IV. Lk 1;AI IIMI, IU.> lllIll/rinUES APRÈS SAINT CVPRIEN
— La conliovt'isi eiilie saint Cyprien et le pape saint Etienne relativement à la validité du baptême des hérétiques s'acheva sans schisme, mais aussi sans réussir à introduire l'uniiormité dans la pratique ecclésiastique. Chacun des partis continua à- admettre les hérétiques convertis, soit par la simple imposition des mains, soit par la collation du baptême, selon qu'il regardait le baptême donné et reru d.ins l'hérésie comme valide ou comme nul. Ci'lnil l.i ee ipi'il .nir.iil IjHu décider tout (l'aln.nl , ipr.- (|ie.i il iiii|i.irl:iil .le l.ieii earactériser la nalin. .In iV,|, ,1,, inini-Ire, il;iii-. la t-illalion de ce sacieni h ii: . Il- la l'éceplion du baptême. A
licmi ni.' tout baptême conféré avec
l.i 1- ■ Ile que fût la foi ou la dignité
«le I II II ! nul que, même dans l'hérésie,
on |i(iN\,ii: eir.i.n l.i i.iMi>~ioii il.'- p.'-eli.'s. seciindiim
,l,lv:l rrrJ,.l,l. / ,„s/.. 1 WllI, ',. /•. y... I. m, col. 1112.
Toul i.p|iM~e eiail le point de Mie de- l'eliaplisants. Ce n'est (|ue peu a peu que ces divers points devaient se préciser et que la notion du sacrement devait se déi;ager.
Dés le déljiit du IV* siècle, les donatistes. tirant des
catholique, parce que les n li-aditBurs, ne pouvaient cm ni tème. Ils furent condanim reconnaît la validité du bapté
des
il- |i,n- un eiil ., Iiapde 1 Eglise (lies, étant lit le bapde Milève matistes, qu'il
tient non pour hérétiques mais seulement pour schismatiques; il n'admet pas le baptême conféré par les hérétique-^, rir yrhh»,. donatist., 1. I, n. 10, 12; 1. V, n. 3, /'. / I ' 'Ki.'i. 1048. Il condamne le baptêine des le 1 . ; Il lils n'avaient pas la vraie foi sur la divine I II ;l e i eiiiicile d'Arles eut à se prononcer sur la coulniii ni leeie . Plaçant la question sur son vrai terrain. I II I - il, ce concile tinrent pour valide le baptême ( (inli 11 -1 Ion la forme indiquée par l'tvangile et prahi|ii. I |i.,i I I -lise, alistrnction faile de l'orthodoxie ou de I I nul iliii- lin niini-lr< II- e-..i i r< n! ,|ir.in interrogeai Il - li'-i-i tii|nes -m- II- sMiiliMJe , s il i-l.iii acquis qu'ils avae ni .-le hapli-.-- -i-li m l,i liirinnle I iiiiilaire. l'imposilion des mains suflisait pour les admettre: dans le cas contraire, la collation du baptême était requise. Can. 8, llardouin, t. i. col. 265. Or. pour certains hérétiques, la queslion à p.is,.|- ileveuail inniile, car il était certain ipiils II eiepliAie-iii |i,i- la fi ninnle baptismale requise l'O i|n il- Il il-ii^m- ii. iii , i.ni|ili-i'iiient; pour eux, la collaliuii lin n i|ii. lie- I ,iih.ilii|iii- s imposait. Ce fut en particnh -i- II- Il il - ih , i|.|i s lie Paul de Samosate, spécialemeiii M- |, I ,1 n 19 du concile de Nicée, Har-
douin. Il i , 1 , I iliiit. un siècle plus tard, Innoconl I I lii II ..,, . i|. lisaient pas au nom du Père, il" I li- ' ' 'In " I -iin £>;«(., XXII, 5, Hardouin, 1. 1,
C"l- li'l^. 1 i / /es/ ,1! ,-., P.L., t. XX, col. 533. Le cas ''• - |i inli.nii-j: -, n, i , ,],, p.is isolé; car le concile de Laoliiei e. eaie.s,, Hardouin, t. i.col. 781, soumit au baptême eertams inontanistes qui ne conservaient plus la formule ijiIlKMioxequeTerlullien leur reconnaissait de son temps. Aih . l'rax., 2, P. L., t. n, col. 157, Dans d'autres cas.
