Fondements de la U \e. — Elle compre
nait des arguments de ti pa-
tristiques et rationnels.
Les arguments scripturaires renfermaient d'abord le fondamental, emprunté au livi des I vin, 22, et rapproché d< - ù --aint Paul donne
au Christ le titri ■ ••'. Rom., vm, 29; Col.,
i, 15. Venait ensuite toute une série de textes relatifs aux divers éléments de la synthèse arienne : textes où Pieu le Père est présenté- comme le Dieu unique, seul vrai Dieu, seul immortel, seul bon. tandis que le > appel - • ent de l'inféri
du Fils, de sa subordination et de sa dépendance à rd du Père, ou de son union morale avec lui; textes qui mettent en relief l'aspect humain du Chrilent de son ignorance à l'égard de certain - choses, de ses progrés, de ses troubles, de - etc.;
textes qui prouvent l'intervention des mérites dans élévation et sa glorification. Saint Athanase traités dogmatiques, et saint F.piphane. BstT., lxix, 12-79, P. G., t. xi.ii, col. 221-333, ont particulièrement suivi les ariens sur ce terrain. Le premier se plaint à bon droit de l'habitude qu'avaient ses adversaires de s'attacher à la lettre des textes sans tenir compte du contexte, sans étudier le but général de l'auteur biblique et l'ensemble de sa doctrine.
Aux preuves scripturaires se joignaient les arguments patristiques. A la vérité, on ne saurait juger, par ce qui nous reste de leurs écrits, dans quelle mesure Ariu« et ses premiers partisans invoquaient l'autorité- • dans sa lettre à son homonyme de Byzance. saint Alexandre suppose plutôt qu'ils faisaient peu de cas des anciens et se jugeaient bien supérieurs. Il y a peu! un appel à la tradition, vague en tout cas et iné: miné, dans ce début de la Thalie : i Conformément à la croyance des élus de Dieu, de ceux qui ont 1 • rience de Dieu, des tils saints, des orthodoxes, de ceux qui ont reçu l'esprit de Dieu, moi, leur compagnon, j'ai appris ces choses des hommes qui sont participants de la sagesse, qui, instruits de Dieu, sont sages en toutes choses. » Saint Athanase nous donne gne-
ments plus précis, quand il dit que les ariens essayaient de se prémunir de l'autorité de certains Pères, et parait même supposer qu'Arius prétendait relier sa doctrine ù celle de Deny? d'Alexandrie, Pc sententia Dionyt
,. /'. (;.'. t. xxv. col. 180, Mi. 515. Ailleurs, une phrase significative du grand défenseur de la foi de Nicée fait clairement entendre quel parti les ariens vaient tirer d'Origène. De deenetis Niessn, iyn., 27, I I. xxv. col. 10.").
('.e qu'ils invoquaient, ce n'était pas la doctrine de Denys telle qu'il l'avait expliquée, sinon réforn la monition du pape saint Denys; c'étaient, au contraire. les expressions malheureuses ou mal comprises qui adversaires avaient relevées dans sa lettre dogmatique a Ammonius, en l'accusant d'avoir enseigné que • le Fils de- Dieu est une production et une créature, qu'il I partient point au l'ère par unité- de nature, mais qu'il lui est étranger quanta la substance, qu'il en diffère comme
la vigne du vigneron et la barque de l'artisan, puisque. . tant quelque chose de produit, il n'était point ..vaut d'avoir été fait i. S. Athanase. De tentent. D
/'. G., t. xxv. col. 186. Pareillement, ce que
prenaient dans les œuvres d'Oi
énergiques affirmations du Ih itholique sur la
ARTANISME (PÉRIODE ORIGINAIRE DE L'
généra lion éternelle et la divinité du Verbe ou sa procession ex ipsa Dei subslanlia, comme on le lit dans un fragment de commentaire, In Hcbr., P. G., t. xvn, col. 581 ; c'étaient divers points réellement sujets à caution et qu'on retrouve, en tout ou en partie, dans un certain nombre d'auteurs ecclésiastiques avant le concile de Nicée. Élucubrations de philosophes philonisant sur le Logos ÊvSiâôeTo; ou Ttpoçoptxô;, Verbe interne ou proféré, et semblant établir une connexion entre la création du monde et la génération du Verbe; passages où la génération du Fils par le Père est représentée comme un acte volontaire ; textes qui expriment une idée de subordinalianisme, sans que rien n'indique clairement une distinction entre la subordination essentielle ou de nature et la subordination personnelle du Fils au Père, par exemple, quand Origène montre dans le Fils l'image de li bonté de Dieu, mais non la bonté même, ou Oedç, mais non ô (-)eô:, ni a-JTrfOeoç ; enfin, doctrine des théophanies dans l'Ancien Testament, où la visibilité du Fils mise en r igard de l'invisibilité du Père semblerait témoigner d'une nature différente et inférieure. Tout cela nous permet de comprendre aisément pourquoi Arius et ses partisans pouvaient invoquer les Pères, sinon pour l'ensemble de leur doctrine, du moins pour divers éléments constitutifs de leur synthèse dogmatique et philosophique. Mais là, comme sur le terrain scripturaire, les ariens procédaient à l'arbitraire et d'une façon incomplète, ne prenant chez les écrivains antérieurs que des passages isolés, pour en tirer des conclusions opposées à l'ensemble de leur doctrine ou à leur foi commune touchant la génération du Fils ex substantiel Patris et sa vraie divinité, ou son unité de nature avec le Père. Voirentre autres llefele, Ilisl. des conciles, trad. H. Leclerq, 1. 1, §18, p. 335; Scheeben, La dogmatique, trad. Bélet, Paris 1880, t. il, n. 840; sur le rapport de l'origénisme à l'arianisme, article de L.Wollf, dans la Zeitsclirift fur hither. Théologie und Kirche, Leipzig, 1842, 3° fasc, p. 33-55.
