APOSTOLIQUES (HÉRÉTIQUES) — APOSTOLIQUES (PÈRES
La secte ne disparut pas toutde suite. Nous retrouvons des apostoliques en Espagne, en 1315. Jean XXII excita contre les faux apôtres le zèle del'évèque de Cracovie, en 1318. Cf. Raynaldi, Annal, eccles., ad an. 1318, n. 43-ii. Nous les voyons encore mentionnés par le concile de Narbonne, de 1374, can. 5. Cf. Labbe et Cossart, Concilia, t. xi, col. 2500.
II. Doctrines. — Ce qui caractérisa la secte, dès le principe, ce fut l'idée du retour à la vie et surtout à la pauvreté apostoliques.
Honorius IV et Nicolas IV incriminent, dans les apostoliques, le fait de constituer un ordre mendiant nouveau, contrairement au décret du IIe concile œcuménique de Lyon (1274), dans Labbe et Cossart, Concilia, t. xi, col. 988, qui les avait englobés, sans les désigner nommément; dans une condamnation générale; de plus, les deux papes leur reprochent d'avoir soutenu, au moins certains d'entre eux, des hérésies qui ne sont pas spécifiées.
L'enseignement de Dulcin nous est mieux connu. Le point de départ est encore l'imitation des apôtres ; la pauvreté doit être absolue, l'obéissance seulement intérieure : on s'engage, mais dans son cœur, sans vœu, à vivre d'aumônes. Sur cette théorie, Dulcin greffe des doctrines eschatologiques, inspirées des rêveries de l'école de Joachim de Flore. Il y a quatre temps dans l'histoire de l'humanité. Le premier est celui de l'Ancien Testament; le deuxième celui de Jésus-Christ et des apôtres; le troisième s'est ouvert avec le pape Silvestre et Constantin : l'Église a décliné, gâtée par l'ambition de dominer et par l'amour des richesses, et, en dépit de saint Benoit, et, plus tard, de saint Dominique et de saint François, la décadence a continué sa marche. La quatrième période a été inaugurée par Segarelli et Dulcin ; elle durera jusqu'à la fin du monde. L'Église est la grande prostituée de l'Apocalypse, infidèle à sa mission. Dulcin, qui se proclame élu de Dieu pour expliquer les mystères des Écritures et dévoiler l'avenir, annonce, en 1300, que le roi Frédéric II de Sicile deviendra empereur et sera l'instrument de la vengeance divine ; le pape Boni face VIII, les cardinaux, les évêques, les clercs, les moines seront tués; un pape viendra, envoyé de Dieu, et ayant pour mission d'établir la vie apostolique et la communauté des femmes ; ce pape et cet empereur resteront jusqu'à la venue de l'Antéchrist. L'Eglise devait finir dans trois ans; l'événement lui ayant donné tort, Dulcin annonça pour 1305 un triomphe qui ne vint point.
En attendant, il n'y a pas à obéir à qui que ce soit, pas même au pape. Comme tant d'autres hérétiques de ce temps, Dulcin prône la liberté d'esprit. Il méprise la lettre des préceptes, le culte, les cérémonies, les rites. Ptolémée de Lucques, dans sa Vie de Clément V, dans Baluze, Vitse paparum Avenionensium, Paris, 1C93, t. i, p. 27, cf. p. 005, dit, sans autre explication, que Dulcin avait péché contre le sacrement de l'eucharistie. Le sei nient est interdit, si ce n'est pour rendre hommage à sa foi ; on a le droit de se parjurer afin d'éviter la persécution, mais si l'on ne peut échapper à la mort, on est tenu de professer ouvertement sa créance.
Le système de la liberté d'esprit conduit aisément à la
liberté «les mœurs. Que faut-il penser de la moralité des
apostoliques? Des textes de Salimbene, Chronica,p. 117,
sur Segarelli, et de Bernard Gui, Praclica inquisition is
'ice pravilatis, p. 3.39, cf. Muratori, lieruni itali-
res, t. ix, col. 539, sur Dulcin et sa « sœur. >
Marguerite, sont au moins inquiétants. Bernard Gui,
. p. 260, impute à la secte d'avoir, dans sa doctrine,
deux articles secrets qui autorisaient et même gluri-
q( des actes impudiques. Les bulles des papes sont
muettes sur celte accu il ion (à moins que la lettre de
Boniface VIII dont H :i été quesiion ne s'applique à eui | ;
elle est également absente du procès d'un apostolique
Dicr. DE 'I II ['.ni.. C.VT1IOI..
jugé à Toulouse, en 1322, par Bernard Gui lui-même. Cf. le Liber sententiarum inquisitionis tliolosanse, publié par Limborch à la suite de son Historia inquisitionis, p. 360. Les écrivains postérieurs, ecclésiastiques et laïques, présentent sous un jour fâcheux la moralité des apostoliques. Y a-t-il à prendre et à laisser dans leurs dires ? Peut-être. D'après M. Tanon, Histoire des tribunaux de l'inquisition en France, p. 92, les apostoliques « paraissent avoir été assez inférieurs aux béguins. Aussi le soupçon d'immoralité les atteint-il avec plus de vraisemblance que ceux-ci ».
I. Sources anciennes. — Salimbene, Chronica, dans Monumenta historica ad provincias parmensem et placcntinam pertinentia, Parme, 1857, t. ni, p. 109-123 (Salimbene était au couvent des franciscains de Parme quand Segarelli inaugura sa vie apostolique); Bernard Gui, Praclica inquisitionis heretice pravitalis, Paris, 1886, p. 257-264, 296-208, 327-355 (Bernard Gui écrivit ce qui regarde les apostoliques en 1316, et il reproduit le fond de deux lettres de Dulcin); Liber sententiarum. inquisitionis tliolosanse, dans Limborcli, Historia inquisitionis, Amsterdam, 1692, 2- pagination, p. 338-339, 360-363; Historia Dulcini hxresiarchx Novariensis auctore anonymo synchrono, dans Muratori, Rerum italicarum scriptores prœcipui, Milan, 1720, t. ix, col. 427-442, et Additamentum ab auctore coxvo, ibid., col. 447-460 (reproduit en partie le texte de la Praclica de Bernard Gui); Dante, Inferno, c. xxvm, v. 55-60; Nicolas Eymeric, Directorium inquisitorurn, éd. Pegna, Rome, 1578, p. 201-203.
II. Travaux modernes. — H. Lea, ^1 history of the inquisition of the middle âges, New- York, 1888, t. m, p. 103-128 (traduit en français par Salomon Reinach, le I" volume paru en 1900 et le il' en 1901); H. Sachsse, Bernardus Guidonis tnquisitor und die Apostelbrùder, Rostock, 1891 ; L. Tanon, Histoire des tribunaux de l'inquisition en France, Paris, 1803, p. 87-93; F.Tocco, Gli apostolici e fra Dolcino, Florence, 1807. Cf. U. Chevalier, Répertoire des sources liistoriques du moyen âge, Bio-bibliographie, col. 602-603, 2024,2558.
F. Vernet.
3. APOSTOLIQUES (Pères). — I. Pères désignés par ce titre. IL Historique. III. Place dans la littérature chrétienne. IV. Forme et fond. V. Enseignements.
I. Pères désignés par ce titre. — Le titre de Pères apostoliques est inconnu dans la littérature chrétienne des premiers siècles. Le mot d'à7to<7ToXtxd; ne parait qu'à la génération qui suit les apôtres et, pour la première fois, dans saint Ignace, qui écrit aux Tralliens èv àTtooToXixôi yapaxTript, par allusion à la forme épistolaire de sa communication. Funk, Pair, apost., Tubingue, 1881, t. i, p. 202. (C'est l'édition que nous citerons dans tout le courant de l'article.) Mais, dès la fin du IIe siècle et durant le me, son emploi se généralise pour qualifier certains personnages, certains écrits, certaines églises. C'est ainsi que la Lettre de l'Eglise de Smyrne, xvi, Funk, t. i, p. 300, et saint Irénée, Lettre à Florinus, dans Eusèbe, //. E.,\, 20, P. G., t. xx, col. 185, traitent Polycarpe d'à7rouToXixd;. Pour Clément d'Alexandrie, Barnabe est tantôt à7ro<jro).ix<$;, Strom., n, 20, P. G., t. vin, cul. lOlil), tantôt à-oTToXo;. Slroni., il, 6. 7, col. 965, 969. Tertullien désigne les évangélistes Marc et Luc sous le nom d'apostoliques, pour les distinguer des deux autres évangélistes, les apôtres Matthieu et Jean. Prsescr., xxxn, /'. L., t. n, col. 44; Adv. Marc, iv, 2, 3, ibid., col. 363, 36i Ainsi entendu, apostolique sert à désigner une étroite relation personnelle et une complète conformité de doctrine entre les personnages auxquels on l'applique et les apôtres. Si aposlolicus <-s. dit Tertullien, cum apostolis senti. Decar. Chr., il, P. L., t. il, col. 755. Parmi les écrits, seuls les livres du Nouveau Testament et le Nouveau Testament lui même sont traités d'apostoliques. Clément d'Alexandrie l'applique à saint Paul : r, ànoaroXixri ypajr,, Protr., i, /'. C-, t. vin, col. 57 ; de même Origène, De princ., \U, 8, /'. G., t. xi, col. 261. [renée, Cont. lœr., i, :i, 6, /'. '.'., t. vu, col. 177, etaprès lui Origène, De orat., xxix, P. G., t. xi, col. 536, distinguent dans h3 Nouveau Testament la partie apostolique de la partie é\angélique. Tertullien range les Actes dans la première. Adv. Marc, v, 2, P. L., t. n, col. 472.
