IX. CONCLUSION : CARACTÉRISTIQUE DU GÉNIE DE
saint Augustin. — Les critiques ont souvent recherché la qualité dominante d'Augustin, celle qui caractérise mieux son œuvre et explique son action fascinatrice sur la postérité. Et ils ont envisagé tour à tour les divers aspects de ce grand génie. Les uns ont été frappés surtout de la profondeur et de l'originalité de ses conceptions: Augustin est pour eux le grand semeur d'idées dont vivront les esprits de l'avenir. D'autres, avec Jungmann et Stôckl, ont loué en lui la merveilleuse harmonie de toutes les qualités supérieures de l'esprit, ou encore l'universalité et l'étendue de sa doctrine : « Dans le grand docteur africain, dit le R. P. Zahm, Bible, science et foi, p. 56, il semble que nous trouvions unis et combinés la dialectique puissante et pénétrante de Platon, les profondes conceptions scientifiques d'Aristote, le savoir et la souplesse d'esprit d'Origène, la grâce et l'éloquence de Basile et de Chrysostome. Soit qu'on le considère comme philosophe, comme théologien ou comme exégète... il nous apparaît toujours admirable... et le maître incontesté de tous les siècles. » Ph. Schaff, Saint Augustin, etc., 1886, n. 97, admire surtout « l'union si rare du talent spéculatif des Grecs, avec, l'esprit éminemment pratique de l'Église latine : union qui ne s'est réalisée à un degré si éminent qu'en lui seul ». Dans tous ces .jugements il y a une large part de vérité : mais le caractère dominant du génie d'Augustin et le vrai secret de son action, c'est, croyons-nous, dans son cœur qu'il faut le chercher, dans son coeur pénétrant et animant de la plus chaude passion les plus hautes spéculations d'un profond esprit. Au fond, c'est l'appréciation générale et traditionnelle que nous exprimons, puisqu'on a toujours attribué à Augustin pour emblème un co'ur, comme à Thomas d'Aquin un soleil. Md' Bougaud, Vie de sainte Monique, 1879, p. i97, traduisait ainsi ce symbole : « Jamais homme n'a uni dans une même âme une si inflexible rigueur de logique avec une telle tendresse œur. » C'est aussi le jugement de llarnack, de Bôhringer, de Nourrisson, de Storz, etc. Une courte analyse de cet amour d'Augustin pour la vérité nous donnera la clef de son œuvre et de son inlluence.
1' Caractères de la passion d'A ugustin pour la ve'rité. — I. L'admirable fusion d'un profond intellectualisme avec un mysticisme éclairé, tel est donc le trait caractéristique d'Augustin. La vérité n'est point pour lui seulement un spectacle à contempler : c'est un bien qu'il faut s'approprier : il faut l'aimer et en vivre. 0 récitas, veritas! quant intime etiam tum medulla animi mei rai, mu i,i,i. Confess., 1. 111, c. vi, n. 10, P. L., t. xxxii, col. 689. Le génie d'Augustin, c'est ce don merveilleux d'embrasser la vérité par toutes les fibres de son âme, non par le cœur seulement, le coeur ne pense pas, non par l'esprit isolé', il ne saisit que la véibstraite el Cl e morte; Augustin cherche la ve'rité- vivante : même quand il combat certaines idées oniciennes, il est de la famille de Platon, non d'Aristote. Par là sans doute il est de tons les temps parce qu'il communique avec toutes les âmes, mais il irtoui moderne: car chez lui la doctrine n'est pas la froide lumière de l'École; elle est vivante el pénétrée de sentiment personnel. La religion n'est pas une simple théorie, le christianisme une série de dogmes : il nssi une vie, comme on dit aujourd'hui, ou plus exactement, une source de vie.
