I- li.-D.lalll du
mes dont il a été frappé, vn lui opposant samt .-Augustin et saint Thomas d'une part, et de l'autre Estius et Sylvius, leurs deux plus ci'lébres théologiens. Après avoir démontré que la ciii-nii iVip],,. 1rs propositions dans leur sens propre, iN - !■ .. nî runii ,• les opposants
et s'écrient : « Que ces ,iii' n. . ..npi-ennent donc
(luaucun des soixarite-sii/i> .n lirl< - n, inutétre soutenu (l,in< la ri-iain ,lr-. h iijits et dans le sens propre des aiiiiiii il II ' I ' I iiipointtranché par UrbainVIII. » li.iiu I H I i I 'Il 11' m iiique pas de voir dans cet acte la main d 1111 ji'suitf. Jliitoire générale du jansénisme, Amsterdam, 1700, t. i, p. 296.
Les choses n'allèrent pas si vite à l'université de Louvain. L'opposition continua, dirigée et entretenue par Sinnich, Libert Fromond et auti'es docteurs. Le jésuite Ripalda ayant fait paraître en 1648 sa grande réfutation du baianisme, Adversus Baium et feajanos, la faculté de théologie lui fit répondre, l'année suivante, par un pamphlet : Joitiiiii^ Mu, -II, II': île Ripalda esocielate nominis Jesu ir; c/ ^ ( w/ i /!.■,■ iheologos sacrse facultatis Acadeniix lui m, n'unis . iie inandato ejusdem sacrse facultatis, in-i' de (3 p., qui fut mis à l'index le 23 avril 1634. Libert Fromond attaqua pareillement l'apologie Veritas et œquitas des docteurs de Douai dans deux écrits intitulés Lucernala Fulgentii et Emunctorium lucernulœ; mais trois lettres de Valentin Randour éteignirent la Petite lanterne de Fulgence et endommagèrent les Mouckettes de la petite lanterne. Pour se rendre compte des influences baianisles qui régnaient alors à l'université de Louvain, il suffit de se reporter à l'ouvrage cité plus haut : Doctrina theologica per Belgium manans
ex acadeniia lovaniensi ab anno 1044 usque ad annum 1677, ouvrage largement utilisé dans le présent dictionnaire, t. i, col. 751 sq. La condamnation, portée par Alexandre VIII contre trente et une propositions, le 7 décembre 1690, atteignit plusieurs docteurs lovanistes, comme Jean Sinnich, Libert Fromond, François van Vianen, Gérard van Werm, Christian Lupus. Voir, en particulier, le commentaire des propositions 1™, 7=, 8^ 11=, Bl". Dans cette période de trouble, le corps de doctrine de 1586 ne comptait plus; on en avait même fait disparaître les exemplaires, à tel point que Martin Steyaerl ne put se procurer le texte qu'après de sérieuses recherches, comme il nous l'apprend dans ses Annolationes in propositiones damnatas, i' édit., Louvain, 1753, p. 193. Ce docteur publia le document et donna des bulles pontificales un commentaire franc et modéré, où il soutient la condamnation des propositions de Baius dans le sens propre de l'auteur. Il eut la joie de voir un puissant mouvement de réaction se développer à Louvain et aboutir, en 1701, à cette déclaration de la faculté de théologie relative au même objet ; « Nous affirmons que ces propositions ont été légitimement condamnées par Pie V et ses successeurs, et condamnées de manière que, prises à la rigueur et dans le sens propre des auteurs, elles .sont respectivement hérétiques, erronées, etc., et toutes fausses, les contradictoires étant par là même vraies, ce que nos anciens ont parfaitement démontré dans l'excellente exposition qu'ils ont faite jadis de leurs sentiments, n Declaratio plenior facultatis theolog. lovan., anno 1701.
En dehors des Pays-Bas, l'opposition vint des janséiiist.s de France, qui, pendant la .seconde moitié du \\ Il -iccle et la première moitié du xviii', ne cessèrent (I ailaiincr violemment les bulles contre Baius, ou d'en fausser la vraie signification et la portée. Récriminations contre la constitution E.r omnibus afflictionibus qu'on trouve informe et irrégulière dans toutes ses partics, ou d'une façon pins -.'n.'ralo, contre les censures il, ,jl,i„, , I I,- I, il, ,. ,|ni laisse le jugement
m ' ! ; Il II : chicanes de toute
I I i^er le droit de pro-
.l.iiiM I !■ - Inilh- oi I I . ! I a. 'ptices; thèses inter-
minables pour démontrer que ces bulles, n'ayant pas été suffisamment publiées ou acceptées, ne sauraient constituer une décision ou une loi de l'Église universelle, qu'elles sont même abusives par leurs clauses opposées aux libertés gallicanes; surtout, plaintes amères sur le préjudice que peuvent causer à la vérité et à l'Église catholique ces censures qui, prises à la lettre, condamnent les expressions des anciens Pères et la doctrine même de saint Augustin, et donnent ainsi aux protestants un spécieux prétexte de calomnier l'Église, en lui imputant l'abandon de l'antique croj'ance ; tels sont les moyens d'attaque, empruntés pour la plupart à Jansénius, qu'on trouve dans les ouvrages baianistes et jansénistes de cette époque, et qui ont eu pour principaux défenseurs Antoine Arnauld, Gerberon, Quesnel, l'auteur des Hexaples, le P. de Gennes et l'abbé Coudrette. Voir la bibliographie, à la fin du présent article.