APOSTOLIQUES (PÈRES
Le titre de / l fun 'tfuLtS
»»£ KfftSÏÏSS
T.' ¥ffV'Xff G t. xx, col. 296, si l'identité ÏÏÏ2/l« n'SaU chose définitivement accise; celui delSur de l'être à /;ior,„é„, qui se d,t «ro«oX«ov ne 1 auteur < ; gang .^ se véri
^SvéSté de son re; celui d'Hermas, le frère du
P ï celui de l'auteur de la mdacke qui se
Z Pnlvcaroe tout ce qui nous reste de la littérature
assura rmPS d^s ««» ou •> ^jES
en dehors des livres canoniques; par suite la Bufcu . « , fe pstdo Sïnabé, Papias, l'auteur de I*,»* « I*»-
"ST'HiSSS: - Toutes ces œuvres à *£*%*
Yfi.ilre à Diugncte restée inconnue a lantiquiM clac i ont été appréciées et utilisées des leur «ppm,
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d'une autorité presque égale a celle de 1 tenture, mais SéTau début du iv siècle, Eusèbe croyait quelles •1-t ,i„mp tout ce qu'elles pouvaient donner. 11 est TraTq e 1er d s conflits théologiques et des définitions uoKma««ucs, les Pères apostoliques furent négligés urôun Occident. L'activité littéraire s exerça,, sur un Plus vaste champ et devant de plus lar.es horizons Hul n .,ui traduisit les fausses Clémentines, négligea empiétement la Lettre aux Corinthiens de Clément ? sP t n au moyen âge, ce fui pire. On continua a uidui« *ês épttrJ de saint Ignace et de saint Mm* , on lit circuler des collections fortement nterpç, A l'époque de l'organisation scientifique de la Slogie, Kissa presque complètement de côte ces "mers témoins des origines chrétiennes. Sous la R mè l'oubli aurail pu se raire;maia alors se produisit Changement , tue : l'attention fut trament et défin?tivS ramenée sur les Pères apostoliques. Prote*
cestemoiMetapprentod'euxlafoidel^lraprimi ,,ve *on organisation intime, sa hiérarchie. De plus.la SSoÏÏ, Sue en éveil par l'importance des questtons Es débattues, fût excitée et en parue saUsfaite par les
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I,;;!', ;iux précédent,, : Cureton ^'.^\.
traduction su,, que de sa.nt I
Pétermann, sa traduction arménienne en 184
b, publication du i
A» Codex Sinaitictu par Hschendorf, en 1862, on eut
son ? é.rité. Des 1807, Dressel avait apport,- une I ZXSZ à cette publication de textes so, • lori-inal soit dans des versions. DAbbadie donna
^ "a traduction éthiopienne d Hermas.
ineun os omUa une lacune par la découverte et la
, n dP la Lettre de saint Clément dans 1 original publication de la Uttre je sa ^ publia
E3 onÏ,uL,S;,cetl,.,né,,,e Lettre. Knfin paru, bî)£d* en 1883, grâce a l'heureuse d^uve, ,r Brvennios de ce document depuis -, longtemps Aoçae. ' "croire que la série n'est pas clo<e. quant a 1 n- "rÏL Peres^postoliques, déjà si puissamment excite, il n'est pas près de languir. , , .
tll Place dans la utTÉRATOTE chkétieniib. -
Pt, apostoliques servent de Irait d'union entre tes
«;ît les apolo,is,,s: il. forme-nt e »•-»»
„,.,„ solide de la tradition. Des le H« Siècle, leurs
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lis en. dun privilège à part; elles sont lues pubhjouis.em x r rounions chrétiennes, 1 m
Eh 1 utre a Alexandrie, la troisième en Occj- Sen 1 s sont même insérées dans les manuscrits a sutte des livres canoniques et traitées presque a légal
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\: 8' , oq. y. \ p G . viii.col
;'';r'p^: \ .^ -b ;^: o,igene; /),Tc ,3.
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APOSTOLIQUES (PÈRES
base d'un système, d'après lequel l'Église ne serait arrivée à l'unité qu'après plusieurs générations de conflits et grâce à une conciliation harmonieuse de ces éléments antagonistes. Mais ce système se heurte à des faits trop explicites et se trouve réfuté d'avance par les témoignages concordants venus de Rome, de Syrie et d'Asie Mineure. C'est ainsi que Clément joint la mort de Paul à celle de Pierre, / Cor., v, Funk, t. I, p. 66-68; qu'Ignace s'excuse d'écrire aux Romains sans avoir sur eux l'autorité de Pierre et de Paul, Ad Rom., iv, p. 218; et que Polycarpe rappelle aux Philippiens le nom de Paul, leur apôtre et leur correspondant, tout en mêlant à celte évocation plusieurs passages empruntées aux Épitres de saint Pierre. Ad Philip -, ni, p. 270. De telle sorte qu'en associant ainsi ces deux grandes autorités dans la direction des églises, ils n'en soupçonnent ni les divergences ni les incompatibilités, qu'on a prétendu y voir. 11 y a plus : dans la question du salut, ils proclament simultanément, avec Paul, la nécessité de la foi, et, avec Jacques, la nécessité des œuvres. Voir plus bas. Enfin ils connaissent de même les autres apôtres; car ils font appel aux Actes, aux Épitres, à l'Apocalypse, aussi bien qu'aux Evangiles. Et si rien n'indique qu'ils aient entre les mains ou sous les yeux une liste, un canon des livres du Nouveau Testament, ou même qu'ils aient désigné le Nouveau Testament par le nom propre de Kaivï) AtaO^xr), il n'en est pas moins vrai que, à l'exceplion de VÉpilreà Philémon,c\.de la IIP Épitrede saint Jean, tous les livres du Nouveau Testament leur fournissent, mieux que de simples réminiscences, des citations textuelles en grand nombre. En voir la liste aussi curieuse qu'instructive dans Funk, t. i, p. 564-575. La formule ordinaire pour introduire une citation, <I>; "féypa7tTai, est encore réservée pour l'Ancien Testament, sauf, dans un seul cas, Barnabe, iv, p. 12. Quand il s'agit du Nouveau, le plus souvent l'emprunt n'est pas signalé. On trouve cependant la formule : à>ç ÈxsXeuo-îv ô Kvp-.o; âv tÔ) EJayyiîXia), Didaché, vin, p. 24; 6 Kvpioi; sî'itEv, ô>; £"/£T£ £v XV EûayyeXia). Didaché, xv, p. 44. Seul Papias cite nommément Matthieu et Marc. Clément rappelle aux Corinthiens les injonctions de Paul, 1 Cor., ZLVII, p. 120; Ignace rappelle aux Éphésiens qu'ils doivent à Paul leur initiation à la foi et la place qu'ils occupent dans ses lettres, A d Eph.,\u, p. 182; Polycarpe rappelleaux Philippiens le cas que Paul faisait d'eux. Ad l'hil., m, p. 270. Mais, en dehors de ces cas, pas d'autres références à tel ou tel écrivain inspiré, désigné par son nom, bienque les emprunts textuels soientnombreux.
Une autre remarque importante, c'est l'absence, chez les Pères apostoliques, de citations empruntées aux apocryphes du Nouveau Testament. Et pourtant ils connaissent certains apocryphes de l'Ancien. Barnabe fait allusion à une parole de l'Écriture qu'il croit avoir lue dans Hénoch, iv, p. 8; Clément cite plusieurs passages prophétiques étrangers à l'Ancien Testament; Hermas nomme le livre de Eldad et Modad, Vis., Il, 3, p. 318; Papias doit vraisemblablement son erreur millénaire à l'influence de Hénoch et de Baruch. Les passages d'Ignace, qui semblent dériver d'une source apocryphe du Nouveau Testament, sont plutôt l'écho de la tradition orale; car toutes ces allusions aux faits évangéliques, et elles sont nombreuses, se trouvent fondées sur les Évangiles canoniques. Seul, ce passage : « Touchez, palpez el voyez, je ne suis pas un démon incorporel, » de AdSmyrn., m, p. 236, paraitemprnntéà la Doctrineou à la Prédication de Pierre, d'après (); igène, De princ, ,«./>. G., t. xi, col. 119, ou al' Évangile des Nazaréens, au dire de .lérôme, De vir. ill., 16, P. L., t. xxm, col. 686, et In Isai., x vin, prolog., P. L., t. xxiv, col.652; mais ce n'est là qu'un écho de Pur, xxiv, .'(!), ainsi que le remarque avec raison Lightfoot.i4posf. Fath., part. I, 1. 1, p. 11. Papias lui-même, lui si porté à interroger les témoins et à consigner les dires des anciens, peut passer
jusqu'à preuve du contraire pour avoir échappé à l'influence des apocryphes du Nouveau Testament. Il y a dans cette fidélité si exclusive des Pères apostoliques à l'enseignement écrit ou oral des apôtres un phénomène unique et de capitale importance, dont on voudrait voir se multiplier les preuves par la découverte des Aoyt'tov xvpiaxuW è;syr1<Tea)ç <myypà|A[j.aTa uévte de Papias.
