‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 3)Chapitre 128 sur 338 · V. Du CONCILE DE NlCÉE A CELUI DE ClIALCÉDOINE · texte numérisé non relu

V. Du CONCILE DE NlCÉE A CELUI DE ClIALCÉDOINE

451). —Grégoire eut pour successeur son plus jeune fils, Aristakès, qui assista au concile de Nicée. H. Gelzer, II. Hilgenfeld, 0. Cuntz, Patrum nicxnorum nomina, Leipzig, 1898, p. lvi, lxii et passim. A la mort d'Aristakès, son frère aine, Verthanès, que Grégoire avait ordonné évêque des Ibériens et des Albanais, hérita du siège d'Arménie, auquel il rattacha naturellement l'Église d'Ibérie fondée par lui. Mais déjà l'union cesse de régner entre le chef de l'Église et celui de l'État. Iousik, fils et successeur de Verthanès, paye delà vie son opposition au roi Tiran (f 337-341). Ses fils se sécularisent, et le ca- . tholicat ne se transmet plus en ligne directe dans la famille de l'Iiiuminateur. Au rapport de Socrate, H.E.,n\, 25, P. G., t. lxxii, col. 453. le catholicos Isaac était un des signataires de la lettre adressée par le concile d'Antioche à l'empereur Jovien (363-36i). Ce personnage est évidemment le même que le Chahak de Faustus de Byzance, m, 17. A Chahak succède Nersès, neveu de Iousik, qui reçoit l'ordination épiscopale des mains d'Eusèbe de Césarée (362-370), au milieu d'un pompeux appareil décrit par Faustus, iv, 4, dans Langlois, Co//<?c< ion d'Iiistoriens arméniens, in-8», Paris, 1867, t. I, p. 238 sq. Témoin des institutions de toutes sortes établies par saint Basile à Césarée, Nersès entreprend de les implanter en Arménie. Au synode d'Achtichat (vers 365), il rend obligatoires les canons apostoliques, promulgue bon nombre de lois sur le mariage et le jeûne, organise des œuvres charitables comme les hospices et les hôpitaux, et donne un grand essor à la vie monastique. Gelzer, op. cit., p. 151 sq. Ces réformes importées des pays grecs indisposent contre lui et le roi et les grands. Le roi Archak lui oppose même un anticatholicos. Une fois Archak tombé entre les mains des Perses, Nersès reprend sans conteste la direction de son Église; niais son langage apostolique irrite le nouveau roi Pap (367-374) qui le fait empoisonner avant 374. C'est par anachronisme que l'on fait assister le pontife martyr au concile de Constantinople en 381. Arsak Ter-Mikélian, Die armenische Kirche in ihren Bczieliungen zurbijzanlinischen vom iv bis zum xm Jalirhundert, in-S°, Leipzig, 1892, p. 31 sq.

La mort de Nersès, ce Thomas Becket de l'Arménie, marque dans l'histoire de son pays une puissante réaction antireligieuse. Les riches dotations octroyées aux églises par Tiridate sont en partie supprimées par le roi Pap; le clergé voit diminuer le nombre de membres, les institutions de bienfaisance tombent en ruine, les règles canoniques cessent d'être en vigueur et les usages du paganisme reprennent partout faveur. Gelzer, op. cit., p. 156 sq. Le sentiment antireligieux n'était point seul à dicter ces mesures réactionnaires; aux yeux de Pap, Nersès avait eu tort de trop helléniser l'Arménie en la dotant d'institutions imitées îles tirées. Cette rivalité de race, qui créera plus tard le schisme, entrait pour beaucoup dans la nouvelle orientation il'' la politique royale. On le vil bien quand il fallut pourvoir au siège vacant du catholicos. s.ms tenir compte de l'antique usage, Papnomma lui-môme à cette haute fonction lui iik, de la famille d'Aghbianos, rivale de celle de l'Illuminateur. Ain^i l'i 1 1 créée par un ennemi du pouvoir .lui. l l'indépendance religieuse de l'Arménie. Saint Basile revendiqua naturellement les droits de son si l'juslus, v, 29, dans Langlois, t. i, p. 293, 294; il trouva

MiUl'NIE. HISTOIRE RELIGIEUSE

de l'appai en Arménie n -

roué à la famille de I Illuminât* ai Pai mail i ai le métropolitain de la Cappadoce II«, intl eDnenV per-

s -I de Basile, prit parti pourlousik et m - adhérent».

