‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 3)Chapitre 164 sur 338 · L. Petit · texte numérisé non relu

L. Petit

2. ARSÈNE Matziévitch naquit, en 1697, d'un prêtre marié à Vladimir de Volhynie. Il fit ses humanités en Pologne, et en 1715 commença ses études théologiques à l'académie de Kiev. L'année suivante, il s'enferma au monastère de la Transfiguration à Novgorod, d'où il sortit en 1718 pour reprendre ses cours de théologie à Kiev, jusqu'en 1723. Le saint-synode, en 1730, l'envoya comme missionnaire à Tobolsk, et en 1741 le nomma métropolite delà Sibérie. Nous le rencontrons à Rostov en 1742, et c'est ici qu'il engagea une lutte acharnée avec le raskol. En 1763, lorsque Catherine II corn rit le projet de supprimer les biens ecclésiastiques, et d'en centraliser les revenus entre les mains d'une commission placée sous la surveillance du saint-synode, le métropolite de Rostov prit avec beaucoup de vigueur la détense des droits de l'Église russe. Il adressa au saint-synode une très énergique protestation, qui lui valut de la part de l'impératrice l'exil en Sibérie. Renfermé dans un étroit cachot de la forteresse de Revel, le courageux prélat ne fléchit point, et mourut saintement le 28 février 1772.

Le métropolite Arsène est l'auteur de plusieurs ouvrages fort prisés par les théologiens russes. On lui doit une Exhortationa l'higoumène Josaphal partisandu schisme, 1734, et uni1 Réponse détaillée aux questions posées parles raskolniks russes, 1745. En général, le métropolite Arsène néglige do répondre par de bonnes raisons théologiques aux objections de ses adversaires : bien souvent il se borne à traiter do rêves leurs doctrines, et à dire que ceux qui se séparent de l'Eglise se privent volontairement des moyens de salut. Los deux écrits d'Arsène ont paru dans l'Interlocuteur orthodoxe [Pravoslavnyi Sobésiednik), revue do l'académie de Ka/an, 1861, t. ni, p. 184-204, 295, 349, 413. Il écrivit aussi une Réponse d un pamphlet luthérien intitulé le Marteau de l'Église russe. Los luth, rions \ attaquaient la Pierre de la foi(Kamène viéry), ouvrage dû à la plume du célèbre Etienne [avorskii, qui, au commencement du xviii' siooio. fut en Russie l'initiateur d'une écolo théologique favorable au Catholicisme, Dans leur pamphlet anonyme, les protestants reprochaient aux popes russes leur ivrognerie, et les traitaient d'hypocrites qui faisaient

m; ART CHRÉTIEN PRIMITIF

< imblanl de jeûner el en même tempi fi ni les

bals .1 les théâti La R ponte d \i ■-■ ne, publii e i n grande partie par Tchiatovitch dans ion travail rar Théoph. Prokopovitch, Saint-Pétersbourg, 1809, p 107, contient dei renseignements précieui rar l'organisation de L'Église russe apréa la mort de Piwe le i rrand.

i . i .1,1 trait à la loi

le I Église russe on) psi

les / Moscou, îsvj, t. n. ni.

parmi les Iques du métropolite Arsène,

i dans l'Ancienne Russie (Rouaakofta siu

1879; Morochkin, Esquisse bibliographique sur le métropolite

Arsène, dans le Bibliographe, Ikw, n. 2-4; Ephrémov, Maté-

servir à l'histoire d<- la littérature russe, E Pi tersbourg, 1867; Archives russes, 1868, n. 10, 11 ; Rousekaia Starina, 1876, n. 2, p. 587-588; Znainenskll, Lectures sur l'histoire de l'Église russe au temps de l'impératrice Cath 1875, t. m. p. 228-254; Phllarôte, Essai de littérature ecclésiasrusse, Saint-Pétersbourg, 18K't, p. 343, 344;Bilbasov, lhtoire de Catherine II (en russe), Londres, 1895, t. n, p, 1tJ5, 1GC, 225-228, 230-248; Andréievski, Lexique encyclopédique, t. n. p. 172. 173; Lopoukhin, Dictionnaire de théologie, Saint-Pétersbourg, 1900, col. 1062-1063.

A. Palweri.

3. ARSÈNE, métropolite de Kiev, naquit en 1795. Le séminaire de Koslromski et l'académie de Saint-Pétersbourg l'eurent comme ('levé. Moine en 1821, Arsène professa la théologie à Saint-Pétersbourg. Le saint-synode le nomma successivement recteur de plusieurs séminaires, évéque de Tambov (1811*2), archevêque de Podol (1841) et enfin métropolite de Kiev (1860). Le docte prélat mourut à Saint-Pétersbourg en 1876. Les historiens russes le considèrent comme un des évoques les plus saints et les plus érudits de son siècle.

Nous passons sous silence ses nombreux écrits de liturgie, d'éloquence sacrée, etc. Comme théologien. Arsène est connu par son Trait,'- sur la religion naturelle et la religion révélée, traité paru d'abord dans les Travaux {Troudy) de l'académie de Kiev, et ensuite en volume, Kiev, 1875. Il s'efforça de ramènera l'église orthodoxe les Molocans, de l'éparchie de Tambov, et consigna ses réponses à leurs objections théologiques dans un ouvrage intitulé' : Conseils a un prêtre pour la conversion de ceux qui s'étant séparés de l'Église se sont affiliés à la secte des Molocans, 1815. Ses autres écrits touchant les mêmes hérétiques ont paru dans les Troudy de Kiev, 1875. Ses sermons [Sobranie slov), 5 vol., Saint- Pétersbourg, 18715, sont très estimés.

Ptévnitzki, Souvenirs d'Arsène, métropolite de Kiev, dans les Troudy. 1S77; Lopoukbin, Dictionnaire de théologie, Saint-P< tersbourg, 1900, 1. 1, coL 107M073; Andréjevski, ih'cttoniiair» encyclopédique, t. n, p. 173.

A. Palhieri.

ART CHRÉTIEN PRIMITIF. - 1. L art chrétien en général. II. L'art chrétien, lieu théologique. l. L'ari chrétien en général. — ;. nature dm Vaut,

DIFFÉRENCE AVBC L' ARCHÉOLOGIE, — L'art consiste a exprimer sous une forme sensible des idées, des représentations plus nobles el plus (■levées. 11 suppose donc l'union, la coinpénétration de l'idéal et de la forme réelle etsciisii.li . Ces formes sensibles s'appellent monuments. Les monuments peuvent cire envisagés sous le rapport archéologique, « en tant qu'ils sont destinés à perpétuer le souvenir des personnes, des événements, des usages ou di choses des temps passés; » ou bien bous le rapport artistique, en tant que leur forme sensible, noble et harmonieuse, est l'expression du beau idéal. Ces deu\ points de vue ne s'identifient pas. Les monuments qui font l'objet des études archéologiques étant le plus souvent des œuvres d'art, l'archéologue doit savoir apprécier le style et le mérite artistique d'une œuvre, les comprendre, les juger. L'art chrétien primitif n'est qu'une création du géni romain, création qui

a été toutefois fécondée el dirigée par l'esprit du chris-

me. Ce point de dépari unique a produit I gela traite-, il \ a bii n des nuam i elles ne sont pas considérables.

sciiu i. h

//. ORIGINE l'I l'un CBRÉTIBS ; SOS HISTOIRE. -

I Origine. — Raoul-Rochette a dit : I n arl ne provise pas; créer de toutes pièces un arl sans pi dents n'était pas plus au pouvoir des chrétiens que tituer une nouvelle langui : au latin. ■ dautant

plus que dans l'antiquité l'art s'occupait de toudétails de la vie publique el privée. L'art chrétien tire son origine de l'art funéraire antique. Ses commencements ne sont pas rudimentaires et faibles: loin ■! plus les monuments -ont ancien'-, plus ils sont pai au point de \ue de la forme et de l'exécution, (.tuant au fond, on a procédé graduellement. On employa tout d'abord les formules décoratives de l'art funéraire païen. en ('cariant soigneusement tout signe d'idolâtrie et toute image immorale. Mais l'art chrétien ne devait pai rester la. Comme il avaità sa disposition nou-

velles, il trouva, pour les exprimer, de nouvel ou modifia les anciennes. Les ligures principales qui représentent la pensée chrétienne, sont introduileà peu dans le milieu décoratif accoutumé qu'on continue à prendre dans l'art profane. Les sujets se multiplient; à ceux qui sont isolés, on ajoutedes compositions; des cycles se constituent. A un moment donné 1 chrétienne prédomine, l'élément décoratif profane n'a plus qu'une place accessoire. C'est Rome qui a fourni les plus anciens monuments : le vestibule et la galerie des Flaviens à Domitille, les cryptes de Lucine. etc.

2' Histoire. — L'art chrétien, en particulier la peinture chrétienne, est sorti de l'art gréco-romain. (Nous venons d'indiquer ses commencements au l*siècl< se développant, il marche, pour ainsi dire, de pair avec l'art profane; la première période s'étend jusqu'à la lin du IIe siècle. Dès le commencement, nous trouvons des sujets distincts, soit isolés, soit groupés dans des compositions, soit plus développés dans les cycles. Le symbolisme se forme. Cette première phase est celle de l'invention la plus libre et de la technique la plus soignée, ainsi que le montrent les parties les plus anciennes de Priscille. de Domitille, de Prétextât, etc. Durant la seconde phase, lin du II' siècle à Constantin, les cycles se développent et prennent des formes déterminé) traditionnelles, presque stéréotypées. Dans la première moitié, le symbolisme atteint son apogi e. Mais la décadence de l'art croit en sens inverse; la technique ! déjà beaucoup à désirer; t le si vie des peintures est de moins en moins parfait. » Le changement radical dans la situation politique et sociale des chrétiens, sous Constantin, amené aussi une modification dans l'art chrétien. Celui-ci se montre désormais au dehors; la technique devient meilleure, mais le symbolisme disparait de plus en plus; le sens religieux s'appauvrit; les artistes commencent à oublier l'esprit des choses de leur art et aboutissent vite à des représentations littérales des faits matériels; les sujets de la Bible ne sont pas encore écartes, mais ils ont une signification plutôt histori De nouveaux sujets sont introduits. On revient assez volontiers à ceque j'appellerais des» portraits de la vie réelle. L'iconographie elle-même cl type idéal, imberbe, du Sauveur se modifie pour se rapprocher peu à peu du type byzantin. Le nimbe, dont on orna sa tête, est donn aussi aux espi même, vers 100, à la Vierge et aux autres saints. Pour les autre- branches, voir plus loin.

D* p [. ; t. n.p.SSl sq.;

Kraus, Roma sotlerrni • -J7 : 1.) , rliche

Kunstin ihrenfruhest I t ' r 1873; Maruc-

drarehéoL chrét., t. i,

///. rapports avec l'art PROFANE. — Ces rapports ont été exagérés. Il est aussi inexact de dire que l'art chrétien a découvert un style propre etdes formes absolument nouvelles, que de dire qu'il a emprunté tout, le fond et la forme, à l'art profane, ainsi que l'ont fait Raoul-Rochette dans Trois mémoires sur les antiquités chrétiennes des catacombes, dans les Mém. de l'Acad. îles inscr., etc., Paris, 1838-1839, et Hasenclever, Der altchristliche Grûberschmuck, Brunswick, 1886, qui va jusqu'à nierle symbolisme dans l'art chrétien. L'art chrétien, ayantlamème techniqueque l'art profane, dont il est né, a la même histoire. Plus d'une fois, surtout dans les premiers siècles, les chrétiens ont dû se servir d'artistes païens, ou de monuments fabriqués dans leurs ateliers. Le christianisme avait bien ses idées propres, mais, pour les rendre intelligibles, il fallait leur donner une forme, et cette forme générale, ainsi que le système de décoration, ont été empuntés à l'art profane. On. retrouve même assez souvent dans le système général de la composition des monuments chrétiens des analogies frappantes entre les deux arts. — Quant aux sujets eux-mêmes, il y en a parfois qui sont indifférents et qui n'ont un caractère chrétien qu'en raison du lieu où ils se trouvent, ou bien % i;tàce à la présence accidentelle de quelque signe d'une signification incontestable, l'ancre, le chrisme », etc. Ailleurs, dit M. Prost, on emprunte des images à l'art ancien comme ornement purement décoratif, soit comme expression traditionnelle de certains sujets : les personnifications du ciel, de la mer, des saisons, etc., soit à titre de symboles d'une signification convenue qui ne compromettaient aucune des croyances nouvelles ou qui s'y adaptaient : les génies funéraires avec leur torche renversée, les griffons, etc., soit enfin en leur accordant une signification allégorique spéciale, conforme aux doctrines de la nouvelle loi : Orphée, etc. Quelques sujets, purement mythologiques, se rencontrent très rarement dans la deuxième et la troisième période. Quoi qu'il en soit, qu'il y ait emprunts ou simples analogies, il est certain que l'art chrétien a des caractères, une inspiration, un swnbolisme qui lui sont propres.

