PORTUGAL. SCIENCES SACREES, LA MORALE
- Diogo de Estela, O. S. F., De la vanidad de! mundb, Salamanque, 1574, in-8°, etc.; Meditaciones deootisi-
mas del amor de Dios, ibid., 1578, in-8°; Desprecio del mundo, 3 vol. in-8°, Lisbonne, 1584, etc. — Manuel Fernandes, S. J., Aima instrulda na doutrina e vida
cristà, 3 vol. in-fol., Lisbonne, 1687, 1690, 1699. - Joào Fonseca, S. J., Norle espiritual da vida cristà, Coïmbre, 1687, in-8°, etc.; Espelho de pénitentes, Evora, 1687, in-8°; Escola da doutrina cristà, ibid., 1688, in-4°, etc.; Instruçào espiritual, Lisbonne, 1689, in-8°; Alivio de queixosos, ibid., 1689, in-8°; Antidoto da aima, ibid., 1690, in-8°; Silva moral, ibid., 1696, in-4°; Satisfacçào de agravos, Evora, 170(1, in 1". Alexandre de Gusmâo, S. J., Medilaçôes para todos os dias da Semana pelos exercicios das polências da aima, Lisbonne, 16^9, in-8°; Eleiçào entre o bem e o mal, ibid., 1720, in-8°; Escola de Belém, Jésus nascido no presépio, Evora, 1678, in-4°, elc. Gusmâo est l'auteur de la fameuse Histôria do predestinado peregrino e seu irmào precito, et d'autres ouvrages ascétiques de moindre importance. — Tome de Jésus, O. S. Aug., Trabalhos de Jésus, 2 vol. in-8°, Lisbonne, 1602- 1609, etc.; Oratorio sacro de soliloquios de amor divino, Madrid, 1628, in-8°; Fiel despertador de exercicios quotidianos, Lisbonne, 1636; De oratione dominica, Anvers, 1623, in-4°; Praxis veree. fldei qua justus vivit, Cologne, 1629, in-12. — Gaspar de Leào, Tratado espiritual para o sacerdote quando diz missa e para os ouvintes, Lisbonne, 1558, in-18; Compèndio espiritual da vida cristà, Goa, 1561, in-12; Desengano de perdidos, ibid., 1573, in-4°. — Bartolomeu dos Mârtires, O. P., Compendium spiritualis doctrime, Lisbonne, 1582, in-8°, etc. ; Stimulus pastorum... de vita et moribus episcoporum aliorumque prœlatorum, Rome, 1556, publié par saint Charles Borromée, plusieurs éd. — Diogo Monteiro, S. J.. Arle de orar, Coïmbre, 1630, in-4°, etc.; Devoto cxercicio da paixào de Cristo, ibid., 1638, in-8°; Aleditaçôes dos atributos divinos, Rome, 1671, in-8°, etc.
— Antonio Pereira, S. J., O estudante de Jésus cruciflcado, Bombaim, 1860, in-12; O sacerdote santificado pelos exercicios espiriluais... dislribuidos para oito dias de retiro, Goa, 1861, in-8°; O ano litùrgico das feslas, histôrica, dogmalica e asceticamente exposlo, 5 vol. in-8°, Goa; Pius sacerdos a sacrosancto missœ sacriflcio, ibid., 1865, in-16. 11 a écrit d'autres ouvrages de moindre importance. — Heitor Pinto, O. S. Hier., Imagem da vida cristà, 2 vol. in-8°, Coïmbre, 1563; Lisbonne, 1572, etc. — Lourenço Portel, O. S. F., Exhortalioncs monasticœ... accesserunt tractatus de scrupulis, Lisbonne, 1617, etc. — Afonso dos Prazeres, O. S. B., Maximas espirituais e direclivas para instruçào mistica dos virtuosos, 2 vol. in-8°, 1737, etc. — Bartolomeu do Quental, Orat., Medilaçôes da infancia... da paixào... da ressureiçào de Cristo, 3 vol. in-8°, Lisbonne, 1666, 1675, 1683, etc.; Meditaçôes das domingas do ano, 3 vol. in-8°, ibid., 1696, 1696, 1699, etc. Il a laissé aussi deux volumes de sermons. — Agostinho de Santa Maria, O. S. Aug., Adeodato contemplative), Lisbonne, 1713, in-4°; Céleste e devota Filoteia, ibid., 1727. in-4°. — Inàcio Santa Maria, O. S. Aug., Turris salutis... in qua traduntur industriœ spiritualis militi;r contra animas hosles, Venise, 1630, in-4°; Propugnaculum contra vitia, sive Turris altéra pars, Rome, 1638, in-4°; Preparazione al ben morire, Fermo, 1646, in-16; Compunzione del cuore, Milan, 1654, in-4°.
