IV. L'AUGUSTINISME DANS LES ïF.lfr.S MODFnXK
Après ce qui a été dit, col. 2321, et en réservant l'immense mouvement augustinien dans les questions de la grâce (voir plus loin et aussi AUGI'STINIANISME, col. 2485), nous n'avons qu'à indiquer ici quelques faits importants :
1° Aux xve et xvic siècles, une renaissance très exagérée de platonisme chercha un point d'appui dans la philosophie d'Augustin. Ce fut sous une inspiration tout augustinienne, dit Nourrisson, La philosophie de S. Augustin, t. n, p. 175, que Bessarion (f 1472) composa ses plaidoyers en faveur de Platon, en particulier sa réfutation de Georges de Trébizonde sous le titre Adverxus calumniatorem Platonis, Rome, 1469. Cf. Henri Vast, Le cardinal Bessarion, p. 337. Le mouvement platonicien se propagea rapidement et envahit tout, même la cour de Léon X. Marsile Ficin (f 1499), l'imprudent apôtre de cette résurrection, s'appuie sur l'autorité du grand docteur africain, pour opposer Platon au double courant de l'averroïsme panthéiste et matérialiste qui menace d'engloutir toute croyance à la vie tuture; mais Ficin, loin d'imiter Augustin et de convertir Platon au christianisme, semble sacrifier inconsciemment sa foi aux plus étranges rêveries. Enfin, vers la (in du xvi" sieele, François Patrizzi, rappelant les magnifiques éloges des platoniciens par s.nnt Augustin, demandait au pape Grégoire XIV de bannir des écoles chrétiennes la philosophie péripatéticienne. Cf. Launoy, De x^ana Aristotelis fortuna, in-12, Paris, 1000. p. 88,
2° Au xvii" siècle, il faut signaler certains rapports
indéniables entre le cartésianisi t la philosophie de
saint Augustin. Certes il \ a une étrange exagération à soutenir, comme lluetl'a fait dans sa Censura philosophise cartesianœ, V «dit.. Paris, 1694, p. 244 sq., que lies n'est qu'un plagiaire audacieux, et surtout de l'évéque d'Hippone. Mais on ne peut nier quelques res-
Bemblam philosophe n'ont pas
manqué de l'en fi liciter. Nourrisson, <-/,. cit., p. 218 sq., i onte comment Porl Royal et les augustiniens excessifs, d'abord i" u favorables • altén ni ensuite sa philo: ophie.
.'!• La renaissance augustinienne du svn1 siècle eut aussi pour n sultal le réveil des anciennes thi
Malebranche leur donna l'empreinte de son profond esprit el de sa vive imagination dans sa Recherrl" ité,'à in-12, Paris, 1674-1678, ou plutôt dans
tous ses ouvrages. On sait que Fénelon et Bossuel onl eux-mêmes adopté les formules augustiniennes sur lee idées éternelles et la vue des choses dans la première vérité, el qu'il est difficile d'entendre !<• fond de leur pensée. Pénelon, Existence de Dieu, l" part., c. xi.-u\ . Il' part., c i,§28,29;c. iv en entier ; Bossuet, Logique, I. I. c. xxxvi, xxxvii ; De la connaissance de h de soi-nième, c. iv-v; cf. 2* Sermon pour la Toussaint. L'oratorien André Martin avait déjà, sous l'impulsion des mêmes idées onlologistes, public un recueil des textes d'Augustin constituant aue Philosophia christiana exoperibus S. Augustini, Angers, 1GG7 (sous le pseudonyme d'Ambrosius Victor); Paris, 1863. Thomassin, dans ses Dogmata theologica, Paris, 1G80, t. i. De Deo, I. I-IV, ne se contenta pas d'adopter l'ontologisme, il lui chercha des ancêtres et voulut forcer tous les Pères et tous les philosophes, même les plus opposés entre eux, à déposer en faveur de Malebranche. Au même ordre d'idées appartient l'ouvrage de Juvénal d'Anagnie: Solis inlelligenlise lumen inde/iciens seu immediatum Chrisli magisterium, Augsbourg, lOSti. Les franciscains de Quuracchi, dans la dissertation mentionnée, p. 41, croient que Juvénal rejette absolument l'ontologisme, à la p. Gui de son livre. Au xix" siècle, l'ontologisme a eu de nombreux adeptes, qui cherchaient le plus souvent à se couvrir du nom d'Augustin. Voir Ontologisme.
II. AUGI STINISME THÉOLOGIQUE. HISTOIRE Ll INTERPRÉ- TATIONS DIVERSES DU SYSTÈME D'AUGUSTIN SIR LA GRÂCE. — L'augustinisine, nous l'avons dit, col. 237G, désigne spécialement la doctrine de l'évéque d'Hippone sur le gouvernement divin des libertés : grâce, prédestination, péché originel, etc. Nous avons exposé le système en lui-même par une étude objective et tel qu'il nous est apparu dans les œuvres mêmes du grand docteur, col. 2375-2409. Ici nous devons indiquer sommairement les destinées de ce système dans l'histoire de l'Eglise, l'influence qu'il a exercée et les interprétations variées, parfois contradictoires, qu'il a suscitées. L'indication sera sommaire : tous les détails (histoire et idées secondaires) doivent être réservés aux articles spéciaux sur chacun des systèmes nés de la pensée augustinienne sur l'action de Dieu. C'est un simple regard d'ensemble pour montrer la dépendance et la filiation des diverses théories groupées autour de la doctrine du grand évéque dont elles s'inspirent ou du moins dont elles prétendent s'inspirer. Autant qu'il sera permis, dans ce tableau, nous suivrons l'ordre historique : 1" Caractère général du développement de l'augustinisme dans l'Église. 2° Triomphe au vi« siècle de l'augustinisme modéré sur le semipélagianisme et le prédestinatianisme. :>■• Au IX' siècle, nouvelle victoire de l'augustinisme mi sur le prédestinatianisme de Gottschalk. i lugustinisme sagement interprété par les grands scolas tiques du moyen âge. 5» Lutte contre l'interprétation firanchemenl prédestinatienne de Wiclef, Luther et Calvin. G" Lutte contre le prédestinatianisme dissimule des baianistes el jansénistes. 7« Les diverses interprétations de l'augustinisme par les écoles catholiques depuis le xvi" siècle.
/. CARACTÉRB GÉNÉRAL Dr DÉVBLOPPBMBNT nr /' u -
vis mb dans l'église. - La diversité des interprétations e| des appréciations de la doctrine de la ^i ice rh. ■/ Augustin lui-même, voir col. 2;i7G, entraîne une
égale diversité de . m do
l augustinisme.
I La théorie 'les critiques proU lim-
ple : persuadés du caractère prédestinatien de la ,
istinienne et de la négation de la liberté par que d Eiippone, quand ils voient I Église défendre la liberté avec une i ni rgie toujours croissante, i client que l'Église a été infidèles l'augustinismi lini par l'étouffer. Ainsi, ceux-là mine- qui proclament la vitalité de l'esprit d'Augustin dans |., piété du catholicisme et dans | eus, lui, |,. doctrinal de l'Eglise, col. font exception pour le domine de la grâce et accusent I Église de n'avoir prodigué let plus pompeux
.m système d'Aqgustin sur la grâce que pour mieux dissimuler l'envahissement progressif du pélagianisme.
La formule de Lools a été- citée, Col. 232 ment la théorie de M. llarnack. Un peut même dira que l'idée mère du ni- volume de s,,„ //,. dogmes consiste a montrer cette pénétration continue du pélagianisme dans |e catholicisme aux dépens du véritable augustinisme. Au v siècle, le semipélagianisme règne et le concile d'Orange est loin de le réprimer complètement, LeJirb. der Dogmeng., '.i- .dit., t. m, p. 225-240; dans |a lutte du ix' siècle, est l'auguslinisme vrai qui est frappé en la personni ,.dk.
. p. 269-278; c'est lui qui inspire au xi\- siècle le déterminisme de Bradwardin et de Wiclef, son disciple, condamné- à Constance, ibid., \>. 133-455; c'est lui que la scolastique décompose savamment, p. 551-581; que le concile de Trente dissimule et rejette à l'arriere-plan,
p. 635-646; enfin la condamnation de Baius et de i
mus marque la chule définitive de l'augustinisme dans
l'Église et le triomple du semipélagianisme, p. 658-670. Tel est aussi le jugement de Dorner, Auguslinus, p. 205; de Bôhringer, Augustinus, t. i, p. 258; t. u. p. ildans le Theologischer Jahresbericlit, 1887, p. lii; de Lipsius. ibid., p. 3G3; de Hase. Lehrb. der protest. Poteniik, 1871, p. 71. etc. Telle était également la pensée de tous les jansénistes.