Qu'on ne •• \ trompe pas cependant : Augustin n'esl point un sentimental, impur mystique, et le cœur seul n'explique point sa puissance. Si che2 lui l'intelle lisme sec et froid des métaphysiciens fait place à une visi,,n passionnée de la vérité, celte vision est le fond de tout, il n'a jamais connu ce mysticisme vaporeux de
notre temps qui se laisse bercer par un sentimentalisme vague et sans objet. Pour lui, l'émotion est profonde, vive, saisissante, précisément parce qu'elle naît d'un dogmatisme ferme, sûr, précis, qui veut savoir ce qu'il aime et pourquoi il aime. Le christianisme est une vie, mais une vie dans la vérité éternelle et immuable. Et si nul Père n'a mis, autant qu'Augustin, son cœur dans ses écrits, nul aussi n'a fixé sur la vérité le regard d'un esprit plus lucide et plus profond.
2. La vérité qui passionne Augustin, c'est Dieu luimême. — 11 n'est point épris en eflet de cette curiosité qui aime seulement la connaissance de la vérité, c'est la vérité elle-même qu'il désire posséder pour en vivre; non pas telle ou telle vérité, mais la vérité unique et totale dans laquelle se résolvent tous les problèmes sur le fond des choses : il cherche l'Être, le Vrai, le Bien qui embrasse et explique tout, c'est-à-dire Dieu. Il aspire sans cesse ad Deum, id est veritalem... quœ intellectu et interiore mente capilur, qusesemper manet. De dir. quœst. lxxxiii, q. ix. P. L., t. xl, col. 14. Verus philosophus est amator Dei, s'écrie-t-il. De civil., I. VIII, c. \,P. L., t. xli, col. 225. Aussi toute sa doctrine est-elle essentiellement théologique. Voir col. 2322. Mais le Dieu d'Augustin n'est point le Dieu froid et abstrait, objet des patientes analyses de la scolaslique : c'est le Dieu vivant qu'il cherche, et il aime chacun de ses attributs, même les plus abstraits, comme un aspect de la vie divine dans ses rapports avec notre âme. Il se passionne pour l'éternité : car l'éternité de Dieu, c'est pour lui une pensée divine et un amour divin penchés avant tous les siècles sur le temps, ce berceau qui portera nos vies. Pour Augustin, Dieu lui-même est la patrie de l'âme et ce mot explique le dialogue célèbre : « Que désires-tu connaître? — Dieu et l'âme. — Bien de plus? — Non, absolument rien. » Solil., 1. I, c. n, n. 7, P. L., t. xxxn, col. 872.
Les autres Pères ont exalté la majesté et la puissance du créateur. Augustin, le premier, est séduit par la beauté de £leu; rapiebar ad le décore luo. Confess., I. VII, c. xvn, n. 2IÎ, P. L., t. xxxn, col. 774. Nul homme n'a jamais écrit sur ce sujet des pages aussi enflammées. Cette beauté toujours ancienneet toujours nouvelle inspire les ravissantes élévations des Soliloques, et les cris passionnés des Confessions. « -le vis alors en esprit, 6 mon Dieu, vos invisibles beautés dans les choses visibles que vous avez tirées du néant. » Et après la contemplation, son âme en garde pour la vie un souvenir embrasé d'amour : redditas solitis non meum ferebam nisi amantem tnemoriam, etc. Confess., ibid. Aux autres esprits le spectacle du monde révèle {'existence de Mien : mais lui, dans ce sublime appel à toutes les créatures, c'est sur sa beauté qu'il les interroge, et leur réponse estime invitation à l'aimer : SP.d el cselum el terra et oninia quœ in eis sunt, erre undique mihi dicunt ut teamem. Confess., I. X, c. xv, n. 8, ibid., eol. 782. « Et pour les interroger, ajoute-t-il, je n'ai eu qu'à les regarder : leur beauté a été leur réponse. » Ibid., col. 783.
■'1. Le caractère de celle passion d'A UÇUStin u'esl point
h, violence, mois une tendresse conwiunicative, — Ter-
tullien, lui aussi, avec sa chaude nature africaine, se passionne pour la vérité. Mais, outre que son horizon est autrement borné, chez lui la passion est tyrannique,
elle veut imposer le joug de force, et. manquant de
mesure, elle s'égare misérablement, ('lie/. Augustin, i'si aussi ardente, mais d'une ardeur toute pénétrée île tendresse | r Dieu et les âmes : son exquise
délicatesse ressent tour à tour el fait (''prouver les émotions les plus intimes : de là l'irrésistible effet des Confessions.
