‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 3)Chapitre 61 sur 338 · II. IPPLICATIONS TBÉOLOG1QUES. - l.e concupiscible · texte numérisé non relu

II. IPPLICATIONS TBÉOLOG1QUES. - l.e concupiscible

,i l'irascible sont le sujet de deux des quatre blessures de ia nature humaine, suites du péché originel, à savoir el respectivement, la concupiscence el la fail Sum. theol., I« H", q- lxxxv, a. 3. Iissmi également

1,. sujet des deui vertus morales acquises on infuses de

tempérance et de force. lbid.,q. LXi.a. 2. L'application analogique a l'appétit volontaire de la distinction entre les deux espèces d'appétit sensitif a un très grand retentissement dans la question de la nature de la wrtu theo-

Saint Thon ucc

a I appétit irascible. I de l'objet d un tel appétit, il suit qui

irder notre bi atitude obji est en Dieu, -:> règle, son objectum furmateq proprement parler celui «le la toute-puissance auxitia-

de Dien. S. Thomas, Quant, disp., De spe,* seule, en effet, rend possible l'acquisition d'un b ardu, lequel est cependant possible puisque I .•st une vertu donnée. Scot, Suarez, -te., qui sui l'analogie avec le concupiscible. écartent plus ou moins insidération d'arduité, et. par suite, mettent au il rang cil.- (b- toute-puissance auxiliatrice qui lui orrélative, pour donner la première p considération de la divine bonté- a la fois objet -: rable et règle de l'espérance. Voir Espérj

IV. Appétit naturel et appétit h.icite. — Le i élicite dénomme les actes émis immédiatement par une puissance et qui trouvent dans cette puissance leur l son d'être suffisante. Il marque l'opposition de ces acWs a ceux qui ne trouvent pas dans leur principe prochain leur raison d'être. De ces derniers sont les actes imp Voir Acte uXPÊRÉ, col. 346. Et tel est aussi l'appétit naturel (voir plus haut) qui doit demander a une intelligence supérieure la raison explicatrice de son inclination, tandis que l'appétit élicite la trouve dans les facultés cognitives de son propre sujet. En réalité, la distinction de l'appétit naturel et de l'appétit élicite coïncide avec la distinction de l'appétit naturel et de l'a: animal, mais historiquement, elle a et par-

les théologiens postérieurs à saint Thomas, à l'appétit rationnel ou volontaire. L'un et l'autre appétit se rencontrent donc dans la volonté humaine a l'état potentiel et à l'état actuel, et par conséquent, leur opposition n'est nullement celle de puissance et d'acte comn. le croit quelquefois. Ce qui est exact, c'est de consune artinité- relative plus étroite de l'appétit naturel volontaire avec l'état potentiel et de l'appétit élicite, qui n'est qu'une détermination de l'appétit naturel, avec l'état actuel. S. Thomas. Sum. theol., I', q- IX. a ■' i; Noturalis riilectio est principiutn electnœ. Cf. De verit., q. sxn, a. 5. L'appétit naturel, appelé aussi inné, suit la relation de la volonté à -on objet adéquat, la béatitude en général. Il n'exclut pas la connaissance mais au contraire l'exige. Sum. theol.. 1*. q n. a. 2. ad 1"". L'appétit naturel est. en effet, toujours proportionne à la nature de la puissance dont il procède : dans la nature intellectuelle, il est nécessairement précédédune lumière sur le bien universel auquel il tend. Sum. theol.. 1». q. ix, a. 1. Seulement cette lumière est imprimée en lui par l'illumination de l'auteui ure. Elle est donc, elle aussi, innée et naturelle comme 1 appétit qu'elle provoque : nous ne sommes pas d lavoir. Ainsi l'appétit rationnel naturel réunit la nécessité et la vitalité, la lumière intellectuelle et la passivité instinctive. L'appétit rationnel élicite. au contraire, appelé, aussi électif à cause de la liberté qui est sa note caractéristique (voir plus haut', applique l'appétit naturel du bien universel aux biens particuliers, objets de la volonté, par le moyen du jugement de la i pratique. Parmi ces biens, nous trouvons au rang Dieu distinctement connu p >"me bien suprême, cause prenait ir. Cf. .ban de Saint-Thomas. Cur». fhilos.,Tr. <le anmia.q. XII. •< '•

Pans. 1883, t. m, p. 523.