2° Jugements divers des catholiques sur l'augustinisme dans l'Église: ils s,,,,! inspirés par les diffén tendances et interprétations de la pensée d'Augustin. 1. Quelques-uns avec Richard Simon i il- sont i i croyant trouver chei Augustin un prédestina tian destructeur de toute liberté, pensent aussi que l'Égl sagement rompu avec lui : ils affirment un fondamental, très heureux selon eux. entre t'augusti-
"is et l'Église. Au fond, ils accorderaient volontiers (pie
Calvin et Jansénius avaient fort Lien compris l'ew d Hippone, mais axaient été- entraînés par lui dans l'erreur. Voir col. 2396. — -2. Tous les autres docteurs proclament «pie l Église ne s'est point s, parée de l'augustinisme, el c'est la pensée catholique. Mais ils sont en désaccord sur le sens a donner a la grâce admise de concert par Augustin et par l'Église. Les uns disent que l'Eglise a approuvé avec Augustin une grâce irrésistible tmais compatible, ils l'affirment très sincèrement, avec
la liberté); les autres croient que cette grâce n'est Sistible ni chez le docteur d Hippone. m :. ti-
nitions de l'Église.
3» Lois du progrès de l'augustinisme au sein île l'Église. — On pourrait, semble-t-il, les résumer ainsi: I. L'Église a toujours maintenu la théorie augustinienne
de la glace dans ses grandes lignes, c'est-a-dire dai
principes fondamentaux défendus contre les pélagiens e! les semipélagiens (voir col. 2384 sq.) : péché- originel, n, cessité et gratuité' de la grâce, dépendance absolue de
Dieu pour tout acte salutaire. — 2 lu grand pr, s est pourtant accompli dans le sens d'un adoucis» in, nt sucées. ii, (in ne peut nier que la doctrine actuelle dfl II -lise, formulée a Trente, produise une impression
plus SUave que telles ou telles pa;.es isolées des umres
de s, uni Augustin. — Li. Plusieurs cuises oui concouru
à cet adoucissement : a) On a mis en lumière l'aspect consolant, contenu, il est vrai, dans la doctrine augustinienne, mais laissé à l'arrière-plan, et comme caché par le côté mystérieux et eil'rayant de la prédestination sur lequel l'évêque d'IIippone insiste contre les hérétiques, Ainsi la volonté' du salut universel en Dieu, la mort de Jésus-Christ pour tous les hommes, qu'Augustin, sans les nier, a laissées dans l'ombre, seront de plus en plus développées et deviendront l'enseignement commun dans les temps modernes. — b) Des principes enseignés par Augustin, on a tiré les conséquences qui en découlent d'une manière évidente, mais qu'il n'avait point indiquées. C'est un principe augustinien que nul ne pèche dans un acte qu'il ne peut éviter : quis enim peccal in eo qitoil caveri non pniest ? De lib. arb., 1. 111, c. xviii, n. 50, P. L., t. xxxii, col. 1295. (Ce passage, antérieur à 395, est approuvé et expliqué en 415 dans le De nul. et grat., c. lxvii, n. 80, 1'. L., t. xliv, col. 287.) De ce principe les docteurs ont conclu d'abord que la grâce suffisante pour vaincre les tentations ne manque jamais à personne, pas même à l'infidèle; ensuite que celte grâce suffisante, pour mériter ce nom, doit donner un véritable pouvoir, complet, relatif même aux difficultés présentes. Sans doute des théologiens ont tâtonné, hésité, nié même, mais aujourd'hui bien rares sont ceux qui oseraient en douter. — c) On a ensuite élagué de la doctrine augustinienne certaines assertions secondaires qui l'assombrissaient, sans faire partie du dogme. Ainsi l'Eglise qui a toujours refusé avec Augustin l'entrée du paradis aux enfanls morts sans baptême, n'a point adopté la sévérité du grand docteur les condamnant aux tourments sensibles, si légers qu'ils soient. Voir col. 2397. Et peu à peu l'opinion plus douce de saint Thomas dominera dans la théologie et sera vengée de censures injustes par le pape lui-même dans la condamnation du pseudo-synode de Pistoie. Bulle Auctorem fidei, a. 2(5, Denzinger, n. 1389. — ci) Enfin, certaines formules ont été abandonnées parce que leur obscurité pouvait favoriser de fausses conceptions de nos mystères. Ainsi les expressions qui semblaient identifier le péché originel et la concupiscence ont fait place à des formules plus claires, sans renoncer au vrai sens que saint Augustin avait voulu exprimer. Voir col. 2395.
//. TRIOMPHE Ai: VIe SIÈCLE DE L' AUGUSTINISME JfODÉnÉ SUR LE SEMIPÉLAGIAMSME ET LE PRÉDESTINA- TIANISMB. — De la mort d'Augustin au 11° concile d'Orange (430-529) cinq grands faits sont à signaler : 1° l'augustinisme sanctionné en 431 par le concile d'Éphèse et une décrétale de ('.('destin 1er; 2° l'opposition semipélagienne à la théorie augustinienne ; 2" l'exagération de cette théorie par les prédestinaliens, Lucidus et autres; 4° le progrès de l'augustinisme modéré' par le l), vocatione omnium gentium ; 5° le concile d'Orange en 530, triomphe de l'augustinisme modère.
1° L'augustinisme sanctionné deux fois en 431. — 1. D'abord au candie d'Ephèse. — Immédiatement après1 la mort du grand évêque, s'ouvrit à Ephèse le concile général auquel, par honneur, l'empereur l'avait sp Icialement im ité. Julien d'Eclane et plusieurs des dixhuit évèques pélagiens, exilés pour leur obstination, ut tait cause commune avec Nestorius : accueillis par lui à Constantinople, ils l'accompagnèrent à Éphèse et b' soutinrent dans sa n ivolte contre le concile. Lettre des Pères du concile au pape Célestin, Mansi, t. iv, Col. 1334. Noris a pourtant démontré que les Orientaux, en admettant le concours des pélagiens, n'avaient point pour cela partagé leurs erreurs. Hist. pelag., 1. 11, c. i\. Bassano, 1709. col. 313-322. Mais les Pères orthodoxes condamnèrent les deux erreurs, ainsi que l'atteste sain) Prosper, Carmen de ingratis, vers. 08, /'. L., t. i.i, col. 99. Cette condamnation est constatée dans les Actes : "i dans la lettre cil >e du concile au pape. Mansi, t. iv. col. 1338 : ' Quand on eut lu devant le saint \
node, dans les actes de la déposition des impies pélagiens et célestiens (Célestius, Pelage, Julien, Persidius, Florus, etc.) tout ce que votre piété a décrété à leur égard, nous avons décrété nous aussi que toutes ces décisions doivent demeurer en vigueur, etc. » — b) Dans le préambule de la session VIP, Mansi, col. 1471, les pélagiens, n'ayant pas voulu souscrire la condamnation de Nestorius, sont de nouveau déclarés excommuniés et déposés. — c) Dans les canons de cette même session, can. 1, Mansi, col. 1472, et can. 4, col. 1474. Voir Hefele, Conciliengesch., 2* édit., 1875, t. n, p. 209-210; trad. franc. , p. 388-389.
2. La lettre de saint Célestin Ier en 431 et les capitula annexés. — Le concile avait condamné ces hérétiques, le pape va sanctionner la doctrine d'Augustin. Sa mort avait été le signal d'une recrudescence, dans la Gaule méridionale, de l'agitation semipélagienne dont l'origine a été racontée, col. 2283, 2299. On accusait plus ouvertement le grand docteur d'avoir excédé au détriment de la liberté : magistris nostns, tanquam necessarium modum excesserint, obloquuntur, est-il dit dans la préface des capitula. Denzinger, n. 87. Le fidèle ami du saint, Prosper d'Aquitaine, obtint donc du pape saint Célestin une lettre qui plaçait la doctrine de l'évêque d'IIippone au-dessus de tout soupçon. Voir col. 2463.
Les capitula annexés plus tard à cette lettre (voir col. 24(54) et empruntés à Innocent Ier ou aux conciles d'Afrique, sanctionnent de nouveau, en la résumant, la doctrine du saint : A. L'origine de la nécessité de la grâce : a) l'affaiblissement de la liberté par le péché originel, naluralem possibilitatem cl innocentiam periloiissc, c. i (d'après Mansi, t. iv, col. 459, qui donne un ordre bien meilleur que Denzinger, n. 88); b) de plus, nulle créature n'est bonne que par Dieu, c. Il, Denzinger, n. 89. — B. Étendue de cette nécessité : a) pour tous même pour la persévérance des justes, c. m, iv, quod nemo nisi per Christum libero bene utatur arbitrio, Denzinger, n. 91; b) pour tout acte bon et salutaire, qui doit être inspiré, instinctu Dei (pape Zozime), et préparé par le Seigneur (évêques d'Afrique), c. v-vn, Denzinger, n. 92-94. Le chapitre vin résume en attribuant à Dieu cl borne voluntatis EXORDIA, et iNCREmenta probabilium studiorum, et in eis /<*</(<<• infmem PERSE VBRANTIAM. — C. La preuve de cette nécessité universelle est dans les prières de l'Église, c. vin, Denzinger, n. 95. — D. La liberté demeure, malgré celte nécessité de la grâce, ab initio fidei, c. ix, Denzinger, n. 96. — E. Le dernier chapitre, le X1', Denzinger, n.97, laisse les autres questions subtiles à la libre discussion. Voir col. 2463. Au fond ces capitula fixent déjà la vraie mesure de ce que l'Eglise regardera toujours comme essentiel et catholique dans l'augustinisme : elle a depuis clarifié un point ou deux, mais elle n'a point varié.
