‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 132 sur 741 · C. n. De la différence entre le baptême et la pénitence · texte numérisé non relu

C. n. De la différence entre le baptême et la pénitence

Du reste, on sait que ce sacrement diffère sous beaucoup de rapports du baptême. Déjà, par la matière et la forme,il en est extrêmement dissemblable... Puis, il est établi que le ministre du baptême ne saurait èU-e juge : l'Église, en effet, n'a juridiction que sur ceux qui sont entrés en elle par la porte du baptême. Car, dit l'Apôtre, pourquoi entre-prendraia - je de juger ceux qui sont hors de lÉulise ? Il en va autrement

et dont le Christ Seigneur a une fois fait par le bain du baptême les membres de son corps :

ceux-là, s'ils se souillent ensuite de quelque crime, ne sauraient être purifiés par la réitération du baptême, réitération que l'Église catholique ne permet pour aucune raison... Autre est l'effet du baptême, autre celui de la pénitence : car ayant revêtu le Christ par le baptême, nous devenons en lui une nouvelle créature, et obtenons pleine et entière rémission de nos péchés..., aussi, est-ce à bon droit que la pénitence a été appelée par les saints Pères un baptême pénible. Et ce sacrement de pénitence est nécessaire pour le salut à ceux qui sont tombés après leur baptême, comme le baptême lui-

qui

sont pas encore régénérés.

C. VIII. Et certes, l'économie de la justice divine parait exiger que Dieu ne reçoive pas en sa grâce, aux mêmes conditions, ceux qui ont péché avant le baptême par ignorance et ceux qui, une fois délivrés de la sei'vitude du péché et du démon, et en possession du don du Saint-Esprit , n'ont pas craint de profaner sciemment le temple de Dieu.

Can. 2. Si quelqu'un confondant deux sacrements, dit que le sacrement de pénitence, c'est le baptême lui-même, comme si ces deux sacrements n'étaient pas distincts, et s'il prétend pour ce motif qu'on a appelé à tort la pénitence une seconde planche de salutofferle au naufragé : qu'il soit anathême.

O" Les parrains et la parenté spirituelle. — Voir l'AnnAiNS el Parenté spirituelle.

Acia genuina ss. a'cunienici concilii TWdentiiit.édil. Theiner, Agrum, 1874, t. I, p. Mi-hOû, 529-6<M ; Le Plat, Monumentorum ad hiatoriam concilii Tridcntini... amplissima coltectio, Louvain, 1783-1784, t. m, p. 417-521, 636-640; t. iv, p. '272 sq.; nnynaldi, A imalea cccleaiimtici, édil. Mansi, Lucques, 1755, l. XIV, an. 1546, 1547-1551, p. 153-225, 245-247, 430-439; Scveroll, De concilio Tridentino commentarius, dans Coriciliiou ZVidenliiium : diarlorum... nova coltectio, édil. do la aorreageaeltschaft, Frlbourg-cn-Brl»gau, 1901, t. i, p. 04-136; MassarcUl, Dia-

C. VIII... Sane et divinœ justitiœ ratio exigere videtur ut aliter ab eo (Deo) in gratiam

per ignoraiiti.ini deliquerint, aliter vero qui semel a peccali et dœmonis servitute liberati et accepte Spiritus Sancti dono, scienter tcmplum Dei violare... non formidaverint.

Can. 2. Si quis, sacramcnta confundens, ipsum baptismum pœnitentia: sacramentum esse dixerît, quasi hœc duo sacramenta non diatincta sint atque idco pœnitentlam non rccte «ecundam post naufragium analhema

Ha n. m, iv, ibid., 1. 1, p. 439-465, 551-622,687-716; PaUavicini. Histoire du concile de Trente, édit. Migne, Paris, 1844, t. II.