L'appétil naturel et l'appétit .licite se divisent ultérieurement en appétit d'exigence et appétit de simple capacité, l.e premier suppose le pouvoir efficace de parvenir a l'objet auquel il tend. !<• second n. que le vouloir sans le pouvoir, .1 n'offre qu'un passive qui a besoin peur s'exercer efficacement dune force auxiliatrice proportionnée a son but. - Lue autre distinction est celle de l'appétit implicite et explicite,

APPETIT

selon que la connaissance qui le précède présente son objet confusément ou distinctement. De veritate, q. xxil, a. 2.

La portée de ces distinctions ressortira de la section suivante.

V. Applications aux rapports de la nature et de la grâce. — 1° La vision béatilique et les perfections surnaturelles qui y conduisent : grâce, toi, espérance, charité, vertus infuses, dons, sont certainement en dehors et au-dessus des exigences et du pouvoir de notre nature. D'autre part, il n'est pas moins certain que c'est avec nos actes que nous aimons Dieu et que nous le verrons un jour. Comment concilier le surnaturel et la vitalité naturelle de ces opérations? La volonté étant la puissance de l'homme qui résume toute son activité, et son appétit naturel étant la toute première manifestation des pouvoirs latents de la nature humaine, on comprend que la question des ressources de l'appétit rationnel, naturel ou élicite, en matière de vision béatifique, est le nœud même du problème des rapports de la nature et de la grâce.

2° Les systèmes hétérodoxes admettent un appétit naturel d'exigence, efficace et explicite, vis-à-vis de l'élévation au surnaturel, mais l'expliquent différemment. Luther et Calvin, après les manichéens, soutiennent que, dans l'état de justice originelle, croire en Dieu et aimer Dieu étaient aussi naturels à Adam que d'ouvrir les yeux à la lumière. Luther, In cap. lu Geneseos; Calvin, lnst., 1. I, c. XV. — Baius ne prétend pas comme Luther que détruire l'appétit de l'essence divine en l'homme serait changer sa nature, mais il soutient qu'il lui est dû, d'une nécessité non plus d'essence, mais d'exigence, exigence efficace dans l'état d'innocence, subordonnée à la grâce gratuite du rédempteur dans l'état de nature tombée. Jansénius et Quesnel partagent la même erreur. — A notre époque, les rosminiens, en soutenant la doctrine d'un Dieu, lumière immédiate de l'intelligence humaine, aboutissent logiquement, en vertu de l'inséparabilité des attributs divins, Sum. llicol., Ia, q. ni, a. 3; De verit., q. xn, a. G, à poser dans la nature une appétition de la vision intuitive. — Tout récemment enfin, en France, les tendances des partisans du dogmatisme moral et de l'apologétique fondée sur la méthode d'immanence, ont paru à nombre de théologiens ne pas tenir suffisamment compte de la distinction entre l'appétit naturel de capacité et d'exigence. On a ess.né de donner des bases théologiques à cette théorie, en se fil .h ant sur le terrain des faits tels qu'ils se passent dans l'état actuel d'élévation au surnaturel. Mano, Le problènie apologétique, Paris, 1899. Tentative orthodoxe, mais qui n'achète son orthodoxie, qu'au détriment de sa force démonstrative et apologétique, et en sortant du • pur domaine de la pure immanence où s'était placé son auteur.

3° Les systèmes catholiques s'attachent, à la suite de saint Augustin, à nier l'appétit naturel d'exigence et à affirmer l'appétit naturel de capacité à l'égard de la vision de la divine essence et des moyens surnaturels proportionnés â cette fin. On trouvera une vivante mise en • de la pensée de saint Augustin sur l'appétit de Dieu au livre X des Confessions, c. xx-xxrx, el aux chapitres xxx, xxxi des Soliloques. — Nous n'avons pas à entrer ici dans la discussion du sens de saint Augustin, ni à 1 ngei de interprétations hérétiques. A noter cependant la doctrine des théologiens augustiniens qui admettent dans la créature rationnelle un appétit inné et élicite d'exigence vis-à-vis de la lin surnaturelle, non

pas que cette lin soitdue a la nature considérée com

telle el absolument, mais seulement à la nature considérée comme ordonnée par la Mes pi te providence de ton auteur. Bellelius, Veux Augustini, t. m, c. xn, xxm, ;il: :;.in, ,.| ',.im: c;ir,i. Noris, Vindicim sancti lugustini, c. m, § '■'). Berti, /><; theolog. disciplinis. Appena

DU i. DE 1IILOL. CATIIOL.

lib. XII. — Doctrine qui n'est pas hétérodoxe, mais qui ne semble pas suffisamment distinguer entre la nature et le surnaturel, outre qu'il est contestable qu'elle soit selon l'esprit de saint Augustin. Cf. Sestili, De naturali intelligenlis animée appetitu intuendi divinam essentïam, Rome, 1896, p. 148-157.