Pos in-'m."- écrivains reviennent sur la question, ]i. r ' I ' ii .■, du conima piamwn; s'appuyant sur
1 Il [aianistg et sur divers principes subsi-
di m- -, :l • Il -i liien qu'à les entendre, aucune des proposili-i II Lmmii ■..s ne serait de Baius dans le sens Quelles un' i . .ml imn. es, et même presque touteslui seraient n niili in. ni . li-angères. Dom Gerberon fournit un rnud^li du i^curc dans les Vindicix Ecclesise romans; qu'on trouve à la fin de ses Baiana, p. 210 sq. Il avait même composé, sous le pseudonyme de Fr. van de Sterre, un ouvrage spécial sur \e fantôme du baianisme, où il avançait ces diverses assertions : les œuvres de Baius ne contiennent qu'un très petit nombre, paucissimas, des propositions condamnées ; toutes celles
BAIUS
qui sont de Baius, quatorze à peine, ont chez lui le même sens que dans saint Augustin et les autres Pères; aucune n'a été condamnée dans le sens de Baius, puisque l'Église n'a pas prétendu atteindre la doctrine de saint Augustin ; toute l'affaire a été montée par les adversaires de Baius, scolastiques à outrance et teintés de pélagianisme; ils lui ont faussement attribué ces propo- ■■ilions ou, pour celles qui sont de lui, dénaturé sa pensée. D'où il résulte, et la chose estclaire comme le jour, que tout le baianisme est un fantôme, dû à l'imagination de ces gens-là : itaque nieridiana liice clarius est hajanisnium onuieni esse phantaima ab Bail semu- Hs excogitatum. Et pour mieux le prouver, ut phanlasnia bajanismi clarius apparcat, l'auteur fait suivre ces assertions d'une sorte de commentaire explicatif dont voici le titre : Explicalio apologelicalO articuloriim qui Michacli Baio falso ad/icli sunt et a Pio V lamiiati. Ubi ostendilur ex una parle in quo sensu cnsuram meruere : et ex altéra quse genuina sit Mirhrcelis Bail circa singidos doctrina, et quantum distet a damnato illorum sensu. L'ouvrage ne parut pas, mais il fut cité au cours du procès fait à l'auteur à Matines, et on le trouve à la Bibliothèque royale de Bruxelles, iiis. //,:/78, sous cette rubrique .■ Pliantasma Bajanismi revolutum ac dissipatum.
Quoi d'étonnant dès lors que, dans les Réflexions morales, Quesnel ait renouvelé nombre de propositions condamnées par Pie V, et repris la doctrine de Baius ~ur les dons de l'état primitif, sur le péché originel et ses suites, sur la liberté dans l'état de nature tombée, sur la charité et l'observation de la loi, etc.? La constitution Unigenilus, émise par Clément XI le 8 septembre 1713, fut la réponse de Rome. Denzinger, Enchiridion, n. 1216 sq. La lutte continua, pour aboutir à une nouvelle et dernière condamnation. Le synode janséniste de Pistoie avait inséré, dans ses articles 16', 17«, 19«,'23'et 2'f, diverses doctrines baianistes, sur l'état d'innocence en particulier et sur le principe fondamental de la charité ou de la cupidité se partageant tous nos actes. Le 28 août 1794, le pape Pie VI foudroya ces articles dans la constitution Auclorem fidei. Denzinger, Encliiridion, n. 1379 sq. Depuis celte époque, le baianisme, pris dans son ensemble, n'a pas reparu, mais sur tel ou tel point de détail, en particulier sur la notion du surnaturel ou le rapport des dons de la justice originelle à la nature angélique ou humaine, il n'est pas rare de saisir son inlhience persistante ou de trouver des conceptions voisines chez des théologiens même catholiques; fait qui tient soit à l'ignorance des décisions rendues contre Baius, soit aux malentendus qui existaient autrefois touchant ces décisions, comme le remarque Scheeben dans sa Dogmatique, %\&\, Irad. Bélet, Paris, 1881, t. III, n. 6.51. Voir aussi Schâzler, Natur uud Vebernalur. Dos Dogma von der Gnade utid die theologische Frage der Gegenwart, in-S», Mayence, 1865.
