‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 3)Chapitre 266 sur 338 · I, c. xxv, n. 16, ibid., col. 1330 : Si enitn Deus est · texte numérisé non relu

I, c. xxv, n. 16, ibid., col. 1330 : Si enitn Deus est

mum /m m mis lu m m n ,. . . sequitur profecto quoniam

SI M Ml M BONI M VPPETERE EST BENE VIVERB, Ul mliil sil

Te quant toto corde, iota anima, iota mente l> • Dieu c'est aimer Dieu,

selon ce moi profond 'lu i r n CCCXXXIV, n. 3, /'. /..,

t. xxxvm. roi. Ii69 : //n, est Deum gratis amarr, Je Itr,, henni sperme: et encore, sermon CCCXXXI, n. 4, ibid., col. 146! : Gratis amate, se su lu m ni) illo deiiderate. Nous i avouon i es formules el d'autres sans nombre favorisent en appari nce cette théorie, mais en réalité la

doctrine de l'évéq l'Hippone pi intre cette

étroite inti rpré talion. Il enseigne, il est vrai, que la

volonté- ne pourrait aimer Dieu, si Dieu n'était son seul et vrai Bien, c'est-à-dire son Dieu, source et fin de son être. Il est vrai encore qu'il nous présente souvent, comme objet de notre amour. Dieu béatitude suprême de l'homme. Mais cela tient à sa conception profonde des rapports de l'âme et de Dieu. Pour lui tout dans le monde est venu d'un acte d'amour de Dieu créateur. Tout doit revenir à Dieu fin suprême par un acte d'amour créé. C'est le sens de la parole célèbre : Non colitur ille nisi amando, Epist., cxl, ad Honor., c. xvm, n. 45, P. L., t. xxxm, col. 557; et dans Epist., clv, ad Macedon., c. iv, n. 13, ibid., col. 672 : Imus aident (ad Deum) non ambulando, sed amando. Cf. Martin, Doctrine spirit. de S. Augustin, Paris, 1901, p. 201. Or pour diriger ce mouvement de retour vers Dieu, Augustin devait présenter Dieu et les perfections divines dans leur rapport avec l'âme qui doit se mettre en marche. Dieu lui sera donc montré comme la fin, le terme, le repos, la béatitude. Fecisti nos ad te, etc. Mais on ne doit pas oublier les principes de la théorie augustinienne : d'une part, Dieu n'est notre béatitude que parce qu'il est Dieu, et l'aimer comme source de notre bonheur c'est aimer et glorifier toutes ses perfections infinies; c'est le sens de cette profonde parole, De morib. Eccles., 1. I, c. XXVI, n. 48, P. L., t. xxxn, col. 1331 : Quod (summum bonum) sinilaliud est quant Deus,... quis cunctari potest, qiiin sese amet, qui amator est Dei:' D'autre part, Dieu est la fin dernière de tout, de notre bonheur final comme de notre vertu sur la terre, et notre béatitude elle-même doit tendre à Lui en le glorifiant. C'est le sens profond des formules augustiniennes sur Dieu, fin de tout, dont il est permis de jouir, non d'user. Dans les élus la joie de posséder Dieu n'existerait plus, si cette joie s'arrêtait égoïstement à elle-même et ne revenait à Dieu comme le plus beau cantique à sa gloire. Voilà la pensée d'Augustin. Tandis que nous séparons dans nos conceptions ces deux choses, le bonheur des ('lus et la gloire de Dieu, il les contemplait dans leur admirable unité, et nous demandant d'aimer Dieu source de notre béatitude, il n'oubliait pas que cette béatitude, pour exister, doit être rapportée comme tout le reste à Celui qui est la fin suprême des êtres : charitatem voco, dit-il, niiitum animi ad fruendum Deo PROPTER IPSUM el se et proximo PROPTER Deum. De dort, christ., 1. III, c. x, n. 16, P. L., t. xxxiv, col. 72. La parole de Leibnitz cherchant à concilier Bossuet avec Fénelon : « Aimer,... c'est trouver son bonheur dans la félicité d'un autre, o n nuire es! feiieilate allerius deleelari (I. élire à Magliabecci, juin 1098, peu avant la condamnation de Fénelon) se vérifie dans le bonheur des élus; ils sont heureux de la félicité, de la gloire de Dieu, el eu particulier de ce que leur bonheur est une nouvelle manifestation de cette gloire divine.