IV. Forme et fond. — C'est surtout sous forme de lettre, à l'exemple de saint Paul, qu'ont écrit les Pères apostoliques, selon les besoins de l'heure et les circonstances, sans la moindre préoccupation d'ordre littéraire, sans vue d'ensemble sur un système lié de théologie, simplement pour accomplir un devoir, pour répondre à une nécessité, pour faire œuvre de sentinelles vigilantes. Clément ne cherche qu'à apaiser les troubles intérieurs qui divisent l'église de Corinthe, et fait valoir les principes d'ordre, d'unité, de hiérarchie, les plus propres à rétablir la paix. Ignace obéit à un sentiment de reconnaissance envers les commumiutés d'Asie Mineure, dont il a reçu les délégués, à son passage à Smyrne, et glisse des conseils pour les mettre en garde contre les dangers de l'hérésie qui menacent l'intégrité de la foi et l'unité de l'Église; seule sa Lettre aux Romains exprime un violent désir du martyre et adresse un appel suppliant pour qu'on ne s'oppose pas à l'honneur qu'il ambitionne. Polycarpe, prié de communiquer les lettres d'Ignace, dont il possède l'original ou la copie, les expédie non sans y joindre quelques paroles d'édification. C'est encore sous forme de lettre qu'écrivent le pseudo-Barnabe et l'auteur de l'ÉpUre à Diognèle, mais sans que l'on puisse constater les circonstances ou les relations personnelles qui les mettent en rapport avec leurs correspondants; ils imitent plus tôt la forme de Y E pitre aux Hébreux et composent, l'un un traité polémique, l'autre une espèce d'apologie. Quant aux autres écrits des Pères apostoliques, ils n'ont pas la forme épistolaire : la Didaché est une catéchèse et un manuel de liturgie; le Pasteur, une allégorie; les Expositions, un commentaire.
Aucun des Pères apostoliques ne brille par le style, l'ordonnance et le mérite de la composition littéraire, à l'exception de YÉpître d Diogncte ; aucun ne trahit la possession d'un enseignement théologique systématiquement ordonné. Ce n'est déjà plus la simplicité, la clarté, la profondeur des évangélistes, ni la marque de leur inspiration divine; et c'est encore moins l'exposition méthodique ou scientifique des Pères du ive et du vc siècle. Toutefois cette infériorité sous le rapport littéraire, se trouve largement compensée par la noblesse et la grandeur du caractère. Ce sont de vrais directeurs d'âmes; ils portent l'empreinte de l'Évangile; ils se meuvent dans un large courant de haute inspiration morale; ils se préoccupent des intérêts et des besoins des communautés chrétiennes; et ils apportent dans leur intervention le sentiment profond de leur responsabilité. Clément de Borne, avec une mesure et une modération qui n'excluent pas l'énergie, montre l'unité dans le plan divin, les harmonies de la nature et de la grâce, tout ce qui peut ramener des égarés au devoir, des insubordonnés à la soumission ; c'est déjà la marque romaine dans les affaires de l'Église. Ignace es! l'homme de l'Orient, vif, impétueux, dominé par la soif du martyre; il a le zèle sympathique et clairvoyant qui aperçoit et signale le danger, montrant dans l'union des fidèles avec leurs chefs le remède approprié. Polycarpe est par excellence l'homme de la tradition, le témoin inébranlable de la foi, la r.hp-x àxivr.Toi;, l'iîpaio; <,'>; à'x|io)V, de la lettre d'Ignace, Ad Poh/r.. ni ;apres avoir résisté comme l'enclume aux marteaux de l'hérésie, il léguera au jeune Innée contre le gnosticisme l'esprit de saint Jean et la force de saint Ignace. Ces trois Pères ont une personnalité nettement accusée, pleine de relief, el trèa
APOSTOLIQUES PÊ1
.,,.,•. onl m, cachel suffisamment révélateur. Lauteui Cd£ h "S de la question morale, du bon fonctionnemenl de, réunions, du mimsjree^lés.ast,que^ dans un but eschatologique. Le pseudo-Barnab. n pin
fepîuBhautspiritualis , mais a tort d'y mêler nn allé-
LismerTgdLt exagéré parfois jusqu'à l'extravagance. Papiï à ' igmentsquinoui
HTΫW« avoir* été un personnage crédule M* naïf mais très curieux du dire des anciens, qu il aime a in mrrog« et dont il a soin de noter les répons^. Hermas Se de foi antique et de ferveur, se platt à moraliser Sorme de révélations et de visions, et nous .donnée Dremier essai de théologie morale. L'auteur de 1 Epitn TZgnete est un penseur; loin de se laisseï 'déconcercr :; ■ 'isolement dédaigneux où l'on tient les chré- •pn ï il note la tendance .lu christianisme a la catbolici,;- l'apparition tardive du christiams me, qu on lui obiecte lui sert à prouver l'incapacité de 1 homme a ! ' par ses seules forces, à la pleine connaissance
d« I vérité et par suite la nécessité de la révélation; de Soïa. iégage ïduspectaclede la vie chrétienne la preuve de la divinité du christianisme. ;
v Enseignement. — Un peut a<ja jugei r
tance de l'étude des Pères apostoliques ,-«<|."- Sue leur relation avec le Nouveau Testamen et de a In ère dont ils onl également pari,', de Fautante de .'; 'e » es.n. Paul. Mais là ne se bornent pas S enÏÏgnements qu'ils nous donnent et qu'il importe
de4reKie - Étant donné la nature et le caractère | des œuvres des Pères apostoliques, on ne peut pas ?aUendrIâ trouver complète et détaillée l'exposition de
0 lesdogn.es du symbole. Toutefois il en est plusieurs de clairement indiqués : tels celui de l'unité de Dieuet Se là création du monde ex nihilo par l'intermédiaire du Fils Voir en particulier Hermas, Mandat., i; bitntl., 7x l'i'p 3»6 388, Ô22. La formule trinitaire parait egalement plusieurs fois. Didache, vu, p. 20; Clément,
1 Cor., xlvi, LVHl.p. 118, 134; Ignace, AdUagn., UHj 4d EpA., ix. La Trinité, dit Ignace, est le fondemen Je notre foi, Ad Smyrn., x, et de notre espérance. Ad I Maqn. xi. Dieu a créé le monde pour les hommes, | Epist. ad Diogn., x, p. 326; pour la sainte Église, Hermas, Vis., i,l, p. 336; pour son nom. Dtdaché, x. p. 28.
Dieu s'est manifesté par son Fils, le Verbe sortant du silence, Ignace, Ad Magn.,vm; le Christ était auprès du ; Père avant tous les siècles, Ad Magn., vi; c est lui, son I ils, le créateur, que Dieu a envoyé, de préférence a toute créature, ange ou prince, gouverneur de la terre ou gouverneur des cieux; et cet envoyé est le révélateur du Père, Epist. ad Diogn., vu, vni, p. 320 sq. 11 existe de tout temps, o5to< 6 àil} il est le Fils propre, tfiio«, uninu,, uovovevr,;, de Dieu, son verbe, l architecte, le démiurge de tout, roi, Dieu etjuge futur du monde. Ibul., xi Or ce Fils de Dieu est venu dans la chair, èv «tpxt. Barn., v, p. 1 1 : Vi, p. 20. Il s'est incarné, MlnNela vierge Marie, Ignace, Ad Ep/».,xx, vraiment né, Ad Jn»«« ix, tout à la lois Fils de Dieu et Fils de l'homme, AdEph., xx, Dieu et homme tout ensemble. Epist. od Diogn., vu. i t'ilest venu pour nous sauver parson Bang, AdEph.,i; il a pris sur loi nos iniquités, il est notre rédemption, Epist ad D«ogn.,ix; ilasouffert, Ad Eph.,xx, et vraiment souffert sous l'once Pilate; il a été crucifié, il est mort Ad Trall., ix; il a souffert sur le bois pour nous . auvèr: il a répandu son sang sur la croix pour détruire la mort, Barn., v; il s'esl révélé Fils de Dieu en choi- Bissant pour apôtres de son évangile des pêcheurs, Dam.,vj il doil enfin juger les vivants el 1rs morts, Barn vu; en attendant, il est le pontife de nos 0blations le patron et l'auxiliaire de noire infirmité. Cléi ,ent / Cor.,xxxvi. Le Saint Esprit est celui qui d parlé les prophètes. Sur Celle question trnnlaire, .!
j^e» sont à biw au sujet du langage embrouul
fautif du Pasteur: il en sera trait- à larticle Un ■•
On h- voit. I apostoliques ont plu
ment insisté sur h- rôle du Fils, sur son incan
,a rédemption ; et cela <t comprend, la
alors menaçante étant le docétismi ;lue Plui»
,,,,, au iv siècle surtout, qu'on approfondir
dona rotatives à la trinité, qu'on précisera a notion
d'hypostase ou de personne, qu'on définira la nature
des relations divines ad t,,tra, et le reste.
En dehorg de Dieu et de la tnn.té, .1 y a les c tares, et d'abord les anges. Clément rappelle le qui les montre empressés autour de Dieu et donne obéissance comme le modèle delà nde. Co-
rinthiens. / Cor., xxxiv. Barnabe distingue es bonanees de Heu. qui marquent la voie de luroi ;::^.o^, e, Us mauva. .es anges de Satan .qui m*nent dans la voie des ténèl ,xvm,P.
il rappelle deux fois le Noir, o «.e/aç, iv et x parle des esprit, célestes, des princes ««"eset inn-
ibles, Ad Smyrn., VI ; du lieu des anges Ad Tratl.,^ au diable, 4dipfc.,x; Ad TraU.,jmv, ^fm^a,
de Satan, Ad Eph., Ut; du prince de ce sHcle-td £,</<., xvM ux id Magn., i; Ad Rom., vu : noins différente
seront à designer le chef des rebelles. Hermas d.t que les anges ont été les premier- crées, que Dieu leur a confié toutes ses créatures, en particulier IVdil.cat.on d Tour, c'est-à-dire de l'Église, Fit ,UI, 4; que le Hls de Dieu a placé des anges a la garde de son peuple, l s V. 6 que chaque homme a deux anges, celui de la jus .ce et celu de l'iniquité.: Mandat., v.. P- 406; que l'on doit écouter Te premier et repousser le second, sans le craindre, car celui-ci ne peu. pas vaincre le serviteur de Dieu qui est rempli de la foi. Mandat., xi, ... p. U6. 1 c le entre autres, l'ange de la pénitence, Fit., ».». * » pëine.SnHH.>v,.:i;del;duxuree.delavelup,.>l|-Mr.