De Rossi, toc. cit.; V. Schultze, Archâolugische Studien, Vienne, 1880, p. 1 srj.; Id., Die Katakomben, Leipzig, 1882; A. Prost, dans la Revue archéologique, 1887, t. i, p. 329-844; Kraus, Geschichte der christl. Kunst, t. i,p. G5-7fi, 212-223; Piper, Mythologie d. christl. Kunst, Weimar, 184G ; Vincenzo Strazzula, dans la Romische Quartalschrift, 18'J7, t. xi, p. 507-529; Aube, dans la Revue des Deux Mondes, t. L VIII, 1833 ; Jul . von -ser.dans VAllgemeine Zeitung, Beilage, n°' 248, 249, 300; Marignan, Études d'iconographie religieuse, Paris, 1889; etc.

tv. SOURCES; movens d'interprétation. — 1° Décoration. — Les artistes chrétiens ont profité des lieux communs de décoration profane. Ainsi les motifs d'architecture, des vues de perspective, des petits paysages, des lignes ornementales, des oiseaux, des vases, des llturs, des fruils. des guirlandes, des animaux fabuleux, in un mot. les éléments d'une ornementation tout à fait innocente se retrouvent aussi bien dans les cataeombes <i'"' dan - les ruines de Pompéi.

2° Sujets représentés. —Sur ce point l'artiste chrétien

n'a pa clusif. Il a cherché son inspiration : t. Dans

{'Ecriture sainte. Tantôt il l'interprété librement. Les

additions ou abréviations qu'il introduit dans les sujets

bibliques, sont dues à l'initiative personnelle, ou à des

rémin de l'art profane ri de l'atelier. Tantôt il

il ,i l'Ecriture sniis la forme dans laquelle elle

mployée dans les prières pour les morts, dans

les liturgies funéraires. Telle est au moins la théorie

particulière de m. i.e Blant, Etude sur tes sarcophages

d'Arles, l'an- (1878), Introduction, p. xxi-xxxix. Cette

vie a l'inconvénient d'être insuffisante : les Bujets

différents y ont ions la même signification ; et il y en

a d'autn i m , rentrenl pas. Tantôl l'artiste profite

de l'Écriture telle qu'il la trouve dans la prédication

orale, Kraus, Real-Encyclopàdie, l. n, p. 11; Steinmann, Die tiluli unddie kirchl. Wandmalerei, Leipzig, 1892, p. 72 sq.; M. Schmid, Die Darstellung der Geburt Chrisli, Stuttgart, 1890, p. 128 sq. ; et dans les écrits des Pères. — 2. Dans les livres apocryphes, en particulier dans les évangiles. Depuis Constantin, on emprunte à cette source un certain nombre de traits .et de détails qui font bien dans le tableau, par exemple le bœuf et l'âne à la crèche, Marie puisant de l'eau au moment de l'annonciation. Ces détails intéressants répondaient aux exigences populaires mieux que les sobres récits des Évangiles canoniques. De Waal, dans la Rôm. Quartalschrift, t. I (1887), p. 173 sq., 272 sq., 391 sq.; Nuovo bullett. d'arch. crist., t. m (1897), p. 103 sq. ; t. xv (1899), p. 137 sq. — 3. Dans les représentations religieuses de l'art profane auxquelles on donnait une signification chrétienne. Voir plus haut. — 4. Dans certains faits de la vie réelle. Voir plus loin. — La détermination des sujets ainsi faite, il reste à en pénétrer le sens. Pour cela, il faut recourir aux auteurs ecclésiastiques, aux actes des martyrs, et aux poètes chrétiens, Ficker, Bedeutung der altcltr. Dichtungen fur die Bildwerke, Leipzig, 1885; en tenant compte du temps et du lieu; à l'archéologie classique; aux inscriptions funéraires; à ce qu'on appelle « le contexte » des monuments.

Muntz, Sources de l'archéologie chrétienne, dans les Mélanges d'archéol. et d'histoire, Rome, 1888; Le Blant, Étude sur les sarcophages d'Arles, Paris, 1878, Introd., p. vu sq., et Revue archéol-, 1879, p. 223 sq., 576 sq. ; Kraus, op. cit., t. i, p. 65 sq.

3° Composition de l'ensemble. — Elle a été faite souvent sous la surveillance de l'autorité ecclésiastique. Cela a dû être le cas pour les grands cycles, peut-être même pour certaines représentations isolées. D'autres fois, l'artiste s'est livré à son inspiration et a suivi moins une idée d'ensemble qu'une idée particulière pour chaque scène. Tantôt il a usé d'une grande liberté d'interprétation personnelle selon que la place et l'agencement matériel des scènes l'exigeaient, tantôt il a reproduit plus ou moins systématiquement des modèles courants où la maladresse et la lourdeur de l'ouvrier sont plus visibles que l'idée même de l'artiste.

v. l'art et l'église. — Les réformateurs du xvp siècle, et à leur suite différents auteurs modernes ont prétendu que l'Église primitive eut en horreur l'art et la civilisation antiques, jusqu'au règne de Constantin où des éléments païens pénétrèrent dans le christianisme. Ce reproche est sans fondement, comme nous le démontrent les nombreux monuments qui ont été' découverts dans les cinquante dernières années et dont quelques-uns remontent aux deux premiers siècles de l'ère chrétienne. Sorti du judaïsme, le christianisme pouvait pour des raisons d'opportunité partager quelque peu la réserve imposée par l'ancienne loi, Exod., xx. 4; Deut., iv, 16, 23, 2">; v, 8, au sujet de certaines reproductions plastiques. Mais les juifs eux-mêmes n'étaient pas entièrement étrangers à toute idée artistique et les chrétiens ne devaient pas tarder à rompre définitivement avec la synagogue et ses observances. Il y eut sans doute quelques particuliers peu favorables à l'art, par exemple Tertullien, le sombre montaniste, De idol., c. m, vin, /'. I... t. i, col. 664-665, 669-671; l'historien Eusèbe, l'ami des ariens, //. E., vu, 18, /'. C. t. xx, col. 680; saint Épiphane, Epist. ail Joa. Uieros.,9, /'■ '•'■. i.xi.iii, col. 890-392, etc. Mais ce ne sont que des exceptions. Un très grand nombre de témoignages attestent que l'Église était bien loin de partager ces exagérations occasionnées par certaines préoccupations dogmatiques. Le fameux canon d'Elvire, porté en l'an 300, selon Mo' Duchesne, Mélanges Renier, 1886, p. 159-174 :

.,1 fuel unis in eeilrsia evse nnii ili'herc. ne i/itnd CO-

liiur et adoratur, in parietibus depingatur, a été diversement expliqué Li uns le regardent comme une dé-

fi n e « tente accidentelle, tonte «le circonstance, toute locale i, ne valant que pour l'Esp; casionnée

peut-être par la persécution. D'autre di enl qu'il n'a I > de portée générale, puisqu'il ne défend que pied m ccclesia, c est ■> dire celles qui représentent ce qu'on doit vénérer el adorer, surtout les trois personnes divines. D'autres enfin croient que c'est une t bizarrerie • de la pari des Pères comme le canon 34 du même concile, pour lequel on n'a pas encore trouvé une explication suffisante. En tout c;is. comme le (ait observer Baronius, .•! nnal., an. 57, n. 124, il est resté sans suite réelle el sans trace aucune dans l'histoire générale <le l'art : Ecquam tandem fidem nieretur tant paucorum épiscoporum canon, quem lotius catholiess ecclesÙB usus contrarius continuo abolevit, immo antequam nasceretur exslinxit.

Kraus, op. cit., t. I, p. 58-65; de Rossi, Roma sott., t. r, p. 97; Hefele, Concilienge&chichte, t. I, p. 17n; Punk, Kirch scliicliiliche Abhandlungen und Untersuchungen, Paderborn,

1897, t. i, p. a'ili-352.

vi. caractères. — 1° Au point de vue de sa conception. — 1. L'art chrétien primitif est religieux et, surtout pour la peinture et la sculpture, funéraire. Ses différents sujets sont religieux et pris de la Bible; très peu ont un caractère purement décoratif; très peu sont tirés de l'histoire ou de la vie réelle. A l'origine l'élément décoratif prédominait, mais on y introduit des sujets religieux, par exemple dans la galerie des Flaviens, à Domitille. Dès le IIe siècle, le cycle des peintures religieuses commence à se fixer. Ce qui inspire l'artiste chrétien clans le choix de ses sujets, ce n'est pas la gloriole de pouvoir décorer les chambres mortuaire-, c'est le sentiment religieux. Fortement imprégné de la croyance à une vie meilleure, l'artiste exprime partout cet espoir qui faisait la force de ceux qui ne sont plus et la consolation de ceux qui vivent encore, et dans un langage clair et simple, il fait appel à la piété des vivants pour soulager 'es morts.

2. Il est didactique. L'art chrétien a un but didactique. Son caractère religieux et funéraire et les témoignages des auteurs le prouvent. Saint Paulin de Noie, Nat. Fel. poem. xxvn, vers. 511-515, P. L., t. i.xt, col. G60, les Constitutions apostoliques, v, 11, P. G., t. i, Col. 853, 85C, parlent clairement dans ce sens. Saint Jérôme, Epist. ad Fabiol., i.xiv, P. L., t. xxn, col. 613. dit : Multo plus intelligitur ijuad oculis videtur quant quod aure percipitur. Ce que lart était après Constantin, il a dû l'être auparavant : il n'y avait pas de raison pour qu'il changeât. Le but des monuments funéraires était d'exciter à la prière et de montrer la manière de prier. Les épitaphes le disent clairement. L'une, du ine siècle, au musée du Latran, PU. IX, 10, indique que c est pour cela qu'elle a été placée ù cet endroit :... Mentit tilulum inscribi ttt quisquis de fralribus legerit, roget deu[m]\\ut sancto et innocenti spirito (sic) ad Deunt suscipiatur. Une autre, de Priscille, de Ilossi. Inscr. christ., t. I, p. xxx, celles d'Aborcius et île l'ectorius, s'expriment d'une façon analogue. M. Schull/e et ses adhérents ont donc prétendue tort que l'art chrétien n'était point didactique, comme d'autres ont en le tort d'affirmer qu'il l'était exclusivement. Kraus, op. cit., t. i, p. 79-81 ; Wilpert, Eut Cydus christologischer Oemâlde, Fribourg-en-Brisgau, 1891, p. 49-52.

3. 11 est //lus symbolique qu'historique, — Le sujet ou l'objet est représenté moins pour lui-même que pour l'idée qu'on veut exprimer : rei tignificatm iteruni tes alias significant, dit saint Thomas. Sum. tlteol., I",

q. i, a. 10. Ce caractère de l'art chrétien a été singulièrement exagéré par certains symbolistes, à outrance qui

ont cru trouver une idée supérieure dans la plus petite

décoration. Leur opinion a provoqué une réaction chei le> adversaires qui ont poussé la contradiction jusqu'à 1 absurde, trouvant un sens ornemental ou historique

I dam n bre d

vél lié- . -t plutôt du

• DI I. SKI CHR1 III n.

j .1 e point 'le ' ne dr i . I. esprit chn I

a pénétré lart. Les monument lent de h, r«-li-

nouvelle, si différente de l'ancienne. L'arl n'emploie (dus, comme autrefois, son talent pourdoi des leçons d'immoralité. ■ Les nudités sont rares, dil M. I'. raté. L'arcliéologie chrétienne, p. 13; ou bien ■ la nudité enfantine di des amours... ou la nu-

dité discrète et a demi voilée des imaf

lisons, ou c'esl encore la nudi! tels

personnages bibliques, Adam et 1.. empte... »

Dans l'art chrétien tout est pur. chaste et innocent et indique une élévation de sentiments inconnue a lart profane. L'espérance du bonheur éternel qui est exprimée particulièrement dans les fresques des catacombes. la joie douce et grave que nous retrouvons partout, contrastent singulièrement avec la froideur glaciale monuments païens. — Si l'art chrétien est supérieur à l'art profane sous ce rapport, il lui est inférieur sous d'autres. Le pinceau et le ciseau des artistes n guère élevés au-dessus du niveau commun ni dai manière de rendre les types, ni dans l'expri physionomies. Les attitudes, les draperies, en un l'entourage reste le même, quoique les sujets soient de leur invention. Ils ont poussé la sobriété de corn; tion aussi loin que possible; ils ne se soucient presque pas du pittoresque : ■ il suffit que le sujet soit compris; c'est affaire à l'imagination de le compléter. On a souvent reproché aux figures primitives leur manque d'individualité. • Pératé, op. cit., p. fâ. Ce reproche est justifié et les exceptions sont rares. Une certaine monotonie règne un peu partout. Parfois cependant on trouve des compositions pleines d'aisance, de r et de vie, comme la Vierge el le prophète au cimi de Priscille. malgré les négligences de l'artiste dans l'exécution de certains détails. Ass< ; souvent le est grossier. — La valeur de l'art chrétien n'est donc pas très considérable. Ses premières production sont pas sans prix et peuvent soutenir la comparaison avec l'art profane. .Mais à l'époque de la décadence de l'art classique, il décline à son tour. La recherche de la beauté et de l'harmonie des formes ne rentre plus dans les préoccupations de l'artiste. Toutefois le goût et le sens esthétique n'ont point entièrement disparu, comme le prouvent la basilique constantinienne et les mosaïques de Home et de Ravenne. Kraas. op. cit., t. i, p. 223.