Un penseur protestant, Feuerlein, a mis en saillie avec exagération, il est vrai, et en laissant dans l'ombre la merveilleuse puissance de son intelligence) cette sen-
Al GUS1 IN SAINT)
sibilité oicini i-«- d'Augustin, ce qu'il appelle i les éléments féminins • de son génù II s •'' :"11''1' chose qu'un hasard ou un accident, dit-il, dans le rôle exceptionnel qui est échu à sa unir Monique dans --un évolution intellectuelle. C'esl là le cachet qui le distingue
itiellemi ni de Luther, dont on .1 pu dire : Tout eu lui esl un homme. 1 Ueberdie Stellung Augustin der Kirchen-und Kulturgeschichte, dans ttistorische
■ AriftdcSybel, 1869, t. xxu.p. 270-313. EtSchlo cité par Feuerlein, ibid., p. 281, n'a pas craint de dir< qu'il \ ;i plus de vraie poésie dans ses œuvres que dans tous les écrits des Pères grecs. Il esl du moins incontestable que nul penseur n a fait couler ni tant de larmes ni des larmes plus saintes.
2° <.v caractère du génie d'Augustin explique son œuvre doctrinale. — 1. Les dogues chrétiens sont moins envisagés en eux-mêmes el '1 une façon spéculative, que dans leurs rapports avec l'âme el les grands devoirs de la vie chrétienne. Ainsi seulement s'explique sa division de la théologie, à première vue si étrange, dans VEnchiridion : il ramène toute la doctrine chrétienne aux trois vertus théologales : c'est qu'il considère dans les mystères les diverses activités de l'âme qui doivent en Vivre. De même, il est très bref dans I exposé des mystères divins, et développe à loisir les dogmes anthropologiques du péché et de la grâce. Le point de dépari de ces recherches dans toutes ses premières œuvres, ainsi que l'a très bien remarqué Eucken, Die Lebensanschauungen der grossen Denker, 'r édit., l(J0-2, p. 211, trad. franc, dans Ann. de phil. chrét., t. xi., p. 009, est essentiellement humain, psychologique : c'est le bonheur, le fecisti 710s ad te, et irrequietum est car, etc., des Confessions. Voir le De beata vita. Et il en est ainsi partout : dans la Trinité, abrégeant les subtilités des Pères grecs, il contemple de préférence la vie intérieure de la divinité comme un mouvement de l'Etre qui est d'abord toute-puissance, puis connaissance et enfin amour. Dans l'Incarnation, il donne la plus large part au côté moral, au triomphe de l'humilité. Voir col. 2372-2373.
i?. De là aussi, dans l'œuvre d'Augustin, un cachet, jusque-là inconnu, de personnalité vivante qui se trahit partout. 11 inaugure cette littérature ou l'individualité
de l'auteur se révèle dans les matière- les plus abstraites. « Chez lui, dit encore Eucken, op. cit., p. "210, l'évolution de la pensée est, à un degré proéminent, l'expression de la personnalité- : c'est même la vie personnelle, se manifestant directement, sans intermédiaire. 1 Les Confessions en sont un exemple inimitable, tiarnack,
Précis de VhiSt. des dur/mes. p. i">(i. admire à ce pi chez le docteur africain, le don exquis de l'observation psychologique et une facilité entraînante pour peindre ses observations intimes : ce talent, dit-il, est le secret tout à la fois de son originalité et de sa grandeur.