' ,, 2; etc. U nomme l'ange des bêtes, Thégri, <>. , -. p. 382, et Fange du Seigneur, Michel. SwntL, vm, 3,
P'jSrès l'ange, l'homme, image de Du tare.
l'objet de son amour, pour lequel Jésus-Chrid sest incarné et a verse son sang afin de lui assurer la remiss.on d ses péchés. *>£<»< a;Ja?T,-v. et de lu, donner pu résurrection un gage de la résurrection des morte, „»oav àva«rr«<iiï. Ba.fi., v. Ce dernier dogme, déjà m- ^depa r'ta'ïiV/a,-/,,-. xv,. p. W. Clément le fond.. ■ Snent sur la résurrection du Christ; U essaya même ' ïc T prouver par les images qu'il emprunta a la succ s on du jour et de la nuit, a la transformais que : StTe grain ensemencé. à l'exemple du phénix rena.s- , sant de ses cendres. 1 Cor., xxiv. xxv, p. 92 sq. S Morale.- La morale des Pères apostoli autre que celle de l'Évangile. Us parlent, en effet, de !,x voies., une qui mené a. a vie. l'autre a a mo, t ; , oremière par la fidélité aux commandements. 1. se- ^ , : "r'ie péché; D &nt prendre l'une et éviter
re e.ona'soin de bien spécifier et avec* quelle son. les œuvres propres a chacune. Du, -VI- Barnabe. XVIU-XXI. Celte morale des Pères apos.oliqu'ea a un cachet d'austérité grave, conformémei S chrétien que réalisaient les fidèles de ;h pnn Égl^e. Elle admet l'hypothèse dune détail S'efforce de la prévenir. , urmil
I , ,««ti/!cotion reste, comme dans saint Paul, le fruit de la foi. mais pas de la foi seule; car «^J""»^ qUes, on réclame la présence simultanée des o La DidacM et Barnabe nous on, d,. quelles dev être ces œuvres, qui mènent dans le chemin de la Sain. Qément reprend les exempb s. d 1-Apôtre des gentils pour démontre, *•**£■
,•„,!,, u montee que la foi a toujours été et do.tto,ioùra être accompagnée des œuvres; ,1 ajoute te Svl. à la r.;:^ U marque qu'il faut se sancUfier
APOSTOLIQUES (PÈRES
par les œuvres et non par des paroles, spyoi; 8ixaio0[j.svoi xoù [AT, Xd-yoïç, I Cor., xxxi, p. 08; et il conclut : èÇ SXr|; ttj; ia^ûoç f|(jLû>v èpfauaifjieôa é'pyov 8ixaioavv~/](. 7 Co>'., xxxm, p. 102. Saint Ignace recommande d'éviter l'erreur, de conserver la foi dans son intégrité et de faire le bien. Polycarpe ajoute à la mari; la nécessité de la Stxaiouijv/), justice, explique-t-il, qui ne saurait se réaliser que parles œuvres. ,4 d Pliil.,ix, p. 276. Quant à liermas, il est tout entier à assurer le salut par la fidélité scrupuleuse aux commandements. Mandat., i-xn. C'est ainsi que les Pères apostoliques unissent l'enseignement de saint Jacques à celui de saint Paul.
L'homme, qui est pécheur, doit avant tout se faire pardonner ses péchés. Il a pour cela le baptême, qui, en effet, remet tous les péchés, Barn., XI, p. 3i; transforme son âme et fait de lui une créature nouvelle. Barn., xvi, p. 50. Il a aussi la pénitence, [xerâvota, qui est le changement de l'âme, la réforme de l'intérieur, le renouvellement moral des sentiments, des idées, des mœurs, et sur laquelle revient sans cesse Hermas. Il est vrai qu'Hermas n'admet qu'une seule pénitence, Mandat., IV, I, p. 39i, celle du baptême, où se fait la rémission des péchés, ibid.,i\, 3, p. 396, après laquelle le chrétien, redevenu pécheur, ne pourra pas recourir efficacement à une autre et éprouvera beaucoup de difficultés pour vivre. Mais, à la Similitude ix, au sujet des pierres qui entrent dans la construction de la Tour, c'est-à-dire au sujet de ceux qui composent l'Église, il dit que quelques-unes, après avoir été insérées, sont rejetées pour faire pénitence. Mais comme ces hommes n'ont été insérés que parce qu'ils portaient le nom de Dieu ou le sceau du baptême, il s'ensuit qu'il doit y avoir une seconde pénitence, distincte de celle du baptême, et capable de l'aire réintégrer les pierres dans la construction de la Tour, c'est-à-dire les pénitents dans le sein de l'Église. Et c'est ainsi que saint Ignace affirme que tous ceux qui reviennent par la pénitence à l'unité de l'Eglise seront à Dieu. Ad Philad., ni, p. 226.
3. L'Eglise. — Aux yeux des Pères apostoliques, l'Église est un chœur où chacun doit donner sa note dans le concert harmonieux de tous pour chanter avec Jésus-Christ les louanges du Père, Ignace, Ad Eph.,ïv; un corps moral, le corps mystique de Jésus-Christ, Clément, 1 Cor., XXXVIII, dontcliaque fidèle est un membre. Ignace, Ad Trall., xi. L'Église est une par l'unité de la foi et du gouvernement; unie au Christ comme le Christ l'est au l'ère, Ignace, Ad Eph., v; et pas d'Église sans évèque,prêtres et diacres. /kJÎYaZL, ni. Cette unité a pour s\ mbole le pain eucharistique, fait de grains auparavant dispersés, Didachr, ix, et le repas eucharistique, Ignace, Ad Philad., iv. Elle eslsainte, comme la qualifie Hermas, Vis., i, 1,3; iv, 1. Elle est catholique, c'est-à-dire universelle, ainsi que le proclame pour la première fois saint Ignace, qui nous donne celte formule expressive : finou à'v 5j Xpiaxo; 'IyjtoGç, exel r{ xaÛoXixr) 'ExxXi^aca. A dSm i/m., vu i, p. 240. Elle est apostolique enfin, car tous ces Pères sont 1 écho authentique de la tradition des apôtres. Hermas la compare à une tour bâtie sur les eaux (le baptême), où les fidèles qui entrent dans sa construction sont 1rs vrais fidèles qui ont soin d'ajouter le: bonnes œuvres à la foi, Pis., M, 3; bâtie sur la pierre, n'ayant qu'une porte d'entrée, le Fils de Dieu, composée df plusieurs pierres, mais si fortement cimentée qu'elle parait monolithe. Simil., ix, 12 et 13.
4. Le ministère chrétien. — Si la foi assure l'unité de lise, c'est le ministère chrétien qui maintient l'unité
de la foi. La Didaché nous montre des ministres de la île, tels que les apôtres, les prophètes, les didas- . sorte de missionnaires itinérants, sans résidence fixe, [)id., xiv, et des ministres du sacrifice public, plus spécialement de |n litnrtrie eucharistique, les évéques et les diacres, ibid., xv. sans qu'on puisse nettement déterminer leur ordre hiérarchique. Cependant elle rattache
au sacrifice eucharistique le choix de ces derniers. Ceux-ci ne sont donc pas exclusivement des administrateurs temporels, des économes, ni même de simples prédicateurs de la parole. Ils sont avant tout les ministres de la liturgie eucharistique, ce qui ne doit pas les empêcher de remplir au besoin le rôle des prophètes et des didascales. Clément de Rome prend pour exemple l'ordre qui règne dans l'armée, dans le corps humain, pour légitimer celui qui doit régner dans le corps du Christ. Or, jadis, les oblations et les sacrifices incombaient au souverain pontife, aux prêtres et aux lévites de l'Ancien Testament; désormais la upoucpopâ et la XeiToupyia doivent incomber à la nouvelle hiérarchie, à trois degrés comme l'ancienne. I Cor., xxxvii-xl. Cette hiérarchie est d'origine divine, car Dieu a envoyé le Christ, le Christ a envoyé les apôtres, et les apôtres ont envoyé leurs successeurs. 1 Cor., xlii. Quant au nom propre du chef de cette hiérarchie, peut-être n'y en a-t-il pas encore d'exclusivement consacré par l'usage, mais Clément laisse entendre que ce doit être celui de èTiiirxo'Tto;, car l'é7tiaxo7rij excite l'ambition. 1 Cor., xuv. Et c'est bien de l'épiscopat monarchique et unitaire, au sens actuel du mot, ainsi que de la hiérarchie à trois degrés, composée de l'évêque, des prêtres et des diacres qu'il s'agit. Saint Ignace ne permet pas d'en douter. Il a vu en passant l'évêque de Philadelphie; il reçoit la visite de celui de Tralles, de Magnésie et d'Éphèse; il séjourne chez celui de Smyrne; et il est lui-même évèque d'Antioche. Or, à ses yeux, l'évêque, c'est Dieu, Ad Eph., vi, le type du Père, Jésus-Christ, Ad Trall., ni; le remplaçant, le familier, le ministre de Dieu, Ad Polyc.,\i; celui qui préside à sa place, Ad Magn.,\i; celui qui est le centre de l'unité, la garantie de l'ordre, la sauvegarde de la vérité ; celui qui personnifie l'Église ; car là où est l'évêque, là est l'Église : otiou av çavr, ô èîtîffxoitoç, ixeï t'o ïtXfjôuK ëctto), de même que là où est le Christ, là est l'Église catholique. AdSmyrti., vin, p. 240. A coté et audessous de l'évêque se placent les prêtres qui composent son presbylerium, Ad Eph., n,xx; Ad Trall., vu, xm; AdMagn., vu; sonsénatapostolique,i4dJ/a<7«.,vi; unis à lui comme les cordes à la lyre,/l</ Eph.,\\; et chargés de le réconforter. Ad Trall. ,xu. Enfin viennent les diacres, ministres des mystères de Jésus-Christ, Ad Trall., n, et collaborateurs de l'évêque. Ne rien faire en dehors de l'évêque; lui obéir en tout; être soumis à l'évêque et à son presbylerium; ne faire qu'un avec l'évêque, les prètresetlesdiacres.yld il/ag«.,xin; Ad Trall., vu j Ad Philad., iv, vu; Ad Smyrn., vm. Cette unité étroite garantit l'unité de la foi et assure la pureté de la doctrine. Le recrutement de cette hiérarchie se fait par l'ordination, par l'£7t£6E(7i; tûjv xe'Ptiv• ^a Oidaché parle du choix des candidats à l'épiscopat et au diaconat, et se sert du mot yeipo-ovîa. Did., xv, p. 42. Mais ce terme n'implique pus encore le double sens de choix et d'ordination. Il indique simplement la part de la communauté dans la désignation des candidats; aux chefs était réservé le droit de ratifier ce choix et d'imposer les mains aux élus. Saint Clément écrit : « Nos apôtres apprirent de Notre-Seigneur qu'il y aurait des rivalités au sujet de l'épiscopat. A cause de cela, doués d'une prescience parfaite, ils établirent Ttpoetpr)(tévov« (c'est-à-dire ceux dont il vient de parler et qui correspondent au souverain pontile, aux prêtres et aux lévites de l'ancienne loi) . ils ordonnèrent ensuite qu'après la mort de ces derniers, d'autres hommes éprouvés fussent chargés de leur ministère. Ceux donc qui ont été établis pareui ou ensuite par les autres hommes distingués avec le consentement de toute l'Église, etc. » l Cor., xuv, p. 116. Voilà l'ordre de succession : à la communauté, le choix ou plutôt la nation des candidats; aux chefs constitués, la ratification et l'ordination.