Les citations d'Arius qui ont été faites montrent suffisamment quel était le genre de ses arguments rationnels. L'opposition entre l'ày£vvr|To; et le y£vv'1t^î en était comme le point de départ et le résumé; les termes s'opposent, par conséquent Yinengendré et Yengendré oe sauraient être de même nature, ni posséder les mêmes propriétés essentielles; Yengendré n'ayant pas en luimême la raison de son existence, n'est pas Dieu, l'être [nvinier, l'être nécessaire. Puis venaient toutes les difficultés qu'entraînait dans l'esprit d'Arius l'identification des concepts de génération et de production con-
nte : comment le Fils engendré serait-il co-éternel au l'ère inengendré? car celui qui engendre doit précéder celui qui est engendré. De là ces questions caps qui déconcertaient les simples. Aux femmes on
' : « Avicz-vous un (ils avant de le mettre au monde?
rément non; de même Dieu n'en avait pas avant d'avoir engendré. » Aux jeunes gens on demandait :
lui qui existe a-t-il fait celui qui n'est pas ou celui
qui est? L'a-t-il fait comme quelqu'un qui n'était pas
i ncore ou comme quelqu'un qui était déjà? » Les ariens
ncore : le Fils existe ou par la volonté du
I' re, ou sans sa volonté; dans la première supposition,
il pourrait n'être pas; dans la seconde, on impose au
Père une contrainte, et on le prive de sa liberté. Enfin,
il - i que, pour admettre la consubstantialité
du Verbe, il fallait sacrifier ou la trinité des personnes
en retombant dans le sabellianisme, ou l'unité et la
•implicite de Dieu. Objections graves assurément, et en
quelque sorte nécessairement, puisqu'elles touchent au
i e de la vie divine.
S. Genèse de la doctrine arienne. — On a jugé 1res di-
rclations philosophiques de l'arianisme.
ns l'ont rattache'' au platonisme, par exemple Pctau,
De Trinilale,l. I, c.vill,§3j et IVMcr, Histoire de la phi-
losophie chrétienne, trad. de l'allemand par J. Trullard, Paris, 18i4, I. V, c. il, sect. I. Les autres l'ont rattaché à l'aristotélisme; tel, en particulier, Baur qui, en revanche, voit le platonisme dans saint Athanase, Die christlic.he Lehre von der Dreieinigkeit und Menschwerdung Gotles, Tubingue, 1841, t. i, p. 388-394. Quoi qu'il en soit de l'assertion relative à saint Athanase, on ne saurait, sans exagération, trancher les camps d'une façon si absolue, qu'on ait d'un côté l'aristotélisme, de l'autre le platonisme. Il est vrai que saint Fpiphane donne aux ariens l'appellation de « nouveaux aristotéliciens » ; mais, quand on examine de près sa pensée et celle des Pères invoqués par Baur, on voit qu'il ne s'agit pas du fond même de la doctrine philosophique, mais de la méthode d'argumentation arienne, surtout chez Aétius et Eunomius. Les Pères leur reprochent, en effet, l'abus de la terminologie péripatéticienne; ils s'en prennent à leur « art fallacieux et sophistique », en d'autres termes, à ce dialecticisme rationaliste et ergoteur qui prétendait mesurer la trinité divine et ses actes immanents d'après les conceptions tout humaines que fournissent les catégories d'Aristote. Ct. S. Épiphane, Hœr., lxix, 69, et lxxvi, réfutation de la neuvième proposition d'Aétius, P. G., I. xlii, col. 315, 570; S. Basile, Adv. Eimom., I, 9, P. G., t. xxix, col. 531; S. Grégoire de Nysse, Contr. Eunom.,\. I, XII, P. G., t. xlv, col. 266, '906, 907; Socrate, II. E., H, 35, P. G., t. lxvii, col. 300; Théodoret, Hseret. fabul., iv, 3, P. G., t. lxxxiii, col. 420. Parmi les auteurs modernes qui ont rattaché l'arianisme à l'école d'Antioche, plusieurs ne semblent avoir eu en vue que ce dialecticisme aristotélicien ; tel Newnian clans The Arians of the fourth century, c. I, sect. I et n, 4e édit., Londres, 1876.
En fait, il y a dans la doctrine arienne des infiltrations platoniciennes, mais par l'intermédiaire de Philon; ainsi en est-il, en particulier, de la théorie du Logosdémiurge, sous la forme judéo-gnostiqne qu'elle a reçue du philosophe alexandrin. Pour s'en convaincre, il suffit de comparer avec la doctrine arienne du Logos celle de Philon, étudiée dans quelques travaux récents. Schwane, Histoire des dogmes, trad. par l'abbé P. Bélet, Paris, 1886, t. i, p. 87, 88; James Drummond, Philo judœus,c. vi, Londres, 1888, t. il; Anathon Aall, Gescliichtc der Logosidce in der grieeltiachcn Philosophie, c. vin, et Geschichle der Logosidee in der christlichen Philoso^ phie, Leipzig, 1896 et 1899, p. 464, 465. Du reste, les points de contact entre les deux doctrines ont été souvent signalés. Hefele, Hisl. des conciles, trad. Leclercq, t. i,p.335. Stôckl, Geschichte der christlichen Philosophie zur Zeit der Kirchenvàter, Mayence, 1891, p. 205-209. Saint Grégoire de Nysse suppose même qu'en soutenant leur conception fondamentale de Dieu le Père, seul à.yiwr\-:o:, seul avapy/j;, les ariens prétendaient s'appuyer sur un passage de Platon dans Phèdre, 245 d, où on lit : àpyr\ os àféwviTov. Contra Eunom., 1. IX, P. G., t. xi.v, col. 813; Th. de Régnon, op. cit., 3« série a, p. 200, 201.