VU, BBANCBBS oB L' ART CBRÉT1FS. — i» La peinture à fresque. — Ce que nous avons dit plus haut se rapporte plus particulièrement à la peinture, les autres branches artistiques appartenant plutôt à une époque postérieure. La peinture chrétienne, qui est aussi ancienne que les catacombes, tire son origine de l'i .des anciens de d, eorer les tombeaux, usage qui chrétiens ont adopté. Les sujets qui nous indiquent le caractère chrétien d'une peinture, sont : 1" symboliques : le poisson, l'agneau, etc.; '2° bibliques, avec ou s.m- signification allégorique : Noé dans l'arche. I surrection de Lazare, etc.; 3° dogmatiques et liturgiques ; la fractio pants île la chapelle grecque, les pointures des chapelles des sacrements; I- iconographie représentant les images du Christ, de la Vi< 5' pris de la vie réelle : la vendeuse de bgun. - Calliste, les boulangers, les fossoyeurs, etc., à Domitille; 6 relatifs aux affaires criminelles : le supplie saints a la Casa Celimontan.i ; 7' mythologiques : Voir plus haut.

2' Les mosaïques. — L'art des mosaïques, on la peinture monumentale, fortement cultivé par l'antiquité el néré pour ainsi dire par le christianisme, au n lait destine à orner dignement l'abside et les murs.

quelquefois aussi le pavé, des sanctuaires chrétiens. — Composées d'un nombre infini de petits cubes de verre ou de marbre colorié, ces peintures ont un caractère particulièrement durable et monumental. En dehors de l'élément purement décoratif, elles représentent des scènes symboliques, bibliques ou historiques. Les murs ne portent souvent que des cycles historiques. L'abside, au contraire, est l'endroit le plus richement décoré. Les sujets qu'on y représente ne sont pas toujours les mêmes. Au IVe siècle, par exemple, on y célèbre le triomphe du Christ et de son Église, les splendeurs du royaume céleste et la majesté du jugement, sujets empruntés, en partie, à l'Apocalypse de saint Jean. Dans ces compositions tout converge vers le centre qui est occupé par le Sauveur. Celui-ci est debout sur la montagne ou sur les nues, ou assis sur son trône et donnant la loi; des apôtres l'entourent ordinairement, tandis que sur les murs attenant à l'abside on aperçoit les vingt-quatre vieillards portant des couronnes. Les membres des deux églises, Gg urées par les villes de Jérusalem et de Bethléhem, se dirigent vers lui. On y voit aussi l'agneau de Dieu nimbé, avec ou sans la croix, immolé ou debout sur la montagne sainte, d'où sortent comme symboles des Évangiles, 1rs quatre fleuves du paradis, dont l'eau abreuve des brebis ou des cerfs, symboles des fidèles. Voir col. 580. — Les premières mosaïques, qui forment la transition entre l'art chrétien et l'art profane, sont celles de Sainte- Constance, sur la voie Nomentane. On y rencontre encore « un mélange assez singulier d'idées chrétienneset de formes païennes, aussi bien dans les types que dans les motifs d'ornement et dans la composition ». Kondakolf, Histoire de l'art byzantin, Paris, 1886-1891, t. i, p. 103. Viennent ensuite celles de la nef de Sainte- Marie-Majeure, bâtie sous Libère, et la précieuse mosaïque absidale de Sainte-Pudentienne, vrai chefd'œuvre de la fin du iv« siècle, qui, toutes, d'un caractère nettement chrétien, sont pleines de vie, de noblesse, <li dignité, de naturel, et différent avantageusement de la raideur des monuments postérieurs de l'époque byzantine. Les mosaïques de Sainte-Sabine, de l'arc de triomphe de Sainte-Marie-Majeure et de Saint-Paul, à Ravenne, le mausolée de Placidie et le baptistère des orthodoxes, deux monuments splendides et parfaitement conservés, appartiennent au vc siècle. Les autres sont déjà du vi».

Pératé, op. cit., p. 199-268; Gerspach, La mosaïque, Taris; i rnxihini. Rome, 1876-1894; Kraus, toc. cit., I 399-446; Muni/., plusieurs articles dans la Revue arckéolugique, 1870-1893.

3° L'architecture. — 1. Les premiers monuments de l'architecture sont les catacombes. Ce sont les cimetières des premiers chrétiens creusés généralement dans le tuf naturel - exceptionnellement dans des sablières — à plusieurs étages et consistant en de longs et étroits corridors plus ou moins élevés, flanqués de loculi, ordinairement superposés et de cryptes sépulcrales avec arco- Boles. L'ouverture des loculi, taillés en forme de parallélogramme dans les parois des galeries, en proportion de la taille du défunt, est fermée par une plaque de marbre on par des briques, avec ou sans inscriptions et symbole: chrétiens. Les arcosoles, assez fréquents au iir siècle, sont des tombeaux taillés en forme de sarcoune niche voûtée. Les cryptes, eu*

• '. sont des chambres d'ordinaire de forme rectan-

lire avec (1rs tombeaux appartenant a une famille

dation funéraire; quelquefois elles de-

i nt de '.rai. 's chapelles, quand elles renferment un tombeau de martyr. Corridors, arcosoles, cryptes sont i / souvent ornés de peintures.

Wonumenti <irtin arti ci imitlve netia me-

1 Ron e, I hi, op. cit., t. i,

p. l'Zû-128; Kraus, Heut-Encyctupudie, t. Il, p. 98 13C; etc.

2. Les basiliques. — 11 est aujourd'hui certain qu'en dehors des lieux de réunion dans les maisons privées et dans les cryptes souterraines, les chrétiens avaient à leur disposition des églises publiques, même avant Constantin. Voir Kirsch, Die christl. Kultusgebànde in dervorkonstantinisclien Zeit, dans Elises, Fetschrift z. 1 100 jii/tr. Jubil. d.deutsch Campo santo in Rom, Fribourgen-Brisgau, 1897. Après l'édit de Milan, les constructions chrétiennes devinrent plus nombreuses : elles présentent généralement le type de la basilique dite constanlinienne. La forme centrale, ronde ou polygonale, domine dans les mausolées et les baptistères. Comme cette partie de l'art chrétien est sans grande importance pour la théologie, nous renvoyons le lecteur aux livres d'architecture chrétienne.

4° La sculpture. — 1. La sculpture chrétienne est moins ancienne que la peinture : elle ne date, pour ainsi dire, que de l'époque de la paix. Plusieurs raisons expliquent ce retard ainsi que la rareté des monuments avant Constantin. Les artistes chrétiens tirent d'abord défaut. Ensuite les monuments plastiques, dont le prix est élevé en raison de la difficulté du travail, se conservent moins facilement. Exposées au dehors, ces sculptures pouvaient enfin devenir une occasion d'idolâtrie ou, du moins, un danger de profanation religieuse ou de persécution de la part des païens. Avec la paix de l'Église sous Constantin, cet art prend son essor et arrive à son plus grand développement dans la seconde moitié du ivc siècle, à Rome et en Italie, et un peu plus tard dans les provinces. La chute de l'empire entraine l'abandon de la sculpture, qui au VIe siècle, n'existe pour ainsi dire plus. La sculpture chrétienne commence au moment où l'art profane tombe en décadence. Les artistes, tout en continuant tant bien que mal la tradition de l'antiquité, se font généralement remarquer par l'absence de talent, le manque de sens plastique et le peu d'intelligence de l'art classique.

2. La statuaire. — L'existence de la statuaire nous est attestée par des écrivains tels qu'Eusèbe, II. E., IX, 9, 10, 11, /'. (',., t. xx, col. 824, 833, 837; Vita Const., i, 40; m, 49, ibid., col. 953, 1109, etc. La série des rares monuments encore existants s'ouvre par la célèbre statue du Bon Pasteur (fig. 20) au Latran,qui remonte au commencement du me siècle, et non à la renaissance constantinienne. Kraus, op. cit., t. i, p. 227 sq., contre Pératé, op. cit., p. 289. Il existe d'autres statuettes analogues dont plusieurs sont passablement mutilées, toutes inférieures en valeur artistique. Kraus, op. cit., t. i,p. 228, 229. Sur les types, voir de Rossi, Bullelt., 1887, p. 136 sq. Puis vient la statue de saint Hippolyte, vrai chefd'œuvre du III° siècle, certainement d'origine chrétienne.

On l'a trouvée, en 1551, tout près du cimetière du saint; récemment elle a été médiocrement restaurée. Kraus, op.

nt., t. i, p. 230, et Real-Encyclopâdie <!<•>' christl. Altertûmer, t. i. p. 659-665. Enfin, à la basilique vaticane, la statue

en bronze de saint Pierre qui est du v siècle, Grisar, S. J.

Home, 1899.

ûarrucci, Storia delFarte, t. vi.

20. — Statue du Bon Pasteur au musée de Latran, d'après II. Marucchi, / léments d'archéologie i I

tienne. Paris, 19l>0, t. I, Mutions générales, p. 330.

Analecta roniana, c. XV,

ART CHRÉTIEN l'HIMITIF

3. Les sarcophages. — A côté du l snlium de la catacombe et de la forma du cimetière en I lein air, tombes ordinain di i hrétiena dani les pn mien Biècles, il existe des sarcophages. Ces monuments qui étaient rares avant Constantin à cause de leur prix , i ,|,i manque dei marmorcu ii chrétiens, se multiplient à partir de cette époque non seulement à Rome, mais encore dans Ii - provinces. Toutefois le style est gém ment grossier, les ligures mauvaises, les types moins nobles et manquant de naturel dans le mouvement et dans la pose, les plis raidea et lourds. L'art profane contemporain exerçait son influence sur l'artiste chrétien : il est intéressant de constater des attaches nombreuses à ses procédés ordinaires. Dans les trois premiers si< clés, certains sarcophages ne se distinguent en rien des monuments païens : ils ont des représentations indifférentes et inoffensives. Mais on trouve aussi des monuments avant un caractère franchement chrétien. Les sujets, qui sont les mêmes que ceux des fresques des catacombes, sont, sur les plus anciens monuments, relativement simples malgré leur symbolisme, peut-être même a cause de lui. Dans la suite on les développe et on en adopte quelques nouveaux. A partir du iv siècle, des sujets très nombreux couvrent souvent une seule et même surface, formant tantôt une composition unique, tantôt des compositions juxtaposées et superposées, dans lesquelles on ne trouve que rarement un ordre logique ou chronologique ou une idée dominante, par exemple, le célèbre sarcophage de Saint-Paul, du IV» siècle, aujourd'hui au Latran, n" 10't. Voir Hg. 19, col. 1713-1714. A partir de la seconde moitié du iv siècle, ces compositions représentent surtout des sujets bibliques et historiques; dans la suite elles sont fréquemment remplacées par des scènes idéales et imaginaires. A cette époque, on passe à Ravenne par une certaine renaissance de la sculpture des sarcophages. Parmi les monuments les plus anciens et les plus célèbres il faut citer le sarcophage de Livia Primitiva, ii° siècle, aujourd'hui au Louvre, Garrucci, tab. 296, 3; celui du Bon Pasteur, de la via Salaria, qui est même plus ancien, au Latran, n- 181, Bullett., 1891, p. 55 sq., celui de laGayole, près de Marseille, du IIe siècle, dans Le Blant, Sarcoph. de la Gaule, p. 157, 215, pi. 59, 1: enfin celui de Junius Bassus,à Saint-Pierre. Grisar, dans la Rôni. Quartalschrift, 1896, t. x, p. 313 sq.

Ficker, Die altchristl. Bildwsrke im... Lateran, Leipzig, 1890; Crousset, Étude sur l'histoire des sarcophages chrétiens, Paris, 18-sô; Beisscl, Bilder aus der Geschicht? der altchristl. Kunst und Liturgie in Italien, c. i, Fribourg-en-Brisgau, Le Blant, Étude sur les sarcophages chrétiens antiques de la ville d'Arles, Paris, 1878; Id., Les sarcophages chrétiens de la Gaule, 1886; Prost, Revue archéol., 1887, t.x.fasc.l", p. 829-344; fasc. 2, p. 51-60, 195-207; Kraus, op. cit., t. i, p. 23i-2ô3; Garrucci, Storia, t. v, tab. 295-404; etc.

4. Sculpture sur bois. — De cet art il ne nous reste qu'un seul monument, unique en son genre : la porte de Sainte-Sabine, du Ve siècle. Les panneaux qui sont encore conservés, renferment pour la plupart de- scènes bibliques; l'un d'entre eux montre la plus ancienne représentation de Jésus crucilié entre les deux larrons.

Kraus, ReaUEncyclopddie, t. u. p. 861-864; Berthler, La porte deSainte-Sabiwe,Fiibourg,Suis8e,1892;Wiegand,I>o»ottchrw(J. Hauptportal an der Kirche der id. Sabina, Trêves, 1900; etc.

5. Les ivoires. — Dans les catacombes on a trouvé un p. lit médaillon représentant le Christ, du IV ou du V» siècle. Les autres monuments sont des diptyques, des plats de livres, des reliquaires, comme la célèbre lipsanothèque de Brescia, du iv siècle des boites à hosties, par exemple, la pyxide de Berlin, peut-être de la même époque. La chaire de l'évèque Maximin de Ravenne appartienl au \r siècle.

u. Grœven, Fruhohristl. und mittehUttrl. Elftnbeinwt

.". Petits objet uns. — Ils ont leur importai

même au point de vue tliéologique. Ce sont, par exemple, des anneaux, des sceaux, des médailles de dévotion, lampes, des vern ou a fond d'or. Quelques-

de ce- derniers sont de la lin du nr siècle, le plus grand nombre du IVe.