Les deux écoles principales que divise cette question sont celles de saint Thomas et de Scot.

4° On connaît la célèbre doctrine de saint Thomas touchant le désir naturel qu'a la créature intellectuelle de voir l'essence de la cause première des effets créés. Sum. theol., I*, q. XII, a. 1; Ia II», q. III, a. 8; Cont. gent., 1. III, c. l, § Omne enim quod, § Amplius nil finilum, § Item quanta aliquid. Ce désir suppose d'abord un appétit naturel et inné de la béatitude parfaite, ce qui revient à un appétit d'exigence inné mais implicite de Dieu qui est cette béatitude. Cf. Sum. theol., Ia, q. il, a. 1, ad lum. Cet appétit fondamental se développe, à la suite de la connaissance distincte de Dieu par ses effets, dans un appétit d'exigence élicite, et explicite, de Dieu comme fin dernière. De verit., q. xxn, a. 2; Sum. theol., Ia, q. xliv, a. 4, ad 3um. Cf. Gardeil, Les exigences objectives de l'action, dans la Revue thomiste, t. vi, p. 125, 269. Cet appétit est lui aussi naturel en vertu du principe omne prius in posteriori salvatur. Sum. theol., Ia, q. lxii, a. 7. Pour la même raison, est naturel l'appétit élicite dont est issu le désir de l'essence divine que constatent les textes ci-dessus. Mais — 1. Cet appétit ne peut être qu'un appétit de capacité et nullement d'exigence. — 2. Cette capacité fondée sur la nature universelle de l'intellection humaine ne dit pas une ordination positive â la vision intuitive, mais simplement que la nature humaine n'a pas à l'égard de cette vision la répugnance qu'offrent les natures non intellectuelles, les animaux par exemple ou les pierres. — 3. N'impliquant pas d'impossibilité absolue, la vision intuitive de Pieu est possible grâce à la puissance obédientielle qui est au fond de toute créature et regarde directement la tonte-puissance divine pour tout ce à quoi il lui plaira de l'ordonner. — i. L'appétit naturel de la vision divine ainsi défini est à la fois implicite et explicite. Il est explicite négativement, c'est-à-dire qu'il sait ce qui ne le contente pas. Et de là vient qu'il ne saurait se reposer dans les biens, y compris le bien divin, que lui présente la connaissance abstractive. Il est implicite vis-à-vis de la vision divine en elle-même, dont il ne saurait concevoir distinctement ni la nature ni la possibilité. — 5. Le désir qui suit l'appétit ('licite est donc moins un vouloir qu'une velléité, il n'a pas de portée démonstrative en dehors de la supposition du fait de l'élévation à l'ordre surnaturel. Il témoigne cependant, comme un signe, que la vision intuitive, et tout l'ordre surnaturel par conséquent, ne sont pas quelque chose d'étranger à notre nature. — fi. Celle élévation réalisée, on comprend que, en vertu du principe omne prias in posteriori salvatur, l'appétit naturel restant sous l'appétit élicite inefficace, et l'appétit naturel élicite demeurant tout entier sous l'appétit surnaturel efficace des actes surnaturels, la grâce ne détruise pas la nature mais la perfectionne, et comment des surnaturels en soi peuvent devenir nos actes. Le point d'insertion de la grâce dans la nature esl l'appétil volontaire naturel, qui surélevé par Dieu, se continue, identique à lui-même, sous la e,ràce et la lumière de gloire.

.">' Certains commentateurs de saint Thomas comprennent différemment certains points de cette synthèse que nous empruntons cependant à l'ensemble de sis œuvres el i plusieurs de ses commentateurs les plus généralement suivis dans l'école thomiste. Bannez, In iam partent, q \n. a. I . '■'•• concl. ; Jean de Saint-Thomas, ibid.; Médina, In !■•■• Ih. q. m, a. 8. Cf. Suarez, lu l'm II', disp. XVI, s, (t. ii, n. lu. — 1. Dominique Soto