Reste à savoir si. en dehors de celte hiérarchie à trois degrés propre à chaque église, il n'y a pas un évèque
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APOSTOLIQUES PÈRES
rapérieur à tous les autres. L'intervi ntion de Clément de Rome dam lea affaires de Corinthe permet A pondre affirmativement, Rome a été fondée i
il était vrai que toutea lea • fondation apos-
tolique fussenl égales en autorité, on ne voit pas pourquoi c'esl Rome qui intervient à Corinthe, quan
me se trouvent Bérée, Philippe ou rhessalonique, quand sur la côte d'Asie et à proximité se trouvent Smjrne el Éphèse, surtout quand reste encore un vivant de l'âge apostolique, l'apôtre Jean. Les plus mo- ,i, , s parmi les protestants, entre autres Lightfoot, i herchenl à éluder cette question ou plutôt la tranchent en affirmant que c'est là la première usurpation de l'évéque de Rome dans le sens de la primauté, en attendant la seconde, celle de Victor, au u- siècle, quand il
mer i d nmunier certains évoques d'Asie, lors du
différend pascal, en attendant les autres. C'esl oui, lier trop facilement le : Tu es Petrus; et le : Posas oves, pasce agnos. C'est oublier aussi le langage de saint [gnace. Il écrit à l'église qui préside dans le lieu de la région des Romains; adresse peu claire, où quelquesuns ont voulu voir une simple préséance locale ou régionale, mais où l'on peut voir aussi une préséance religieuse semblable à la préséance politique de Rome sur le monde. Kunk ne craint pas de traduire ainsi : quae prsesidel universœ eeclesise, idque Romas, ubi habilat. Pair, apost., t. i, p. 212. Quoi qu'il en soit de l'interprétation de ce titre, Ignace signale Rome comme j 7cpoxa8»itiivYi -r,; àv<im)«; cela signifie, d'après Pearson, Zahn, Lightfoot, présidente de la charité, par allusion à la charité romaine. Or, d'après l'usage, npoxaÔîjaOat ne s'applique qu'a un lieu ou à une société; et des lors. àr,7t,- peut être synonyme d'ôtxta)<jiot et signifie réellement' l'église dans la langue d'Ignace. L'àyàitr) des Smyrniotesetdes Êphésiens vous salue, Ad Trall., xm; l'ayi-r, des frères qui sont à Troas vous salue. AdPhilad. , M ; Ad Stnyrn., xil. Si donc, dans la langue d'Ignace, i-'i-r, désigne une église en particulier, pourquoi ne désignerait-elle pas l'Église universelle dans la suscription'de i'Épître aux Romains? Voir Funk, t. i, p. "213. 5. La oie chrétienne. — Les candidats à la vie diretienne subissent une double préparation intellectuelle et morale. Ils sont d'abord instruits sur la nature, l'importance et l'étendue de leurs futurs devoirs : c'est la catéchèse, dont nous avons un spécimen dans les d voies de la Didaché et de Barnabe; ils doivent également apprendre ce qui doit faire l'objet de leur foi : c est la traditio symboli; mais les Pères apostoliques n'en parlent pas. La Didaché indique, à titre de préparation ascétique, le jeune obligatoire chez le futur baptisé; Hermas. sans spécifier, laisse entrevoir d'antres pratiques de pénitence. Le baptême couronne cette préparation; sa matière, sa forme, ses effets sont signalés par la Didaché, vu, p. '20. Barnabe dit que le baptême nous purifie complètement, xi ; Hermas, qu'on descend mort dans I eau el qu'on en sort vivant, Simil.. IX, 10. p. 532, avec l'empreinte propre au chrétien, la vc?*-;::.
Une lois baptisé, le fidèle s'entretient dans la vie chrétienne par l'assistance au sacrifice et la participation à Veucharislie. Qu'il s'agisse de l'eucharistie, sacrifice et C munion, la Didaché ne permet pas d'en douter. Cilla préparation qu'elle exige, baptême. IX. p. 28, exomologèse, XIV, p. Î2, et conscience pure pour que le
sacrifice soit pur; les expressions qu'elle emploie, le xli<r\ia et le itoTrjpiov, ix, p. 26, deux termes i signification chrétienne; les effets qu'elle indique, cette nourriture spirituelle communiquant la vie el la science, l'immortalité, la vie étemelle, taisant habiter Dieu dans dos cœurs, tout le prouve. Saint [gnace est encore plus explicite : la fraction du painesl le remède de l'immortalité, l'antidote de II mort, la vie dans le Christ. Ad Eph., x\. o .le veui le pain de Dieu, qui est la chair du Christ... et pour boi •'. l ' Rom., vu, L'eu-
He est, en effet Ad Philad., i\ . Ad Smyrn., vu. Il i valide que celle que fait l'évéque ou, en sa ; celui a qui il en a donné l'autorisation. Ad mu.
Si le fidèle vient a commettre une faut n'a
pour renier dans la vie chrétienne, qu'à recourir ■ pénitence. Le» Pères apostoliques ne disent pai
te. Hermas fait entendre qu ell dit qu'il n \ en a qu'une. Voir plus haul nt la
confession devait en faire parte-. Et si Cl tente de dire que celle-ci est salutaire et qu'il vaut mieux confesser ses péchés que d'endurcir s p. 124, Barnabe en fait une obligation, xix. p tant la prescription de la Didaché, qui ava I qu'elle devait se faire en public et qu'elle devait pi der la fraction du pain et l'action d< ur que le
sacrifice fut pur. Uni., iv. p. 16; xiv. p. 12. Hermas nous apprend que Dieu oublie I injure de ceux qui confeleurs péchés. Simil., ix, 23, p. '•'>-
L'ascétisme n'était pas étranger à la vie chrétienne. Nous avons déjà parlé- du jeûne a l'occasion du bap: La Didaché veut qu'on ne jeune pas comme les hypocrites le second et le cinquième jour, mais le quatrième et le sixième, c'est-à-dire le mercredi et le vendredi, vu. p. 22. Hermas observe les jours de star.^u. Simil., v, 1. p. KO. Son jeûne consiste à n'user que d (1,-au : c'est la xérophagie. Si mil., v, 3. is le
Pasteur lui fait observer que le vrai jeune, le jeûne efficace, consiste dan= l'abstention de tout mal. l'obéissance et la fidélité aux commandements. L'aumône accompagnait le jeûne. Simil., v, 3, p. 45't. Hermas. dans l'allégorie de l'ormeau et de la vigne, nous d l'image du riche et du pauvre, l'un portant haut! unis par une mutuelle réciprocité de services. Simd., u 11 faut faire l'aumône à tous, mais non sans discrétion. La Didaché rappelle ce conseil : que ton aumône transpire dans ta main jusqu'à ce que tu saches à qui tu donnes, i. p. 8. On ignore d'où elle l'a tiré.