3. C'est encore ce caractère qui le distingue des autres docteurs et lui donne sa physionomie propre. Am-
broise, avec son esprit tout romain, est attiré, lui aussi. par le ente pratique des questions; mais il ne s'élève jamais si haut, el ne remue pas aussi profondément le cœur que smi disciple de Milan. Jérôme est plus vanl exégète, mieux armé pour l'érudition scripturaire, il est même plus pur dans son stvle: mais, malgré sa ne impétueuse, le solitaire de Belhléhem est moins
]' ie liant, moins chaud, moins saisissant que son cor-
re pondant d'Hippone. Athanase est aussi subtil dans l'analyse métaphysique des dogmes, mais il ne remue
pas le Cœur et ne s'empare pas île toute l'âme comme
le docteur africain. Origène a eu dans l'Église d'Orient un rôle d'initiateur comparable à celui d'Augustin en
( lee 1 dent ; mais Cette influence, mal heureuse a plus d'un
titre, s'exerçait plutôt dans i,, sphère de l'intelligence spéculative, tandis qu'Augustin, par ses dons du cœur,
a étendu son action bien loin eu dehors du inonde des
théologien';. Bo^uet. celui de tous lee génie* qui lui
mble b- plu- par l'élévation et l'univei salité, lui supérieur par l art el le Roi di il n'a
, tte tendresse d'âme qui séduit; -1 Au. moins foudroyant, il attire davantage et subjugua doucemi nt l esprit
; Vexpliqut le d'Au~
guslin sm- les 1 Elle 1
I union des dons du cour et de l'esprit. Seu spéculatif n agit pas directemi ni sur La foule. I. chrétien, en dehors des théologiens de profession, ne lit pas Thomas d'Aquin. D'autre part, Bans la vu< di un ii du dogme, le mysticisme ne I dès que la raison s • veille et d< tde des m
phores : c'esl le sort du piétisme vague de tous les temps, qu ils reconnaissent le Christ ou non, qu'ils soient prônés par Schleiermacher, par Sabatier ou leur- disciples. Hais au génie d'Augustin, a la fois ■ : de lumière et chaud d 'amour, toute d.le.
et l'Eglise entière, docteurs et fidèles, se Laissa 1 s pén
miment.-. Pins que tout autre critique, A. Harnack admit I cette influence qui
s'exerce sur toute la vie du peuple chrétien. Si Thomas d'Aquin est le docteur di pour
Harnack, l'inspirateur, le n de la ;
chrétienne. Si Thomas inspii
Augustin, outre qu'il a formé Thomas lui-même, inspire la vie intime de l'Eglise, il est l'âme de ' grandes réformes réalisées en son sein. Dans Dos Wesen des Christentunis, 14' leçon. HKKJ, p. 161, trad. fr p. il'A. il montre comment catholiques et protestants vivent de la piété d'Augustin : 1 Le sentiment de la misère du péché' consolée par la confiance. Augustin la exhalé- avec une profondeur d'émotion et des paroles sissantes que nul avant lui n'avait connues; bien plus, par ces conlidences intimes il a atteint si sûrement des millions d'âmes, il a dépeint si exactement leur état intérieur, il a tracé de la conliance une image si vivante et si irrésistible, que ce qu'il a vécu lui-même cesse revécu dans le cours des 1 500 ans qui ont suivi. Jusqu'à nos jours dans le catholicisme, la piété intérieure et vivante, aussi bien que la façon de l'exprimer
t ont été essentiellement augustiniennes : l'âme est toute pénétrée de ses sentiment- on sent comme lui, et l'on
■ repense ses pensées. 11 n'en va pas autrement pour beaucoup de protestants et ce ne sont pas les plus mauvais, i Au-si ceux-là même pour qui le d qu'une relique du passé, proclament que l'influ d'Augustin survivra toujours L Augustin qui doit vivre impérissable, dit Loin inger. op. cit., p. '•">■ ce n'est ni le théologien, ni le l'ère de l'Eglise, ni le champion des luttes ecclésiastiques, c'est le génie religieux d'Augustin qui est immortel. »
2. Cette émotion vraie est aussi L- voile qui dérobe au lecteur certains défauts, ou les fait oublier. I Jamais Augustin, dit Eucken. op. cit., p. 213; trad. fram., p. (il I . n'aurait pu exercer toute l'action qu'il a ev si, en dépit de la rhétorique de l'expression, la plus solue sincérité n'avait ré^ne au fond de son Ame. Harnack. lias Wesen, etc., p. 161. On excuse de même
les redites fréquentes, parce qu'elles sont l'expression
d'un sentiment profond. I Malgré toutes les répétitions,
on sent, dans ses écrits, l'épanchemenl spontané- de l'esprit b- plus hautement doue et du cour le plus pieux, » dit SchatT, op. cit., p. 96.