Par ailleurs, il est impossible de ramener la genèse de l'arianisme au seul philonisme, même en y comprenant les éléments d'ordre composite qui s'y rencontrent, et ceux qu'Origène a pu surajouter; une part d'influence revient, en dehors même du dialecticisme aristotélicien, à l'école de Lucien d'Antioche. Qu'il y ait entre celui-ci et l'arianismeun lien historique, cela parait indéniable. Arius s'est réclamé avec succès auprès d'Lusèbe de Nicomédie du titre de « conlucianiste ». Beaucoup d'autres disciples de Lucien se groupèrent dès la première heure autour de l'hérésiarque, et restèrent ses dévoués partisans; après Eusèbe, Maris de Chalcédoine, Théognis de Nicée, Léonce, futur évêque d'Antioche, Ménophante d'Éphèse, Eudoxe, qui montera sur les sièges d'Antioche et de Constanlinople, Asléiius de (Vippadoce, tels sont les principaux noms que relève l'histoire de ecte, Philostorge, II, 1 i, P. G., t. i w, col. 478.
Al;l U4ISME PÉRIODE ORIGINAIRE DE L
s.iint Êpiphane, de son côté, mou dit que lei ariens onl trouvé l'occasion de leur erreur dam Lucien el dans Origène. Hmr., ixm, 3, P. G., t. *xn, col. 590. Enfin, saint Alexandre rattache lui-même les erreur» ,i trim g i i.idii el Alternas, négateurs de la divinité «lu
« ; puis i Lucien <\ Antioche, influencé par Paul de Sun.. -.,ir. Lettre à saint Alexandre de Byzance, n. 9, /'. G., t. xviii, col. 561. Ces diverses données permettent de d< lerminer, avec beaucoup de vraisemblance, lu lien m. n seulement historique, mais doctrinal, qui relie Arius au prêtre Lucien. Hefele, loc. cit., p. 231, 2:i2; Harnack, Lehrbuchder Dogmengetchichte, .'i* •'•dit., Fribonrg-en- Brisgau et Leipzig, 1884, t. n, p. 182486.
La doctrine de Paul de Samosate contenait deux points caractéristiques : il considérait le Logos comme impersonnel, non distinct du l'ère; il ne reconnaissait dans le Christ qu'un homme ordinaire, dans lequel le Logos divin aurait habité, greffant ainsi l'adoptianisme sur le monothéisme hébraïque. Le prêtre Lucien défendit d'abord la doctrine de Paul de Samosate, puis il y substitua une autre conception, qui aurait donné occasion à l'arianisme. C'est celte dernière conception lu ianiste qui nous est imparfaitement connue, mais on peut remarquer qu'il y a une certaine analogie entre la doctrine arienne et celle de Paul de Samosate; l'idée d'un Logos impersonnel se retrouve chez Arius, mais l'adoptianisme est modifié par l'introduction du Logos-démiurge, essentiellement distinct du Logos divin, puisque le démiurge arien est un esprit créé s'unissant immédiatement à un corps sans âme humaine, et n'ayant avec le Logos proprement divin qu'un rapport d'analogie. Or, si l'on met de côté la conception même du Logosdémiurge, qui est d'origine philonienne, les autres éléments ou caractères du Logos arien se rattachent historiquement à Lucien : le Logos esprit créé, uni directement au corps du Christ, et tenant la place de lame humaine, car c'était la doctrine commune des lucianistes, au rapport de saint Épiphane; le Logos simple image analogique du Père, car les ariens purs reprochaient précisément au sophiste Astérius d'avoir altéré la doctrine de Lucien en voyant dans le Fils l'image parfaite, àwotpôXXoxtov EÎxôva, de la substance du Père. Philostorge, il, 15, P. G., t. lxv, col. 177.
Ainsi, l'hérésie arienne est un syncrétisme où se rencontrent, revêtus de la dialectique aristotélicienne, des éléments de provenance diverse, surtout philoniens. origénistes et lucianistes. Mais, comme on en a fait souvent la remarque, les origines de l'arianisme sont avant tout philosophiques. Cf. art. du P. Largent, L'arianisme. Les anciens et les nouveaux ariens, dans Le Correspondant, 25 avril 1872, p. 300 sq. Il faut ajouter que, sur plusieurs points, il y a des différences notables entre les partisans lucianistes et les partisans purement origénistes d'Arius, par exemple entre les deux Eusèbe, qu'on peut prendre pour les représentants des deux groupes. Chez l'évêque de Nicomédie, en particulier dans sa lettre à Paulin de Tyr, on trouve les négations ariennes les plus radicales : Fils créé, nullement en-
Iré de la substance du Père, oùx èx t?,; oOoia; bvtoû YEvovéc, mais d'une nature complètement différente; et ainsi du reste. Chez l'évêque de Césarée, on ne trouve guère que la doctrine subordinatienne, mais dans toute sa rigueur; le Fils est inférieur au l'ère, c'est le second
Dieu, engl miré par la volonté du Dieu suprême, mais image parfaite, et même éternelle du Père. Voir tloehler,
Athanase le Grand el l'Église de son temps, trad. de l'allemand par Jean Cohen, Paris, 1840, t n. p. 227 sq. ; Dorner, History of the developmeni of the doctrine ofthe peiton of Christ, trad. de l'allemand, Edimbourg, 1877,
part. I, t. Il, p. 217 sq. Là se trouvait le germe des division* qui éclateront plus tard au sein de l'arianisme. IV. L'opposition catholique. — La lutte engagée au concile de Nicée et l'orientation qu'j prit la direction
orthod qu'imparfa
race de la position p •• rait
l'attitude de son premier grand antagoniste, saint Alexandre, • ..que il Alexandrii . I
un nombre considérable de problèmes; beaucoup passaient le dogme, en transportant la qu ax la
i. i ion philosophiqui lucu-
brations patristiques fait.
avec la raison. Saint Alexandre ne*« . iree
uime évêque, gardien et jug< de la foi, qu il intervient et qu'il parle. ('.<■ qu'il condamne dans son concile d'Alexandrie, el ce qu il dénot nde
catholique dans son Epittola t. xviii. col. .")7li. ce ne sont pas précisément ceptions philosophiques d'Arius, ni les points de détail ou tels et tels docteurs avaient plus ou moins heureusemenl interprété ou expliqué le dogme; ce soi.'