3° Lois particulières de la morale. — I. Lui directrice de In conscience dans les eus douteux. — On a souvent cité contre le probabilisme le 1. III Cont, iieml., c. xvi, n. 35-36, P. L-, t. xxxn, col. 952. mais à tort : ce texte réfute seulement le système des académiciens, et prouve qu'il n'est point permis de commettre meurtres et adultères, sous prétexte que certains hommes n'y ont point vu de crime; il ne traite pas la question actuelle. Augustin serait plutôt favorable au probabilisme, dans Epist., xi. vu, ad Publicolam, n. i, /'. L., t. xxxm, col. 186 : à propos des idolothytes, il permet, dans le doute, d'user de sa liberté.

2. Morale individuelle, Augustin parait plutôt sévère clans ses décisions. Ainsi, dans la lettre Xl.vil, déjà citée, il ne permet point de donner la mort à un injuste agresseur, pour sauver ses biens, ou même sa vie.

Ibid., col. 186. Cf. De lib. arb., I. I, c. v, n. 13, /». /.., t. xxxn, col. 1228. Il a justemenl réprouvé tout mensonge, même officieux, Cont. niend., c. xv.Le culte des saints el d par lui de toutes les accu-

Ai «,! STIN SAINT)

nsd'idolAtrie. Voircol. 1221. Rien de pluspn réfutation de Faustus Cont. Faust.,). XX, c. xxi, P. L., t, xun ' '" islianus menioriat n

.,,-, /, forât mitationem, et

„', ,,,, , algue orationibut adju-

. ted ipsi /; „,„, ; uamvt* in memoriis martyrum, cm

[a. La prière pour les morts est solennellement enseignée. Cf. />.-.»"< vr" morluis, voir

j;ni. on connaît la page immortelle des '.'<.„ I. IX. c. mi-mu, n. -j'.t-: i(i, /'. /... i. xxxn. col. 776-778, où il demande qu'on offre pour sa mère des prières et le sacrifice eucharistique. Tels sont, en effet, avec l'au- . les nu. \,n- principaux de soulager les défunts. Serm., clxxii, ccxxxix, /'. /.., t. xxxvin, col. 096

1127-1130, de Toujours il ajoute que ceux-là seuls sont

ain-i soulagés, qui pendant la vie ont mérité que les suffrages 'le l'Église pussent leur être appliqués.

8. Morale sociale. — Augustin proclame le caractère éminemment sociable île l'homme et distingue les trois sociétés dont il fait partie : la famille [domus), la patrie (civitas), Vhvmanité. Dr civil., 1. MX. c. xii, /'. /.., i. xi. i, col. (5:38 sq. La fraternité humaine, célébrée par les païens eux-mêmes, se resserre par « l'espérance «lu même héritage céleste d. Epist., cxv, ad Uacedonium, c. îv. /'. L., t. xxxiii, col. t'il-1.

a) Dans la famille, il proclame l'émancipation chrétienne de la femme : sans doute elle est >uu ■ à

l'autorité du mari, Quœst. m Hept., I. I. q- cuil, P. L., t. xxxiv, col. 590, mais elle a désormais les mêmes droits matrimoniaux que lui. Cf. De conjugiis adull., 1. II; De bono conjug., P. L., t. XL, col. 471 sq., 373 sq.