Krau 8; Volpel, Die ultchr. '.

Garrucci, Velri ornait de fi .

,n OrO, -l- édit.. 1

II. L'art chrétien, lied théolociqie. — Au sujet de la valeur théologique de l'art chrétien, il y a eu bien des erreurs résultant généralement ou du manque de connaissances ou d'un système religieux préconçu. Les Schult/e, Holler, Aube-, etc., déclarent hardiment que dans les catacombes il n'y a rien de spécifiquemei tholique; les autres \ voient toute une théologie, un manuel en images peintes (ou sculptées), une sorte de catéchisme complet des pauvres et des illettrés. Catboli pies < t protestants s'efforcent de i tirer les catacombes de leur côté i.La vérité est dans le juste milieu." Évidemment, dit fort bien M. Marucchi. Éléments..., 1. 1. p il ne faut pas exiger des monuments plus que des allusions; ne serait-il pas ridicule de chercher, même dans nos cimetières modernes, une exposition du dor Une seule pensée devait être dominante, celle de la vie future...; le symbole important était celui qui y faisait allusion. Les autres symboles étaient là secondairement; quand ils étaient dogmatiques, ils rappelaient la foi qu'avait professée le chrétien dont ils ornaient la tombe. » A ce point de vue. l'art chrétien constitue une source précieusede renseignements sur les croyances religieuses de la primitive Église. Cela ressort incontestablement des considérations suivantes : 1° Les monuments général, sont par eux-mêmes des témoins du p Cicéron, In Yerr., act. II. un, c. xc. Ces témoins ont l'avantage d'être plus immuables que les écrits et de parler plus vivement et souvent plus clairement à 1 intelligence. Horace, De arte poet., 180, 181. 11 en est de même des monuments chrétiens qui portent n sairemenl l'empreinte du christianisme <rac-

lère de ces monuments est a la fois religieux, symbolique et didactique.:; I - es où l'artiste a puisé les idées qu'il revêt d'une forme sensible sont d religieuses : la Bible, les écrits ecclésiastiques, pour les morts, les liturgies funèbres, la prédication orale, etc. i° L'art chrétien primitif, étant une création de l'esprit chrétien populaire, exprimait nécessairement I 3 idées religieuses des premiers fidèles et. par le lait même, les monuments contribuaient à leur tour à en provoquer de semblables dans l'esprit de ceux qui les voyaient. Cette observation devient encore plus importante, si nous admettons — ce qui s'impose pou cyclesde la chapelle grecque, des chaml inents et plusieurs autres monuments — une surveillance de la partde l'autorité ecclésiastique, qui des idées a l'artiste et le dirigeait dans l'exécution c. travaux. ."> La comparaison des monuments avec le lansi clair des inscriptions qui ont le même but. Voir

l-.Hi.I-. M ' 1 1 1 1 : CHRÉTIENNE.

Les monuments ont donc une vraie valeur théologique. Pour la déterminer, il faut fixer le sujet, ce qui est relativement facile, et en pénétrer le sens. Les conditions suivantes sont nécessaires pour cela : 1« connaître parfaitement les différents monuments d< chrétien, soil par autopsie soit par une description fidèle de tout ce qui se rapporte à la form de conservation, au style, à l'âge, etc.; '•' Wilpert, Katakombengemâide und ihre alten Copien, Fribourg-en-Brisgau, 1891; Nuovo bullett., t. vi. p, >; sq . et ailleurs, a montre que dans nombre d

ART CHRETIEN PRIMITIF

une figure mal reproduite par Bosio, Garrucci et même par de Rossi a induit en erreur et ces auteurs et ceux qui se sont fiés à leurs copies; 2° employer les moyens d'interprétation indiqués plus haut; 3° avoir une connaissance approfondie de l'esprit chrétien, puisée non seulement dans les ouvrages théologiques, mais dans toute la littérature religieuse contemporaine ; se transporter dans le milieu social dans lequel les monuments ont été produits et juger tout avec l'esprit d'alors qui était bien différent de celui de notre époque ; 4° tenir compte du développement dogmatique : la loi du développement extrinsèque existe même dans l'ordre surnaturel; il ne faut donc pas chercher dans les anciens monuments de la foi populaire toutes les subtilités des luttes religieuses contemporaines ni les raffinements d'une science théologique postérieure; 5° ne pas suivre un parti pris : les monuments soumis à la torture disent tout ce qu'on veut leur faire dire. « Les faits doivent parler seuls ici » (de Rossi). Ce n'est qu'à ces conditions que les monuments apportent à plusieurs dogmes un supplément de preuves théologiques. Quelques indications se trouvent dans De Groot, Summa apologelica de Eccl. cath., Ratisbonne, 1893, p. 797, 798; Berthier, Traclatus de locis theologicis, Turin, 1888, p. 570 sq.

/. l'art chrétien et la théologie dogmatique Générale. — 1. L'Écriture sainte. — La Bible, qui a dû occuper une place importante non seulement dans renseignement mais encore dans la vie chrétienne, facilite beaucoup l'intelligence des monuments. On a constaté que, dans les trois premiers siècles, les apocryphes n'ont pas eu d'influence sur l'art, que les artistes chrétiens ont puisé indistinctement aux livres protocanoniques et aux deutérocanoniques, autant que leur sujet y prêtait et que le cycle restreint des types constitutifs le permettait, par exemple, les scènes de Susanne à la chapelle grecque; à Rome, en particulier, à en juger d'après certains détails, ils se sont servis de l'ancienne version latine. Les peintures les plus anciennes de Domitille, de la crypte de Lucine et de Priscille, qui sont de la fin du rr siècle et du commencement du IIe, représentent l'annonciation, l'adoration des mages, le baptême de Nôtre-Seigneur, la résurrection de Lazare, sujets tirés de saint Matthieu, de saint Luc et de saint Jean, etc.

L. Fonk, Bibel und altchristliche Kunst, dans Stimmen aus Maria-Laach, juin 1895; Vigouroux, Le Nouveau Testament et tes découvertes archéologiques modernes, 2" édit., Paris, 1896, p. 353-Vil ; Dictionnaire de la Bible, Paris, 1895, t. H, col. 155- 158; Philippe, Manuel d'introduction générale aux Livres saints (lith.)j Paris, s. d. [1885], t. I (seul paru), p. 126-141.

2. L'Eglise. — 1° L'idée de représenter l'Église sous la forme d'une matrone est très ancienne dans la littérature chrétienne. Hermas, Paslor, vis. 1, 2; Funk, Opéra Patrum apostolicorum, Tubingue, 1887, t. i, p. 338. Elle n'est pas non plus étrangère à l'art chrétien. Témoin la mosaïque de Sainte-Sabine, où deux femmes tiennent chacune un livre ouvert. L'inscription placée au-dessous dit que ces deux matrones sont VEcclesia ex circumeisione et VEcclesia ex genlibus. M. Pératé, Op. rit., p. 208, trouve le même symbole dans les deux femmes de la mosaïque de Sainte-Pudentienne portant

• ouronne au .Maître. Le fond de cette mosaïque donnant en perspective une vue de Jérusalem, et non de Rome, comme on l'a cru jusqu'ici, Nuoro bullell., t. vi, 1900, p. 72; Grisar, Analecta romana, «liss. XIII, n. 2, on ne voit plus pourquoi ces deux femmes repré-

: m ni les deux sœurs Pudentienne et Praxède. Quant à la théorie de la plupart des archéologues, qui voient un ; ms un certain nombre durantes des catacombes, elle fondement solide el sans va-

leur pratique. Voir Symbolisme de l'art chrétien, Wilpert, dan; la Rom. Quartalschrift, t. xni, IN!»!), p. 23, 24; Kaufmann, Die sepulkralcn Jenseilsdenkmâler der Antike und des Urchristentums, Maycnce, 1900, p. 142

sq.; Schultze, Archâologische Studien, p. 262, n. 7. Une seule fois, sur la porte de Sainte-Sabine, l'Église parait avoir été symbolisée sous la forme d'orante entre saint Pierre et saint Paul. L'idée de l'union de Jésus à l'Église protégée par Pierre et Paul ou présentée par eux au divin Époux, y est manifeste. Grisar, Geschichle Bonis und der Pàpste im M. A., Fribourg-en- Brisgau, 1901, t. i, p. 256. A ce premier symbole de l'Eglise se rattache celui des villes de Jérusalem et de Bethlé.hem, d'où sortent des brebis symboliques qui se dirigent vers le Sauveur ou l'Agneau sur la montagne sainte. Bethléhem figure l'Église de la genlilité, Maxime de Turin, Hom., xvm,P. L.,\. lvi, col. 261; S. Augustin, Serm., ccn,P. L., t. xxxvin, col. 1033; Jérusalem celle des Juifs. Tous les hommes sont appelés à être membres de l'Église du Christ fondée par les apôtres, à rendre hommage à Jésus et à son Évangile, Rom., I, 16, afin de se sauver et de faire partie de l'Eglise du ciel.de la « Cité de Dieu », de la « Jérusalem céleste ». Cette représentation se trouve sur des verres dorés, Garrucci, Velri, lab. 10,8; Storia..., tab. 180,6; sur des sarcophages et surtout sur des mosaïques, Garrucci, tab. 211, 253,

21. — Fragment de sarcophage, de la collection particulière de J.-B. de Rossi, représentant le navire de l'Église dirigé par Jésus et trois évangélistes, d'après une photographie.

258,271, 29i, où les deux villes sont indiquées nommément, et tab. 209, 265, 572, 285, 286, 298, 303, 324, 326- 329, 331, 333, 33i, 213, 350, où le nom manque. Les plus anciens monuments sont le verre à fond d'or mentionne plus haut, et la mosaïque de Sainte-Constance, sur la voie Nomentane, commencement du ive siècle. Kraus, Beal- Enctjclopàdie,t. il, p. 172, 781,782. — Un autre symbole de l'Église, d'ailleurs bien connu dans la littérature chrétienne, S. Ilippolyte, De C/irislo et anticliristo, c. Lix, P. G., t. X, col. 777, est le navire figuré de plusieurs manières. Sur la gemme illustrée par Aleander, Nav. Eccles. réfèrent, symb., Rome, 1626; Kraus, op. cit., t. i, p. 9i, le navire est porté par un dauphin, symbole du Christ, qui conduit ainsi à travers les tempêtes son Église à laquelle il sert de fondement. Devant le navire Pierre marche sur les Ilots, soutenu par Jésus, qui lui tend la main : tous deux sont désignés par leurs noms. Sur un sarcophage de Spolète, du IVe siècle, collection de M. de Rossi. Bullett., 1871, p. 124, pi. vu, 1; cf. Garrucci, tab. 477,478; l'artiste a représenté la nef mystique voguant vers le phare du ciel, protégée par le piiole JESUS : trois matelots, MAncrs, Li cas, |,!o]annes, sont aux rames (lig. 21). Saint Matthieu manque parce que le fragment est brisé à cet endroit. Sur l'extrémité du navire, qui a disparu, J.-B. de Rossi place Pierre tenant le gouvernail, tandis que M. Kaufmann, op. cit., p. 183, y suppose la ligure du défunl qui, après avoir observé la loi évangélique, se dirige vers le ciel sous une telle conduite. Le symbolisme esl ici manifeste, mais il est très difficile de le déterminer avec précision. Dans

la chapelle des sacrements A-, de Rossi, lioma sotterra-

nea, t. il, pi. xv, I, et mieux Wilpert, Malereien der

Sakramentskapellen, p. 22, sur un navire battu el sou-

- ir l'orage, un homme se tient debout et étend les

a l ; T CHRÉTIEN l'HLM 11 IF

mains pour prier : Dieu l'écoute. Entouré d'un nimbe de rayons lumineux, il apparall .1 mi corps au-dessus de lui, lui touche la tête de sa main protectrice poursigni- Oer qu'au sortir di - orages de la vie il dans

la béatitude. \ côté du navire Églis exposée aux tempêtes de la mer, sans être anéantie . Hippolyte, loc. cit., un second personnagi • débal vainement contre la fureur des Ilots, Tandis que le premier est sauvé, le second 6e perd : c'esl le sort de ceux qui sont en dehors de J.i barque de Pierre. Kraus, Real-Encyclopâdie,t 1, p. 731, 7:i2. — On cite encore d'antres symboles : la barque de Pierre et la pêche miraculeuse, l'arche de Noé,etc. Ces représentations ayant d'autres significations, il f.mt voir quel sens est exigé par l'ensemble. A Saint- Janvier de Naples, des jeunes filles sont représentées construisant la tour de l'Eglise, d'après le Pasteur d'Hermas, vis. m. I. Funk, Opéra Patrum opost. ,Tubingue, 1887, 1. 1. p. 352; Pératé, '///. cit., p. 55.