lions doctrinales des ariens qui vont directement à l'eneontre des vérités contenues dan- la sainte Kcriture el la loi île l'Église : « lieu n'a pas toujours été Père, mais il y a eu une durée où il n'était pas Père. Le Verbe de Dieu n'a pas toujours été-, mais il a été- fait du néant, t: vlv. ovTr.iv. et. par conséquent, il y a eu une duré-e où il n'était pas. iv ttot- ore eux ?,'• Car le Fils est une créature, un être produit; en sa substance, il n'est pas semblable au Père; il n'est pas en toute vérité et par nature 1^ Verbe et la de Dieu; il n'est qu'une
des productions et des créatures de Dieu, et ce n'est que d'une manière impropre qu'il est appelé Verbe et Sagesse, puisqu'il est l'œuvre du propre Verbe de Dieu et de sa Sagesse immanente, par laquelle Dieu l'a comme les autres êtres. En conséquence, il est de sa nature muable et variable, comme tous les êtres raisonnables,.. Le Père est inénarrable, même pour le Fils; car le Verbe ne connaît le Père ni pleinement, ni parfaitement, il ne connaît pas même ainsi sa propre nature. Enfin, il a été' créé- pour nous, comme un instrument dont Dieu voulait se servir |jnr la création; il n'existerait pas, si Dieu n'avait pas voulu nous créer. » Tel est le bilan des assertions ariennes condamnées par l'évêque d'Alexandrie. La réfutation qu'il en donne, soit dans l'Epistola encyclica, soit dans son autre lettre, montre clairement la position doctrinale où il prétend se maintenir; à l'eneontre de chaque assertion, il invoque l'enseignement indubitable des saintes Écritures. Voir Alexandre (Saint), roi. 764-766. Ce sont les passages qui montrent la coexistence du Père et du Fils, éternelle et sans commencement ; qui montrent la filiation proprement divine du Verbe, sa parfaite similitude et • lité avec le Père, à cette seule différence près que le Fils est engendré, tandis que le Père ne l'est pas. ji'Jvm no BTCWTJttj) Xetic6|Wvov. Car le Fils est limage parfaite et adéquate du Père, ùxùv à7nr)xpi6a>(iivi| y.»': à-api>'/ixTo;. conception Oligéniste peut-être quant à la forme, mais pour le fond scripturaire, puisque saint Alexandre l'appuie sur la doctrine de saint Paul. Ileb.. l. S. En ce qui dépasse le dogme, comme le mode de la génération divine et la procession du Verbe, il resle et veut rester sur la réserve, se contentant d'écarter l'idée d'un nération a la manière des corps. Que sa terminologie trinitaire n'ait pas toute la précision désirable, rien d'étonnant, pour l'époque où il écrivait; ainsi, il n'emploie pas le mot de personne, ni le terme pluriel ÙKOOTâfftiÇ, dont Arius se servait, mais il appelle le I et le Fils -x; rf l-iv-iai: Mo avette, detur natures suivant la raison d hypotlate, et le Fils lui-même in-.-.i .o'.n çOot; (lovoytvr,;. Ml nature tenant le milieu comme unique engendrée entre Dieu le Père el nés.
expressions qui, d'apr.s l'ensemble de la lettre, tendent seulement à bien mettre en relief la distinction personnelle du Père et du Fils, comme le remarque Henri de Valois dans ses notes sur Théodoret, l. I. /'.»... t. i\x\;i. col. 1528. Mais on ne saurait souscrire au jugement porté
ARIANISME (PÉRIODE ORIGINAIRE DE L'
par Harnack, dans son Précis de l'histoire des dogmes, traduction d'Eug. Choisy, Paris, 1893, p. 179, quand il dil d'Arius : « Celui-ci avait beau jeu de prouver que la doc- Irine d'Alexandre n'tHait gardée ni contre le dualisme (deux àYÉv)fa),ni contre l'émanation gnostique (^poëûX-r,, àuôppoia), ni contre le sabellianisme ('j'toTïâT(i)p), ni enfin contre la conception d'une corporalité de Dieu. » Et quand le même auteur prête à L'hérésiarque cette assertion, « que la forme de la doctrine d'Alexandre est aussi changeante que la couleur du caméléon, » il met gratuitement dans la bouche d'Arius ce que celui-ci n'a pas dit, mais ce qui, au contraire, a été dit de lui et des ariens par saint Alexandre d'abord, dans sa lettre à son homonyme de Byzance,n. 6, P. G., t. XVIII, col. 57(î, puis par saint Athanase, De decretis nie. syn., \,P. G., t. xxv, col. 416.
Les protestants libéraux ont encore relevé vivement certaines expressions, comme celles de blasphémateurs et d'antéchrists, dont l'évêque d'Alexandrie s'est servi à l'égard des ariens. Pour comprendre ce langage, il faut tenir compte de la conviction personnelle où était le saint de défendre la foi catholique, taCra r?É; 'Exx>Yi<Tt'aç rà àicoaTo).ixà 6ôyp.aTa, et de l'importance dogmatique qu'il attachait justement aux vérités que les nouveaux hérétiques niaient et s'efforçaient de ruiner. Il s'agissait bien d'une question capitale dans l'économie du christianisme : le Verbe incarné, Jésus-Christ, est-il vraiment Dieu, ou n'est-il qu'une demi-divinité, vraie créature au fond? Suivant qu'on répondait dans un sens ou dans l'autre, les dogmes les plus fondamentaux du christianisme, la trinité, l'incarnation, la rédemption, l'eucharistie même, changeaient d'aspect et de portée. Ce sera la gloire de saint Athanase de développer à fond cette considération féconde, en montrant que toute l'économie du christianisme repose sur la foi en Jésus-Christ, Dieu et homme, sur cette double idée que le Père s'est pleinement révélé à nous par son Fils, et que le Verbe de Dieu s'est fait homme pour notre rédemption. Déjà le jeune diacre et secrétaire du vieil évèque d'Alexandrie préludait à son prochain apostolat de docteur par ses deux discours Contra gentes et De incarnatione Verbi, P.G.,l. xxv, col. 3- 197, composés avant le concile de Nicée, vers 318 ou 323, suivant les opinions. Le premier n'est qu'un combat contre le paganisme, mais le second est une démonstration du christianisme qui contient en germe la doctrine athanasienne sur l'œuvre de la rédemption. Le l.ogos du Père, qui par essence est un avec lui, pouvait nous apprendre à connaître le Père invisible, nous rapprocher de Dieu, nous faire enfants de Dieu; il se fit donc homme. Supprimez sa divinité : que reste-t-il du Christ comme révélateur du Père, comme médiateur cl rédempteur?