S. Mais la passion d'Augustin est aussi, il faut l'avouer, la source d'exagérations, <t parfois d'erreurs qui ci un réel danger au lecteur inattentif ou mal dis] tains théologiens, dans leur amour pour saint Augustin, oui voulu tout justifier, tout admirer, le proclamer infaillible. Rien ne pouvait plus nuire a sa gloire qu excès l-i réaction signalée plus haut, i ient
en partie de la. Il faut donc reconnaître que :
AUGUSTIN (SAINT
passion de la vérité fixe trop son attention sur un seul côté d'une question complexe : de là des formules trop absolues, sans correctif, en apparence fausses, tantôt dans un sens, tantôt dans le sens contraire. « Le tempérament oratoire qu'il avait à un si haut degré, dit fort bien L. Becker, dans la Revue d'/iist. eccl. (de Louvain), 15 avril 1902, p. 379, le genre d'élévation qui seyait à sa riche imagination, à son âme aimante, ne sont pas les plus sûrs dans les spéculations de la philosophie. » Les grands docteurs du moyen âge l'avaient bien remarqué' : PLUS ilimi i MINUS volens i ulelligi , dil de lui saint Bonaventure, In /T Sent., 1. II, dist. XXXIII, a. 3, q.i.ad i"'", Quaracchi, 1885, t. Il, p. 794. Cf. S. Thomas, De malo, q. v, a. 2, ad lum. Telle est l'origine des prétendues contradictions qu'on lui prête et des erreurs que lui attribuent les prédestinatiens de tous les temps. On voit ici le rôle des esprits plus froids de la scolastique. Thomas d'Aquin était un correctif nécessaire au docteur d llippone : il est moins grand, moins original, et surtout moins vivant. Mais le calme didactique de son intellectualisme lui permet de corriger, par une critique rigoureuse, les exagérations d'Augustin, de donner aux termes plus de justesse et de précision, de préparer en un mot le dictionnaire grâce auquel on pourra lire le docteur africain sans danger.
Le protestant Ph. Schaff a écrit, op. cil., p. 102 : « Le grand génie de l'Église africaine... de qui le moyen àye et la Réforme ont reçu une impulsion également puissante, mais en des directions si diverses, n'a pas encore achevé l'œuvre qui lui a été assignée par la providence. Il est encore un trait d'union entre les deux seclions opposées de l'Église d'Occident, le catholicisme et le protestantisme, et encourage l'espérance qu'un temps viendra où les discordes du passé seront oubliées dans les suaves harmonies de la parfaite connaissance et du parfait amour. » Puisse ce rêve se réaliser!
I. Études générales sur la doctrine de saint Augustin. — Les plus importantes sont les grands ouvrages, signalés col. 2284, de Tillemont, Oeillier, Schwane, Stock!, et, parmi les protestants, Bindemann, Fried. et Paul Bobringer (malheureusement, les textes d'Augustin sont cités en allemand, et chose incroyable sans r èrence), Dorner, Reuter, Loofs et Harnack. Il
faut ajouter : 1* Les synthèses de la doctrine augustinienne par extraits : Prosper d'Aquitaine, Sententix ex A ugustino delibatas (au nombre de 390), P. L., t. xi.v, col. 1859-181)8; I). Eugyppius (moine africain vers 553), Thésaurus ex Aug. operibus, P. /... t. i-Xlt. col. 5(11-11*8, cl dans le LurpuS de Vienne, t. ix, édit. de P. Kn "II. A| i> - de nombreuses compilations au moyen âge par Isidore de Séville (f 64C), Bède (+733), Raban Maur(f856), le diacre Florus de Lyon (+875), François de Mayronis (-[-1327), Th o atesinS. A ug. de civitate Dei, Toulouse, 1448;
au xiv siècle, Barthélemi Simonis de Carusis, O. S. A., acheva le Mu P. Aug, ordine alphabetico digestum, com-
ment maître Aug. Trionfo, édité i Lusieurs fois, 2 in-fol.