3. Fin du pélagianisme. — Après ces condamnalions, on constate encore diverses tentatives des pélagiens pour ressaisir l'influence, mais elles furent promptemenl réprimées. En 139, la dernière année du pontificat de saint Sixte III, divers évêques pélagiens, simulant une conversion, voulaient remonter sur leurs sièges, Julien essaya d'envahir l'évéché d'Kclane. Mais le sailli pape, encourage'' par l'archidiacre Léon, son futur successeur,
rendit ses efforts inutiles. Cf. Noris, Ilist. pelag., L II, c. xii, Bassano, 1769, col. 337.
Saint Léon continua la lutte en Italie : sous son pontificat, vers 'ii6. saint Germain, évoque d'Auxerre, dut
passer une seconde l'ois avec Sevci'e. eveqno de Trêves,
dans la Grande-Bretagne, infestée encore par les pélagiens; plus heureux que dans la première mission de Î30 'avec saint Loup de Troyes), il obtint cette fois que
les évêques pélagiens fussent chassés de l'Ile, et la paix
fut assurée. Noris ibid., p. 341. Le pape Gélase I
f » • ' - W6) eûl i ncore a lutti i
pela i ..h u de lui, outre deux lettres a Hono-
rius, évéque de Dalmatie, P L., t. i ix, col. 30-i
une autre au du Picenum, ibid., col. 33 il
(voir col. 2-464), enfin un irrai traite" A d vertu» pelagia-
nam hteresim. Tbid., col. 1 16 137.
- ' "/7" """ igienne à la il rie augut-
Unit a,,,-. - i. Carat U re général de celte oppotitù n
i a décrétale de Célestin ne mit peint fin aui disputes : on le comprend mieux si on suppose que les capitula furent publiés seulemenl plu- tard, el b! on tient compte du caractère vague et assez mêlé du courant semipélagien. — a) La source de toutes les discussions est dans ce fait 'ii"' Cassien et ses partisans ne comprirent jamais l'explication de l'action divine par Augustin menl Dieu sait, avant de conférer une grâce, le résultat qu'elle amènera : su eum vocat. Quomodo « n eicON- GnuBRB nt vocantem non respuat, voir col. 2389-2390, et comment Dieu peut ainsi donner à tous uni suffisante pour le salut, et à quelques-uns une [ efficace sans entraver leur liberté. Augustin soupçonnait leur méprise, quand il demandait qu'on envoyât aux moines d'Adrumète ses réponses ad Simpi num. Voir col. '2379. — b) De là une erreur d'inti tation par rapport aux écrits d'Augustin. Partout où ils voyaient une élection spéciale de Dieu, ou l'affirmation d'une grâce précédant tout acte bon, toute préparation, ils concluaient qu'Augustin détruisait l'activité personnelle, qu'il enseignait le fatalisme, qu'il innovait : Removeri omnem industriam... et sub hoc praedeslinationis nontine faim. eu guamdam induci NBCBSSI- TATBM;... obstinationem suam vetustate défendant. Lettre de Prosper à Augustin, P. L., t. xliv, col. 949. L'innovation, tel était le grand reproche : Contraria, n putant Patrum opinioni et ecclesiaslico sensui, quidquid in cis de vocatione electorum secundum Dei proposition disputasli. Ibid., col. 947. De nombreux critiques ont vu, non sans quelque apparence, un écho de ces plaintes dans le Commonitorium de Vincent de Lérins, c.xxxm-xxxiii, P. L., t. l, col. 68'*; cf. c. xxvi. col. 67i. — r) Telle fut l'origine des erreurs positives des semipélagïens. Ils voulaient à tout prix assurer la possibilité du salut pour tous. Or, admettre en Dieu une prédilection quelconque pour ceux à qui il destinerait d'avance une grâce efficace, ou la persévérance finale, et la gloire du paradis, d'après eux, c'était en même temps enchaîner la liberté- de ces élus, et priver les non-élusdu pouvoir nécessaire de se sauver qu'exige l'universalité de la rédemption. Ils en concluaient donc: a. qu'il n'y a point de prédestination des élus; b. point de don de persévérance finale qui assure le salut; c. point de grâce spéciale et personnelle, comme ils disaient, qui assure le consentement de certaines âmes (ce que nous nommons grâce efficace); d. mais, nu contraire, ils admettaient une grâce générale et commune donnée à tous : seule la liberté détermine si elle est efficace ou non. Ou, si Dieu donne à certains une grâce de choix qu'il ne donne pas à d'autres, par exemple la foi, ou les préparations à la foi (initiant fidei), c'est que Ces âmes ont mérité celle grâce par leur bonne volonté- antérieure, par leurs prières, etc. Telles sont les idées qui pendant un siècle agitèrent l'Église des Gaules, et telles sont les erreurs que l'Église condamnera.
On a dit autrefois que les semipélagiens n'avaient point
nié la première grâce pour Yinitiuni fidei, mais qu'ils avaient eu le tort d'admettre la science moyenne, une grâce non prédéterminante, et l'élection post mérita.
l.e savanl dominicain Noël Alexandre a réfuté expressément cette erreur historique. Hitt. ecclet., Base, v, c. m. a. s, />,• seniipelag. error., Venise, I77S. p. 52. Maison peut ajouter que leur grand tort fut précisément de ne pas appliquer la science moyenne a la pro\ idence : ils auraient conquis, que Dieu peut gratuitement don- i
i I un uni grâce efficace, qui i ran« privi i les autn - d une grai e qui l< ra le
pouvoir d , .m d,- |.,jt ila De voudront
point profiter.
C'est im.iii n avoir pas ^ ., i - i c- principe fondamental <l.- I augustinisme, que \, )(, „,laiit
'oui un -.- rent l'Église di Gaul L monitoire
de -.ont Célestin I" n'étoufla pas <■• - théories il était coni u en termes trop vagues, sans dont- à dessein pour m. nagi r de- catholiques Binci res q llilain- avaient hautement loués et dont l'influence était -i.mde. Cf. Noris, 11, st. pelag., I. 11. Mais b- document pontifical • ut un heureux résultai : on cessa peu a peu d'attaquer Augustin, .-t on examina I.-- questions en elle-même-. I.e- quinze capitula Gallorum que réfute saint Prosper, P. /... t. i.i. col. 157- 17ii. étaient un recueil des accusations gauloises contre l'évéque d'Hippone. après la lettre de Célestin, Kauste Riez sera plein de respect pour Augustin et le citera même avec honneur. Dire avec Arnold. Cetâriut, p que les citation- sont ironiques, c'est une assertion contraire aux textes, comme b- démontre Wôrtei Dogmengetch. des Seniipelag., Paderborn, 1896, p. 81.
•2. Les représentant» du temipélagianitnie ont presque tous donné lieu à des discussions et à des apologies qui seront étudiées à propos de chaque p tssien, le premier chef, celui que réfuti Contra Collatorem, P. L., t. li. col. 213-9 gnit
bientôt après Augustin (vers 435). Se- idées restèrent dominantes dans h- clergé-, et Vasquez, d'après Noris qui l'appelle magnas theologus et in semipelagiana historia magna eum lande versa/us. aftirme que la plupart des évêques gaulois en étaient pénétrés. Voir Koch. o)>. cit., p. 151. — b) Vincent de Lérins est-il le Vincent dont saint Prosper réfute les objections (travestissement des idées augustiniennes as-ez semblable aux capitula Gallorum), P. L.A. li, col. 177-186? C'est un point très discuté. Nous avons indiqué- certains a-sez suspects du Commonitorium . Voir aussi N Hitt. pelag., 1. II. c. xi. col. 3:2tj-33o\ Toutefois Baronius, Papebrock, Acta sanctorum, maii t. vi. p. Alticozzi et d'autres le justifient. Voir Hergenrôther, Histoire de l'Eglise, trad. franc., t. n. n. 123. p. 195. — c) Saint Pilaire, évéque d'Aï . dont Pré-
dit, dans sa lettre a Augustin, admiratorem sectatoremque in aliis omnibus tum esse doctrinal, /'. 1. , t. xi.iv, col. 953, mais qui fut profondément troublé par la prédestination, n'est pas pour cela semipélagien. Cf. Acta sanctorum, t. v maii. — </. Saint Honorât, évéque de Marseille 7 192), a été- venj 'laques de
Noris par Noël Alexandre, sac. v. c. III, 7. i 10. Venise, 1778. t. v. p. 50. - , l'auste. abbé de Lérins en évéque de liiez en 462, mort vers 190, est plus suspect à cause des condamnations portées contre ses œir. Il est certain que dans son désir légitime d'établir la possibilité du salut pour tous, il est arrivé à nier le ait de la grâce efficace et de la prédestination. /'•• gratia Un et lib. arb., 1. 1. c. xv, il dit ; non speàaiem esse circa credentes Dei beneficentiam, etc. /'. L.. t. l.vin. col. 808. Au 1. I. c. ix. col. 79.">. et très souvent, il affirme qu'il dépend de nous seuls, sans la grâce, de chercher Dieu, de frapper. Il admet en Dieu la prescience de nos actes, il montre fort bien que l'œil de celui qui prévoit n'influe point sur la réalisation de l'acte, non oculut font ut res videnda natcatur, 1. Il, c. 111, col. 817; mais il nie tout décret divin de prédestination, même pour les enfants; que les uns reçoivent I. baptême et les autres meurent avec le péché originel, C'est indépendant de Dieu. Cf. c. IV. col. SIS.