2° La primauté de Pierre est essentielle à l'Eglise. M. Roller prétend, Revue îles Deux Mondes, t. lvii, juill. 188;5, p. 393, qu'il n'y a pas dans les anciens monuments « une allusion à cette doctrine devenue capitale avec le temps dans l'Eglise ». Jl se trompe. Voici ce que nous trouvons : 1. Les artistes' aiment à représenter Pierre comme le premier des apôtres : ils lui donnent généralement la première place et d'ordinaire à la droite du Maitre, si toutefois on doit attacher une importance à ce détail.Voir Kraus, Jieal-Encyclopâdie,

t. Il, p. 682-684. Sur la terra colta liarherini il a.c ime

les personnages princiers dans l'art profane, un suppedaneum ou escabeau. Grisar, np. cit., t. 1, p. 442. La pyxide de Berlin nous le montre ayant seul parmi les apôtres le bâton, symbole de la puissance. Ici, comme dans d'autres représentations de l'apôtre, le bâton ne signifie pas le pouvoir du miracle, parce qu'il n'\ est pas question de miracle. Sur la scène du jugement a Syracuse, Armellini, Cimiteri, p. 722; Bullett., 1877, pi. xi, et . texte, Pierre, désigné nommément, porte seul le nimbe, avec le Christ; Paul ne l'a pas. Une représentation analogue de saint Pierre est citée par Marangari, Acta s. Victorini, 17i0, p. 40. Toutefois dans quelques monuments, surtout romains, Paul est mis sur le même rang que Pierre : la fondation de celte Église par ces deux apôtres et leur martyre dans cette ville expliquent cette particularité'. — 2. Pierre nous apparaît comme le vicaire du Christ. Assez souvent, depuis le IV» siècle, il est représenté portant la croix, par exemple : sur un sarcophage, aujourd'hui à Saint-Pierre, sur un autre de lia\enne,sur des médailles et sur une statuette en bronze <lu IVe siècle, au musée royal de Berlin, GarTUCCi, lab. 167. Ce n'est pas une allusion à sa mort, mais cela signifie que Pierre est le criais alnue signifer et du.v dans l'Église du Christ, comme dit le poète Dracontius, laudes Dei, 1. III, v. 217 sq., P.L., t. i.x, col. 857. Bullett., 1869, p. iô. Rarement il a pris la place du lion Pasleur. comme dans celle mosaïque du IV siècle, autrefois à Sainle-Piidentienne, où il est orné du nimbe et assis sur une chaire entre deux brebis. Bullett., 1867, |i. î:l; (Irisai-, op. cit., t. I. p. iiî. Le P. Mullooly, Saint Clément pope and martyr, ami his basilica ut Rome, Rome, 1873, p. 191, a cm reconnaître les traits

de Pierre dans une statuette du lion Pasteur, retrouve.' dans les fouilles à Saint-Clément. M<m Wilpert, Principienfragen d. christl. Archéologie, Fribourg-en- Brisgau, 1889, p. 30, parle de huit reliefs ou Pierre reçoil les clefs i\u royaume des cieux; elles se trouvent .oissi sur la célèbre statue de l'apôtre, a la basilique vaticane,et sur d'autres monuments postérieurs. — il. Prudence, Perist., 1. P. /... t. i.x, col. 232, dit que Pierre est Moïse, c'est-à-dire te chef et te conducteur du nouveau peu/île de Dieu. Son témoignage n'est pas isole.

Cette pensée esl exprimée dans l'art chrétien. Il est certain que la substitution de Pierre a. Moïse est souvent

voulue par I artiste Sur deux ■ 1 •! d'or on

voir Moïse taisant sortir du rochi . Gai 1 ui ci, lab. 1 "71». .v. '.' 1 U • nommément et n connu» du pi

des apôtres, qui (ait sortir du rocher, qui 1 I

Cor.,X,4, les eaux du salul fig. 22). La même

■ sur la coupe de Podgoi itza, aujourd'hui ■< l l.i mide Saint-Pétersbourg, Bullett., 1*77. pi. v, vi, où Pierre touche l'arbre (dévie? I explication de p. u réussi esl ajoutée en écriture cursivi J'rt,,<s perquodset[per< perunl sic qu,

li après de Rossi, l:m,,a sott., t. 11, p. 349 A. I;: Bullett., 1868, p. ■>. et M. Wilpert, Pi pienfragen, p. 26 sq., Pierre s.- trouve us la

ligure de Moïse dan- la crypte dite di-i ■ e. 11

y est représenté différemment sur la même suif d'abord jeune et imberbe et ôtanl -es sandales; pu côté-, vieux, barbu, avec le- traits de Pierre, happant lu rocher mystérieux. Cf. Wilpert, Al - d.ra-

22. — Verre doré, de la collection du Vatican, représentant saint Pierre frappant le rucher, d'à: e, bie.

mentskapellen, p. :î8 si]. Parmi 1. publies par Garrucci, lab. 313, 315, 318, 320, 358, 364, 365, 367, 369, :'.7i. 380, sur lesquels le miracle de la source sortant du rocher est représenté avec le reniement de Pierre, il y en a >jx ou Pierre porte encore la baguette mystérieuse: la ressemblance des traits et des vêtements, dai s juxtape -

montre clairement que Moïse n'y est que le type de Pierre; de plus, sur plusieurs monuments, par exemple, sur le sarcophage du Latran, du i\ t'irisar. op. cit., p. SU. vient s'ajouter aux deux SC précédentes celle de l'emprisonnement de Pierre qui garde toujours le bâton symbolique. M. us mais 1 dons avecKraus,iîeaJ-.Ertcj/cJopâdi«,t.n,p. 131, comme une exagération de vouloir, avec le P. Marchi. trouver partout le prince des apôtres sous les traits de M toutefois le type est certain, son emploi fréquent, et 1 nous ne croyons pas être dans l'erreur en voyant dans ces représentations une preuve très importante de la doctrine sur la primauté de Pierre et de l'Églis Rome ». L'absence du nom de Pierre sur les freet les sarcophages n'affaiblit en rien cette pre les cas ordinaires on ne mettait pas de nom. à plus forte raison aucun nom n'était-il requis pour des s^ bibliques dont le symbolisme (tait connu de tous.

Depuis le commencement au iv siècle, les arlist' sont encore servis d'un autre moyen pour établir, d une manière bien significative, des relations entre Pierre et Moi-e. dans la scène de la tbaditio i.ecis. Le Chrii ..-sis -m- le globe du ciel, ou bien debout sur la mon-

ART CHRÉTIEN PRIMITIF

tagne mystique, d'où coulent les quatre fleuves du paradis, symboles des quatre Évangiles; ou encore entre les princes des apôtres, tandis que les autres apôtres représentés symboliquement se trouvent dans une zone inférieure. Il remet d'une main à Pierre le rouleau, symbole de la loi nouvelle, comme le dit l'inscription : dominus legem dat, ou une autre inscription semblable, et il étend l'autre main comme s'il parlait, tandis que Pierre reçoit respectueusement le rouleau dans ses mains enveloppées. Cette scène a été assez souvent reproduite en différents pays, comme l'attestent des monuments nombreux : un sarcophage d'Arles, un verre trouvé à Porto, Garrucci, t. III, p. 148, une peinture de Priscille, Bullett., 1889, pi. vu, p. 23 sq., des verres dorés, par exemple, Garrucci, Vetri, t. x, p. 8; t.xix, p. 8, où Pierre porte encore la croix, une médaille de dévotion, un graffito sur une plaque de marbre, Bullett-, 1887, p. 27, et Perret, Les catacombes, t. v, pi. 3, un sarcophage du Latran, Eicker, op. cit., p. 117, n. 17 i, et Garrucci, tab. 323, 4-6, etc. Sur une mosaïque de Sainte-Constance, du commencement du IVe siècle, on a deux représentations parallèles : Dieu le Père donnant la loi à Moïse et Dieu le Fils donnant la loi à Pierre. Garrucci, tab. 207; Pératé, op. cit., p. 196-197. Sans voir des symboles partout, on est obligé de reconnaître liniportance de cette scène allégorique de la traditio legis, au point de vue théologique, surtout si on considère son prototype dans l'art profane : on aimait à représenter les empereurs remettant par écrit leurs ordres à ceux qu'ils envoyaient comme vicaires ou gouverneurs dans les provinces; ceux-ci recevaient respectueusement ce volume, les mains couvertes du palliurn. Cahier, Nouveaux mélanges d'archéol.; curiosités mystérieuses, Paris, 1874, p. 65-8i, pi. vu.

Kneller, Moues und Petrus, dans Stimmen aus Maria-Laach, 19CH, t. ix, fasc. 3, p. 237-257; Grisar, Geschichte..., 1901, t. i, p. 284, 294 sq.; Wilpert, Principienfragen, p. 23-32; Id., dans Rum. Quartalschri/'t., 1890, t. iv; p. 10 15 dû tirage à part.

De cette figure de Pierre-Moïse, du bâton thaumaturge, des clefs, de la table de la loi, tirons les conclusions qui en résultent sur la nature de l'Église. Un seul chef, une seule Eglise. En Pierre se trouve l'autorité de Dieu; en lui. la loi du Cbrist. Lui seul tient le bâton symbolique el thaumaturge; lui seul dispose du rocher, image du Christ qu'il remplace comme chef et fondement de I Église : de ce rocher il fait sortir, par l'exercice de son pouvoir, les eaux divines, les sources de la grâce, en particulier les eaux du baptême. Sans Pierre, pas de pouvoir, pas de loi divine, pas de source, pas de sacrements, etc.

3° La primauté de Pierre vient directement du Christ; ues de Rome est fondée sur celle de Pierre qui. g si jamais il a franchi les portes de Rome, comme il it R.-k.Lips'ms, dans Jahrbùcher fur protest. Théologie, 1876, p. 562, y est venu, non pas comme simple voyamais en vertu de son pouvoir apostolique. » Son séjour et sa mort à Rome sont prouvés par l'histoire. De nombreux monuments des cimetières apostoliques, de celui de Priscille, etc.. et de plusieurs anciennes basiliques, des médailles, dont la plus ancienne est du H* siècle, représentant les princes des apôtres, de nombreux verre dor< - 80 sur 240 dans Garrucci — avec son image, ei d autres traditions monumentales confirment ces faits. Toutes ces preuves prises dans leur ensemble ont fait dire ;, M. d( Ro i Bullett., 1864, p. 81 : « L'accord parindications historiques (sur le ir de Pierre a l'en et le témoignage des monuments n'est pas un effet du hasard ; il est plutôt uni rantie pour la véracité des monuments aussi bien que des documi m 9 Marucchi, Memorie dei ss. Apostoli Pietro e Paolo nella cilta •!< Rom a, Home, 1894.

; Mais l.i barque de Pierre n est pas abandonnée a elle-même. Le sarcophage de Spolèle indique que Jésus

est avec son Église et qu'il la dirige. La même idée est encore exprimée par plusieurs autres monuments, par exemple, par un verre doré sur lequel est figurée la chaire adossée au rocher d'Horeb, d'où jaillit l'onde viviliante (de la doctrine chrétienne), natalis fons imda aquse cunctse procedunt, et per diversas totius mundi regiones puri latices capitis incorrupti manant, Innocent l",Èpi$t., xix, 1, P. L., t. xx, col. 583, et par un marbre gravé représentant la colombe, symbole de l'Esprit-Saint, posée sur le dossier de cette même chaire. Rosio, Roma sott., p. 327; Bullett., 1872, pi. ix, 2.

5° Relativement aux différents membres de la hiérarchie, l'art chrétien ne nous fournit que très peu d'indications. On voit bien, par exemple, dans la f radio panis, à Priscille. un homme barbu qui préside, le TipoEortiç de saint Justin, Apol., i, 65, P. G., t. vi, col. 428; ailleurs il est question d'évêques portant barbe, à la chapelle des sacrements A2, un ecclésiastique qui baptise. Nuovo bullett., t. vi, 1900, p. 96. A Priscille, il y a une fresque du IIIe siècle, qui représente la prise de voile d'une vierge chrétienne, présidée par un évêque (ou prêtre) assisté d'un diacre. Wilpert Die gottgeweihlen Jungfrauen, p. 52-64, pi. I. A Domitille, on voit quelques /essores, etc. C'est peu de chose en comparaison de ce que disent les inscriptions.

//. l'art'cbrêtien et la théologie dogmatiqve spéciale. — 1° La Trinité; la création. — 1. La Trinité. — Ce mystère n'est représenté que très rarement. Mb' Gerbet, Esquisse de Rome chrétienne, c. vin, n. 5, en donne les raisons. Saint Paulin de Noie, Epist., xxxn,5, P. L., t.LXi, col. 332-333, l'avait fait représenter plus ou moins symboliquement daïis l'église de Saint- Félix. Pératé, op. cit., p. 209, croit la trouver dans la mosaïque absidale de Sainte-Pudentienne : la main du Père était dans la partie supprimée, mais on voit encore aujourd'hui, dans la partie inférieure, le Christ assis sur la montagne, et au-dessous, le Saint-Esprit en forme de colombe. Il y a peut-être une représentation de la Trinité dans les trois anges d'Abraham, sur une mosaïque de Saiute-Marie-Majeure. D'après de Rossi, Bullett., 1865, p. 30; Kraus, op. cit., t. i, p. 186; Grisar, op. cit., t. i, p. 435, etc., il y en a une sur le célèbre sarcophage de Saint-Paul, aujourd'hui au Latran : Dieu, formant l'homme et la femme, est entre deux personnages qui ligureraient leFilset le Saint-Esprit. Quelques archéologues, se fondant sur le silence de certains auteurs contemporains et sur l'absence d'une troisième personne dans la scène de la création sur un autre sarcophage du Latran, Garrucci, tab. 399, 7, ont affirmé que la troisième figure, sur le sarcophage mentionné plus haut, était accessoire et sans aucune signification. Leur conclusion no s'impose nullement. Stuhlfauth, Die Engel in der altchristl. Kimst, Fribourg-en-Rrisgau, 1897, p. 253 sq. Le Saint-Esprit, en particulier, est représenté sous la forme d'une colombe dans les fresques du baptême du Christ, dont la plus ancienne est. de la première moitié du II" siècle, et deux aulres de la seconde, sur la mosaïque de Sainte-Pudentienne, dans l'annonciation sur l'arc triomphal de Sainte-Marie-Majeure, etc.