La Didaché dit : Si tu peux porter tout le joug du Seigneur, tu seras parfait; si non. fais du moins ce que tu pourras. Did., VI, p. 18. 11 > avait des tiquant les conseils évangi liques. Des femmes fais profession de virginité. Saint Ignace salue» les \i ' appelées veuves S. Ad Smyrn.. XIII, p. 244. On a voulu > 1 voir une allusion aux diaconesses. Hais c'est une question de savoir si alors diaconesses et veuve- i qu'un: l'identification fût-elle admise, c'est encore une question de savoir si. au commencement du il' siècle. les diaconesses étaient choisies parmi les vierges, contrairement à la prescription de saint Paul. I Til 3-16; il s'agit ici plus vraisemblablement des femmes faisant profession de virginité et improprement lées veuves, parce qu'on le> inerhait parmi les veuves, comme nous l'apprend Tertullien. De vel. l'irg., ix. /'. I... t. i. col. 902. Hermas. Simil., ix, 11, p. 518, fait allusion i des vierges, dont la conduite, encore : préhensible, deviendra plus tard un danger et réprouvée : ce sont les futures svbinlroductm, dont il est question dans Tertullien, De iej., xvn, /'. L.. t. n. col. 977. et De vel. virg.,in, ibid., col. 900; et cuperonl les conciles d'Elvire, can. 27. d'An
can. 19, et de Nicée. cm
Rien d'étonnant si les Pères apostoliques ont traite les fidèles de temple de Dieu, Barnabe, YI, xvi ; Ignace, Ad Eph., xv; Ad Philad., vn ; de membres du Christ, Ignace, Ad Trall., xi ; d'imitateurs de Dien, (ii(ir,0r,; 8 Epist. ail Diogn., x. La vie des chrétiens ne pouvait qoe servir de modèle tt produire une impression profonde sur tout observateur attentif et sincère. De la le tableau de la vie chrétienne dans l'ÉpUre è Diognète,?, \i. Les
chrétiens, semblables aux autres homme. rap-
port de l'habitation, du vêtement et du lai diffèrent beaucoup; car Us sont citoyens d'une autre
APOSTOLIQUES (PÈRES) — APOTACTIQUES
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patrie, se considèrent comme des étrangers ici-bas. Fidèles aux lois, époux modèles, pauvres mais généreux, aimant ceux qui les persécutent et rendant le bien pour le mal, ils sont toujours heureux et jouent dans le monde le rôle de l'âme dans le corps : 07isp cTiiv sv iT(ô[j.aT[ 'iuy vï, tout' Etfflv âv xô<tu,w Xpioriavo:'. Sans eux, le monde s'écroulerait. Epist. ad Diogn., VI.
G. La liturgie. — Les Pères apostoliques ne font allusion qu'à la liturgie eucharistique, et encore très discrètement. C'est le dimanche, la x'jptaxr,, un nom nouveau dans la langue chrétienne, Did., xiv, p. 42, qu'on se réunit pour participer au x),io-(j.a etau uoTrÉpiov, après s'être préalablement confessé et réconcilié avec ses ennemis. Barnabe appelle ce jour le huitième et donne la raison de ce choix : c'est le jour où Notre- Seigneur est ressuscité. Barn., xv, p. 48. Ce fut le jour par excellence, qui coexista d'abord avec le sabbat et finit par le remplacer, dès le commencement du IIe siècle. Saint Ignace recommande, en effet, de ne plus observer le sabbat, mais le dimanche. Ad Magn., ix, p. 198.L'agape faitencore partie du service eucharistique.
La Didaché, qui signale comme prière quotidienne le IlâTep f^wv ô èv T(ô oûpocvô), vin, p. 24, nous offre de courts modèles de la manière de faire l'action de grâces, le dimanche, sur le pain et le vin eucharistiques, ix. Clément finit son Epitre par une longue et magnifique prière qui rappelle le ton de nos préfaces et qui, si elle n'est pas un écho officiel de la prière universelle des synaxes, reste en tout cas un beau spécimen de la prière publique et servira de moule aux futures litanies. 1 Cor., LIX-LXI. A remarquer la prière pour les pouvoirs constitués, bien que persécuteurs, dont parlent Clément, loc. cit., et Polycarpe. Ad lJhilip., xn, p. 280.
7. Polémique et apologétique. — Les Pères apostoliques ne sont rien moins que des polémistes. Cependant l'auteur de VÉpitre à Diognète, il, p. 310, s'en prend à la forme fétichiste du polythéisme, et reproche au judaïsme ses sacrifices, sa distinction des mets, sa pratique superstitieuse du sabbat, sa jactance au sujet de la circoncision, ses jeûnes, ses néoménies, qu'il qualifie de puérilités ou de folie, in. Barnabe, dur et sévère contre les Juifs, montre qu'ils s'en tiennent au sens littéral et charnel sans s'élever au sens spirituel et à la signification morale de leurs observances, vin-x. Hermas rejette hors de l'Eglise les gnostiques insensés, ïçpoveç, qui veulent tout savoir et ne connaissent rien à fond, OîV.ovtî; ttï'/t» ytvtioxstv xoù oùSèv o)to; YiyvajTxouat. Simil., ix, 22, p. 5i0. Mais ce ne sont là que des indications sommaires. Le polythéisme trouvera d'autres adversaires beaucoup plus puissants. Le judaïsme intransigeant, Imitant saint Paul d'apostat et se perdant dans la secte des ébionites, aura de vigoureux antagonistes. Quant au gnosticisme, le grand danger du christianisme au n< siècle, c'est [renée et Tertullien qui lui barreront le passage. 11 n'en est pas moins vrai que l'erreur et l'hérésie cherchent à se glisser dans les communautés chrétiennes d'Asie. C'est le même mouvement d'idées, mais renforcé, plus habile et plus dangereux que du temps des apôtres. Le docétisme, d'une part, substitue un fantôme à l'humanité de Jésus-Christ : il nie son origine et sa naissance humaines; il ne voit dans les événemenl de sa vie, baptême, souffrances, passion, mort et résurrection, que des irréalités, des apparences. Et, d'autre part, le judaïsme cherche à maintenir ses positions et à imposer ses pratiques. C'est en face de ce il mble courant que se trouve suint Ignace. I)ans ses Epitres aux Tral liens et ;mx Smyrniotes, il attaque plus particulièrement le premier, en affirmant la réalité sensible de la nai -une, de la vie, de la mort et de la ion du Christ, hausses Épitres ;mx Magnésiens et ,nix Philadelphiens, il s'en prend plus spécialement au second, en dénonçant l'inutilité des observances, le danger des fables et des mythes aux interminables
généalogies d'anges, en recommandant de ne pas écouter quiconque prêche le judaïsme, Ad Pliilad., vi, et de repousser le mauvais ferment, vieilli et aigri. Ad Magn., x. Mais on voit qu'il ne vise pas le docétisme particulier de Simon, de Cérinthe ou de Saturnin, mais plutôt une espèce de docétisme à forme judaïsante, une seule et même erreur, propre à la province d'Asie, mâtinée de gnose docète et de judaïsme intransigeant, complètement étrangère au plan du Père, prônée par des docteurs hétérodoxes qui parlent autrement que le Christ, menacent l'unité et engendrent la mort.
Le seul des Pères apostoliques qui ait fait valoir un argument en faveur du christianisme est l'auteur de VÊpUreà Diognète. Si Dieu a tant lardé à paraître, c'est, dit-il, pour nous convaincre expérimentalement de notre indignité, de notre impuissance à conquérir le royaume de Dieu, et pour nous prouver son amour en nous appelant à la vie, et sa puissance en nous aidant à l'obtenir par la manifestation de son Verbe, par la foi en sa parole. Epist. ail Diogn., ix, p. 32i. Et c'est là le début de la thèse sur la nécessité de la révélation. Après avoir écarté le polythéisme et le judaïsme, l'auteur de l'Épître montre le rôle du chrétien dans le monde, trace le tableau de la vie chrétienne, et conclut à la divinité du christianisme; TaÛTa àv6poj7Tou o-j Soxet Ta epya" TaÛTa 8'jvau.tç ÊiTTi 0EOÛ. TaÛTa Tr(; 7ra?o-j?t'a; autoû 3siyu,aTa, VII, p. 322. Et c'est ainsi que l'auteur de l'Épître à Diognète sert de passage des Pères apostoliques aux Pères apologistes.
I. Éditions. — Migne, P. G., 1. 1, u, v; Hefele, Opéra Patr. apostol., 4" édit., Tubingue, 1855: Dressel, Patr. apostol. opéra, Leipzig, -1857; édition revue et augmentée par Gebhardt, Harnack et Zahn, Patr. apostol. opéra, Leipzig, 1877, 1894; Jacobson, Patr. apostol. quœ supersunt, 2 in-8°, 4* édit., Oxford, 1863; Funk, Opéra patr. apostol., Tubingue, 1881; Doctrina duodec. Apost., Tubingue, 1887; Patres apostolici, 1901.
II. Travaux. — Hilgenfeld, Die apostolischen Voter, Halle, 1853; Freppel, Les Pères apostoliques, Paris, 1859; Donaldson, dans Critical histortj... I. The apostolical fathers, Londres, 18G'i; Sprinzl, Die Théologie der apostolischen Voter, Vienne, 1880; Lesquoy, De régi mine Ecclesise juxta Patrum apostol. doctrinam, Louvain, 1881; Lightfoot, The aposlolic fathers, Londres, 1800; Smith et YVace, Dict.of christ, biography, article Apost. Fatliers.