II. DOCTRIKE Dr CONCILE. — 1» Valeur de la doctrine 4e l'Église romaine sur le baptême. — Le concile déclara que la doctrine de l'Église romaine sur le baptême est vraie. Sess. VII, can. 5. Cette affirmation ne rendait pas inutiles les autres canons, comme on l'a dit. Ilarnack, Lehrbuch der Dogmengeschichte, 2» édit., t. m. p. 597. Il ne suffisait pas de déclarer exact l'enseignement catholique, il fallait encore le faire connaître. Chemnitz s'est moqué du procédé de l'Église romaine qui se décerne un brevet d'orthodoxie." Examinis conc. trid. op. integrum, part. II, Genève, 1614, t. Il, p. 40. Il oublie de dire que les attaques des réformateurs avaient rendu nécessaire cette déclaration. Les anabaptistes tenaient pour nul le baptême des papistes. Selon Munzer, les enfants sont introduits dans le christianisme d'une manière grossière et digne des singes. .lanssen, V Allemagne et kl réforme, trad. franc., l'aris, 1889, t. ii, p. 389. Si Luther admettait la validité du sacrement donné par les catholiques, il déclarait mauvaise leur doctrine sur le baptême. Il leur reprochait d'imaginer des contrefaçons du sacrement : les vœux, les œuvres les indulgences, de ne pas considérer les promesses e la foi, mais seulement les éléments, le signe extérieur de ne pas admettre que l'efficacilé du baptême s'étend à la vie entière, de défigurer le rite primitif par des cérémonies humaines, de donner le sacrement aux cloches. De captivitate Babylonis, n. 82, 88, édit. "Walch, Halle, 1740-1753, t. xix, p. 65-71; Predigt von der heiligen Tarife, 1535, n. 98, t. x, p. 2577; Predigt von der Taiife Christi, Halle, 1546, n. 19, 25, 28, t. xii, p. 1489, 1492, 1496. Calvin se plaint aussi des rites accessoires imaginés par les papistes. Institutio chrisliansR religionis (nous citons l'édition de 1545, antérieure au concile de Trente), c. xvm, n. 70, édit. du Corpus reformatorum, Brunswick, 186IÎ, t. xxix, p. 1036. Pour empêcher ces affirmations de faire naitre des doutes même passagers dans l'esprit des catholiques, le concile a jugé bon de déclarer orthodoxe l'enseignement de l'Église romaine.

2" Rite. — Luther et Bugenhagen nous apprennent que l'usage de baptiser sans eau, du moins dans les cas de nécessité, existait de leur temps, ils condamnent cette pratique. Bedenken wegen der von einer Hebamme aime Wasser verrichtelen Nothlaufe, I5i'2, t. X, p. 2615-2617. Luther déclare souvent que l'eau esl indispensable. Néanmoins, les Tischreden lui font soutenir, après hésitation il est vrai, que toute matière apte à laver, lait, bière, peut suffire. V. d. heil. Taufe, t. XXII, p. 848. Calvin reconnaît que l'eau est requise, mais il affirme que dans la phrase : Si quelqu'un ne renaît de l'eau et du Saint-Esprit, le mot eau est employé métaphoriquement et désigne l'Esprit-Saint. Op. cit., c. XVII, n. 45, p. 986. Comme Luther, De capt. Babyl., n. 103, t. xix, p. 80, il déclare que le procédé de baptême par immersion est préférable, op. cit., c. xviii, n. 70, p. 1036, mais tous deux reconnaissenl qu'on peut donner le sacrement par infusion.

Le concile déclare que par leur matière et leur forme, les sacrements de baptême et do pénitence sont très difl'érents. Sess. XIV, c. il. Incidemment, il rappelle que, pour remettre le péché originel, le sacrement doit être conféré, rite in forma Ecclesiic, selon le rite en usage dans l'Église. Sess. V, can. 3. On définit quelle est la matière du sacrement, sess. VU, De bapt., can. 2; il est déclaré que 1' « eau vraie et naturelle » est de rigueur, ce sont les mots qu'avait déjà employés Eugène IV, Decretum pro Armenis, Denzinger, Encliiridion, n. 591. Ils désignent tout liquide qui est réellement de l'eau, et de l'eau telle qu'on la trouve dans la nature. CatecliisoiKS concilii trident., part. II, n. 7. La seconde partie du canon définit le sens du mot de l'Écriture : « Si quel-

BAPTÊME D'APRÈS LE CONCILE DE TRENTE

qu'un ne renaît de l'eau... » On ne peut, sous peine d'anathème, lui donner une signification métaphorique, l'interprétation de Calvin est condamnée. Rien n'est dit sur la matière prochaine.

