. FORM. DÉP
Ainsi pensent entre autres Ciolli, op. cit., t. i, p. 182, et les théologiens de Germon t, Theologia dogmatica et moralis, Paris, 1893, t. iv, p. 90. En 1884, cette question fut posée à la Sacrée Pénitenccrie : « Peut-on donner l'absolution par le téléphone dans le cas d'extrême nécessité? »La Sacrée Congrégation opposa à la question une tin de non recevoir : « Nihil est respondendum; il n'y a rien à répondre. » Elle voulait par là signifier probablement que la question n'était pas de son ressort, mais devait être adressée au Saint-Office. Voir Ami du clergé, 1898, t. xx, p. 1097.
III. Plusieurs prêtres peuvent-ils absoudre ensemble UN même PÉCHEUR?— 1° Cette pratique serait illicite, car elle est opposée à la coutume de l'Église, et, au dire des théologiens de Salamanque, celui qui la soutiendrait tomberait sous le coup de l'anathèrne du concile de Trente, sess. VII, can. 13, porté contre ceux qui enseignent qu'on peut négliger ou changer les rites accoutumés dans l'administration des sacrements. Collegii Salmanticensis Cursus théologiens, Paris, 1SS3, t. xix, p. 355.
2° Mais l'absolution ainsi donnée serait valide pourvu que, d'une part, le pénitent soit de bonne foi et que, d'autre part, chacun des prêtres ayant entendu la confession entière prononce la formule d'absolution avec l'intention déterminée de remettre tous les péchés mortels accusés. Dans cette hypothèse en effet, rien ne manque des conditions requises essentiellement pour la validité du sacrement. Suarez, De fœnit., disp. XVIII, sect. iv, Opéra omnia, Paris, 1861, t. xxn, p. 393; De Lugo, De psenit., disp. XIII, Disputationes, Paris, 1869, t. iv, p. 607.
3° Si chacun des prêtres n'entendait absoudre que partiellement de quelques-uns et non pas de tous les péchés mortels, ou s'il faisait dépendre son intention de la volonté des autres qui prononcent avec lui les paroles, les théologiens sont d'avis que l'absolution serait invalide, car alors aucun de ces prêtres ne serait le juge prononçant d'une manière ferme et définitive la sentence de pardon. De Lugo, op. cit., p. 611; Salmanticenses, op. cit., p. 262.
4° Y a-t-il un ou plusieurs sacrements, quand plusieurs prêtres donnent simultanément et validement l'absolution à une même personne? « Il n'y a qu'un sacrement, répond Suarez, parce qu'il n'y a qu'une seule matière sacramentelle. » Luc. cit., p. 393. « Il y a autant de sacrements que d'absolutions, dit en sens contraire De Lugo, parce qu'il y a autant de formes sacramentelles, d Loc. cit., p. 608. Les théologiens de Salamanque insistent longuement sur cette discussion et se rangent, à bon droit, selon nous, du côté de Suarez. Loc. cit., p. 355-359. En définitive, quand même il y aurait plusieurs prêtres pour absoudre, il n'y a qu'une cause débattue, celle que le pénitent vient d'exposer par sa confession; une seule cause est débattue, par conséquent un seul jugement est institué, une seule sentence est portée quoique prononcée par plusieurs; donc un seul sacrement existe.
Suarez, De psenit., disp. XVIII, sect. IV, Opéra, Paris, 18"1, t. xxn, p. :i'.»:s; De Lugo, De pxnit., disp. Mil, Disputationes, Paris, 1869, t. iv, p. 607, 611; Salmanticenses, Cursus theolo-
gicus, Paris, 1xk:s, t. xix, p. 262, 355; s. \.\v 'i, Theotorjia
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A. Ceugnèt.