G. Bareille.
APOTACTIQUES. Hérétiques du iir et du iv siècle, de la secte des encratites. Ils se donnèrent le nom d'apotacliques, c'est-à-dire de renonçants, parce qu'ils renonçaient au mariage et à la propriété, à l'exemple des apostoliques qui se disaient parfois apotactiques, comme d'autres si' dirent cathares, c'est-à-dire purs par excellence. Épiphane, Hœr., lxi, P. G., t. XLI, col. 1040. Comme les apostoliques, ils professaient des principes d'orgueil, d'ascétisme outré', d'intolérance. Ils avaient les mêmes attaches gnostiques; car saint Basile, en 375, signale leur horreur du mariage et ajoute que, à l'exemple de Marcion, ils regardaient la créature comme mauvaise et Dieu comme l'auteur du mal, Epist,, CXCIX, i~,P. G., t. xxxil, col, 732. Ils finirent par entrer dans le courant manichéen, bien qu'ils s'en défendissent pour échapper à la vindicte des lois; car Théodose le Grand, en 381 et 383, ne se laissa pas prendre à leurs subterfuges et les engloba nominativement dans la condamnation du manichéisme. Nec se sub simulations fallacim eorum icilicel nominum, quibus plerique, ut cognovimus, probatœ //</et et propositi castioris dici ac signari volunt, maligna fraude défendant; cum prmsertim nonnullos ex his Encralitas, Apotactitas, Hydroparastatcu vel Saccophoras nominari s,- velint, et varietate nominum diversorum velul religiosœ prof essionis officia menliantur : eos enim omnes convertit, non professione defendi nominum, sed notabile» atque execrandos Italien l,-,r si'ctarum. Codex Thcodos., XVI, lit. v.leg. Tel 11.
Dictionnaire d'archéologie chrétienne, t. i, col. 'Jin
G. BàltHILLE.
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APÔTRES
10 iS
1 APÔTRES. Ici comme pour l'apostoliclté, '■' Ihéoloi ie m mêle InUmemenl t l'histoin u Ç donc nous occuper quelque peu des hits historique*. Nous le ferons uniquement dans la mesure ou lexigeni
les allons de doctrine, et cela expliquera que nous
ne dis s rien.parexemple.de la Ai8*X^«»r A/0™?*!
doctrine des dôme, ni de certains passages de saint Paul, ou ,1 s'agit d'apôtre», mais non pas au set la chose intéresse le théologien; rien non plus de l'apostolat chrétien, qui touche bien à la théologie, mais non pas à la question des origines et de la constitution de l'Eglise. Sept point- I. Le mol el la notion; les conditions pour être apôtre. IL Théories rationalistes. III. Les origines de l'apostolat. IV. La mission .les apôtres. V Les prérogatives des apôtres. VI. Les apôtres et le dépôt de la révélation. Vil. Les apôtres el les évoques; charisme et fonction.
1 Le mot et la notion; les conditions poit. être APô'tre - 1. Mot et notion. - Le mot apôtre est fàirôcrroXo;, de fcroinftXto, et non, comme on dit souvent, de àiti el de arAXii); il signifie envoyé. On le trouve une fois dans les bibles grecques, 111 Reg., xiv, 6 (non pas proprement dans les Septante, qui, au passage correspondant, se servent du verbe èwxwxrréWw, mais dans d'autres traductions, cf. F. Vigoureux, La Sainte Bible polyglotte, t. h, Paris, 1901, p. 690,-et dans l'addition qui suit 'III Reg., x.i, 24, p. 680; il v répond au participe iâlûah). Il est fréquent dans le Nouveau Testament et dans le langage ecclésiastique, tantôt pour désigner es douze envoyés spéciaux de Jésus [auxquels il faut joindre Mathias choisi pour remplacer Judas, joindre aussi Paul et peut-être Barnabe : Paul choisi et envoyé par Jésus déjà glorieux, Act.. ix, 15; xm, 2-4; Barnabe que nous lui voyons associé dans le choix divin et dans la mission, Act vin 2-1 I, tantôt pour désigner toutes sortes de prédicateurs de l'Évangile et, notamment, les prédicateurs errants, ou, comme on dit aujourd'hui, itinérants. Il se prend donc déjà dans le Nom eau Testament en un sens tantôt plus large, tantôt plus précis. C est au sens large nue saint Jean, xi.i, 16, le met dans la bouche de Jésus, 1 1 peut-être aussi Lue, XI, 49; pour désigner es apôtres, saint Jean dans l'Évangile ne dit jamais que « les Doi mais dans l'Apocalypse, xxi, 14, il est question « des douze apôtres»; la chose est moins claire pour Apoc.. II.
2 Hors les exceptions citées : Joa., XIII, 10, et Luc. XI, 411 lesÉvangiles n'emploient le mol que pour parler des douze, et toujours au sens collectif; dans les Actes, xiv
4 13 on le trouve de plus appliqué au groupe 1 au! et Barnabe. La formule apostolus Jesu Chnsti est employée par saint Pierre en tête de ses deux Epitres, et par saint Paul en tête des Kpit.es aux Éphésiens, aux Colossiens, à Timothée, et de la seconde auxCorintbiens:on ne la trouve que là, et, au pluriel, II Cor., XI. 13- I ïbess., 11, 7, et Jud., 17 (et l'équivalent, Epb., in,
5 ïapostolis ejUS), sans qu'on puisse dire avec Certitude
si dans tous es cas il s'agit des apôtres, au sens précis du terme. Saint Paul emploie parfois le mot en rapport avec ceux à qui l'apôtre est envoyé : gentium apostolus, Rom., xi, 13; et. I Cor-, ix, 2; Gai., u, 8; saint Pierre dit de même opostotorum vestrorum, « vos apôtres. » U pei m •» Mais opostoli ecclestorum, II Cor., vni,ao, signifie' c lès envoyés de l'Église »,e1 peuWtre est-ce aussi le sens de oeslruni apostolum, Phil., 11. 85; cf. rv, 18. Nous trouvons parfois chei saint Paul le mot en un sens plus large, lion.., xvi, 7, et c'est probablement pour
bien indii ri lesdouxe 1 qu'il parie quelquefois 1 des
grands apôtres . U Cor., xi,5,des apôtresstipru ».,.. d„m,T«5vv7tepW«và«o<rt»Wv.IICor.,xil, 11. Çà et la, ,1 n'ésl pas bcile de décider si le mot doil sentendre desdoureouenunwMpluBgénM.A^Mdanslafor
mule apostoli et prophète.! Cor., in,' * »JjPh-j »- V iv. M: cf. Apoc., xvm, 20; Luc.,xi,49;I ivi ., iii.S. Lue lois enfin saint Paul applique le terme à Notre m
,■ . m. 1. 1 Bien qui
, Km tour (:r- Joa < XUI'
xx. 21.
On voit comment partout le mot apotn 1 >ppWl
avec la notion i'envoi, de mission. Il rcsl conditions pour être apôtre au - du mot et pour
avoir part aux prérogatives de» apdti
•.'. Conditions pour être apôtre. —Avant tout, le chou divin estnécessaire : pas d'apôtre(au senspropn du 1 sans élection el sans mission immédiate de Dieu ou de Jésus. Les textes abondent, qui montrent 1 apostolat comme joint à cette condition. Nous en donnerons plu- Bieurs dan- la suite. Il suffit de rappeler ici : Marc. m. 13-14; Joa., xvn. 18: xx. 'il ; Act.. ix, 16; xm. 2; Rom., 1. 1; I et H Cor.. 1, I; Gai., I, 1, etc. Sur ce point, nulle difficulté. Mais la mission immédiate suffit-elle pour être apôtre au sens propre du mot. et pour avoir part aui privilèges de l'apostolat? Beaucoup de textes semblent exiger déplus qu'on ait vécu avec Jésus durant sa vie publique, ou du moins qu'on ait 1 vu le Seigneur •.< ce que dit saint Marc. III, 13-14, en parlant du choix des douze. C'est ce que semble supposer saint Pierre quand il s'agit de remplacer Judas par quelqu'un de « ceux qui ont été avec les apôtres pendant (pie Jésus conversait avec eux, depuis le baptême de Jean jusqu'à son ascension pour être le témoin de sa résurrection ». Act., I, -1- 22 Cest ce qui semble ressortir des paroles de saint Jean présentant son récit et sa prédication comme un témoignage: qui vidit testimonium perhibuit. Joa., xix, 35- cf xx. 30; xx., 21 : I loa., 1, 1-3. C'est enfin ce qu'emportent les paroles de Notre-Seigneur à se- apôtres : « Vous serez mes témoins. » Act., I, 8. Saint Paul entre dans la même pensée quand il dit : 1 Ne suis-j< apôtre? N'ai-je pas vu le Seigneur" 1 I Cor., IX, 1.
D'après cela, Barnabe ne serait pas apôtre. Mais plus d'un auteur considère surtout la mission immédiate. Or celle-ci se trouve dans Barnabe, Act., xm, 2-4, non moins que dans Paul. Act . IX, 15; xxn. 13. ou dans Mathias, Act., 1,25-*. En fait, Paul ne séparepas, en ce point, sa cause de celle de Barnabe, 1 Cor., rx, k&; bu., il 9-10; non plus que saint Luc qui leur donne deux fois le nom d'apôtres. Act, xix, i. 13. La question est de minime conséquence pour le théologien. Voir, «or Papostolat de Barnabe, les opinions contradictoii auns-
berger DerApottel Barnabas, Mayence, 18,0.p. 3/ sq.. et de Ibfele. Dos Sendsehreiber des Aposlels Bamabas,
Tubingue, 1840, p. 1. .. .