(Lyon, 1555; Paris, 1645) el le i Commentaria tain in V. quatn m A'. T. ex oi tgustini lucubrationibits, 2 in-fol., Baie,
ouvrage protestantisé par un audacieux plagiat du lui).
Jean Gastius, qui se L'attribua, cf. Tlraboschi, Stor. ,i. Lett. ita-
liana, I. II, c. i); Jérôme Terres, s. .!. (Torrensis), Confessio
lib. VI distributa et certis capitibus tucorum
theologicorum,q\ • scitudignissimi,ci mprehensa...,
Dilingen, I ous ce titre : D. Augustinus ro-
dejensor, Vienne, 1747 ; David Lenfant,
O. P., Concordantiee augustinianse, sive collectio omnium
:, sim i ep« iunti ibus S. A m/.
tar Concordantiarum S. Scripturœ, 2 In-fi 1.,
c'est une concordance m baie plutôt m"p * c-
le, très utile poui étudier la tel de saint Augustin ;
udonyme du tbéâtlnGabr. Gualdo), Théo-
mplativa el moratis, 3 ln-lol., Venise, 1737 (i
utile, quoiqu alphabétique). — 2' Les grands tl
discutent ordinairement la pensée de - tin sur
chaque dogme, mais spécialement Vasqui i a R.ulz de Montaya, Contenson, Petau, Thomasain, le cardinal Brancacio de Lauria, o. M., Frassen, Mac txlîi G tti, Berti, Tournely, le troversistes Bellarmin, Stapleton, Walenburcb, et di Franzelin, Palmieii, Scbeeben, Scbanz, Janssens. Dans les l'rx-
lectiones theologicse de Christ. Pesch, 9 in-8% Fribourg-en- Brisgau, 1894 sq., l'index de chaque volume, v Augustinus, renvoie aux divers points de la doctrine augustinienne. Il en est de même de L. Janssens, O. S. B., dans sa Summa theologica ad modum commentarii in Aquinatis Summam, Fribourgen-Brisgau, 1900-1902 (4 volumes parus). Ouvrages spéciaux : M. Hauzeur, Anatomia totius augustissimx doctrina? S. Augustin), 2 in-fol. (1643-1645); ouvrage d'un vrai mérite ; L. Alticozzi, S. J., Summa augustiniana ex colleclis, disputatis explicatisque sententiis D. Augustini, 6 in-4", Borne, 1755, étude très pénétrante de la pensée augustinienne surtout sur la grâce; La défense de la tradition et des saints Pères, par Bossuet, édit. Lebel, Versailles, 1815, t. v, apologie de la doctrine d'Augustin contre les attaques de Richard Simon; les Annvtationes de J.-B. Faure sur YEnchiridion de flde, spe et curilate, Borne, 1755; par Passaglia. Naples, 1817, sont une véritable clef de la doctrine de ce Père ; Tixeront, Histoire des doymes, Paris, 1909, t. II, p. 351-512. — 3' Études importantes d'auteurs prolestants : Em. Feuerlein, Ol/i'r die Stcllung Augustins in der Kirchen-und KuUurgesehichte, dans Historische Zeitschrift de Sybel, 1869, t. xxn, p. 270-313; A. Dorner, Augustinus, sein theologisches System und seine religionsphilosophische Anschauung, in-8% Berlin, 1873; H. Beuter. Augustinische Studien, in-8% Gotha, 1887 (paru dans Zeitschrift fur Kirchengeschichte, 1881, t. v, p. 349-286; t. VI, p. 155-192; t. VIII, p. 124-187), très importante étude sur la théorie de l'Église; W. Cunningham, S. Austin and lus place in the history of Christian thought, in-8% Londres, 1880 (Hulsean Lectures, 1885); R. Eucken, Die Lebensanschauungen der grossen Denker, in-8% Leipzig, 4' édit., 1902, p. 210-245, traduit dans les Annales de philos, chrét., sept.-oct.-novembre 1899.