Krnus, Real-Encyctopàdie, t, I, p. 379-3S0; Garrucci, t. i, p. 284 sq.

2. Les anges. — Avant l'homme, Dieu a créé les anges. Les artistes chrétiens les distinguent très bien des victoires et des -/nies du paganisme, Dès le n« siècle, clans la scène de I an m mçial ion. à Priscille, l'ange

Raphaël a le type d'un jeune homme, revêtu de la tunique et du pallium. Au IV" siècle (en particulier dans la peinture), les anges son! nimbés; vers la lin du

IV siècle el au coiniiieiicenien I du v paraissent le-- ailes.

Le premier ange ailé est le symbole de saint Matthieu. dans l'abside de Sainte-Pudentienne : le texte de l'Apocalypse

i ce sous ce rapport une grande influence. Vers la

ART CHRÉTIEN l'I'.I.MITIF

lin de la période, on voil parfi avecle biton,

symbole de leur caractère d'envoyé du Très-Haut. Quoique ver» celle époque le type juvénile commence à vieillir, '>n né les n présente pa i mur.- avec la barbe. Dans certaines représentations plus rares de la dernière période, li le Boni plus de simples personnages

historiques, mais de protégeant leurs client--.

par exemple, li - trois enfants dans la fournaise, sur <lcii\ peintures du rv siècle, de Rossi, limita $ott.,t ni, pi. xv, el lin, n. QuartaUchrift, 1889, t. m. pi. vin. 2, ci sur la lipsanothèque de B rescia. Sur une amulette 'lu iv ou du v siècle, un angeailé, mais non nimbé, vient en aideà saint Vital. Bullett. , 1872,p. 5-30, p\. n.l. L'idée d'une invocation ou d'un culte était par là mise en avant. Les monuments prouvent l'existence de ce culteau rv cle. Des écrivains nous parlent d'amulettes, d'encolpia el de phylactères avec clés images ou des noms d'anges. Thii'l, Epist. Rom. pontif., t. i. p. i(>9. Plusieurs de ces petits olijets. dont quelques-uns sont du ive siècle, Ballet!., 1870, p. 11, 31; 1890, p. 41 sq., ont été conservés jusqu'à nos jours. Bullett., 1863, p. 51; cf. Bullett., 1870, p. 20-25; Bévue des éludes grecques, t. iv, 1891, p. 287 sq. ; t. v, 1892, p. 73 sq. Les oratoires, érigés en l'honneur des anges, en particulier de saint Michel, étaient très nombreux en Orient et en Italie, surtout au ve siècle. Plusieurs remontent même au IVe, par exemple, le Michaélion de Constantinople. bâti par Constantin. Sozomène, H. E., Il, 3, P. G., t. lxvii, col. 9i0.

Kraus, op. cit., t. i, p. 210-213; G. Stuhlfauth, Die Engel in der altchristl. Kunst, Fribourg-en-Brisgau, 18'J7.

3. Le démon est représenté presque exclusivement dans les scènes d'Adam et d'Eve, sous la forme d'un serpent rampant par terre axant la partie antérieure du corps soulevée, ou bien roulé en spirale autour de l'arbre. Bosio, Borna soit., c. L, parle d'un anneau de la collection du cardinal Barberiniqui portait comme empreinte un grand tau dont la barre verticale imitait le monogramme constantinien flanqué de l'alpha et de l'oméga. Un serpent était enroulé autour du pied dont s'approchaient deux colombes. En bas se trouvait gravé le mot salvs. Cet anneau, Garrucci, tab. 478, 2, montre en image ce que l'Église chante dans la préface de la Croix : Qui salutem humant generis in lignocrucisconstituisti... el qui in ligno rincebat in ligna quoque ri)iceretur. l'ue idée analogue est exprimée par une lampe en bronze du iv" siècle terminée en forme de dragon ayant dans la gueule le fruit néfaste et sur la tête le monogramme du Christ, symbole de la victoire remportée par lui, Bullett., 1868, p. 78 sq., pi. 1, et par trois lampes en terre cuite du v», représentant le Christ d'après le psaume XC, 11-13. Kraus, op. cit.,l.i. p. 108, 109; Bévue de l'art chrétien, 1889-1893.

Le Btant, Les premiers chrétiens et le démon, dans Atti délia B. Aceademia dei Lincci, 1887, p. 161-108; Wiegand. Der Erzengel Michael unter Beriicksiohtigung derbyzanl. altital. undroman. Kunst ikonographisch dargesteUt, isso ; Koppen, Der Teufel und die Hutte in der darsteltenden Kunst von den Anfàngen lii-< zutn Zeitalter Dantes und Giottos, léna, dissertât., Berlin, 1805.

4. L'homme. — Les sarcophages mentionnés plus haut montrent comment Dieu a formé l'homme du limon de la terre. La femme y parait également. Dieu leur donne la vie. Bientôt ils désobéirent à leur créateur, — La chute de nos premiers parents Dgure bien souvent sur les monuments, sur une fresque île Priscille dès le milieu du iip siècle. Le thème esl d'ordinaire celui de la Mble : Adam et Eve à côté de l'arbre, le ser

pent s'en approchant ou roulé' autour de l'arbre, le fruit défendu dans la bouche. 1,'arlisle indique aussi la punition de nos premiers parents : ils cachent leur nudité

avec de larges feuilles. Les sarcophages dn rv siècle,

jar exemple, celui de Sainl-l'aul et celui de .lunius Bas-

ajoutent deux détails qui expliquent le texte de tien., m. 16 sq. : d

d'épis, du cote ,| Eve, un petit agneau. Legraffito <l épitaphe du III' siècle au Lalran. i " /

talschrift, 1888, t. n. p. 287 sq. ; Perret, op. t. v. pi. xil, 3, exprime la punition plus i encore : un homme \ conduit la charrue, une fen lile. assise devant une mai-on. A < lu |

les monuments ajoutent souvi

la rédemption que llieu a promise aussdéit après la chute, par exemple, la naissance du Sauveur, ou mieux l'adoration des mages, sur le -

A. Breymann, A dam und Eva in der Kunut dep cl, lunu, Wolfenbûttel,

2° Christologie. — La vérité fondamentale du christianisme, le fait du Verbe fait chair, d. Jésus mort . nous sauver, est résumé dans le symbole si ancien et si fréquent de IIXhYï, c'est-à-dire, 'It.ctoC; X-, i'Y'j: Su) ni p. Tel est le sens bien connu de cet acrostiche du ii" siècle, par exemple, d'après Eusèl ratio

ad sancl. cœtum, c. xvn. 1'. G., t. xx. col. 1288-'. S. Augustin. De civit. Dei, 1. XVIII. c. XXIII, P. L., t. xli, col. 579-580. Voir Symbolisme l>e l'art chrétien. La prédiction de \' incarnat, tm est repi premières années du IP siècle, à Priscille, sur la célèbre fresque de la madone et du prophète Isaïe, lx, 1, etc. (ou Balaam ou Siméon?), qui indique d'un geste que l'enfant de la Vierge est l'étoile qui brille au ciel. Lie-Il. Die Darstellungen der allerselig. Jungfrau Maria... d. Kalakom ben, Fribourg-en-Bri-- fi pi. v. Sur une

peinture de Domitille,Liell, op. cit.. ■■>. aujour-

d'hui à moi tic'' détruite, on voyait autrefois entre le prophète ►et la Vierge une double tour : était-ce la ville de Bethléhcm dont parle Michée, v, 2? A Saints-Pierre-et-Marcellin, sur plusieurs peintures du iip siècle, découvertes par .Mur Wilpert, tiuovo bullett., 1900. t. vi. p. 81 laam indique l'étoile de Jacob. N'uni., xxiv. 17. I nonciation est peinte à Priscille, au IP siècle. I.iell. op. cit., pi. n, 1. à Saints-Pierre-et-Marcellin au iip. Wilpert,/wh Cyclus chrislolog. Gemâlde...,p\. i-jv. L ration des bergers se trouve sur une le la

catacombe ad duas lauras, Xuovo bullell. , t. iv. p. 120. et sur des sarcophages du IV siècle. Au cimetière Ostrien, une fresque du iip ou du iv siècle. Perret,Cotac, t. u.pl. xlviii, représente les mage- chez Hérode. L'< qui les guide a parfois la forme du monogramme c tantinien ){(. Garrucci, tab. 59, 2 ; Bull, H ,1863,| indiquer que l'enfant est vraiment le Christ. Les m rendent leurs hommages à cet enfant sur une peinture de la chapelle grecque. Sur les plus anciens monuii la mère allaite l'enfant, le porte sur ses bras et le tient sur ses genoux; parfois il est tout nu. Sur des monuments de l'époque de la paix de l'Église, elle l'a emmaillote'' et couché dans la crèche. Le massacre des saints Innocents se trouve sur un sarcophage Gaules, à la lin du IV siècle. Le Liant, Sarcophage* d* la Gaule, n° 214, pi. 51, 1. Jésus parait au milieu docteurs sur un sarcophage de Pérouse, de la même époque. Bullett., 1871. pi. vin ; Kraus, Beal-Encycl., t. l, p. 476. Le sarcophage de .lunius B. issus, le ii du l.airan. du iv siècle, ainsi que quatre fresques datant d'avant la paix îles deux plus anciennes se trouvent J la crypte deLucine et à la chambre des sacrements A1 et sont du commencement et de la fin du u* siècl ntenl

le baptême de Jésus par saint Jean et la descente du Saint-Esprit sous la forme de colombe. De Waal, A Quartalschrift, 1896. t. x, p. 335-349 ; Wilpert. .Va la der Sacramenlskape lien, p. 18; Ptrzygowski, /;. graphie der Taufe Christi, Munich. 1885. Parmi les miracles, dont la série s'ouvre par celui de ('..ma Eucharistie dans l'art chrétien), les uns reviennent rarement, les autres fréquemment, pai exemple, la multi-

ART CHRÉTIEN PRIMITIF

plication des pains, la résurrection de Lazare, la guérison du paralytique, qui se rencontrent dès le commencement du iic siècle, à la chapelle grecque, et, vers la fin du même siècle, dans les chapelles des sacrements A2 et A1. L'hémorroïsse, la fille de la Chananéenne, celle de Jaïre, le jeune homme deNaïm se voient sur des sarcophages du ive siècle. L'entrevue avec la Samaritaine est peinte dans la chapelle des sacrements A3 et, vers la même époque, à Prétextât. — Jésus est entouré de disciples. Sur les monuments on en voittantôlsix,aucimetière Ostrien, Perret, op. cit., t. il, pi. xxi; souvent aussi douze, par exemple, sur la pyxide de Berlin, et plusieurs fois à Domitille. Ficker, Die Darstellung der Aposlel in der altchrist. Kunst, Leipzig, 1887. — Jésus exerce le ministère de la parole. Schultze, Archâolog. Studien, p. 265, voit le sermon sur la montagne sur un fragment de sarcophage au musée Kircher, à Rome (?). La doctrine que Jésus enseigne est toute céleste, toute merveilleuse dans ses ellets, comme L'indique la figure symbolique du chantre de la Thrace, Orphée, que l'on rencontre quelquefois. Ileussner, Die altchrist. Orpheusdarslellungen, Cassel, 1893; Nuovo bulletl., 1900, t. vi, p. 9i. « De même que l'Orphée païen avait dompté les bêtes sauvages en jouant sa lyre, Horace, Epist., H, 3, 391-393, de même l'Orphée divin, Jésus-Christ, a transformé le monde païen parla douceur de sa doctrine. » Marucchi,op. cit., t. i,p. 269; de Rossi, Roma sotl., t. il, p. 216, 355, pi. x, xvm, 2. Cf. Is., x, 6-7. La transfiguration entre Moïse et Élie est sur la lipsanothèque de Brescia. Sur le sarcophage de Junius Bassus, Jésus entre triomphalement à Jérusalem ; sur un autre d'Arles, Le Blant, Save. d'Arles, p. 18, pi. x, il lave les pieds à Pierre; sur plusieurs autres et sur une fresque de Sainte-Cyriaque, Bullett., 1863, p. 76, il lui annonce sa chute. La trahison de Judas est assez fréquente. Galti, Bullett. com., 1887, p. 205. Jésus est fait prisonnier, sur la lipsanothèque de Brescia. Des sarcophages d'Arles le montrent devant le grand-prêtre et devant Pilate hésitant, se lavant les mains et condamnant Jésus à mort. On peut douter si la fameuse fresque de Prétextât, du nc siècle, Perret, op. cit., t. i, pi. lxxx, représente le couronnement d'épines. La couronne d'épines est changée en une couronne de (leurs sur un sarcophage du Latran, n. 171, où Jésus porte aussi la croix. La mort du Sauveur et le sacrifice de la croix sont symbolisés par le sacrifice d'Abraham, qui parait déjà à la chapelle grecque. Wilpert, Fractio panis, trad. franc., p. 65, pi. x. Pour la victoire sur le démon, voir plus liant. La résurrection, symbolisée dès le IIe siècle, parle cycle de .lonas, à Prétextât et dans les chambres des sacrements, n'est représentée réellement qu'à partir du iv* siècle, et encore d'une manière plutôt indirecte, soit par lelabarum sous lequel sont assis deux gardiens endormis, sarcophage n. 171 du Latran, soit par la visite d.- femmes au tombeau, etc. Kraus, op. cit., 1. 1, p. 506. L'a cension enfin se voit sur un ivoire du ivc siècle, à Munich, Stuhlfauth, op. cit., p. 167, et le Christ dans la avec nimbe sur la porte de Sainte-Sabine. — Quant au signe de la rédemption et au crucifiement du Sau- \. m. les artistes chrétiens évitaient d'en donner une repri entation réelle. La croix était ignominieuse aux yeux de païens : il fallait préserver la mort du Sauveur de toute raillerie de leur pari. On la représentait donc, dans les peintures aussi bien que dans les sculptures1 par dis symboles ou pard'autres formes détournées, dont ïesplus usitées son! : la crux commissa (flg. 23 a), la crux gam- " de quatre I' réunis (fig. 23c) ; la

t*gata(fig. ■!'.') </i. la forme(fig. 23 e) composée du I et du X grecs ; le monogramme constantinien (fig. 23 /'). renfermant les deux premières lettres de Xpiortf;. Vers la lin du iv siècle, on ajoute volontiers les lettres A et

ndiquant ainsi la pen ■ e exprimée par Pépltre aux Il breux, xm, s. et par l'Apocalypse, xxi, 6. Prudence, Cathem., ix, 10-13, /'. L.,t.i.ix, col. 863; Paulin de Noie,