Si l'évêquede Césarée eul gain de cause dans nominations épiscopales, la consécration du cathol lui échappa pour toujours. Gelzer, op. ai , p «w-«»: Devenus indépendants de bit, les nouveau! catholici n'eurent rien de plus à cœur que de -■ donner li parences du droil en se forgeant des titres à •autonomie Ce fut le poinl de départ de tout un cydi de lé- , . odes où nous voyons Grégoire l'IUuminateur recevoir i investiture d'un peu partout, de Rome ou du ciel, mais pas de Césarée. Une critique sage el prudente a pour premier devoir de ne tenir aucun compte de ces récits ,, ndancieux de l'imagination indigène, lesquels, avec les attaches chronologiques dont ils sont ornés, ne représentent autre chose qu'un faux des plus grossiers. Gelzer, op. cit., p. 162; v. Gutschmid, op. cit., t. m, p. 115.

A peine en possession de leur autonomie religieuse, les Arméniens perdent leur indépendance politique; à la mort de Manuel le Mamikonien (378-385), Rome et la Perse se partagent le pavs. Sans appui du côté de 1 empire romain, dont elle s'est affranchie, ni du côté des l'erses qui la persécutent, réduite à l'isolement dans ses montagnes, l'Eglise d'Arménie aurait peut-être péri sans l'énergique habileté de son chef, Isaac ou Chahak le Grand, le fils de Nersès. Inauguré, vers 390, le pontificat d'Isaac constitue une période décisive dans la vie religieuse et littéraire de sa nation. Avec ce catholicos du sang de l'IUuminateur et rallié au régime nouveau, l'union se fait entre tous les partis. La création par Mesrob d'un alphabet national donne naissance a une littérature qui restera longtemps encore tributaire des Crées et des Syriens, mais qui, prise en soi, constitue un réel affranchissement; elle mettait tin aux effortsdes Perses pour maintenir partout le syriaque, au\ tentatives des Grecs pour introduire leur langue. Maîtres de la majeure partie du pavs, les Perses s'opposent a la propagation de l'écriture nouvelle et oblig nt Isaac et Mesrob à chercher un refuge sur le territoire romain. Par raison d'Etat, les Romains favorisent au contraire les écoles arméniennes dan- l'Arménie impériale; des jeunes gens envoyés dans les écoles de l'empire en rapportent cette culture littéraire qui a été nu des principaux facteurs de l'unité nationale. Les Perses ont beau remplacer Isaac par deux catholici syriens : le peuple, toujours jaloux de sa nationalité, demeure attacl eatholicos de sa race, et quand, en 128, la royauté nationale s'éteint, c'est le catholical .pu la remplace et sauve la nationalité. Gelzer, op. cit., p. ICI; Arsak 1er- Mikélian, op. cit., p. 33-37.

A cette époque naissait et se développait 1 hérésie de Nestorius; l'Église d'Arménie y reste étrangère. Au rapportde Liberatus, Breviarium causa Nestorianorum et Eutychiaru>rum,c. vut, /'./... t. lxviii, col. 969-1052, tes partisans de Nestorius, axant traduit en arménien h s

écrits de Théodore de Mopsueste et deDiodorede tarse, cherchèrent aies répandre en Arménie. Vigoureusemenl combattues parAcace do Mélitène et Rabulas d'Edesse, ces tentatives provoquèrent la réunion d'un synod hanttrop i quel parti s'arrêter dans une querelle bien aphysique pour des théologiens encore jeunes i I périmentés.lesévéquesarméniensdéputèrentàConstantioople, auprès de Proclus, deux de leurs prêtres. Léonce ri Abérius, pour lui demander qui avail raisi n. Proclus trancha le différend en faveur d'Acaceel de Rabulas dans son fameux Tomus ad Armenos, P. G., t. i.xv. c<

Labbe,Conàlio,t.iH,col. l737sq.;Mansi, Concilia,

col fâlsq.jensyriaquedansla compilation du psi udo-

Éac'hariele rie leur, 1.11, c. \ ; Land, Anecdota .-.mua.

, m Leyde, 1810, p. 103 -i ■ ^ Ahrens et <.. K

Die joj/enannteifii'c/iengesc/iic/itede* Zachariai Rhe-

tor, ln-8», Leipzig, 1899, p 21 *q : F. I. Hsmilti • I

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