I. Kglise la maintint toujours. Elle ne l'urgca pas
ndant, parce que son désir (''lait de promouvoir les études el que sa conviction était qu'il y avait une mine
riche de savoir dans les œuvres d'Aristote. Elle laissa
lutume contraire s'établir, se contcntanl de raj de loin en loin les défenses du commencemenl du siècle, plutôt pour éviter les écarts que pour supprimer toute ouvres incriminées. Elle aida même celle-ci dans une grande mesure, puisque nous rencontrons i la cour d'Urbain IV, encouragés par le souverain pontife
dans leur travail, Guillaume de Moerbèke et saint Thomas d'Aquin, à l'époque où le premier traduit tous les traités d'Aristote et où le second les commente et tandis que le pape renouvelle les prohibitions de Grégoire IX et du concile provincial de Paris. Cf. Jourdain, Recherches critiques, p. 187 sq. ; Renan, Averroès et l'averroîsme, 3e édit., Paris, 18G7, p. 220 sq. ; S. Talamo, L'aristotélisme de la scolaslique, Paris, 1876, p. 403 sq.; M. de Wulf, op. cit., p. 242, et surtout Mandonnet, op. cit., p. xxix sq.
VIII. L'iconographie de l'aristotélisme chrétien. — Deux tableaux surtout symbolisent dans l'histoire de l'art chrétien le fait de l'aristotélisme scolastique. Le premier est dû au pinceau de Traini, élève d'Orcagna, au xive siècle. Il est conservé à Pise, en l'église de Sainte-Catherine. Le second s'inspirant de la même pensée, et présentant la même composition avec quelques différences de détail seulement, est de Benozzo Gozzoli et se trouve au musée du Louvre à Paris. Dans ces deux œuvres d'art, saint Thomas occupe le centre, ayant sur les genoux la Samma contra gentiles. A ses côtés, à droite, Aristote avec l'Ethique entre les mains, à gauche, Platon portant le Timée; au-dessus de l'angélique docteur et en cercle, les quatre évangélistes, Moïse et saint Paul avec leurs écrits. Dominant le tout, la Sagesse éternelle, le Christ Fils de Dieu. Enfin, aux pieds de l'Ange de l'École, misérablement abattu et comme foudroyé par les rayons qui partent de la Somme de saint Thomas, Averroès avec son Commentaire. Ces tableaux résument parfaitement la doctrine que nous venons d'exposer. Il y a deux aristotélismes : celui de saint Thomas et celui d'Averroès. Le premier est orthodoxe ; il s'inspire d'Aristote, n'est pas tellement exclusif qu'il n'accepte aussi quelques vérités affirmées par Platon. 11 subordonne la sagesse humaine et païenne à la sagesse éternelle et divine représentée par les livres de l'Ancien Testament, dont le principal et premier auteur est Moïse, par les Évangiles et les Épitres, celles-ci dues particulièrement à saint Paul. L'ensemble des rayons de vraie sagesse, partie de Dieu et des génies humains, constitue la sagesse de l'Ange de l'École. L'autre aristotélisme est celui d'Averroès. Il est faux, excessif, exclusif, aveugle. Il est combattu et vaincu par le premier et condamné par la sagesse surnaturelle. Cf. del Rio, De l'art chrétien, Paris, 1874, t. n, p. 340, 341 ; Salvatore Talamo, op. cit., p. 317 ; Poujoulat, Toscane et Rome, Paris, 1840, p. 54, 55; La scienza e la fede, t. xxxiii, série I, p. 288 sq. ; Renan, Averroès et l'averroîsme.