Pocma, xix, v. 617, 618. P. L., t. lxi, col. 5». Voir col. 903-904. Les autres formes ne sont que des modifications du monogramme constantinien ou de la croix monogrammatique (fig. 23 g-p). Le crucifix est également remplacé par des représentations symboliques, par exemple, sur une épitaphe de Domitille, Nuovo bullett., 1899, t. v, p. 33, et sur une gemme du musée Kircher, du IIe siècle. Kraus, Real-Encyclopâdie, 1. 1, p. 521. Cette manière d'agir est pleinement justifiée par l'accusation de crucieolie et le crucifix blasphématoire du Palatin, découvert en 1857, et si souvent reproduit depuis, au-

23. — Formes différentes de la croix et du monogramme cou tantinien, d'après A. Pératé, L'archéolog ie chrétienne, Paris, s.C, p. 143, fig. 101.

jourd'hui au musée Kircher. Ce crucifix représente attaché à la croix un personnage à tète d'àne, auquel un autre présente ses hommages en approchant la main droite de sa bouche ; on lit au-dessous ces mots : AAK- 3AMEN0C CEBETE (ai) 0EON. — A part la croix que nous trouvons sur l'épitaphe d'une Ru/ina du m0 siècle, dans les cryptes de Lucine, et deux croix peintes à Sainl- Calliste, Pératé, op. cit., p. 141, cette image du supplice ne parait bien nettement qu'au Ve siècle, et le crucifiement, pour la première fois, sur la porte de Sainte-Sabine, où le Christ est cloué sur la croix entre les deux larrons, et sur un ivoire de Londres, Garrucci, tab. 4'ifi, 2; Kraus, op. cit., t. I, p. 174, où, à côlé du crucifié portant le nimbe et au-dessus l'inscription REX-IVD (œorum), on voit Marie et saint Jean, et Judas suspendu à un arbre.

Voir les articles Kreuz, Kreuzigung, Monogramme, dans Kraus, Heal-Encyclopiidie, t, il, où on trouve des références bib'iographiques très nombreuses; Id., Dos Spottcruciflx vom Palatin, Fribourg-en-Brisgau, 1872; Grisar, Kreuz und Kreuzigung auf der altchrist!. Thùre von S. Sabina in Rom, dans Rom. Quarlalschrift,i89b, t. vin, p. 1-48; Id., Analecta romana, diss. X ; Strazzula, Indagine archeologiche suite rappresentanze del « signum Christi », Païenne, 1899.

3° Sacrements. — 1. L'image de Moïse-Pierre frappant le rocher a la signification symbolique connue. Le rocher, c'est Jésus, I Cor., x, 4, petra autan crut Christus, de qui jaillissent les eaux spirituelles et la gràee des sacrements. La verge mystérieuse qui frappe le rocher et en fait sortir les eaux en abondance, c'est le symbole du pouvoir surnaturel, sacerdotal, qui, dans l'ancienne loi, appartenait à Moïse et dans la nouvelle appartient à Pierre. C'est par lui que le Christ opère dans les âmes et y répand les eaux de la grâce qui donnent la vie éternelle: ce qui est indiqué par la représentation de la résurrection de Lazare, qui accompagne souvent l'image du rocher. — 2. La première grâce qui sort de ce rocher est celle du baptême. De là le lien si étroit entre cette première scène de Moïse frappant le rocher et les représentations du baptême. Voir BAPTÊME DANS L'ART CHRÉ- TIEN. — Un autre torrent de eràces nous arrive par l'eucharistie. Voir El charistie hans l'art chrétien. — 3. La pénitence. On a cru voir des preuves de son existence dans une fresque des chapelles des sacrements, par exemple, Garrucci, et d'antres; dans une autre fresque de Saint Hennés, llerur île l'art rlirétien, 1862, p. 192, dans une troisième de Domitille, Bosio, Huma

ART CHRÉTIEN PRIMITIF

toit., p. 231 : enfin, à la catacombe Ostrienne, dans les

confessionnaux i du 1'. Marchi, op. cit., p. 186-190.

Malheureusement ces opinions ne son) pas fondées. De

l'ai is de tous le< an I les pn lendua confession-

naux doivent leur origine à d'autres circonstances. Armellini, Cimiteri crittiani, Rome, 1893, p. 286. La ■cène di la chapelli crementa indique la rémis-

sion des péchéa comme un effet du baptême. Voir Baptême dans ) Ain chrétien. Les autres fresques invoquéi représentent le jugement. — i- L'extrênte-onclion n'ayant pas de rapport direct avec l'art chrétien, qui est avant tout funéraire, rien n'y fait allusion. — 5. Il en est de même de l'ordination des clercs. Les preuves lin es d'un verre doré, Garrucci, Veln, tab. xxm, V. et d'une fresque mal reproduite de Saint-Hermès, Garrucci, tab. 82, 2, sont à rejeter. La fresque, en particulier, représente le jugement de l'âme; le nimbe du personnage principal indique à lui seul autre chose qu'une ordination. — 6. Le mariage. Ce sacrement est d'une importance trop considérahle dans la vie chrétienne pour que les monuments chrétiens primitifs n'en parlent pas. D'autres signifient clairement que le lien conjugal est

saint et formé par Dieu. Sur les mo numents païens qui représentent le maies époux se donnent la main, junctiodextrarum ou colluctatio manuum, au-dessus d'un autel sur lequel brûle le feu sacré. Souvent Junon pronuba préside la cérémonie et, en signe d'union, pose la main 24. - Verre doré, représentant le ma- sur les épaules des riage chrétien, d'après Martigny, Die- conjoints. Sauf tionnaire des antiquités chrétiennes, deux exceptionsdu 2' édit., Paris, 1877, p. 447. iv: siècle. Garrucci.

tab. 61. 1. et Iiom.

Quartalschrift, 1800. t. xm p. 25 sq., l'art chrétien a abandonné' cette pratique païenne si profondément enracinée dans les habitudes. A la place de Junon apparaît la main divine, par exemple, sur un sarcophage de Tolenlino, Garrucci, tab. 304, 8, où l'inscription explique le sens de la sculpture : Quos PARIBDS meritis iinxit

UATR1HONIO DULC1 OMNIPOTENS DOMINUS, etc.; OU bien le

monogramme du Christ, Garrucci, Velri, 26, I2(fig. 2i :

OU bien le Christ lui-même, posant des couronnes sur la tête des ('poux pour indiquer que la bénédiction vient de lui et qu'il sanctionne le contrat. Garrucci, tab. 188, 7; 198, 1-3. L'autel païen est également remplacé par un autel chrétien sous forme de colonne ornée, qui, d'après Wolter, Die rômischen Katakomben, part. ln,p, 18. doit représenter l'Église (?). Sur le fragment de sarcophage de la villa Torlonia, lin du nr siècle (?), reproduit par Marucchi, // nialrimonio cristUmo, Home. 188-2. pi., ce n'est plus un autel, c'est un pupitre, ou lectorium, avec le livre par excellence, la Bible, sur laquelle les conjoints prêtent serment de fidélité aux prescriptions du Christ sur le mariage. Tandis que le mari tient dans sa gauche les tabule nuptiales qui renferment le contrat de maie Christ, imberbe el sans nimbe, sort des nues du ciel, pour couronner les époux, soit en récompense de leur fidélité, IV Esdras, tl, 16-47, suit dans le sens de saint Chrysostome, llomil., ix. in / Tim., P. (',., t. i mi, col. 5Î8. Sur un sarcophage du Puj . Garrucci, tab. 398, 1, et Le I liant. 17. i. le Christ imberbe et nimbé, h- \ tourné vers la femme, tient de la gauche les tabula nuptiales et de la droile confie la femme a son mari.

Pour montn i le caractère ehrétii n de l'un

gale, les artistes entourent quelquefois h - mai u bibliqui s, Garrucci, tab. 171. ni. I . ou bien ils les placent aupn - du Don l'a près ■

t. ili. 197, i. 188, 7. Ainsi, d'après lait. ina-

nimé dit saint Ignace d'Antioche, Ad. I'uUji .. c. \. I unk. ''. I'. a, inn aposlol., Tubingue, 1887, i. i. p. 250, el n: 'i-'.'j.j

mation Vivatis in In. ode cit..,!

tab. 105. 11. Mitius, Ein Familienbild »

lakataconibe nui der âlteslen Hochzeilsdarslellui

Fribourgn n-Drisgau, 1895, a cru voir me- scène di

riage dans une peinture de Priscille; d'autres \oient

une allusion aux fiançailles en

un verre doré. Garrucci, Velri, 20. i. Dans la pren

il faut reconnaître une représentation dure

voile; sur le vei il > a uniquement les im

de deux parents avec leuis deux enfants.

Marucchi, // matrimonio crisUano t.'pra un aniico monuinedito, R Bullelt., 1S«2; Armel;/

di archeologia cristian luno

pronuba auf einem christl. Saix schrift, 1899, t. un, p 25, 26 pi. m; Minus. / altchristl. aus d. Pn B

1895 ;Heusser, Die aUe5<i I Hung.duu

Christliches Kunstblatt, t. xxxix. fasc. 2: VolpeL, Die ■ gloser, Fribourg-en-Brisgau, W.', p. 45-48; les articles Mariage et Ehe, dans les dictionnaires de Martigny et de Kraus.

i Eschatologie. — 1. L'idée mère qui incontestablement pénètre non seulement le symbolisme mais encore tout l'art chrétien, c'est l'idée du salut, l'espérance de e future : fiducia christianorum,i esurreclio morluoi ditTertullien. De res. carnis, i. P. L.. t. u, col. 705. Bon nombre de signes et d'images symboliques et la plupart des scènes tirées de l'Ancien et du Nouveau Testament expriment clairement la pensée de la délivrance des misères de cette vie. de la victoire sur la mort et sur le péché, de la sentence favorable du souverain jur l'entrée de l'âme au ciel, ou elle prie pour ceux qu'i quittés, afin qu'eux aussi prennent un jour part au festin de l'Agneau. Cette idée domine tellement II chrétiens quelle se retrouve même dans d qui, à première \ue. indiquent autre chose. Une n sentalion du baptême rappelle Ce qui est absolument nécessaire pour être sauvé, .loa.. m, 5; une autre de l'eucharistie attire notre attention sur le gage de 1. surrection. Joa., vi, 55 sq. — La vie sur la terre doit elle-même être envisagée a ce point de vue. Elli semblable a une mer orageuse et tourmentée. Il d'y faire passer le navire de notre existence, de i .une. et d'arriver sûrement au port de noti bienheureuse. L'idée de comparer l'existence humaine à un navire '■tait connue des anciens: les Livi Prov., xxxi. li: Sap., V, lu. ont peut-être favorisymbole qui se retrouve depuis le milieu du in' siècle. Allard. Rome souterraine. 2' édit., Taris. 1877. p. 331. I.e navire voguant sur les Ilots dans la direction du port est reproduit sur plusieurs épitaphes du Latran, par exemple, pil. x\. n. 62, 63, etc. , et sur des sarcophi et pour qu'il n'y ait pas d'erreur d'interprétation, l'ai a marqué parfois sur le flanc du navire le noie défunts, comme celui d'I'.t srr.i.x. Passionei, Iscrii. mit.. p. 125. n. 88, et Celui de TllECLA sur un sarcophage du iv siècle, trouvé a Saint-Valentin, par M. Marucchi. Bullelt. archeol. comm. di Roma. 1897, pi. H. La lebre lampe d'Eutropius, à la galerie des Offices à Florence, Garrucci, tab. 1(>0. n'est qu'un symbole de 1 de ci' chrétien (lui conduit sa barque sous la direction du Christ tenant le gouvernail : sur le fragment de Saint- V.ilentin. c'est saint Paul, indiqué nommément, qui exerce le l'oie du pilote. — (Juanl au symbole du chl

qui exprime parfois une idée analogue (cf. Ps. cxvm, 32; Gai. v, 67, etc.) voir Épigraphie chrétienne et Symbolisme de l'art chrétien. — L'assistance de Dieu, la divine providence qui intervient activement dans la vie de l'homme, ont aussi leurs figures dans le symbolisme primitif. Pour le temps des persécutions cela n'est nullement étonnant. 11 fallait encourager les chrétiens en leur montrant le secours d'en haut. Les scènes de Daniel et des trois jeunes Hébreux dont la foi a « fermé la gueule des lions » et « éteint la force du feu », Hebr., Xi, 33, 3i, s'y prêtaient fort bien. Il en est de même des scènes de Susanne « dont l'histoire montre si manifestement que Dieu assiste ceux qui lui restent fidèles et qu'il rend vaines les embûches des ennemis ». On a ainsi la raison pour laquelle ces scènes apparaissent dès le commencement du il" siècle. Voir d'autres monuments dans Kaufmann, Die sépulcral. Jenseitsdenkmàler, Mayence, 1900, p. 179 sq. « La foi à la vie future est donc exprimée par le décor peint et sculpté en un langage clair et accessible à tous, » et la bonne confiance de l'artiste chrétien contraste singulièrement avec les idées si confuses des païens et leur est même absolument opposée.