on hésita sur la validité du baptême conféré. Saint Athanase, quand on lui oppose que les ariens baptisent selon la formule trinitaire, réplique : ils la faussent; leur baptême est vain et inutile. Cont. arian. orat., n, 42, P. G., t. XXVI, col. 237. Il en est d'autres qui ne l'entendent pas davantage dans le sens de l'Église; tels, les manichéens, les phrygiens, les paulianistes. Ibid. Saint Basile le Grand connaît les décisions prises contre les cathares, les encratites et les hydroparastates; il sait que certains évêques d'Asie n'en acceptent pas moins leur baptême ; il rejette le baptême des pépusiens et des encratites, Epist., CLXXxviii, can. 1, P. G., t. xxxii, col. 664-669; au sujet des femmes qui, après avoir fait voeu de virginité dans l'hérésie, l'ont violé en se mariant, il dit ; To-JTO'j;... avsu PaTtiiiTiJ.aTo: r, 'E-/.xXYitria où napïSIxerat, Epist., cxcix, can. 20, P. G., t. xxxil, col. 720; il signale enfin l'usage de Césarée vis-à-vis des encratites, des saccophores et des apotactites : nous ne les recevons pas sans leur avoir conféré notre baptême. La raison en est que ces hérétiques n'ont pas la véritable foi en Dieu. Basile n'ignore pas l'usage contraire de Rome et de quelques provinces d'Asie ; il ne le blâme pas, mais il désirerait qu'un synode réduisit toutes ces divergences à l'unité. Ibid., can. 47, col. 732. Saint Cyrille de Jérusalem, Procalech., 7, P. G., t. xxxiii, col. 345, déclare qu'à Jérusalem on ne rebaptise que les hérétiques, parce que leur premier baptême n'est pas un véritable baptême.
Un canon du concile de Constantinople de 381, le 7«, bien que d'addition postérieure, mais reconnu et accepté plus l.n-il par le eeiieili' in Trullo, constate l'usage de l'Éiili-e ., |,i 1. eepiiMii ,!,■- hérétiques : ariens, macédoniens, -illaii. n-.. liii.iiii lis, quartodécimans, appollinarisle- ne smil pas -iiiiinis au baptême, parce qu'ils l'ont reyu validement; il en est autrement pour les eunomiens, les montanistes et les sabelliens. Hardouin, t. I, col. 813. Gennade dit clairement : lllos gui non sanctse Trinitatis invocatimie apud lixreticos baptizati sunt et veniunt ad nos, baptizari debere pronuntiamus, non rebaptizari. Car le baptême des disciples de Paul de Samosate, de Proclus, des borborites, des photiniens, des montanistes, des priscillianistes est nul. De dogm. Eccl., ui, P. L., t. LViii, col. 993. Bref, à partir du v« siècle, grâce surtout à saint Augustin, la validité du baptême, de l'aveu général, dépendait de la fidèle observation de la formule trinitaire. Il ne fut plus question de le réitérer, mais de le conférer à quiconque ne l'avait pas reçu validement; mais comme le seul fait d'avoir reçu le baptême de la main d'un hérétique ou d'un .schismatique constituait un acte illicite, il resta entendu, dans la pratique de l'Église, qu'on ne devait admettre les convertis, qu'en leur imposant les mains ou en leur donnant la clirismatio. Cf. J. Ernst, Der hl. Augustin iïber die Enlscheidung der Ketzerlauffrage durc/i l'in P!eiiarciincil,dans \a Zeitschrifl fur kathotisc/ir riu;.l,u,i,-. l'.KiO, p. 282-325; Id., Die Ketzertaiifiui ■ gelnirnlirii ni i/e, idtcliristUchen Kircks nacli Cypriaii (Forsrl,,n('i,'i, :,e , hristlichen Litteratur und J)ogmcngesc/ucldc. de Elirliard et Kirsch, Mayence, 1901, t, ii, irasc. 4).