L'arianisme pouvait avoir, comme il eut de fait, un succès temporaire, dû surtout à l'état intellectuel et religieux de plusieurs classes de 1? société, quand il apparut. M9* Ginoulhiac, Histoire du dogme catholique..., 1. IX, c. xiv;Th. de Régnon, op. cit. ,3e série a, p 196-199. En leur présentant un christianisme helléil plaisait à une foule de demi-chrétiens, d'esprits superficiels ou de politiques, que la conversion de l'empereur Constantin amenait à l'Église chrétienne. Dans le — * ■ î 1 1 même du christianisme, où tant d'erreurs avaient puis deux siècles, il pouvail rallier de nombreux partisans par ce vaste syncrétisme où juifs ébio-
nitrs. gnostiqu 'ientauz, sabelliens rationalistes, phi-
lonistes alexandrins, origénistes subordinatiens, retrouvaient tous quelque chose de leurs doctrines. Mais ce rétisme môme devenait aussi dans la main des urs orthodoxes une arme puissante contre la doctrine arienne; ils y pouvaient dénoncer, avec saint Athanase, moins une hérésie nouvelle qu'un assemblage de ton rreurs; ils pouvaient reproche]
aux (enants d'Arius de ne pas différer des païens, aux-
UICT. M: THÉOL. CATM01-.
quels l'idée d'un grand Dieu, supérieur aux autres, n'était pas étrangère; ils pouvaient parler de judaïsme, de dualisme et même de polythéisme ressuscites; ils pouvaient soumettre au contrôle de la raison ce Logos arien, être indéfinissable qui ne devient Dieu qu'en devenant homme, et qui cependant n'est ni Dieu, ni homme. Toutefois, avant que les docteurs achevassent leur œuvre, l'Eglise enseignante allait faire la sienne, car elle ne pouvait rester indifférente devant la question posée : Jésus-Christ, que les saints et les martyrs ont adoré, est-il vraiment Dieu, ou n'est-il qu'une créature?
V. Le concile œcuménique de Nicée. — Il n'entre pas dans le cadre restreint de l'étude présente de raconter au long les actes de cette illustre assemblée, ni de discuter les questions de détails; il suffira d'en détacher ce qui a plus directement trait à l'histoire de l'arianisme. Les évéques se réunirent à Nicée, le 20 mai 32."), au nombre de trois cent dix-huit, chiffre traditionnel que donne saint Athanase, dans sa lettre Ad Afros, 2, P. G., t. xxvi, col. 1031. L'Occident était représenté par Osius de Cordoue, accompagné des deux prêtres romains Viton et Vincent, par Cécilien de Carthage, Nicaise de Die en Dauphiné (voir Revue bénédictine, 1899, t. xvi, p. 72-75), Eustorge de Milan et trois ou quatre évéques de divers pays. Parmi les Orientaux, on remarquait les évéques des sièges apostoliques, Alexandre d'Alexandrie, Eustathe d'Antioche et Macaire de Jérusalem ; puis, parmi les prélats plus activement mêlés à l'histoire du concile, les deux Eusèbe et Marcel d'Ancyre. Alexandre de Constantinople s'y trouvait aussi, soit comme prêtre fondé de pouvoirs par son vieil évêque Métrophanle, soit comme déjà promu lui-même à l'épiscopat. Avec le patriarche d'Alexandrie, était venu le diacre Athanase. Enfin, sur l'ordre de l'empereur, Arius s'était rendu à Nicée. Rufin, i, 1, P. L., t. xxi, col. 467. Ce n'était pas une assemblée d'ignorants, comme l'a prétendu Sabinus, évêque macédonien d'Iléraclée en Thrace, dont Socrate signale la partialité, I, 8, P. G., t. lxvii, col. 65. D'ailleurs, ce dont on voulait juger, ce dont on jugea, d'après l'histoire du concile, ce n'était pas la philosophie du dogme; c'était le dogme lui-même sur un point fondamental du christianisme, et cela d'après les saintes Écritures et la foi traditionnelle de l'Église. Gélase de Cyzique, Historia coucilii niaeni, 1. I, P. G., t. lxxxv, col. 1193.
Jusqu'à l'arrivée de Constantin, il y eut des réunions privées où les discussions commencèrent; c'est là probablement que, d'après les anciens récits, se distinguèrent saint Athanase et saint Alexandre de Constantinople. Les sessions solennelles s'ouvrirent, le H ou 16 juin, après l'arrivée de l'empereur; dans son discours de bienvenue, il exprima vivement son désir de voir la paix et l'union dans l'Eglise. On ne saurait dire au juste quelle marche suivirent les débats, ni quelle fut l'orientation exacte des partis. Des auteurs modernes, s'inspirant de nos mœurs parlementaires, ont bien distingué dans le concile une droite formée par le parti d'Osius et d'Alexandre, une gauche composée d'Arius el de ses partisans extrêmes, comme Théonas et Second, un centre gauche occupé' par Eusèbe de Nicomédie, enfin un rentre droit dirigé par Eusèbe de C.ésarée; mais il esl difficile de reconnaître dans les documents primitifs des groupements aussi précis. Sozomène remarque seulement, d'une façon générale, que les uns voulaient s'en tenir à la foi traditionnelle, tandis que les autres prétendaienl ne pas admettre sans examen les opinions des anciens. Les camps se tranchèrent : d'un côté, la majorité hostile à l'hérésiarque el à ses doctrines; en face, une minorité de dix-sepl ou de vingt-deux évéques. Ce dernier compte esi celui de Philostorge, (f ni range parmi les partisans d'Arius non seulement Eusèbe de Nicomédie el s,,n groupe de lucianistes, mais menu' irée et l'.iulin de T\r. Supplem. Plttlo-
AU \NISMi: PÉRIODE ORIGINAIRE Dl
,tora P ff., t. lxv, col. 833. D( doi jour», i plutôt* voir dans ces deux évêquei le« représentants de ,,i, moyen don) il a été question, le parti des oneénistes Bubordinatiens.