'■'. Les défenseurs de l'augustinisme. — a) Le plus illustre et le plus sage fut sans contredit Prosper d Aquitaine (y 163 dont les écrits, en particulier le Caille niijratis yeu de mots sur les adversaires de la grâ< .
résument toute la controverse. Il a toujours regardé les semipélagiens comme catholiques, les décisions de Rome n'ayant pas été assez précises; mais après la lettre de Célestin, il est dur pour eux, et les appelle calumniatores, lupos occultas, hypocritas. Voir Noris, Hisl.pelag., 1. 11, c. v, p. 266; c. x, p. 322-226. — b) Le pape Gélase Ier (492-496), dont l'activité antipélagienne a été signalée, proclama l'autorité de saint Augustin. Voir col. 3463. Dans le décret qui porte son nom, les écrits de Cassien et de Fauste sont signalés à la Ve partie, comme apocryphes, c'est-à-dire au moins suspects. Cf. Ewin Preuschen, Analecta, kûrzere Texte zur Gesch. der alten Kirche, in-8», Fribourg-en-Brisgau, 1893, p. 154; 7'. L., t. nx, col. 163-164; Mansi, t. vin, col. 115. Malgré les incertitudes sur l'origine des diverses parties de ce document, on croit que l'insertion de ces deux noms fut faite par Gélase dans le concile romain de 494. Cf. Jaffé, 2" t'dit., n. 700. Le pape Hormisdas, dans sa lettre de 520, fait allusion à cette censure comme ayant été déjà portée. Voir col. 2't65. — c) Vers 519-523, la lutte contre le semipélagianisme fut poursuivie par les moines de Scythie (auteurs de la controverse des théopaschites) et les évêques d'Afrique. Un mémoire, signé par Jean Maxence et autres moines, fut remis en 419 aux légats du pape Hormisdas à Constantinople. P. L., t. xi.v, col. 1771-1772; t. lxxxvi, col. 75-86. On y lisait par exemple : abominantes cliam eos qui contra vocem apustoli audent dicere : nostrum est velle, Dei vero pcrjicere, n. 3. La correspondance entre l'évèque africain Possessor, intermédiaire des moines de Scythie, et le pape Hormisdas (en 520), a été indiquée, col. 2465. Le débat roule sur les écrits de Fauste de Riez, et il faut le remarquer, la modération du pape égale celle de l'évèque. Fauste n'est pas rangé parmi les Pères faisant autorité-, mais on peut lire ses livres avec prudente réserve, et les moines scythes sont blâmés de soulever tles questions impertinentes. Maxence, froissé de ces reproches, publia une critique irrévérencieuse de cette lettre dont il simule de suspecter l'authenticité, P. L., t. i.xxxvi, col. 93-1 12, et adresse un mémoire contre Fauste auxévéques d'Afrique exilés en Sardaigne. — d) Saint Fulgence, évêque de Ruspe, au nom des autres évêques, prit en main la défense d'Augustin. Du fond de la Sardaigne, il avait publié ses trois livres Ad Moninum, dont le premier maintient le dogme de lu prédestination, tout en rejetant les exagérations de Monime sur la prédestination au péché. Pour répondre aux instances des moines scythes, il écrivit à son retour en Afrique (523) les trois livres, dédiés a Jean (probablement Maxence, cf. Bardenhewer, Palrologie, trad. franc., t. m, p. 23) et à Vénérius, De veritale prsedestinationis et gratine. Ce fut lui aussi qui écrivit, quoique son nom ne soit pas parmi les souscripteurs, la célèbre lettre synodale des évêques africains, adressée, après délibération en synode, i et i Vénérius. Il est aussi l'auteur de la réponse collective, véritable traité, au diacre Pierre et aux autres Orientaux. Voir Bibliographie. Nous savons par la lettre synodale, n. 10. /'. /... t. LXV, col. 142, et par la vie île saint Fulgence, qu'il avait composé an grand ouvrage en VII livres, malheureusement perdu, contre le traité de Fauste De gratta.
Fulgence s'était pénétré île l'augustinisme au point de mériter le titre i'Augustinus àbbreviatus, VA cet augus-
tinisine il l'a compris connue il a été exposé, col. 2384-
I 2398. Seule ni il en garde toutes les sévérités,
jives d'après nous, pour les enfants morts sans baptême, ainsi que les incertitudes sur l'origine des ."11111 . Cf. De veritale prœdest., I. III, c. xvin, n. 28. /'. /.., t. l.xxxv. cul. 666. Il en garde aussi les obscurités sur li olonté divine de sauver ions les hommes et sur la iii Iribution de la grâce l - iint principal où il a
été victime des formules violentes d'Augustin; et, pour soutenir que Dieu n .1 pas eu une volonté absolu'- de
sauver tous les hommes, ce que nul ne peut nier, il arrive à dire que Dieu ne veut d'aucune façon le salut de tous, et que la grâce est refusée à un grand nombre. De verit. prsedest., 1. III, c. x-xm, n. 17-23, P. L., t. lxv, col. 660; cf. Epist., xvn (lettre synodale), n. 10, i b /(/., col. 438.
Mais quand il parle de la prédestination divine — et c'est le dogme qu'il défend surtout contre Fauste — il repousse toutes les énormités que l'on attribuait à Augus- .tin sous ce nom : a) La lioerté ne souffre aucune atteinte de la prédestination, et saint Fulgence repousse toute action qui lui enlèverait le pouvoir de se déterminer : Prsedestinationis nominc, NON aligna voluntatis humante COACI'ITIA nécessitas exprimitur, sed misericors et justa futuri operis divini sempiterna disposilio prœdicatur. Ad Monimum,]. I, c.vii, P. L., t. lxv, col. 157. — b) La prédestination est fondée, d'après lui, sur l'immutabilité de la connaissance divine : Quisquis enim veritatem prsedestinationis divins negare contendit, mutabilem Deum sine dubio prsedicat, etc. De verit. prsedest., 1. III, c. 1, n. 1, ibid., col. 651. Rien de plus sage que cette théorie, d'après laquelle c'est un dogme, évident à la raison elle-même, que Dieu doit savoir de toute éternité où sa providence conduit le monde, les méchants comme les bons.
e) Saint Césaire, archevêque d'Arles (502-5i2), avait été moine au couvent de Lérins. Néanmoins il combattit avec autant de fermeté que de modération le semipélagianisme toujours très répandu même après la mort de Fauste. Sa réfutation de Fauste De gratia et libero arbitrio est perdue, mais sa grande œuvre fut la célébration du II» concile d'Orange qui mit lin à ces disputes.
3" Condamnation du prédestinatianisme naissant, au concile d'Arles (475). — Les théories augusliniennes suscitèrent-elles dès le Ve siècle, en face des seinipélagiens inquiets pour la liberté, des disciples exagérés qui, incapables de saisir les distinctions subtiles du grand docteur, inaugurèrent un effrayant prédestinatianisme? C'est un problème qu'il faut résoudre, pour comprendre le progrès de l'augustinisme dans cette première période.
i. Le problème de l'hérésie prédestinatienne. — On appelle ainsi le système que les semipélagiens attribuaient aux partisans d'Augustin, système caractérisé par ces deux erreurs : D'abord on affirme en Dieu une prédestination des réprouvés au péché et à l'enfer, aussi bien qu'une prédestination des élus au mérite et à la gloire. De plus, cette double prédestination se réalise par une impulsion irrésistible de la puissance divine enchaînant les uns au bien et les autres au mal. Plus de liberté, plus de grâce suffisante, plus de volonté divine du salut de tous. Voir la formule rejetée par le concile il( d'ange, Den/.inger, n. ITO, aliquos 1(1/ ïiialum dirina potestate praedestinalos esse.
()r, historiens el théologiens ont vivement discuté si au ve siècle une telle hérésie a eu réellement des représentants,ou si elle esl une pure invention des seinipélagiens ne comprenant pas le véritable augustinisme et cherchant a le rendre odieux. Les deux opinions les plus opposées oui eu des pariisans. I.a dernière, celle qui croil que tous les documents ou il est question de celle hérésie sont falsifiés par les semipélagiens (l'erreur île LuciduS, sa Condamnation au concile d'Arles,
seraient des inventions de Fauste de Riez) a pour elle le calviniste l -lier (Jac, Usserius), Jansénius et ses adeptes, ei cei'lains savanis catholiques, tels que Cabassut, Contenson; Thomassin lui-même, dans sa Dissertatio XI11 m concil. Arelat. ri Lugdun., n. II. penche
vers ceiie opi D'autres au contraire croient que. du
vivanl même de saint Augustin, il > eut un courant prédestinatien assez intense qui explique la lutte si vive des semipélagiens et se manifesta par une production
anonyme, le Prsedeslinatui dont il ra être que* T< H<- fui l'opinion de Sirmond, dans son Historia dettinatiana, voir P. L-, t. lui, col. 673-092, très remenl jugée par Noria, Hi t. pi •"/ , I. Il, c. iv, el par Tillemont, Mi moires, t. svn, n. 19.