b) Dans la société civile, le droit de propriété dérive du droit divin, toute richesse étant un moyen donné par Dieu de remplir notre destinée. Dans la société, l'exercice de ce droit est sanctionné par le droit humain ou la loi civile : c'est tout ce qu'a voulu dire Augustin dans un passage mal compris du tr. VI, ht Joa., n. -l'\r- 26, P. L., t. xxxv, col. 1436. Il est inconcevable que des écrivains comme Barbeyrac, le traducteur de Puffendorf, et Nourrisson, ouv. cité, t. n, p. ÎOI. suivant en cela Wiclef, Dr civili dominio, 1. I, n. 5, Londres, ISS.",, p. 5, lui aient attribué un « abominai. le 9 communisme théocratique, d'après lequel seul le chrétien fidèle à Dieu serait propriétaire du monde entier et l'infidèle ou simplement le pécheur aurait perdu tout droit. Us font allusion à la lettre t. lui a Mae. donius, n. '2(1. /'. /... t. xxxiii, col. Mo, où il est dit : (hune igitttr quod maie possidetur, alienum est, maie aident poss

qui maie Ulitur. .Mais la suite même du texte indique évidemment que c'est là une de ces exagérations toires, trop fréquentes chez le docteur africain, et même, disons-le, un malheureux jeu de mots roulant sur le double sens de maie possidere. Augustin ajoute qu'il faut s'en tenir aux lois civiles qui laissent aux méchants leur propriété'. D'ailleurs, en cent endroits il enseigne

explicitement que Dieu donne les biens terrestres aux

m. .hauts comme aux bons. Serm., CCCXI, c. xni-x\. P. /.., t. xxxviii. col. 1418; eec.xvii. n. 1. ibul., col. 145b: !<(><■ dot bonis cl malis; Epitt., ccxi Bonif., n. 10, P. L., t. xxxn, col. 996 Ne putentur u,ala, dantur et bonis, ne putentur magna tel sumnia botta, dan.tur et malis.

, , Quant a l'esclavage, Augustin, sans en proclamer l'abolition qui n'était point encore préparée dans les mœurs le déclare contraire a la nature primitive «le l'homme, De civit., I. XIX. c. x\. /'. L., t. ml col.643, et ajoute: j Ce n'esl pas le travail qui dégrade l'esclave, c'esl !«• péché, i H exige qu'on traite les esclaves avec douceur, comme «l«'s membres «b' la famille humaine: il applaudil a leur émancipation, S ni, ''. /...

t xxxvni, col. ii'i sq.; il les appelle a la vraie noblesse

de la vi.- monastique. S'-mi., CCCLXI, P. L., t. XXXIX, col. 1599 iq.

d Dana la «binai. de Vautorité du prince

el de lob. i- ..m . .1

Saint Augustin, «te.. Loi -.'..admire

.,-., , raison I.. ition «I Augustin. II

proclame pour i loi de la justice :

>aiis elle. <|ue sont b- -mon de

grands brigandage! D '< I V, c iv, P. L,

t. xi.i, i«.l. 11."). Le prince doil gouverner pour le public, ibid., c. m. col. 111: nulle loi n'oblige si elle m- découle de la loi éternelle '-■• I- 1, c. xv,

y. L., t. xxxii, col. 1238; De civit., I. XIX. c. xxi, /'. /.., t. xli, col. 648; De vera rel., c. xxxi. /'. /.., t. xxxiv, col. 148. — Le bien social est tellement la loi suprême que, dans le I. I Dr i<b. arb., c. vi. n. I», /'. /.., t. xxxiii. col. 1129, il permet, si le bien public l'exige, de changer b- gouvernement établi, et de ren- . r» r un.- démocratie injuste et violente pour établir un pouvoir aristocratique ou monarchique. Le soldat n .i poinl a examiner -i la guern est injuste, il doit

Obéir, ('■■nit. Faust, mai,., 1. XXII, C. LXXV, /'. L.,

t. XI. II. Col. 148.