Le» ariens furent invités à exposer leun peseta les justifier, s. Mhanase, De decretù nw»n. tyn., ■>■ i ■ ■ . t xw col i28. Les évoques du parti présentèrent m" formule'de foi qui, aussitôt lue, fut énergiquement désapprouvée et miseen pièces ; te! esl dumoins le récit de 1 heo- ;,,„,, ^ paPie ensuite d'un écrit qu'Eustathe d'Antioche annela plus tard le blasphème .1 Eusèbe, -o Yp«|i|w '•''-
col 920-921. L'interprétation de ces données reste odbcure, quand il B'agit de déterminer soit le rapport possible entre la formule présentée au concile et lécnl eusébien, soit l'auteur même de ces documents. Nicéphore Calliste indique expressément Eusebe de Nicomédie, fl. E., vin, 18, P. ff., t. cxlvi, col. 73, et c :est aussi l'opinion plus communément suivie. I) autres e.iirnent pourtant que le symbole dont parle Theodoret est celui que, d'après son propre récit, Eusèbe de Césarée s'efforça de faire accepter au concile. Tillemont, Mémoires, 2« édit., t. vi, p. 654-656; II. Valois, Notes sur l'histoire ecclésiastique de Théodoret, P. ff., t. ia.xmi. ■col 1532 Mais, pour ce dernier, la profession de loi présentée au concile et l'écrit eusébien dont parle saint Eustathe seraient une seule et même chose, tandis que Tillemont n'accorde pas cette identification; les paroles <]e L'évêque d Antioche peuvent très bien se rapporter a une lettre d'Eusèbe de Nicomédie qu'on produisit alors. comme le rapporte saint Ambroise, De fide, ni, 15, p L t xvi, col. 614. Ce témoignage de l'évêque de Milan, joint à ce qu'Eusèbe de Césarée nous apprend de sa propre conduite au concile de Nicée, exige au moins qu'on distingue deux choses dont il fut question, la lettre de l'évêque de Nicomédie et le symbole présente ultérieurement par celui de Césarée, symbole dont ce dernier nous donne le texte et l'histoire dans la lettre qu'il écrivit à ses diocésains pour leur expliquer son attitude à Nicée. P. G., t. xx, col. 1537 sq.
Les Pères du concile se proposèrent un double but, comme nous l'apprend saint Athanase, Epist. ad Afros, 5 P G t xxvi, col. 1038. Ils voulurent proscrire les expressions impies dont s'étaient servis les ariens, telles que %> r.o.i 8te oi* v, il ou* 6W, etc.; puis leur opposer des formules qui fixassent d'une façon nette la doctrine catholique sur les points controversés. Eusebe de Césarée proposa le symbole de son église en laccompagnant d'un court préambule : - La foi que nous avons reçue des évêques, nos prédécesseurs, dans leurs premiers enseignements sur la religion, et a notre baptême et que nous avons apprise de la sainte l.cnture cette foi que nous avons eue comme prêtre et comme évèque, nous l'avons encore, et nous vous 1 exposons de la manière suivante : Nous croyons en un Dieu etc » Y eut-il là de la part d'Eusèbe une tactique habile? Probablement; mais elle ne réussit pas. car son credo ne répondait pas au but que se proposaient es Pères du concile. Ils avaient pu se convaincre qui membres de l'opposition cherchaient a faire adopter, ou
du m- ne cachaient pas suffisamment la disposition
où ils étaient d'accepter toutes les formules bibliques qui leur paraîtraient assez générales ou asseï vagues pour
laisser placée une interprétation COnciliable avec leurs
„, *s Par exemple, proposait-on, pour Bignifier que I.
I, g n'est pas tire du néant, cette expression ; le I
est de Dieu, èx roO 9«ov? les ariens se disaient entre eus ■ acceptons, puisque toutes les créatures sont de Dieu. Il Cor.,v, 18. Et ainsi peur beaucoup d autres expressions que signale saint Athanase, toc. et*., 19-20. H fallait en finir avec cette exégèse sophistique et cette duplicité déloyale; aussi, maigre leur- désirs d tenir aux formules scripturaires et l'accueil relativement
favorable quTosèbe dit avoir b
semblée les Pên
aueg termes explicatifs et de n
losé par I évêque d< I
l'expression ;*-•.
ù-dire de la tubstan
cnience de cette génération, la nature vraiment divin,
Fils engendré, on proposa le terme «
m0i L'empereur l'appuya fortement et expliqua ...
nous, l,t Eusèbe, que par ce terme, il n'était nulle.
question ,1 attribuer a la substance divine des affsdMWS
corporelles.
VI I l SYMBOLE DE NlCÉE, L'6u.oovffto;. -
des délibérations fut un symbole ou celui dl
trouve reproduit en substance, mais p.
mplété sur plusieurs pointe. Voir A. Hahn, BMta- UiekderSumbole und Glaubensregcln der attenh, fredit., Brestau, 1807, & 148 et 188; J. Mort 7>o d,*terUUtvon», Cambridge et Londres, 1876, p. 5fl 139 Le tableau suivant met en regard la traduction des deux symboles; les mots soulignés dans celui d, N ont pour but d'attirer l'attention sur les principales additions ou modifications.
Symbole de N Symbole de Césarée.