IX. L'aristotélisme de la Renaissance. — Après le xme siècle, la scolastique a moins d'éclat, mais elle demeure attachée avec la même prudence aux doctrines d'Aristote. Les caractères de son aristotélisme apparaissent donc les mêmes. Il y a bien de temps en temps quelques scolastiques, ou conduits par l'averroîsme à exagérer la fidélité envers Aristote, ou poussés par l'augustinisme ou d'autres systèmes nouveaux, à restreindre la part du Stagyrite dans la philosophie, mais ce sont des exceptions ; d'une façon générale, l'école thomiste reste alliée à un sage aristotélisme. — Avec la Renaissance, les idées sur Aristote prennent un nouveau cours. A cette époque les esprits cultivés professent un culte excessif pour tout ce qui est grec. Parmi les auteurs anciens, Platon et Aristote provoquent surtout l'admiration et le prosélytisme. Les uns font du prince de l'Académie une quasi divinité' et s'élèvent contre les prétendues infidélités de son disciple; les autres relèvent le gant, défendent Aristote contre de telles attaques, el proclament le Stagyrite un maître inattaquable, un pontife infaillible. C'est alors que l'on jure per verba ma-
gistri. Mais si l'on adore Aristote. on ne le comprend guère; si on le traduit, on le trahit aussi el l'on en est réduit à recourir aux commentateurs d'un autre pour leur demander la pensée da philosophe. Alexandre
VRISTOTÉLISME DE LA SCOLA.STIQUE - ARMÉNIE
d'Aphrodite est La guide dei doi qui en reçoivent le
nom d' i alexandristei i, \\ « éclaire les autre* qui
vont grossir les rangs de l'averrolsme. C'esl le commencement de la décadence de l'aristotélisme. Malgré des thomistes comme Cajetan, Sylvestre de Fi rran et Suarez, cette décadence s'accentua vite; ou lit de toutes les doctrine- d'Aristote un bloc Intangible et indivisible, s.. métaphysique, ses conclusions scientifiques, composaient un monument auquel il était interdit d'enlever la moindre pierre. Cependant les découvertes d'un Copernic, d'un Galilée, d'un Kepler venaient battre en brèche I édifice. Onnecomprit pas qu'on pouvait et qu'on devait sauver la partie métaphysique, que celle-ci n'était pas solidaire «le la partie scientifique. On voulut maintenir le bloc. Ce fui la ruine de la scolaslique. Les découvertes nouvelles étant évidemment vraies, il fallut renoncer aux donnéesde science ancienne, el comme elles ne faisaient qu'un seul tout avec la philosophie, le tout sombra en même temps. L'aristotélisme modéré avait f.iit vivre et prospérer la scolastique ; poussé à l'excès, il la faisait périr. De nos jours, sous l'impulsion vigoureuse de Léon XIII, un retour catégorique s'est produit vers les doctrines thomistes et en elles vers les théories aristotéliciennes. Les exemples d'attachement prudent et résolu des grands scolastiques du XIIIe siècle à la philosophie aristotélicienne, s'ils sont suivis, ne pourront que profiter à l'intelligence de la vérité et de la foi. Cf. de Wulf, Histoire de la philosophie médiévale, p. 449; P. Bulliot, Le problème philosophique, dans la Revue de plulosophie, décembre 1900.
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a Cbollet.
ARIUS. Voir Abianisme, col. 17794781.
ARMAND DE BELLEVUE. Dominicain provençal
ne d..us 1,. seconde moitié du Mil- Biècle. Etail en 1326
, tudea géi inicains à Montpel-
lici Nommé cette m< me année maître en ti. maître du sacré palais par Jean XXII. Il prit part disputes soulevées par les théories du pape sur la vit béatifique el mourut dan- l'exercice de sa <
Parmi ses écrits, il faut signaler le suivai I titre varie quelque peu selon les <"-<! 1 1 1 ■ ins 1 rou lotus de deelaratione difficile ionum in theo-
d philosophia, 1™ édit., -ans lieu ni date 'Lyon, Dâle, 1491 ; [Lyon.] 1500; Cologne, 1502 1584, 1586; Strasbourg, 1605 jWillen On peut
signaler aussi, à cause «le leur importance historique et de leur existence en un seul manuscrit connu, les deux traités «I Armand relatifs aux disputes sur la \i tifique. [te son! I un et l'autre dans un manuscrit de la bibliothèque publique de Cambridge, sous la cote Ji. S. 10 : Retponsiones ad 19 articulas ex part,- beatitudinis apostolice missos fratri
palatiiAvenioneC23décembrei333 . fol. 10-38; Kpitiole mag. Armandipredicaloris,niag. s. pala one
beatifica, fol. 95.
Quétif-Echard Scriptores ord prsed.. t. i. p 583 ; Denine-C-hstrlain, Charlularium universitatis parisiensis, t. Il, voir l'ii. C. Prantl, Geschichle der Logik im Abendlande, t. m :p. 306-311 ; Hain, lVUecliet, etc.
P. Mandon-net.
ARMÉNIE. Pour plus de clarté, nous diviserons cet article en quatre sections : I. Histoire religieuse de l'Arménie. II. Les conciles. III. La littérature théologique.