D'après les plus sages critiques, protestant! aussi bit n que catholiques, la v< rite est ■ ntre ces deui extrêmes, Il \ eul réellement des prédestinatiens, mais peu nombreux. Cf. Noël Alexandre, Hitt. eccl., sasc. v, c. m, a. Il, 1778, p. 56; dis-. V, p. 180-178.
2. L'existence du prédeslinatùmisme et ta condamnation a Arles sont des faits certain». — Il esl al menl impossible que Fauste de Riez ait inventé toute cette histoire el 1rs documents qui nous en restent. Dans une lettre au prêtre Lucidus, Fauste l'invite à souscrire divers articles contre les erreurs prédestinatiennes qu'on lui attribue, sous peine de se voir dénoncé au synode alors réuni à Arles par le métropolitain Léontius (475). /'. L., t. lui, col. o8l-ti.SIJ. Nous avons encore le Libellus adressé aux évéques par Lncidus reconnaissant et rétractant ses erreurs : Damno vobiseum sensum illum... qui dicit jmst prinii hominit lapsum i:\ toto arbilrium voluntalis bxtinctum ; qui dicit quod Chris tus... mortem non pro onvniunx sainte susceperit; </<u dicit quod preescientia Dei homineni VIOLENTER COMPBLhAT ad morlem. Il proclame ensuite la grâce de Dion, ut adnisum /limitais et conatum giatise sentper adjungam,e\ en même temps la liberté, non extinctam, sed attemiatam et infirmatam. Mansi, t. vu, col. 1010; P. L., t. lui, col. 683. Fauste de Riez nous apprend que les Pères d'Arles l'ont chargé d'écrire son livre contre les prédestinatiens en recueillant ce qui a été dit dans le concile. Ejiist., i. /'. /.., t. i.vni, col. iSliô. Le titre de cette lettre au métropolitain Léontius est significatif: Fausti professio fidei contra eus qui dum /»'*■ solam Dei voluntatem alins dicunt ail vitam attrahi, alios in mortem deprimi, hinc i ii'UM cum genlilibus asso-mit, unie liberum arbilrium cum manichssis negant. Dans cette même lettre, col. 8X, Fauste parle d'un autre concile de Lvon tenu sur le même sujet.
Cn peu plus tard, la même erreur avait séduit Monime, que réfute saint Fulgence dans son Ier livre Ad Monimum.
J. Le prédestinalianisme au V et au VP siècle eut peu d'importance et ne s'étendit pas. — C'est une exagération de prétendre que le monastère d'Adrumète fut le berceau de cette erreur, et qu'elle eut de nombreux partisans. On n'en trouve pas la preuve dans les faits. Le concile d'Orange, en condamnant cette erreur en ô'i'.i, mettra en doute son existence, si sunt qui tanltiiii malum credere velint. Denzinger, n. 170. — Ce n'est pas le lieu de traiter les problèmes soulevés par le Prsedestinatus, traité anonyme du V siècle, publié en 1643 par Sirmond, P. L., t. LUI, col. 583-t>7'2. Cet ouvrage est divisé en trois livres : le 1" énumère 90 hérésies, de Simon le Mage aux prédestinatiens; le 11e (spécialement appelé Prsedestinatus) est comme le manuel ou le catéchisme de l'hérésie prédestin. itieime. audacieusement attribuée à saint Augustin; le 11b est une réfutation du Prsedestinatus, mais d'une saveur fortement semipélagienne. Ce dernier caractère, joint à certaines ressemblances avec les commentaires In l'salmos d Arnobe le Jeune. /'. /.., t. lui, col, 327-370, ont fait penser à cet écrivain connue auteur du Prsedestinatus. Cf. Bardenhewer, Patrologie, 2' édit., p. .">;>o. Mais le livre H est-il réellement l'œuvre d'une secte prédestina tienne? Les critiques pensent plutôt avec Harnack, Dogmengesch., .!" édit., t. m, p. 232, que c'est un faux de fabrication semipélagienne. La doctrine de l'évêque d'Hippone esl là. travestie en formules paradoxales, presque blasphématoires, que nul augustinien n'a pu employer. Les deux prédestinations y sont bruta-
lement exprim
m, etiam n nogligant, et nolint, ad > ilanx perducentur isvni ; y<«<i autrn, . ■ i , etiam il i un ani
ini,i, il CAUSA LABORAST... !.. II. /'. L., t. LUI,
•■SA. Au fond, dit rlarnack, on aboutirait à un libertinisme de la grâce don) les semipélagiens n ont point parlé. M il conclut qu il a pu v avoir des ulti niei omme Lucidus, mais non uni
libertins de la grâce. Cela esl irai -i on entend a lés Hou de simples individualiti s, n upes plus
ou moins nombreux.
i Le progrès de l'augustinun I ■ liât
de toutes • ■ t. Deux gi
dégagèrent de ces contn i D'abord la lil
laissée intacte par la prédestination et i avons vu Fulgence de Ruspe insisl ; .. .i ni . < >r.
c'était la un grief né des formules d'Augustin si ri{ qu'elles effraient encore les lecteurs. — b) L'autre ■. ■ mise en lumière, c'est la volonté en Dieu de sauver tous b-s bomiiies el I" pouroir donné a ton- d'éviter In damnation. C'était la le rempart derrière lequel s'abritaient les semipélagiens. Ils en abusaient, il est vrai, mais le rempart était inexpugnable. Malheureusement ; adversaires sur ce point n'évitaient point l'exagération et même l'erreur, Augustin avait restreint peu formules sur ce point. Voir col. 2407. Nous avoi • Fulgence nier au fond que tous puissent se sauver, l'insistance des semipélagiens à protester, faisait j trer cette vérité qui se dégageait peu à peu des err qu'on y mêlait. Rien ib- plus instructif sous ce ra, que les analhémati-ines formules par Fauste dai lettre à Lucidus, P. L.. t. lui, col. 682 : Anal lient a tlti qui dixerit illum qui periit nom ;m/it- essm
posset... Anathema illi i/ui d
PRO OMNIBUS UORTUUS SIT, uec omnes ', ■ tairas
esse relit. Anathema illi </ui dixerit quod vas contumelissNON POSSIT assurgere utsit vas in honorent, "n comprend la négation de toute prédestination qui se cacher sous cette dernière formule : ces confusions se dissipèrent peu à peu.
■J. Les deux livre- De vocatùme omnium gent œuvre anonyme, tour à tour attrii d ces, à saint Prosper et à saint Léon le Grand, /'. A., t. i.i. col. Oi7-7-JJ. contribuèrent puissamment à ce résultat. Le titre, a lui seul, affirmait l'universalité du
salut voulue par Dieu, et des le ib but. I. 1. c. I, n. 1,
col. 649, l'auteur regardait ce point comme in Quseritur utrum relit Ihus omnes h jieri;et. QUIA KEGARl H<n son rmt-i (voilà pélagiens satisfait-', cur voluntas omi impleatur, inquiritur (voilà pour le- disciples d'Auf tin). Dans un esprit de conciliation très marqué', il affirme successivement la n ci ssit< de la grâce pour I acte bon. I. I. c. XXIII. col. 676 sq., le mv-tere in- SCrutable des prédilections divines et - de
choix, I. Il, c. i, col. 687; c. xix. col 7m: / generalia specialibus novit ctimulare muneribus; c. x.xv, col. 71d: c. xxxi. col. 7lti. et enfin des grâces divines à toutes les âmes, largesses -i i exprimées par ce mot profond : Datur erg i l sicuiQl S siss MERiro unde tendat m ueriti v, et dai ullum laborem unde qvisqcb mercedem a dum suum laborem. L. II, c. viu.col toute l'histoire de l'humanité, il expliqui pro-
videntiels dans la distribution île la époques. Partout, Rien est prêt a aider l'homnM partout il laisse a la liberté le pouvoir di
I.. 11. c. xxvin, eul. 713. In résumé, il sons diverses formes cette distinction entre suffisante (qu'il appelle benigi t, us. et la grâce efficace [specialis m l'apanage de certains : /■
MULTis Irïbuere (la grâce efficace) et iltam (la grâce suffisante) a ne minb sudmovere ; ut ex u traque apparcat non négation universitati, quod collatum est portioni, sed in ahis prseraluisse gratiam, in aliis résiliasse naturam. L. II, c. xxv, col. 711. Cf. Wôrler, Zur Dogmengesch. des Semipelag., in-8°, Munsler, 1899, p. 3-47.
3. Un autre signe, et en même temps une cause, du progrès de l'augustinisme adouci, ce sont les œuvres de Prosper d'Aquitaine. Lui, le disciple, le champion, le vengeur des doctrines augustiniennes, laisse en définitive, même dans ses écrits les plus passionnés en faveur de son maître, une impression bien plus calme et plus douce que les derniers écrits de l'évêque d'Hippone. Plusieurs critiques en ont même conclu que le disciple, d'une façon plus ou moins consciente, avait modifié, corrigé, même sur des points essentiels, celui dont il paraissait être le défenseur intransigeant : tel a été l'avis d'Anlhelmi dans ses De veris operibus SS. PP. Leonis M. et Prospcri Aquitani dissertationes crilicœ, in-4°, Paris, 1689; d'Ellies du Pin, Diblioth. ecc., t. m, p. 449; de Fleury et, récemment, de son dernier historien, M. Valenlin, Saint Prosper, 1900, p. 368-402. Launoy allait jusqu'à accuser Prosper d'abandonner la théorie d'Augustin, bien loin de la soutenir; de la condamner, bien loin de la défendre. D'autres, comme Wiggers, lui reprochent au contraire sa « fidélité servile » à l'égard de son guide.