Le canon 4' définit la validité du baptême donné par .les hérétiques qui le confèrent au nom de la Trinité. Le concile ne parle donc qu'indirectement de la forme. C'est dire qu'il n'a pas voulu définir que le baptême administré au nom de .lésus est et a toujours été nul. Ce qui le prouve, c'est que cette proposition n'avait pas été mise au nomln-e des erreurs à condamner, c'est que la rédaction primitive du canon 4= ne contenait pas les mots : au nom du Pi-rc. etc. Si l'assemblée les a ajoutés, c'est alin qu'on ne l'accusât pas de soutenir que le baptême donné par des hérétiques est valide, quelle que soit la forme employée. Voulant faire connaître la vraie formule, les Pères se servent des mots consacrés par l'emploi qu'en ont fuit le IV" concile de Latran et Eugène IV. hemmoer, Eurliitidum, n. 357, 591. Cette réserve était d'autant plus nécessaire que les anciens conciles avaieiil \ 1 ' li iinllli.' iln -irninnii conféré par les |i:iiii~ II- 'i iji il'.i in l:i forme

trinitaire. Aiis-i, I • .1 i^ il l r.iite, (oc.

cit., n. 15, l(i. l,H-.< ' iii :iii •!.!■ Il . i.iiiM.\ri'se n'est

pas tranchée, il dit un m n. r If^iis-Clirist, c'est

nommer aussi le Vëvr . i l. -.iini I -;m il. Voir col. 272.

Le concile n'a'pas r.ili-' ,|, rnhn, -m les cérémonies accessoii'i- iln linpirnh il iiMiiiii'iinr incidemment la profes«i.>ii (1- i..i Lui- ]i,ir Ir- iMiLiins, sess. VII, He bapt-, (Mil. 1 I, l.i (Il iii.uhI. iIii .Micrliiiiiirne : « Je veuxla foi qui ilniinr la Ml' I lia iirllr. i ri la réponsB du ministre, l'usage d'imposer des habits blancs au néophyte. Sess. VI, c. VII.

3" Effets. — 1. Erreurs. — Luther a, dans un sermon de 1519, fait un prtit traité de l'efficacité du baptême. Le catécliiiiri' 11. .-1 (ili.ni^é dans l'eau, puis retiré; il y a mort du m. al liuiiniir. naissance d'un homme nouveau, jusIiIh l'i-n .i i -.iiération. Sei-m. v. d. heU. I,...l.,' S' , /" /' . II. 3, t. X, p. 2594-2.595.

Une al!i II - i i niic le néophyte et Dieu. L'hoiiiiiM .l'ilii i|i, , ' ni mourir à la faute, être délivré lin l.i mal . : >ln ,-,ii,,ii. Uieu donne son Esprit qui rend l.i nilui' ifiin :, lecevoir un jour ses faveurs. Les deux Cdiiii.i. liiii- - . iit;agent à persévérer, le premier dans son iln^ii , In Mjrund dans la promesse du salut. Op. cit., n. Il, 12. p. 2598, 2599. Cette alliance est déjà un signe extérieur qui distingue le catéchumène et l'incorpore au peuple du Christ. Op. cit., n. 1, 19, p. 2593, 2602. Elle le console; il sait qu'un jour Dieu l'affranchira de la faute, de la mort, de Satan. Op. cit., n. 4, 5, 8, 9, p. 2595-2598. Sans doute, en cette vie, la concupiscence, le péché se manifeste, et cette tendance au mal est une véritable faute, mais, en vertu de l'alliance. Dieu s'est engagé à ne plus la voir, à ne plus l'imputer, à ne plus la condamner. Si cette consolante convention n'existait p.is. toute faute, si minime fùt-

elle, Pni Un , I ,-nii,l:ii,inni>ail riioniiiin. dp. cit.,

n. 6, :, . ' i' .'""o J.v.is .,,.: .s, An,// mn/nn du- Halle des Ani i ■ |i IT'nl-ITli lai \nrlu dn la même alliancn i , : n . n -| ii i nin :i mourir au péché, lin- , '! n ... m. m .1. I I I 11- faire, son existence ni - Uni',: , , . Il III nih. I lin l.aptéme. Serm.

Page 1