Sources. — S. Cv-prien, Epist. ad Januarium,adQuintuni. ad Stephanum, ad Jubaianum, ad Pompeium, lx.\-lxxiv, /'. L., t. m, col. 1036, H03, 1C46, 1109, 1128; Concilia Carlhaginensia, I, II, m, de baptismo, P. L., t. ni, col. 1036, 1046,1052; Firmilien, Epist., LXXV, inter Cypriani epist., P. L., t. m. col. 1154; Anonyme, De rebaptismate, P. L., t. m, col. 1185 sq. ; Eusèbe, H. E., vu, 2-9, P. G., t. xx, col. 640 sq. ; S. Jérôme, Dialogus adv. Luciferianos, P. L., t. xxiii, col. 163 sq. ; S. Augustin, De baptismo contra donatistas, P. L., t. xliii, col. 107 sq. ; Contra Cresconium, n, 31 ; m, P. L., t. xliii, col. 489 sq. ; Contra Gaudentiutn, u,P. L., t. xliii, col. 741 sq. ; Epist., xi :ui, 10, P. L., t. x.\xin, col. 338 sq.; S.Basile, Ad Amphiloi hiiiiii, Epist. can., i, n, clxxxviii, cxcix, P. G., t. xxxii, cel. C.Cs sq. ; Vincent de Lérins, Commonit.. VI, P. L., t . L, cul. *i!û, i;4ii.
APTKME D'APRÈS LES MONUMENTS DE LANTIQUITÉ
Travaux. — Baronius, .4»im7tes, ad ann. 253, n. 11 sq. ; Pagi- Critica in Baronium, ad ann. 255, n. 9-lG, ad ann. 256, n. 3, 17; Bellarmin, De romano pontifice, iv, 7; Maran, Pnefatio ad opéra sancli Cijpriani, P. t., l. iv, col. 9 sq. ; Thomassin, In concilia, diss. II, P. L., t. m, col. 1219 sq. ; Coustant, Diisertatio qua vera Stephani circa recepticnem hxreticorum sententia explicatur, P. L., t. m, col. 1249 sq.; Anonyme, Aucloritas pontificia a quibusdam neotericis acriter impugnata sed ampientissimis Galliœ tlieotogis solide vindicata,Dissertatio historico-dogmatica, P. L., t. m, col. 1273 sq.; Schelstraete, Antiquit. illustr., part. II, diss. I, c. V, 1678; Du Pin, Bibliothèque..., t I, p. 151, 176; Tillemont, .Mémoires..., t. IV, saint Cyprien, a. 42^2 et notes 42-44; Noël Alexandre, HisC. ecctes., sœc. m, diss. Xn, XIII, XIV, avec les notes de Roncaglia et de Mansi; Sayskenus, De S. Cypriano comment, prxu., 38 sq., dans les Acta sanctorum, sept., t. iv, p. 295 sq. ; Chicanot, Disserlalion sur la célèbre dispute entre le pape Etienne et Cyprien évéque de Carihage, Paris, 1725; Marchetti, Esercitazioni ciprianiche, Rome, 1787; Retlberg, Cyprian, Gœttingue, 1831; L. Roche, De la controverse entre S. Etienne et S. Cyprien au siyet du baptême des hérétiques, Paris, 1858; J.-B. Tliibaud. Question du baptême des hérétiques, discutée entre le pape saint Etienne 1" et saint Cyprien, évèque de Carthage. Paris, 1863 ; Schwane, Controversia inter D. Stephanum et D. Cyprianum, Munster, 1860; Tizzani, La célèbre contesa fra San Stefano e san Cypriano, Rome, 1862; Peters, Der h. Cyprian, Ratisbonne, 1877 ; Freppel, Saint Cyprien et l'Église d'Afrique au m' siècle, Psris, 1865; Hcfele, Histoire des conciles, trad. Delarc, Paris, 1869, t. I ; Duchesne, Les origines chrétiennes (lithog.), p. 422-431 ; P. Monceaux, Histoire littéraire de l'Afrique chrétienne, Paris, 1902, t. Il, p. 36-39, 45-47, 56-64, 78-80, 226-232.