e) Quant aux relations entre l'Église et l'État, Augustin proclame que partout où les lois il les

droits de la conscience, 1 Eglise ou la cit.- « s'inquiète aucunement des diversités qui se trouvent dans bs moeurs, les lois ou les institutions... EUi retranche rien, n'y détruit rien, elle conserve au traire cet ordre Social et s'y conforme. Decil .«"., I. MX. c. xvu, /'. L., t. xi. i. cl. 610. Mais s'il affirme les droits de l'autorité civile dans sa sphère, il maintient au-st l'indépendance de la conscience en face du prince qui envahit le domaine de la foi : « prétendre que la li! chrétienne affranchit de l'obéissance au prince, une erreur ; mais Terreur est plus grande encore de croire que l'on peut soumettre sa foi à l'autorité du magistrat civil. » Ejc/ios. quar. propos, ea Epist. ad Bout., expos, lxxii, P. L., t. xxxv. col. 20G

V Les divers degrés dans la perfection morale du chrétien. — i. En général, Augustin établit une hiérarchie morale de méril - Ao iv* siècle, les idées stoïciennes avaient envahi certains espri! à la suite de Jovinien. plusieurs niaient avec plus on moins de franchise, toute inégalité dans le bien comme dans le mal. L'homme est vertueux ou criminel, mais impossible d'établir des degrés dans b- crime ou dans la vertu. Cela paraîtrait incroyable si aujourd'hui encore les protestants et avec eus beaucoup de n.: listes ne soutenaient ce paradoxe. Or, c est le mérite de saint Augustin d'avoir, avec plus de précision qui prédécesseurs, expliqué sous tous ses aspects ce que Harnack appelle «. l'échelle i «le la vertu et du vice. Lehrb.der Dogmengesch., 3» édit.,t. m. p. 217. Ce savant critique a fort justement remarqué que c'est la un des points saillants «le son catholicisme . et il énumèra tr.s exactement les quatre aspects principaux de la question, qui tous manifestent l'opposition absolue du système protestant et «lu système augustinien.

.i l.a distinction entre les préceptes et les conseils — les premiers ne pouvant être violés sans péchi seils étant seulement œuvre «le subrogation — a . lé nettement expliquée dans les C .1 XII. c. xix,

n -Ji. 1'. 1... t. XXXII, col. 8.V>. en s 'appuyant sur Malth.. xix, 21 : si vis perfectus esse ; dans .' .i

xiv. n. 1 1. P. /... t. xl, col. io-2 (COU taire de 1 Cor., vu, -"> : )■>■;! cejituiii Domininon hal dans Epist., clvii, n. 36-37, /'. /... t. xxxiii. col 692, où «st réfutée l'erreur pélagienne imposant comme un précepte la pauvreté- volontaire. Dans le De mon.. C. XVI, II. 19, /'. I. . t. IX, col. .V>i. l'état religieux est app.b cetsioi tanctitatis gradus. b) Une distinction plus nette et plus i

AUGUSTIN (SAINT

chés mortels et des péchés véniels est due ('gaiement à l'évèque d'Hippone. Jusqu'à lui un grand vague règne chez les meilleurs auteurs: ils appellent souvent véniels des péchés en réalité fort graves, mais dont l'Église ne retardait point le pardon jusqu'à la mort. L'auteur du Liber (pseudo-august., voir col. 2309) de vera et falsa pœnit., c. xvm, n. 34, P. L., t. XL, col. 1128, dira encore plus tard : quœdam peccata sunt morlalia et in pxnitentia fiant venialia. Cf. S. Ambroise, De parad., c. xiv, n. 71, P. L., t. xiv, col. 310. Mais Augustin établit très nettement une démarcation absolue entre les péchés véniels et mortels, selon qu'ils méritent ou non l'enfer éternel. Ainsi dans le Spéculum, à propos des Actes des apôtres, P. L.,t. xxxiv, col. 994, édit. Weihrich, Corpus de Vienne, t. xn, p. 199, il réfute l'erreur persistante encore qui limitait les péchés mortels aux trois crimes canoniques, et il ajoute : quasi non sint mortifera, qusecunque alia sunt prseler hsec tria, qvje a re- GNO dei séparant; aut inaniter.. . dictant sit : neque fures, neque avari, neque ebriosi, neque maledici, neque rapaces regnum Dei possidebunt. Voilà, d'après Augustin, les péchés mortels (letalia, mortifera, crimina) dans le sens et l'extension de la théologie moderne.