2. La mort et la résurrection. — Le christianisme enseigne qu'après la mort une nouvelle vie commence. L'àme parait devant le juge; le corps est déposé en terre où il attend la résurrection. La mort n'est donc qu'un sommeil. De là le nom de xotinrjT/ipca, « cimetières, » donné aux lieux de sépulture; de là la manière particulière d'enterrer les morts contrastant si singulièrement avec celle des païens. Cette idée est également exprimée sur différents monuments, par exemple, sur une fresque de la catacombe deTrason, Garrucci, tab. 70, 2; Perret, op. cit., t. m, p. ix-xi, où un jeune homme, richement habillé, marque avec le calamus, sur deux feuillets grossièrement ouverts, les paroles : Dormit || io || Silvest H RE. — Le point capital, c'est la résurrection. Fresques et sarcophages, verres dorés et lampes contiennent des symboles qui attestent clairement la foi à ce dogme fondamental. Ici, c'est Daniel dans la fosse aux lions; là, ce sont les enfants dans la fournaise, Noé dans l'arche et surtout la résurrection de Lazare, symbole de notre propre résurrection, par exemple, dans la chapelle grecque. A la fin du ne siècle, nous rencontrons les représentations du cycle de Jonas, dans les chapelles des sacrements, etc. La vision d'Ézéchiel, xxxvn, 1 sq., image de la résurrection générale, Tertullien, De resurrect., c. xxix, P. L., t. n, col. 83C-837, est également représentée. L'idée de la résurrection est encore exprimée par des symboles non bibliques, par exemple, les saisons (cf. Tertullien, loc. cit., c. XII, P. L., t. il, col. 810- 811), à Prétextât, le paon, qu'on trouve dès le IIe siècle, le phénix, Clément de Rome, 1 Cor., xxv, Funk, Opéra Patrum apost., Tubingue, 1887, 1. 1, p. 94. Rare avant Constantin, il devient assez fréquent après 300.

3. Le jugement. — Ce dogme, affirmé par l'Écriture : Omnes enimstabimus ante tribunal Christi, Rom., xiv, 10, cf. Hebr., ix, 22, et ailleurs, est bien clairement re- I i enté dans l'art chrétien primitif, qui est avant tout un art funéraire. — o) Lejugement particulier. — L'idée d'un jugement particulier, qui existait déjà, d'une certaine façon, avant le christianisme, est celle que nous rencontrons d'abord sur les monuments, moins cependant sur les sarcophages, par exemple, le n. 13(5 du Latran, Marucchi, op. cit., t. i, p. 329, que sur les fresqui des catacombes, par exemple, sur celle de la chapelle des sacrements A-, Wilpert, Malereien der Sacra-

tskapellen, p. IV, 32, de la fin du ir siècle" I>eS représentations de lu Nioi-.ialclln, de Saints-Pierre-et- Marcellin sonl de la seconde moitié du IIIe sierle, Wilpert, dans le Bullett., 1892, [i. 28; Ein Cyclut chrislolog <• pi. i-iv, p. 5, 17; Nuovo bullett., 1900,

t. vi. p. 97 ; celles de Domitille, liosio, p. 231; Garrucci,

DICT. DE THÉOL. tATIIOL.

tab. 21; Bullett., 1877, p. 150; 1888-1889, p. 79 sq.;de Sainte-Cyriaque, Bullett., 1876, pi. ix; Marucchi, Éléments, t. n, p. 230 ; de Saint-Hermès, Garrucci, tab. 82, 2 ; Marucchi, op. cit., t. i, p. 307; t. n, p. 374, et de la catacombe de la Vigna Cassia, à Syracuse, Bullett., 1877, p. 150 sq., pi. x, xi; Armellini, Cimiteri cristiani, p. 722, sont toutes du IVe siècle. A Sainte-Cyriaque et sur une inscription du Latran, Perret, op. cit., t. v, 22, 28; Bôm. Quar taise hrift, 1892, p. 366 sq. et pi. XII, le jugement est réduit à sa plus simple expression. L'àme y est figurée par une femme qui se tient debout, seule, devant le juge assis, la tète entourée du nimbe. La scène est plus développée à la Nunziatella : au milieu, le juge assis, avec le livre, la main levée comme s'il parlait; quatre saints autour de lui, dont deux parlent, tandis que les deux autres écoutent. Entre les saints, quatre figures orantes, deux hommes et deux femmes; à leurs pieds, des brebis, symbole des élus. Cette scène, dit M9r Wilpert, Il valore domtnatico délie pitturc cimileriali, Rome, 1897, p. 18, nous rappelle instinctivement les paroles du Dies irse : Judex ergo cum sedebit

— liber scriptus proferetur — quem patronum rogaturus — inter oves locuni prsesta. Sur la lunette d'un arcosole, à la catacombe de la Vigna Cassia, à Syracuse, l'artiste a représenté une femme agenouillée et levant les mains vers le Christ nimbé. Celui-ci est debout entre saint Paul et saint Pierre, ce dernier également nimbé. Par respect pour son juge, Marcia porte au bras gauche le manipule du diacre. Évidemment ces représentations se ressemblent. On y trouve les différents éléments d'un jugement. Le juge est le Christ, orné parfois du nimbe, debout, ou assis sur une chaire élevée de plusieurs degrés. De la gauche, il tient quelquefois le livre ouvert, ou le rouleau, tandis qu'il étend la droite du côté du défunt comme pour prononcer la sentence. Devant lui, l'âme, debout, les mains levées comme les orantes, ou à genoux, comme à Domitille, et tendant les mains suppliantes pour demander pardon et miséricorde. Les saints qui assistent le Christ doivent être « les avocats » de l'àme, d'après une inscription de Sainte-Cyriaque, du IVe siècle, Bullett., 1864, p. 34: CUIQUE \Cyriacee] PRO vita: svje \les] timonium (sic) sancti martyres aput (sic) Deum et^eruntadvocati; ils doivent défendre sa cause

— leurs gestes l'indiquent — et la conduire au ciel. Leur nombre est de deux ou de quatre. A Saints Pierre-el- Marcellin, il y en a six : c'est le collège apostolique réduit faute de place. Le type connu de saint Pierre est remarquable à Syracuse, l'apôtre est désigné nommément, tandis que dans la fresque de Saint-Hermès ce sont les deux martyrs Prote et Hyacinthe, enterrés tout près dans la même catacombe. Rienheureuse l'àme, dit l'inscription du prêtre Sarmata, de Verceil, qui a de pareils avocats : O felix gemino meruit qui martyre duci || ad dominum mei.iore via REQUIEMQUE mereri. Rruzza, Iscriz. Verceil., p. 319, n. cxxxv; Gruter, Inscript, antiq., 1169, 7. Souvent l'artiste indique le caractère de la sentence : elle a été favorable, l'âme est représentée comme orante, c'est-à-dire en possession du ciel où elle prie pour les siens. Le rouleau ou le livre qu'on voit entre les mains du Sauveur ou placé devant le trône dans une corbeille, symbolise la sainte écriture, qui renferme la règle de vie pour chaque chrétien.

b) Le jugement général. — L'idée de représenter le jugement général est de date postérieure. D'aucuns ont voulu voir une représentation de la séparation des lirebis d'avec les boucs, à la crypte dite délie peccorelle, à Saint-Cal liste. De Hnssi, Roma soit., t. II, ail. agg. A. Ils

ont tort, d'après Wilpert, Malereien der Sacramentskapellen, p. 'il 16. Cette séparation esl représentée, d'après l'ératé, o/). cit., p. 320 et li^. 184, par un couvercle de

sarcophage de la collection Strogonof, a lin Garrucci)

tabl. 301, 3. Cf. Wilpert, Zeitschrift f. kath. Théologie,

Ain CHRÉTIEN PRIMITIF

p, 174 iq. Elle l'était également, selon saint Paulin de Noli lui, 17, P. /.., t. i.xi, col.

dans sa petite basilique de I undi, et on la % « » 1 1 en

iiil lnii a Saint Apollinaire-le-Neuf, a Ravenne.

, tab. 284, 1. Sur la terra colla de la bibliothèque

Darberini R mi . Garrucci, tab. 165, 8, et mieux, dan-

Aii /,, u,i. Ehrengabe tu/m ro, Geburlttage de HossU,

!>02. p. 1-8, le sujet n'est pas moins clair. Le Christ ju^«-.

ii i lire, entre sii apôtres, pareillement

rticulant, Matth., xix. 28; en J>as, la foule n \ par une grille ; autour le mol difficile à lire : vie \to\ n [ta], La punition et la récompense j Boni ^> i ji i».j i j p n des instruments de supplice et par des sacs d'argent t> i-. que les empereurs en jetaient quelquefois au peuple, par exemple, dans un bas-relief de l'arc de Constantin. La nature de cette récompense est indiquée par la croix et par le monogramme du Christ qui ornent Les L'idée «lu jugement est encore exprimée dans VElinia- Bia, riiTOiu.ao'faTO'jOpdvov, Ps. i.xxxvm, 15; Eph., VI, 15, qui n'est autre que la représentation d'un trône sur lequel sont placés les emblèmes du Seigneur. Elle apparaît pour la première fois sur un sarcophage de Tusculuni. Bullett., 1872, p. 123 sq., où on voit sur le trône le % entouré d'une couronne, Matth., xxiv, 30, et sur une pierre gravée, du ivc siècle, à Berlin, C. I. Gr. n. 9080, où l'inscription IX i» (;./0J;) avec les monogrammes PAT[Xoç] et 2AY [Xoç] et une étoile ('.'(entourée d'une couronne indiqueraient le sens de la figure. Cette explication de M. de Hossi n'est pas admise par tous. Des représentations analogues se trouvent sur des mosaïques, par exemple, à Sainte-Marie-Majeure, Garrucci, tab. 211, et au baptistère il< Sainte-Marie in Cosmedin, à Ravenne, Garrucci, tab. 251, où le trône est placé entre les deux apôtres Pierre et Paul. Ainsi l'art chrétien primitif ne représente que des idées assez vagues du jugement général.

Wilpert, dans Ou mpte rendu du 1 1' Congrès scientifique internat. ilr.< catholiques, 1891, sect. historique, p. CC-G8 : Kiaus, op. cit., t. i, p. 201-203; M., Die Wandgemâlde inderS. Georgsl zu Oberzell, Fribourg-en-Brtsgan, 1884, p. 15-22; Springer, Vus jùngste Gericht, dans Repertorium fur Kunaturiasenschaft, I 84, t. vu, p. 375-404; Voss, Dus jiingste Gericht in d>-r bitdenden Kunsl des /< iihen Mutelalters, Leipzig, 1884; .1 Die Darstellung des Weltgerichtes bis auf MicheUmgelo, Berlin, ls83; Durand, Élude sur l'Étimasia, symbole du dernier, Chartres, 18C7.

4. Le purgatoire cl l'enfer. — Les anciens monuments artistiques n'y font aucune allusion directe. Cela ne doit étonner personne. Interprète des sentiments d'allégresse qui, selon l'apôtre, douent animer les fidèles, l'art chrétien repousse toute représentation de caractère effrayant et lugubre. Il ne retrace ni les scènes de la passion, ni les martyres, ni les épouvantes de l'enfer : le contraste avec l'art païen et avec celui du moyen âge est manifeste.

5. Le ciel et ses joies. — o) Le jardin céleste. — Certaines inscriptions, par exemple, Rôm. Quartalschrift, 1888, t. n. p, 3i2; de Ro--i. Ine. christ., t. i. p. 111. n. 317, plusieurs actes de martyrs, par exemple, la passio s. Perpétua, c. iv, et quelques textes liturgiques,

ludot, Lit. orient., t. l, p. 73, nous permettent de penser que les premiers chrétiens se figuraient le bonheur éternel sous le symbole d'un jardin délicieux, avec des plantes, des rieurs, des arbres, des oiseaux et di Dans l'art chrétien, le jardin est représente de di manières. Mais les accessoires changent souvent, [ci, le Bon Pasteur qui y porte la brebis, symbole di

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