V. Du concile de Nicéeà celui de Chalcédoine (3-2.V I
VI. Opposition au concile de Chalcédoine. VII. Les églises de Géorgie et d'Albanie. VIII. Premières 1 tives d'union avec les grecs. IX. Hérésies indigi
X. Nouveaux essais d'union avec les grecs. XI miers rapports avec l'Église romaine. XII. Rupture de l'unité hiérarchique. XIII. Catholical d Ltchmiadzin. XIV. Catholicat de Sis ou de Cilicie. XV. Catholicat d'Aghtamar. XVI. Patriarcat de Jérusalem. XVII. Patriarcat non uni de Constantinople. XVIII. Patriarcal catholique. XIX. Archevêché arménien de Leml XX. Ordres religieux. XXI. Missions catholique- XXII. Missions protestantes. XXIII. Statistique religieuse. XXIV. liste des patriarches.
1. LE PAYS El m - VICISSITUDES POLITIQI'ES. — L'Arménie est une contrée montagneuse bornée, d'un côté, par la mer Noire et la Caspienne, et de l'autre, par le Taurus et le I pri -que quadrangulain
comprise entre les :Ui et il de longitude est. el h et il de latitude nord. Cependant ces lignes extn englobent certains pays qui n'ont jamais été arméniens; en revanche, l'influence arménienne a fréquemment dépassé ces frontières, à l'ouest de l'Luphrate surtout. Le mot d'Arménie n'est qu'une exprès graphique;
aujourd'hui moins qu'à aucune autre époque, il n< : s'appliquer à une race, à une nation déterminée. « que ce malheureux pays semble n'avoir jamais connu l'unité ethnique, cette indispensable condition de prospérité pour une nation.
Habité «les l'origine par une race blanche allophyle, qui crée un royaume autour de Dhuspa, la ville actuelle de Van. nommée lùaina par les monuments et Vrartu par l«'s inscriptions d'Assyrie, on le \> suite occupé par une race aryenne qui. en s la première, finit par l'absorber enliei eelte seconde race que sont issus les Arméniens moderne-. Il- donnent a leurs ancêtres le nom à'Haik, au singulier Haï, et a leur pays ulm de Uaisdan ou de-
ARMENIE. HISTOIRE RELIGIEUSE
meure des Haïk. A les entendre, Haïk, père de leur race, ne serait autre que le fils de Thogorma, troisième (ils de Gomer, Gen., x,3, et ils ont tiré de cette problématique origine de belles légendes qu'ils tiennent pour vraies. Ce n'est pas ici le lieu de les discuter. Qu'il me suffise de rappeler qu'à peine arrivée dans le pays, vers la fin du vn« et au début du VIe siècle avant J.-C., la nouvelle race, supérieure à l'ancienne par le nombre et la condition sociale, réussit à s'emparer du gouvernement, sans sortir cependant de la dépendance des Mèdes et des Perses, liéritiers des Assyriens qui, après de longues luttes, avaient détruit Dhuspa (735) et soumis le pays. Lorsque, à leur tour, les Perses sont vaincus par Alexandre (328), l'Arménie ne fait que changer de maître : elle échoit aux Séleucides de Syrie qui lui laissent, sous l'autorité de gouverneurs indigènes nommés par eux, une sorte d'indépendance, rendue d'ailleurs nécessaire à cause de l'éloignement.
Après la défaite d'Antiochus le Grand par les Romains (190), Artaxias et Zariadris, gouverneurs du pays, prennent le titre de roi et se déclarent indépendants, le premier, dans l'Arménie proprement dite, le second au sud-est, dans la Sophène, inaugurant ainsi la dynastie nationale des Archagounik ou Arsacides. Strabon, xi, 531. Celte dynastie jette un vif éclat sous Tigranes Ier (vers 90-55), mais elle ne tarde pas à devenir, suivant les circonstances, le jouet des Romains et des Parthes. C'est aux Parthes que vont de préférence les sympathies du peuple et des grands ; aussi Néron, en fin politique, reconnait-il pour roi d'Arménie le propre frère du roi des Parthes, Tiridate. Dion, lxiii, 2-7. En 226, les Sassanides remplacent les Arsacides sur le tronc de Perse. Les rois d'Arménie, en vertu du pacte qui unit entre eux tous les princes du sang arsacide, se déclarent contre la nouvelle dynastie. De là entre les deux pays une lutte sanglante qui dure plusieurs siècles, lutte politique tout d'abord, puis lutte religieuse à partir du jour où, Tiridate converti, toute l'Arménie devient chrétienne. Tour à tour perdue et reconquise par les Romains et par les Perses, l'Arménie est'partagée, en 387, entre ces deux puissances rivales. Les Perses, qui ont pris pour eux les quatre cinquièmes du territoire, lui laissent au début un simulacre d'indépendance; mais, à la mort du dernier Arsacide (i28), ils administrent eux-mêmes le pays au moyen de marspans, sorte de margraves nommés par eux.