La vérité est que Prosper expose sincèrement la doctrine d'Augustin, mais, sans l'altérer en elle-même, il lui fait subir une transformation d'une immense portée. Élaguant les formules excessives pour garder la vraie pensée de son maître, rappelant des vérités que celui-ci supposait, mais oubliait de mentionner, mettant en saillie des explications que la fougue d'Augustin lui faisait omettre, il présente à ses adversaires une théorie de la grâce, en harmonie avec celle du docteur africain, mais dans laquelle s'encadrent sans ell'ort bien des thèses que les semipélagiens croyaient niées par l'augustinisme. Ainsi Prosper mit en relief trois grandes vérités qui font partie de l'augustinisme catholique, mais se trouvent voilées, jamais niées, dans les dernières œuvres d'Augustin :
a) La liberté et l'exclusion de toute impidsion qui lui ravirait le privilège de se déterminer : Prœdestinatio imillts est causa Standi, NEMIN1 est CAUSA labendi, dit-il. Resp. ail obj. Vinc., c. XII, P. L., t. li, col. 184. La prédestination ne modifie pas plus la liberté que la prescience elle-même : penser autrement c'est une folie ou une impiété : PrsedestinaHonem Dci, sive ad bonum, sive ad malum, in hominibus operari impiissime dicitur, ut ad utrumque, /tontines quidam nécessitas videatur impelîere. liesp. ad cap. Gall.,c. vi, /' /.., t. LI, col. 161. Cf. c. vu, ibid. : horuni lapsum Deo ascribere IMMOVICM pravilalis est, quia ILLOS Ht lit nus PROPRIA TPSORl H VOU VTATE PRjESCIVIT, et on nui a /iliis perdilionis nulla prédestinations discrevit.
b) La volonté divine du salut universel : Prosper ne
l'affirme pas seulement, il M;' • ceux qui la nient : qui
dicit quod non omnes homines velit Drus salvos fieri, sedeertum numerum prsedestinatorum, ut mis loqui- TVR, eie. Resp. ad cap. Gall., part. Il, sent, vin, P. L., t. li, col. 172. Cf. part. I, c. ix, col. 165 (Jésus-Christ esl mort pou) tout ,el Resp. ad obj, Vinc., c. u, col. 179 : Sincerissime credendum atque profitendum est Deum velle ut omnes homines sain fiant.
c) La grâce suffisante accordée à tous les hommes : lirsp. (i,i cap. Gall., c vin, col. 164 : omnium ergo lm, mini, ,i cura est Deo : et ne MO /•>/ quem non nui
gelica prœdicatio, nui Legis testificatio, «ut </,.«/ eliam natura convenial. Sed infidelitatem hominum ipsis ascribamus hominibus.
d) Le dogme do la prédestination n'inclut nullement une prédestination des réprouvés au péché. Bien plus, Prosper décrit la prédestination comme postérieure à la prescience : Et -quia prœsciti sunt casuri, non sunt prsedestinati. Essent autem prœdcslinati, si essent reversuri... Au lieu de conclure des nombreux textes de ce genre, que Prosper abandonne l'augustinisme, n'auraiton pas dû examiner de plus près les textes augustiniens et corriger l'interprétation exagérée qu'on avait acceptée? Il semble que nul, plus que Prosper, n'était en mesure de saisir la vraie pensée de celui dont il demandait à Célestin Ier de prendre la défense. Voir col. 2i01-240i.
5° Le triomphe de l'augustinisme modéré au IIe concile d'Orange (synodus Arausicana II, 529). Ce concile est l'événement le plus important de l'histoire de l'augustinisme. En effet, d'une part il a plus nettement fixé ce que l'Église veut garder du véritable augustinisme à l'encontre des erreurs semipélagiennes, et, de l'autre, en dissipant certaines obscurités de la pensée d'Augustin et en élaguant certaines exagérations accessoires, il a exclu pour jamais le prédestinatianisme.
1. Origine des canons d'Orange. — Saint Césaire, inquiet des troubles perpétuels excités parle semipélagianisme, sollicita le secours de Félix IV (526-530). Le pape lui adressa une série de capitula que Césaire s'empressa de proposer aux quatorze évèques réunis en synode à Orange pour la consécration de la basilique bâtie par le préfet Liberius. Dans la préface du concile, les Pères déclarent qu'ils les souscrivent et les promulguent. Mansi, t. VIII, col. 712. Mais il est très difficile de décider s'ils ont fait un choix entre les canons envoyés de Rome, et ce qu'ils ont ajouté euxmêmes. Ce qui est certain, c'est que le texte du concile, après un préambule, a trois parties bien distinctes : a) huit anathématismes contre huit erreurs semipélagiennes; b) dix-sept sentences augustiniennes sur le rôle de la grâce; c) une conclusion qui est une démonstration de la doctrine délinie, avec réponse aux objections semipélagiennes. Les anathématismes et les sentences sont presque toujours des extraits des œuvres de saint Augustin et des Sententise de saint Prosper. Les sources sont soigneusement indiquées par les bénédictins, /'. L-, t. XLV, col. 1785-1789; Mansi, t. vin, col. 721; et mieux dans llefele, Conciliengesch., 1» édit., t. Il, p. 726, etc.; trad. franc,-., t. ni, p. 332.
2. Sens général des définitions du concile. — Il consacre l'augustinisme vrai, mais modère.
i™ assertion : L'augustinisme vrai est sanctionné dans la priorité assurée à la grâce contre les semipélagiens. Voici l'économie des canons de ce concile : 1. ('.mises de la nécessité de la grâce : a) le péché origine], mors anima, ne peut être effacé sans elle, ean. 2;
b) l'affaiblissement de la volonté par la chute, can. 1 ;
c) ]<■ titre même de créature l'exige, can. 19. — 2. Le rôle de la grâce avant la justification. — Elle précède tout eflort; Vinilium salutis est un pur don de Dieu. D'elle seule procède : a) la prière, can. 3; b) le désir, can. i; c) i'initium fidei, can. 5; d) tout effort vers la foi, can. 6; e) tout acte salutaire, can. 7; /') toute préparation, can. 8, 12; 'g) tout mérite, ean. 18. — 3. Rôle de l.i grâce dans la justification, ou transformation opérée par la grâce du baptême. — Elle répare, can. 13, justifie, can. 14, change m melius, can. 15, donne la justice du Christ, can. 28. — I, Rôle de la grâce après la justification dans les justes. — Elle est nécessaire : pour bien agir, can. 9, pour persévérer, can. Ht, pour les vœux, etc., can. 1 1, pour b"- grandes vertus chrétiennes, Can. 17; pour la vie du Christ en nous, cm. 21, pour l'amour de Dieu. can. 25. -- 5. Rôle universel de la grâce ou ('tendue de s;i mces-.il/' pour éviter tout mal et pour tout bien a luire, en tout ordre, can. 9, 20, 22.
'.'•■ assertion : Cesl l'augustinisme modéré qui est sanctionné. — Les preuves de celte modération sont
M M fSTINISME DÉVELOPPEMENT HISTORIQUE DE L')
importante! : a) Le prédestinatianismei -i formellement réprouvé et anathématisé, Denzinger, n. 170 : aliquos vero ad main,,, divina potet taie pra destinâtes < »>■■, „■ ,, solum >""< credimus, s, ,1 .-h,,,,,, m sunt </,■, lanlu lum m: 1ère velint, <<,,,, otnni detestatione iUi ,/"'"'" "' ti nation au mal,
el pour la pn di stination des élus, il n en a point 1 té question din U ment. urtoul le concili pro
clame que tous les baptises ont la (acuité pleine et entière ''■ e sauver s'ils le veulent, possint... si voluerint. Denzingi 1. n. 169. Ce point est d une importance capitale : - '•"■' me .1 la fois la liberté, la grâce suffisante donnée à tous, même pour la persévérance finale. Il esl vrai qu'il n'esl pas question des infidèles, mais le prinesl posé, el déjà dès l'an 529, toul le jansénisme esl condamné par le concile même qui a le plus exalté la doctrine angustinienne.
est l'augustinisme sage que développera saint Grégoire le Grand à la fin du vi« siècle; prétendre avec Loofs, Leitfaden lum Studium der Dogmengssch. 3« édit., p. -21."), que c'est du semipélagianisme, sous prétexte qu'il accorde à la liberté de concourir à la grâce ,c'est contredire les données évidentes de l'histoire.