Les péchés véniels au contraire (il les appelle aussi levia, quotidiana) sont compatibles avec la grâce, la sainteté et le droit au ciel : ce sont ces fautes de chaque jour dont le pardon est obtenu par la prière, tandis que les mortels exigent la réconciliation par l'Église. Enchirid., c. i.xix-i.xxr, P. L., t. XL, col. 265; De symb. ail cal., c. vu, n. 15, ibid., col. 1136 : sunt venialia, sine quibus cita isla non est; De fide et oper., c. xxvi, ibid., col. 228; De cicit., 1. XIX, c. xxvn, P. L., t. XLI, col. (i.")7; I. XXI, c. xxvi, n. 4, col. 7i8. Les péchés véviels sont représentés, I Cor., m, 15, par le bois et la paille dans l'édifice bâti sur le fondement du Christ. !)<• cicit., 1. XXI, c. xxvi-xxvn, P. L., t. xi.i, col. 743- 752. ('■!■ sonl enfin ces fautes légères que les plus saints ne parviennent point à éviter : lorsque, en effet, Augustin soutient contre les pélagiens que tout homme pèche, il s'agil uniquement de péché véniel. Voir col. 2383; Enchirid., c. i.xxi, loc. cit. ; De civit., 1. XIX, c. xxvi, P. L., t. xli, col. 657.

Les exemples qu'il donne de ces défaillances légères montrent l'accord de sa pensée avec l'enseignement actuel do la théologie, De tint, et gr., n. 15, P. L., t. Xl.iv, col. 268-269: Paulo immoderatius aliquando risit cet animi remissione jocatus est, etc. A cette théorie du péché véniel se rattache la doctrine du purgatoire spécialement développée par saint Augustin, Voir col. 2444.

C) Dans les justes, il y a donc une échelle de degrés

de perfection, comme il y a une hiérarchie d'iniquité

urs; l.i formule célèbre de saint Augustin

tout. De nat. et grat., c. lxx, n. 84, /'. L.,

t. xi. iv, col. 290 : Charitas ergo inchoata, mehoatajuntitiaest; charitas provecta, provecta institut est; chantas magna, magna justifia; charitas perfecta, perfecta justifia est.

d) Il en résulte dans le ciel une hiérarchie de gloire répondant a la hiérarchie des mérites, de même qu'en les châtiments sont proportionnés aux crimes. r., c. xi, /'. /,., t. xi., col. 284: in beatitudine isti uhus alia prsestabilius, m miseria vero Mi alius alio tolerabiliui Umit.

\>. En partù ulier, /,/ doctrine 'le lu rie parfaite et tut religieux, chez saint Augustin, est empreinte d'un ascétisme sage, modérée) pratique. Dans ses éloges «nthou la virginité, voircol. 2304, tout en exal-

tant la supériorité de la continence parfaite, il maintien!

toujours la ainteté d ariage: Non tanquam malo

ini, sed lanquam bono melius,virginitatem nuptiis tmtepo nd-il a Julien. Op. inip., I. IV.

n. 122, /'. L., t. xi.v, col. lils. Sa Règle (\oir plus loin)