A deux reprises, sous l'empereur Maurice (591) et sous Héraclius (629), l'Arménie est enlevée aux Perses par les Byzantins; mais trop loin de la capitale, épuisée d'ailleurs par ses luttes intestines, elle tombe sans résistance au pouvoir des Arabes (654). Aux marspans succèdent alors les osdigans, gouverneurs nommés par le khalife. Cependant un noble Arménien, Achot l'akratouni, est assez heureux pour gagner la confiance des khalifes; il obtient il eux, en 855, le titre de prince des princes et, en 885, la couronne royale Ainsi se trouve fondée la dynastie indigène des Pakratounik ou Bagratides, dont les chefs gouvernent le pays pendant deux siècles (885-1079). Mais le i gime féodal morcelle le nouveau royaume et entraîne sa ruine. Autant de rois que de provinces, autant de prorinces que de vallées, tel est en deux mots l'état de l'Arménie à cette époque. En 1021, le roi de Vaspourakan, trop faible pour ré ister aux Turcs Seldjoukides, cède à l'empereur grec liasile II en échange de Séba te; en 1015, c'esl le royai l'Ani que les Byzantins s'incorporent; mais à peine installés, ils doivent r la placeaux Seldjoukides conduits par AIp-Arslan. Déjà morte civilement, la i ratides d'Ani s'éteint
mr, en 1079, par l'assassinai de Kakig II.
Pour échapper à la servitude ou à la mort, un parent de Kakij II, Roupen, se jette avec quelques braves dans les gorges du Taurus et, delà, passe en Cilicie, où le gouverneur byzantin de Tarse lui abandonne quelques
DICT. DE THÊOL. CATIIOT..
forteresses. Ennemis des Grecs et des musulmans, ces réfugiés de Cilicie s'unissent naturellement avec les croisés. Après la prise d'Antioche (1097), Constantin, fils de Roupen, reçoit des croisés le titre de baron; au bout d'un siècle, les héritiers de Roupen, déjà barons, deviennent des rois, par suite de l'érection, en un royaume vassal du saint-siège et de l'empire d'Allemagne, de la Cilicie ou Petite-Arménie (1198). Trois dynasties s'y succèdent : les Roupéniens (1198-1226), les Héthoumiens (1226-1312), les Lusignans (1342-1375). Ébranlé par les Mongols et ruiné par les désordres intérieurs, le royaume de Petite-Arménie est détruit, en 1375, par les mameloucks d'Egypte, et son dernier souverain, Léon VI, meurt en France, pensionné par Charles VI (1393). Quelques-uns de ses sujets cherchent, comme autrefois Roupen, un refuge dans les montagnes du Taurus; ils y créent peu à peu une ville, Zeitoun, dont l'histoire n'est qu'une brillante épopée. Le gouvernement turc n'a rien épargné pour réduire ce Monténégro arménien. Demeurés libres jusqu'au milieu du XIXe siècle, attaqués depuis presque chaque jour, les Zeitouniotes n'ont mis bas les armes qu'à la condition d'avoir un gouverneur chrétien (10 février 1896).
Quant à la Grande-Arménie, son histoire depuis neuf siècles est une longue série de dévastations. Ruinée au XIe siècle par les Seldjoukides. au xiif par les Mongols, au xve par les Ottomans, elle tombe épuisée, en 1555, aux mains de ces derniers. Au début du xvuc siècle, la Perse s'annexe la partie orientale. Deux siècles passent, et un autre conquérant entre en scène, la Russie. En 1802, cette puissance s'incorpore la Géorgie et commence dès lors de s'étendre vers l'Arménie. Le traité d'Andrinople (1828), la campagne de 1853-1855, celle de 1877, favorisent son ambition, et l'ancien royaume d'Arménie se trouve aujourd'hui partagé entre la Turquie, la Russie et la Perse. L'Arménie persane forme, sur la rive droite de l'Araxe, la partie septentrionale de PAderbéidjan ; l'Arménie russe comprend, entre le Tchorouk.la Koura et l'Araxe, les provinces d'Érivan et d'Élisabethpol, et une partie du gouvernement de Tillis. Les Turcs occupent encore la majeure partie de la région; ils ont le bassin du lac de Van, les deux Euphrates supérieurs, les hautes vallées du Tchorouk et de l'Araxe, vaste ensemble ne formant pas moins de cinq vilayets : Erzeroum, Mamourat-ul-Azis, Bitlis, Diarbékir, Van. La population y est très mélangée. Les Arméniens et les Kurdes, en nombre à peu près égal, forment ensemble la moitié de la population; l'autre moitié esl turque ou turcômane. Seul, un régime administratif régulier pourrait maintenir dans un juste équilibre des races aussi profondément diverses. Ce régime, en dépit de l'article 61 du traité de Rerlin (1878), l'Arménie ne l'a jamais connu. Réclame-t-ello, sinon l'indépendance, du m. uns la réalisation de quelques réformes, on ('touffe sa voix dans le sang. Les derniers massacres de 1895-1896 ne lui ont que trop montre' combien vaines seraient ses espérances en face de l'absolutisme du sultan et de l'impuissance des diplomates européens.