H 1 ES THÉORIES rationai.istis. - Nous n insisterons pas sur les théories rationalistes de l'apostolat. Ne t, I compte des écrits inspirés que dans une mesure fort treinte et ou l'arbitraire a visiblement trop de part, elles veulent expliquer l'apostolat parfois -ans l'intervention de le-u-- en tout cas. sans l'intention d'une 1 rhsea fonder, d'une doctrine définie a prêcher; elles se succèdent (l ailleurs velut unda supervenU undam, et le point tort de chacune est de montrer le faible de celles qui on précède. On ne peut cependant les laisser complètement de côté II v a même, -mon au point de vue dogmatique
proprement dit, au moins pour l'intelligence plus exacte
de certains trait- spéciaux, quelque profit à en brei
,| est rare qu'il n\ ait point çà et la. è côté de vues ha-
sardées et d'hypothèses arbitraires, quelques obeerva- Uons délicates et pénétrantes sur les 1 : ce -m ou
voit dans les théories les plus récentes sur 1 a]
D'après Harnack, Jésus 1 n'a non statue de nouveau pour l'avenir », Choisy, Preeù, p. 14; l'apostolat ne* donc pas une autorité sociale. Jésus n'a pas conçu la foi
^mmt «ne connaissance; les apôtres .n'ont donc pu eu mission de prêcher une doctrine déBme, un ensemble de vent,-, mais uniquement d'appeler les nom. Dieu, manifesté par Jésus-Christ comme roi d abord
,., ,.„mn„. juge, mais aussi comme père qm aime et qui
pardonne. Voii I ■J'ir- u,« • *' sq"'
APOTRES
G6,69, 75 sq. ; cf. Choisy, Précis, p. xiv,xvi, xxi ; puis les chap. i-iv du livre I, enfin 1. II, c. H, conclusions, p. 50 sq. Pesch a groupé plusieurs des textes de Harnack, n. 310, note.
Pour M. Seufert, Jésus n'aurait même pas choisi les douze; l'apostolat serait une institution judaïsante née de la lutte de Paul contre les judaïsants. Cf. H. Monnier, dans la Bévue de l'histoire des religions, Paris, 1899, t. xl, p. 448.
M. Eric Ilaupt admet le choix de douze privilégiés, sur le témoignage de saint Paul, I Cor., xv, 5; mais, non plus que les soixante -douze disciples, ils n'avaient d'autre mission que de préparer les voies à Jésus; même après la résurrection, nulle trace de mission, nulle trace d'autorité confiée par Jésus; rien dans Jean ou dans les Actes ne permet de leur reconnaître autre chose qu'une influence morale. La seule charge confiée aux douze (par la communauté chrétienne), c'est le ministère de la prédication ; encore cette charge n'est-elle pas leur privilège exclusif. Saint Paul est le premier à réclamer Vautorité, et à l'exercer; mais le ministère de Paul diffère, fond et forme, de celui des douze. Paul d'ailleurs, dans sa propre sphère d'aclion, ne reconnaît cette autorité à personne autre qu'à lui. Le titre d'apôtre ne vient pas de Jésus, et il faut entendre Luc, vi, 13, comme une interprétation personnelle de l'écrivain. L'apôtre n'est conçu comme itinérant que depuis la Aïoor/ri ; mais l'apôtre de la AcSayri n'est plus l'apôtre tel que l'entend saint Paul, celui qui « a vu le Ressuscité ». Par essence, l'apôtre n'a pas de successeur, car l'apostolat est un charisme, et les charismes ne se transmettent pas. D'où il suit que la « succession apostolique est un mythe ». Cf. H. Monnier, loc. cit., p. 449 sq.
Voilà quelques-unes des théories. Mettons-nous en présence des textes et des faits.
III. Les origines de l'apostolat. — i. Choix et préparation des apôtres. —Dès les déhuts de sa vie publique, nous voyons Jésus grouper autour de lui des disciples choisis, qui l'écoutent, qui l'accompagnent, qui deviennent comme sa famille. Joa., i, 35-51 ; II, 2, 11; Matth., iv, 18-22; v, 1; ix, 9; Luc, v, 10, 11, 27, 28; vi, 1, 12-18. Parmi eux sont déjà ceux qui seront bientôt « les apôtres », et Jésus montre assez clairement ses intentions spéciales sur eux par quelques mots, gros de leur avenir. A Simon, en le regardant : « Tu t'appelleras Céphas. » Joa., I, 41. Aux quatre pêcheurs de Génésareth : « Suivez-moi, je vous ferai pêcheurs d'hommes. » Matth., iv, 19.
Bientôt une nouvelle sélection s'opère qui sépare nettement les douze apôtres du nombre des disciples. Les Synoptiques en parlent dans des termes qui montrent la grandeur de la décision : « Il appela à lui ceux qu'il voulut, et ils vinrent à lui, et il fit qu'ils fussent douze avec lui et qu'il les envoyât prêcher. » Marc, III, 13, 14. Saint Luc est plus précis. Il nous montre Jésus se retirant sur la montagne pour prier Dieu et passant la nuit en prière; il ajoute : « Quand le jour fut venu, il appela Bes disciples, et il en choisit douze parmi eux, auxquels il donna le nom d'apôtres. »Lur., vi, 12, 13; cf. Matth., x. 1, 2. Quel fut le mot araméen dont Jésus se servit, je ne sais; tout au plus peut-on le conjecturer. Mais cela ne nous renseignerail guère. Plus instructive est la conduite de Jésus à leur égard. Désormais ils vont vivre dans sa familiarité', Marc., m. 4; Luc, vin, 1; entendre toutes ses instructions, en recevoir de spéciales peur eux. rumine les amis pour lesquels il n'est point de secret, Matth., xin, 11, 16; Joa., xv. 15; ils auront m des exercices préparatoires, une mission temporaire comme pour préluder a la mission définitive. Matth., x, 1 sq.; Lue., ix. I, 2. C'esl toute me' éducation, menée divinement. En les formant pour le présent, il les prépare à l'avenir. Ce royaume de Dieu qu'il prêche, il le leur montre comme un grand organia social, ou
leur place est marquée. C'est une Église qu'il bâtira sur la pierre et dont avec Pierre ils seront les fondements, Matth., xvi, 18, 19; cf. Luc, xx, 12, 31,32; c'est une société où ils auront tout pouvoir. Matth., xvm, 16-18. Déjà il leur montre en quel esprit ils devront exercer ce pouvoir : une mansuétude toujours prête à pardonner. Matth., xvm, 21 sq. ; une humilité et un dévouement qui ne voient dans le gouvernement qu'un moyen de rendre service et de faire du bien. Joa., xm, 13-16, Luc, xxn, 24-27. A mesure que la passion approche, ses instructions deviennent plus intimes, Joa., xm-xvi, et sa prière plus pressante pour eux et pour « ceux qui doivent croire sur leur parole», Joa., xvn, 20; ses promesses plus assurées. Joa., xv, 33; cf. Luc, xxi, 12-19; Joa., xiv, 26; xvi, 12, 13, etc. Il les charge de perpétuer le sicrifice de la loi nouvelle, Luc, xxn, 19; il va les envoyer comme il a été lui-même envoyé, Joa., xvn, 18, cf. xv, 16; le Saint-Esprit les instruira de tout, et il leur rendra témoignage de Jésus pour que, à leur tour, ils rendent témoignage, Joa., xiv, 26; xvi, 13; xv, 26, 27; il sera éternellement avec eux. Joa., xiv, 16. C'est par leurs soins évidemment que le grain de sénevé deviendra un grand arbre, par leur bouche que l'Évangile sera prêché jusqu'aux extrémités du monde. Matth., xxiv, 14; xxvi, 13. Après la résurrection, tout devient plus précis encore. Non seulement il raffermit leur foi; mais il achève de leur dessiner son plan et de les préparer à l'exécution. Il les envoie comme son Père l'a envoyé, et il leur donne le pouvoir de remettre et de retenir les péchés, Joa., xx, 21-23; il leur parle du royaume de Dieu, Act., i, 3; pourquoi, sinon pour leur renouveler ses instructions, pour préciser ce qu'ils n'avaient compris que vaguement, pour prendre enfin les dernières dispositions pratiques? Après son départ, ils devront attendre encore quelques jours dans la prière et la solitude l'Esprit tant de fois promis, qui achèvera en un moment l'œuvre de leur formation, que Jésus, tout Dieu qu'il était, n'a fait qu'ébaucher; mais déjà ils savent qu'ils doivent être 'es témoins de leur maître en Judée, en Samarie et jusqu'au bout du monde, Act., i, 8; déjà ils ont reçu la mission solennelle d'aller au nom du Christ, d'instruire toutes les nations, de les baptiser, de leur apprendre à garder les préceptes que Jésus a donnés à ses apôtres pour elles; bref, ils sont les envoyés de Jésus, comme Jésus est l'envoyé de son Père; leur mission est sa mission, et leurs pouvoirs sont fondés sur sa puissance souveraine. Matth., xxvm, 18 sq.; cf. Marc, xvi, 15; Joa., xvn, 18; xx, 21. Voilà l'origine de l'apostolat. On voit qu'elle est inséparable des origines mêmes de l'Eglise. La fondation de l'Église et la mission apostolique ne font qu'un : si Jésus est l'envoyé de Dieu, la mission des apôtres est divine, divine est l'Église.
2. Le collège apostolique. — Les apôtres ne sont pas dans la pensée de Jésus des unités séparées, des individus sans autre lien entre eux que d'être groupés autour du même maître, que d'être envoyés par lui pour le prêcher partout. Ils font un corps : il n'y a pas seulement douze apôtres, il y a un collège apostolique. La nature même de l'œuvre qu'ils doivent fonder suffirait pour montrer la chose à l'évidence : ils ne peuvent fonder une Kglisc, que s'ils sont un entre eux. D'ailleurs, nous en avons des témoignages directs et exprès. Celle unité parfaite que Jésus demande pour eux dans sa dernière prière, Joa., xvn, 21, est. sans doute et a\;ml tout, l'unité des rieurs, cette charité qu'il leur recommande si instamment dans le discours après la cène. Joa., XIII, 34; xv, 12, etc. Mais elle emporte l'unité extérieure et sociale, la coopération com
mmie à une même o'uvro. Toutes ses instructions, tout» sa manière d'agir avec eux montrent clairement que. comme apôtres, ils ne font qu'un à ses veux. Ces! en COrpS qu'ils roeoi\ont le pouvoir de lier et de délier, Matth., xvm, 18, de consacrer, Luc, xxn, 19; de i e-