est éminemment pratique et le môme caractère éclate dans sa théorie du travail des moitiés. De opère mon., P. L., t. xl, col. 5i9-592. Il se sépare nettement des idées orientales: le génie actif de l'Occident romain se montre heureusement ici pour modifier la conception de la vie monastique et prépare ces grands ordres de moines d'Occident dont l'influence sera si profonde sur tous les théâtres de l'activité intellectuelle et civilisatrice. On trouvera dans les œuvres d'Augustin, une apologie et une explication :«) des veaux en général, Serm., CXLVIII, n. 2, P. L., t. xxxvm, col. 799 ; ccxxiv, n. 3, ibid., col. 1094 ; Epist., cxxvn, n. 6, P. L., t. xxxm, col. 486, etc. ; — b) de l&profession religieuse en général, Epist., CL, ibid., col. 645 (lettre à Démétriade après sa vélation solennelle); — c) de l'obéissance monastique, dans la lettre ccxi, ibid., col. 958-964; De moribus Eccl., 1. I,c. xxxi, n. 67, P. L., t. xxxn, col. 1338 (tableau ravissant des monastères d'Egypte); — d) delà pauvreté évangélique, De opère mon., c. xxv, n. 32, P. L., t. xl, col. 572; dans le sermon ccclvi, n. 8-10, P. L., t. xxxvm, col. 1577, il apparaît comme l'apotre de cette vertu dans son clergé. Mais ici encore, il se garde des excès du rigorisme pélagien proscrivant toute richesse terrestre; le mal, pour un chrétien, n'est pas d'avoir des biens, mais d'en mal user. Cf. De mor. Eccl., c. xxxv, n. 78, P. L., t. xxxn, col. 1343; De serm. Dom. in monte, 1. II, c. xvn, n. 57, P. L., t. xxxiv, col. 1294; Serm., xxxix, n. 3-4, P. L., t. xxxvm, col. 242 : toile superbiam, divilise non nocebunt. Voir col. 2139.

3. Les trois phases de la vie spirituelle: théologie mystique d'Augustin. — Sans entrer dans aucun détail, nous ne pouvons omettre ce fait important : c'est Augustin qui, infusant une sève chrétienne dans les théories néoplatoniciennes sur la purification de l'âme, a introduit, avant le pseudo-Aréopagite, dans l'ascétisme occidental tout un ensemble d'images et de formules dont vit encore notre littérature ascétique. Ainsi la mystique lui doit de distinguer, dans l'ascension de notre âme vers Dieu, trois grandes étapes que l'on a appelées voies ou vies purgative, illuminative, unitive.

a) L'idée dominante est celle d'un progrès nécessaire dans l'effort de l'âme pour contempler Dieu et s'unir à lui. Comme Augustin lui-même, dans les Conf,, 1. XIII, c. IX, P. L., t. xxxn, col. 847, nous devons gravir les ascensions du cour et chanter le cantique des DEGRÉS. Ces degrés, on peut diversement les distinguer. Dans le De quanti tate an., c.xxxin, n. 70 si)., ibid., col. 1073- 1079, Augustin, unissant la division aristotélicienne de nos facultés à la méthode de Platon pour élever l'âme à la contemplation du beau, distinguait sept activités de l'âme ou sept degrés qu'elle doit franchir.

Il les décrit avec un charme ravissant, et les résume en ces termes (n. 79, col. 1079) : a. la vie, b. le sentiment

(vie sensible), c. l'art ( c'est-à-dire la pensée ou vie intellectuelle), d. la vertu (ou effort moral purificateur), e. la tranquillité (calme des passions domptées), f. l'entrée [ingressio, ce mot obscur désigne le regard de l'âme purifiée li\é sur Dieu et cherchant à pénétrer dans le sanctuaire de la divinité'), g. la contemplation (qui est déjà la demeure en lieu qusedam mansio, n. 76). Il exprime encore ces degrés sous cette autre tonne, ibid.: a. île corpore, b. per corpus, c. en-en corpus, </. ml seipsani, e. m seiiisn, (.ml lieuiii. g.apud Deum.

b) Mais pins souvent il omet les premiers degrés pi us philosophiques el réduil l'ascension de lame aux trois opérations qui constituent aujourd'hui les trois \oies de purification, d'illumination, d'union on contemplation, Voir /><' ordine, I. il, e. \xx, n. 50, /'. /.., t. xxxn, col. 1019. — a, La purification, dans la pensée des platoniciens, consistait a séparer l'âme de tout ce qui esteorporel: le corps étant essentiellement la souillure et la prison de l'âme, devail cire exclu de la vie future. Voir col. 2331. Mais dans le sens plus chrétien d'Augustin,