///. AU IX» SIÈCLE, NOUVELLE VICTOIRE DB L'AUGUSTI- NISME MODÉRÉ SUR LE PRÉDBSTINATIANISMB DB GOTT- SCHALK. — Aucune controverse peut-être n'est plus embrouillée que la dispute soulevée en France et en Allemagne de 810 à 860 au sujet des vraies doctrines augustiniennes sur la prédestination. Les passions personnelles, les violences et les rivalités, les confusions et les exagérations de formules, s'y mêlèrent à un tel degré que les critiques sont souvent obligés de donner tort alternativement aux deux partis. Plusieurs, surtout les protestants et les jansénistes, ont même essayé de justifier entièrement Gottschalk et d'en l'aire le véritable représentant de l'orthodoxie, victime des cruelles rancunes d'IIincmar de Reims. Voir Bibliographie. Nous devons renvoyer aux articles sur Gottschalk, Hincmar, etc., pour l'histoire de cette lutte; nous signalerons seulement le grand résultat de ces controverses : il restera définitivement acquis que dans l'augustinisme légitime et catholique, il n'y a pas, au sens propre du mot, une prédestination à la mort, et de plus que Dieu veut réellement le salut de tous les hommes.
1° Le prédestinatianisnie était réellement renouvelé par Gottschalk. —Quelles que fussent ses intentions et ses pensées intimes, il est certain que ce moine, fils d'un prince saxon, condamné au monastère presque malgré lui, transféré de l'ulda à Orbais (diocèse de Soissons), s'était égaré par la lecture exclusive de saint Augustin et de saint Fulgence. Ses amis, tels que Walafrid Strabon, lui donnèrent le nom de Fulgence. si -rande était sa prédilection pour ce Père. Il enseignait donc que Dieu prédestine aussi bien les damnes a l'enfer, que les élus à la gloire : gemina est prmdestinatio : siveelectcrumadrequiem,sivereproborumadmortem:quiasicut Deus incommutabilisantemundiconstitutionem omnes electos suos... prœdestinavit ml uitam seternam, st'mtliter omnino m, nus reprobos.., prœdestinavit ad mortem merito sempiternam.Eitr&ilàe la profession de foi de Gottschalk, remise à l'archevêque Raban Maur, en ei citée par Hincmar, Deprsedest., c. v. /'. /.., 1. axv', co1- 90; '■ cxxi, col. 368; cl'. Confessio Gotteschaici, i'. /.., 1. cxxi, col. :!i,s Sq, Dans le passage cité, le siniihter omnino prouve qu'il exagérait la doctrine de Fulgence qui avail lui me écrit son livre! Ad Von
Pour établir la distinction entre les deux décrets divins H invoquait cependant ce Père aussi bien qu'Augustin! (.1. Confessio Gotteschaici, /'. /.., t. cxxi, col. 350 La (;"'/''vs'" / ■■'"•/•. <'-'!. 362sq., traite d'hérétique
quiconque niera la gemina prsedestinatio.
'""-' lull> syoutail que Dieu veul sauver les seuls Prédestinés et que Jésus Christ les .. seuls rachel
■ • pai là m. n Deus vull ■/'"■'" 1) Oeus) nul-
borum... esse vuluil Salvator, uni ptor ri „„//,,,., coronator. Extrait* de Gottschalk par Hincmar, loc. cil . /< /. . t. MU| ,.llL ;wi,; v/l-
Une premier, conséquence était la négation de la liberté. L'hommi déchu n'a que 1., liberté de mal taire, et le non-pri ,; aucun pouvoir de -,• s.,u.
Cf. ibid., col. 366, et Hincmar, De , txt
P. I. . t. ..XXV. COl. 182 sq.
Autre conséquence plus effrayante : puisque • lus -ont rachetés, el que seuls les cachet justifiés, quand un non-prédi bonnes dispositions le baptême, 1 Vucl n'est point justifié; il ne peut même devenir membre se qui es| i., société des rachetés. Hincmar. ïbid., c. xxxv, col. lit;'.» sq., établit contre les I Valence que telle esl la doctrine de Gottschalk. - /-" concile <lr K
ttinatianisme n proclame In volonté «, du salut en hua et la rédemption </<• tous. - !)■ sis. Gottschalk avait été- condamné au concile ,J,- Mayence, présidé par Raban, et envoyé a son métropolitain, Hincmai de Reims, avec une lettre synodale notifiant la condamnation. Cf. Raban, Epiât, syn., J'. L 1 «n, col. 157'.. En 849, dans un premier' concile tenu a Kiersy, «iottschalk fut de nouveau condai, battu de verges et puis enfermé au monastère de Haut- \ libers. La controverse s'étant échauffée entre les amis de Hincmar et ses adversaires , voir BiblÙ : | ar-
chevêque de Reims, dans un nouveau concile a Iv (853), lit dresser et souscrire, en présence du roi Charles le Chauve, les quatre capitula carisiaca, Mansi t xiv col. 920 sq.; cf. col. ÏKT»; Denzinger, Enchirid n. -2/9 sq. ; llelele. Conciliengesch. 1 XXII s, 133 trad. franc., t. v. p. 392.
Ces quatre canons expriment l'augustinisme mod celui de 1 auteur du Dr jentium
mais les formules ne sont pas toujours des ile„r. et plusieurs pourront être blâmées plus lard. ].,. |. ;if. firme une seule prédestination pour les élus; quant aux réprouvés, Dieu m- les ., pas prédestinés à leur pi mais on accorde la formule suivante : Dieu juste leur ', prédestiné un châtiment éternel. Le 2 affirme la liberté rendue par le Christ, liberté- que . nous avions perdue dans Adam - (locution malheureuse par son obscui
1. 2404. Les deux derniers accusent un grand pr0. grès des idées plus larges sur la distribution de la gr '' cest le '•'■•H "i de ce concile, de procla
publiquement la volonté divine du salut de tous eau 3 et I universalité de la rédemption, cm. J. Ces deux obscurcies par les d, rnières formules d'Augustin voir col. 2i.i7. entrent clairement dans lenseignei de (Eglise; ce n est point, comme le prétend 1 Dogmengesch., p. 2.Y.. laugustinisme sacrifié aux 1 ■*" ''" Grégoire le Grand; c'est laugustinisme rendu plus clair et envisagé sous le coté consolant trop oui
luconclede Valence [855) les adversaires d'H mar condamnent expressément 1rs cap, mats ,u, /,,„</ enseignent la même doctrù reviennent point au prédestinatianisme. - 1 Or. ■ .1rs dissentiments. - Il nous est impossible d'en dans les mal, t. s politiques, les questions personni et sans doute les torts réels d'IIincmar qui lui avi suscité des adversaires nombreux et puiss.,„idans, le rovaume de Lothaire. Lintervention de s
ne, condamnant GotLschalk, mais .,„ ,, principes les plus contraires a la foi. jetait le disci •I" pélagianisme sur la doctrine d'IIincmar. Toujours ''-t-il que contre lui s'étaient déclai Loup Serval et Ratramne, maisl iuls Prudei .
évêque de Troyes, et Remy, successeur d'AmoIon sur le siège de Lyon (852), ainsi que l'Église lyonnaise qui donnait au diacre Florusla mission d'écrire en son nom. Voir Bibliographie. D'après Hincmar, De prsedcst., c. xxi, P. L., t. cxxv, col. 186, Prudence, qui avait signé les capitula de Kiersy, les attaqua ensuite et leur opposa quatre capitula conservés par Hincmar. Ibid., col. 64. Ct. Hefele, loc. cit., § 454, t. v, p. 395.
2. Le concile. — Il en résulta que les évèques des trois provinces de Lyon, Arles et Vienne, convoqués par l'empereur Lotliaire en concile à Valence (janvier 855), sous prétexte de condamner les graves erreurs de Scot Érigène, ineplas queesliunculas, et aniles pêne fabulas, scotorumque pultcs puritati fidei nauseam infèrent es, est-il dit dans le can. 6, Denzinger, Enchir., n. 288, condamnèrent aussi les capitula quatuor (de Kiersy) quse a concilio fratrum iioslrorum minus prospecte suscepta sunt, propter inulililalem vel ctiam noxielatem et errorem contrarium verilati. Ibid., can. 4. Les six canons affirmaient, le 1er la nécessité d'éviter les nouveautés (blâme pour les c. m et iv de Kiersy), le 2e l'accord de la prescience et de la liberté humaine nettement proclamée, le 3e les deux prédestinations electorum ad vitani,... impiorum ad morlem, le 4e les limites de la rédemption, le 5e la véritable régénération des non -élus par les sacrements, le 6e les règles des conciles anciens (Orange, etc.) sur la grâce, à maintenir contre les deux excès opposés. Cf. le texte du IIIe conc. de Valence, Mansi, t. xv, col. I sq. ; Denzinger, Enchiridion, n. 283 sq. ; Hefele, op. cit., § 456, t. v, p. 400.