— Antonio Sào Bernardino, O. S. F., Caminho do céu descoberto aos viadores da terra, Londres, 1665, in-12.
— Sebastiào Toscano, O. S. Aug., Mistica leologia, na quai se mostra o verdadeiro caminho para subir ao céu conforme a todos os eslados da vida humana, Lisbonne, 1568, in-8°. — Antonio de Vasconcelos, S. J., Tratado do Anjo da guarda, 2 vol. in-4°, Evora, 1621 ; Lisbonne 1622; on y trouve les trois Soliloquios duma aima com
Deus. — Alvaro Torrcs, O. S. Hier., Dialogo espiritual; Coloquio de um peregrino, onde the ensina como e onde se ha-de achar a Deus, Lisbonne, 1578, in-8°. On l'a attribué à Gaspar de Leào.
4° Théologie morale et droit canon. — Le premier ouvrage portugais de morale fut le Leal conselheiro (le « Conseiller loyal ») par le roi Duarte (t en 1439). Saint Martin de Braga avait écrit au VIe' siècle la Formula vitse honestœ et d'autres ouvrages sur la colère, la jactance, l'orgueil et l'humilité, mais c'était avant la création du Portugal actuel (voir son article). Le Leal conselheiro est en apparence un traité de philosophie morale; pourtant, on y voit tant de citations de l'Écriture sainte, des Collationes de Cassicn et aussi d'autres théologiens tels que Hugues de Saint- Victor, qu'au fond il s'agit bien d'un livre de théologie morale. Il y a même un passage sur la liberté de l'Église qui ne manque pas d'originalité.
Le frère du roi Duarte, l'infant don Pedro, a laissé aussi un traité de morale, le Livro da virtuosa benfeiloria. Ce « livre du bien-faire vertueux » fut écrit d'après les œuvres de Sénèque. On y trouve de nombreuses citations d'Aristote, répandu au Portugal par les juifs qui utilisaient les traductions arabes d'Avicenne et d'Averroès. Mais il y a aussi d'autres citations de saint Thomas et ce sont même les plus nombreuses. Ainsi, quand le roi Jean II prit la résolution de confier à Cataldo, de Sicile, l'éducation de son fils Jorge, il lui recommanda de ne pas expliquer l'Éthique d'Aristote sans la faire accompagner des commentaires de saint Thomas. Voici la réponse de Cataldo : Nunc autem inter quœdam alia scribis : ut in exponendo illo divuni Thomam omnino sequamur quod nos et studio fecimus semper a primis lectionibus et accurate. Cenâculo-Cuidados litterarios, Lisbonne, 1791, p. 220.
Cependant, cette influence n'était pas exclusive. A la fin du traité sur la Pénitence de Lopes Rebelo (xve siècle) on peut lire ces mots : Explicit tractatus inlilulalus : « Fructus pœnitentiœ » editus et compilatus per doctissimum virum magistrum Jacobum Lupi Rebello, in artibus magislrum, et sacras theologiœ buchalaurium benemeritum in quo conlinentur propositiones perutiles ad menlem Scoti, et aliorum sacrorum doctorum de isla materia loquentium (Paris, 1495).
Quels étaient ces docteurs? Le même Cataldo écrivait à son cousin, François Parisius, que, dans l'enseignement de la morale à son royal élève, il n'oubliait ni saint Augustin, ni saint Jérôme : Quœdam Augustini et Hieronimi moralia interponendo. On voit par les écrits de l'époque que les plus notables Pères et docteurs de l'Église étaient cités suivant les préférences des divers auteurs.
Pour ce qui est de la querelle du probabilisme, aussi bien que pour celle De auxiliis, le Portugal ne fut pas un terrain très propice. Chacun mettait dans ses livres l'opinion qu'il regardait comme la meilleure, sans trop se mêler des opinions des autres ou au moins sans prétendre infliger à qui ne pensait pas comme lui une censure théologique. En général, les auteurs portugais étaient probabilistes, même Jean de Saint-Thomas, celui-ci avec beaucoup de modération. Quelquefois, on met Fernâo Rebelo parmi les antiprobabilistes. De fait, il fut équiprobabiliste, même avant la querelle du probabilisme. Antonio do Espirito Santo est peutêtre un peu trop large dans les questions morales. Il faut aussi mettre en relief Pegas, Portel, Fagundes et Rodrigues, un des plus grands moralistes et canonistes de son temps. On envoya d'Espagne à Rome une dénonciation de Baiïes contre les Aphorismes du P. Sa, qui comptèrent en peu de temps 15 éditions. Ils furent très estimés surtout dans les éditions données par l'auteur lui-même (1600 sq.).
On pourrait insérer le De justifia et de jure, de Molina