Parmi ces auteurs, il en est qui se rattachent directement à un groupe de théologiens des xvir et xviip siècles, désignés habituellement sous le nom A'augustiniens. Les principaux représentants sont trois religieux de l'ordre des ermites de saint Augustin : le cardinal de Noris, VindiciiB augustiniaiiœ, Padouc, 1673, ouvrage inséré p:\r Mifrnc d.ins son supplément aux œuvres de <iint \ii n tin /' ,' 1. xi.vii, col. 571 sq.;Fulgence li " I / de statu creaturœ rationalis
""' I ' \<<\rvA, 1711; Mens Augustini de
"" ' /./"'•'' I ""ni;r naturic post lapsum,^ in-i",
Hmiii-, I7:!7, I.uM.iit licrli, Opus de tlieologicis disciplini.i, 1. XII, appendice. Le trait le plus caractéristique rie ces Ibéolonicns et le point de départ de leur système ■^e trouvent dans leur doctrine sur Dieu fin naturelle de toute créature raisonnable. Dieu, vu et possédé en luimême, est noire fin naturelle, non pas en ce sens que nous puissions y parvenir par nos propres forces ou
par des moyens naturels, mais en ce sens que nous sommes portés vers cette fin par une inclination et un désir fondés sur notre nature. Dieu devait donc à la créature raisonnable de l'aider, au moins par un secours actuel, à mener une vie digne de la béatitude éternelle, sous peine de laisser tomber cette créature dans le dernier excès de la misère. Ce n'est pourtant pas là une dette rigoureuse par rapport à la nature ; c'est plutôt Dieu qui se doit à lui-même d'agir ainsi, ex decentia solius creatoris, comme dit Noris ou, comme dit Bellelli, attenta suprema lege providentise sua-, c'est-à-dire en tenant compte des convenances qu'imposent à Dieu son rôle de créateur et la loi souveraine de sa providence. De ce principe fondamental découle, comme conséquence immédiate, l'impossibilité de l'état de nature pure, quand on considère la puissance de Dieu non pas d'une façon absolue, abstraction faite de la sagesse et des autres attributs divins, potenlia absoluta, mais d'une façon pratique, comme puissance réglée dans ses opérations par la sagesse et la bonté, potentia ordinana sive ordinata. Viennent ensuite diverses conséquences sur la relation de nos actes à Dieu fin dernière, sur le rôle de la charité, sur la nécessité de la grâce pour éviter le péché, sur les vertus et les œuvTes des infidèles, etc.
Cette doctrine avait, sur tous ces points, beaucoup d'affinité avec celle de Baius et de Jansénius; aussi donna-t-elle lieu à de grandes controverses. Les Vmdiciss anguslinianœ furent soumises par le saint-siège à un double examen, sans qu'il en résultât aucune condamnation. Hurter, Nomenclator literarius, 2« édit., Inspruck, 1893, t. ii, col. 829. Plus tard, Bellelli et Berti furent attaqués dans un ouvrage' anonyme en deux parties, dont l'auteur était M" Jean d'Yse de Saléon, alors évêque de Rodez : Baianismus et Jansenisnius redivivus in scriplis PP. FF. Bellelli et Berti, in-i", s. 1., 174i. Berti riposta par son Augustinianum systema de gratia ab iniqua bajani et janseniani erroris insimulatione vindicatum, Rome, 1747. Devenu archevêque de Vienne, Ma' de Saléon publia contre cette apologie une Instruction pastorale ou Oocumentuni pastorale, in-4». Vienne, 1750. La même année, M»' Languet, archevêque de Sens, se prononça officiellement contre les doctrines des deux théologiens augustiniens : Judicium de operibus tlieologicis FF. Bellelli et Berti. Ce dernier répondit par ime nouvelle apologie : In opusculum inscripium HH. ./. Languet archiep. senoit. /»dicium de operibu-f tlieologicis FF. Bellelli et Berti lequissima expostulalio, in-i", Livourne, 1756. Sur les instances de Ms' Languet qui lui écrivit deux lettres à ce sujet, le pape Benoit XIV fit examiner les écrits incriminés par deux théologiens, devenus plus tard cardinauxj ils rendirent un jugement favorable aux accusés. Hurter, op. cit., Inspruck, 1895, t. m, col. 3. L'ouvrage Baianismus redivivus et le Judicium de l'archevêque de Sens se trouvent dans les Œuvres de Berti, t. viii et IX de l'édition citée, Bassano, 1792.