3. Explication doctrinale. — Il est certain que les Pères de Valence, en réprouvant les capitula de Kiersy, croient y trouver des erreurs, propter errorem, et que leurs formules diffèrent absolument de celles de Kiersy (par exemple les deux prédestinations). Mais il n'est pas moins certain que les expressions de Valence sont encore plus malheureuses, plus obscures que celles de Kiersy, et que les deux partis, ne se comprenant plus l'un l'autre, soutenaient au fond la même doctrine ; seulement ils n'en voyaient et n'en exprimaient qu'un côté chacun. Nous sommes en cela de l'avis d'Hergenrôther, KirchengescU., iv« période, n. 202, trad. franc., t. v, p. 464. Pour s'en convaincre, on n'a qu'à lire la critique détaillée des Capitula Carisiaca par saint Remy de Lyon, De tenenda Script, verit., c. vm-xv, P. L., t. cxxi, col. 1102-1134, et l'apologie des mêmes capitula par Hincmar, De preedest., c. xvi-xxxiv, col. 129-3G9. Cet accord doctrinal apparaît sur les points principaux :
a) La liberté et le pouvoir de se sauver chez les réprouvés sont affirmés par les Pères de Valence : [credinius] nec prorsus ulli malo prsescientiani Dei imposuisse necessitateni ; ... nec ipsos malos ideo perire, quia boni esse non potuerunt, sed quia boni esse noluerunt. Can. 2. Tous les adversaires d'Hincmar disaient de môme : Loup Servat, Epis t., cxxix, /'. L., t. exix, col. 606: non ad supplicium impellendo... /saint Remy, loc. cit., c. vin, P. L., t. cxxi, col. 1002 : nec ista prsedestinatione aliquem cogat (Deus) ad maie agendum ; ct. tout le c. x, col. 1111 sq. ; saint Prudence, De prœdestin. cont. Scotum, c. ni, P. L., t. cxv, col. 1039 : Quod dicis prsedestinalioni Dei nullam inesse vint qua quit cogatur ad aliquid, et nos dicimus et probamus. Donc le prédestinalianisme était repoussé par les deux partis.
b) Quant à la prédestination simple ou double, c'était une pure logomachie, Hincmar ne voulait pas dire : g Dieu prédestine les réprouvés à la peine, » mais : « Dieu prédestine la peine aux réprouvés. » C i de Kiersy, Denzinger, Enchiridion, n. 279. Saint Remy et les Pères <lc Valence veulent aussi la première formule, mais ils ajoutent que cette prédestination des réprouvés suit la prescience de leurs fautes et diffère ain.si essentiel. DE THÉOL. CAT1IOL.
tiellement de celle des élus. Can. 3 de Valence, Denzinger, n. 285. Aflaire de mots, accord pour le fond.
c) Sur la volonté divine de sauver tous les hommes, le griei de saint Remy, loc. cit., c. xn, P. L., t. cxxi, col. 1116, c'est qu'on soulève ces questions délicates que le pape Célestin n'a point voulu décider. Voir col. 2463. Le concile de Valence n'a point osé nier cette assertion de Kiersy.
d) Quand les Pères de Valence nient l'universalité de la rédemption, ils veulent dire que ceux qui étaient damnés avant la passion du Christ n'ont point été retirés de l'enfer, etc.
4° Les conciles nationaux de Savonnières (859) et de Toioy (800) rétablissent l'accord et sanctionnent la victoire de l'augustinisme modéré. — En 859, quinze jours avant le concile national convoqué à Savonnières près de Toul par Charles le Chauve, une conférence tenue à Langres prépara l'accord en supprimant du concile de Valence la censure des capitula. Au concile de Savonnières (juin 859) trois rois (Charles, Lothaire II et Charles de Provence) étaient présents, ainsi que les évèques de douze provinces (entre autres Remy et Hincmar). On lut les canons revisés de Valence et ceux de Kiersy, renvoyant à un prochain concile les explications. Voir Mansi, t. xv, col. 527, Concil. Tullense apud Saponarias. Ce concile, plus nombreux encore que le précédent (étaient présents les membres des synodes de Kiersy et de Valence) se tint à Toucy, près de Toul. Sans revenir sur les décrets de Kiersy et de Valence, les Pères rédigèrent de concert ou plutôt chargèrent Hincmar de rédiger une lettre synodale pour les fidèles, expliquant les principes sur lesquels tous les évèques étaient d'accord. Or on y lit expressément que Jésus-Christ est mort pro omnibus mortis debitoribus, Mansi, t. xv, col. 565, et au contraire il n'y est point fait mention de la prédestination ad mortem. C'était le triomphe de l'augustinisme modéré d'Hincmar et de Kiersy.
IV. l'augustinisme sagement interprété par les grands scolastiques du MOYEN âge. — 1» Caractère général du développement de l'augustinisme par la scolastique médiévale. — 1. Un premier fait à signaler, c'est que les grands scolastiques reconnaissent Augustin comme leur guide et leur maitre. Même ceux qui suivent avec le plus d'ardeur le nouveau courant péripaléticien, dès qu'il s'agit de la grâce, s'inspirent de ['évéque d'Hippone. Celui-ci est parfois mal interprété, mais il est le maitre reconnu. Pierre Lombard lui emprunte une série innombrable de textes devenus classiques. Il faut ajouter que, dans l'ensemble, les docleurs scolastiques, évitant les deux écueils du pélagianisme et du fatalisme, restent Qdèles .m véritable augustinisme et sauvegardent les grands principes sur lesquels il repose, en particulier la dépendance continuelle de la liberté par rapport à Dieu. Saint Thomas en particulier mérite, dans les questions de la grâce, d'être égalé par Suarez à Augustin lui-même : ipsi Augustino eum supparem reputamus, tant il s'esl pénétré de l'esprit augustinien. De gratta, proleg. VI, c. vi, n. 28, Paris, 1857, p. 322.
2. Un second fait est l'immense progrès que réalise la scolastique dans sa synthèse de I ;mgustinisme : elle ne transcrit pas servilement les formules, elle les étudie, les développe, les complète, selon les lois énoncées plus haut, et c'est encore saint Thomas qui imprime à ce progrès sa direction éminemment sage et modérée. — a) Certaines idées plutôt supposées que traitées par saint Augustin sont mises en relief el développées; telles sont les théories des deux ordres naturel el surnaturel, de la grâce sanctifiante, etc. — b) Dans le gouvernement divin de l'homme, le côté de la libelle'', de la responsabilité humaine, du pouvoir qui lui est donné pour le bien comme pour le mal, est spécialement envisagé, tandis que saint Augustin, ayant en face, les pélagiens, accen-
in lit de plus i ii plui l •" lion de Dii " el u liberté absolue dam la distribution di ■ i, la théologie du moyi n âge, débarrassi e des pélagiens, tout en maintenant les droits de Dieu, mel l'accent tur la volonté divine universelle du >->iu t des hommes, sur la distribution In - lai gi di sur la lil lue de l'homme, qui exige à la fois le pouvoir de résister à la grâce el le pouvoir complet de ne point pécher, pour êtn responsable de sa faute, — c Enfin
iqu • "ii les grands docteurs débarrassent l'augustiuinisme de certaines thèses res adoptées pai
saint Augustin, désormais reléguées parmi ses hyperboles, comme l'enfer des enfants non baptisés.
;{. Toutefois le mode de conciliation de l'action divine avec la liberté, n'a gui re reçu de nouvelle lumière : il en est résulté que les esprits moins pondérés et excessifs nont point su garder l'équilibre entre les deux dangers opposés de ce problème. De là trois courants dont on ne peut nier l'existence au moyen âge, mais d'une importance bien inégale : a) le grand courant augustinien, Gdèle à la fois à la grâce et à la liberté ice sont tous les grands docteurs du moyen âge, Anselme, Bernard, Hugues de Saint-Victor, Thomas d'Aquin, Bonaventure, Gilles de Rome, Scot, etc.); b) un courant inconsciemment pélagien qui ne sauve la liberté qu'au dépens du gouvernement divin (tels certains noininalistes); c) un courant prédestinatien qui anéantit toute liberté et toute puissance de se sauver pour donner tout à l'action divine (Bradvvardin et ses disciples).
2° Tableau de l'augustinisme expliqué et adouci des grands scolastiques. — \. A la base, ils précisent la distinction si importante des deux ordres, naturel et surnaturel. — C'est leur œuvre propre : Augustin en avait fourni les éléments en reconnaissant que les privilèges d'Adam n'étaient point dus à sa nature. Les scolastiques organisent une théorie complète du surnaturel. — a)L'étai primitif d'innocence est longuement étudié ; on discute sur le moment où Adam est élevé, mais le fait de cette élévation est hors de doute. — b) L'ordre surnaturel de l'humanité rachetée est par suite caractérisé et synthétisé dans sa tin (béatitude surnaturelle, vision de Dieu), dans ses principes actifs, grâce et vertus infuses, qui constituent toute une vie surhumaine et comme un monde nouveau. Voir dans la Somme de saint Thomas la Ia II*, qui prépaie les traités De Deo créante el viciante, —c) Mais surtout la grâce sanctifiante sera étudiée avec profondeur comme principe de vie surnaturelle, de mérite ea condigno, en même temps que ds pardon, tue grande originalité des scolastiques, c'est d'avoir totalement transformé l'aspect de la grue : Augustin considérait presque toujours la grâce actuelle, l'action divine préparant nos mérites; les docteurs du moyen âge au contraire appellent giàce presque exclusivement la grâce habituelle, principe de justification et de vie demeurant en nous; ia grâce actuelle apparaît beaucoup moins, et sous d'autres noms, influentia, auxilium, motio. Si on ne prend garde à ce fait, on ne saisira point leur doctrine, spécialement sur la nécessité île la grâce. Voir S. Thomas, Siim. theol., [» II", q. i:i.x sq. Et toutes ces vues scolastiques sur les vertus infuses et la grâce resteront acquises et les théologiens d'allure plus populaire el plus moderne, comme Pupper île Goch, de l'aveu de Seeberg, Dogmengesch., Erlangen, 1898, t. n, p. 193, en seront tout pénétrés.