Qïi.T

AUGUSTIN SAIN

purifier le cœur, c'est y détrulri i iraour de tonte antre chose que l âme el 1 1 de toul i e qui ■ ml ii pi rissable. Cf. /' i red., c. xxi, n. 34, /'. /.., i. xi.ii, col. 89; Solil., I. I, c. vi, n. 12-13, P, /... t. xxxii, col. 875-876; h- div. q\ i Kxxm, q. xlvi, ii. 2, /'. /... t. xl, ii. 30. —h. L'illuminât Ii igné directement, avec l'effort intense pour

fixer li i m- Dieu, I lenl de la

lumii plus en plus i laire de la Beauté

indirectement el par conséquence, c'esl li rapprochement de plus en plus intime de notre ame Dieu par les vertus, surtout par les trois vertus Ce rapport très platonicien entre la lu el la vertu nous étonne aujourd'hui. Augustin I 'a expliqué dans un profond passage des Soliloques, I. 1, c. vi, n. 13, ibid.: aspectus anima, ratio est: ted quia sequilur ut m, nus qui aspicit videat, aspecti s rb Ai'.'i i: perfectus, id est quem uisio sequilur, virtus vocatur ; est enini virtus oel recta vel perfecta ratio. Et il poursuit en montrant le rôle de la foi, de l'espérance et de la charité pour fixer le regard de l'âme sur la lumière divine. On comprend mieux par là pourquoi le baptême, couronnant la purification par la lumière di la foi. s'appelait ['illumination. — c. L'union avec Dieu, « le l'ère de la Vérité, s De ord., 1. II, n. 51, devient de plus en plus intime dans la lumière de la contemplation: « c'est comme la demeure de l'âme en Dieu: et alors quels transports! quelle jouissance du Bien suprême et seul véritable! quels souffles de l'éternelle sérénité! Qui puis-je en raconter? Elles ont révélé ces merveilles, autant du moins qu'elles l'ont cru convenable, ces âmes grandes et incomparables que nous savons les avoir vues et les contempler encore. » De quantit. an., c. xxxiii. n. 11, P. L., t. xxxn, col. 1070. Le récit de l'ineffable entrelien d'Ostie entre Augustin et Monique nous donne à la fois, de cet état sublime, la théorie et un exemple d'un charme tout idéal. Confess., 1. IX, c. x, P. L., t. xxxiii. col. 773-77"). Cf. Nourrisson, ouïr, cité, t. 1,

c) On a comparé dans ces derniers temps l'action exercée par Augustin à celle du pseudo-Denys l'Àréopagite. Ritschl le premier, dans son étude, Die Méthode der âltesten Dogmengeschichte [Jahrbuch fur deutsche Théologie, 1871), émit cette idée que le pseudo-Aréopagite en Orient, et Augustin en Occident avaient exercé une action parallèle, imprimant tous deux un cachet d'ecclésiasticisntc plus cultuel chez Denys, plus moral chez l'évêque d'Hippone. A cette appréciation, Harnack, Lchrbuch der Dogmengesch., t. ni. p. 1 20, met cette réserve, que tous diu\. loin de modifier le catholicisme vulgaire, ont subi les impulsions qui, avant eux, s'exerçaient dans les deux Eglises. Ajoutons que. dans la seule sphère de la théologie mystique, Augustin a sur le pseudo-Denys la triple supériorité du génie occidental : a. Supériorité d'une doctrine sûre et sans équivoques: dans la description de l'union divine il sauvegarde nettement la distinction de l'âme et de Itieu. tandis que parfois chez l'écrivain oriental, comme chez IMotin.on craint devoir l'âme absorbée dans l'unité' pure qui est Dieu. — b. Supériorité' de la précision et de la clarté: il ne forge pas des termes ampoulés el une langue prétentieuse où

Ja pensée se perd dans les nuages. — c. Caractère plus profondément moral, ainsi que le remarque Harnack. Pre'i is de l'hist. des dogmes, trad, franc., p. -71 : pour lui, la vie ascétique doit être une vie spirituelle et un

ellort pour la vertu: il ne se laisse absorber ni par les

pratiques extérieures d'un ascétisme trop matériel, ni par je ne sais quelles rêveries mystiques qui préparent

les folies du quiétisme.

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