Sans entrer dans d'autres détails sur cette controverse, qui dépasse le baianisme, contentons-nous de constater les faits qui précèdent. Ils nous serviront dans le commentaire sur la bulle de Pie V, pour réduire à sa juste valeur la censure de certaines propositions et ne pas aller plus loin que le saint-siège. Toutefois n'oublions pas que la constitution Auclorem fidei, signée par Pie VI, est postérieure aux faits que nous venons de rappeler.
I. ÉDITIONS. — M. Bail... opitscula theologica. Ejusdem apotogia hactenus inedita, in-12, Louvain, 1566; M. Baii... Opéra; cum bultis pontiflcum, et aliis ipsius causam speclaruibus, jam prinium ad Bomanam Ecclesiam ab convitiis protesianlium, simul ac ab Arminianorum citlerorumgue Itujusce temporis Pelagianorum imposturis vindicandam cotlccta, expurgala et plurintis ijiiœ hactenus delituerant opuscutis
ancta : studio A. P. thcologi, in-4', Cologne, 1096. Celle édition posthume, due aux soins de domGerberon, contient deux parties, d'abord les œuvres de Baius, puis sous le titre de Baituw. toute une série de documents très précieux pour l'histoire du baianisme ; mais il faut se servir de cette seconde partie avec discernement, car l'éditeur prend résolmnent parti pour Baius. L'édition fut mise à l'index le 8 mai 1697. Sont restés inédits : un traité Dt." conimunione sub utraque specie, que Baius aurait achevé en 1578, Baianat p. 205; des commentaires sur le Maitre des Sentences et sur le-- Psaume», dont pjile Gerberon dans la préface de son édition
n, BiOGR'irHiES — J -B Duchf i si'' In baïa-
ntsme ou de l het este de Michel I -, histo-
riques, chronologiques, c) Uiqii n/cisse-
ments thtologiques, et d'un ic i /ftatives
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dom Gerberon la prinri) ut- pour
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Bruxelles, 1881, 1886, t m, \ Ln -,iand n nilu dt^ documents relatifs au baianisœe ont été traduits dans 1 Hisfo» e ecc(esiasttque poui servir de continuation a celle de M labbé Fleurx, Pans, 1779 sq , t \\\i wwi, passun
III Doctrine DE D uus — Tiaii I , muitique SU) la doctrine de Baiw. et -.ui luiii ^ papet, qui lont condamn e tuMa^e an i \ i I iboniste Fr Ilbaiart de 1 1 i h ml i in 1 1 - i 1 n, art Bajus, dans le A i \ edit , Fi ibourg-en-Bi I I i ; hii dei neuei en Zett, ^ i ' i i "> Linsenmaim, Michael L 1/ ' / ' n^mwi, in 8-, Tubingue 18t / nu ni(,n] hie utile nuis qui l| pelle bien des reserves, cf bcheeben, Zui Geschichte dei, Bajaniimus, dans la levue Dei Kutholih, de Mayence, mais 1868, p 281 sq
IV Cii\iRii\i H-.1. suî irs bllil» contre Bars —Pour l'attaqn \i 1 \ II Difficulté!, pi opob.ee!, a M Steyaeit, part 1\ 1 1 ; Paris, 1777, t r\, |) 322 sq , dom Gerlei m «omoiîa', dans les Baiaoa.p 210 sq , 1 1 1 1 I 1 1 nj me de Gerj, Apologie historique des Leiisuiisui Ljumim et de Douaij, Cologne, 1688, Les Hexapli,!, uu ies si < colonnes de la constitution Unigemtus Amsterdam, 1721, t ii, p 605 »q P de Gennes, de 1 Oratoire, Sentiments des lacultés de thioiogie de Paris, de Reims et de Nantes, sur une thèse soutenue à Notre-Dame des Ardilliers de Saumur..., avec deux dissertations, l'une, sur l'autorité des bulles contre Baius, l'autre, sur l'état de pure nature, 2 in-12, s. 1., 1722 ; abbé Coudrette, Dissertation sur les bulles contre Baius, où l'on montre qu'elles ne sont pas reçues par l'Eglise, 2 in-12, Utrecht, 1737. — Pour la défense : Decker, Baianismi historia brevis, in-S-, Louvain, 1699; Duchesne, op.
cit.. 2- éclaircissement ; Tournely, fle grratia Christi, part. I, q. u: Montagne, Tract, de gratia, diss. IX (Migne, Theologise furswscompfems, Paris, 1841, t. ix, col. 221 sq.); de la Chambre, op. cit., c. IV ; Conférences d'Angers, T confér. sur la grâce, Besançon, 18'23, t. i, p. 279 sq.