A PPÉTIT — APPROB \TI»>N POUB Ll

affirme qu un appétit naturel de capacité explicita de la viaion divine est contenu dana l'appétit naturel de la béatitude et en donne comme preuve que l'homme

tuillibi quietui est • ' •/" '■ > na ,!l" i •

fruatur. De natura et gratta, I. 1. c. rv. Cette opinion omme probable par Médina, à condition, .lit Gregorius Martinez, que l'on évite 1'expresëion trop commune de pondu» natures dont se servait Soto pour caractériser cet appétit et qu'on en fasse un appétit élicite, In /• • llm, q. ni. a. 8, tlul». n, concl. Il est sm\i par Tolet, Bellarmin, Valentia. — S. Cajetan requiert pour tout appétit, soit inné, soit élicite, de la vision divine l'élévation ■■ l'ordre surnaturel et la révélation d'effets de la grâce etde la gloire. /" 7ara partent, (|. xii. a. I ; In /■"" H", q. ni, a. 6, 7, 8. Le déair dont parle saint Thomas n'est pas, b* Ion Cajetan, natuk1 dans son principe, mais seulement dans son sujet <|uiest la nature.— 3. S\lv. Fc rrariensis admet un désir naturel de voir Dieu comme il est en lui-même, non pas en tant qu'objet de la béatitude surnaturelle, mais i a Uni que cause première de tous ses effets créés, ('.ont. gent., 1. III, c. Ll.

6° Scot admit dans la créature intelligente un appétit naturel positif et explicite de la vision divine, mais cet appétit ne peut passer à l'acte que sous l'influence de la grâce. Voici les deux conclusions qui résument sa doctrine : Prima est (juod natura liumana ex puris naturalibus est immediatum susceptivum beatitudinis. Sccunda est quod natura liumana non est sufficienter activa ex puris naluralibus ad videndum Deum visione beata. In IV Sent., 1. IV, dist. XL1X, q. XI, § Bespondeo ergo. Ces conclusions, parmi les preuves qui les établissent, fontappel à l'appétitnaturel de l'homme pour Dieu, béatitude souveraine. Cf. In Sent., prolog., q. I», § Ad sccundum de Augustino. Elles ont été suivies communément par les plus anciens scolastiques, comme en témoigne Molina, In I3m partent, q. XII, a. 1, disp. II. Dans la suite Ripalda admettra un appétit élicite du surnaturel, absolu mais inefficace pour le salut. De ente supernat.,]. I, disp. XIV, sect. n. Celte position scotiste, qui semble mettre en l'homme une puissance naturel'e proportionnée au surnaturel, encore qu'inefficace, ne semble pas suffisante à beaucoup de théologiens pour sauvegarder la distinction des deux ordres. Cf. Vacant. Étude comparée sur la philosophie de saint Thomas et sur celle de D. Scot, Paris, 1891, p. 14.

7° De nos jours, le Dr Sestili, dans un ouvrage de haute valeur documentaire et théologique, a prétendu retrouver la signification originale de l'argument de saint Thomas en le dégageant de ses commentateurs. Il s'est arrêté : 1» à un appétit naturel ou inné de la béatitude parfaite en elle-même, lequel ne regarde pas explicitement la vision divine ni par manière de poids, ponderis, mais implicitement; 2° à un appétit élicite, explicite du même objet, niais non entièrement distinct, parce que les créatures qui en sont la cause ne sauraient manifester toutes les raisons de la bonté divine; 3" ces deux appétits, naturels en soi, sont inefficaces sans la grâce habituelle et actuelle. Sestili, De naturali intelligenti» anima; appetitu, Home, 1896, p. 40. Une intéressante controverse s'esl élevée entre Ramellini et le D1 tili. Ramellini admet bien cette capacité' innée ou élicite de la \isinn divine dans la nature, mais il nie que l'on puisse sans la révélation prouver apodictiquement son existence et môme sa possibilité. II admet le désir de voir Dieu, mais indéterminé quant au mode sous lequel s'opérera la vision. II requiert l'élévation i l'ordre surnaturel pour que le désir de l'homme ni' puisse pas se reposer dans la connaissance abstraethre. l'irus Thomas, Plaisance, l8i»8, t. vi, fasc. 33-31, p. 515-

r. m les numéros i. m, m. < utro les documenta riti's. consulter nu mol Api ttituê, pour les pointa qui n'uui iu ou dû. Mrs al

Pour les nui

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intelUgentiê anin Rome, 1896. Ni a es pour co

travail.

A. CàJUMOL.

APPLANUS Constant, chi 3 .int-

.lr.ui-di--Latr.iii, a publié en ' lia le

titre de Soliloquia et la nature du libre arbitre dans l'hi Hurler, Somenclator Utero 848.

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