Bibliographie dans de Smedt, Dissertationes selectse..., Paris, 1876, p. 219-221, 236-237; Blanc, Cours d'histoire ecclésiastique,
('•. Bareillk.
IV. BAPTÊME D'APRÈS LE.S MONUMENTS DE L'AN- TIQUITÉ CHRETIENNE. — I. Les inonuinents. II. Leur valeur ttiéoloinque.
I. Les MONiMENTS. — L'idée de la résurrection glorieuse domine l'art chrétien primitif. Pour arriver à cette félicité suprême, le baptême était nécessaire. .loa., III, 5. H était donc naturel que ce sacrement fût représenté dans les anciens monuments. Les nombreuses représentations qu'ils reproduisent sont de deux sortes : elles sont .soit réelles ou mixtes, soit symboliques.
/. iiti>tiÈsE.\T.irio.\s iii;Ei.i.f:s or .v'i.xres. — 1" Il y en a une de la fin du il' siècle dans la cliapelie des sacrements a'^ : Moi'se fait sortir l'eau du rocher; à coté, un pécheur, assis sur le bord du bassin dans lequel l'eau tombe, relire un poisson avec l'hameçon, et un homme verse de l'eau en abondance sur un garçon tout nu. De Rossi, Ronia soller., t. ii, pi. xvi, 5; et mieux Wilpert, Malereien der Sakranientskapelïen, p. 7, lig. 6. Dans la chapelle Ai, qui est voisine de la précédente, les mêmes scènes sont représentées, avec cette différence qu'à la place du chrétien ordinaire, c'est le Christ qui est baptisé par saint Jean, symbole de notre propre baptême; la scène du paralytique emportant son grabat y est encore ajoutée. De Rossi, op. cit., pi. XV, 6; et mieux Wilpert, op. cit., p. 18, lig. II. Une peinture plus ancienne, du commencement du il" siècle, existe à la chapelle grecque, dans la catacombe de Pri.scille : elle représente Moïse frappant le rocher, le parahlique, et, d'après ce qui reste encore de peinture ï la voiile presque complèicment déiruile, la collation du baptême. Wilpert, Fraclio panis, (•dit. franc., Paris, ISÎH), p. (iO sq., pi. VI. — 2" Aiu'ès Conslanlin, les scènes réelles du baptême deviennent plus nombreuses. Les suivantes méritent une attention particulière : 1. La pierre fnnéBiire il'Aquilée (lig. 1), publiée, entre autres, par Ile Itossi, JJullelt., 1870, pi. I, 2; Garrucci, Sloria deirnrlr, I. VI, pi. V87, n. 20; .Marligny, Dictionnaire, 2' ««lit., p. :t22, et plus exactement par Wilpert, Die allihrisll. Inscliriflcn Aquileias, dans \Kpliemeris Saionitann. I8!)t. fasc. iv, p. 39. - 2. La cuilbr d'argent êmaillée, du iv" siècle, trouvée aussi à .Vquib'e, en 1792.
Garrucci, pi. 462, 8; Martigny, op. cit., p. 82; De Rossi, Bullet. ,édit. franc., 1868, p. 83, etc. On y voit, debout dans un bassin, un enfant nu; l'eau descend sur lui du bec
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