Esquisse historique. — Aussi trouvons-nous l'arbi
"ii usage chez les nations les plus anciennes, t>o
peut v voir une allusion dans ce passage de l'Exode, xxi, 22 : « Si des boulines se querellent et que, l'un d'eux ayant frappé une femme enceinte, elle accouche d'un enfant mort, sans qu'elle meure elle-même, il sera
Al'.U'l RAGE
oblirf de payer ce que le mari demandera e1 qui
r.-...]/. ,, ,,- des arbitra i Sam doute le mot hébreu pelt- ,;,;,, Sduit par arbitre», pourrait à la rigueui des jugea proprement dit». Voir Gesenius, 3 Ungtœ hebrsùe, 1839, p. 1106; Vigouroux, I>u*on; «ifi /„ Bible, art. 4rbitroff«,par S. Many. Mais le coi montre qu'il a'agil d'un arbitrage plutôl queduneBentence judiciairejel le Talmud dil clairement que . la coutume des Juifs d'avoir recours à des arbitres, surloul lorsqu'il s'agissait de questions dargent : Ivdiiiaria possunt esse per tra tontines primtos Sanhédrin, fol. 3, 1. Le Talmud de Babylone fait ,, ême observer, Sanhedr., fol. 5, 1. que la Bentence arbitrale a plus de valeur qu'une sentence judiciaire, puisqu'on peut appeler de celle-ci. tandis que celle! s ins appel : Al vero cum duo arbitri Htcm componunt, non possunt litigantes nb eorum sentenlia rece- Cf. Lighlfoot, Horss hebraicx, in Epist. I ad Corinthios, vi, 4, Opéra, 1699, t. n. p. 895-896; Vitringa, De synagoga vetere, 1696, p. 816-817. - On trouve des coutumes analogues chez la plupart des peuples anciens. A Rome, où les idées de droit et d'équité se développèrent plus rapidement peut-être que dans les autres , ,,ti(.ns païennes, l'arbitrage fut reconnu de bonne heure, surtout pour déterminer les limites des propriétés, et on peut lire les différentes lois qui en règlent la pratique dans les Pandectes, 1. IV, tit. VIII, De receptis qui arbitrium receperunt, ut sententiam dicant, comme aussi dans le Code Justinien, 1. II, tit. lvi, De receptis ar-
Le Nouveau Testament ne parle pas explicitement d'arbitres; mais l'esprit de l'Évangile, qui est un esprit de paix et de conciliation, favorise évidemment ce mode de trancher les controverses; le conseil de ne pas aller en jugement, même en cas d'injustice manifeste, Matin., v 39-40; le précepte de se réconcilier le plus lot possible avec ses ennemis, Matth., V, '23-25; le procédé à suivie dans la correction fraternelle avant de dénoncer le coupable à l'autorité, Matth., xvm. 15-17, et bien d'autres passages du même genre montrent clairement que Notre-Seigneur préfère une solution amicale des différends à la procédure ordinaire des cours de justice Les apôtres le comprirent, et on peut croire que saint Paul avait en vue l'arbitrage, lorsqu'il s'indignait contre les fidèles de Corinthe, qui dans leurs différends avaient recours aux tribunaux païens : « Quelqu'un de ' vous, avant un différend avec un autre, ose être juge devant les méchants, et non pas devant les saints'' Ne savez-vous pas que les saints jugeront ce monde'.' Or si le monde sera jugé par vous, ètes-vous indignes de juger les moindres choses... Je le dis à votre honte. Ainsi il n'y a parmi vous aucun sage qui puisse être juge entre' frères? Mais un frère discute en jugement contre son frère, et cela devant les infidèles! » 1 Cor., vi, 1-0. Comme on le voit, le but principal de l'apôtre est de dissuader les chrétiens de porter leurs affaires devanl les tribunaux païens; et. comme il n'y avait pas de pues chrétiens officiellement reconnus par Il tat, il leur conseille de faire résoudre leurs différends par un arbitre de leur foi. L'histoire nous apprend en effet que souvent les évoques remplirent ce rôle d'arbitres, même dans les causes purement civiles : au témoignage de s. uni Augustin, Confas., I. VI, c. H, P.
t. XXXII, COl. 720-721, s. uni Amhroise passait une