II. Études sur la philosophie et le néoplatonisme de saint Augustin. — 1" La philosophie en général : André Martin, oratorien, S. Augustini philosophia, Angers, 1667, recueil de textes réédité par Jules Fabre, Paris, 1KG3 (tendance ontologiste); A. Théry, Le génie philosophique et littéraire de s. Augustin, in-8% Paris, 1861; Flottes, Études sur S. Augustin, sim génie, sou âme, sa philosophie, in-8% Montpellier, 1861; cf. Saint-René Taillandier, dans la Revue des Deux Mondes, 1802, t. xl, p. 503-512; G. Milone, Corne la fllosofla di S. Tommaso du que lia di S. Agostino per essere differenUssima non e discorde, dans Giorn. d. Arcad., 1862, t. xxxiv, p. 37-110; F. Nourrisson, Lu philosophie de S. Augustin, 2 in-8% Paris, 1865 (cf. Barth. Saint-Hilaire, dans les Mémoires de l'Acad. îles sciences mur. et pot., 1805, t. xu, p. 107-202); A. Dupont, l.a philosophie de S. Augustin. Louvain, lxxl (extrait de la Revue catholique de Louvain); Storz, Die Philosophia der h. Augustinus, in-8% Fribourg-en-Brisgau, 1882; Jules Martin, Saint Augustin, in-8% Paris, 1901 (dans la collection Les grands philosophes), étude vraiment personnelle, mais trop systématique; cf. L. Becker, dans la Revue d'hist. ecclés. (de Louvain), 15 avril 1902, p. 379-385; Bainvel, Un nouvel interprète de suint Augustin, dans les Études, 1901, t. LXXXVII, p. 645-661 ; A. C.anloil, dans la Hernie thomiste, novembre 1901, p, 628-636; A. lieilliaiid, S. Augustini doctrina de pulchro ingenuisque artibus, Poitiers, 1894; L. Baurain, Le temps d'après samt Augustin, dans la Hevue augustinienne, mai 1902, p. 183-193. — 2' Le néoplatonisme et saint Augustin. Voir Études générales sur le platonisme des Pères, dans la Topo-bibliographie de M, chevalier, au mot Platonisme! Souverain, Le platonisme dévoilé, essai touchant le Verbe platonicien, Cologne I \>n terdam), 1700, souleva une controverse violente, cf. il. v. Stein, Der Streit iiber den angeblichen Platonismus der Kirchenvàter (cf. Zeitschrift f. die histor. Theot., 1864, p. 319-418); F. Baltus, s. J., Défense
des saiiits Pères accuses de platonisme, in-4", Paris, 1716;
Keil, De doctoribus veteris Ecclesise culpa corruptœ pi r platonicas sententias théologies liberandis, édit. Goldhorn, Leipzig, 1821, Kn particulier: J. Bestmann, Qua ratione Augustinus nui a mes philosophia! grasete ad dogmata anthropologica describenda adhibuerit, ln-8\ Erlangen, 1S77; Lœsthe, De Augustino plotinizante in doctrina de l'eu disserenda, iéna, 1880; C. Bigg, The Christian platonist o) Alexandria, ln-8*, Londres, 1886, p. 280-290; Grand ■ -ge, S. Augustin et le néoplatonisme, in-8 , Paris, lx',10 (met eu regard les textes
d'Augustin et ceux de Plotin dont 11 s'inspire)
in. Théorie de la connaissance ri i i l* Augus-
tin et la connaissance en g< aérai Melxer, Augustini et l sii placita de mentis humanm sui cognitione, 1860; W. OU, D. ht. Augustinus Lehre iiber d. Sinneserkenntniss, dam Philosophisches Jahrbuch, 1900, p, 45-1 148; II. Leder,
rsuchungen iiber Augustin» Èrkenntnisstheorie in ihren hungen lurantikenSkepsis, :u Plotin und tu Descartes, in-8% Maibuurg, l'JOl. — 8* Saint Augustin et l'ontologisme :
AUGUSTIN [SAINT
I ni7, DM I