Sur l'histoire primitive de l'Arménie, voir H. Hyvernat, Arménie dans le Dictionnaire de la Bible, t. i, col. 1000-1010, el les ouvrages Indiqués par ce savant. Pour l'histoire politique, consulter ,i. Issaverdens, Histoire de l'Arménie, 2 in-8-. Veni i J. Saint-Martin, Mémoires historiques et géographiques sur V irménie, 2 in-4% Paris, 1818-1819. - sur les Bagratides, voir A. Green, La dynastie bagratide en Arménie, 1 urnal de l'instruction publique, Saint-Pétersbourg, 1893, nov., p. 51-189. — Sur le royaume de la Petite-Arménie, voir E. Dulaurier, Étude sur l'organisation politique, religieuse et administrative <iu ime de la Petite-Arménie au terni ades, in-8*,
Paris, 1862 (extrait du Tournai asia\ *u 5 érie, t. xvu, p. Ml si|.; t. xvm, p, 289 sq., reproduit en tête du t, i des H»»» croisades, ln-fol., Paris, 1869); v. Langlois, Voyage dans la Cilicie et dans les montagnes du Taurus, in-8*, Paris, 1861; L. Alisban. Sissouan. Description physique, géographique, histoi ique et littéraire d\ arménienne
ARMÉNIE. HISTOIRE RELIGIE1
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i. lu urne, 18».
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ien1 inconnu; il a sans doute dix dernières années surtout, de plusieurs savants travaux, mais les résultaU obtenus sont loin d'être satisfaisante, faute d'être appuyés bui textes d'une incontestable autorité. Dans un Bavant mémoire h. Gelzer nous a présenté un tableau du panthéon arménien, où se trouvent élucidés le nombn nature des divinités, leur origine persane, syrienne, arménienne et grecque, Leur analogie avec les dieux du paganisme hellénique. Par malheur, les conclusions de [•éminenl professeur ont pour base principale letémoi- . enage de Moïse de Khoren, et ce témoignage, A. Carrière vient de le prouver, n'a pas de valeur historique. Dans son récil sur l'origine et la transplantation en Arménie i\<-> idoles étrangères, Moïse n'a lait que transcrire en le reportant à plusieurs siècles en arrière, le récit d'Agalhange sur le renversement des temples par saint Grégoire. Dès lors, le seul texte qui puisse nous fournir des renseignements sur le paganisme nation.,. est celui d'Agathange; les données complémentaires de Moïse doivenl être regardées comme le produit de son imagination. Or, que nous fournit Agathange? Une simple liste des vieux sanctuaires et des idoles qui jetaient adorées. On voil par son récil que l'œuvre de destruction des idoles opérée par saint Grégoire et Tmdate a porté' sur huit sanctuaires, dont deux a Artachat, un dans chacun des bourgs de Thordan, Ani, Èrèz, Thil, [varidiet Achtichat, ce dernier avec trois idoles dont deux seulemenl sont nommées. Quant aux divinités, leurs noms varient avec le texte d'Agathange que Ion adopte ■ la ou le texte arménien donne des nom- arméniens, le texte grec donne des noms grecs. En voua a liste Le premier nom est celui du teste arménien; e second, celui du texte grec; chacun deux est pi du nom du lieu OÙ La divinité avait son sanctuaire : |. Artachat : Allah, t ^ Al témis ; 2« Artachat : lir OU
Tiur \pollon;:; Thordan: Barchimnia=Barsamene; io a.,, : Aramazd = Dios; » Érèz : Anahit = Artém.s ; 60 Thil : Nané = Athjéna; 7° Bagayandj : M, lu ttcphestos; 8» Achtichat : Vahagn = Héraclès; N Astlik Aphrodite. Si l'on excepte celui de Barctamen, d'origine sémitique (peut-être pour Belchamen), tous ces ,„„„- d'idoles représentent dans la rédaction de , Vgathan les divinités du panthéon hellénique.
Le traducteur arménien d'Agathange a rétabli, dans son texte les noms indigènes. Peut-on s'appuyer sur cette restitution pour conclure à une identification réelleentrc les divinités, pour assimiler, par exemple. I Anahit arménienne avec L'Artémis grecque, Tir ou huravec ipot ,on etc.? Ce serait aller trop loin; l'assirailaUon proposée peul être simplement le fait du pseudo-Agathange oui utilisant dans sa 1 "' grecque des <kn-u
mente arméniens, aura arbitrairement substitué aux noms barbares qu'il rencontrait des nom- plus connus de -, - Lecteurs, ht comme. Moïse de Khoren mis de ntement d'autre témoignage qu,
celui d'Agathange a évoquer au sujet de- divinités arméniennes, il en résulte que non- ne savons de ces d. que leur- nom- et leurs saneti
la question de leur origi t de leur nature 1
obscure, même après Les recherches pourtant si recommandantes d,- lh Gelzer.
j.-i:. Emin, I
, Lu-», Pk
Kuitêanctuai
Abegbian,
P. Vetter, dai« LUterariêclu: Rundschau, t. 1 (1900), 1