Nous croyons en un seul DleuPèrTtouHHitssaiit, créa- »
ton TdVtoutesAoWvïsibU* leur d, I
invisibles. Kl en - ~ g"
fésTchrist, le fils de Dieu, Jésus- n.nst. le £*•*•«£
oeul engendré du Père, c'est- Dieu de Dieu, lumière de lu- «! lire de la substar.ee du mière. vie de vie. fils unique pé'é, Dieu de Dieu, lumière Kemier-néde toute te créât., n d< lumière, vrai D.eu de vrai engendré du Père avant Dieu, engendré et non fait, les s.ecles par qui t.. ut aé, consubstanliel au Père, par fait; lequel, pour »*£*% qui toutes choses ont été faites s'est fait chair, -rap uM « ■ dans le ciel et sur la terre; a habité parmi noulequel est descendu pour nous, hommes, et pour notre salut, et s'est fait chair, devenant homme. TapxcoOîvTi, ÊV0W*p«- TTr.Tivta, etc.
Suit, dans le symbole de Nicée, la réprobation formelle des principales expressions d Arius :
Quant à ceux qui disent : il Toyc fc XSTfOvt«« V •
fut une durée OÙ le Fils notait ote ovx r.v. tu Itf pas, où il n'était pas alors qu'il 6ï,va: ovx r,v, -/.a; 6n t, M D'étaii pas eneore engendré, ou Svxinv :"i;i;
il a été fait du néant, -ou ceux ùiroora««i>« r, ovatoc J qui disent du Fus de Dieu : il xovra; Eivai, r, xt-.<ttov o est d'une autre hypostase ou tpejrrôv r iUWKii W» Bufastanee, ou créature, ou ulôv to0 8so0, «vwew* changeant et tnuable, l'Église f, xa6o'/ixT) fatxXtjala. catholique les anathématian.
Le rapprochement des deux symboles montre asse* le travail de précision et de détermination que les 1 ères de Nicée eurent en vue. Le terme 6|MOv«to< qui. dans la suite de la controverse, sera pour les uns le mot .le ralliement, el pour les autres la pierre d'achoppement demande quelques explications. Terme non biblique. il avait pourtant son fondement dans les textes Pater unum sumiM.Joa., t, 30, et Omnia qvm que habet Pater, mea sutU, Joa., xvi, 15, entendus de
la communauté de nature et dessence entre le 1 ère et le Fils 11 avait aussi son histoire dans la tradition p,tristique. Chei les latins, il s'était traduit par rexj
Sion UnilW substantim, par exemple, dans lortulhen.
Adv. Praxeam,n,P.L.,\.n,co\. 157, et dans il
hivin. i»slilHl.. n. '.«.../'. /,..t. v,.co ;v.>». KnOnen ,1 apparaît dans lafiaire de DenyS d'ÀlexaW
l'an Soi; accusé, entre autres chos
mitre le Fils comme i»oov<riov, i défend et
fait profession d'accepter le terme, tout en remarquant
qu'il n'est pas scripturaiw. s. àthanaa *.ntr
ARIANISME (PÉRIODE ORIGINAIRE DE L'
cœn. syn., 25; De sententia Dionysii, 18, P. G., t. xxv, col. 462, 506. Saint Pamphile, dans son Apologie d'Origène, telle du moins que Rufin l'a transmise, nous fournit deux témoignages à la fois, le sien propre et celui du grand Alexandrin dont il rapporte un fragment de commentaire sur l'Épitre aux Hébreux. Apolog., c. v, P. G., t. xvil, col. 581. Du reste, Eusébe de Césarée reconnaît lui-même, dans sa lettre à ses diocésains, n. 7, que « plusieurs évoques et écrivains, savants et illustres, s'étaient servis de ce terme en parlant du Père et du Fils ». P. G., t. xx, col. 1541. Témoignage précieux à l'adresse des semi-ariens, quand plus tard ils invoqueront une prétendue condamnation de l'ô(AooOffto; par un concile d'Antioche, tenu contre Paul de Samosate entre les années 260 et 270. Si le terme même avait été condamné, il serait étonnant qu'Eusèbe l'eût accepté sans récrimination; il faut donc, ou que la condamnation n'ait pas eu lieu, comme l'estiment quelques-uns, ou qu'elle n'ait pas porté sur le terme même, mais sur une proposition où il serait entré avec un sens faux, sabellien ou matérialiste. S. Athanase, De synod., 43, P. G., t. xxvi, col. 767; S. Hilaire, De synod., 81, P. L., t. x, col. 534. C'est ainsi, pour prendre un exemple fourni par Arius lui-même dans sa lettre à saint Alexandre, que les manichéens appliquaient au Fils l'expression départie consitbstantielle, (j.=poc Ô|aooj<tcov.
Ajoutons enfin que, dans les débats entre Arius et ses adversaires, la question de l'ô^oo'jo-to; s'était posée, comme Philostorge nous l'a déjà appris. Au rapport de saint Ambroise, loc. cit., Eusébe de Nicomédie aurait dit que, si l'on reconnaissait le Fils de Dieu incréé, il faudrait aussi le reconnaître consubstantiel au Père ; l'idée est certainement contenue dans la lettre à Paulin de Tyr, et le terme lui-même se trouve dans un fragment de la Thalie cité plus haut : àXX' o-jôè ô|xoo-j<no; a-J-rw. Philostorge, 1,7, P. G., t. lxv, col. 463, va jusqu'à supposer une entente préalable sur le mot qui aurait eu lieu à Nicomédie, avant le concile, entre Osius et saint Alexandre, assertion propre à cet auteur et dont il est impossible de contrôler l'exactitude. Ce qui résulte clairement de ces divers indices, comme des explications subséquentes de saint Athanase, c'est que le terme rJ|j.oojTioc fut choisi au concile de Nicée par opposition directe aux erreurs ariennes que les Pères prétendaient proscrire, à savoir que le Fils, comme créature, fût d'une nature inférieure au Père, et par suite ne fût pas vrai Dieu; en déclarant le Fils ô[aoo\jtiov, on voulait le déclarer vrai Dieu, possédant comme le Père la nature divine et ses propriétés essentielles, en vertu d'une génération non métaphorique, mais propre et naturelle. Voir S. Athanase, De décret, nie. syn., 20; Epist. ad Afrns, 9, P. G., t. xxv, col. 452; t. xxvi, col. 10i5.
Vil. SUITES IMMÉDIATES DU CONCILE DE NlCÉE. —Quand
la rédaction du symbole eut été définitivement arrêtée, presque tous les évéques s'empressèrent de le souscrire comme la foi traditionnelle de l'Église catholique. Eu- 1 ' rée, après avoir demandé quelques explications et du temps pour réfléchir, finit par imiter leur exemple. Cinq évéques seulement refusèrent d'abord de souscrire au symbole ; trois lucianistes, Eusébe de Nicomédie, Théognia de Nicée, Maris de Chalcédoine ; et les deux partisans primitifs d'Arius, Théonas de Marmoriqne et Second de Ptolémalde. Ensuite, émus par les
iccs de l'empereur, les trois premiers changèrent d'avis; l'anoméen Philostorge prétend qu'en cela ils n'agirent pas loyalement, ce qui est très vraisemblable, mais il ajoute, ce qui l'est moins, que, sur le conseil de Constantia, ils usèrent de fraude en substituant dans leur signature le mot A|xoio-Jtio; à l'é|MO^aio(. Théonas et Second s'obstinèrent, ils furent anathématisés avec Arius. De son côte'1, Constantin réalisa ses menaces; peu
I le 19 juin, époque probable rie la promulgation du concile, il exila en lllyrie Arius, Théonas et Second avec
les prêtres qui leur étaient attachés. Lettre encyclique du concile, dans Socrate, i, 9, P. G., t. lxvii, col. 78; Supplem. Philostorg., P. G., t. lxv, col. 624.
Devant ces témoignages positifs, on ne peut pas admettre avec Baronius, Petau, Maimbourg et autres historiens, qu'Arius se rétracta, du moins pour lu forme, et qu'ayant souscrit au concile de Nicée, il rentra dans la paix de l'Eglise et ne fut point exilé. Ces auteurs s'appuient, il est vrai, sur un passage de saint Jérôme, Dialog. adv. lucifer., vu, P. L., t. xxm, col. 17i : Legamus acta et noniina episcoporum synodi Nicxnse; et hos quos supra dixinnts fuisse sitsceptos, subxcripsisse ô|j.ooj(Ttov inter ceteros reperiemus. Mais ce texte même n'a pas toute la clarté désirable; ne s'agirait-il pas seulement des évéques, tels qu'Eusèbe de Nicomédie et autres, dont le saint avait parlé précédemment? En tout cas, s'il a voulu réellement ranger Arius parmi les signataires de l'6tj.oo'j7co; à Nicée, l'assertion est difficile à soutenir, même si l'on suppose avec quelques-uns et tout récemment Seeck, Untersuchungen..., loc. cit., p. 69 et 358-361, que cette rétractation d'Arius se rapporte à une reprise du concile de Nicée qui aurait eu lieu deux ans plus tard, à l'occasion des mélétiens, car cette supposition reste assez arbitraire, et le fait qu'Arius ait souscrit à l'ô(j.oova-toç parait en contradiction avec toute la suite de l'histoire.
Quoiqu'il en soit de cette époque ultérieure, le concile de Nicée se termina en 325 par le bannissement d'Arius; ses écrits furent anathématisés, et il lui fut interdit d'entrer dans Alexandrie. Sozomène, i, 21, P. G., t. lxvii, col. 924. Dans une lettre, dont l'authenticité est contestée par Seeck, loc. cit., p. 48, Constantin ordonna même de livrer, sous peine de mort, les livres d'Arius et de ses partisans, pour qu'ils fussent détruits par le feu; afin d'anéantir le nom des ariens, il prescrivit de le remplacer à l'avenir par celui de porpliyricns, parce qu'Arius avait imité le philosophe néoplatonicien Porphyre dans son hostilité contre Jésus-Christ. Socrale, I, 9, P. G., t. lxvii, col. 88; S. Athanase, Hi.ttor. arian., 51, P. G., t. xxv, col. 754; Codex Iheodos., edit. Hoenel, 1. XVI, tit. v, 66.
Les décisions du concile furent communiquées à l'église d'Alexandrie parla lettre synodale déjà signalée; les Pères y rendaient un juste tribut d'hommage au victorieux champion de l'orthodoxie, saint Alexandre. L'empereur écrivit aussi de divers côtés, particulièrement aux alexandrins, en leur recommandant de recevoir les décrets conciliaires comme la décision de Dieu même. Puis, avant de donner congé aux Pères du concile, il fêta le plus solennellement possible ses Vicennalia, qui tombaient le 25 juillet. Il était triomphant de joie, croyant enfin son vœu de paix et d'unité religieuse réalisé. Sa persuasion ne fut pas de longue durée. Trois mois s'étaient à peine écoulés, qu'Eusèbe de Nicomédie et Théognis de Nicée recommençaient leurs intrigues; leur demeure devenait 1 • rendez-vous de tous les mécontents, ariens ou mélétiens, et ils allèrent jusqu'à recevoir des hérétiques à la communion des saints mystères. Irrité, Constantin les bannit dans les Gaules, en novembre ou décembre de cette année 325; puis il invita les églises de Nicomédie et de Nicée à élire des évéques orthodoxes à la place des exilés. Socrate., i, 9, P. G., t. lxvii, col. 98,99, et surtout Gélase de Cyzique, Ihsinria concil. niemn., i, 10; m, I, P. G., t. i.xxxv, col. 1219-1222, 1356-1357. C'est dans cette lettre, dont l'authenticité est mise en doute par quelques-uns, que Constantin rappelle les anciennes relations d'Eusèbe avec Licinius. Amphion devint évéque de Nicomédie, et Chrestus, évéque de Nicée. L'année 336 fui signalée par un décret où Constantin déclarait que les privilèges accordés en faveur de la religion ne profiteraient qu'aux catholiques; exception fut faite pour les seuls nnvatii-ir, qui s'accordaient avec les orthodoxes sur les questions
ARIANISME, RÉACTION ANTI-NICÉENNE
i i. \\ I. lit, v. I, 2. Mais
la lutte n'était pas linie ; la conduite d tilés
; qUe le signal de la grande réaction 'i111 allait bientôt se produire contre la foi de